La mare aux mots
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Adela Turin

De grands petits albums

Par 8 juillet 2016 Livres Jeunesse

Quand on part en vacances, on n’a pas forcément la place pour mettre 12 albums dans ses valises… sauf si ce sont des albums « de poche » ! De nombreux éditeurs sortent maintenant leurs albums en petit format avec une couverture souple (l’école des loisirs, Gallimard, Didier Jeunesse, Père Castor…) ce qui permet de se faire une collection pas très chère et surtout très légère. Aujourd’hui et jeudi prochain, je vous propose une sélection de petits albums souples à mettre dans le sac à dos pour les vacances. Ceux d’aujourd’hui abordent des thèmes forts.

Noirs et blancs
de David McKee (traduit par Christine Mayer)
Gallimard Jeunesse, dans la collection L’heure des histoires
4,90 €, 137×189 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016 (première édition française 1978).
L’histoire vraie des bonobos à lunettes
Texte d’Adela Turin (traducteur.trice non crédité.e), illustré par Nella Bosnia
Actes Sud Junior, dans la collection Encore une fois…
4,95 €, 151×191 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2015 (première édition française 1999).
Il faudra
Texte de Thierry Lenain, illustré par Olivier Tallec
Gallimard Jeunesse, dans la collection L’heure des histoires
4,90 €, 140×195 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016 (première édition 2004).
Bouche cousue
Texte de Gigi Bigot et Pépito Matéo, illustré par Stéphane Girel
Didier Jeunesse, dans la collection Les p’tits Didier
5,50 €, 165×165 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016 (première édition 2001).
Fait pour ça
Texte de Régis Lejonc, illustré par David Merveille
Actes Sud Junior, dans la collection Encore une fois…
4,95 €, 151×191 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2014 (première édition française 2004).
Le buffle et l’oiseau
Texte de Catherine Zarcate, illustré par Olivier Charpentier
Syros dans la collection Mini albums Syros
5,50 €, 166×212 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-reponsable, 2014 (première édition 2006).

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En petit format

Par 4 septembre 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui je vous propose trois albums qui viennent de ressortir en petit format (et donc à petit prix).

ChaussetteAdieu chaussette c’est un lapin buffle (d’après ce petit garçon) incroyablement mou et franchement nul en tout ! Alors c’est décidé, il va l’abandonner parce ce que bon… il n’est plus un bébé ! Il va le laisser dans les bois, partir en courant et adieu Chaussette ! Sauf que ce n’est pas facile de traîner un animal aussi lent au cœur de la forêt… c’est long ! Et forcément, rien ne va se passer comme prévu !
Adieu Chaussette est un magnifique album signé Benjamin Chaud. Chaussette est vraiment un personnage attachant (quelle idée que de vouloir l’abandonner), le genre de personnage irrésistible, qu’on a envie d’adopter. Ici, on parle de l’amitié (d’avoir peur de perdre ceux qu’on aime et de rencontrer de nouveaux amis), du fait de grandir, de l’imagination.
Les planches sont magnifiques, drôles et tendres, voilà un album qu’on ne va pas abandonner dans les bois !
Le même vu par Les lectures de Liyah, La littérature de Judith et Sophie et Les riches heures de Fantasia.

IlRose bonbon était un pays où les éléphantes avaient la peau douce et rose. Cette couleur était le résultat de leur alimentation : anémones et pivoines ! On encourageait même le rose à venir en habillant ces éléphantes avec des vêtements de cette couleur. De leur enclos, dont elles n’avaient pas le droit de sortir, elles regardaient leurs frères manger ce qu’ils voulaient et se rouler dans la boue. Un jour naquit une éléphante qui ne devenait pas rose au grand désespoir de ses parents…
Encore une histoire antisexiste particulièrement bien faite. Les éléphantes, pour rester roses, doivent obéir à des tas de règles pendant que les éléphants, eux, font ce qu’ils veulent. Heureusement que quelqu’un va venir bouleverser tout ça !
Un classique de l’antisexisme totalement réjouissant qui ressort enfin en petit format.

Marcel a des poux TR Marcel a des poux de Christine Noyer, illustré par Anne Laval nous présente Marcel, un petit garçon qui se réveille un matin la tête pleine de poux. Pour sa mère, c’est évident, il ne faut pas en parler, c’est vraiment trop la honte ! Pourtant à l’école un secret ne le reste pas longtemps. Et puis tout le monde commence à se gratter… et personne n’assume… jusqu’à ce que…
Un album plein d’humour, aux jolies illustrations, pour dédramatiser le fait d’avoir des poux ! Car après tout… tout le monde en a, non ?
Le même vu par Les lectures de Liyah.

Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Benjamin Chaud (Je n’ai pas fait mes devoirs parce que… et L’alimentation – Pourquoi on ne mange pas que des frites ?) et Anne Laval (La vie de château).

Adieu Chaussette
de Benjamin Chaud
Actes Sud Junior dans la collection Encore une fois…
4,95 €, 150×192 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2014 (première édition 2010).
Rose bonbon
Texte d’Adela Turin, illustré par Nella Bosnia
Actes Sud Junior dans la collection Encore une fois…
4,95 €, 150×192 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2014 (première édition 1975 sous le titre « Rose Bombonne » aux Éditions des femmes).
Marcel a des poux
Texte de Christine Noyer, illustré par Anne Laval
Actes Sud Junior dans la collection Encore une fois…
4,95 €, 150×192 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2014 (première édition 2008).

À part ça ?

On est pas très livres numériques, mais quand c’est gratuit, antisexiste, de qualité (rare dans les livres numériques) et signé Élise Gravel on fonce ! C’est ici.

Gabriel

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Deux tortues, six lapins et trois printemps pour la Mare aux mots (semaine anniversaire, la chronique de Mélanie Decourt)

Par 29 août 2014 Livres Jeunesse

Pour fêter notre anniversaire nous avons demandé à des gens qui comptent beaucoup pour La mare aux mots de prendre notre place toute cette semaine. Aujourd’hui nous laissons les clefs à Mélanie Decourt, cofondatrice des Éditions Talents Hauts.

Gabriel et Marianne


Alors il paraît que c’est l’anniversaire de la Mare aux mots. Bon anniv la Mare !
Et Gabriel m’a demandé d’écrire une chronique. Merci Gabriel !
Donc je me suis prêtée à cette expérience « Vis ma vie de blogueur jeunesse ». Je vous le dis, je ferais pas ça tous les jours.
Le plus long fut de choisir. Finalement mon premier choix s’est imposé, un de mes premiers livres de petite fille.

Clémentine s'en va...Clémentine s’en va commence plutôt bien. « Par une belle journée de printemps, deux jeunes tortues blondes, Clémentine et Arthur, se rencontrèrent au bord d’un étang et décidèrent de se marier le soir même. » Clémentine fait « mille et mille projets ». Puis les jours se succèdent, Arthur va à la pêche et Clémentine s’ennuie. Alors comme elle aimerait jouer de la flûte, il lui offre un tourne-disque. Comme elle veut peindre (« en voila une idée ridicule »), il lui offre un tableau. Il lui attache ses cadeaux sur le dos et la petite tortue croule bientôt sous une tour d’objets hétéroclites. Un beau jour, elle s’en va. Sur la dernière page, s’étend un paysage vallonné et verdoyant et ses mots « peut-être Clémentine voyage-t-elle de par le monde, heureuse, jouant de la flûte et peignant les fleurs et les fruits ».
De ce livre, je me souvenais des illustrations délicates de Nella Bosnia qui alternent les compositions et les cadrages audacieux, les fleurs vintage et les oiseaux prenant parfois la première place.
De ce livre, j’ai aussi mémoire de l’émotion qui s’en dégage, une sorte de vibration pleine d’espoir.
Aujourd’hui j’admire le rapport texte-image subtil, comme dans cette dernière page où j’ai longtemps cherché la tortue dans les collines, où mes filles la cherchent encore.
Aujourd’hui j’ai plaisir à lire le texte, tant la langue d’Adela Turin est belle et chantante, expressive comme les visages des tortues, tant l’humour corrosif est présent derrière chaque remarque de l’aveugle Arthur.
Aujourd’hui je sais que Clémentine s’en va était un livre engagé. Paru en France en 1976, il est dans la ligne des combats féministes de ces années : accès des femmes au divorce, à l’indépendance. C’est un livre qui, comme le reste de la collection « Du coté des petites filles » d’Adela Turin, a marqué une étape dans la lutte pour les droits des femmes et dans la littérature jeunesse.
Mais au-delà de ça, c’est un album magnifiquement réussi, avec « mille et mille » sens de lecture, autant que de projets pour Clémentine. Une splendide ode à la liberté, avec un petit parfum des années 70, qui se déguste comme une madeleine de Proust.

EtMadame le lapin blanc le deuxième, comme en miroir, s’est imposé lui aussi. Peut-être que certains et certaines d’entre vous ne le connaissent pas, car il n’y a pas été chroniqué dans la Mare, et pourtant…
Madame Le Lapin Blanc est aussi une histoire de femme au foyer. C’est le journal intime de l’épouse du lapin blanc d’Alice au pays des merveilles.
Elle y raconte ses soucis domestiques de femme de lapin blanc et mère de six enfants inénarrables. Là aussi, plusieurs niveaux de lecture s’entrecroisent.
Les petits se régalent des images qui fourmillent de détails hallucinatoires.
Les plus grands vont aimer retrouver les personnages de Lewis Caroll qui se succèdent dans un tourbillon hilarant, du chat du Cheshire, « sournois, voleur, hyperactif, froussard, goinfre et transparent », à la baby-sitter ayant « une fâcheuse tendance à changer de taille pour un oui ou pour un non ».
Le décalage texte-image est poussé jusqu’au fou rire : « Betty a découvert avec un peu d’appréhension sa nouvelle école » dit le texte placé sous l’illustration qui nous montre la fillette lapin dans un couloir d’école qui s’enfuit les yeux exorbités de terreur et la main crispée tendue vers l’avant, comme si elle était poursuivie par Freddy les griffes de la nuit.
L’ironie de l’héroïne confine à la lucidité voire à la revendication : « Il m’arrive même parfois d’imaginer – suis-je sotte ! – un monde où les hommes participeraient aux travaux du ménage… »
Une version moderne et illustrée du slogan du MLF d’août 1970 « Il y a plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme ». Il y a plus drôle et plus intelligent que le lapin blanc de Lewis Carroll : sa femme, par Gilles Bachelet.
À ne pas manquer.

Et pour finir, vous prendrez bien une petite douceur ?
Premiers PrintempsDans Premiers printemps, un narrateur externe s’adresse à une petite fille : « regarde, petite fille, comme tout devient vert, c’est le printemps ».
Anne Crausaz nous emmène avec elle sur un chemin qui traverse les quatre saisons. Chaque page est une évocation d’un sens (« en fermant les yeux, tu entends mieux les merles chanter… », « goûte aux premières mûres sucrées… et acides à la fois », « l’air sent bon le feu de bois »), une découverte pour l’enfant et un souvenir pour l’adulte…
Tout concorde dans une harmonie parfaitement maîtrisée, les formes arrondies presque alanguies, les couleurs qui se touchent sans contours dans une palette insaturée d’une grande finesse, la douceur ouatinée du papier Munken qu’on aime à caresser, le texte qui se lit comme un poème, la tendresse du narrateur envers l’héroïne, écho de la tendresse du parent lecteur à l’enfant sur ses genoux.
Un livre lumineux et enchanteur, où le fond rejoint la forme dans un équilibre sensuel.

Clémentine s’en va
texte d’Adela Turin, illustrations de Nella Bosnia Éditions des femmes, collection « Du côté des petites filles »
220 x 280 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 1976. Réédité sous le titre Arthur et Clémentine, par Actes Sud, 1999. Vous trouverez cette dernière version (malheureusement épuisée elle aussi) assez facilement en bibliothèque.
Madame le lapin blanc
de Gilles Bachelet
Le Seuil Jeunesse 15 €, 270 x 330 mm, 40 pages, imprimé en Belgique, 2012.
Premiers Printemps
d’Anne Crausaz
MeMo
14 €, 180 x 220 mm, 44 pages, imprimé en France, 2010.

À part ça ?

À part ça, l’année prochaine, Talents Hauts aura dix ans. C’est chouette, non ?

Mélanie Decourt

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