La mare aux mots
Parcourir le tag

Affirmation de soi

Cinq beaux albums pour bien commencer cette nouvelle année…

Par 2 janvier 2017 Livres Jeunesse

Après la carte de vœux, cinq beaux albums pour vous souhaiter des petits détails qui enrichissent l’instant qui passe, de la beauté qui nous aide à affronter le monde, de ne pas être des moutons, des idées folles et de belles amitiés.

Les Oiseaux
Texte de Germano Zullo, illustré par Albertine
La joie de lire
14,20 €, 210×210 mm, 68 pages, imprimé en Chine, 2010.
L’arbre bleu
d’Amin Hassanzadeh Sharif (traduit par Florence Camporesi)
Passepartout
16 €, 216×297 mm, 32 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2016.
On n’est pas des moutons !
Texte de Yann Fastier, illustré par Claire Cantais
La ville brûle dans la collection Jamais trop tôt
13 €,  170×240 mm,44 pages, lieu d’impression non indiqué, 2016.
Mes idées folles
Texte de Ramona Bădescu (traduit par Georges Daaboul), illustré par Walid Taher
Le port a jauni
15 €, 220×220 mm, 52 pages, imprimé en France, 2016.
Un Peu Plus Loin Ensemble
de Hyacinthe Reisch
Le Chineur
13,50 €, 230×160 mm, 36 pages, imprimé en Pologne chez un imprimeur éco-responsable, 2016.

You Might Also Like

Un jaguar brésilien et un dragon bulgare

Par 30 juin 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir deux beaux contes du monde.

l'Enfant, le jaguar et le FeuBotoque avait accompagné un chasseur de son village pour capturer des bébés perroquets. C’est l’enfant qui était monté dans le nid, aidé par l’adulte, mais il avait été laissé là parce que les œufs qu’il avait lancés au chasseur s’étaient transformés en pierre. Botoque serait mort de faim s’il n’avait pas été sauvé par un jaguar à l’allure d’homme, un jaguar qui le ramena chez lui, lui proposant de l’adopter. C’est dans la maison de l’animal que Botoque vit pour la première fois le feu.
L’Enfant, le jaguar et le feu est le dernier ouvrage de la magnifique collection Contes et Classiques du Monde de chez Magnard jeunesse. Il s’agit ici d’un conte brésilien étiologique (on y apprend pourquoi les jaguars mangent de la viande crue et détestent les hommes) raconté par Muriel Bloch et magnifiquement illustré par Aurélia Fronty (dont les dessins sont parfaitement mis en valeur par la grande taille de l’ouvrage). Une histoire vraiment forte qui parle d’amitié et de confiance trahie, et qui va séduire les enfants qui aiment les beaux contes.
Une très belle histoire, de superbes illustrations… un ouvrage somptueux.
Quelques extraits en ligne.

Une histoire de dragonsVlad a été suffisamment prévenu : s’il fait des bêtises, un dragon viendra, un dragon terrifiant, à trois têtes, de la taille d’une maison avec un paratonnerre, avec une queue aussi longue que le Mississippi. Ce dragon c’est SON dragon, on en a tous un. Alors Vlad ne saute plus dans les flaques, il ne vole plus de confiture dans le garde-manger, il se couche toujours à l’heure. Vlad se dit qu’ainsi le dragon ne viendra pas, qu’il peut dormir tranquille. Mais un jour, le petit garçon croise un petit dragon, chétif et mal en point, celui-ci lui explique qu’il est son dragon et que Vlad est tellement sage qu’il est en train de dépérir. L’enfant ne peut pas laisser ce dragon dans cet état…
Les éditions Élitchka ont pour but de promouvoir le patrimoine culturel bulgare. Ce très beau conte, Une histoire de dragons, est leur tout premier livre.
Ici, il est donc question de bêtises, mais aussi de l’importance d’en faire pour grandir. On parle de la nécessité de s’affirmer, de sortir parfois du cadre, des sentiers qu’on trace pour nous. Les enfants ont besoin de faire des bêtises et pour grandir Vlad devra aller au-delà de la surprotection de toute une famille qui s’est donnée le mot.
Un très bel ouvrage aux illustrations avec des noirs profonds parfaitement mis en valeur par un beau travail d’impression.
Des extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Muriel Bloch (La jeune fille habillée en garçon, Le premier amour de grand corbeau, Le vieux Cric CracPetites sagesses du soir et Le Schmat doudou) et d’Aurélia Fronty (La Belle et la Bête, Raja, Princesse Yong Hee et la perle de la nuit, Comptines de rose & de safran, Le roi de la montagne en hiver, Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente).

L’Enfant, le jaguar et le feu
Texte de Muriel Bloch, illustré par Aurélia Fronty
Magnard Jeunesse dans la collection Contes et Classiques du Monde
16,90 €, 288×328 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Une histoire de dragons
Texte d’Edvin Sugarev (traduit par Eli), illustré par Sylvie Kromer
Élitchka
16,50 €, 255×280 mm, 40 pages, imprimé en France, 2014.


À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons aujourd’hui nos coups de cœur du mois qui se termine. En juin, c’était donc, pour Marianne : Au revoir Grand-mère de Mélanie Walsh (Gallimard Jeunesse), Les pompiers d’Anne-Sophie Baumann et Patrick Morize (Tourbillon) et Les pourquoi de Non-Non de Magali Le Huche (Tourbillon). Et pour moi : Mais qu’est-ce qu’il fait Momo de Nadja (Rivages), Le Yark de Bertrand Santini et Laurent Gapaillard (Grasset-Jeunesse) et Les bruits chez qui j’habite de Séverine Vidal et Claire Cantais (L’édune).
Côté romans, comme chaque nouveau trimestre, nous avons choisi les romans qui nous ont le plus plu dans les trois mois qui viennent de s’écouler. Pour le second trimestre de 2014 il s’agit, pour Marianne, de Charlie de François David (Éditions du Muscadier), Dis-moi qu’il y a un ouragan de Fabrice Emont (Scripto Gallimard) et Après la vague d’Orianne Charpentier (Scripto Gallimard). Et pour moi : Casseurs de solitudes d’Hélène Vignal (Le Rouergue), Non à l’indifférence d’un collectif (Actes Sud Junior) et Une vie retrouvée de Josette Chicheportiche (Oskar).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

You Might Also Like

Des livres qui combattent le sexisme

Par 10 janvier 2012 Livres Jeunesse

Ils lui prédirent avec terreur
Quelle horreur
Qu’il allait être paraît-il
Pas viril
Dirent qu’il fallait mettre aussitôt
une auto
Dans les mains de ce petit mâle
Anormal
Xavier (Anne Sylvestre 1981)

Oui on s’intéresse aujourd’hui au sexisme, sujet qui me tient à cœur.

Philo fait du foot tous les samedis… sauf que Philo déteste le foot ! Il fait ça pour faire comme les copains, il en avait marre Philo d’être tout seul en récré, de ne pas faire comme les autres alors il a décidé d’aimer le foot… mais ça n’a pas pris !

Séverine Vidal, avec son humour qu’on lui connait, livre ici un mini-roman très drôle sur cette pseudo virilité qu’on doit avoir quand on est un garçon même s’il vaut mieux ne pas se tenir trop près de la solidarité virile, parfois constate Philo lors d’un après match dans les vestiaires. Et c’est en tombant amoureux de Lorette et grâce à sa nouvelle instit qu’il va découvrir un nouveau sport, plus fait pour lui : la danse. On parle ici de conditionnement (le père de Philo refuse que son fils fasse de la danse, les copains de la classe trouvent que ce n’est pas fait pour les garçons…), de sexisme et d’affirmation de soi. Et tout ça sans aucune lourdeur, toujours avec humour et finesse, la marque de fabrique de Séverine Vidal.

Fille garçon est un livre très particulier, le genre qui ne laisse pas indifférent. Ici des enfants parlent d’eux, de leurs goûts,… mais qui sont-ils ? fille ou garçon ? Et au fond est-ce important ?

Le texte est truffé de petites réflexions qui donnent à réfléchir Y’en a qui disent que c’est seulement les filles qui s’occupent des enfants, du ménage et des courses et les garçons, eux, ils sont des rois ou des chefs qui font la guerre. Moi je dis ça dépend… On réfléchit aussi si c’est être une fille que de ne pas aimer la wii ou les glaces bleues, ce qu’est un garçon manqué,… A la fin deux silhouettes identiques et le petit texte qui les accompagne est très semblable, seuls changent les mots « garçon » et « fille », le genre des adjectifs et la description des zizis. Car au fond fille au garçon qu’est ce que ça change ?

Les illustrations sont très particulières, le livre étonnera, fera se questionner, il est très original. Quand j’en ai parlé à l’éditeur il m’a répondu que « les petites maisons d’édition sont là aussi pour prendre des risques… » C’est sûrement en ça que j’aime les petites maisons d’édition.

Mais qu’est ce qu’il a Giga-boy ? Alors que c’est un super-héros (comme ses parents), le jour où il doit choisir sa tenue il choisit une combinaison multicolore ! C’est pas très viril ! Heureusement que ses parents sont là pour dire non ! Mais un jour Giga-Boy va quand même mettre une cravate rose… et, alors qu’il était adoré de tous, il devient la risée des enfants Et pourquoi pas en robe ?

C’est encore un très bel album contre le sexisme que propose ici Talents Hauts (maison d’édition spécialisée sur le sujet). L’histoire de ce super héros, rejeté pour son goût des couleurs et du rose est géniale et drôle. Comment l’habit conditionne la vision que les gens ont de vous. Mais s’il existait un autre monde où les gens sont normaux ? La plume de Gaël Aymon associée aux illustrations de Cécile Vangout font de Giga-Boy un livre vraiment réjouissant !

Un jour Luc reçoit une pochette de feutre. Alors qu’il essaye le rose il tombe amoureux de cette couleur. Il veut en mettre partout ! Sa mère lui fait la réflexion qu’il voit la vie en rose. Mais la rentrée arrive et il faut se choisir un cartable : il sera ROSE ! sauf qu’une fois à l’école les rires fusent et ses amis ne seront pas tendres avec lui.

Ici aussi c’est un très bel album contre le sexisme sorti chez Des ronds dans l’O (j’aurai l’occasion de vous reparler de cette très bonne maison d’édition prochainement). On est vraiment dans le même esprit que Giga-Boy (illustrations modernes, texte drôle,…) et les situations sont un peu les mêmes (mais les petits garçons se reconnaîtront peut-être plus en Luc, petit garçon « normal », qui leur ressemble.). Le rose du cartable de ce petit garçon qui devient la risée de ses amis, juste pour une couleur, est aussi, au delà des stéréotypes « sexuels », un symbole des différences, de l’anti « normalisation ». Tous les enfants rejetés un jour parce qu’ils ont eu quelque chose de différent, et donc de bizarre aux yeux des autres, se reconnaîtront en Luc. C’est également un album très réussi. Je suis heureux que ce genre de livre existe.

On peut remarquer que 3 de ces livres parlent de garçons qui ont quelque chose de féminin. Mais je ne connais pas vraiment de livres sur des petites filles qui ont quelque chose de masculin… Peut-être parce qu’elles subissent moins de moqueries… En tout cas le sujet m’intéresse, si vous connaissez des livres sur le sujet n’hésitez pas à me les signaler !

Plus de livres sur le thème du sexisme et de la différence fille/garçon sur le forum et sur le blog avec le tag sexisme.

Philo mène la danse de Séverine Vidal, illustré par Mayana Itoïz
Talents Hauts, 7€90
Public : Lecteurs débutants / Lecteurs confirmés

Fille Garçon de Lele Sa’n
L’initiale, 11€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Giga-Boy de Gaël Aymon, illustré par Cécile Vangout
Talents Hauts, 11€50
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Le petit garçon qui aimait le rose de Jeanne Taboni Misérazzi, illustré par Raphaëlle Laborde
Des ronds dans l’O, 12€50
Public A leur lire / Lecteurs débutants

————————————————————————————————————————

A part ça ?

Catimini nous a signalé sur le forum l’autre jour l’exposition d’Adéquation (l’association qui avait déjà publié la très bonne brochure recensant les livres anti sexisme). C’est au Petit Ney (10, avenue de la Porte Montmartre à Paris) du 3 au 24 janvier 2012. Son but est la promotion d’une éducation à l’égalité des filles et des garçons par l’approche genre et l’analyse des stéréotypes sexistes. Plus d’info ici.

Gabriel

You Might Also Like

Secured By miniOrange