La mare aux mots
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Amélie Graux

Deux albums qui donnent envie d’avoir des lunettes ! [ARTICLE EN ACCÈS LIBRE]

Par 28 mai 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose deux albums pour rappeler qu’avoir des lunettes c’est quand même pas si mal !

Charlie n’était pas du genre à se lever tôt pour arriver dans les premiers à l’école, mais depuis qu’il était amoureux d’Inès les choses avaient changé. Mais Charlie était petit, Inès ne le voyait pas… Il avait beau essayer de se faire remarquer, rien n’y faisait ! Le jour où Inès arriva avec des lunettes à l’école il reprit espoir… mais elle ne le voyait toujours pas… Par contre, on ne parlait plus que de ses lunettes. Si Charlie en portait aussi, forcément il attirerait également l’attention et Inès le remarquerait…
Les lunettes est un très bel album. C’est drôle, poétique, décalé et les illustrations de Guridi sont, comme à chaque fois, magnifiques (je suis totalement fan de son travail). Ici, on parle des lunettes qui nous font voir des choses qu’on n’avait jamais remarquées, mais on parle aussi d’amour.
Un magnifique album qui donne envie de porter des lunettes !

C’est pratique les lunettes, ça sert d’excuse quand on a raté son travail en classe (« mes lunettes devaient être sales ») ou à ne pas manger d’endives à la cantine (« désolé avec la buée sur les lunettes je ne vois pas mon assiette »), mais c’est aussi un sacré avantage pour retrouver une bague perdue par Manon…
Alice Brière-Haquet et Amélie Graux proposent un album plein d’humour pour dédramatiser les lunettes. Ici, elles sont utiles, même pour les bêtises ! Comme dans l’album précédent, ça donne même envie d’en avoir ! Là encore, l’amour est au rendez-vous… et les lunettes n’y seront pas pour rien !
Un album tendre et drôle pour dédramatiser les lunettes.

Envie de plus d’albums sur les lunettes ? Une chronique thématique ici.

Les lunettes
Texte de Margarita Del Mazo (traducteur·trice non crédité·e), illustré par Guridi
Versant Sud
12,90 €, 165×230 mm, 36 pages, lieu d’impression non indiqué, 2018.
Mes lunettes
Texte d’Alice Brière-Haquet, illustré par Amélie Graux
Père Castor
10,50 €, 195×240 mm, 24 pages, imprimé en France, 2015.

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Courts romans, de l’émotion et de l’humour

Par 19 septembre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente de courts romans.

Tu vois, on pense à toi !
de Cathy Ytak
Syros dans la collection Tempo Syros
6,35 €, 120×180 mm, 80 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Cucu la praline à Paris
Texte de Fanny Joly, illustré par Ronan Badel
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Cadet
6,30 €, 124×178 mm, 128 pages, imprimé en Espagne, 2017.
Ali Blabla
Texte d’Emmanuel Trédez, illustré par Benoît Perroud
Didier Jeunesse dans la collection Mon marque-page
12 €, 147×215 mm, 192 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Le cachalot nage dans le potage
d’Emmanuel Trédez, illustré par Jess Pauwels
Nathan
9,95 €, 140×210 mm, 128 pages, imprimé en Allemagne chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Le lapin qui portait malheur
Texte de Sandrine Bonini, illustré par Amélie Graux
Didier Jeunesse dans la collection Mon marque-page
7,50 €, 130×200 mm, 96 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.

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Se rassurer sur l’école

Par 25 août 2016 Livres Jeunesse

Puisque ça approche, et si l’on parlait de la rentrée scolaire ?

L’école maternelle
Texte de Guénolée Andrée, illustrations d’Amélie Graux
Amaterra dans la collection Mon imagier animé
12,95 €, 236×237 mm, 12 pages, imprimé en Chine, 2015.
Maman à l’école
Texte d’Éric Veillé, illustration de Pauline Martin
Actes Sud Junior
13 €, 240×260 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2015.
Guide de survie pour les parents spécial nouveaux programmes 2016
Textes de Safia Amor et Caroline Moka, illustré par Magalie Foutrier
Nathan
5€ chacun, 180×230 mm, 64 et 80 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2016.

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Albums pour enfants pas sages

Par 27 avril 2015 Livres Jeunesse

Non nous n’avons rien des anges
Des anges du paradis
Laissez-les au ciel là-haut les anges
La terre n’est pas le paradis

Nous ne sommes pas des anges, France Gall

Jasmine, le concours de flaques d'eauAujourd’hui, c’est le concours de flaques d’eau ! Les règles sont simples : il faut éclabousser des gens en sautant dans une flaque et plus la personne est mouillée, plus on a des points. Jasmine est ravie, elle adore ce concours. Mais attention une fois après avoir trempé quelqu’un, il faut courir vite, surtout quand il s’agit d’un lion !
Coup de cœur pour les illustrations de Jasmine, le concours de flaques d’eau. Un univers entre l’album jeunesse et la BD, des dessins pleins d’humour avec une vraie impression de mouvement. L’histoire est elle aussi très drôle (surtout la fin, totalement inattendue).
Un album original, drôle et esthétique !
Le même vu par La soupe de l’espace, par Judith et Sophie. et par Chez Gaëlle la libraire.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

La semaine des bêtisesLe lundi, elle se bat dans son bain avec des requins à coup de jet de douche (le souci c’est que ça met de l’eau partout), le mardi, elle enterre un trésor dans le jardin (sauf que ça détruit le parterre de fleurs), le mercredi elle sort TOUS ses jouets (ce qui ne plaît pas trop à sa mère), le jeudi, prenant le radio réveil pour le détonateur d’une bombe elle le dérègle (ses parents, réveillés au milieu de la nuit, ne sont pas ravis)… bref, une bêtise par jour et pas des moindres.
La semaine des bêtises de Mily Cabrol et Amélie Graux va beaucoup faire rire les enfants… et faire rire jaune les parents ! Voilà une petite fille qui a de l’imagination quand il s’agit de faire des bêtises. On adore les situations, mais surtout le trait de crayon d’Amélie Graux qui rend les scènes irrésistibles.
Un super album qui nous fait rire des bêtises des enfants.
Le même vu par Les lectures de Liyah.

Colette tes basketsC’est l’heure de sortir, Colette doit mettre ses baskets… sauf que la petite fille refuse catégoriquement. Pourquoi ? Oh Colette a de bonnes raisons : des sables mouvants, une tornade ou encore des extraterrestres. Non, impossible de mettre des baskets ! Mais quand Colette apprend où la famille a décidé d’aller, il se peut que finalement les baskets soient mises plus vite que prévu !
Colette tes baskets est un album très graphique, aux illustrations épurées et aux phrases courtes, mais cet album plein d’humour est percutant (l’auteur est graphiste et ça se sent). On reconnaît des situations qu’on a vécues, et ça nous fait forcément sourire.
Une petite fille irrésistible au caractère bien trempé.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Dans le genre « personnage avec un sacré caractère », signalons la sortie de deux nouvelles aventures de Boris, un héros qu’on aime décidément beaucoup.

Un parfait petit avionBoris a décidé de faire un avion en papier, mais il n’est pas super doué et ses jouets se moquent de lui. Heureusement, son papa va l’aider. Sauf que rien ne se passe comme prévu, l’avion fait un tour complet et se plante dans son oreille… Les jouets se moquent encore, mais Boris n’a pas dit son dernier mot ! En bonus, le plan d’un avion en papier en page de garde.

et pan !Boris ricane, il a un nouveau jouet, c’est un petit pistolet. Masqué, il a décidé de bien s’amuser en tirant… sauf que chaque fois la fléchette rebondit et lui revient dessus ou déclenche quelque chose de pas vraiment drôle pour notre petit héros. Pauvre Boris !
On aime ce petit héros impertinent… et les enfants aussi !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Amélie Graux (Oops et Ohlala vont à l’école, Oops et Ohlala à la mer, Pouce !J’aime mes cauchemars, Oops et Ohlala vont dormir, Oops et Ohlala fête un anniversaire, Oops et Ohlala mangent comme des grandsOops et Ohlala prennent un bain, Comptines des papas, 9 mois pour attendre un petit frère ou une petite sœur et Play with Oops & Ohlala – Celebrations / Les fêtes) et de Mathis (J’ai 1 an + 1 an + 1 an + 1 an, Salut Cousine !, Panique au Mini-MarketJe hais les vacances et Du bruit sous le lit). Retrouvez aussi notre interview d’Amélie Graux.

Jasmine, le concours de flaques d’eau
Texte de Guillaume et Thomas Bianco
p’titGlénat dans la collection Vitamine
11 €, 213×257 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
La semaine des bêtises
Texte de Mily Cabrol, illustré par Amélie Graux
Milan dans la collection Mes albums Milan
9,90 €, 200×240 mm, 24 pages, imprimé en Espagne, 2015.
Colette, tes baskets !
de Dan Stiles (traducteur non crédité)
Didier Jeunesse
13,10 €, 220×220 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Boris, un parfait petit avion
de Mathis
Thierry Magnier dans la série Boris
6,60 €, 140×140 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2015.
Boris, un parfait petit avion
de Mathis
Thierry Magnier dans la série Boris
6,60 €, 140×140 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2015.

Gabriel

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Les invités du mercredi : Amélie Graux, Muriel Montagut et Loren Bes (+ concours)

Par 26 novembre 2014 Les invités du mercredi

En ce mercredi d’ouverture du salon de Montreuil, nous recevons tout d’abord Amélie Graux, une illustratrice aux multiples facettes. Puis j’ai demandé à l’auteur-éditrice et à l’illustrateur de Léopold et le chat perché de nous parler de cet ouvrage que j’ai particulièrement aimé. Entre les deux vous pourrez gagner J’aime mes cauchemars illustré par Amélie Graux, grâce à Gallimard Jeunesse. Bon mercredi à vous


L’interview du mercredi : Amélie Graux

Amélie GrauxParlez-nous de votre parcours.
Dès que j’ai été en âge de tenir un crayon, j’ai rempli des kilo-tonnes de feuilles de dessins en tout genre. Je dessinais aussi à quatre mains avec mon grand-frère et mon voisin. Le dessin a toujours été au centre de ma vie, et une prodigieuse source de plaisir.
Alors j’ai, tout naturellement, fait des études d’Arts aux Arts Décoratifs de Paris où je me spécialisai en Animation. Après notre diplôme, un film en pâte à modeler, réalisé en collaboration avec Anne-Laure Bizot, qui obtint un prix à Annecy et fut acheté par Canal +, Qui veut du pâté de foie ?, je décidai de faire des livres.

Quels livres ont marqué votre enfance et votre adolescence ?
max et les maximonstresBien des livres ont marqué mon enfance.
Ils sont nombreux car ma mère, passionnée de littérature, nous inondait d’ouvrages passionnants.
Je citerais tous les livres de Roald Dahl, dont l’Énorme crocodile et Sacrées sorcières.
Max et les maximonstres, évidemment !
Sendak est vraiment parmi mes illustrateurs favoris !
Les trois brigands et Héloïse m’ont également fortement marquée, ainsi que des tas d’autres mais là on n’en finirait plus.

Vous n’utilisez pas toujours les mêmes techniques, si on pense, par exemple, aux Oops et Ohlala vont à l'écoleOops et Ohlala ou à Pouce. Quelles sont ces techniques et comment choisissez-vous la technique que vous allez utiliser pour un projet ?
Ma technique et mon style évoluent tout le temps parce que sinon, quel ennui !
Ce que je recherche avant tout, c’est l’expression des personnages, il est donc impératif que mon dessin reste vivant, voilà pourquoi je remplis des tas de carnets de croquis, beaucoup réalisés dans le métro, inépuisable source de modèle vivant. Je participe au collectif De lignes en ligne, de croqueurs dans le métro : http://www.delignesenligne.com/croqueurs.php?IdAuteur=164#.

J'aime mes cauchemarsParlez-nous aussi de votre dernier album, J’aime mes cauchemars.
L’album J’aime mes cauchemars a été un véritable coup de cœur. J’ai lu le scénario de Séverine Vidal et je me suis aussitôt projetée dans l’histoire. J’ai eu la vision de ce que je voulais faire. Tout est allé très vite, j’ai tout de suite trouvé les personnages. Je me réveillais la nuit en pensant aux compositions des images, ce fut très exaltant !

Quelques mots sur vos projets ?
Je viens de finir le quatorzième de mes imagiers à toucher et je travaille sur la suite de mon album C’est pas moi c’est mon loup, chez Milan, sur la suite de Pouce chez Flammarion et sur un album écrit par Susie Morgenstern chez Nathan.
Et puis Séverine Vidal m’a proposé une petite série de livres, intitulée June et Jo qui me plaît drôlement. Nous allons la présenter chez Gallimard et ça risque d’être plutôt savoureux…

Bibliographie sélective :

  • Mes animaux préférés, texte et illustrations, Milan (2014).
  • Révolution dans la savane, illustration d’un texte de la classe de CP-CE1 de l’école Jean de La Fontaine à Neuilly-sur-Marne, Talents Hauts (2014).
  • Série Oops et Ohlala, illustration de textes de Mellow, Talents Hauts (2013-2014), que nous avons chroniqués ici, ici, ici, ici, ici, ici et .
  • J’aime mes cauchemars, illustration d’un texte de Séverine Vidal, Gallimard Jeunesse Giboulées (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Je fais le marché, texte et illustrations, Milan (2014).
  • Dis papa, dis maman, tu fais quoi quand j’suis pas là ?, illustration d’un texte de Camille Seydoux, Sarbacane (2014).
  • Pouce !, illustration d’un texte d’Alice Brière-Haquet, Père Castor (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Comptines des papas, illustration d’un texte de Gilles Diederichs, Nathan (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon pirate à moi, illustration d’un texte de Myriam Ouyessad, Élan Vert (2013).
  • Mon papa, c’est le roi !, illustration d’un texte de Sandrine Lamour, Lito (2012).
  • 9 mois pour attendre un petit frère ou une petite sœur, illustration d’un texte de Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée, Gallimard Jeunesse Giboulées (2012), que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Amélie Graux sur son site : http://grasduchou.ultra-book.com.

Concours
Grâce à Gallimard Jeunesse Giboulées, je vais faire un heureux parmi vous. Parlez-moi en commentaire de vos enfants et de leurs cauchemars (anecdote, etc.). Si vous n’en avez pas envie ou si vous n’avez pas d’enfant, vous pouvez dire que vous souhaitez juste participer. Je tirerai au sort parmi vos réponses et l’heureux-se gagnant-e recevra, J’aime mes cauchemars. Vous avez jusqu’à mardi 20 h. Bonne chance à tous !


Parlez-moi de… Léopold et le chat perché

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur un de nos coups de cœur, Léopold et le chat perché (chroniqué ici), de Muriel Montagut et Loren Bes que j’ai eu envie de revenir.

Oups éditionsMuriel Montagut (l’éditrice, Oups édition) :
Oups
est une association de bénévoles convaincus que l’acceptation de l’autre passe parfois par la banalisation de sa différence. L’homoparentalité telle que nous la traitons dans nos livres est un élément subsidiaire de nos histoires. Néanmoins elle est là, clairement posée et ouvertement banalisée, pour que les enfants, concernés par ce type de situation familiale, puissent y puiser des modèles identificatoires qui leur font défaut.
En effet, nul besoin pour eux d’explication sur leur fonctionnement familial qu’ils connaissent parfaitement. Par contre, ils ne peuvent qu’apprécier des héros qui leur ressemblent, vivant des aventures ordinaires et extraordinaires, avec en toile de fond, deux mères ou deux pères qui veillent attentivement sur eux.
Nos histoires s’adressent bien sûr à tous les enfants qui pourront peut-être puiser dans ces livres l’idée que cette différence familiale en somme est des plus insignifiantes…
Le site d’Oupshttp://www.oupseditions.fr.

Loren BesLoren Bes (l’illustrateur) :
J’ai énormément apprécié illustrer ce livre-ci. Ce Léopold, et ce chat perché, cette famille et l’univers de pirates un peu saugrenu. Ce contraste entre cet univers un peu fou, sautillant, poissons frais, cuistot et hamac débraillé, péroquetant et pétaradant, et l’univers de l’école, la vision d’un certain sérieux, apprentissage, rangé, une certaine formalité, la transmission, je l’espère, de valeurs et propos pensés. Et cet enfant, ce chat, cette rencontre qui apparaît juste au milieu, comme une petite étincelle qui lie ces deux univers.
J’ai tout à fait par hasard découvert l’association éditoriale Oups. Leur ligne éditoriale m’a attiré, prendre part à cette petite brique de tolérance, au sein de ce grand édifice qui est en train de se construire m’a beaucoup plu. J’aime, et je prends position. Il me semble, pour ma part, que l’illustration et mes choix de livres sont la meilleure opportunité que j’ai de m’exprimer. Les mots ce n’est pas trop mon truc, mon expression est bien souvent emberlificotée… les traits par contre, les couleurs, j’arrive bien mieux à les placer.
Les premiers échanges avec Muriel ont fini de me convaincre, on était sur la même longueur d’onde quant aux propos à « défendre », quant au livre qu’on envisageait, quant à la forme que l’on voulait lui donner. Et ceci est assez rare pour être noté et souligné ! J’ai aussi beaucoup aimé la légèreté, la finesse, la justesse, et la sagesse de sa vision des choses.
Muriel avait vu un dessin de pirates sur mon site, et tout en insistant sur le fait qu’elle me laissait toute liberté, m’a suggéré « c’est un peu comme ça que je verrai les choses ». Ce genre de mot met en confiance, et permet de se plonger dans les images sans trop se poser de questions… se laisser aller au gré de l’inspiration. L’univers pirate, je ne sais pas vraiment « pourquoi », m’amène vers des couleurs à dominante sépia, quelque peu « tâché », par les aléas, l’intensité, l’aventure de la vie. Le chat est vert. C’est comme ça !! Probablement resté perché trop longtemps.
J’essaye que chaque livre soit différent des autres, qu’il ait une sorte d’identité, unique. Donc c’est ce que j’ai essayé ici, dans cet univers que j’ai trouvé joyeux, serein, teinté d’une certaine poésie, et enrobé de sens.
Le site de Loren Bes : http://lorenbes.com.

Muriel Montagut (l’auteur) :
En premier lieu, j’avais envie en écrivant ce texte d’explorer l’univers de la piraterie en jouant avec les codes habituels, comme suggérer que des pirates puissent avoir un idéal de non-violence.
Pour les éditions Oups, je trouvais intéressant de parler du sentiment de différence que beaucoup d’enfants peuvent ressentir à l’école : pour les camarades de Léopold, enfant pirate, qui met les pieds dans une école pour la première fois de sa vie, quelque chose ne colle pas. Ce n’est pas le fait qu’il ait deux pères, ça, ce n’est pas si étonnant. C’est plutôt qu’il soit pirate qui est intrigant. Pourrait-il vraiment être un vrai pirate comme en rêvent les enfants ?
J’ai découvert l’univers tout en suggestion et en finesse de Loren Bes, qui incite au voyage et à la poésie. On apprécie l’équilibre de chaque illustration pour ce qu’elle dégage d’une manière générale, mais on adore aussi s’y perdre dans le détail… J’ai tout de suite eu envie de travailler avec lui. Au fil de notre collaboration, je découvrais qu’il se jouait des couleurs comme j’appréciais le double sens des mots, avec un fond d’humour et de décalage qui m’a vraiment séduite.
Je crois que ce plaisir partagé peut s’éprouver à la lecture du livre : on le termine avec l’idée que si l’essentiel est dans la belle rencontre d’un enfant pirate avec un chat perché, et il est peut-être tout autant dans une multiplicité d’ailleurs…

Léopold et le chat perchéLéopold et le chat perché
Texte de Muriel Montagut
Illustré par Loren Bes
Sorti chez Oups éditions
2014.
Chroniqué ici.

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