La mare aux mots
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Agnès Bertron-Martin

Un voyage autour du monde grâce aux contes

Par 28 avril 2014 Livres Jeunesse

Inde, Groenland, Corée, Maghreb et Afrique de l’Ouest, aujourd’hui on va voyager grâce à de superbes contes (avec en bonus dans le À part ça ? un DVD pour continuer le voyage).

rajaDepuis des générations, dans la famille de Raja on est magicien. Quand son père l’appelle pour qu’il vienne prouver au monde qu’il est un magicien lui aussi, qu’il n’est pas la honte de la famille, le jeune garçon préférerait aller amuser la belle Devika. Même si lui ne s’amuse pas à répéter des tours, il accepte. Le soir même le voilà qui déclame une formule magique et devient invisible. Il s’amuse à faire des farces et vient poser un baiser sur le nez de Devika, mais au matin personne ne le croit, nul n’a été témoin du prodige, forcément ! Alors le lendemain soir Raja recommence, cette fois-ci il fait disparaître des objets, mais ce coup-ci on croit que c’est un voleur qui les a dérobés et non Raja qui a utilisé sa magie. Il décide de s’acheter une tortue et de partir faire le tour du monde sur son dos, jurant de revenir avant que son père ne soit vieux. Autour de lui, on se moque. Devika, elle, ne rit pas et s’enferme dans sa tour pour cacher ses larmes.

Raja est un grand album absolument magnifique, une petite merveille. Superbe histoire d’amour au pays des magiciens indiens sublimée par les illustrations d’Aurélia Fronty. Le genre de conte que les parents prennent autant de plaisir à lire que les enfants (d’ailleurs, c’est typiquement le genre de livre qu’achètent aussi les adultes sans enfants). Un grand conte (mon résumé ne raconte même pas le premier tiers) pour tous ceux qui aiment les beaux livres et les belles illustrations.
Plusieurs illustrations intérieures sur le billet de ce blog.

L'orphelinUn petit orphelin vivait dans un village du Groenland. Sans famille, il vivait dehors, dormait avec les chiens qui étaient les seuls à l’accepter parmi eux. Parfois, il profitait d’un morceau de viande jeté à ses compagnons de misère. Même les enfants du village lui menaient la vie dure, quand il s’approchait, ils le jetaient à terre et le battaient. Ainsi était la vie de ce pauvre orphelin. Son seul refuge était la montagne où il allait fuir la méchanceté des hommes. Sa vie commença à changer le jour où, sous les conseils d’une vieille femme qui avait eu pitié de lui, il alla crier au ciel de l’aider.

Là encore, je ne vous raconte que la première partie de ce superbe conte signé par Anouk Grinberg. Grosse surprise, en ce qui me concerne, car je ne connaissais que la comédienne (que j’aime beaucoup) et je découvre donc avec L’orphelin l’auteur et l’illustratrice. Et quel talent ! Elle nous raconte donc ce conte du Groenland avec énormément de délicatesse, tant dans le texte que dans les illustrations. Une histoire dure parfois (mais la plupart des enfants aiment les histoires tristes, c’est nous, les parents, qui souvent reculons), mais forte. Un album magnifique sur la différence, le rejet, la fragilité. Le genre d’album qui marque profondément le lecteur, le genre d’ouvrage qu’on garde longtemps dans sa bibliothèque et dans sa tête.
Retrouvez le conte et une partie des illustrations sur le blog d’Anouk Grinberg.

L.01EJDN000928.N001_PriYonHee_C_FRPrincesse Yong Hee avait pour amie la Lune. Un soir alors que la princesse célébrait son amie, le Dragon des Mers bondit des eaux et dévora l’astre. Pour la première fois, Princesse Yong Hee quitta son château et partit pour sauver la lune. Pour cela, il lui faudrait l’aide de la Terre, du Vent et de la Nuit.

Là encore, mais quelle merveille ! (oui, je sais, cette chronique sera douloureuse pour votre portefeuille). Tant le superbe conte d’Agnès Bertron-Martin que les sublimes illustrations d’Aurélia Fronty (oui, encore elle). Ici, il est donc question d’une princesse qui part affronter un dragon, aidée par les éléments. On parle donc d’amitié, de surmonter ses peurs, d’oser se battre contre les plus forts. Un livre magnifique.

Le petit oiseau au grain de bléUn petit oiseau, fort intelligent, s’accrocha un grain de blé autour du cou puis alla narguer le pacha en chantant sous ses fenêtres qu’il avait quelque chose que lui n’avait pas. Imaginez la colère du puissant homme qui demanda à ses serviteurs de voler à l’oiseau son grain de blé. Sauf que le chant recommença et cette fois si l’oiseau persiflait que le pacha était si jaloux de lui qu’il lui avait volé ce qu’il n’avait pas.

On quitte l’Asie pour le Maghreb avec ce très bon conte, plein d’humour dont le texte est signé Michel Piquemal et les illustrations Peggy Nille. Une histoire parfois cruelle, surprenante et drôle. On parle ici de la fierté, de l’intelligence des plus faibles face aux puissants. Peggy Nille nous surprend une fois encore avec de très belles illustrations assez éloignées de son univers habituel. Un conte absolument délicieux aux couleurs chaudes du Maghreb.
Le même vu par Enfantipages.

Les deux caillouxAu milieu de la brousse, dans un marigot, se disputaient deux pierres. On entendait sans cesse leurs insultes. Un génie fatigué d’entendre les noms d’oiseaux que s’échangeaient les deux pierres, sortit du marigot et leur offrit des jambes pour leur permettre de voir le monde. Voilà donc nos cailloux qui marchent, qui marchent, qui marchent… et qui pour la première fois se sentent fatigués, affamés. Mais que manger quand on est une pierre ? Grâce à une idée du petit caillou les voilà bientôt avec neuf perdrix (six tuées par le petit et trois par le grand). Jaloux, le gros caillou proposa de manger d’abord la chasse du petit puis ils partageront plus tard sa chasse à lui. Sauf que quand la faim se fit à nouveau sentir, il ne voulait évidemment plus partager.

Là encore, ce n’est que le tout début de ce grand conte qui nous vient d’Afrique de l’Ouest. La suite sera un enchaînement de situations que les cailloux n’avaient même pas imaginé. Leur dispute fera même couler une rivière de sang. Un très beau conte étiologique (vous savez, ces contes qui nous explique la création d’un élément, d’un phénomène naturel…) plein d’humour pour expliquer pourquoi les cailloux sont devenus muets avec de grandes et belles illustrations signées Cécile Gambini. Là encore un magnifique album.
Quelques illustrations intérieures sur le site de Didier Jeunesse.

Quelques pas de plus…
D’autres chroniques sur des contes du Monde ? Ici par exemple ou ou encore .
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Carl Norac (Bazar Circus et Petites histoires pour rêver dans sa poche), Aurélia Fronty (Comptines de rose & de safran, Le roi de la montagne en hiver, Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente), Agnès Bertron-Martin (Mes cinq premières histoires à la petite école), Michel Piquemal (Mamouchka et le coussin aux nuages et L’étoile de Noël), Peggy Nille (Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Françoise Diep (Le loup et la soupe aux pois) et Cécile Gambini (Mes premières berceuses et Chez Mémé). Retrouvez aussi notre interview de Peggy Nille.

Raja
Texte de Carl Norac, illustré par Aurélia Fronty
Didier Jeunesse
17,30 €, 280×370 mm, 42 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2009.
L’orphelin
d’Anouk Grinberg
Cèdre Lune
14 €, 265×200 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2014.
Princesse Yong Hee et la perle de la nuit
Texte d’Agnès Bertron-Martin, illustré par Aurélia Fronty
Père Castor
13,50 €, 266×287 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Le petit oiseau au grain de blé
Texte de Michel Piquemal, illustré par Peggy Nille
Bulle de savon
13 €, 190×190 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.
Les deux cailloux
Texte de Françoise Diep, illustré par Cécile Gambini
Didier Jeunesse dans la collection Contes du monde
14,20 €, 240×310 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Sur le chemin de l'écoleComme le disait Nelson Mandela, « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », sauf qu’on n’a pas le même accès à l’éducation suivant là où l’on se trouve. Pour aller à l’école, Jackson, un Kenyan de 11 ans, et sa petite sœur doivent marcher quinze kilomètres (soit deux heures), en portant chacun un bidon d’eau et un morceau de bois et en évitant les éléphants. Zahira, jeune Marocaine de 12 ans, a un trajet de quatre heures pour parvenir à son internat. Au programme chemins caillouteux et recherche de voitures compatissantes. Pour Carlos, Argentin de 11 ans, et sa petite sœur, c’est une heure trente de cheval chaque matin. Quant à Samuel, Indien de 13 ans en fauteuil roulant, il lui être poussé par ses frères pendant une heure et demie avant d’arriver à l’école. Quatre enfants du monde dont on suit le chemin pour arriver en classe. Un film absolument passionnant, magnifique pour se rappeler l’importance de l’école et comment certains bravent les dangers et marchent des heures quand parfois, ici, certains traînent des pieds. Un film très fort qui vient de sortir en DVD et Blu-ray. Le film y est disponible en VF ou en VO (personnellement, j’ai déjà du mal avec les doublages sur les films, alors sur un documentaire c’est absolument impossible ! J’ai préféré lire le peu de dialogues à ma fille et le regarder dans les langues d’origine), on y retrouve aussi trois jolis bonus sur l’un des personnages du film (sa venue en France, la projection du film à Paris en sa présence et la projection du film dans son école). À voir absolument (et vu le prix, pourquoi se gêner ?).

Bande annonce :

Sur le chemin de l’école, un film de Pascal PlissonThe Walt Disney Company France. Autour de 9 € pour le DVD et de 13 € pour le Blu-Ray.

Gabriel

You Might Also Like

« Moi j’aime bien l’école… » (des livres sur la rentrée scolaire)

Par 24 août 2012 Livres Jeunesse

Et oui, la rentrée approche à grand pas ! Pour certains c’est même la première rentrée… Des enfants qui stressent un peu (et des parents encore plus) ont besoin d’histoires avec des petits héros qui, comme eux, vont connaître les joies de l’école ! Je vous propose une sélection sur le sujet en deux parties. Aujourd’hui plutôt des livres avec des histoires, lundi des livres pour les un peu plus grands et vendredi prochain des livres jeux, loisirs créatifs, imagiers,… toujours sur le thème de l’école. Petit bonus, j’ai demandé à une amie institutrice, Cathy, de me donner son avis sur certains de ces livres. Et deuxième bonus, un livre, pour les grands que vous êtes, chroniqué dans le À part ça.

Non, non et non ! Octave ne veut pas aller à l’école ! C’est son premier jour et il refuse tout ! « Alors, c’est toi Octave ? » lui demande la maîtresse ? « non ! »,  quand elle veut lui montrer la classe, c’est encore « Non ! » et quand les autres veulent jouer avec lui c’est toujours « non ! ». Pourtant il y a une chose pour laquelle Octave ne va pas dire non ce sont les bonbons ! Et quand sa maman viendra le chercher il n’aura plus envie de rentrer.

Un album très doux et drôle dont le texte très simple va parler aux enfants. La peur de l’école, des autres,… à travers le regard d’un ours vraiment mignon. Bon après, doit-on faire aimer l’école aux enfants en leur donnant des bonbons, c’est tout un débat ! Mais l’album est plein de charme.
L’avis de Cathy : «  Je le trouve un peu cucul mais bon ça peut cadrer avec un gamin qui est à fond dans le « NON » pour aller à l’école… Car le personnage ne veut pas aller à l’école, pas voir la maîtresse, pas participer … Et puis il va piger que finalement un petit « Oui de bonne volonté » peut permettre de faire des activités sympa à l’école. »

Simon (le fameux lapin créé par Stéphanie Blake) va aussi à l’école pour la première fois demain. Vous le connaissez il n’a pas sa langue sans sa poche et sa seule réponse c’est « Ça va pas non ! ». Le soir dans son lit Simon n’est pas rassuré, l’école ça fait peur, même aux superlapins ! Et quand vient l’heure d’y aller, le lendemain matin, ce n’est pas plus facile ! « Ça va pas non ! » Pourtant à la fin de la journée, Simon, finalement, aimerait bien rester à l’école !

Ah ce lapin… je ne sais pas vous mais moi je l’adore ! Cet album est aussi drôle que les précédents, piquant, loin de toute mièvrerie. On est sur le même sujet que le précédent avec ce refus d’aller à l’école, cette répétition, cette envie de ne plus partir de l’école une fois la journée finie… mais pas sur le même ton ! Certains préfèreront le côté doux du premier, d’autres l’humour piquant du second.
L’avis Cathy :  « C’est sympa car c’est du Stéphanie Blake et qu’on peut retrouver « super lapin » dans d’autres aventures que celle d’aller à l’école. C’est flashy, les enfants accrochent bien et pour les parents c’est rapide à lire, avec un langage simple. Des fois pour les plus petits c’est pas mal de ne pas trop les embrouiller surtout si le terrain de l’école est « sensible ». Là, c’est le parti pris de l’humour et c’est un bon plan pour dédramatiser. »

Timothée est tout content, sa mère lui a fait une salopette neuve pour la rentrée ! « Formidable ! », il n’est pas peu fier… sauf que Claude, un nouveau camarade, lui dit avec dédain qu’on ne met pas de salopette le premier jour d’école. Timothée est triste et reviendra le lendemain en veste… pour s’entendre dire qu’on ne met pas de veste le second jour d’école… Bref pas facile de se faire un copain !

Un petit album très sympa sur les moqueries des autres, le paraître et l’amitié. Timothée se rendra compte que ce n’est pas ce bougon de Claude qu’il a envie d’avoir comme ami, mais la gentille Violette qui elle l’accepte comme il est. J’aime ce côté (assez rare finalement) où un garçon et une fille peuvent être amis sans que le sujet ne soit soulevé, le livre ne parle pas de ça, c’est un détail.
L’avis de Cathy : « J’aime bien. Petite école pour les animaux. Ça permet de parler de l’école sans que l’enfant se sente visé et ça permet inconsciemment ou consciemment de faire des liens avec la réalité. Ça me parait sympa pour aborder le thème sans pression et avec distance. »

La rentrée des classes c’est quelque chose quand on est 24 ! Et oui c’est le premier jour d’école pour les 24 petites souris ! Mamie Albertine a tricoté un manteau à chacun et maman a cuisiné un bon repas… mais ça ne suffit pas, l’école ça fait peur. Heureusement maman a pensé à coudre à chacun un petit cœur en feutrine rouge qu’ils pourront garder dans la poche et qui leur donnera du courage.

Là aussi on est dans « l’album mignon », surtout avec cette histoire de cœur en feutrine (dont l’explication pour le confectionner est donnée à la fin de l’ouvrage). On aime ou pas ce genre d’album. On parle encore ici de la peur de l’école, on évoque aussi les larmes des parents au moment de laisser leur enfant. Une jolie petite histoire d’une série que certains enfants connaissent déjà.

Pour Paul et Félicie aussi c’est l’heure de l’école. Paul est plus petit que Félicie mais il aimerait bien, comme sa sœur, s’habiller seul et quand il arrive devant l’école, c’est la classe de Félicie que Paul regarde… pourtant on s’habille bien plus vite quand on est aidé et dessiner et écouter des histoires, à l’âge de Paul, c’est bien mieux que d’apprendre l’alphabet.

Une petite histoire sympathique sur la préparation avant d’aller à l’école et sur le fait qu’on aimerait bien être comme les grands (tout en gardant les avantages des petits !). On retrouve ici les illustrations pleines de charme de Marion Billet.

On passe aux recueils avec un premier assez court, Mes cinq premières histoires à la petite école écrites par Agnès Bertron-Martin et illustrées par Charlotte Roederer. Dans la première, une maîtresse remplaçante qui ramène chaque jour des choses ramassées sur le bord de la route, une bonne occasion pour apprendre plein de choses ! Dans la seconde, Édouard est un sacré bagarreur, gare à celui qui se trouve sur son chemin… jusqu’au jour où… Dans la troisième, c’est la première rentrée pour Zibon, le petit sorcier, et même pour les sorciers l’école ça fait peur ! Dans la quatrième, une maman rêve de l’école des mamans. Et dans la dernière, enfin, Louison est une gourmande, à la cantine c’est elle qui mange ce que les autres ne mangent pas… a-t-elle un secret ?

Cinq petites histoires plutôt mignonnes pour dédramatiser l’école, montrer aux enfants qu’ils ne sont pas les seuls à être angoissés par la rentrée. Les illustrations sont assez classiques, modernes, plutôt réussies.

Vive l’école est beaucoup plus long, plus complet (et forcément plus inégal). Ici ce sont 13 histoires qui sont proposées sur le thème de l’école (dont 24 petites souris vont à l’école évoqué plus haut). On y parle d’arrivée dans une nouvelle école suite à un déménagement, passage au CP, changement de maîtresse en cours d’année,… mais on découvre aussi la vie des poux sur une tête et qui s’y sentent bien, un loup qui ne sait pas compter et qui est bien embêté pour jouer à cache-cache, une dame âgée qui devient amie des enfants d’une classe ou encore une mulotte qui laisse des lettres aux élèves d’une classe. De très nombreux thèmes sont abordés comme la solitude, l’amitié, l’entraide,… Certaines histoires sont vraiment drôles et bien illustrées (on retrouve ici Charlotte Moundlic, Sylvie Poillevé, Laurent Richard, Agnès Berton-Martin, Nathalie Choux, Martine Bourre, Nadine Brun-Cosme,…) d’autres sont bien plus anecdotiques, vite oubliées mais il est évident que tout le monde trouvera son bonheur dans un tel recueil. L’école à travers 13 histoires bien différentes.

Et on termine avec un livre CD : Pakita c’est la maîtresse des petits, ceux dont c’est la première rentrée. Au programme de la journée les au-revoir aux parents, l’accrochage des manteaux au porte manteau, le panier à doudou, la gym du matin, le tour aux toilettes, la recré,… bref tout ce qui rythme la journée des petits écoliers.

Ici ce sont 20 chansons et une histoire. Alors Pakita, pour être franc, elle m’a personnellement tout de suite horripilé… mais disons les choses comme elles sont : ma fille, elle, a tout de suite accroché, adoré. Le disque a été écouté de nombreuses fois, elle connaît déjà les chansons par cœur et donc c’est certainement le principal ! J’admets que les chansons sont bien faites : simples, rythmées, vivantes, elles suivent bien le cours d’une journée d’école, on sent que Pakita sait de quoi elle parle ! C’est proche du réel et jamais caricatural. Pour prendre un exemple très bête, combien de livres qui parlent de l’école ne montrent que des mamans qui viennent chercher les enfants ? Ici les papas sont aussi présents.

Quelques pas de plus…
D’autres livres sur l’école chroniqués sur le blog : Mon cœur en miettes ou les plus beaux jours de ma vie de Charlotte Moundlic et Olivier Tallec (Michel vit une rentrée sans son meilleur ami mais avec une nouvelle qu’il trouve charmante), Je n’irai pas de Séverine Vidal, et Cécile Vangout (les vacances sont finies et la rentrée… ça fait peur !), L’entrée en maternelle de Sandrine Bosc et Sébastien Chebret (un très bon livre CD sur le thème de la première rentrée en maternelle), Tout seul ! et Tous ensemble ! de Géraldine Collet et Coralie Saudo (les poussins qui apprennent la vie en collectivité), L’histoire de Louis Trente-Deux, enfant-roi, de Catibou et Chadia Chaïbi-Loueslati (que se passe-t-il quand un enfant roi arrive à l’école ?), L’autre bout du monde de Chun-Liang Yeh et Sophie Roze (un enfant va recevoir de sa grand mère un cadeau qui va l’aider pour sa première rentrée) et d’autres sur le forum de La mare aux mots .
Dorot’ a aussi chroniqué des livres qui parlent de la rentrée, c’est ici (on en a quelques uns en commun).

Non, non et non !
de Mireille d’Allancé
L’école des loisirs
11€, 215×265 mm, 27 pages, imprimé en France
Je ne veux pas aller à l’école
de Stéphanie Blake
L’école des loisirs
12€, 225×280 mm, 28 pages, imprimé en France
Timothée va à l’école
de Rosemary Wells
L’école des loisirs
10€, 155×200 mm, 28 pages, imprimé en France
24 petites souris vont à l’école
de Magdalena, illustré par Nadia Bouchama
Père Castor, dans la collection Les plus belles histoires d’aujourd’hui
5,30€, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France
Paul et Félicie se préparent pour l’école
de Virginie Hanna, illustré par Marion Billet
Éditions Lito
6€, 175×225 mm, 24 pages, imprimé en Union Européenne
Mes cinq premières histoires à la petite école
d’Agnès Bertron-Martin, illustré par Charlotte Roederer
Éditions Lito
5€, 145×190 mm, 40 pages, imprimé en Union Européenne
Petites histoires du Père Castor : Vive l’école !
de Collectif
Père Castor
9,95€, 170×225 mm, 130 pages, imprimé en Asie
Pakita, la maîtresse magique !
de Pakita, illustré par Marion Piffaretti, musique d’Éric Jacquemin
Nathan
14,90€, 260×260 mm, 48 pages, imprimé en Espagne

A part ça ?

Au fond de la classe n’est pas un livre pour enfant, mais puisqu’on parle de l’école… (et puis vous êtes surtout des adultes à lire ce blog, non ?). Louise Deschamps Wallon n’a que des souvenirs traumatisants de ces années où elle se sentait enfermée par des gens qui ne la comprenaient pas. Pas dans le moule, différente, pas assez rapide,… elle va être mise à l’écart par les adultes, prise pour cible, devenir le bouc émissaire d’enseignants qui ont besoin de se défouler sur quelqu’un, être le vilain petit canard auprès de ses camarades. Tête sous l’eau, copies déchirées et piétinées et autres humiliations vont émailler sa vie d’écolière. Au fond de la classe est un superbe témoignage, très beau, très poignant. Louise Deschamps Wallon a une vraie plume, elle nous entraîne dans des scènes de son passé qui nous font monter les larmes aux yeux, on vit avec elle la dureté de ce système qui écrase ceux qui ne sont pas formatés pour suivre au même rythme que les autres. Esthétiquement le livre est une merveille, couverture toilée, papier épais, de très nombreuses photos de classes, matériel scolaire,… Non l’école n’est pas un endroit toujours rose et Louise Deschamps Wallon a su parfaitement nous le rappeler.

« Je déteste l’école parce que vous y êtes tous des cons. Vous n’aimez que vous. Dès que j’ai essayé de m’amuser avec vous, vous vous êtes moqués. Les grands et les petits. Vous ne me comprenez pas. Je me méfie de vous pour toujours. J’ai mes règles à dix ans et vous me dites que le diable s’est mis dans ma culotte

Au fond de la classe de Louise Deschamps-Wallon. Naïve, 29,50€

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« Le vent tiède, les éclairs, le tonnerre et la douceur y furent invités »

Par 11 décembre 2011 Livres Jeunesse

Je vous avais promis, il y a peu de temps (ici), de vous parler de recueil de contes. Comme je vous disais j’aime beaucoup ces (généralement beaux) albums. On y pioche régulièrement une histoire, on les garde longtemps, on les rouvre avec plaisir.

Le premier est d’actualité puisqu’il parle de Noël !

Dans la collection Petites histoires du Père Castor, un spécial Noël vient de ressortir (je le connaissais sous une autre couverture il me semble). Dix histoires très disparates mais toujours sur le même thème… Un père Noël qui en a ras le bol de toujours s’habiller pareil et décide de changer tout ça… mais les lutins et les rênes ne vont pas le laisser faire ! (Chic, le Père Noël ! de Sylvie Poillevé, illustré par Pierre Caillou), l’histoire de Monsieur Gronchon qui déteste Noël, les cadeaux, le repas de réveillon jusqu’au jour où il va trouver une dinde dans son jardin… (La dinde de Noël d’Élodie Agin illustré par Clotilde Perrin), les aventures d’Ivan Ivanovitch et de sa grand-mère Maroussia qui vivent dans la pauvreté en Russie au temps des tsars et qui, grâce à l’ingénuosité du petit moujik, vont passer un joli Noël (Ivan et l’oie de Noël de Christine Frasseto d’après un conte russe, illustré par Nicolas Duffaut), la rencontre entre Petite Mère et Bonhomme Hiver qui va être à l’origine de la création de la bûche glacée (Bonhomme Hiver… de Sylvie Poillevé illustré par Éric Gasté), le Noël d’animaux dans la savane qui voient tomber du ciel un objet que chacun interprête à sa façon et pense qu’il est son propre cadeau (Dans le ciel de Noël d’Amélie Sarn illustré par Nadia Bouchama), les aventures d’animaux qui ont pris possession d’une maison pour l’hiver et font fuir les visiteurs en leur faisant croire qu’elle est hantée, jusqu’au jour où… (Cette nuit-là… sans doute celle que j’ai préféré, d’Agnès Bertron-Martin illustré par France Sengel), un classique de chez Père Castor, Michka, l’histoire d’un petit ours en peluche qui va fuir une petite fille trop gâtée pour vivre de belles aventures (de Marie Colmont, illustré par Feodor Rojankovsky), l’attente de 24 petites souris, désespérées de ne pas avoir de neige à Noël (24 petites souris et la neige de Noël de Magdalena, illustré par Nadia Bouchama), l’histoire d’un vieil homme très pauvre qui vit à Mooréa avec pour seule compagnie son chien, à qui il n’a rien à offrir même pour Noël… mais un chat va changer leur réveillon (le très beau Un Noël tombé du ciel d’Agnès Bertron-Martin d’après un conte polynésien illustré par Aurélie Abolivier) et enfin les mésaventures du Père Noel, qui vit incognito dans un petit village et qui ne peut accéder à la liste de Noël des enfants car son ordinateur a un virus (le très moderne Sauvons le Père Noël ! d’Émmanuel Trédez illustré par Louis Alloing).

Avec son petit format (18×23 cm) et sa couverture matelassée, c’est un joli petit album aux histoires, comme je le disais plus haut, très différentes. Parfois drôles, parfois tristes, parfois très modernes parfois plutôt classiques, même dans les illustrations on passe par des extrêmes (il y a un monde entre les jolies illustrations classiques, très douces, de Feodor Rojankovsky et celles, très modernes, de Louis Alloing). Chacun y trouvera son compte, y’en a vraiment pour tous les gouts (y compris sur la longueur des histoires) ! …et les parents apprécieront le petit prix !

Et si on se replongeait dans les bons vieux classiques d’Andersen ? C’est ce que nous propose Lito avec un très bel album intitulé tout simplement Contes d’Andersen. Ici ce sont les contes dans leur version originale et en intégralité que l’on peut découvrir ou redécouvrir. Certains je les connaissais très bien. Poucette, par exemple, combien de fois ai-je entendu ma mère raconter à ma sœur les aventures de cette petite fille grande comme un pouce qui va être tour à tour la promise d’un crapaud et d’une taupe avant de rencontrer un joli prince de sa taille ? Autres histoires connues, La petite fille aux allumettes ou Le vilain petit canard, font partie de celles que l’on nous a racontées à de multiples reprises. Ou encore Les habits neufs de l’empereur que j’avais redécouvert grâce à Parastou Haghi et aux éditions Philomèle, je vous avais parlé il y a peu de temps de cette histoire d’empereur vaniteux et coquet dont la crédulité va être mise à l’épreuve par deux escrocs. Par contre j’ai découvert Le rossignol (l’histoire d’un rossignol dont le chant envoûte les populations et fini par enchanter l’empereur de Chine… avant qu’il ne soit remplacé par un oiseau mécanique…), Le petit soldat de plomb ( l’histoire d’un petit soldat unijambiste qui va tomber amoureux d’une petite danseuse) ou encore La princesse au petit pois (qui est très connue, je sais, mais qu’on ne m’avait jamais lue !). Le livre est très beau, pages épaisses, couverture cartonnée épaisse, grand format (31×26 cm) et les illustrations sont absolument merveilleuses. Les sept contes sont mis en image par Evelyne Faivre, Mayalen Goust, Jean-Marc Denglos, Judith Gueyfier, Aline Bureau, Daneth Khong et Crescence Bouvarel (attention malgré que le dessin de couverture soit de Rebecca Dautremer, vous ne trouverez aucune illustration d’elle à l’intérieur). Un très bel album, donc, aux histoires parfois un peu dures (la fin de la petite fille aux allumettes ou celle du soldat de plomb et de sa danseuse ne sont pas des plus joyeuses…) mais toujours très belles. Sept contes qui traversent le temps.

On retrouve plusieurs noms de l’album précédent dans le dernier ouvrage dont je vais vous parler, mon préféré des trois, Princesses de tous les pays. Anja Klauss, Daneth Khong, Xavière Devos, Anne Cresci, Mayalen Goust, Aline Bureau et la très talentueuse Sophie Lebot (dont Marianne vous a parlé encore cette semaine) illustrent ici de belles histoires de princesses des quatre coins du monde écrites par Christine Palluy.

Kimiko est une princesse du japon qui va rencontrer un prince changé en carpe, elle devra l’aider à lever cette terrible malédiction… au risque de se faire enlever par un dragon. Meriem est fille de sultan qui est menacée par une ogresse voleuse de princesse, menace qui ne cessera qu’à ses seize ans… mais vous vous doutez bien qu’elle va la rencontrer avant ! Vaïmiti est fille de pêcheur sur l’ïle de Tahiti. Elle est amoureuse du prince, malheureusement lui n’a pas le droit de regarder une fille du peuple. Grâce à l’esprit de la mer leur destinée va être changée. La reine d’un village africain ne pouvait avoir d’enfant. Elle promet à un baobab que s’il faisait en sorte qu’elle en ait un, elle lui donnerait ce qu’il veut en échange. Ainsi naît Adamma. Seulement quand elle devient une belle femme, le baobab, par l’intermédiaire d’un oiseau, la demande. Ce qui va lui arriver sera bien plus beau que ce qu’elle ne croit. Léontine (quelle joli prénom !) a eu la malchance d’avoir, au-dessus de son berceau, la dispute entre deux fées qui, du coup, lui ont offert des dons assez particuliers… Elle sera capricieuse, colérique mais surtout elle disparaitra le jour où un prince la rencontrera. Son père va bien sûr l’enfermer dans un château pour qu’aucun prince ne la croise. Mais c’est sans compter sur le caractère de Léontine… Nastasia, dont la mère est morte, vit avec son père, le tsar, sa belle-mère et ses deux horribles filles. À cause de cette marâtre elle va être la promise d’un ours (non pas un homme dur et renfermé, l’animal !) mais bien entendu l’ours n’est pas ce que l’on croit… Enfin Shakila, la fille du raja, est la promise du vieux maharaja. Son amour pour un jeune brodeur va la sauver de cette triste destinée.

Ces princesses ont du caractère (Léontine est même un peu peste), elles se rebellent parfois contre leur destinée (dans raja on parle de révolte des filles mariées de force), leurs histoires sont surtout très belles. J’ai lu ça seul, sans enfant et je me suis régalé ! Esthétiquement le livre est très réussi, il y a une vraie cohérence dans le choix des illustrateurs (et ils n’en ont choisi que des talentueux) et une vraie cohésion, il est assez grand (34×25), je trouve que tout ça en fait un bien beau cadeau. Comme dans le précédent ce sont donc sept histoires, toutes merveilleuses. Un très joli recueil pour ceux qui aiment les histoires de princesses, avec ici des histoires originales et inédites.

Petites histoires du Père Castor pour Noël, collectif
Père Castor/Flammarion, 9,95€

Contes d’Andersen, Hans Christian Andersen illustré par Evelyne Faivre, Mayalen Goust, Jean-Marc Denglos, Judith Gueyfier, Aline Bureau, Daneth Khong et Crescence Bouvarel.
Éditions Lito, 18€

Princesses de tous les pays, de Christine Palluy, illustré par Anja Klauss, Daneth Khong, Xavière Devos, Anne Cresci, Mayalen Goust, Aline Bureau et Sophie Lebot
Éditions Lito, 18€

Public : A leur lire / Lecteurs débutants (mais pas pour les trop petits pour la plupart, les textes sont assez long et, dans le cas des contes d’Andersen, assez ardus)

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A part ça ?

Zut ! sera à l’Olympia dimanche prochain et du coup nous aussi ! Il reste peu de places. Zut ! on les adore, sur scène c’est un grand moment pour les enfants et les parents, ne les manquez pas ! Si vous ne connaissez toujours pas : notre article sur leur dernier album ici, l’interview de Phil Marsal et leur site : http://www.coucouzut.com.

Gabriel

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