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Alexandra Pichard

Les invité-e-s du mercredi : Alexandra Pichard et Cécile Roumiguière (+ concours)

Par 14 janvier 2015 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, c’est Alexandra Pichard que nous recevons. J’ai beaucoup aimé Cher Bill, dont elle est l’auteur et l’illustratrice, et j’avais envie de revenir avec elle sur son parcours. À la suite de cette interview vous pourrez d’ailleurs tenter de gagner Cher Bill. Ensuite, c’est à Cécile Roumiguière que j’ai proposé de venir nous livrer ses coups de cœur et coups de gueule, en cette période où il y a tant de choses à dire. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Alexandra Pichard

portrait pichardParlez-nous de votre parcours.
J’ai eu envie d’illustrer des livres assez tôt. Vers 9 ou 10 ans, je m’étais même fait des cartes de visite sur Paintbrush. Dans cette optique, je suis entrée en Arts Appliqués, où j’ai découvert un large éventail de disciplines artistiques. Sans perdre de vue l’illustration, j’ai donc commencé des études de Design d’Espace, pensant qu’il serait possible de tout concilier. Quand j’ai compris qu’il fallait choisir, j’ai décidé de tenter l’entrée en équivalence en illustration des Arts Décoratifs de Strasbourg. J’ai eu mon diplôme en 2009.Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Mes parents me lisaient les livres qu’ils empruntaient à la bibliothèque. Pour la plupart des classiques, des contes de Perrault à ceux d’Andersen, en passant par J.M Barrie et laPuisque c'est comme ça, je m'en vais ! Comtesse de Ségur. Je me souviens aussi des Histoires comme ça de Rudyard Kipling et des Contes de la rue Broca de Pierre Gripari. Quand j’ai su lire, il y avait sur ma table de chevet Le petit Nicolas de René Goscinnny et les livres de Roald Dahl.
Quelles techniques de dessin utilisez-vous ?
La plupart du temps, je dessine au Rotring noir ou à la plume et à l’encre de Chine. Je fais des aplats de couleur à l’encre, et j’assemble le tout sur l’ordinateur. Travailler sur Photoshop permet de conserver la matière des dessins d’origine tout en essayant différentes combinaisons colorées.
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur Cher Bill, album dont vous êtes l’auteur et l’illustratrice ?
Cher BillC’est un album épistolaire pour enfants. On y lit la correspondance imaginaire entre Bill le poulpe, et Oscar la fourmi. Comme chaque personnage appartient à une espèce différente, que l’un vit sous la mer et l’autre sur la terre, cela pique leur curiosité et donne lieu à quelques situations cocasses.
C’était en lisant un recueil de lettres pour adultes que l’envie m’est venue de faire ce livre. En m’arrêtant sur les photos des documents d’archives montrant les lettres manuscrites, les enveloppes d’origine avec timbres de l’époque et tampon de la Poste, je me suis dit que ce serait amusant de retrouver tout ça dans une correspondance fictive, destinée aux enfants.
Quels sont vos projets ?
Je prépare un nouveau livre pour enfants dont je viens d’écrire le texte. Dans cette histoire, on suivra un personnage qui se perd dans un arbre immense et curieusement habité.

Bibliographie :

  • Puisque c’est comme ça je m’en vais, illustration d’un texte de Mim, Magnard Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Cher Bill, texte et illustration, Gallimard Jeunesse Giboulées (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Les soquettes blanches, illustration d’un texte de Vincent Cuvellier, Gallimard Jeunesse Giboulées (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le livre qui fait parler les parents et les enfants : Mon corps et moi, illustration d’un texte de Sophie Coucharrière, Père Castor (2012).
  • Être responsable, illustration d’un texte de Fabien Lamouche, Gallimard Jeunesse Giboulées (2011).
  • Muette, illustration d’un texte d’Anne Cortey, Autrement (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Nina et les oreillers, illustration d’un texte de Maylis de Kerangal, Hélium (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Herman et Dominique, texte et illustrations, Thierry magnier (2009).

Le site d’Alexandra Pichardhttp://alexandrapichard.com.

Concours :
Comme je vous le disais avant cette interview, grâce à Gallimard Jeunesse Giboulées je vais pouvoir offrir à l’un de vous le bel album Cher Bill. Pour participer au tirage au sort, parlez-moi en commentaire du rapport de vos enfants avec la correspondance (Écrivent-ils des lettres ? Ont-ils des correspondants ?). Vous pouvez aussi parler de votre rapport à la correspondance quand vous étiez enfants. Je tirerai au sort parmi vos réponses. Vous avez jusqu’à mardi 20 h, bonne chance à tous !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Cécile Roumiguière

Régulièrement, un acteur de l’édition jeunesse (auteur, illustrateur, éditeur…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé. Cette semaine, c’est l’auteur Cécile Roumiguière qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Coup de cœur, coup de gueule
Exercice périlleux en ce 12 janvier 2015, difficile de le traiter à la légère. Difficile de rester dans le “j’aime-j’aime pas” devant un de ces moments dont on sait qu’il y aura un avant et un après.

Coup de cœur quand je vois ces millions de personnes, toutes différentes, réunies dans un même élan, une même émotion, pour dire leur attachement à la liberté de parole.Coup de gueule quand je vois des politiques en profiter pour se refaire une virginité, ces mêmes qui laissent des gens vivre dans la misère, l’abandon, certains bafouant ouvertement la liberté et les droits de l’homme dans leur pays.
Coup de cœur devant cette parole spontanée, on se parle, on se sourit comme jamais. Pourvu que ça dure…
Coup de désespoir quand je lis les slogans racistes qui s’affichent, déjà, quand je vois la jubilation sur les murs des lepénistes.
Coup de cœur quand un vendeur de supérette devient un héros, au-delà des religions, des origines, humain, tout simplement.
Coup de gueule quand on liquide les machines à tuer que sont devenus ces hommes endoctrinés alors que la société avait le devoir de les juger pour rester digne de son nom de démocratie, de république.
Coup de cœur quand tant de personnes se mettent à dessiner, écrire, inventer. Coup de cœur à l’idée qu’on peut bouger, se montrer, réfléchir ensemble, agir. Et empêcher que ce grand élan de fraternité ne soit anéanti sous les bruits de bottes…
Coup de gueule face à l’info en continu, hypnotique, qui empêche tout recul, toute réflexion, et occulte le reste du monde quand il faudrait au contraire profiter de cette émotion hors du commun pour se poser des questions et trouver, chacun à sa mesure, des réponses constructives à donner à ce qui vient de se passer.
Coup de gueule encore quand on parle de religion, encore et toujours de religion, quand la seule façon de vivre ensemble, la seule façon de préserver la liberté de s’exprimer, qu’on soit athée ou qu’on croie en n’importe quel Dieu ou théière au ciel, c’est la laïcité, et que trop peu de personnes en parlent.
Coup de rage quand “Je suis Charlie” devient un slogan affiché sur tout ce que Charlie conchiait, la bourse et le NASDAQ, le Christ géant de Rio, l’Arc de Triomphe et les délires de conquête napoléoniens : la finance, la religion, l’armée. Cabu et ses potes, eux, auraient trouvé la force d’en faire rire, mais ils ne sont plus là.
Grand coup de cœur pour l’équipe de Charlie qui vient de boucler le prochain numéro !
Coup de fou rire quand j’imagine la tête que fera Schwarzenegger quand il lira le premier numéro de son abonnement à Charlie Hebdo

Muriel Enrico

Photo Muriel Enrico

Cécile Roumiguière est auteur.

Bibliographie :

  • Sur un toit, un chat, illustré par Carole ChaixÀ pas de loups (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La Belle et la Bête, illustré par Aurélia Fronty, Belin Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le fil de soie, illustré par Delphine Jacquot, Éditions Thierry Magnier (2013)
  • Une princesse au palais, illustré par Carole ChaixÉditions Thierry Magnier (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma sœur et moi, illustré par Bobi+Bobi, La joie de Lire (2012).
  • Rouge Bala, illustré par Justine Brax, Milan (2011).
  • Demain la lune, illustré par Olivier Tallec, Seuil Jeunesse (2009).
  • L’enfant silence, illustré par Benjamin Lacombe, Seuil Jeunesse (2008).
  • À l’ombre du tilleul, illustré par Sacha Poliakova, Gautier-Languereau (2005).
  • L’école du désert, illustré par Claire Delvaux, Magnard Jeunesse (2004).

Retrouvez Cécile Roumiguière sur son site : http://www.cecileroumiguiere.com.

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Dis, tu peux lui demander… ? (4/8)

Par 23 juillet 2014 Les invités du mercredi

Cet été, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteurs, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Les enfants ont été nombreux à nous envoyer des questions, nous en avons choisi huit. Après les questions de Tristan, Daphné et Rose les semaines passées, aujourd’hui une autre question de Tristan, 6 ans, futur illustrateur, qui m’a proposé de demander aux auteurs : « Est-ce que les auteurs et les illustrateurs vont dans des librairies ou des bibliothèques pour voir les enfants regarder leurs livres ? ». Marion Billet, Sébastien Mourrain, Éric Veillé, Alexandra Pichard et Romuald ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps que lui leurs réponses. Mon secret rit tout le tempsChacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Tristan d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions Kilowatt, l’album de Séverine Vidal et Vanessa Hié, Mon secret rit tout le temps, une très belle histoire sur l’amitié transgénérationnelle. Un très bel album que nous avions chroniqué ici.


« Est-ce que les auteurs et les illustrateurs vont dans des librairies ou des bibliothèques pour voir les enfants regarder leurs livres ? » (Tristan, 6 ans)

Marion Billet :
Cher Tristan, effectivement, j’aime beaucoup me balader en librairie. C’est toujours une belle surprise quand je vois un enfant choisir et lire un de mes livres. C’est la plus chouette des récompenses et cela me motive encore plus pour de futures créations !

Autocollants BilletMarion Billet est auteur et illustratrice. Elle vient de sortir une série d’autocollants chez Lito sur le thème des contes, des Qui suis-je sur les animaux chez Lito également et Le tour du monde des tout-petits chez Gallimard Jeunesse. Retrouvez l’interview que nous avions réalisée d’elle ici.
Le site de Marion Billet : http://marionbillet.free.fr.

Sébastien Mourrain :
Bonjour Tristan,
Les auteurs et illustrateurs rencontrent parfois les enfants dans les écoles et les médiathèques. Le but est de leur expliquer notre métier et de leur faire partager notre passion. Leur montrer aussi d’une manière générale que tout est possible si on y croit et que l’on travaille très dur pour y arriver. En tant qu’illustrateur, je ne lis pas mes albums aux enfants, mais je leur montre comment j’ai réalisé les dessins.
Sinon, tout ça pour te dire que j’ai rarement vu des enfants lire mes albums devant moi à part mes deux enfants. J’avoue que ça m’intéresserait de voir la réaction des enfants en train de lire mes albums.
Souvent, je vois des dessins d’enfants réalisés à partir de mes dessins et ça, c’est super !
Voilà la réponse à ta question Tristan.

MoustachatSébastien Mourrain est illustrateur. Récemment, il a illustré un texte de Géraldine Elschner, Moustachat, sorti chez L’élan vert et un texte de Delphine Perret, Bigoudi, sorti chez Les fourmis rouges.
Vous pouvez retrouver Sébastien Mourrain sur son site : http://sebastienmourrain.blogspot.fr.

Éric Veillé :
C’est très difficile pour moi de tomber sur un enfant en train de lire un des livres que j’ai écrits, ou alors il faudrait que je reste des heures dans la bibliothèque ou dans la librairie pour attendre qu’un enfant s’approche de mon livre… Mais un jour, dans un salon du livre jeunesse, alors que j’arrivais sur le stand de mon éditeur pour une signature, j’ai vu un enfant qui était plongé dans mon livre Tout sur le grand méchant loup. Je me suis arrêté et je l’ai observé pour voir s’il souriait. Il n’a pas trop souri, mais il l’a lu jusqu’au bout !

Les secrets de l'écoleÉric Veillé est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Tout sur le grand méchant loup chez Actes Sud Junior (que nous avons chroniqué ici) et il sortira à la rentrée Ma vie en pyjama (illustré par Pauline Martin) chez l’école des loisirs et Les secrets de l’école, où vont les maîtresses après le coucher du soleil ? et Mon imagier après la tempête, tous deux chez Actes Sud Junior.
Retrouvez notre interview d’Éric Veillé ici.

Alexandra Pichard:
Cher Tristan,
C’est une excellente question ! Quand un de mes livres sort en librairie, je mets mon imper’ et mes lunettes noires, et, incognito, je vais me cacher derrière une pile d’albums. De là, je vous observe, toi et tes parents : allez-vous ouvrir mon livre ? Mais il y a tellement de livres dans la librairie qu’il se peut que j’attende longtemps, très longtemps… Alors, pour m’occuper, j’en attrape un au hasard, et je le feuillette en mangeant des cacahuètes !

Puisque c'est comme ça, je m'en vais !Alexandra Pichard est auteur et illustratrice. Elle a sorti il y a peu Puisque c’est comme ça, je m’en vais ! (texte de Mim) aux éditions Magnard et Cher Bill (album dont elle est auteur et illustratrice) et Les soquettes blanches (texte de Vincent Cuvellier) chez Gallimard Jeunesse Giboulées.
Retrouvez Alexandra Pichard sur son site : http://alexandrapichard.com.

Romuald :
Bonjour Tristan,
Vu le nombre de librairies et de bibliothèques, tout leur temps y passerait et ils n’avanceraient pas beaucoup dans la réalisation de leurs prochains livres !
Je pense donc que rares sont les auteurs et illustrateurs qui vont observer les lecteurs sur place.
Mais nous avons d’autres moyens de savoir ce que les enfants pensent de nos livres.
Parfois, ils nous envoient une lettre (avec des dessins !) en y écrivant leurs impressions. D’autres fois, nous verrons un article dans un journal ou sur un blog.
Mais pour moi, le meilleur moment reste celui des festivals du livre où nous sommes invités à dédicacer, car il est toujours agréable de rencontrer nos lecteurs et de recueillir leurs impressions sur notre travail.

Les Pyjamasques et Magistère la sorcièreRomuald est l’auteur/illustrateur de la célèbre série Les Pyjamasques chez Gallimard Jeunesse Giboulées dont le dernier, Les Pyjamasques et Magistère la sorcière, est sorti en début d’année.
Retrouvez Romuald sur le site de Gallimard : http://www.gallimard-jeunesse.fr/Auteur/Romuald.

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Des mouches, une fourmi et un poulpe

Par 6 juin 2014 Livres Jeunesse

le samouraï et les 3 mouchesAlors qu’il est arrêté pour souper dans une auberge, un samouraï est importuné par trois voyous envieux de ses armes. Sans les toucher, sans leur parler, il va leur faire prendre leurs jambes à leur cou et le laisser finir son repas en paix.

Dans ce nouvel album dont le texte est une suite d’haïkus, Thierry Dedieu nous montre encore son talent graphique. Ici, il nous parle d’utiliser sa dextérité et son intelligence, plutôt que sa force et ses armes. Et même s’il y aura des morts, les hommes, eux, resteront en vie. Un très bel album extrêmement graphique avec de belles couleurs fortes sorti chez HongFei, un éditeur qu’on aime beaucoup.
Des extraits en ligne.

Cher BillOscar a un nouveau correspondant, Bill. Il lui écrit, lui raconte sa vie, ses passions. Bill l’intrigue, il dit être bleu, lui qui est gris. Ils parlent ping-pong, pâte à modeler, judo. Ils parlent du temps qu’il fait, de comment c’est là où ils habitent. Ils s’envoient des photos, des dessins ou des objets. Ils comparent leurs couleurs préférées, leur liste au père Noël et leur score à Super Marco. Vivement la classe de mer qu’ils puissent se rencontrer !

Cher Bill est un très bel album signé Alexandra Pichard. Une belle histoire entre des correspondants qui m’a rappelé bien des choses. On parle ici de la différence, Bill et Oscar ne sont vraiment pas les mêmes (entre une fourmi et un poulpe, il y a peu de similitudes), mais ils apprennent à se connaître, à accepter l’autre tel qu’il est, à s’adapter. On parle aussi bien entendu de l’amitié, de la correspondance. Une histoire tendre et poétique avec de bien belles illustrations. Un album épistolaire pour les enfants, pour peut-être leur donner à eux aussi l’envie de tenter la très belle expérience d’avoir un correspondant.
Extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Dedieu (Une fraise en hiver, Turandot, Poisson Chat, Un mur sur une poule, j’ai adopté un crocodile, Dragons de poussière et Le maître des estampes) et d’Alexandra Pichard (Puisque c’est comme ça, je m’en vais !Les socquettes blanches, Nina et les oreillers et Muette). Retrouvez aussi notre interview de Thierry Dedieu.

Le samouraï et les 3 mouches
de Dedieu
HongFei
11,90 €, 176×240 mm, 30 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Cher Bill
d’Alexandra Pichard
Gallimard Jeunesse dans la collection Gallimard Jeunesse Giboulées
14,50 €, 200×280 mm, 48 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Brèves de cancresSaviez-vous que le rôle d’un Président de la République était de voyager et d’embrasser des gens ? Qu’Hitler n’avait pas que des mauvais côtés (il a détruit les tableaux nuls comme ceux de Picasso) ? Que le genre de récit auquel appartient Le château de ma mère est le genre campagnard ? Que la différence entre un porc et un cochon c’est que le premier est plus sale ? Que c’est Mitterrand qui a donné le droit de vote aux femmes en l’an 2000 ? Que la principale cause de l’alcoolisme est la soif ? Que les plus grandes découvertes du XXe siècle sont Picard et Harry Potter ? Je suis certain que non ! Et bien vous l’apprendrez et de nombreuses autres choses encore dans un livre absolument hilarant qui vient de sortir chez Chifflet&Cie, Brèves de cancres. Réponses poétiques, pensées où l’on devine l’opinion des parents, contresens… On se régale !
Brèves de cancres, Chifflet&Cie, 128 pages, 10 €.

Gabriel

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Ah les parents…

Par 13 mars 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on va parler d’un douloureux problème : les parents. Dans cette sélection d’ouvrages (dont la plupart sont quand même extraordinaires, aujourd’hui votre banquier va me détester) on va en rencontrer des absents (et même quand ils sont là), des qui jurent, des qui nous enquiquinent, des qui espèrent un peu trop de nous, mais surtout des qui nous aiment. Mais commençons par répondre à une grande question : Comment naissent les parents ?

Mais... comment naissent les parents ?Un souriceau se pose une question, cette question lui tourne en tête depuis quelque temps… Comment naissent les parents ? Il aimerait bien demander à son papa ou à sa maman, mais ils sont bien trop occupés, alors il demande à son copain Robin qui lui explique que c’est parce que ses parents s’aimaient beaucoup que son papa a mis son pollen dans la fleur de sa maman. Yasmine, elle, a une autre version. Elle n’a pas du tout fabriqué ses parents comme ça, ils avaient beau beaucoup s’aimer leur pollen et leur fleur ne faisaient rien alors il a fallu remplir des papiers et ça n’a pas duré neuf mois, mais trois ans. Tim a encore une autre version à base d’éprouvettes, pour Maïté avec ses deux mamans c’est encore autre chose. Ça en fait des façons de fabriquer les parents !

Gros coup de cœur pour cet album tout en délicatesse et en poésie, tant dans les illustrations que dans le texte. On parle donc ici de toutes les façons de devenir parents (et donc de toutes les façons de faire un bébé, vous l’aurez compris), mais vraiment avec une infinie douceur. Un livre qui sait autant manier l’humour, la poésie et être aussi bien illustré, on ne peut qu’adhérer. Un magnifique ouvrage.

Le Papa MystèreDans la cour de l’école, les enfants discutent, parlent de leur week-end. Zazie est triste de savoir que Cindy n’a pas de papa, Alfredo et Clodomir, eux, ne sont pas tristes du tout et ils se moquent même « Cin-dy -sans-pa-pa ! Cin-dy -sans-pa-pa ! » chantent-ils. Mais Cindy ne va pas se laisser faire, elle leur raconte qu’elle a bel et bien un papa, qu’il est agent secret et que si elle l’appelle…

J’ai toujours beaucoup de mal avec les adaptations de dessins animés qui reprennent, comme illustrations, des captures d’écrans. Je trouve ça, disons-le franchement, particulièrement laid. La novélisation de la série Mademoiselle Zazie n’échappe pas à la règle (et comparer ces illustrations à celles de Delphine Durand… c’est assez violent !). Passé ce manque d’esthétique de cet album, Zazie est un personnage qu’on adore. Les histoires sont souvent très bien trouvées et racontent généralement des situations pas forcément « classiques » de façon complètement anodines. Cindy n’a pas de papa, et alors ? Où est le souci. Même si l’on préfère (largement) les livres originaux signés Thierry Lenain et Delphine Durand, Le papa mystère est un album très sympathique et plein d’humour pour dédramatiser la monoparentalité.
Le même vu par Les lectures de Liyah et Chez Clarabel.

Papa, regarde !Petit Ours regarde par la fenêtre, il aperçoit des fleurs violettes et questionne son père à leur sujet. Trop occupé à lire le journal celui-ci lui répond distraitement, sans trop lever l’œil par la fenêtre. Mais il est vite étonné par ce que lui décrit son fils.

Énormément d’humour et de poésie dans ce très bel album sorti chez HongFei. Qui n’a jamais vécu cette situation avec ses enfants ? Bien trop occupé on répond distraitement à leurs questions avant de nous rendre compte qu’il y a un énorme quiproquo. La naïveté des enfants, face à notre esprit trop cartésien quand on est en train de faire autre chose. Pour illustrer ce très joli texte, Sophie Roze a utilisé des collages, on se surprend à toucher les pages en croyant que nos doigts vont trouver des matières. Magnifique !
Courez voir les extraits sur le blog de HongFei.

Dragons Père Et FilsLe papa de Strokkur ne lui a pas dit « Tu seras un homme, mon fils » (et pour cause… Strokkur est un dragon !), mais c’est à peu près ça. Parce qu’il le trouve grand maintenant, il doit faire honneur à sa famille et brûler quelques maisons dans un village. Strokkur n’a pas vraiment envie, mais d’après son père c’est la tradition, on ne peut pas y couper ! Après une nuit agitée, voilà donc notre petit dragon en direction du village. Il trouve une petite maisonnette en bois un peu isolée… c’est parfait ! Sauf que le petit garçon qui habite là le voit et est tout excité de voir un dragon ! Et puis question truc à brûler il a une bien meilleure idée… un bâtiment plus grand où il n’aime pas trop aller…

Ah ces parents qui veulent imposer leurs choix à leurs enfants… Strokkur n’a bien sûr aucune envie de faire ce que son père lui demande, mais il a si peur de le décevoir… Au lieu de terroriser les habitants, notre petit dragon va se faire des amis et il se peut bien qu’il soit assez malin pour trouver les bons arguments face à son père. On peut être fier de ses enfants pour de multiples raisons. On parle donc ici de transmission (ou pas), d’amitié, de malice. On s’amuse beaucoup des situations et l’on admire les belles planches de Ronan Badel. Là encore, un très très bel album.

Puisque c'est comme ça, je m'en vais !Émile est VRAIMENT de mauvaise humeur ! Une bagarre à l’école avec son copain et une réprimande de la maîtresse. Forcément, il ramène sa mauvaise humeur à la maison et ne supporte pas la moindre contrariété. Aussi quand sa maman lui refuse qu’il fasse de la peinture (alors que c’est l’heure du bain), Émile prend une grave décision : il s’en va ! Il file dans sa chambre, prépare son sac à dos, il va partir loin, très loin, loin de maman, loin de la maîtresse, loin des copains qui l’embêtent… mais avant, un bain plein de mousse c’est quand même tentant ! Et après, adieu tout le monde ! Enfin… après manger car maman a fait son plat préféré…

Décidément dans cette chronique, que de merveilles ! Tant sur le plan graphique (superbes illustrations d’Alexandra Pichard) que sur le plan scénaristique, Puisque c’est comme ça, je m’en vais ! est un album irrésistible. On rit de ce petit colérique (qui se fait bien avoir par les ruses de sa maman), de cette mère qui reste stoïque face aux menaces de départ de son fils (et le conforte même dans son idée). On parle ici donc des colères, des enfants qui veulent partir « parce que c’est mieux ailleurs », et de l’amour des parents qui savent transformer une mauvaise journée en bon moment. Un magnifique album.
Des extraits en ligne.

Le petit tabarnakPapa tape, tape, tape avec son marteau quand tout à coup… TA-BAR-NAK ! Ouh la la pour qu’il utilise ce mot c’est qu’il doit être vraiment vraiment fâché, car on n’a pas le droit de dire ça ! Mais au fait… ça veut dire quoi Tabarnak ? Oups c’était la question à ne pas poser à un papa déjà en colère. Peut-être que les copains sauront, eux…

Tabarnak, pour ceux qui ne le savent pas, est un juron québécois. Dans cet album, on parle donc des gros mots qui échappent parfois aux parents (si vous n’en dites pas, c’est bien vous êtes parfaits !). Que ce soit un album québécois nous arrange assez (je ne sais pas vous, mais moi j’ai du mal à imaginer un album pour enfants avec le mot « putain ») ! Beaucoup d’humour dans cet album aux illustrations qui font penser à des bandes dessinées avec des traits pleins de mouvement. On s’amuse beaucoup en lisant les versions de chaque enfant sur l’origine de ce mot à ne pas dire. Encore un très bel album sorti chez La pastèque.

ça sent bon la mamanComme tous les soirs, Maman Taupe lit une histoire à son Taupinou puis dodo… Taupinou n’a pas envie, il aimerait rester blotti contre sa maman, il a peur tout seul, les bruits de la nuit l’effrayent. Maman a une idée, elle décroche son foulard et le donne à son enfant « Un peu de moi auprès de toi », un foulard qui sent bon la maman et qui saura rassurer Taupinou.

On finit dans un nuage de douceur et de tendresse. Avec une histoire toute simple, Émile Jadoul et Claude K. Dubois nous offrent un petit bijou de poésie. On parle ici de la peur de la nuit, de l’odeur rassurante, de l’amour. Car les parents, même s’ils nous embêtent, même s’ils disent des gros mots, même s’ils sont parfois trop occupés pour nous écouter, ils sont quand même là pour nous rassurer et nous donner beaucoup d’amour.
Le même vu par Bricabook, Chez Clarabel et À l’ombre du saule.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Jean Regnaud (Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill), Sophie Roze (L’autre bout du monde), Ronan Badel (Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé), Alexandra Pichard (Les socquettes blanches, Nina et les oreillers et Muette), Émile Jadoul (Comme un secretCanaille a oublié son doudou, Canaille ne veut pas aller à l’école, Canaille va chez le docteurCanaille n’aime pas la soupeMon bonnetLes mains de papa, A l’eau, Hourra, AglaglaTout le monde y va, Gros pipi, A la douche et A la folie) et Claude K. Dubois (Ma feuille !, L’histoire de mon bébé, Papa, maman… avant et La valise rouge). Retrouvez aussi nos interviews de Ronan Badel et d’Émile Jadoul.

Mais… comment naissent les parents ?
Texte de Jean Regnaud, illustré par Aude Picault
Magnard Jeunesse
11,90 €, 200×200 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Le papa mystère
de L. Nord (d’après Thierry Lenain)
Nathan dans la série Mademoiselle Zazie
5,95 €, 174×221 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Papa, regarde !
Texte de Hui-Ying Chiu (traduit par Chun-Liang Yeh), illustré par Sophie Roze
HongFei
13,90 €, 193×253 mm, 34 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Dragons père et fils
Texte d’Alexandre Lacroix, illustré par Ronan Badel
Père Castor
13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Puisque c’est comme ça, je m’en vais !
Texte de Mim, illustré par Alexandra Pichard
Magnard Jeunesse
13,90 €, 230×270 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le petit Tabarnak
de Jacques Goldstyn
Éditions de la Pastèque
18 €, 191×241 mm, 80 pages, imprimé au Canada, 2014.
Ça sent bon la maman
Texte d’Émile Jadoul, illustré par Claude K. Dubois
Pastel
11,50 €, 176×246 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.

À part ça ?

Le rire médecinL’association Le rire médecin organise une braderie solidaire dans ses nouveaux locaux à Paris (XIXe). Notez sur vos agendas, ce sont les vendredi 4 et samedi 5 avril au 64/70 rue de Crimée 75 019, de 10 heures à 20 heures. Plusieurs grandes enseignes (Chicco, Djeco, Doudou et Compagnie, Editions Dupuis, Faber-Castell, Ikéa, LuluCastagnette, Moulin Roty, Ravensburger, Vtech, Zadig & Voltaire…) se sont mobilisées et ont offert des produits qui permettront à l’association de récolter des fonds. L’argent servira à financer la venue de clowns professionnels dans les services pédiatriques et ainsi offrir des moments magiques aux enfants hospitalisés. Quand on peut faire un beau geste, tout en faisant de bonnes affaires… pourquoi se priver ?

Gabriel

 

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1903 et 1946

Par 31 août 2013 Livres Jeunesse

Un saut dans le temps au siècle dernier, ça vous tente ?
kako le terribleLe 15 Juillet 1903, un gardien du zoo du Jardin des Plantes de Paris a été attaqué par un hippopotame. Arrivé quelques années plus tôt d’Afrique alors qu’il était encore très jeune, l’animal divertissait le public, derrière les barreaux de sa cage et ne semblait pas malheureux. Mais c’était sans doute une impression : Kako reste un animal sauvage. Un jour, apeuré par les bruits effrayants de la ville en fête, et affamé à cause d’une panne de réveil du gardien, sa nature première ressurgit…

Délicat sujet que celui des zoos, d’autant plus ceux du début du siècle dernier… Inspirée d’un véritable fait divers, cette histoire rappelle à tous que les animaux sont avant tout faits pour vivre dans leur milieu naturel, aussi précautionneux soient les lieux qui les accueillent. Emmanuelle Polack raconte cela de manière très neutre, en se contentant de relater l’arrivée de l’animal,  ses premières années, et enfin le drame. Pas de pathos, ni dans un sens ni dans l’autre, mais chacun se fait sa propre opinion. Il y a une ambiance particulière, qui nous plonge vraiment dans le Jardin des Plantes de l’époque (même si vous me direz, aucun de nous n’était né…). Je pense que c’est également grâce aux très belles illustrations de Barroux, mêlant dessins pleins de mouvements et collages d’anciennes photos (pour former l’hippopotame), le tout dans une unité de couleurs. Intéressant, pas larmoyant, c’est une réussite ! Et puis, ça faisait un moment que je ne vous avais pas parlé des hippopotames, ça me manquait !

les socquettes blanchesEn 1946, à Paris, deux bandes d’enfants s’affrontent, pour défendre leurs terrains de jeux respectifs. Les Socquettes Blanches ce sont les filles, et Les Chats Crevés, les garçons. On se bat, on se chamaille, on élabore des plans pour protéger son camp ou son terrain vague,… C’est de bonne guerre ! Mais lorsque tous apprennent qu’un promoteur immobilier lorgne sur leurs territoires, adieu les disputes ! Ils se rassemblent, oublient leurs rancœurs et ne font plus qu’un face à ces adultes irresponsables. Garçons, filles, tout le monde se serre les coudes !

Cette fois encore, on plonge vraiment dans l’ambiance de l’époque, période d’après-guerre qui porte encore les stigmates de plusieurs années de combat. Les expressions, les jeux, les vêtements, les références historiques, on fait vraiment un bond en arrière. Et les belles illustrations d’Alexandra Pichard (illustratrice que je découvre avec beaucoup d’intérêt), au style rétro, à la fois simples et vivantes, y sont pour beaucoup. Vincent Cuvellier (que j’apprécie beaucoup décidément) écrit pourtant bien de nos jours, en 2013, avec sensibilité et tendresse. Je pense que certains termes ou certains éléments de l’histoire, trop en lien avec l’époque, échapperont aux plus jeunes, mais il n’en demeure pas moins qu’on a affaire à une belle histoire sur l’enfance. Ce moment de la vie qui nous ferait déplacer des montagnes, où tous les événements prennent des airs d’aventure !

Quelques pas de plus…
Kako le terrible chroniqué par Les lectures de Kik.

Nous avons déjà chroniqué d’autres livre de Vincent Cuvellier (La fille verte, La première fois que je suis née, Émile veut une chauve-souris, Émile fait la fête, Émile est invisible, Émile veut un plâtre, Émile se déguise), Alexandra Pichard (Muette, Nina et les oreillers), Emmanuelle Polack (Rose Valland, l’espionne du musée du jeu de paume), Barroux (La rentrée de Noé, Histoires pour se poiler).

Kako le terrible
Texte d’Emmanuelle Polack. Illustrations de Barroux
La joie de lire
14,90 €, 267 x 207 mm, 26 pages, lieu d’impression non précisé, 2013
Les socquettes blanches
Texte de Vincent Cuvellier. Illustrations d’Alexandra Pichard.
Gallimard Jeunesse Giboulées
14,50 €, 230 x 290 mm, 36 pages, imprimé en Italie, 2013

Marianne

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