La mare aux mots

Allez, musique !

By 25 juillet 2015 Livres Jeunesse, Musique pour enfants

Après les musiques pour les tout-petits hier, aujourd’hui je vous propose des chansons pour les plus grands (quoique certains de ces CD peuvent être écoutés par les tout petits, mais les livres ne sont pas adaptés pour leurs mains).

Les petits secretsJe le disais hier encore, chez moi on adore Natalie Tual ! On adore son humour, sa voix sucrée, son univers, son grain de folie. Alors quel bonheur de la retrouver le temps d’un album ! Elle parle du corps (Mon corps est fabuleux), d’amour (Dans mon cœur et Les petits secrets), de l’amour de la lecture (Sur le lit, je lis) et de la musique (Moi, j’aime la musique), de jardinage (J’ai planté), du bain (L’eau fait plouf), des doudous perdus (Doux doudou) ou de l’heure du coucher (Pipi, les dents, au lit)… Et qu’est-ce qu’elle en parle bien. Ses chansons racontent avec justesse le quotidien des enfants, avec des mots qu’ils comprennent, des musiques qui les séduisent… et ce n’est même pas pénible pour les parents ! Le livre qui accompagne le CD est joliment illustré par Thanh Portal. Et petite nouveauté chez Didier Jeunesse, le livre-CD contient un code pour télécharger les chansons au format MP3 (320 Kbits/s) !
Les petits secrets, le nouveau Natalie Tual un super livre-CD de chansons malicieuses et berceuses.
Le même vu par Sous le feuillage et Maman Baobab.
Extraits sur le site de la maison d’édition
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Clip :


Chat chat chatOn en reparlera à la rentrée quand il sortira en livre-CD, mais quelques mots sur le nouvel album de Pascal Parisot d’ores et déjà sorti en CD. On est ultra fan de Pascal Parisot ici et l’on écoute en boucle Chat Chat Chat, douze chansons sur le thème des chats. C’est drôle et même parfois un peu crétin (et c’est encore plus drôle dans ce cas-là)… On adore ! Extraits.

Fabulettes pour MamanAllez quitte à me prendre des tomates pourries la prochaine fois que je sors de chez moi ou à avoir un prix sur ma tête, je ne suis pas un fan des chansons pour enfants d’Anne Sylvestre (je préfère son répertoire adulte). Pourtant j’ai beaucoup aimé Les Fabulettes pour maman, une sélection de ses fabulettes qui vient de sortir. Onze chansons en hommage aux mères pour leur dire qu’on les aime. La sélection est très bien faite et l’on prend beaucoup de plaisir à écouter ces chansons qui ont, pour certaines, près de 40 ans.
L’écouter.

EURAOUNDZEWEURLDEuraoundzeweurld est un projet jeunesse signé Merlot (chanteur « adulte » habituellement). On nous propose ici de faire le tour du monde. On part du Liechtenstein et l’on termine le voyage à Bahia. Entre temps, on sera passé par l’Espagne, la Chine, la Sibérie, le Bangladesh… Chaque chanson est l’occasion d’un voyage. C’est drôle, décalé, rythmé… c’est typiquement le genre d’album pour enfants que les parents aiment également écouter (certaines vannes feront d’ailleurs surtout rire les parents, on se poile même carrément devant certains jeux de mots pourris ou l’humour acide la chanson du dictateur). On aime aussi le côté engagé.
Un très bon CD, vraiment réussi musicalement, à écouter en famille pour faire le tour du monde. Un superbe moyen de s’ouvrir aux autres cultures.
Le même vu par Les livres d’Oscar.
L’écouter.

Chansons pour danser autour du mondeEt puisqu’on parle de faire un tour du monde… Didier Jeunesse vient de ressortir en simple CD sa belle compilation Chansons pour danser autour du monde. Du Mali à la Russie en passant par les Antilles, un tour du monde au son de toutes les couleurs de la danse nous informe le CD et difficile de dire mieux ! Un CD que l’on n’arrive pas à écouter sans bouger.

Chansons pour danser autour du mondeOn se rapproche de chez nous pour revenir en Europe. On va faire le tour du continent : Angleterre, France, Italie, Roumanie, Hongrie, Grèce, Turquie, Espagne, République Tchèque, Pologne, Slovaquie, Allemagne et Portugal ! 30 comptines en 13 langues différentes ! De quoi se familiariser avec la langue des pays qui nous entourent. Les plus belles comptines d’Europe est en fait une compilation d’albums sortis chez Didier Jeunesse et les chansons sont variées (mais le choix est bien fait et vraiment cohérent à l’écoute). Côté illustration, Magali Clavelet, Roland Garrigue, Magali Le Huche, Cécile Hudrisier, Olivier Latyk, Sébastien Mourrain, Nathalie Novi, Olivier Renoust, Rémi Saillard et Clémentine Sourdais. En fin d’ouvrage, on retrouve comme souvent chez Didier Jeunesse, un texte de présentation sur chaque chanson.
Une super compilation de musique d’Europe.
Des extraits sur le site de la maison d’édition.

Les petits bonheursDomitille et Amaury reprennent des chansons bien connues du répertoire francophone : Quand on s’balade, Le petit bonheur, La tendresse, La grenouille, Route Nationale 7, Ballade Irlandaise, Une chanson douce, Du soleil plein la tête, Mes petites préférences et Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux. Leurs interprétations sont pleines de vie, de pep’s, c’est plein de fraîcheur les amoureux de belles chansons francophones se régalent. Le livre est illustré par le génial Olivier Tallec et là aussi on se régale ! D’autant que le grand format des pages met particulièrement en valeur son travail.
Un joli album de reprises de grands classiques de la chanson francophone avec de magnifiques illustrations.
Le même vu par Chez Clarabel.

Un Monde FantastiqueMusique classique maintenant. Purcell, Mendelssohn, Debussy, Tchaïkovski, Grieg, Shubert et bien d‘autres sont réunis dans Un monde fantastique, un livre-CD d’initiation à la musique classique sorti chez La montagne secrète. Le point commun des morceaux rassemblés ici ? Leurs musiciens ont été inspirés par des créatures fantastiques. Fées, lutins, sorcières, gnomes, elfes… peuplent l’univers des opéras et des ballets. Pour chaque morceau, on trouve une double page avec une explication sur le personnage présent dans l’extrait et quelques mots sur l’œuvre dont il est tiré et sur son compositeur. En fin d’ouvrage, un guide d’écoute propose même de nous donner des clefs sur la musique, ce qu’il faut entendre, comment l’analyser. On trouvera aussi une biographie succincte des compositeurs, un glossaire des termes musicaux et une chronologie pour replacer chaque compositeur dans son époque.
Un très beau livre accompagné d’un CD de très bons choix musicaux pour s’initier à la musique classique grâce à une thématique qui séduit toujours.
Le même vu par Le tiroir à histoires.
Extraits sur le site de la maison d’édition.

L'histoire des Grands compositeursEt puisqu’on parle de grands compositeurs, La librairie des Écoles vient de sortir un ouvrage sur l’histoire des Grands compositeurs. Purcell, Lully, Bach, Chopin, Schumann, Wagner, Gershwin, Fauré, Chostakovitch… Quarante et un compositeurs au total sont racontés ici. Chaque fois, on nous rappelle leurs cinq œuvres majeures et un court récit nous fera mieux connaître l’homme. Un CD accompagne le livre, quarante et une pistes, un morceau pour chaque compositeur donc. L’occasion de réentendre un grand classique de l’homme en lisant son portrait. Dans le livre, le morceau que l’on écoute est également brièvement raconté.
Un bel ouvrage pour faire la connaissance de quarante et un compositeurs qui ont marqué la musique classique.
Le même vu par Livres et merveilles.

ChantefablesOn termine avec un ouvrage de chanson… mais sans CD. 30 chantefables pour les enfants sages à chanter sur n’importe quel air est un fac-similé de l’édition originale de 1944 de Robert Desnos mort il y a tout juste 70 ans au camp de Terezin. On retrouve ici le très célèbre poème La fourmi (Une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête, ça n’existe pas, ça n’existe pas.) mais également d’autres poèmes plus ou moins connus (j’en ai personnellement reconnu plusieurs appris en primaire). Ce sont vraiment de beaux textes et les illustrations de l’époque les accompagnent à merveille.
Un très bel ouvrage pour redécouvrir le poète Robert Desnos.
Le même vu par Livres et merveilles.

Quelques pas de plus…
Retrouvez, regroupés dans un tableau Pinterest, tous les CD et livres-CD musicaux que nous avons chroniqués ici.



À part ça ?

Une petite chanson pour nous ? Vous connaissez La complainte de la mère parfaite d’Agnès Bihl ?

Gabriel

Se familiariser avec l’art

By 27 juin 2014 Livres Jeunesse

On continue donc notre petite sélection de livres qui parlent d’art. Aujourd’hui, des albums qui utilisent des œuvres.

Du bruit dans l'artOuiiiinn un enfant pleure, c’est Le nouveau-né de Georges de La Tour, Drrrrring ! ça sonne ! Décrochez Le téléphone-homard de Salvador Dali. Snif, la Crying girl de Roy Lichtenstein essuie une larme. Plouf ! Quelqu’un a plongé dans A Bigger Splash de David Hockney. Beurk, la Tête de caractère de Franz Xaver Messerschidt n’a pas l’air d’apprécier.
Vous l’aurez compris, ici il est question de bruits ! Dans un très beau petit livre sorti chez Palette… (qui est une bonne adresse quand on parle de livres d’art), Andy Guérif et Édouard Manceau imaginent le bruit du Cri de Munch ou du Baiser de Francesco Hayez. Ça amuse les enfants (on peut aussi leur faire deviner le bruit) et c’est un très bel objet.
Un livre génial pour se familiariser avec des grandes œuvres.
Des extraits sur le site d’Édouard Manceau.

10 Tableaux Et Des AnimauxRegarde dans le trou, un détail apparaît. Un museau et des pattes, une dame au turban blanc et un énorme poisson, un gros chien et des oiseaux. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ? Tourne la page et tu verras que sous la première c’est une peinture préhistorique de la grotte de Lascaux, sous la seconde un détail du Triptyque de la tentation de Saint Antoine de Jérôme Bosch et sous la dernière le chien est au pied de Madame Georges Charpentier et ses enfants de Paul-Auguste Renoir.
Là aussi, le côté ludique est une très bonne façon de se familiariser avec l’art. Tout d’abord parce qu’on essaye de deviner à quoi appartient le détail que l’on voit dans le trou, ensuite parce que le texte qui accompagne chaque tableau est plein d’humour. Marie Sellier a imaginé un dialogue avec des personnages des tableaux. Le fait de mettre l’accent sur un point du tableau nous fait remarquer des choses que nous n’avions parfois pas vues, et ça nous donne envie de mieux regarder tout le tableau.
Là aussi, un très bon livre pour donner envie aux enfants de mieux connaître la peinture.

L'envol des couleursDans la ville bleue, où l’on ne fabrique que du bleu, Élisabeth pense à Melchior qui vit dans la ville rouge, où l’on de fabrique que du rouge. Mais les habitants des deux villes se détestent et jamais le père d’Élisabeth ne donnera son accord pour que cet amour soit possible. Grâce à sa servante, elle échange des lettres avec son aimé, mais celui-ci lui annonce qu’il part à l’autre bout du monde chercher l’Écarlate.
Quelle drôle d’idée qu’imaginer toute une histoire à partir de tableaux de Vermeer ! Les célèbres tableaux se voient affublés de bulles et de légendes. J’avoue qu’en feuilletant ce livre j’ai été surpris et plutôt repoussé… Et en fait, en lisant l’histoire j’ai trouvé le résultat, bien que casse-gueule, plutôt réussi.
En partant du fait qu’à l’époque de Vermeer il y avait les teinturiers du bleu et ceux du rouge et qu’ils n’avaient pas le droit les uns et les autres d’utiliser la couleur de l’autre, Hélène Kerillis a imaginé cette histoire d’amour interdite. Une jolie histoire qui se voit donc illustrée par des tableaux du célèbre peintre hollandais.
Une histoire d’amour illustrée par Vermeer, une idée très originale et plutôt bien exploitée.

Quelques pas de plus…
Tous les livres qui parlent d’art que nous avons chroniqués sont regroupés sur un tableau Pinterest. Nous avons déjà chroniqués plusieurs livres d’Édouard Manceau (Histoires sans fin, Coucou, le grand cache-cache des animaux, Histoires sans queue ni tête, Tac-tac le hibou, Chponk le moustique) et Marie Sellier (Le secret de grand-mère, 10 tableaux et un ballon rouge, Le fils de Picasso et Dragons & Dragon).

Du bruit dans l’art
d’Andy Guérif et Édouard Manceau
Palette…
14,50 €, 187×187 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2014.
10 tableaux et des animaux
de Marie Sellier
Nathan
14,90 €, 258×260 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2014.
L’Envol des Couleurs
Texte d’Hélène Kerillis, illustrations de Johannes Vermeer
Léon art & stories dans la collection Art-Fiction
16 €, 270×240 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Mes années d'écoleL’année scolaire se termine et l’on classe déjà tout ce qui appartient à l’année passée pour bientôt commencer l’année nouvelle. Les photos de classe en font partie. On l’a regardée toute l’année pour se rappeler qui sont les fameux Jean-Michel, Yvette et Josiane dont parle tout le temps notre enfant. Mais qu’en faire maintenant ? Ça ne rentre pas dans les albums classiques. Mila Éditions a sorti un bel ouvrage où l’on va pouvoir coller chaque année la photo (de la petite section au CM2). L’album est vraiment très beau avec de petites illustrations jamais envahissantes, des pages de calques entre les pages de textes et les pages de photos. Car oui il n’y a pas que la page pour la photo, on va aussi rédiger chaque année une petite chose en plus. Bien entendu l’année scolaire, le nom de l’école, le nom du maître ou de la maîtresse, mais aussi ce qu’on a pensé de l’année, un souvenir, les copains/copines, ce qu’on a aimé… On va aussi coller un dessin et écrire son nom chaque année, pour voir ainsi l’évolution. Un très bel album à conserver longtemps… longtemps…
Des extraits en ligne.
Mes années d’école, d’Anne Weiss, Mila éditions, 14,95 €.

Gabriel

Bandes dessinées

By 12 mai 2014 Livres Jeunesse

24 ! J’ai lu 24 BD pour cette chronique, alors forcément ça faisait beaucoup… J’ai décidé de couper en deux et donc vous aurez une partie aujourd’hui, et la seconde partie demain. Aujourd’hui, on va s’intéresser aux plus jeunes (même si j’ai eu beaucoup de mal à voir où couper !). Et parce que 24 ce n’est pas assez, c’est une chronique croisée avec Maman Baobab ! Sur son blog, vous trouverez également aujourd’hui et demain une sélection de BD, dont certaines, en commun. Si vous aimez la BD, vous avez de quoi faire, si vous n’aimez pas… je suis sûr que certaines vont vous donner envie !

On commence par des séries.

Lili PirouliLili Pirouli est une petite fille de sept ans. Quand elle ne menace pas de faire grève sur le chemin de l’école tellement son sac est lourd, elle organise des manifs pour moins de devoirs ! C’est aussi une petite fille qui attend les menaces de sa mère avant de se brosser les dents, qui tente des techniques improbables pour avoir des cadeaux, qui sait très bien comment se faire élire déléguée de classe, qui vit des histoires d’amour compliquées, qui s’interroge sur l’époque où ses parents étaient petits (qui lui semble tellement reculée) et qui a du mal à lâcher sa console… bref, Lili Pirouli est une petite fille de sept ans…

Un tout nouveau personnage… qu’on adore déjà ! Un héros bien piquant comme on aime, le genre de petite fille qui ne mâche pas ses mots et ne se laisse pas faire. On la retrouve donc ici dans huit petites histoires dans lesquelles on reconnaît bien là nos charmants enfants et ils vont, forcément, se reconnaître aussi. Une super BD pour les jeunes lecteurs (et même avant) dont on attend la suite avec impatience.
(À partir de 5 ans d’après l’éditeur)
Des extraits sur le site de Des ronds dans l’O et le même vu par Maman Baobab, Enfantipages, et Butiner de livres en livres.

Entre ciel et TerrePetite Huit vient de perdre sa maman, il ne lui reste plus que sa grand-mère et autour d’elle tout le monde dit qu’elle porte malheur, qu’il ne faut pas l’approcher. Pourtant Ming, son voisin, lui, va aider la petite fille qui doit porter de lourds seaux d’eau, se moquant de ce que racontent les gens. Une amitié naît. Mais le soir, Petite Huit regarde le ciel et pense à sa maman, est-elle devenue une étoile ? Elle aimerait tant la retrouver…

Difficile de résumer Entre ciel et Terre (le résumé de la quatrième de couv’ donne d’ailleurs, dès la première phrase, ce qu’il se passe à un tiers du livre !). Ici, il sera donc question de petite orpheline, d’amitié, mais aussi de créatures fabuleuses, d’êtres étranges. Entre ciel et terre est une grosse BD chinoise de plus de 200 pages. Entièrement en noir et blanc, imprimée sur un beau papier, c’est un magnifique ouvrage. Mon manque de connaissance sur la BD asiatique me fait dire que ça fait penser à Miyazaki avec ses situations surréalistes, ses êtres fantastiques, sa poésie. Comme dans les dessins animés du célèbre réalisateur japonais, j’avoue m’être un peu perdu… Beaucoup de personnages et des situations trop étranges pour moi (mais je ne suis pas un bon exemple, je ne comprends rien à Star Wars non plus pour les mêmes raisons). Ici aussi, c’est un premier volume et c’est un superbe ouvrage pour les amateurs de BD asiatique.
(À partir de 12 ans d’après l’éditeur)
Des extraits sur le site de Cambourakis.

CHI UNE VIE DE CHAT T10[MAN].indd.pdfLa petite chatte Chi est heureuse chez les Yamada qui l’ont recueillie, tellement heureuse qu’elle a réussi à convaincre un jeune chat sauvage de venir vivre avec eux. Seulement lui préfère la liberté. Lors de ses sorties Chi joue de plus en plus avec des petits chats de son âge qui lui ressemblent beaucoup, et pendant ce temps, pour la première fois, Monsieur Yamada voit une affiche sur laquelle il découvre que Chi est recherchée…

Ici, ce n’est plus un premier tome, loin de là ! Dans ce dixième tome de Chi, une vie de chat on sent que Chi est de plus en plus proche de retrouver sa mère. Ses souvenirs sont de plus en plus présents, elle joue avec ses frères et ses sœurs, les Yamada savent maintenant qu’elle est recherchée. Elle se rend aussi compte dans ce nouveau tome qu’elle est un chat, pas un humain, qu’elle vient d’une autre famille que celle des Yamada. Un manga qu’on adore et dont on vous a souvent parlé et que l’on est chaque fois ravi de retrouver. Une série qui cartonne autant avec les parents qu’avec les enfants (même auprès de ceux qui ne savent pas encore lire).
Le même vu par Les lectures de Liyah.

Pan Pan Panda 2Le printemps est arrivé à la résidence Kanda, là où vivent le panda Panettone (appelé Pan’Pan) et Praline, la petite fille. Il y a aussi Rose, qui est amoureuse de Pan’Pan, Paprika (appelée Rika) et son mauvais caractère et plein d’autres personnages. Cette petite bande va fêter la St Valentin et le White Day, pique-niquer sous les cerisiers en fleurs, jardiner et Pan’Pan va peut-être même estiver !

On reste donc en Asie avec ce manga dont on vous avait déjà parlé (ici). Pan’Pan Panda, comme le dit le sous-titre, c’est Une vie en douceur. Un manga très doux, dont le héros est un Panda qui semble toujours heureux. De très belles illustrations, tout en couleur, qui plaisent beaucoup aux jeunes lecteurs. C’est le deuxième tome de cette nouvelle série et l’on attend la suite avec impatience.
Le même vu par Maman Baobab, Bricabook et des extraits sur le site de Nobi Nobi !.

ZITA 2Depuis qu’elle a sauvé Scriptorius, Zita est devenue une légende vivante. Partout où elle passe, les gens se pressent pour prendre des photos, lui demander un autographe. Zita, elle, aimerait juste rentrer sur sa planète. Alors que des Lomponiens viennent lui demander de venir sauver leur planète menacée par des cœurs stellaires, un Imita-tor (prototype à holographie) prend son apparence et sa place. Ses compagnons n’y voient que du feu et la vraie Zita qui doit voler un vaisseau pour les rejoindre et les avertir devient l’ennemie publique n° 1.

Voici donc le deuxième tome de Zita, la fille de l’espace. J’avais adoré le premier j’ai été tout aussi séduit par la suite. Une grande aventure fantastique accessible aux plus jeunes (mais les grands ne s’ennuient pas non plus) avec pour héroïne une jeune terrienne qui, en attendant de pouvoir rentrer sur Terre, doit se battre avec des extraterrestres menaçants. C’est plein d’humour, de pep’s. On ne s’ennuie pas une minute à la lecture des 220 pages. Le tome 3 sort à l’automne, on l’attend avec impatience !
Le même vu par Mes premières lectures.

Tétine ManNom : Tétine man. Âge : 4 ans. Particularité : personne ne l’a jamais vu sans sa tétine. ATTENTION il est recommandé de ne pas tenter de la lui enlever… sinon tant pis pour vous. Sa grand-mère pensait qu’en lui mettant des bougies devant la bouche il serait obligé de s’en séparer, un parent d’élève ne supportait pas de le voir avec ce truc dans la bouche lors de la représentation de la chorale… mais comme les autres ils ont dû abandonner…

Les six premiers tomes de Tétine Man regroupés dans une très belle BD, voilà une très bonne idée ! Tétine man c’est une BD parfaite pour les jeunes lecteurs (et même avant), pleine d’humour. Comme s’ils parlaient d’un super héros avec des pouvoirs, Christophe Nicolas et Guillaume Long nous montrent les aventures de ce petit garçon qui refuse de lâcher sa tétine, et surtout de la peur qu’il déclenche chez les autres. Un héros comme on les aime, un ton qui va plaire autant aux enfants, qu’aux parents, une super BD !
Pour les 3-6 ans d’après l’éditeur.
À l’ombre du grand arbre avait discuté de Tétine man avec Christophe Nicolas (et vous pouvez y retrouver plusieurs extraits).

boule a zero petit coeurC’est l’anniversaire de Zita, alias Boule à zéro. Pourquoi ce nom ? Parce qu’à cause des traitements elle n’a plus un seul cheveu sur le crâne. La petite Marocaine décide d’inviter tous ses amis de l’hôpital La Gaufre (c’est comme ça qu’elle appelle l’hôpital Le Goff). Il y aura donc 90 % coton (la dame qui ne parle que de la matière de son jogging), Wilfrite (qui est chez les grands brûlés), Puzzle (qui a les os en morceaux) et plein d’autres patients, mais aussi le personnel soignant et surtout le beau Pierrot. Ça va être une belle fête, et elle sera encore plus belle si la mère de Boule à zéro vient, pour une fois.

Rire avec la maladie, ce n’est vraiment pas une chose facile… Ernst et Zidrou y arrivent avec beaucoup de justesse. Alors que Boule à Zéro tombe souvent et qu’il faut la réanimer, on passe plus de temps à sourire des surnoms que donne la petite fille aux autres patients ou de ses facéties qu’à avoir la larme à l’œil. On y parle donc maladie, séjour à l’hôpital, handicap, mais aussi des divers problèmes sociaux que connaissent les familles d’enfants hospitalisés (difficulté d’adapter ses horaires de travail, changement de vie…). Une BD très drôle et très touchante pour voir autrement la vie des enfants qui vivent à l’hôpital.
Le même vu par bdzoom (avec des extraits).

Yakari 38Yakari est un jeune indien qui a pour particularité de parler aux animaux. Il est toujours accompagné dans ses aventures de Petit Tonnerre, son cheval qu’il a été le seul à pouvoir approcher. Son animal totem, Grand Aigle, veille sur lui et l’aide régulièrement. Alors qu’il se promène sur Petit Tonerre, il voit un étrange objet poussé par le vent. Il le rapporte à Celui-qui-sait qui lui explique que cet objet sert à éloigner les cauchemars. Yakari va donc s’en servir. Après une nuit agitée, il voit apparaître Nanabozo le lapin magicien qui le propose de l’amener sur l’île de son rêve. Une nouvelle aventure pour Yakari !

Qui ne connaît pas Yakari ? Le petit indien a fêté ses quarante ans cette année ! Je le lisais moi-même quand j’étais petit et j’ai relu il y a peu la quasi-totalité de la série… ça n’a pas pris une ride ! J’ai pris énormément de plaisir à lire les aventures de cet enfant proche de la nature et des animaux. Ma fille de six ans les a découverts et a également adoré. Dans cette nouvelle aventure, Yakari va aller plus loin qu’il n’est jamais allé : sur une île proche de la côte pacifique du Canada. Une grande aventure pour retrouver un héros qu’on aime beaucoup (et qui vous donnera envie de vous replonger, j’en suis sûr, dans la série !).
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Maman Baobab

On quitte les séries pour les trois dernières BD.

Le génie de la boîte de raviolisDans la vie d’Armand, il y a des raviolis. C’est lui qui tamponne les boîtes à l’usine et quand il rentre chez lui ce sont des raviolis qu’il mange. Seulement un soir, alors qu’il ouvre une boîte, un génie en sort ! Armand a le droit à deux vœux (non, pas trois !)… il faut bien réfléchir !

Édité pour la première fois en 2002, Le génie de la boîte de ravioli ressort après son adaptation en court métrage plusieurs fois primé (vous pouvez le voir ici). Superbe BD, ode aux plaisirs simples que la vie nous offre, pleine d’humour, Le génie de la boîte de ravioli de Germano Zullo et Albertine est parfaitement adaptée pour les jeunes lecteurs (et même avant). Une très jolie BD sortie chez La joie de Lire.
(À partir de 6 ans d’après l’éditeur)
Le même vu par Maman Baobab et des extraits sur le site de l’illustratrice.

Moussa & David Moussa est un petit garçon arabe, il vit dans un camp de réfugiés. David est un petit garçon juif, il vit dans une belle maison et a sa propre chambre. Moussa et David vivent en Palestine. À Moussa on dit de se méfier des juifs, à David des Arabes. Il n’y avait aucune chance que ces deux petits garçons se rencontrent… s’ils n’avaient pas eu la même passion : le football.

Moussa et David, deux enfants d’un même pays est une BD extrêmement graphique, où chaque dessin est fort en symboliques, de par la taille des personnages, des décors de leurs vêtements, des éléments de l’arrière-plan… Par exemple quand on dit que David ne peut pas connaître les autres enfants palestiniens, ceux-ci n’ont pas de visage ou quand on évoque le football pour réunir ces deux communautés le ballon a la forme d’une colombe. Ce sont des exemples parmi tant d’autres, car CHAQUE dessin est rempli de ce genre de clin d’œil. C’est donc graphiquement TRÈS riche… sauf que moi ça ne m’a pas parlé du tout… J’imagine bien le travail énorme pour un tel album, mais personnellement ce genre d’illustration ne m’a pas séduit. Alors c’est complètement subjectif et je vous invite à vous faire votre propre opinion. Ici, on parle donc de la Palestine, de l’endoctrinement dès l’enfance, on doit détester l’autre, forcément. Le football est-il la meilleure façon de réunir tout le monde ? La tâche sera ardue ! Il faudra savoir où jouer, qui arbitrera… et si l’autre cachait des bombes dans ses crampons ? Une BD sur un espoir de rapprochement entre deux peuples en guerre.
Le même vu par Chroniques Rebelles (avec des extraits).


Le petit Maurice dans la tourmenteEn France, pendant la Seconde Guerre mondiale, le petit Maurice vit avec ses parents. Étant juif, il doit porter en permanence une étoile jaune sur ses vêtements et supporter les regards que cela déclenche. Il vit dans la peur, la terreur. En juillet 1942, la police française vient chercher Maurice et sa famille à 5 heures du matin. Ils doivent rassembler quelques affaires en cinq minutes puis ils sont amenés avec d’autres juifs. On propose aux parents de laisser les enfants de moins de 16 ans partir. Contrairement à beaucoup d’autres, la mère de Maurice accepte. Maurice ne verra plus jamais ses parents. Avec sa sœur, ils doivent maintenant se débrouiller seuls pour survivre.

Le petit Maurice dans la tourmente, 1940-1944 Quatre ans parmi les sous-hommes raconte donc quatre ans de la vie d’un jeune juif pendant la guerre 39-45. Les ennemis ne sont pas que les Allemands, mais aussi (surtout) les Français et la police française. Ce sont les concitoyens du petit Maurice qui dénoncent les juifs qui ne sont pas dans le bon wagon, les gardiennes d’immeubles qui pillent les appartements dont les occupants ont été déportés… Une BD historique forte (mais ici pas d’images trop violentes, on s’adresse à des enfants) pour rappeler que pendant la guerre il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre, qu’il faut se rappeler qu’autour de nous sommeillent de potentiels salauds.
Une bande annonce montrant des extraits de l’album.

Quelques pas de plus…
Retrouvez les autres BD que nous avons chroniquées sur un album Pinterest.
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Nancy Guilbert (Sous la pluie… et Aliénor et le trésor dérobé), Armelle Modéré (L’anniversaire de Zozo, Plouf ! et Coucou !), Konami Kanata (Chi c’est mon prénom et les Chi 1,2,3,4, 5, 6, 7, 8 et 9), Sato Horokura (Pan’pan panda, tome 1), Ben Hatke (Zita, la fille de l’espace T.1), Christophe Nicolas (Henri ne veut pas aller au centre de loisirs et La fabuleuse méthode de lecture du professeur Tagada), Guillaume Long (La fabuleuse méthode de lecture du professeur TagadaPlâtatras ! et Contes d’ailleurs et d’autre part), Germano Zullo et Albertine (Dada et A la montagne).

Lili Pirouli, Tous avec moi !
Texte de Nancy Guilbert, illustré par Armelle Modéré
Des ronds dans l’O dans la collection Lili Pirouli
11,90 €, 170×240 mm, 34 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Entre ciel et Terre
de Golo Zhao (traduit par Hervé Denès et Jia Chunjuan)
Cambourakis dans la collection Bande dessinée
15,50 €, 160×220 mm, 192 pages, imprimé en Lettonie, 2014.
Chi, une vie de chat, tome 10
de Konami Kanata (traduit par Kayo Chassaigne et Élodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 145 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Pan’pan panda, tome 2
de Sato Horokura (traduit par Arnaud Delage)
Nobi Nobi !, dans la collection Manga
9,45€, 131×179 mm, 110 pages, imprimé en France, 2014.
Zita, la fille de l’espace T.2
de Ben Hatke (traduit par Basile Béguerie)
Rue de Sèvres dans la série Zita, la fille de l’espace
11,50€, 150×215 mm, 223 pages, imprimé en France, 2014.
Tétine Man
Texte de Christophe Nicolas, illustré par Guillaume Long
Didier Jeunesse dans la collection Tétine Man
10,90 €, 160×217 mm, 96 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Boule à Zéro
Scénario de Zidrou, illustré par Ernst
L’école des loisirs dans la collection Mille bulles
6 €, 170×235 mm, 46 pages, imprimé en France, 2014 (première éditions Bamboo 2012)
Yakari et la tueuse des mers
Scénario de Job, illustré par Derib
Le Lombard dans la collection Yakari
10,60 €, 222×295 mm, 48 pages, imprimé en Belgique chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le génie de la boite de raviolis
Texte de Germano Zullo, illustré par Albertine
La joie de lire dans la collection Somnambule
10 €, 192×250 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2014 (première édition 2002).
Moussa et David, deux enfants d’un même pays
Texte de Maurice Rajsfus, illustré par Jacques Demiguel
Tartamudo dans la collection Tebeos
10,20 €, 210×300 mm, 51 pages, imprimé en France, 2007.
Le petit Maurice dans la tourmente
Texte de Maurice Rajsfus, illustré par Mario et Michel D’Agostini
Tartamudo dans la collection Tebeos
14,20 €, 185×262 mm, 51 pages, imprimé en France, 2010.

À part ça ?

48h BDDéjà, vous signaler, l’occasion est parfaite, que vendredi et samedi prochains (16 et 17 mai) ce sont les 48hDB. Au total, 100 000 BD (Casterman, Dargaud, Dupuis, Fluide Glacial, Grand Angle, Jungle, Le Lombard et Urban Comics) seront offertes sans contrepartie et sans obligation d’achat dans les librairies partenaires de l’évènement. Il y aura aussi divers évènements, dont des dédicaces. Liste des librairies partenaires et des animations sur le site (sur lequel il y aura aussi des BD en format numérique offertes) : http://www.48hbd.com.

Silence Action Biscoto 16Ensuite, puisqu’on parle de BD… on en profite pour vous reparler de Biscoto dont le numéro 16 sort cette semaine. Le journal plus fort que costaud vous propose un spécial cinéma appelé Silence… action !. Au programme, des BD sur le cinéma, l’explication de l’expression « arrête ton cinéma » par Vincent Malone et de « Silence » et « Action » par Louise Arhex, des infos sur le 7e art, des conseils culturels, des histoires drôles, des jeux… et bien sûr la suite du feuilleton Les yeux de la tête et de la BD Fanfan & Titi. Biscoto c’est un mensuel BD sous forme de journal à destination des enfants qui a un ton décalé et qui est vraiment intéressant graphiquement parlant. On aime vraiment beaucoup Biscoto et l’on vous invite à le découvrir sur son site (où l’on peut même s’abonner) : http://biscotojournal.com.
Biscoto c’est 3,50€ le numéro et l’abonnement (pour la France) est à 35 € (11 numéros).

Gabriel

Des bandes dessinées

By 21 novembre 2013 Livres Jeunesse

Quelques semaines après ma précédente sélection de BD, en voici d’autres (je sais que c’est le genre d’ouvrages qu’on aime mettre sous le sapin).

Les aventures fantastiques et extraordinaires de princesse animalDans un royaume d’une autre dimension vit un roi, une reine et leur fille. La princesse ne correspond pas vraiment aux attentes de ses parents, les robes roses, les bals et tout le reste ce n’est pas vraiment son truc. Elle ce qu’elle aime c’est combattre les monstres ! Pour ça elle porte des pyjamas animaux qui la transforment en Princesse Animal !

On croise dans Princesse Animal le héros de Mini Chevalier maxi fort (que nous avions chroniqué ici), une bande dessinée que j’avais beaucoup aimée. Ici, c’est un peu le même esprit (sauf qu’on n’est pas dans l’imaginaire, la Princesse Animal est vraiment une petite princesse), le même humour qui m’avait tant plu dans le précédent. C’est drôle, coloré, plein de pep’s… bref une très bonne BD pour les plus jeunes.
Des extraits ici.

plouf tous a l'eauPour trois amis (un éléphant, un oiseau et un crocodile) c’est la journée baignade ! Chacun sa serviette (ne pas confondre), on fait les gourmands (mais faut faire avec ce qu’il y a) et on va plonger (chacun sa technique) ! La journée ne manquera pas de piquant !

Sortie dans la même collection (et dans le même esprit) que le précédent, Plouf ! Tous à l’eau d’Ethan Long est une BD, avec trois courtes histoires, pleine d’humour. On s’adresse ici aux tout jeunes lecteurs et même avant (on peut aisément comprendre les situations sans savoir lire). J’avais déjà chroniqué un autre album Ethan Long (Rick & Rack L’appel de la forêt) que j’avais beaucoup aimé, on retrouve ici cet esprit un peu potache, ces amis un peu crétins dont les bêtises nous font rire. Décidément la collection Balloon Toons chez Didier Jeunesse est une valeur sûre !
Des extraits ici.

octave et la dauradeOctave il aime bien être tranquille et surtout il a horreur du poisson, imaginez donc sa joie quand son grand-père lui annonce que le lendemain matin il le réveillera à quatre heure pour aller à la pêche ! Octave ne sait pas encore que ça sera pour lui le début d’une sacrée aventure.

Octave et la daurade royale n’est pas qu’un livre sur la pêche (au départ, en tant qu’anti-pêche j’ai eu un peu peur), et sans vous dévoiler trop l’histoire je dirais même que le livre est assez engagé écologiquement (mais ce n’est pas un livre anti-pêche, disons le tout de suite). Une petite BD pleine d’humour (j’adore le trait d’Alfred), sur l’imaginaire, la nature et la transmission (entre autre), pour les jeunes lecteurs.
Des extraits ici.

Pan Pan PandaPraline et Panettone (un panda que la petite fille appelle Pan’Pan) vivent ensemble à la résidence Kanda, un petit immeuble au Japon. Le propriétaire, Monsieur Kanda, étant absent, c’est Panettone qui s’occupe de l’immeuble. Le panda s’occupe donc également de Praline, accueille les nouveaux résidents et se transforme même en Père Noël le soir de Noël.

C’est un très joli manga que publie Nobi Nobi ! (leur premier !). Un manga pour les plus jeunes, doux et plein d’humour. Des scènes du quotidien d’une petite fille qui vit avec un panda (normal…) et de leurs amis. On en apprend plus sur la culture japonaise grâce au manga mais aussi grâce à la partie documentaire en fin d’ouvrage (où on trouvera aussi des jeux, un plan de la résidence, une présentation des personnages, les croquis préparatoires,…). C’est un très bel ouvrage tant au point de vue graphique qu’au point de vue objet (couverture à rabats, dessins entièrement en couleurs,…). Une histoire pleine de douceur pour les jeunes lecteurs (et même avant) que je vous conseille fortement.
Des extraits ici et une bande annonce en vidéo là.

chi-6Chi est de retour, elle a décidé de s’amuser ! Elle court après les pigeons, détruit les boîtes de mouchoirs et les plantes, s’amuse avec des emballages… Elle va aussi se rendre compte qu’elle adore l’aspirateur (mais pas comme vous croyez) et faire tomber des choses des escaliers. Dans ce sixième tome de Chi, il y aura encore beaucoup de bêtises ! Mais il y aura surtout la rencontre avec Minou…

chi-7-glenatAprès avoir passé une nuit dehors, Chi est de retour à la maison… mais il va falloir la laver ! Chi va encore vivre de grandes aventures dans ce nouveau tome, surtout qu’il y a un nouvel occupant dans l’appartement : un poisson rouge ! Imaginez la joie de Chi d’avoir une proie à portée de main. La petite chatte va encore partir à la découverte du quartier avec Minou et Noiraud et elle va avoir la mauvaise idée de manger quelque chose qu’il ne fallait pas…

chi-8-glenatChi va apprendre ce que sont les ressorts de son corps, sa maîtrise des sauts va en être sacrément améliorée ! Avec Minou elle va follement s’amuser et découvrir des endroits extraordinaires… à ses risques et périls ! Chi va devoir affronter un chien, elle va être enfermée dans une cabane et va même attraper une conjonctivite ! Décidément, la vie de chat n’est pas de tout repos !

chi-9-glenatSuite à une conjonctivite, Chi porte une collerette et les Yamada ont un peu peur de la laisser sortir à nouveau… Seulement Chi est triste, elle regarde à travers la vitre les oreilles couchées. Dans le parc, Minou l’attend désespérément… Finalement les Yamada ont une solution, et si on sortait Chi en laisse ? Bien entendu elle ne se laissera pas faire et s’enfuira… en espérant que Minou l’ait attendue tout ce temps !

On est définitivement fans de Chi ici, je vous en parlais dans ma dernière chronique BD déjà, mais ça se confirme ! Ma fille de 5 ans réclame une peluche Chi (et la dessine), moi j’attends avec impatience le tome 10 (et espère voir Konami Kanata lors de sa semaine à Paris). C’est drôle, bien vu et en même temps plein de douceur, de tendresse, bien écrit. Comme dans beaucoup de mangas, en fin d’ouvrage on trouve toujours un petit bonus sympa (sauf que dans le tome 9 c’est tout un truc sur KFC, qui a fait des pub avec Chi… j’aime moins ce côté pub pour de la malbouffe dans un livre pour enfants). Chi, une vie de chat est une super série qu’il faut absolument découvrir. Si vous êtes en région parisienne la semaine prochaine, vous pourrez assister à plusieurs événements autour de cette série puisque la mangaka auteur de Chi sera présente le mercredi 27  novembre à la librairie Komikku (61 Rue des Petits Champs, 75001 Paris) de 10h à 12h30, puis à la FNAC Forum des halles de 16h30-19h, le jeudi 28 en Master class au salon du livre de Montreuil de 10h30 à 11h30, puis en dédicace sur le stand de Glénat de 14h30 à 16h30, le vendredi 28 à la Librairie BDNet (26 Rue de Charonne 75011 Paris) de 15h à 18h et le dimanche 1er décembre en dédicace sur le stand de Glénat au salon de Montreuil de 10h à 12h puis en Master class toujours au salon de Montreuil de 15h30 à 16h30.

Grot le gobelin amoureuxGrot est un gobelin, et autant ces congénères sont sales, stupides et cruels, autant Grot les dépasse dans tous ces points. Pourtant un jour Grot va tomber amoureux d’une jolie fée et il va tout faire pour lui plaire : se laver, bien se vêtir, préparer des cadeaux… mais est-ce vraiment ça qu’il faut faire pour séduire l’élue de son cœur ?

Grot le gobelin amoureux est une très bonne BD, aussi drôle qu’esthétique. On s’amuse tout au long des aventures de ce personnage horrible qui fait tout pour changer et la chute est vraiment très bonne. Graphiquement, je trouve absolument magnifiques les illustrations de Marco Paschetta (mais c’est le genre d’illustrations qui ne fera pas l’unanimité, je vous propose de vous faire votre propre opinion). Grot le gobelin amoureux est sorti chez Mamut dont on vous parle régulièrement, et c’est décidément une maison d’édition à suivre !
Des extraits ici.

QUETE D'EWILANCamille est une jeune fille de notre époque, de notre monde. Alors qu’elle est sur le point de se faire renverser par un camion la voilà qui se retrouve téléportée dans un monde étrange où, devant elle, un chevalier combat une créature horrible. La jeune fille trouve un pendentif dans l’herbe, le ramasse, le monstre la menace mais Camille est de retour dans notre monde. Sauf qu’elle ne sait pas encore que ce n’est que le début d’une grande aventure, pas de tout repos.

Je suis un peu embêté pour donner mon avis sur La quête d’Ewilan car je ne suis pas du tout un lecteur de Fantasy. Même si j’ai aimé des films comme Le seigneur des anneaux ou la série Game of Thrones, je n’ai jamais lu les livres et je suis souvent perdu dans les films/séries. Les mondes parallèles avec des elfes, des trolls, etc ont leur fan, je n’en suis pas. Une fois cela posé, j’ai quand même pris beaucoup de plaisir à lire La quête d’Ewilan (même si j’ai eu du mal à rentrer dans l’univers, comme c’est le cas chaque fois qu’il s’agit de fantasy). Les illustrations sont superbes, l’histoire est vraiment intéressante (signée Bottero, un des maîtres du genre si j’en crois mes amis fans de ce genre de littérature). Donc si vos ados (ou pré-ados) aiment les mondes fantastiques, voici le premier tome d’une série qui devrait leur plaire.
Des extraits ici.

Giacomo FoscariGiacomo est né dans une famille aisée, en Italie. Il est très troublé par le fils d’un des employés de son père, le très bel Andrea. Les années ont passées, Giacomo est maintenant un vieil homme, il vit au Japon, il se souvient de quand il est arrivé dans ce pays dans les années 60, de sa rencontre avec le troublant Shusuke qui lui rappelait Andrea.

C’est difficile de résumer le premier tome de Giacomo Foscari, beaucoup de personnages croisent la route du personnage principal. Il y sera question d’écrivains et de cinéastes, de transmission, de traditions, de différences sociales,… Il est aussi question d’homosexualité… ou pas ! Est-ce ce genre de troubles que provoquent en lui les très beaux Andrea et Shusuke ? C’est un très bel album mais les personnages et les situations sont nombreux, on aurait envie d’en savoir plus. C’est certainement dû au fait que c’est un premier tome, qu’il est là pour nous présenter les héros de l’histoire. En tout cas j’attends la suite avec impatience.
Des extraits sur le blog de Bricabook.


Françoise dolto L'heure justeFrançoise Marette est une petite fille un peu ronde, brune, yeux marrons et assez remuante, tout le contraire de sa grande sœur qui est grande, blonde, yeux bleus et sage. Pas étonnant que sa mère la lui préfère. Il y a aussi le fait que Françoise est curieuse de tout, elle veut même étudier et travailler et ça, sa mère ne le supporte pas (comment marier une telle femme ?). Pourtant à force d’insister, sa mère finira par accepter qu’elle devienne infirmière, c’était un premier pas avant qu’elle ne devienne le médecin que nous connaissons tous : Françoise Dolto.

J’avais déjà chroniqué une BD de cette collection, Grands destins de femmes chez Naïve, Isadora Duncan. Dans Françoise Dolto, L’heure juste on ne s’intéresse (hélas) qu’à l’enfance de celle qui révolutionna la pédiatrie. Comment est venue sa vocation, quels ont été les déclencheurs dans son enfance (malgré une famille aisée, une enfance pas toute rose). En plus d’être un bel objet éditorial, Françoise Dolto, l’heure juste est une BD passionnante sur une enfant qui allait devenir le célèbre docteur.
Des extraits sur le site de l’illustratrice.

Dora l'année suivante à BobignyDora et ses interrogations sur ses attirances, Odile et ses amours, la troublante manouche Geneviève… et la guerre d’Algérie, le théâtre, l’amour, la vie.

Je vous avais parlé dans ma dernière chronique BD de Dora, voici la suite L’année suivante à Bobigny. C’est plus un roman graphique qu’une BD, d’ailleurs. On suit donc ici les événements de 1962, on parle politique, engagement mais tout ça à travers une bande d’amis, leurs amours, leurs galères. C’est passionnant et surtout très esthétique, les dessins sont magnifiques (principalement en noir et blanc mais parfois avec des couleurs fortes). J’avais un peu hésité à vous parler du premier tome sur le blog (ce n’est pas une BD à destination du jeune public) j’ai encore plus hésité ici car il y a des passages un peu… chauds ! Moi je sais que ça ne me choque pas, mais je vous préviens pour que vous ne me disiez pas « hey t’as conseillé ça, je l’ai acheté pour ma fille de 12 ans et y’a des filles toutes nues dedans ! ». En tout cas une de mes plus belles découvertes en BD de ces dernières années (donc ça serait dommage de ne pas en parler, non ?).
Des extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des albums de Pranas T. Naujokaitis (Les aventures fantastiques et extraordinaires de Mini chevalier maxi fort), Ethan Long (Rick & Rack, L’appel de la forêt), Alfred (Les contes imbéciles), Konami Kanata (Chi, une vie de chat 1,2,3,4, et 5) et Minaverry (Dora).

Les aventures fantastiques et extraordinaires de Princesse Animal
de Pranas T. Naujokaitis (traducteur non indiqué)
Didier Jeunesse dans la collection Balloon Toons
9€, 215×165 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Plouf ! Tous à l’eau
de Ethan Long (traducteur non indiqué)
Didier Jeunesse dans la collection Balloon Toons
9€, 215×165 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Octave et la daurade royale
Scénario de David Chauvel, illustré par Alfred, mis en couleur par Walter
L’école des loisirs dans la collection Mille Bulles
6€, 170×235 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013 (première édition 2004 chez Delcourt)
Pan’pan panda
de Sato Horokura (traduit par Arnaud Delage)
Nobi Nobi !, dans la collection Manga
9,45€, 131×179 mm, 110 pages, imprimé en Italie, 2013.
Chi, une vie de chat Tome 6
de Konami Kanata (traduit par Kayo Chassaigne et Élodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 162 pages, imprimé en Italie, 2011.
Chi, une vie de chat Tome 7
de Konami Kanata (traduit par Kayo Chassaigne et Élodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 160 pages, imprimé en Italie, 2012.
Chi, une vie de chat Tome 8
de Konami Kanata (traduit par Kayo Chassaigne et Élodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 150 pages, imprimé en Italie, 2012.
Chi, une vie de chat Tome 9
de Konami Kanata (traduit par Kayo Chassaigne et Élodie Lepelletier)
Glénat Kids dans la série Chi
10,75€, 130×180 mm, 152 pages, imprimé en Italie, 2012.
Grot, le gobelin amoureux
de Luca Blengino et Marco Paschetta (traduit par Jacques Barbéri)
Bang ediciones dans la collection Mamut
10€, 190×260 mm, 56 pages, imprimé en Espagne, 2013
La quête d’Ewilan, T.1 D’un monde à l’autre
de Lylian (d’après Pierre Bottero), illustré par Laurence Baldetti
Glénat dans la collection La quête d’Ewilan
14,95€, 240×320 mm, 67 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013.
Giacomo Foscari, Livre 1 Mercure
de Mari Yamazaki (traduit par Corinne Quentin)
Rue de Sèvres dans la série Giacomo Foscari
12,50€, 153×216 mm, 180 pages, imprimé en France, 2013.
Françoise Dolto, l’heure juste
Scénario de Marie-Pierre Farkas, illustré par Marianne Ratier
Naïve dans la collection Grands destins de Femmes
23,40€, 186×228 mm,120 pages, imprimé en France, 2011.
Dora, l’année suivante à Bobigny
de Minaverry (traduit par Chloé Marquaire)
L’agrume dans la série Dora
18€, 172×240 mm, 144 pages, imprimé en Lettonie, 2013.

A part ça ?

Biscoto Tsoin TsoinPuisqu’on parle BD… on reparle de Biscoto ! Le dernier numéro vient de sortir et c’est un spécial… Tsoin Tsoin ! Biscoto c’est un super journal (le journal plus fort que costaud) dans lequel on trouve des BD, des histoires, des blagues, un poster,… C’est vraiment un OVNI dans la culture jeunesse, le genre qui ose (c’est pas pour rien que Vincent Malone y contribue !). Bref si vous ne connaissez pas Biscoto, il faut absolument le découvrir. Plus d’infos ici.

Gabriel

Les invités du mercredi : Chun-Liang Yeh, Juliette Parachini et Marjorie Béal (+ concours)

By 26 juin 2013 Les invités du mercredi

Aujourd’hui j’ai la chance de publier une interview d’un très bon auteur, Chun-Liang Yeh. Nous avons très régulièrement parlé de son travail et vous savez à quel point je l’apprécie. C’est une très belle plume, un de ces auteurs qui nous livre chaque fois des petites merveilles. Il a fait des réponses passionnantes à mes questions, je suis vraiment heureux de vous proposer de les lire. A la suite de cette interview vous pourrez tenter de gagner le superbe Le calligraphe, grâce aux éditions HongFei (dont Chun-Liang Yeh est le co-créateur et y est aussi éditeur). A la suite de cette interview, pour notre rubrique Parlez moi de…, j’ai voulu revenir sur un livre dont on a beaucoup entendu parler ces derniers temps, Mes deux papas, avec ses auteurs Juliette Parachini et Marjorie Béal. Marie Moinard, son éditrice, sera aujourd’hui invitée de Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin (où je suis moi même invité ce jour !). Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Chun-Liang Yeh

Chun-Liang YehQuel a été votre parcours ?
Je suis né et ai grandi à Taïwan, une île à l’est du continent chinois. J’ai passé mon enfance à Kaohsiung, une grande ville portuaire dans le sud du pays. Le paysage maritime a très tôt réveillé en moi l’envie de partir en voyage dans des pays lointains. Dès que j’ai appris à lire et à écrire, j’ai compris intuitivement que c’est avec les mots que je pourrais voyager vraiment loin, plus loin que le bout du monde, dans le cœur des gens.

Entré à l’Université de Taïwan pour des études en science physique, j’ai eu la chance d’y être également initié aux littératures européennes. J’ai ainsi été introduit au monde de la création comme lecteur avisé, ensuite comme architecte après mon diplôme obtenu à Paris, et enfin comme éditeur et auteur pour la littérature jeunesse depuis six ans.Pi Po Pierrot

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Deux albums illustrés, lus avant mes dix ans, m’ont laissé un souvenir ému. Je parlerai toutefois plus volontiers du premier livre qui fut déterminant dans l’orientation que je donnerais plus tard à ma vie. J’avais alors onze ans. Le livre s’intitule Nouvelles de Sahara signé par la romancière taïwanaise Sanmao. Celle-ci a fasciné toute une génération de Taïwanais dans les années 1980 (et plus tard les Chinois du continent) par son allure de bohème et ses aventures hors de portée de la plupart des gens de l’époque. Grâce à ses récits, j’ai pris conscience que ma vie rêvée était celle d’un voyageur, libre de ses mouvements et dans son esprit. Puis, à la bibliothèque du collège,Couv-Yexian j’ai trouvé dans  L’Attrape-cœurs  de J.D. Salinger (en traduction chinoise) la promesse et l’invitation à une vie de rebelle et naturellement empreinte de générosité. Puis, au lycée, Demian de Hermann Hesse m’a accompagné dans une quête solitaire où le désespoir n’est pas sans beauté. Ces ouvrages, parmi d’autres, m’ont marqué durablement et m’aident, je pense, à développer de véritables échanges avec les enfants dans les classes aujourd’hui.

Quelle place tient encore la Chine aujourd’hui dans votre vie, dans votre écriture ?
Chinois de Taïwan, je vis en France depuis vingt ans. Ma vie professionnelle et personnelle ne m’amène pas à fréquenter spécialement mes compatriotes en France, et il faudrait une occasion vraiment exceptionnelle pour que je cuisine chinois. Pour les gens ici, la Chine peut être passionnante, déplaisante ou ne pas susciter d’intérêt Le duc aime le dragon du tout ; ils vivent la Chine de l’extérieur. Moi, je la vis de l’intérieur, elle est comme un jardin secret où je trouve refuge et me ressource. Les enseignements que j’ai reçus petit, notamment ceux sur la connaissance de soi et des autres, les repères et les valeurs qui m’ont aidé à me libérer et à me conduire en société, sont des graines qui germent et s’épanouissent aujourd’hui sur le sol français. Ce jardin secret n’est toutefois pas clos : il suffit d’aimer la vie pour trouver le chemin qui y mène.

Comme auteur, mon centre d’intérêt n’est pas rendre une Chine traditionnelle, idéalisée et éternelle pour le public français. J’essaie plutôt, à travers ma création, de suggérer un regard et une manière d’être au monde, d’aimer la vie et ainsi d’accéder au « jardin secret » dont j’ai parlé plus haut. Pour y parvenir, j’ai la chance de me nourrir de la tradition littéraire et de l’humanisme chinois, mais ce fond culturel m’a également préparé à admirer les grands esprits et embrasser les belles âmes sous d’autres cieux. Je revendique d’être un auteur chinois qui, ayant côtoyé en lecture D.H. Lawrence et E.M. Forster, s’exprime dans la langue d’André Gide. Ce cosmopolitisme a caractérisé l’Europe des Lumières. J’espère tant qu’elle ne l’oubliera pas.

Le calligrapheParlez-nous de Le Calligraphe, votre dernier album sorti chez HongFei.
Wang Xizhi, le plus célèbre des calligraphes de la Chine classique, pourrait se vanter d’être un personnage historique dont la vie est une des plus riches en anecdotes. On les raconte depuis 16 siècles comme si elles étaient arrivées hier à un voisin ou un cousin ! C’est ainsi qu’il est censé avoir exercé son talent au bénéfice d’une vieille marchande d’éventails. A partir de ce « pré-texte », j’ai développé une histoire qui introduit, entre autres choses, deux regards en décalage par rapport au point de vue dominant en France. Le premier consiste à désacraliser l’art et à rendre à l’artiste sa part d’humanité. Le deuxième touche à la valeur – marchande – des choses : en effet, dans ma culture et d’après mon expérience, le monde du commerce, plutôt absent des livres pour enfants, n’est pas par nature vicié ou avilissant. Abordé avec justesse et humour, il peut même nous apprendre beaucoup sur nos désirs et motivations, lesquels sont intimement liés à notre épanouissement et à notre bonheur.

Quels sont les contes de votre enfance que vous n’avez pas encore couchés sur papier et que vous rêveriez de faire ?
Ma réponse va peut-être vous surprendre pour plusieurs raisons. Premièrement, les contes ont occupé une place somme toute limitée dans mon bonheur d’enfance ; si certains m’ont donné du plaisir, ce n’est pas pour autant que les enfants en France pourraient les aimer. Deuxièmement, comme auteur ma préoccupation est bien plus la création que la transmission et la diffusion de contes venus d’ailleurs (en l’occurrence de Chine). L’écriture du Calligraphe, évoquée à l’instant, en fournit un exemple : lorsqu’il m’arrive de raconter une histoire ancienne ou connue en Chine, je n’en propose pas uneL"auberge des ânes transcription en langue française mais une re-création unique dotée d’une intention, qui prend corps et âme sous ma plume. Les Deux Paysages de l’empereur, un de mes autres albums, illustre bien ce même propos exposé dans un billet de notre blog « Créations originales et la tradition ». Ceci dit, je vais tout de même tenter une réponse à votre question : je me souviens bien du plaisir étrange que j’éprouvais en lisant la confession des damnés en enfer dans un texte de vulgarisation du bouddhisme, tout comme l’Inferno de Dante découvert des années plus tard. Ce vertige devant la cruauté, la fragilité et l’obscurité de l’âme humaine a participé à la formation de mon caractère d’homme et à ma sensibilité d’auteur, et m’inspirera peut-être pour la création d’un récit pour adultes, à mille lieues de l’adaptation d’un récit bouddhique pour les enfants en France.

Quels sont vos projets ?
Hélas ! La conception ou la réalisation, pour le compte des éditions HongFei, de nos projets éditoriaux occupent l’essentiel de mon temps ; je ne pense pas avoir le loisir de développer des projets plus personnels avant quelques temps. Malgré tout, je garde l’espoir de les réaliser un jour, peut-être aussi pour les lecteurs adultes, pourquoi pas en chinois ? L’avenir reste ouvert…

Bibliographie :

Prochainement :

  • La Langue des oiseaux, illustré par Clémence Pollet ; recueil de quatre contes chinois à paraître en septembre 2013.

Le calligrapheComme je vous le disais avant cette interview, grâce aux éditions HongFei, je vais faire un chanceux parmi vous ! L’un de vous va gagner Le calligraphe, un super album dans lequel un homme transforme un objet du quotidien en œuvre d’art. Dites-moi, en commentaire, quel est l’artiste qui vous touche le plus (peintre, sculpteur… ou autre !) et l’un de vous, celui qui sera tiré au sort, gagnera ce très beau livre. Vous avez jusqu’à lundi 20h… bonne chance à tous !


Parlez moi de… Mes deux papas

Une fois par mois on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette semaine c’est Mes deux papas, le livre de Juliette Parachini et Marjorie Béal sur lequel j’ai eu envie de revenir.

Juliette ParachiniJuliette Parachini (auteur) :
J’ai écrit ce texte avant les polémiques qui ont accompagné les discussions autour du ‘mariage pour tous’. L’idée que des enfants puissent être considérés comme différents car leur schéma familial n’est pas dans la norme me fait frissonner.
Je peux comprendre que le sujet heurte certaines personnes. Je ne peux pas comprendre qu’il puisse générer une telle intolérance et une telle haine.
J’ai envoyé ce texte à Marie Moinard qui l’a accueilli de façon très positive. Elle m’a proposé Marjorie Béal pour illustrer l’album : ma réponse a été : « OUI ! ».
J’ai écrit ce texte pour les petits. Je réalise aujourd’hui qu’il s’adresse également aux beaucoup plus grands…

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Mes deux papas de Juliette Parachini-Deny et Marjorie Béal, édité par Des ronds dans l’O (2013), que nous avons chroniqué ici.

Juliette Parachini-Deny vient de sortir les tomes 5 et 6 de la collection Boules de poils et Cie chez Fleurus. Vous pouvez la retrouver sur son blog :  http://julietteparachini.blogspot.fr/

 

Marjorie BéalMarjorie Béal (illustratrice) :
Marie Moinard, l’éditrice m’a envoyé le texte Mes deux papas de Juliette Parachini-Deny, en me proposant de faire un essai.
J’ai tout de suite été séduite par le texte, des mots simples et justes, une histoire qui ne parle que d’amour, et de tolérance. Ce texte s’est envolé dans ma boîte mail, à un moment opportun, j’ai travaillé dessus avec mon cœur, étant révoltée par les propos méprisants et violents qui fleurissaient suite au débat sur le mariage pour tous.
C’est donc avec grand plaisir et fierté, que j’ai décidé de l’illustrer.
J’ai choisi de travailler le trait fin, à l’encre et de manière épurée, et d’effectuer une colorisation choisie de certains éléments, afin de mettre l’accent sur certaines actions de l’histoire, j’ai proposé à Marie et Juliette (une planche de Tom , Enzo et Lilou ) et elles m’ont fait confiance pour travailler sur ce projet qui nous tient à cœur.

Marjorie Béal vient de sortir deux albums en même temps ! Et toute la ville s’éveille (illustration d’un texte de Laurie Cohen) chez Balivernes et C’est qui le roi des animaux ? (illustration d’un texte d’Agnès Laroche) chez De la Martinière Jeunesse. Vous pouvez la retrouver sur son blog : http://marjoriebealillu.overblog.com

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