La mare aux mots
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Amélie Billon-Le Guennec

Amitié et despotisme

Par 2 octobre 2014 Livres Jeunesse

La belle histoire des amis"Ours l’avait sauvée quand elle était tombée dans le lac gelé alors quand Janet entend le cri de l’animal elle se précipite, elle se transforme en Ourse et part l’aider. On ne sait jamais, s’il était tombé dans un piège… Quand Charlie entend le cri de Janet, ni une, ni deux le voilà parti pour venir en aide à la jeune fille qui lui avait prêté son vélo le jour où il en a eu besoin. Ensemble, ils seront plus forts, car quand on a des amis, on pourrait, pour eux, soulever des montagnes.
Quel magnifique ouvrage sur l’amitié et sur l’entraide ! Nos amis savent qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre, et ils se sortiront d’une épreuve que parce qu’ils sont tous les trois. Le texte d’Amélie Billon-Le Guennec est simple, mais percutant, avec peu de mots elle fait passer énormément de choses et les illustrations de Marion Duval sont splendides !
Un grand et bel album pour se rappeler l’importance des amis, et qu’on est toujours plus forts quand on est soudés.

Louis IerC’est le vent qui ramena une couronne à Louis le Mouton, mais l’occasion était trop belle, le voilà qui devient le roi des moutons Louis Ier ! Très vite, il se munit d’un sceptre et d’un trône, il lui fallait bien ça ! Et comme il est bon, il autorise son peuple à assister à son coucher. Mais si ce pouvoir lui montait à la tête ?
C’est avec beaucoup de poésie (et d’humour !) qu’Olivier Tallec nous parle de ceux qui se prennent pour le chef. Parce qu’il a reçu une couronne, Louis va devenir un despote… sauf qu’une couronne qui arrive aussi facilement… peut repartir de la même manière ! On s’amuse énormément à voir ce mouton fier de lui, qui s’adresse à un troupeau… qui s’en fout royalement ! Son sceptre n’est qu’une branche et son trône un arbre, mais il a une couronne alors Louis se croit le plus intéressant. On pense au superbe (dernier) album de Mario Ramos, Le petit Guili, où là aussi une simple couronne pouvait rendre quelqu’un despotique. On pense surtout à d’autres personnages, qui ne sont pas dans la littérature jeunesse… Le livre est très beau, avec un papier épais, ce qui ne gâche rien !
Un très bel album poétique et drôle, mais avec un vrai fond, signé par l’un de nos plus grands illustrateurs.
Des visuels intérieurs sur le site d’Actes Sud Junior.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Amélie Billon-Le Guennec (Moi je, L’étrange histoire de Pétula-Elisabeth Artichaut, Tais-toi, Le secret de Madame Tennenbaum, Bonne nuit Eddie et Eulalie de La Grande Rêverie), de Marion Duval (Le piano) et  d’Olivier Tallec (Waterlo & Trafalgar, Jérôme par cœur, La boum ou la plus mauvaise idée de ma vie, Qui quoi qui, Coffret Grand Loup & Petit Loup, MarlaguetteLe plus féroce des loups, Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et MachinMaurice Carême chanté par Domitille, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte). Retrouvez aussi notre interview d’Olivier Tallec.

La belle histoire des amis
Texte d’Amélie Billon-Le Guennec, illustré par Marion Duval
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95 €, 240×310 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Louis Ier, Roi des moutons
d’Olivier Tallec
Actes Sud Junior
15,80 €, 265×300 mm, 30 pages, imprimé en Italie, 2014.

À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons aujourd’hui nos coups de cœur du mois qui se termine. En septembre, c’était donc, pour Marianne : Mo-mo de Mickaël El-Fathi (Motus), L’heure des mamans de Yaël Hassan et Sophie Rastégar (Utopique) et Le loup beauté d’Angélique Chusseau et Mélanie Desplanches (Editions Les minots). Et pour moi : Ce n’est pas très compliqué de Samuel Ribeyron (HongFei), La retraite de Nénette de Claire Lebourg (autoproduit) et Jérôme par cœur de Thomas Scotto et Olivier Tallec (L’édune).
Côté romans, comme chaque nouveau trimestre, nous avons choisi les romans qui nous ont le plus plu dans les trois mois qui viennent de s’écouler. Pour le troisième trimestre de 2014 il s’agit, pour Marianne, d’Une vie merveilleuse de Dominique Brisson (Syros), Le club de la pluie au pensionnat des mystères de Malika Ferdjoukh (l’école des loisirs) et Les Filouttinen de Siri Kolu (Didier Jeunesse). Et pour moi : Le cœur des louves de Stéphane Servant (Le Rouergue), Là où naissent les nuages d’Annelise Heurtier (Casterman) et Jonah, T. 2 – Le Retour du Sept de Taï-Marc le Thanh (Didier Jeunesse).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

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Faire des efforts !

Par 4 février 2014 Livres Jeunesse

Les personnages des deux albums que je vous présente aujourd’hui ont un caractère bien trempé…!

moijeRita se déclare reine, rien que ça ! Elle décide de tout, elle régente, elle exige, elle donne des ordres, tant à la maison qu’avec les copains. Elle ne supporte aucune formation et seule compte sa petite existence. Mais il y a un hic : à force de vouloir s’imposer sans jamais tenir compte des autres, elle finit par s’ennuyer et se retrouver tout seule, isolée. Finalement, elle acceptera de faire quelques concessions, et trouvera même cela assez confortable… « […] c’est trop de responsabilités de tout décider ».

Je crois qu’on a tous croisé un jour un ou une Rita ! Peut-être même que vous en côtoyez tous les jours… En tout cas, malgré ses airs revêche, son sacré caractère et son autorité qui fait des ravages, on s’attache à cette petit fille, qui on le sent bien, est finalement plus fragile qu’il n’y paraît ! Amélie Billon-Le Guennec signe un texte assez original, qui ne prend pas vraiment la forme d’une histoire, mais plutôt celle d’un « témoignage » de la part de Rita, cette petite fille qui apprend doucement à arrondir les angles. Quant aux illustrations d’Amélie Falière, j’aime leur côté rétro, et leurs couleurs tranchées, même si je trouve parfois que les personnages ont un drôle de visage, un peu « animal ». Moi je est un album carré, coloré, un peu déjanté mais finalement sensible, qui ne manque pas de dynamisme !

j'aime pas l'eauAlf n’aime pas l’eau. Mais alors pas du tout. Pataugeoire, canoë, promenade dans le lit d’une rivière,… autant d’activités que ses copains adorent et qu’il déteste. Il essaie pourtant de faire des efforts, de prendre sur lui, mais décidément, il n’est vraiment pas à l’aise ! Vivement l’hiver, quand l’eau sera gelée, transformée en glace ou en neige et que là, il pourra s’amuser avec eux sereinement… Et quand l’été et ses baignades reviendront, il trouvera bien une solution !

Là encore, qu’il est attachant ce personnage ! Alf a peur et il n’y peut rien. Il fait pourtant plein d’efforts pour passer au-delà, mais c’est plus fort que lui ! De quoi rassurer les nombreux enfants qui tous les jours luttent contre de petites ou grandes craintes… C’est souvent irraisonné, et c’est bien difficile de prendre sur soi parfois ! Eva Lindström nous livre un très bel album sur la peur, le courage, l’amitié, et l’espoir, puisque malgré tout, il y a toujours moyen de s’en sortir, ou en tout cas, de faire avec ! Les illustrations sont très originales, pleines de douceur et bien en lien avec le thème de l’eau grâce au dessin à la peinture ! J’aime pas l’eau est une belle histoire pour se donner du courage !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres d’Amélie Billon-Le Guennec (L’étrange histoire de Pétula-Elisabeth Artichaut, Tais-toi, Le secret de Madame Tennenbaum, Bonne nuit Eddie, Eulalie de La Grande Rêverie) et d’Amélie Falière (Le petit-déjeuner et Qu’est-ce qui mijote dans ma marmite à mots ?).

Moi je
Texte d’Amélie Billon-Le Guennec illustré par Amélie Falière
Frimousse
14 €, 206 x 215 mm, 30 pages, imprimé en Slovénie, 2013
J’aime pas l’eau
d’Eva Lindström (traduit par Aude Pasquier)
Cambourakis
13,50 €, 208 x 280 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2013

A part ça ?

Eva Lindström ne s’arrête pas aux albums ! Elle signe également un film de 36 minutes (qui est en fait un ensemble de trois courts-métrages) qui sort demain, mercredi 5 février au cinéma. Les Amis Animaux, par son format court et ses histoires simples, courtes et aux dialogues simples peut convenir aux très jeunes spectateurs (mais pas que, puisque la fille de Gabriel, qui a presque 6 ans, a adoré). On retrouve l’univers poétique des albums, avec beaucoup de peinture, et des personnages dessinés qui prennent vie  (le vrais sens du dessin animé en fait).  Des oiseaux qui partent à la chasse aux papillons, un agneau fugueur, et un hibou au grand cœur, la nature est à l’honneur dans ces trois aventures ! C’est beau, poétique, et même drôle !

Marianne

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… et un peu d’imagination…

Par 2 février 2014 Livres Jeunesse

Parfois, il faut fuir, c’est nécessaire et quand on est enfant il est difficile de prendre sa valise et de partir alors on part dans un monde fabuleux appelé Imaginaire. Les trois albums du jour (et même le À part ça ?) rendent hommage à ce beau pays.

Je n'ai pas fait mes devoirs parce que...Il aurait bien aimé faire ses devoirs ce petit garçon sauf qu’il a une vie incroyable ! Un avion avec des centaines de singes a atterri dans son jardin, son quartier a été envahi par des reptiles géants, lui et son frère ont été kidnappés par un cirque… et tant d’autres choses encore. Vous imaginez, vous, faire vos devoirs dans de telles conditions ?

Davide Cali et Benjamin Chaud, déjà on se réjouit… et l’on a raison ! Je n’ai pas fait mes devoirs parce que… rassemble donc une vingtaine de prétextes trouvés par le héros de l’histoire pour répondre à la maîtresse qui lui demande la raison de ce devoir non rendu. On rit, on sourit devant ce déluge de raisons plus abracadabrantes les unes que les autres. Benjamin Chaud illustre avec humour cette liste surréaliste et bourre ses dessins de détails et de clins d’œil. Un petit livre drôle et poétique à l’édition particulièrement soignée (comme toujours chez Hélium).
Des extraits sur un blog consacré à l’album.
Le même vu par Dans la bibliothèque de Noukette.

Mon ami imaginaireDepuis que son papa est parti à la guerre, Tom écrit à un ami. Il lui raconte sa vie avec sa mère, son espoir de revoir son père, des anecdotes de son quotidien. Son ami lui répond toujours, lui envoie parfois des petits cadeaux. C’est une belle relation entre Tom et son ami imaginaire…

Laurie Cohen signe là un texte fort, parfaitement mis en image par Sandrine Kao. Toutes les deux ont réussi à faire de Mon ami imaginaire un ouvrage fin, délicat, poétique tant dans le texte que dans les illustrations. Laurie Cohen écrit avec des mots d’enfants le quotidien de ce petit garçon qui voit sa mère pleurer et qui espère le retour de son père. Sandrine Kao l’illustre avec une infinie délicatesse. Bref (alors que, je ne vais pas m’en cacher, je ne suis pas toujours fan des textes de Laurie Cohen et des illustrations de Sandrine Kao), j’ai été extrêmement touché par cet album sensible et délicat.
Voir des extraits en ligne.
Le même vu par Le tiroir à histoires.

L'étrange histoire de Pétula-Élisabeth ArtichautUne grande danseuse de renom et un bossu s’aimaient. Personne ne comprenait cet amour et ils avaient dû fuir pour vivre loin des autres. Là était née Pétula-Élisabeth Artichaut, une petite fille minuscule. Le bonheur fut de courte durée puisque son père mourut, il fallut donc revenir vivre en ville. Pour son septième anniversaire, Pétula-Élisabeth reçut une lettre que son père lui avait écrite avant sa mort. Une lettre qui contenait un rêve… ce fut le départ d’une aventure pour la jeune fille.

Alors bien sûr, cette fille qui part dans un autre monde, on pense forcément à Alice au pays des merveilles (même si ce n’est quand même pas la seule histoire du genre !). Pétula-Élisabeth fuit dans des mondes rêvés où elle rencontre des créatures rassurantes. Et, même si je n’ai pas toujours réussi à rentrer dans l’univers de ce livre, j’ai vraiment accroché sur la dernière phrase qui demande aux enfants de ne pas chercher où se trouve le petit monde de Pétula-Élisabeth, mais de chercher plutôt le leur. Les illustrations de Kabuki ont un côté manga très acidulé, le monde qu’elle dessine, les personnages, les couleurs utilisées… collent parfaitement avec les mots d’Amélie Billon-Le Guennec. On est très loin, visuellement, de l’album précédent, certains préféreront le côté mélancolique de Sandrine Kao, d’autres le côté explosion de couleurs de Kabuki
Voir des extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Davide Cali (Super Potamo et Bons Baisers ratés de Paris), Benjamin Chaud (L’alimentation – Pourquoi on ne mange pas que des frites ?), Laurie Cohen (À la campagne, Ma maison du bout du monde, Si petit, Si grand, Et toute la ville s’éveille, Est-ce que vous m’aimerez encore…?, Dans le ventre de maman et Ma voisine est une sorcière), Sandrine Kao (Comme deux confettis, Le banc, Les larmes de Lisette, et Des crêpes à l’eau) et Amélie Billon-Le Guennec (Tais-toi !, Le secret de Madame Tannenbaum, Bonne nuit Eddie et Eulalie de la grande rêverie). Retrouvez aussi nos interview d’Amélie Billon-Le Guennec et de Sandrine Kao.

Je n’ai pas fait mes devoirs parce que…
Texte de Davide Cali, illustré par Benjamin Chaud
Hélium
12,50€, 150×200 mm, 40 pages, imprimé en Chine chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Mon ami imaginaire
Texte de Laurie Cohen, illustré par Sandrine Kao
Philomèle
15€, 200×250 mm, 48 pages, imprimé en Bulgarie, 2013.
L’étrange histoire de Pétula-Élisabeth Artichaut
Texte d’Amélie Billon-Le Guennec, illustré par Kabuki
Des ronds dans l’O
16,50€, 226×301 mm, 34 pages, imprimé en France, 2013.

À part ça ?

bonbek 10Le dernier numéro de Bonbek est sorti ! Connaissez-vous ce magazine ? C’est une revue avec un beau papier (on est proche de l’album) qui contient une grande histoire, des jeux et des loisirs créatifs. Pour ce dernier numéro, l’imaginaire est aussi au rendez-vous puisque l’histoire (signée Alex Cousseau et Nathalie Choux) nous parle de deux enfants qui décollent tellement de terre qu’on leur attache le pied avec une ficelle pour ne pas les perdre. Et c’est justement dans le ciel qu’ils vont se rencontrer. Là aussi, c’est une histoire extrêmement poétique. Ensuite, on va fabriquer une cocotte (ou salière, vous savez le truc où l’on glisse les doigts dedans puis on demande aux copains-copines de dire un chiffre puis de choisir un des volets… ok si vous n’avez rien compris allez voir ) pour poser des questions à ses ami-e-s (et ainsi mieux les connaître), on va transformer des légumes en personnages (en dessin), faire des bonshommes en tomate (ok, ce n’est pas la saison on attendra) et mozzarella. Mais on va aussi trouver ici des coloriages, des BD, un jeu des sept différences et un jeu de sept familles (aux illustrations modernes) à découper. Un très chouette magazine (juste un peu cher), imprimé sur un beau papier et avec plein de super trucs dedans !
Feuilletez-le en ligne.

Bonbek, numéro 10. 9,50€, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable.

Gabriel

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Les invités du mercredi : Jean-François Dumont, Amélie Billon-Le Guennec et Béatrice Guillemard (+ concours)

Par 15 janvier 2014 Les invités du mercredi

J’ai été vraiment séduit par la série La ferme du bout du pré de Jean-François Dumont. C’est une série qui fait passer énormément de messages, un peu militante tout en restant vraiment adaptée pour les enfants (avec des animaux on peut faire passer beaucoup de choses). J’avais très envie de lui poser quelques questions, il a gentiment accepté de me répondre. À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner le dernier tome de cette série, Une poule derrière un mur. Puis nous reparlerons d’un album qui m’avait vraiment interpellé par son ton et par son sujet : Tais-toi ! Son auteur (Amélie Billon-Le Guennec) et son éditrice (Béatrice Guillemard des éditions Chants d’orties) ont toutes les trois accepté de nous parler de cet album original. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Jean-François Dumont

Jean-François DumontQuel a été votre parcours ?
J’ai beaucoup dessiné enfant, mon père étant professeur de dessin, c’était quelque chose de naturel à la maison. J’ai ensuite fait des études d’architecture, et mon diplôme obtenu, une année d’école de graphisme (ESAG). J’ai ensuite (1987) commencé à travailler dans l’illustration, presse, édition, affiche, etc. En 2000, j’ai écrit ma première histoire (Le roi qui rêvait d’être grand) et depuis je continue.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
En ce qui concerne les albums, je fais partie d’une génération nourrie par les albums du Père Castor… Mon histoire fétiche reste Michka qui me bouleversait enfant.
La petite oie qui ne voulait pas marcher au pasJe pense que je n’aurais pas écrit Le naufragé du rond-point sans cette histoire de nounours qui sacrifie sa liberté.
Mais j’ai aussi le souvenir d’un petit album : Le voyage de Lily et Lulu des éditions Emma dont j’aimais beaucoup les dessins. Ensuite, ado, j’ai dévoré la littérature d’aventure : London, Stevenson, etc..

Quel regard portez-vous sur la littérature jeunesse actuelle ?
La littérature jeunesse est devenue un genre à part, extrêmement prolifique, souvent riche et qualitative. Je trouve un peu dommage la catégorisation actuelle qui limite les passerelles entre âge, littérature jeunesse et adulte, album et roman, etc..
La position de la littérature jeunesse est un peu compliquée, lue par des enfants, Copains comme cochonsmais jugée et achetée par des adultes (avec entre autres leurs souvenirs d’enfance et leurs idées éducatrices), cela conduit forcément à de légères schizophrénies et des phénomènes de modes rétro assez amusants à observer avec un peu de recul…

Parlez-moi de la série « La ferme du bout du pré ».
Le premier album Gare à Edgar n’était pas sensé être le premier d’une série, mais j’avais bien aimé dessiner le cochon dans cet album, et j’ai voulu faire une histoire autour de cet animal. J’ai pensé que ça pouvait être amusant de mettre Edgar en « guest star » dans l’album, et voilà comment la série a débuté, l’idée étant que chaque album se déroule dans cette ferme, mais reste indépendant des autres. Les personnages des autres albums sont en quelque sorte des figurants.pinocchio
Ensuite au fil des histoires, le monde de la ferme représentant une sorte de micro-société, j’ai essayé d’y transposer des sujets dits justement de société de notre monde humain. Les animaux jouent classiquement ce rôle dans la littérature jeunesse

Quelles techniques de dessin utilisez-vous ?
La plupart du temps, je travaille avec des pigments que je mélange soit avec de la résine acrylique soit de l’huile suivant ce que je veux obtenir. L’intérêt de cette technique est de travailler par couches superposées plus ou moins transparentes qui donne de la profondeur à la couleur.

Quels sont vos projets ?
Je pense refaire un album pour conclure la série, 6 albums, ça me paraît un bon chiffre.
Et j’aimerais bien faire un tour de l’Atlantique en voilier, mais ça n’est pas professionnel. Quoique…

Bibliographie sélective :

  • L’ogre & l’orthodontiste, texte et illustrations, Père Castor (2013).
  • Une poule derrière un mur, texte et illustrations, Père Castor (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Cherche figurants, illustration d’un texte de Michael Escoffier, Kaléidoscope (2011)
  • Je suis un ours, texte et illustrations, Kaléidoscope (2010).
  • Bête comme ses pieds, texte et illustrations, Kaléidoscope (2010).
  • Copains comme cochons, texte et illustrations, Père Castor (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • L’île au trésor, illustration d’un texte de Robert Louis Stevenson, Flammarion (2009).
  • L’attrapeur de mots, texte et illustrations, Père Castor (2009).
  • Le naufragé du rond-point, texte et illustrations, Père Castor (2008).
  • La petite oie qui ne voulait pas marcher au pas, texte et illustrations, Père Castor (2007), que nous avons chroniqué ici.
  • La grève des moutons, texte et illustrations, Père Castor (2007), que nous avons chroniqué ici.
  • Un bleu si bleu, texte et illustrations, Père Castor (2006).
  • Pinocchio, illustration d’un texte de Carlo Collodi, Flammarion (2004), que nous avons chroniqué ici.
  • Gare à Edgar, texte et illustrations, Père Castor (2004), que nous avons chroniqué ici.

Une poule derriere un murComme je vous le disais avant cette interview, grâce aux éditions Père Castor, je vais faire un chanceux parmi vous ! L’un de vous gagnera l’album Une poule derrière un mur, que nous avions chroniqué ici. Pour participer, laissez un commentaire sous cet article en disant que vous souhaitez tenter de remporter cet album. Vous avez jusqu’à mardi 10 h ! Bonne chance à tous.


Parlez-moi de… Tais-toi !

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur Tais-toi ! (chroniqué ici), d’Amélie Billon-Le Guennec et Gaëlle Boulanger sorti chez Chants d’orties que j’ai eu envie de revenir.

Amélie Billon-Le GuennecAmélie Billon-Le Guennec (auteur):
C’est un texte qui est venu assez simplement, comme un cri. Histoire d’une enfant qui parle beaucoup et qui demande à être écoutée au milieu d’un emploi du temps chargé. Forcément, nous connaissons des enfants qui parlent peu et d’autres qui n’arrêtent pas de s’exprimer, forcément les deux comportements peuvent nous énerver. Alors, je me suis mise à la place de cette enfant qui a plein de choses à dire, à crier, à hurler. Des choses importantes ou pas, ce n’est pas le sujet. Envie de lui laisser la parole et de ne pas lui dire « je n’ai pas le temps »…
J’ai eu une remarque d’un éditeur me disant qu’il aimait bien ce texte, mais ne voyait pas comment l’illustrer.
Ensuite, les éditions Chants d’Orties ont été séduites par le projet proposé avec des illustrations. Le projet n’a pas pu se faire avec cette illustratrice et Béatrice a cherché quelqu’un d’autre et je trouve que les illustrations originales de Gaëlle Boulanger répondent bien au style du texte, à la forme du « cri » poussé par la narratrice.
Une belle aventure éditoriale.
Retrouvez Amélie Billon-Le Guennec en interview sur notre blog et sur son site.

Béatrice GuillemardBéatrice Guillemard (éditrice de Chant d’orties):
Chant d’orties est une maison d’édition associative. Elle vise la critique sociale à travers des textes de littérature destinés à un public adulte, mais aussi à de jeunes lecteurs. Il nous semblait important de ne pas se cantonner aux adultes, mais également de proposer une vision engagée, voire militante, pour les plus jeunes. Au fil des années la spécificité de Chant d’orties au niveau des enfants et adolescents s’est affirmée, si bien que nous ne publions plus que pour eux.
Nous partions avec plusieurs présupposés forts : ne pas prendre les enfants pour des « sous-adultes », mais bien comme des personnes à part entière, capables de réflexion, et auxquelles tous les problèmes de notre société peuvent être exposés sans en cacher les aspects les plus noirs, mais dans une langue adaptée à chaque âge. Nous souhaitions également que les illustrations des albums et romans échappent aux critères habituels des publications jeunesse pour offrir une dimension supplémentaire au texte, une double réflexion qui puisse porter le lecteur plus loin.
Il est très rare de recevoir des textes qui correspondent à tous ces critères, particulièrement pour les plus jeunes. Mais nous avons eu la chance de pouvoir mener à bien des projets d’albums à partir de 4 ans comme Aldo rêvait de Léna Ellka et Marion Claeys sur la société de consommation ou encore Tais-toi !. Le texte d’Amélie nous a immédiatement séduits, car c’est bien la parole brute et libérée de l’enfant qui est mise en scène. Ce parcours pour confronter l’adulte, qui lit l’album à haute voix, à son autoritarisme, parfois inconscient, face à son enfant dont la seule envie est d’être reconnu et considéré, se mêle à une formidable poésie du verbe.
Trouver quelqu’un pour illustrer Tais-toi ! a été particulièrement compliqué. Une maison d’édition comme la nôtre ne peut se satisfaire d’un illustrateur « mercenaire ». Il nous faut accueillir des professionnels qui partagent l’état d’esprit, et donc la ligne éditoriale, de Chant d’orties, tout en acceptant les contraintes financières d’une micro maison d’édition associative. Après plusieurs tentatives infructueuses pour Tais-toi !, particulièrement du fait du message qu’il véhiculait, j’ai découvert Gaëlle. Son travail et son style me semblaient tout à fait adaptés pour réussir à allier poésie et humour, originalité et discours militant. Elle a immédiatement été intéressée.
Ce fut un grand plaisir de travailler avec Amélie et Gaëlle. Le résultat est fantastique et l’accueil du public véritablement enthousiaste. Une vraie réussite littéraire et iconographique sur un sujet a priori très didactique.
Le site de Chants d’orties.

tais-toi
Tais-toi !
Texte d’Amélie Billon-Le Guennec
Illustré par Gaëlle Boulanger
Sorti chez Chants d’Orties
2013
Chroniqué ici.

 

 

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Son petit caractère

Par 19 décembre 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vais vous présenter quatre héros qui ne se laissent pas faire.

Henri ne veut pas aller au centre de loisirsNon, Henri ne veut pas aller au centre de loisirs. C’est nul le centre de loisirs, il le sait même s’il n’y a jamais mis les pieds. Henri préfère aller chez ses tontons. Il a de la chance, ce garçon il a cinq tontons : un pompier, un agriculteur, un conducteur de métro, un conducteur d’engins et un gardien de musée. Alors Henri passe une journée avec chacun, ça sera bien mieux que le centre de loisirs… quoique !

Beaucoup d’humour dans Henri ne veut pas aller au centre de loisirs de Christophe Nicolas et Ronan Badel. Un petit garçon au caractère bien trempé, comme on les aime dans les livres, qui va se rendre compte qu’en fait ce que proposent ses parents c’est pas si mal, que les choses dont on rêve ne sont pas toujours aussi belles qu’on croit. Des illustrations crayonnées et très colorées, un texte avec des répétitions de situations, tout ce qu’il faut pour plaire aux enfants. Un album plein d’humour pour désamorcer la peur du centre de loisirs (mais qui se lit aussi quand ce n’est pas le cas !).

tais-toiSe taire, surtout se taire et ne rien faire, attendre sagement, sans trop bouger, ne pas déranger. Bébé dort, maman est sur l’ordinateur et papa est au téléphone, tout le monde est occupé, pas le temps ! TAIS-TOI !

Une petite fille qui ne se laisse pas faire… et qui a raison ! Elle aimerait tant danser, chanter, exister. Elle aimerait qu’on l’écoute, qu’on s’occupe d’elle. Qu’on sache qu’elle est là, alors elle parle plus fort, mais ne récolte que des reproches. Un magnifique album pour réfléchir sur la place des enfants, pour se rappeler qu’il est important de les écouter, qu’il est important qu’ils s’expriment. Décidément, Amélie Billon-Le Guennec, jeune auteur jeunesse, est un nom à suivre !

Je suis une lionneSa famille voudrait qu’elle soit bien rangée, qu’elle se tienne droite, qu’elle soit bien coiffée, qu’elle soit sage… Elle, ce n’est pas comme ça qu’elle est ! Elle aime faire des cabrioles, se mettre sous les gouttières ou bondir sur les gens, car personne ne le sait… mais c’est une lionne !

Encore un petit album plein d’humour, de fantaisie, de pep’s ! Même si je regrette toujours le côté « sage = lunettes » (flagrant ici), on a adoré cet album écrit par Sandrine Beau. Les illustrations de Gwenaëlle Doumont sont pleines de vitalité, c’est vraiment un album vivant, dont il se dégage une énergie folle.

moi méchant méchantAttention, crocodile méchant méchant ! Tour à tour il va voir l’éléphant, le chacal, le babouin, la mouffette, et le castor et tente de les terroriser… devant le lion il fait moins le malin !

Il paraît bien énervé ce crocodile ! Le texte ressemble à une comptine, chaque animal a quelque chose à répondre au « moi méchant méchant » du crocodile (l’éléphant lui dit qu’il est « pesant pesant », le chacal « bruyant bruyant »… et je vous laisse trouver tout seul pour la mouffette !), les enfants essayent de deviner ce qu’il va se passer. Le genre de texte qu’on adore raconter aux enfants, mis en valeur par des illustrations pleines de poésie.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Christophe Nicolas (La fabuleuse méthode de lecture du professeur Tagada), Ronan Badel (Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé), Amélie Billon-Le Guennec (Le secret de Madame Tannenbaum, Bonne nuit Eddie et Eulalie de la grande rêverie), Sandrine Beau (L’Ogre qui n’avait peur de rien, La girafe en maillot de bainRouge Bitume, Ma maman est comme ça, Mon papa est comme ci, On n’a rien vu venir, Roulette Russe Tome 1 Noël en Juillet, Des crêpes à l’eau, L’hippopotin, L’été où mon grand-père est devenu jaunophile, L’étrangleur du 15 Août, et Quand on sera grands) et Gwenaëlle Doumont (Tous différents, un livre jeu à emporter partout, La tapette à mouche et Firmin). Retrouvez aussi nos interview d’Amélie Billon-Le Guennec et de Sandrine Beau.

Henri ne veut pas aller au centre de loisirs
Texte de Christophe Nicolas, illustré par Ronan Badel
Didier Jeunesse
12,50€, 240×257 mm, 26 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Tais-toi !
Texte d’Amélie Billon-Le Guennec, illustré par Gaëlle Boulanger
Éditions Chant d’orties
12€, 277×190 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013.
Je suis une lionne
Texte de Sandrine Beau, illustré par Gwenaëlle Doumont
Philomèle
12,50€, 190×230 mm, 32 pages, imprimé en Bulgarie, 2013.
Moi méchant méchant
d’Alessandro Sanna
Kaléidoscope
13€, 249×299 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.

A part ça ?

Des idées pour aider Saint Nicolas par Lu cie & co (et qui peuvent aider aussi le Père Noël !), l’occasion aussi de découvrir un super blog si vous ne le connaissez pas !

Gabriel

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