La mare aux mots
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Agnès Domergue

A partir de contes…

Par 14 février 2013 Livres Jeunesse

Il était une fois... contes en haïkusIl était une fois… contes en haïku est un très beau livre, à tout point de vue : texte, illustrations, édition. Agnès Domergue évoque donc des contes avec très Il était une fois... contes en haïkupeu de mots, c’est toujours très bien trouvé, délicat et poétique. Vingt contes au total, qu’il faudra deviner (mais on est plus ici dans la poésie que dans le livre de jeux). Délicates c’est aussi le mot qui convient parfaitement aux illustrations de Cécile Hudrisier. Vous le savez j’aime énormément son travail et je trouve qu’elle sait toujours s’adapter au texte tout en gardant sa patte à elle, à la fois poétique et esthétique. Ici c’est donc avec une infinie poésie et énormément de délicatesse qu’elle illustre les haïku d’Agnès Domergue. L’objet, enfin, Pages de haikus_140x180_48p-bat-3petit carnet à la couverture épaisse et au dos toilé, beau papier, le genre de livre que j’aime humer, caresser. C’est vraiment un petit bijou, un livre qu’on déguste, qu’on savoure, par petits morceaux, qu’on pose et qu’on reprend plus tard. Le genre de livre qu’on garde à portée de main pour l’ouvrir régulièrement. Un livre qui plaira autant aux adultes, qu’aux enfants, un magnifique cadeau pour les amoureux des objets beaux, fins, délicats et poétiques.

Mon ballonIl est heureux le petit chaperon rouge, il a un ballon ! Un beau ballon rouge qui flotte. Il faut vraiment que sa grand-mère le voit ! Promenons-nous dans les bois… Oh mais voilà un lion qui passe à toute vitesse ! Pas grave, continuons notre chemin, Promenons-nous dans les bois tant que le loup n’y est pas… Et ce coup-ci le petit chaperon rouge est encore interrompue, cette fois par un éléphant… un éléphant qui cueille des fleurs ! Bon continuons, tant qu’on ne croise pas le loup…

Beaucoup d’humour dans cette relecture très originale du petit chaperon rouge (on peut y voir aussi de nouvelles aventures !). Des personnages saugrenus (une girafe qui veut passer incognito, un rhinocéros qui se cache, un crocodile qui cherche la mer,…) croisent la petite fille et le lecteur va de surprise en surprise, et qu’est-ce que ça fait du bien d’être surpris !  Les enfants rient beaucoup, et ont peur quand même un peu quand vient le loup… (oui oui il finit bien par venir vous pensez !). Le texte est parfaitement rythmé (et la chanson Promenons-nous dans les bois qui revient chaque fois participe au rythme de l’album), c’est beau, c’est drôle, c’est poétique, c’est touchant,… c’est du Mario Ramos !

Quelques pas de plus…
Retrouvez notre interview d’Agnès Domergue et ses livres que nous avons chroniqué : La symphonie des couleurs, Olala !, Mee, petite fille du matin calme, Poki, lire ?.
Nous avons aussi interviewé Cécile Hudrisier et chroniqué plusieurs de ses livres : Mais il est où ce gros matou ?, P’tit biscuit ou L’histoire du bonhomme de pain d’épices qui ne voulut pas finir en miette, La grosse faim de P’tit BonhommeComptines pour chanter en anglais,Le fil rouge, Chansons pour chanter Noël et Comptines pour chanter la ferme.
Un topic très intéressant sur notre forum sur Le petit chaperon rouge dans tous ses états.

Il était une fois… Contes en haïku
d’Agnès Domergue, illustré par Cécile Hudrisier
Éditions Thierry Magnier
11€, 144×187 mm, 48 pages, imprimé au Portugal, 2013
Mon ballon
de Mario Ramos
Pastel
12€, 205×267 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2012.

A part ça ?

Vous aimez les concours, je le sais, et justement Agnès Domergue fait gagner sur son blog le livre que j’ai présenté aujourd’hui. Ça se passe ici !

Gabriel

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Les invités du mercredi : Agnès Domergue et Régine Joséphine ( + concours)

Par 6 juin 2012 Les invités du mercredi

L’interview du mercredi : Agnès Domergue

Cette semaine, j’ai interviewé quelqu’un que j’aime, tant humainement qu’artistiquement (et oui j’ai eu la chance de la rencontrer) : Agnès Domergue. Artiste aux multiples talents (musicienne, illustratrice, auteur), elle n’a, pour l’instant, que quelques albums à son actif (dont le très beau La symphonie des couleurs qui sera à gagner en fin d’interview grâce aux éditions Philomèle) et on attend les autres avec impatience. Elle a accepté de répondre à mes questions.

La mare aux mots : Quel a été votre parcours ?
Agnès Domergue
: Après mes études au CNSM de Paris en alto, j’ai obtenu le C.A d’enseignement, pour devenir professeur d’alto. A côté de cela, je joue régulièrement en concert avec mon quatuor (Antarès), et diverses formations.
Sinon, pour la littérature jeunesse, tout à commencé avec le forum de la Luciole Masquée. C’était en 2009. J’y ai rencontré Marie-France Chevron qui a écrit pour Mee petite fille du matin calme (édité chez limonade).
Étant novice dans cet univers, j’ai également reçu l’aide précieuse d’une illustratrice (et auteur) : Sandrine Kao, avec qui nous partageons la sortie d’un album : Les notes de Monsieur Croche chez Canto édition et qui parle… de musique, forcément !

La mare aux mots : Musicienne, auteur, illustratrice…dans quel domaine votre créativité s’exprime le plus ?
Agnès Domergue
: heu… difficile de répondre… mais je dirais dans l’illustration ? Étant donné que je n’ai aucune formation, je me sens plutôt libre (enfin, pas tout le temps quand même). Le plus difficile, c’est trouver l’inspiration, qui ne vient pas à heure fixe, hélas… Mais c’est tellement excitant lorsqu’on se lance dans un nouveau projet ! J’essaie de me renouveler dans chaque album, en veillant à privilégier l’idée et le concept.

La mare aux mots : Quels sont les auteurs et les illustrateurs qui ont marqué votre enfance / adolescence ?
Agnès Domergue
: Mon tout premier « roman »: Petite Princesse de Burnett. Après, au collège, je suis vite passée aux classiques. Les nouvelles de Maupassant, les pièces noires d’Anouilh, comme Antigone, La symphonie pastorale de Gide, jusqu’à Rebecca de Daphné du Maurier pour son atmosphère à l’anglaise et sa chute…
Petite, j’ai été bercée par les douces aquarelles de Martine Delerm, Le petit prince de Saint Exupéry. Adolescente, j’ai découvert le côté sombre d’Yslaire dans les 4 premiers tomes de la BD Sambre.

La mare aux mots : Quels sont ceux qui vous touchent aujourd’hui ?
Agnès Domergue
: Des grands illustrateurs comme Anne Herbauts, Wolf Erlbruch pour leur créativité novatrice. Olivier Tallec, pour son trait libre et son sens de l’humour. Et tant d’autres que j’admire (comme Sempé, Claude K. Dubois, etc…). En fait, de plus en plus, c’est l’objet-livre entier qui me touche : illustrations/texte ou concept/fabrication du livre.
Sinon, comme vous avez pu le deviner, j’adore les romans à chute. D’où mon goût pour la nouvelle. J’aime beaucoup les romans de Moka, en littérature jeunesse (L’écolier assassin). Un énorme coup de cœur pour l’auteur Mourlevat avec sa Ballade de Cornebique, qui est un pur bijou d’humour et de tendresse. Et un deuxième énorme coup de cœur :  Oh boy ! de Murail. Une grande claque. J’en ai eu les larmes aux yeux dans le RER (et c’est très rare !). Humour, bien sûr, mais aussi des moments poignants qui vous prennent par surprise…

La mare aux mots : Parlez-nous de La symphonie des couleurs et de Gaspard, son héros.
Agnès Domergue : Cet album est né du projet Tandem jeunesse. Cette année là, le sujet était : « Ami imaginaire ». J’ai alors flashé sur une illustration d’Irène Valente qui souhaitait travailler autour des peintres modernes. Étant musicienne, moi, je voulais relier ce projet à la musique. Alors, l’idée d’aborder la synesthésie a germé. La « synesthésie » est l’association insolite de deux ou plusieurs sens à la fois.
Dans La symphonie des couleurs, le petit héros Gaspard peut percevoir une couleur, une forme, lorsqu’il entend un son. Il va d’ailleurs en vivre la fabuleuse expérience lors d’une promenade au cœur de la ville d’aujourd’hui…

La mare aux mots : Quels sont vos projets ?
Agnès Domergue
: Attendre (aahh… attendre…) la prochaine sortie en septembre 2012 de mon premier album « toute seule », c’est-à-dire : Les étoiles de Miu, édité chez Limonade. Cela sera un album différent de ce que j’ai pu faire jusqu’à aujourd’hui. Un album qui me tient particulièrement à cœur.
Et puis ensuite, des projets (écriture ou illustrations) qui sont sur le bon chemin, mais j’attends les contrats avant d’en dire plus… et d’autres en cours… mais à mon rythme car j’ai un métier qui me prend beaucoup de temps et je ne souhaite pas courir les projets à tout prix. A suivre !

Merci infiniment à Agnès Domergue d’avoir répondu à mes questions.

Sa bibliographie :

  • Les notes de Monsieur Croche (2012) auteur, illustrations de Sandrine Kao, chez Canto Editions
  • Je m’amuse en Inde (2012) collectif, Limonade
  • La symphonie des couleurs (2012), auteur, illustrations d’Irene ValentePhilomèle (voir notre chronique ici)
  • Olala ! (2011) illustratrice, texte de avec Lisa Charrier, Limonade   (voir notre chronique ici)
  • Mee, petite fille du matin calme (2010) illustratrice, texte de Marie-France ChevronLimonade (voir notre chronique ici)
  • Poki, lire ? (2010) illustratrice, texte de Nicole Snitselaar, Limonade (voir notre chronique ici)

A venir :

Son blog : http://agdoalto.blogspot.fr

Comme je vous le disais, grâce aux éditions Philomèle (qu’on adore ici, mais vous le savez, on vous en parle souvent !) j’ai la chance de faire gagner à l’un d’entre vous un exemplaire de La symphonie des couleurs. Pour cela dites-moi en commentaire si vous avez un peintre que vous aimez particulièrement (je rappelle que pour ses illustrations de La symphonie des couleurs, Irène Valente s’est inspirée de peintres célèbres). Je tirerai au sort parmi les réponses. Vous avez jusqu’à lundi 20 h !

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La chronique de… Régine Joséphine

Une fois par mois un auteur ou un illustrateur qu’on aime dans La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette semaine c’est Régine Joséphine qui s’y colle ! Merci à elle.

50 minutes pour sauver ce père qui vient de s’écrouler, sous le coup d’une attaque.

50 minutes pour le sauver… et décider de n’en rien faire. De le regarder agoniser sans un geste. Et pendant ces minutes qui s’étirent au fil des pages, cet adolescent apostrophe son père qui ne l’entend plus. Il lui reproche sa violence, la peur qu’il lui inspirait et la solitude de son enfance. Il lui dit sa vie bousillée, son futur sans espoir si… s’il n’avait pas rencontré Camille, avec ses mains douces, son regard vert, son rire et son amour. Camille que l’intolérance de son père condamne. Mais Camille qui le sauvera.

C’est tellement fort. Chaque mot de Cathy Ytak m’a pincé le cœur. Elle trouve le ton juste pour faire ressentir le bouleversement de cet adolescent de 17 ans qui se découvre et qui prend sa vie en main malgré son père. Des phrases sensibles, courtes, profondes. Fascinant. On s’attache au personnage du fils, très empathique et touchant. J’ai eu l’impression d’être là, à côté de lui, de l’écouter crier, chuchoter, confier sa douleur à cet homme qui a failli le briser. Et j’ai respiré avec lui, lorsqu’il s’est libéré de son emprise d’un claquement de porte. Les mots de ce fils m’ont si bien touchée que j’entendais encore sa voix, après avoir tourné la dernière page.

Cathy Ytak a écrit une très belle histoire, un appel à l’écoute et à l’ouverture aux autres.  C’est un livre que je conseille vivement à tous les adolescents. Écrit à la première personne, c’est un monologue saisissant qui se déroule comme sur une scène de théâtre où le destin de deux hommes se dénoue en quelques minutes. 50 pour être exacte.

50 minutes avec toi de Cathy Ytak
Actes Sud Junior

Régine Joséphine est auteur.

Sa bibliographie

Retrouvez Régine Joséphine sur son site : http://www.regine-josephine.com/

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Les invités du mercredi : Anne-Gaëlle Balpe et Agnès Domergue

Par 25 avril 2012 Les invités du mercredi

L’interview du mercredi : Anne-Gaëlle Balpe

J’ai découvert Anne-Gaëlle Balpe comme j’ai découvert Sandrine Beau… par Séverine Vidal. Elles ont eu la bonne idée de faire deux romans à 3 mains (Noël en juillet et Rouge bitume), très réussis d’ailleurs. J’avais eu envie d’en savoir plus sur elle, j’ai donc lu deux albums : Bonhomme et le caillou bleu et Quand je serai grand, je serai… Grand Méchant Loup ! (chroniqués ici) et j’ai vraiment tout de suite accroché. Anne-Gaëlle Balpe est une jeune auteure à suivre ! Je vous propose de la découvrir grâce aux réponses qu’elle a fait à mes questions et je vous conseille très fortement de lire ses ouvrages.

La mare aux mots : Quel a été votre parcours ?
Anne-Gaëlle Balpe : J’ai fait une cure de Roald Dahl étant petite. Puis des études littéraires (après un bac scientifique parce que les commentaires de texte m’horripilent, donc le bac L n’était pas pour moi). Je suis devenue enseignante, d’abord à l’université, et puis, plus près du sol, en maternelle. Entre temps j’avais créé deux magnifiques personnages de non-fiction (mes enfants).  Un déménagement et une autre vie plus tard j’ai trouvé assez naturel d’écrire de la littérature jeunesse (mais pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt ? ). Mon premier texte retenu par un éditeur a été Bonhomme et le caillou bleu.

La mare aux mots : Vos enfants jouent-ils un rôle dans votre écriture ? Leurs faites-vous lire vos histoires ? Les testez-vous sur eux ?
Anne-Gaëlle Balpe : Alors justement, j’ai écrit Bonhomme et le caillou bleu, au départ, pour mes enfants. Je voulais leur raconter une histoire sur la confiance en soi. Je m’inspire d’ailleurs souvent de leurs aventures palpitantes de cour de récré, de leurs mots, de leur façon de voir le monde, de leurs questions. Je ne leur fais pas lire toutes mes histoires, seulement celles que je juge correspondre à leur âge. Mais ils sont libres de piocher mes livres dans la bibliothèque. C’est eux qui décident. Et, non, je ne teste plus mes textes sur eux depuis que mon fils m’a dit, à propos de Bonhomme « bof, c’est moins bien que les Barbapapa. » !

La mare aux mots : Que pensez-vous de la production littéraire actuelle pour les enfants? Avez-vous des illustrateurs ou des auteurs que vous aimez particulièrement ?
Anne-Gaëlle Balpe : Je la trouve foisonnante et… inégale ! Quand on connaît ce « domaine », ou quand on fréquente les librairies jeunesse, on tombe souvent sur des livres magnifiques, intéressants, originaux. Mais je suis aussi sidérée devant certains textes bêtifiants (non je ne citerai pas de nom, inutile d’insister). D’ailleurs je trouve finalement que la qualité pèche plus souvent du côté du texte que du côté des images. Il me semble que beaucoup de petits lecteurs (mes élèves par exemple) n’ont accès qu’au plus clinquant, au plus « connu » et c’est bien dommage. Ce que j’aime en littérature jeunesse c’est cette liberté dans la forme, les histoires sans texte, les livres à retourner, les livres troués, les grands formats… d’ailleurs je trouve ce que je fais toujours très (trop) classique. Je n’arrive pas à atteindre cette liberté que je trouve chez d’autres. Le problème étant aussi que les éditeurs retiennent rarement les idées les plus folles… on m’a souvent dit, à propos de certains textes qui n’ont jamais été publiés « très beau, original et intéressant, mais trop difficile à vendre » (en gros).
Concernant les auteurs et illustrateurs que j’aime particulièrement, la question est un peu délicate… Alors, les auteurs dans le désordre (et en ne citant que ceux que je ne connais  pas personnellement) : Anne Percin, Claudine Desmarteaux, Bernard Friot, Guillaume Guéraud, Alex Cousseau, Anaïs Vaguelade et plein d’autres.
Et les illustrateurs : Benjamin Chaud, Anaïs Massini, Olivier Le Tallec, Magali Le Huche, Nathalie Choux, j’en oublie et ça m’énerve déjà.

La mare aux mots : Vous avez déjà travaillé avec de très bons illustrateurs, quels sont les autres  avec lesquels vous aimeriez collaborer ?
Anne-Gaëlle Balpe : Voire la liste ci-dessus !

La mare aux mots : Vous avez écrit avec Séverine Vidal et Sandrine Beau deux romans, comment avez-vous travaillé à trois ?
Anne-Gaëlle Balpe : Par mail ! La première écrivant son chapitre, le soumettant aux deux autres, corrigeant éventuellement, passant le bébé à la deuxième et ainsi de suite. Sans vraiment se mettre d’accord au départ, ou à peine. Et construisant le scénario petit à petit. Ça a été, pour les deux tomes, un travail intensif et totalement palpitant ! Avec une centaine de mails par jour, parfois. Avec de grands moments de rire, surtout.

La mare aux mots : Quels sont les livres ou les auteurs qui ont marqué votre enfance, les avez-vous fait découvrir à vos enfants ? Vous ont-ils inspirés ?
Anne-Gaëlle Balpe : Une fois de plus, Roald Dahl, essentiellement, dont j’adore le côté fou, le mélange réalité-fiction, et les personnages affreux (sans compter les illustrations de ses histoires par Quentin Blake). Mais aussi la série Moumine de Tove Jansson. Et d’autres « classiques » (du moins le sont-ils devenus) comme le Petit Nicolas, La sorcière de la rue Mouffetard, et l’incontournable Prince de Motordu !

La mare aux mots : Quels sont vos projets ?
Anne-Gaëlle Balpe : J’ai un certain nombre de publications prévues bientôt chez différents éditeurs, notamment une série de romans (illustrée par Elice) intitulée Je suis un autre ! dont le premier « épisode » paraîtra au mois de mai chez Alice Jeunesse, ou encore Aristote in love dans la collection DacoDac du Rouergue, en septembre, un nouvel album avec Olivier Daumas (qui va vous surprendre !) chez Bilboquet, et d’autres choses encore (à découvrir sur mon blog).
Sinon je termine l’écriture d’un roman pour ados, quelques idées d’albums qui me chatouillent et j’ai ce projet de « roman graphique » pour adultes, avec l’illustrateur Pierre-Yves Cézard, mais je manque de temps, malheureusement. Car j’enseigne aussi à mi-temps dans une école maternelle (non je ne me lancerai pas ici dans un long discours sur le problème du « métier » d’auteur, une prochaine fois, peut-être !). J’ai également un certain nombre de projets terminés que j’aimerais beaucoup réussir à faire publier, comme un livre pop-up illustré par Nina Caniac (mais on en revient à la question des projets originaux qui sont durs à défendre…).

Bibliographie

Albums :

Romans :

A paraître très prochainement

  • La forêt des idées (album) illustré par Julie Pauwels, Éditions Bilboquet.
  • Le grand mur du pays des chiffres (album) illustré par Olivier DaumasÉditions Bilboquet.
  • Le trou noir de la baignoire, tome 1 de la série « Je suis un autre ! », (roman) illustré par EliceAlice Jeunesse.

Son blog : http://annegaellebalpe.blogspot.fr (où vous pouvez gagner son dernier album !)

Merci beaucoup à Anne-Gaëlle Balpe d’avoir répondu à mes questions.

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La chronique de… Agnès Domergue

Comme tous les quinze jours un auteur ou un illustrateur qu’on aime dans La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette semaine c’est Agnès Domergue qui s’y colle ! Merci à elle.

La petite fille et l’oiseau de Nathalie Novi (Didier Jeunesse).

Par une après-midi chaude, une petite fille s’ennuie. 

On fête l’anniversaire de sa sœur. 
Les invités arrivent mais personne ne remarque l’enfant. 
jusqu’au moment où… la petite fille se met à chanter, 
d’une voix si sublime,
que le monde ne voit plus qu’elle. 
Cette « petite fille » n’est autre que la cantatrice Maria Callas.
En s’inspirant du court -métrage « New York 1935 », Nathalie Novi a choisi un épisode de l’enfance de la Callas pour le traiter en huis clos.
Rien d’extraordinaire, rien de rocambolesque. C’est dans une ambiance intimiste que tout est ici posé délicatement, avec poésie.
Avec lenteur, on suit chaque mouvement de l’héroïne. Le temps est comme suspendu.
L’oiseau en cage, comme le reflet de la petite fille, offre une métaphore pertinente de la liberté et de la musique.
Le face à face entre elle et lui est d’ailleurs un moment clé avant le dénouement.
Le silence, la moiteur, le toucher des étoffes, le goût des pâtisseries, cette atmosphère lourde et pesante…
Nathalie Novi sait éveiller nos sens un à un, autant par les mots choisis, épurés et justes, que dans les traits de ses illustrations, réalistes et beaux.
J’ai eu la chance de rencontrer Nathalie Novi, l’artiste aux mille chapeaux extraordinaires.
Sur sa table de dédicace, des albums sur la musique, des livres CD (Moi Ming, L’histoire du soldat…).
Je voulais un album d’elle. Lequel choisir ?
Alors, je lui ai demandé :
« De tous ceux que vous avez faits, quel est votre album préféré ? »
Elle m’a répondu sans hésiter : La petite fille et l’oiseau.
Parce qu’elle a été touchée par l’enfance de la Callas,
parce qu’elle est l’auteur à la fois du texte et des images,
parce que l’album parle de musique, si chère à son cœur,
parce que…
Concernant les illustrations, Nathalie Novi nous offre ici un univers quasi monochrome cassant avec son univers habituellement très coloré.
Traité de façon cinématographique, les plans rapprochés alternent avec des travellings, des plans larges. Texte et images se font face.
Le livre, imprimé sur un beau papier épais, offre, à la fin, « les coulisses de l’album » enrichissant ainsi la lecture d’anecdotes, de chemin de fer, de croquis de l’auteur.
On entre dans cet album comme si l’on entrait chez quelqu’un et on le referme tout doucement, en y pensant longtemps après…

Agnès Domergue est auteure, illustratrice et musicienne.

Sa bibliographie :

  • Poki, lire ? (2010) illustratrice, texte de Nicole Snitselaar, Limonade (voir notre chronique ici)
  • Mee, petite fille du matin calme (2010) illustratrice, texte de Marie-France ChevronLimonade (voir notre chronique ici)
  • Olala ! (2011) illustratrice, texte de avec Lisa Charrier, Limonade   (voir notre chronique ici)
  • La symphonie des couleurs (2011), auteure, illustrations d’Irene ValentePhilomèle (voir notre chronique ici)
  • Je m’amuse en Inde (2012) collectif, Limonade

A venir :

  • Les notes de Monsieur Croche, auteure, illustrations de Sandrine Kao, chez Canto Editions
  • Je m’amuse au Japon, illustratrice, collectif, Limonade
  • Notre Pense pas bête, auteure et illustratrice, collectif, Les Éditions P’tit Baluchon
  • Les étoiles de Miu, auteure et illustratrice, Limonade

Son blog : http://agdoalto.blogspot.fr (avec un concours pour gagner La symphonie des couleurs)

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Histoires pleines de sens

Par 20 avril 2012 Livres Jeunesse

Que j’aime les livres où les choses ne sont pas simples, prémachées, où il faut relire plusieurs fois avant de tout comprendre, des livres avec un vrai fond, des messages derrière, des livres dont on perçoit très vite la première couche mais en soulevant il y en a une autre, des livres où les enfants ne vont pas forcément comprendre la même chose, suivant leur âge, suivant leur vécu.

Gaspard vit dans ses partitions, dans sa musique. Il ne quitte pas le temps de Mozart. Mais un jour il décide de sortir et découvre les sons du dehors, ces sons qui lui semblent avoir des couleurs. Gaspard découvre la ville petit à petit et ce faisant il découvre la vie.

Agnès Domergue, dont j’aime tant les dessins, se lance ici donc dans le texte et sincèrement… j’ai eu peur ! Surtout qu’elle n’est pas l’illustratrice de cet album. Je trouvais qu’elle avait tellement de talent en tant que dessinatrice que c’était dommage de signer un livre dont elle ne serait l’auteure que des textes. Première observation, Agnès Domergue écrit très bien, son texte est très beau, plein de poésie, très profond. On peut y voir un texte sur un petit garçon qui aime la musique, on peut aussi y voir l’histoire d’un enfant agoraphobe qui va combattre sa phobie, ou un récit sur la solitude, la tristesse ou sur l’imaginaire. Le texte est truffé de référence à la musique (partition, portée, dièse, bémol,…) et d’ailleurs ces mots sont expliqués en fin d’ouvrage accompagnés d’un petit texte sur Mozart. Agnès Domergue est également musicienne professionnelle et c’est cet amour de la musique qu’elle transmet ici. Bref un texte avec plusieurs strates. Mais je ne vous ai encore parlé que du texte… donc au départ déception qu’Agnès Domergue n’ai pas fait les illustrations, déception vite oubliée au vu du superbe travail d’Irène Valente ! Là où l’auteure s’est amusée à glisser des références musicales, l’illustratrice, elle, a glissé des références à la peinture. Chaque dessin est un clin d’œil à un peintre ou à un courant, de Kandinsky à Pollock en passant par Miro ou Klee, au niveau des illustrations (comme au niveau du texte) le livre est absolument merveilleux. Ces références sont rappelées en fin d’ouvrage, avec le lexique musical, et les enfants pourront s’amuser à rechercher quel peintre a inspiré quel dessin de l’ouvrage. Le petit garçon croqué par Irène Valente est tout plein de charme également. Un album très complet, bien plus complexe qu’il n’y parait à première vue, à lire, relire et rerelire.

Aubépine a un souci depuis qu’elle est née… elle prend racine dès qu’elle reste immobile. Ça a commencé à être gênant dans son berceau, très vite elle y était collée et impossible de l’en déloger. Ses parents, suite aux conseils d’un médecin ont dû tout le temps couper ses racines. Plus grande elle n’a d’autre choix que de bouger en permanence.

Que j’aime les dessins de Pole Ka et son univers ! je vous avais déjà parlé d’Olivier, le réparateur de cœurs, ici elle n’est que l’illustratrice et pourtant on retrouve cet esthétique de contes à l’ancienne, un peu macabre, un côté Tim Burton qui n’aurait pas mal tourné. Le livre est absolument superbe : écriture à la main, on a l’impression que c’est un peu « vieillit » ou « sale » par endroit, comme du vieux papier, le vernis sélectif de la couverture… un très bel objet ! Et le contenu donc… cette histoire est magnifique, pleine de poésie et en même temps très dure. De quoi parle-t-on ici ? De la maladie et de la mort ? A chacun de se faire son avis, c’est ça que j’aime dans ce genre d’ouvrage. Une vraie réussite, un album absolument merveilleux, un gros coup de cœur !

Malo a un petit bateau, tout bleu, tout beau, un bateau qui un jour le fera voyager loin. Il sera marin comme son père, comme son grand-père. Malo grandit, ses parents ont vieillit il doit partir, son petit bateau n’est plus assez grand pour lui et c’est sur un gros bateau qu’il va prendre le large.

Encore un livre plein de poésie, plein de métaphores sur la vie. On parle ici du temps qui passe, des enfants qui grandissent et partent, des parents qui vieillissent et partent aussi… de la rencontre de l’amour,… on parle de la vie tout simplement. Ingrid Chabbert signe ici un de ses plus beaux textes, c’est une histoire très belle, très douce. Douceur accentuée par les dessins de Fabiana Attanasio qui sont très beaux. Douceur jamais mièvre. Car le souci des livres trop doux c’est souvent qu’ils débordent de bons sentiments, que c’est trop sucré, ici pas du tout. Il y a une certaine mélancolie. Le livre parle aussi de prendre sa vie en main, il combat les clichés sexistes. Ici aussi les enfants et les parents n’y verront pas la même histoire mais tous tomberont sous le charme de ce très bel album.
Retrouvez aussi Le bateau de Malo vu par Enfantipages.

La symphonie des couleurs
d’Agnès Domergue, illustré par Irène Valente
Philomèle
14€
La petite fille qui prenait racine
de Caroline Van Linthout, illustré par Pole Ka
Des ronds dans l’O
14,70€
Le bateau de Malo
d’Ingrid Chabbert, illustré par Fabiana Attanasio
Des ronds dans l’O
10€

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 A part ça ?

Sur la page facebook, j’ai proposé un petit concours, faites moi un truc rigolo sur La mare aux mots (photo, vidéo, montage,…) j’offrirai un petit cadeau au plus drôle. Les premières participations sont , et .

Gabriel

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Envie d’un peu de douceur ?

Par 7 janvier 2012 Livres Jeunesse

Connaissez-vous Agnès Domergue ? Si ce n’est pas le cas vous allez tomber amoureux de son travail…

Olala ! Mais que cette petite fille accumule les bêtises… goûter le café de sa maman, recouvrir les toilettes de papier, dessiner sur les murs de sa chambre (bêtise que j’ai testé moi même…),… sa mère n’en peut plus et les Olala ! fusent. Pourtant cette petite fille ne comprend pas… Pourquoi sa maman dit-elle que le café c’est pas bon alors qu’elle en boit ? Si elle a mis du papier dans les toilettes c’est parce qu’elle est propre ! Et les dessins… elle n’aime pas l’art cette maman ?

Les interrogations de cet enfant sur le bien-fondé des énervements de sa mère sont très drôles et surtout très tendres. Mais ce qui frappe surtout dans ce livre, ce qui nous séduit d’emblée, c’est la douceur des dessins d’Agnès Domergue. Cette petite fille est très très belle et je suis amoureux du dernier dessin du livre (qui se trouve juste au dos de la couverture de fin). Un bien bel album, très esthétique, sur les bêtises et les interrogations des enfants et sur l’amour qu’on porte à sa maman.

Pour Poki c’est bien simple… les livres il ne connait pas ! Sa phrase fétiche est « Lire ? Jamais ! ». Ses parents imaginent un stratagème pour les faire aimer mais Poki est malin… il fait semblant de lire ! Mais si à force de faire semblant il y prenait goût ?

Ici c’est un texte de Nicole Snitselaar qu’illustre Agnès Domergue. Ce sont ses premières illustrations d’ailleurs, et même si on la sent que ce sont les débuts, le charme est déjà là. C’est un très joli petit livre pour les enfants qui ne veulent pas lire, qui ne comprennent pas le bonheur que cela procure. De plus les pages sont en papier épais et donc manipulables par les plus petits.

On avait déjà parlé d’Agnès Domergue quand elle avait sorti Mee, petite fille du matin calme… et je peux vous dire qu’on n’a pas fini d’en parler !

Olala !
de Lisa Charrier, illustré par Agnès Domergue
Limonade
11,50€
Poki, Lire ?
de Nicole Snitselaar, illustré par Agnès Domergue
Limonade
6,50€

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A part ça ?

Dans un lieu que j’aime beaucoup, Le 1789 à Saint-Ouen (93), on peut en ce moment voir un ensemble de courts-métrages sur le thème de la danse. Au total 8 courts réalisés entre 1907 et 2009 pour une durée totale de 32 minutes. C’est à partir de 2 ans et ça passe dimanche à 17h00, mercredi à 10h15 puis à 17h00 et samedi 14 à 17h15… et je compte y aller. Plus d’infos ici.

Gabriel

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