La mare aux mots
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Avec mes lunettes ! [ARTICLE EN ACCÈS LIBRE]

Par 30 août 2019 Livres Jeunesse

Avoir des lunettes, c’est parfois lourd à porter… alors vive les albums qui mettent en avant des héro·ïne·s qui en portent !

Aïe ! Le hérisson s’est cogné le genou contre la table de nuit en se levant… puis le voilà qui trébuche sur une pierre en revenant de chez Monsieur Hibou. Mais quel est donc le souci du hérisson se demande l’écureuil. Son ami est prêt à lui dire, mais c’est un secret… un secret difficile à garder !
Je vous dévoile la fin et j’en suis désolé, mais le secret du hérisson c’est qu’il a des lunettes, mais qu’il a honte de les porter. Heureusement qu’il a de super ami·e·s qui vont trouver une astuce pour l’aider à assumer cet accessoire, peut être gênant, mais tellement utile. Au-delà de l’histoire qui rappelle qu’il n’y a aucune honte à avoir à porter des lunettes, c’est un magnifique album sur l’entraide, l’amitié, la solidarité… Et tout ça avec de magnifiques illustrations couchées sur un beau papier épais. Ajoutons qu’en plus d’être extrêmement tendre, c’est bourré d’humour, bref c’est un album vraiment réussi !
Un très bel album pour assumer ses lunettes !

Charlie adore regarder les mouches voler, c’est son côté observateur… Mais ça n’amuse pas vraiment sa maîtresse et ça cause parfois des soucis (comme la fois où il ne retrouvait plus son père). Mais voilà qu’un jour en observant les acrobaties de certains spécimens il lui vient une idée : il va devenir un super héros ! Voilà notre Charlie qui se prépare : musculation, costume… mais un super héros peut-il avoir des lunettes ?
On retrouve ici le héros de l’album Les lunettes (chroniqué ici) dans cette histoire de super héros qui, disons-le, est un peu moins réussie que l’album précédent… mais ne boudons pas notre plaisir, on est tout de même heureux de retrouver ce personnage attachant et les dessins de Guridi sont toujours aussi réussis ! Contrairement au premier livre, les lunettes ne sont pas le sujet principal… mais parler de lunettes en arrière-plan, c’est bien aussi !
La suite (un poil moins réussie) d’un album qu’on a adoré, Les lunettes.

D’autres d’albums sur les lunettes ici et .

Le secret du hérisson
Texte de Susanna Isern (traduit de l’espagnol, traducteur·trice non crédité·e), illustré par Natalia Colombo
Kimane
9,95 €, 205×237 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2018.
Charlie Super M
Texte de Margarita Del Mazo (traduit de l’espagnol, traducteur·trice non crédité·e), illustré par Guridi
Versant Sud
12,90 €, 166×232 mm, 36 pages, lieu d’impression non indiqué, 2019.

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Un roman engagé et une invitation au(x) voyage(s)

Par 29 juillet 2019 Livres Jeunesse

Les deux livres que je vous conseille aujourd’hui sont très différents, mais parfaits pour prendre de la hauteur : le roman de Charlotte Bousquet parle de la cause animale, tandis que l’album de Carl Norac et d’un collectif d’artistes permet de s’évader en rêvant au voyage.

Chris est un adolescent assez mal dans ses baskets. La seule chose dans laquelle il est à l’aise, c’est l’écriture de jeux de rôles, qu’il crée pour le plus grand plaisir de ses rares ami·e·s. Mallory est une jeune fille magnétique qui vient de débarquer dans son lycée. Engagée, militante pour la cause animale, elle poste sur Internet ses vidéos de slam dans lesquelles elle dénonce la chasse, les conditions dans les abattoirs, l’industrie de la fourrure… Chris tombe immédiatement sous son charme, mais il est persuadé de ne pas pouvoir lui plaire. Nadia, la meilleure amie de Chris, lui propose de se rapprocher d’elle en devenant végétarien. Si Chris lui demande des conseils et s’investit dans la cause animale, Mallory finira peut-être par s’intéresser à lui ? Mais le défi va évidemment pousser Chris à réfléchir – vraiment – à la question, et à s’impliquer dans une prise de conscience collective au sein de son lycée. Au point d’aborder la question en cours de philo. Nadia et lui vont se rapprocher de Mallory, pour de bonnes raisons, et non plus seulement pour une histoire de coup de foudre…
On connaît l’engagement de Charlotte Bousquet pour la cause animale. Voilà un roman qui mêle parfaitement son talent pour les histoires et sa volonté d’ouvrir le débat. Contrairement à ce que son titre pourrait laisser penser, ce n’est pas vraiment un roman sur le végétarisme ou le véganisme. C’est un roman divertissant, une histoire d’ados pertinente et sensible, qui aborde le mal-être de cette période, les relations familiales, les amitiés, les amours lycéennes… avec beaucoup de finesse. Mais c’est aussi un très bon roman sur l’engagement, sur ce qui fait qu’à un moment, on prend conscience de l’importance d’une cause, et comment on peut s’impliquer. Bien sûr, ici, le personnage devient végétarien pour plaire à une fille, c’est facile, peut-être pas forcément crédible, mais après tout, pourquoi pas ! L’histoire d’amour passe au second plan dès que le sujet central affleure : que peut-on faire, à notre échelle, au quotidien, en famille, au lycée, pour réfléchir à cette question écologique et éthique de la cause animale aujourd’hui.
Un bon roman pour ouvrir le dialogue et susciter la réflexion, mêlant avec habileté et intelligence les thèmes de l’adolescence et la question essentielle de la protection et des droits des animaux.

Veggie tendance vegan
de Charlotte Bousquet
Rageot
14,90 €, 145×210 mm, 288 pages, imprimé en France chez un imprimeur écoresponsable, 2019.
Je t’emmène en voyage
Texte de Carl Norac, illustration collective
À pas de loups
20 €, 180×250 mm, 86 pages, imprimé en Belgique, 2019.

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Ceux et celles qui partent… [ARTICLE EN ACCÈS LIBRE]

Par 11 juillet 2019 Livres Jeunesse

Deux petits romans où il est joliment question d’entraide et de solidarité envers ceux et celles qui, un jour, n’ont pas eu d’autre choix que de quitter leur pays meurtri.

Il s’appelle Nadim et son prénom veut dire compagnon. Dans la petite ville, les bonnes volontés s’affairent en vue de réserver le plus chaleureux des accueils à sa famille. Les enfants de l’école n’ont retenu qu’une chose : ce jeune garçon viendrait, semble-t-il, de la jungle. Leur imagination débordante s’imagine alors les feuillages et les arbres majestueux, s’enrobe aussitôt d’une chaleur étouffante et ce soupçon d’exotisme suffit à les rendre impatients. Mais Nadim arrive à l’école et leur ressemble bien plus qu’ils·elles ne l’imaginaient. Sa langue est autre, ses gestes dénotent et sa spontanéité amuse.
Deux mondes se mêlent ainsi dans ce récit : celui des enfants, qui n’ont pas encore conscience des raisons qui ont conduit Nadim à venir en France et celui des adultes qui se démènent pour adoucir une réalité terrifiante qu’ils·elles connaissent. Dans un petit texte d’une grande humanité, Marie Fouquet rappelle combien l’entraide peut être salvatrice. Solidarité, altruisme et amitié naissante, autant de valeurs qui sont ici mises en avant comme un pied de nez aux intolérant·e·s et aux esprits injustement étriqués.
Un petit roman qui redonne foi en l’humanité.

Les langues se délient et la rumeur enfle. Non loin de la mairie, un camp de réfugié·e·s s’est installé et voilà que les gros titres de la presse ne cessent d’alerter les habitant·e·s sur cette arrivée qui divisent la population. Certain·e·s affichent ostensiblement leur mécontentement et d’autres sont sensibles à la situation de ces familles qui ont tout quitté pour trouver une vie meilleure. Elsa n’a que quatorze ans mais elle se sent prise à la gorge par une émotion qui la submerge : comment les aider ? Comment leur apporter un tant soit peu de confort ? Difficile de s’impliquer quand son père voit d’un très mauvais œil ces étrangers qu’il ne semble pas apprécier. En cachette, et avec l’aide de quelques personnes de bonne volonté, elle tente par tous les moyens d’apporter un peu de douceur et de confort à ces gens qui n’ont plus rien. Et si la caravane abandonnée non loin de chez elle pouvait abriter la famille de Bachir ?
Il ne vous faudra pas beaucoup de pages pour apprécier cette histoire de rencontre. Deux adolescent·e·s et deux vies que tout oppose. Et pourtant, à travers l’engagement de cette héroïne passionnée, c’est aussi une amitié pudique qui s’écrit. Malgré son jeune âge, Elsa fait partie de ces personnages qu’on aime aussitôt qu’on la découvre tant sa force d’esprit et sa persévérance sont exemplaires. Elle transforme sa révolte et son incompréhension en interrogeant le monde qui l’entoure et chaque page témoigne de sa volonté sans pareille pour affronter ces adultes qui ont encore beaucoup à apprendre sur la solidarité et l’entraide.
Un petit roman qui relate à merveille la fougue des indigné·e·s et l’engagement adolescent.

Mon ami de la jungle
Texte de Marie Fouquet, illustré par Amélie Clavier
Éditions Kilowatt dans la collection Les Kapoches
7,30 €, 140×180 mm, 48 pages, imprimé en Europe, 2018.
La Cache
de Thierry Robberecht
Éditions Mijade dans la collection Zone J
6 €, 178 x 124 mm, 76 pages, imprimé en Belgique, 2019

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Ce n’est ni une attraction ni un aliment [ARTICLE EN ACCÈS LIBRE]

Par 7 juin 2019 Livres Jeunesse

Les deux albums du jour rappellent que les animaux n’ont pas à nous divertir et que l’on peut très bien vivre sans les manger.

  Mercredi était une baleine, elle vivait dans un bocal en plein centre-ville. Elle n’avait jamais rien vu d’autre que ce qu’elle voyait depuis son bocal : des voitures, des passants, des immeubles. Comme le jour de la semaine du même nom, Mercredi était coincée au milieu de tout. Mais quand elle faisait des bonds, Mercredi apercevait une étendue bleue qui l’attirait, sans qu’elle ne sache pourquoi… Alors elle se mit à faire des bonds de plus en plus hauts pour mieux voir… ce qui plut à la foule…
On pourra bien entendu voir dans l’histoire de La baleine qui voulait voir la mer, une ode à la liberté, mais on pourra aussi y voir une histoire qui rappelle à quel point les delphinariums sont des prisons et qu’emprisonner les animaux pour divertir les humains est cruel. Ici (contrairement à dans la vraie vie), l’histoire se terminera bien pour Mercredi. Les illustrations sont absolument magnifiques et l’histoire tout aussi réussie.
Un très bel album qui rappelle l’importance de laisser les animaux dans leur milieu naturel.

Dans le livre il y a une forêt et dans cette forêt, des animaux de toute sorte qui vivaient heureux ensemble et se réunissaient même pour manger du tofu cuit au barbecue. Mais un jour, un loup arrive et, malheur, il n’aime pas le tofu ! Il veut de la vraie viande. Seulement le loup est poli et il demande à chaque animal s’il peut le manger… bien sûr, tous refusent. Sauf que le poisson, lui ne sait pas parler… alors pourquoi ne pas le manger ?
Dans cet album bourré d’humour, Coline Pierré parle bien entendu du végétarisme… mais aussi du consentement ! Et surtout, elle aborde ces deux thèmes forts avec énormément de finesse, sans gros sabots (les omnivores pourront d’ailleurs lire cet album et l’apprécier tout comme ils ont pu apprécier Jefferson ou le film Babe !). Ici donc on ne mange pas quelqu’un qui le refuse et le loup fini par comprendre… mais rassurez-vous tout ça n’est qu’une histoire (Coline Pierré joue, là encore avec finesse et humour, avec le fait que nous sommes dans un livre et que dans un livre tout est possible). Ajoutons que les illustrations sont aussi belles que drôles !
Un super album sur le consentement et le fait de manger des animaux… ou pas !

La baleine qui voulait voir la mer
Texte de Troy Howell (traduit de l’américain par In Texte), illustré par Richard Jones
Kimane
12,95 €, 260×260 mm, 38 pages, imprimé en Chine, 2019.
Je peux te manger ?
Texte de Coline Pierré, illustré par Maëva Tur
La plage
15,90 €, 215×288  mm, 36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2019.

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Combattre le sexisme ! [ARTICLE EN ACCÈS LIBRE]

Par 8 mars 2019 Livres Jeunesse

On vous parle d’antisexisme une bonne partie de l’année, ça serait dommage de ne pas le faire lors de la Journée internationale des droits des femmes ! Et en passant, on rappelle que notre webzine antisexiste est toujours téléchargeable gratuitement ici.

« Les filles ont peur de tout », « les déguisements de pirates, c’est seulement pour les garçons », « le football c’est pas pour les filles », voilà le genre de phrases idiotes que l’on peut entendre un peu partout, même dans les médias. Pourtant rien n’est interdit aux filles, comme rien n’est interdit aux garçons ! Que l’on soit fille ou garçon on peut pleurer, être gracieux·euse, courageux·euse, s’habiller en rose ou en bleu, avoir les cheveux longs ou courts, être le·la chef·fe…
Des livres pour dire que les filles peuvent ne pas aimer le rose et les garçons peuvent aimer la danse, on en a vu arriver quelques-uns ces derniers temps… mais celui-ci est particulièrement intéressant, d’après moi. Par sa forme déjà (d’un côté « fille » et de l’autre « garçon » si bien qu’on a les deux livres et ainsi garçons et filles pourront lire les deux « côtés »), ensuite parce que les illustrations sont vraiment réussies, enfin car ici on accepte aussi les filles qui aiment le rose et les princesses (on ne dénigre personne !). Bref, il est bien fait, bourré d’humour et esthétique (chez moi, mes filles de 5 et 10 ans ont tout de suite adoré). On notera aussi qu’il n’y a pas ici que des enfants blancs, et ça aussi ça fait du bien !
Un album extrêmement bien fait (et très esthétique) pour combattre les clichés sexistes et rappeler que ce n’est pas notre genre qui fait ce que l’on est.

Voilà que s’avance la ligue des super-féministes ! Avec elle, on va parler de la représentation des filles dans les œuvres, de l’égalité, du partage des tâches, des injonctions, des privilèges et même de l’écriture inclusive !
Voilà une BD extrêmement originale et bien foutue pour parler de féminisme (et de tout ce que ça englobe) aux enfants. C’est bourré d’humour, facile à lire et passionnant ! Mirion Malle (qui avait déjà illustré Les règles… quelle aventure dont on avait parlé ici) met en évidence des choses qu’on n’a pas forcément remarquées sur la représentation (par exemple sur les filles montrées souvent comme rivales quand les garçons sont montrés comme complices ou le fait que la fille d’un groupe n’a souvent comme seule caractéristique que d’être une fille). Comme dans le précédent, ici encore Mirion Malle montre toutes sortes de corps et de couleurs de peau. Mon seul bémol serait peut-être la minimisation de l’injonction à la virilité qui me semble dommage. Mais ça reste, encore une fois une très bonne BD qui aborde des tas de thématiques (on parle aussi d’homosexualité, de transidentité, d’intersectionnalité…) avec humour et intelligence.
Une BD pour devenir de super-féministes !

Les voix de femmes qui ont marqué l’Histoire. Celles de Rosa Luxembourg ou celle d’Angela Davis, celle de Simone Veil ou celle de Christiane Taubira, 20 femmes dont la voix a résonné ou résonne encore.
Des livres de portraits de femmes il y en a eu un paquet ces derniers temps (on en a parlé ici), mais ce bel ouvrage est plus original que ça. Ici, on nous présente bien sûr ces femmes qui ont marqué l’Histoire, mais on nous propose surtout de lire l’un de leurs discours. Sourire devant l’ironie de Rosa Luxembourg, avoir la chair de poule en lisant les mots de Gisèle Halimi, sentir monter les larmes en entendant encore la voix de Christiane Taubira défendant le mariage pour tous… Vingt discours à lire et relire pour se rappeler de l’évolution des droits,  de l’histoire de ces femmes qui se sont battues (et qui ont été bien souvent dénigrées), notre Histoire tout simplement. Chaque discours est précédé d’un rappel du contexte, afin de bien comprendre. Et c’est richement illustré de photos.
Un très bel album documentaire dans lequel on retrouve vingt discours de femmes qui ont marqué l’Histoire.

Amazones, Beauté, Simone de Beauvoir, Blondes, Cerveau, Contraception… classés par ordre alphabétique des mots qui ont un lien avec le sexisme. Jessie Magana et Alexandre Messager rééditent leur très bon ouvrage pour lutter contre le sexisme dans une version actualisée (« #meetoo » et « racisées » font leur apparition et s’il y a 4 ans le titre disait « parler » du sexisme, aujourd’hui il le combat) pour notre plus grand plaisir !
Un ouvrage à posséder absolument !

Pour aller plus loin, écoutez la super émission de Véronique Soulé, Écoute il y a un éléphant dans le jardin, spécial Combattre le sexisme (avec la présence de Jessie Magana) ici : https://podcast.ausha.co/ecoute-il-y-a-un-elephant-dans-le-jardin/uedlj-2019-03-06.

Les filles peuvent le faire aussi
Les garçons peuvent le faire aussi
Texte de Sophie Gourion, illustré par Isabelle Maroger
Gründ
12,95 €, 227×267 mm, 48 pages, imprimé en Slovénie, 2019.
La ligue des super féministes
de Mirion Malle
La ville brûle
16 €, 210×284 mm, 72 pages, imprimé en UE, 2019.
La voix des femmes, des grands discours qui ont marqué l’Histoire
de Céline Delavaux
De La Martinière Jeunesse
21,50 €, 192×256 mm, 210 pages, imprimé au Portugal, 2019.
Les mots pour combattre le sexisme
de Jessie Magana et Alexandre Messager
Syros
12 €, 121×170 mm, 168 pages, imprimé en France, 2019

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