La mare aux mots
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Alzheimer

Vive les grands-mères

Par 23 mars 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose quatre livres avec des grands-mères. Au programme, de l’humour, de la tendresse et des choses plus graves.

L’encyclopédie des mamies
d’Éric Veillé
Actes Sud Junior
13,90 €, 190×270 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2018.
À l’époque
de Kiko
Milan
11,90 €, 280×210 mm, 32 pages, imprimé en Europe, 2018.
Enfin avec ma mamie !
de Taro Gomi (traduit par Fédoua Lamodière)
Nobi Nobi !
12,50 €, 225×188 mm, 40 pages, imprimé en Roumanie, 2018.
Ma mamie en poévie
Texte de François David, illustré par Elis Wilk
CotCotCot Éditions
14,50 €, 220×290 mm, 26 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2017.

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Collidram 2015

Par 24 avril 2015 Livres Jeunesse

Le prix Collidram est un prix de littérature dramatique remis par des collégiens. Chaque année, des élèves de collège (de la 6ème à la 3ème) de toute la France élisent ainsi leur pièce préférée. J’ai découvert ce prix dans l’émission de Véronique Soulé, Écoute, il y a un éléphant dans le jardin (où des classes participant au prix viennent partager leurs impressions) et j’ai eu envie de lire les quatre pièces finalistes. J’ai été assez surpris que les quatre pièces abordent des thèmes aussi forts (guerre et travestissement, viol, mort d’une mère, Alzheimer)

Un petit avertissement tout d’abord. Travaillant à l’école des loisirs depuis bientôt un an, je refuse, bien évidemment, de chroniquer les ouvrages d’une maison qui me paye. Or là, en chroniquant les quatre pièces nominées pour le prix Collidram il était impossible de faire l’impasse sur l’une des quatre. J’espère que vous comprendrez cette incartade et que mon avis vous semblera quand même objectif.

Sous l'armureAlors que Monseigneur s’apprête à partir à la guerre, Christine découvre les plans de son père en ce qui la concerne. Il décidé qu’elle rentrerait au couvent. Son frère adoptif, lui, partira à la guerre ce qui ne le ravit pas vraiment. Ils vont décider de changer le destin.
Sous l’armure de Catherine Anne est une pièce particulièrement intéressante en cette période où une poignée d’imbéciles ont décidé qu’on ne pouvait pas, en littérature jeunesse, représenter des filles ou des garçons qui ne ressemblent pas à une caricature de leur sexe. Ici, Christine va s’habiller en homme pour aller combattre auprès de son père plutôt que d’entrer au couvent. Il sera aussi question d’une quête et d’un dragon. La langue est parfois déroutante mais l’histoire est captivante.
Une très belle pièce entre histoire chevaleresque et récit fantastique.

Au boisAu bois il y a le loup. Il y a aussi la grand-mère et la petite fille doit aller la voir. Et il y a également un chasseur…
L’histoire est connue mais la façon dont elle est traitée ici est particulièrement originale… je dirai même déconcertante. J’avoue que c’est cette pièce qui m’a donné envie de faire cette chronique. C’est en entendant les collégiens en parler dans Écoute il y a un éléphant dans le jardin que j’ai eu envie de parler de théâtre et du prix Collidram. Le sujet semblait passionnant (une jeune fille abusée sexuellement par quelqu’un de plus dangereux que le loup). Mais je suis totalement passé à côté… Ici pas de ponctuation, pas d’indication sur qui parle (au metteur en scène ou à la metteuse en scène de choisir)… et moi j’ai pas réussi à rentrer dedans. Par contre, ça m’a donné particulièrement envie d’en voir une représentation, pour voir ce qu’une troupe pouvait en faire. Le langage est souvent cru, la scène de viol assez dure… j’aurai aimé aimer ce texte.

AtlantidesUne femme, un homme, leur fille. La mère s’est noyée lors de vacances (on pense évidemment au tsunami), la fille est devenue climatologue, le père tente de continuer à vivre. La mère se pose beaucoup de question… Retrouvera-t-on un jour son corps ? Où est sa fille à présent ?
On continue donc dans les sujets joyeux avec cette pièce très forte, Atlantides de Jean-René Lemoine. Un texte court (quinze pages) mais marquant. On parle donc ici du deuil, de la reconstruction. La mère est extrêmement présente dans le texte, et il est difficile de rester insensible au personnage.
La pièce est suivie, dans l’ouvrage, d’une autre, Le Voyage vers Grand-Rivière. Cette seconde pièce s’adresse aux plus jeunes. Il y est question d’une fille élevée par son père qui veut retrouver sa mère partie dans un monde étrange. J’ai trouvé ce texte particulièrement intéressant.

La princesse, l'ailleurs et les siouxIl est très vieux, elle est très vieille. Elle perd la tête, il veille sur elle. Elle se croit princesse, petite fille. Il décide qu’ils vont apprendre le sioux pour stimuler leur mémoire.
Cette dernière pièce, la dernière que j’ai lue est celle qui m’a le plus touché. La Princesse, l’Ailleurs et les Sioux parle de la vieillesse, de la sénilité (on pourrait même dire Alzeihmer). Elle ne sait plus qui elle est, elle se découvre parfois vieille, apprend qu’elle a des enfants. Son mari tente d’empêcher l’esprit de sa femme de s’en aller. C’est extrêmement fort, la fin est bouleversante, c’est sans nul doute le texte qui m’a le plus touché.

Lorsque j’ai commencé à écrire cette chronique je ne savais pas que le résultat du prix avait été donné. J’ai donc lu les pièces sans savoir quelle était la pièce gagnante. Je trouve amusant de constater que c’est celle qui m’a le moins plu, Au bois de Claudine Galea.

Plus d’informations sur le prix Collidram sur le site de l’association Postures.
Écoutez l’émission Écoute, il y a un éléphant dans le jardin spéciale Collidram ici.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des pièces de théâtre (Mon frère, ma princesse, Huit farces pour collégiens et Sept farces pour écoliers) et également un ouvrage de Claudine Galea (À mes amourEs).

Sous l’armure
Texte de Catherine Anne
l’école des loisirs dans la collection théâtre
7 €, 125×190 mm, 79 pages, imprimé en France, 2013.
Au bois
Texte de Claudine Galea
Éditions Espace 34 dans la collection Espace Théâtre
12,50 €, 130×210 mm, 72 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Atlantides, suivi de Le Voyage vers Grand-Rivière
Texte de Jean-René Lemoine
Les solitaires intempestifs dans la collection Jeunesse
9 €, 110×175 mm, 61 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
La princesse, l’ailleurs et les Sioux
Texte de Stanislas Cotton
Éditions Théâtrales dans la collection Répertoire contemporain
11 €, 150×210 mm, 41 pages, imprimé en France, 2013.

Gabriel

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Romans forts

Par 15 août 2014 Livres Jeunesse

Deux romans avec des sujets forts

Mon cher petit coeurBrune écrit dans son journal, elle écrit à son cœur, ce cœur qu’elle va bientôt abandonner parce qu’il ne fonctionne plus assez bien. Brune se demande ce qu’on va faire de lui, le mettre à la poubelle ? Et qui sera celui qui le remplacera, on lui a parlé du cœur d’un mort…
Avec beaucoup de délicatesse, Agnès de Lestrade aborde dans ce court roman la transplantation cardiaque, la maladie, l’attente d’un donneur. Elle y évoque les enfants malades, le regard que les autres portent sur eux, leurs inquiétudes. La petite fille parle aussi des adultes : ses parents qui font semblant que tout va bien et le personnel soignant qui est au petit soin pour elle.
Un petit roman très fort illustré avec beaucoup de délicatesse par Peggy Nille.

LéoLéo et Célestin adore Célestin, son grand-père. Avec lui, il aime passer du temps, l’écouter parler de son passé. Mais depuis quelque temps, les souvenirs semblent s’envoler alors Célestin note dans un carnet ce dont il se souvient. Des souvenirs numérotés qu’il aime à relire. Mais un jour, le souvenir 23 a disparu du carnet, vite il faut partir à sa recherche !
Vous l’aurez compris, on parle ici d’Alzheimer. Là encore, c’est avec beaucoup de délicatesse que l’auteur, Isabelle Wlodarczyk, parle de la maladie, de l’incompréhension du petit fils face aux souvenirs qui s’en vont. Ensemble, ils vont mener une enquête pour trouver les pages qui manquent, mais très vite le grand-père souhaite chercher seul… et oublie de revenir. Rassurez-vous la fin ne sera pas (trop) triste. Isabelle Wlodarczyk a vraiment réussi à parler de cette terrible maladie avec des mots justes, des images bien trouvées.
Un petit roman à lire aux enfants dès 6 ans par chapitres ou qu’ils peuvent lire eux même en entier à partir de 8 ans très joliment illustré par Thanh Portal.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Agnès de Lestrade (Le voyage de Mamily, Pourquoi les chiens n’aiment-ils pas les chats ?, Les cocottes à histoires, Bon anniversaire, Gaston !, Les pendules de Dana et Les baisers de Cornélius), Peggy Nille (La Princesse Optipois, Le petit oiseau au grain de blé, Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Isabelle Wlodarczyk (Sur mon arbre perché et La petite disparue) et Thanh Portal (Sur mon arbre perché). Retrouvez aussi nos interviews de Peggy Nille et d’Isabelle Wlodazczyk.

Mon cher petit cœur
Texte d’Agnès de Lestrade, illustré par Peggy Nille
Bulles de Savon dans la collection Roman premiers lecteurs
6 €, 125×190 mm, 48 pages, imprimé en Union Européenne.
Léo et Célestin
Texte d’Isabelle Wlodarczyk, illustré par Thanh Portal
L’escamoteur éditions dans la collection Le Roman Jeunesse
12 €, 145×210 mm, 64 pages, imprimé en Union Européenne, 2013.

À part ça ?

On vous avait parlé de Liliroulotte… ça y est l’aventure est lancée ! Premier rendez-vous ce soir à Poullan sur mer !

Gabriel

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Chut ! J’écoute encore une histoire !

Par 16 mai 2014 Livres Jeunesse

On a commencé hier, voici la suite de notre sélection de CD et livres-CD pour écouter des histoires (toujours en chronique croisée avec Maman Baobab).

pierre et les voyousCe matin, Pierre refuse d’aller à l’école prétextant être malade. Sa mère voit bien qu’il ne l’est pas et l’oblige à y aller, pourtant le jeune garçon traîne des pieds. Arrivé dans l’établissement il retrouve Clara, son amie et Sébasse, le gros dur qui le surnomme Vivaldi et se moque de lui. Parce que Pierre joue du piano et peut-être parce qu’il est un peu plus chétif, il est le souffre-douleur de Sébasse et de ses copains. Mais sa rencontre avec Joachim, un jeune hockeyeur va peut-être changer la donne !

Troisième aventure de Pierre, après avoir croisé un pialeno et avoir rencontré Clara, le voici donc maintenant harcelé par une bande de voyous. Comme pour chaque livre-CD de la collection, un compositeur est mis à l’honneur. Après Prokofiev et Shuman, ici on va entendre du Tchaïkovski et des extraits de l’Album pour enfants op.39. C’est décidément une série qu’on aime beaucoup tant pour la qualité des illustrations que du point de vue de l’histoire racontée. Et bien sûr les choix musicaux ! Encore une nouvelle aventure d’un héros qu’on aime décidément beaucoup.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Pierre traqué par le tracQuand Pierre rentre chez lui, il entend courir les notes de musique. Qui joue aussi bien cette Arabesque de Debussy ? C’est sa vieille tante Juliette. Mais elle a beaucoup changé, elle semble si frêle, si fragile. Toute la famille a l’air triste en l’écoutant, Pierre se pose des questions. Il se rend vite compte qu’en plus Juliette tient des propos incohérent, mais que se passe-t-il ? En fait il va apprendre que la vieille dame souffre de la maladie d’Alzheimer et que tout semble s’envoler de sa tête. Au moment de jouer à son tour, il ne trouve plus les notes, aurait-il la même maladie ?

C’est donc la quatrième (et dernière à ce jour) aventure du jeune pianiste et c’est certainement la plus forte, la plus touchante. Ici, c’est accompagné par le Children’s Corner de Debussy que nous suivons cette histoire de perte de mémoire et de trac. On recroise le pialeno, personnage important du premier opus et bien entendu on retrouve la jolie Clara. Une histoire forte, belle avec des illustrations toujours aussi jolies et un accompagnement musical de grande qualité.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

HalbBaka, la grand-mère de Tallinn lui offre pour ses dix ans sa clarinette, celle qui lui appartenait. La famille de Balka a été si dispersée par les guerres qu’il ne lui reste plus que la musique à transmettre et surtout une mélodie, celle que lui avait apprise sa mère, qui la tenait de sa mère, qui la tenait elle-même de sa mère et ainsi de suite. Sauf que Balka a vieilli, elle ne se souvient plus. La dernière partie de la mélodie s’est envolée de sa tête. Alors Tallin va tenter d’aider sa grand-mère à retrouver la partie manquante, ça sera le début d’un grand voyage.

Une bouffée d’émotion, un livre-CD extrêmement fort. Déjà parce que, personnellement, la musique Klezmer m’émeut énormément, me touche particulièrement. Ensuite parce que cette histoire sur la transmission est particulièrement belle. Enfin parce les illustrations de Barroux sont, comme d’habitude, superbes. Cette grand-mère dont les souvenirs s’envolent et cette petite fille vont retourner dans le village d’origine de la vieille dame, en espérant retrouver ce qui est perdu. Pendant ce temps, pendant qu’elles se demandent quelle est la fin de la mélodie, que la grand-mère dépérit, le chien Frageh (qui veut dire question en yiddish) grossit de plus en plus, jusqu’à devenir gigantesque. On parle donc de la transmission, de la sénilité, mais aussi des relations intergénérationnelles, de la création (et même en arrière-plan de la guerre, de la persécution des juifs, des villages détruits en Serbie). Un magnifique livre-CD avec une histoire et une musique bouleversante et de magnifiques illustrations.
Un site dédié avec des extraits et vu par Enfantipages.

TanbouAlors qu’elle pleure parce qu’elle n’arrive pas à chanter, Marie rencontre Donga. Il lui propose de l’aider, pour cela il lui demande de revenir le voir le lendemain. Quand elle revient, il a un tambour pour elle, le même tambour qu’avaient le père de Donga, ses grands-pères et même ses arrière-grands-pères. À l’école la maîtresse confisque le tambour. Donga raconte à Marie comment, il y a longtemps, des hommes avaient décidé que les gens comme lui seraient des marchandises. Il lui explique pourquoi ces tambours sont importants et il la rassure, quand la maîtresse connaîtra l’histoire, elle le lui rendra.

Il y a énormément d’émotion dans ce livre-CD. Grâce à l’histoire, grâce à la musique, grâce aux magnifiques illustrations. Au son du tambour et d’une version africaine de la comptine À la Claire Fontaine, on nous parle donc d’esclavage. À hauteur d’enfant, cet ouvrage sorti en 2000 et qui vient de ressortir, réussi à nous parler de ce sujet délicat sans aucune lourdeur, sans que ça soit pesant. Et quel plaisir de retrouver la chanteuse Maya Barsony qui interprète ici le rôle de Marie. Un magnifique livre-CD pour évoquer l’esclavage.

Le secret de grand-pèreSes parents ont un peu honte de son vieux grand-père, un paysan… pensez donc, eux qui habitent la ville ! Pourtant, lui l’aime ce vieil homme et dès qu’il le peut, il va lui tenir compagnie. Un jour, le grand-père évoque sa femme, disparue il y a vingt ans et tient des paroles bien énigmatiques… Le petit fils va connaître le secret de son grand-père.

J’avoue que je ne connaissais pas Le secret de grand-père de Michael Morpurgo sorti en 1997. C’est donc une version racontée par Frédéric Dimnet qui vient de sortir chez Gallimard Jeunesse dans la très bonne collection écouter lire. Une magnifique histoire sur l’amitié entre un petit fils et son grand-père, sur la transmission, sur l’amour de la campagne… et tant de choses encore (que je ne peux vous révéler pour ne pas vous révéler trop de l’histoire). Découpé en deux parties (le petit fils et son grand père puis une histoire de l’enfance du grand-père qu’il raconte), c’est un roman passionnant, captivant. Une très belle histoire.

JAMES et la GROSSE PECHEJames Henry Trotter est orphelin depuis que ses parents ont été écrasés par un rhinocéros échappé d’un zoo. Il est élevé par deux tantes ignobles : Tante Piquette et Tante Éponge. James est leur souffre-douleur, leur domestique. Un jour le chemin de James croise celui d’un vieil homme qui lui dit lui vouloir du bien et lui offre un sachet mystérieux en lui disant de bien y faire attention que ce qu’il contient changera sa vie. Malheureusement, James laisse échapper son sachet au pied d’un pêcher… Il pense qu’il ne lui arrivera donc rien de positif, qu’il va devoir continuer à servir ses tantes. Mais le lendemain, une pêche géante a poussé dans l’arbre et celle-ci va changer sa destinée.

Grand classique de la littérature jeunesse américaine, James et la grosse pêche est un roman des années soixante qui n’a pas pris une ride… par contre cette version CD des années quatre-vingt un peu ! Mais quel plaisir de redécouvrir cette aventure riche en rebondissement, où un petit orphelin va voyager dans une pêche accompagné d’animaux aux caractères bien trempés. Soyons honnête, je n’ai pas lu le roman et je ne connaissais que l’adaptation ciné signée Henry Sellick (réalisateur de L’étrange Noël de Mr Jack) que j’aime énormément. Ma fille de six ans et moi avons pris énormément de plaisir à entendre le roman raconté, entre autre, par Claude Villers.
Un extrait sur le site de Gallimard.

Sans les mains et en danseuseTout commence dans un jardin en Champagne. Il y a une mère qui arrive en poney (qui, tous les deux, finissent par tournoyer dans le ciel), le Général de Gaulle, des portes qui rétrécissent, des escaliers qui remontent en descendant, des histoires racontées en fin de repas et qui mettent la famille mal à l’aise, une bergère avec des lèvres en colle UHU, un mur contre lequel on est adossé mais qui est devant et même Jane Birkin !

Mais quel grand moment ! Mais quel bonheur que d’écouter Sans les mains et en danseuse de Pépito Matéo ! J’ai ri (pas juste souri, vraiment ri), j’ai été ému, je ne me suis pas ennuyé une seconde pendant les soixante-quinze minutes que durent cette histoire complètement loufoque. On est ici dans une sorte de rêve, où tout est possible. Pépito Matéo joue avec les mots, les expressions, on se régale ! Une folle histoire, pas toujours aussi déjantée qu’elle en a l’air, racontée par un conteur absolument génial. Un CD qui est entré directement dans mes albums de contes préférés.
Des extraits sur le site de Oui’dire.

Sans les mains et en danseuse
Et parce que ce texte est extrêmement riche, vous pouvez retrouver une version écrite très joliment illustrée par Marion Fournioux sortie chez Winioux. Plus d’infos ici : http://editionswinioux.com/-Sans-les-mains-et-en-danseuse.


Le mariage d'Atyek


CHRONIQUE RETIRÉE A LA DEMANDE D’ARMELLE AUDIGANE



DiablerieCinq histoires de diables. Une filandière qui rencontre le malin et qui lui propose de faire son travail, en échange elle devra dire son nom et son âge, sans ça… Un ancien soldat errant à qui tout le monde refuse l’aumône, à qui le diable va proposer de porter une peau d’ours pendant sept ans et s’il le fait il le rendra riche (mais en plus de la peau d’ours, il lui faudra aussi ne plus se laver, ne plus se couper les cheveux, ne plus se couper les ongles…), en sera-t-il capable ? Quand Dieu a créé l’homme et la femme, il les a fait égaux, de même force… mais l’homme n’était pas d’accord ! Il est retourné voir Dieu pour qu’il soit plus fort et plus grand. Ainsi la femme allait obéir… sauf que le Diable s’en mêla. Un roi qui refuse de laisser sortir sa fille parce qu’il a peur que le diable l’enlève et qui finira par lui laisser sa liberté pour qu’elle ne meure pas d’ennui. Notre jeune fille part donc découvrir le monde, avec une épée que son père lui a confié… et elle lui sera utile… Un disciple qui demande à son maître la différence entre l’Enfer et le Paradis.

Je connaissais déjà certaines des histoires que raconte Elisa de Maury (Le diable et la tissandière est une histoire connue qu’on retrouvait dans Le nom du diable, chroniqué ici, et Peau d’Ours est un conte des frères Grimm qu’on avait déjà chroniqué ici) mais quel plaisir que d’écouter ces histoires racontée avec autant de talent ! Issues de contes traditionnels, ces histoires sont captivantes. C’est aussi grâce à la qualité de son des CD Oui’Dire, on est enveloppé par la voix et la musique, on oublie tout ce qui se passe autour de nous, happé par les histoires. Cinq contes de grande qualité, comme on les aime, racontés par une conteuse très talentueuse.
Des extraits sur le site de Oui’dire.

Quelques pas de plus…
Retrouvez toutes les histoires racontées sur CD que nous avons chroniquées sur notre album Pinterest.
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Mathieu Boutin, Paule Trudel-Bellemarre et Denise Trudel (Pierre et Clara et Pierre et le pialeino), Barroux (Un bond de géant – 1969, on a marché sur la lune, Méga-Loup, Mon voyage en gâteauKako le terrible et La rentrée de Noé), Roal Dahl (Matilda) et Pépito Matéo (Le petit Cépou et Le carnaval des animaux). Retrouvez aussi notre interview de Barroux.

Pierre et les voyous
Texte de Mathieu Boutin, illustré par Paule Trudel Bellemare, Musique de Piotr Tchaïkovski interprétée par Denise Trudel
Planète rebelle dans la collection Conter Fleurette
22 €, 205×205 mm, 76 pages, CD 1h20 environ, imprimé au Canada, 2010.
Pierre traqué par le trac
Texte de Mathieu Boutin, illustré par Paule Trudel Bellemare, Musique de Claude Debussy interprétée par Denise Trudel
Planète rebelle dans la collection Conter Fleurette
22 €, 205×205 mm, 64 pages, CD 1h18 environ, imprimé au Canada, 2012.
Halb, l’autre moitié
Texte de Sigrid Baffert raconté par Elsa Zylbertein, illustré par Barroux, musique d’Alexis Ciesla
Les éditions des Braques dans la collection Un livre – Un CD
18,30 €, 212×214 mm, 36 pages, CD 42 min. environ, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Tanbou
Texte et illustrations de Piotr Barsony, percussion Ka d’Edmony Krater
Syros
19,95 €, 239×310 mm, 30 pages, CD 13 min. environ, imprimé en Espagne, 2014.
Le secret de grand-père
Texte de Michael Morpugo (traduit par Diane Ménard), lu par Frédéric Dimnet
Gallimard Jeunesse dans la collection Écoutez lire
12,90 €, CD 1h05 environ, 2014.
James et la grosse pêche
Texte de Roald Dahl (version abrégée traduite par Maxime Orange), lu par Claude Villers, Sophie Wright, Geneviève Lezy, Henri Marteau et Christine Martin
Gallimard jeunesse dans la collection Écoutez lire
15,90 €, CD 2h08 environ, 2014.
Sans les mains et en danseuse
de Pépito Matéo
Oui’dire dans la collection Contes d’auteurs
17 €, CD 1h16 environ, 2013.
Le mariage d’Atyek
de Armelle & Peppo Audigane
Oui’dire dans la collection Contes d’auteurs
17 €, CD 52 min. environ, 2013.
Diableries
d’Élisa de Maury
Oui’dire dans la collection Contes d’auteurs
17 €, CD 1h01 environ, 2005.

À part ça ?

On vous parle dans cette chronique de Oui’dire, et on vous en parle régulièrement car c’est une super maison d’édition. C‘est un label discographique qui a un magnifique catalogue d’histoires à écouter pour les parents et pour les enfants. Ils ont besoin de vous pour continuer leurs beaux projets. Je vous laisse cliquer sur ce lien, vous en saurez plus !

Gabriel

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Émotions en famille(s) !

Par 3 mai 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux romans pour adolescents qui mettent la famille à l’honneur !

deux familles pour luluEn dix ans, Lulu a vécu dans de nombreuses familles d’accueil. Sa mère était trop jeune pour s’en occuper quand il est né et il a dû être placé. Ça ne se passe pas toujours très bien, loin de là. Il a récemment quitté une famille maltraitante et arrive chez les Fournier… Les premières impressions ne sont pas forcément très positives, mais finalement, Monique, Jean-Mi et leurs enfants s’avèrent être de très bons compagnons de vie. Mais Lulu n’est pas orphelin et reçoit parfois la visite de sa mère. Cette fois, elle vient accompagnée de son nouveau petit ami, Joseph. Encore une fois méfiant, Lulu va finalement apprécier cette nouvelle rencontre, et ce nouvel équilibre qui se crée… Mais Deux familles pour Lulu, ce n’est pas toujours facile…

On rencontre souvent des histoires de famille dans la littérature jeunesse pour adolescents : drames familiaux et orphelins sont des thèmes fréquemment abordés. Mais on rencontre moins souvent des histoires en lien avec les familles d’accueil, qui accueillent pourtant de nombreux enfants au quotidien. Avec humour, justesse et émotion, Agnès Lacor nous présente toute une galerie de personnages attachants, emmenée par Lulu, plein de sensibilité et d’intelligence ! Une tranche de vie dans un beau roman pour grands enfants ou jeunes adolescents !

ce cahier est pour toiGranninouchka écrit à son petit-fils Gaspard. Elle est entrée dans une maison de soins depuis quelques jours, sans trop comprendre pourquoi, et se confie à son cher petit. Elle lui raconte comment elle vit les choses, ce qu’elle voit et ce qu’elle pense….

C’est de plus en plus mystérieux, de moins en moins clair, et de plus en plus poignant. Granninouchka souffre de la maladie d’Alzheimer et nous livre son journal. Plus exactement, elle le livre à son petit-fils, dans l’espoir qu’il le lise un jour… Exercice peu évident que celui d’écrire les pensées de quelqu’un qui perd progressivement le fil… Valérie Dayre nous livre une histoire forte sur la maladie, mais aussi et surtout la famille, la transmission, et le temps qui passe. Original et émouvant, Ce cahier est pour toi est un livre à découvrir !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de la collection Estampille (L’incroyable enterrement de Magnus, Sami, Goliath, Oscar, Ousmane et les autres et William, mon petit prince) et de la collection Hibouk (Les mémoires d’Adalbert, Voyage autour de mon nom, Histoires au téléphone, et Docteur Parking).

Deux familles pour Lulu
d’Agnès Lacor
Bayard Jeunesse dans la collection Estampille
10,50 €, 135 x 190 mm, 140 pages, imprimé en Espagne, 2014
Ce cahier est pour toi
de Valérie Dayre
La joie de lire dans la collection Hibouk
8,90 €, 130 x 186 mm, 103 pages, imprimé en Pologne, 2014

À part ça ?

une histoire sans motsOn m’a offert la semaine dernière Une histoire sans mots, de Xu Bing.

Ce livre est fou ! Plus de cent pages qui racontent la journée de Monsieur Noir, sans utiliser aucun mot ni aucune lettre, mais uniquement des symboles et des pictogrammes (même pour indiquer le lieu d’impression) ! Après quelques minutes d’acclimatation (plus ou moins longues selon les générations), on prend le pli et c’est très amusant ! Une vraie prouesse, un livre qui ne ressemble à aucun autre !

Une histoire sans mots, Xu Bing, Grasset, 9,90 €

Marianne

 

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