La mare aux mots
Parcourir le tag

Amours interdits

Un superbe album sur un légende fondatrice du Japon

Par 17 septembre 2012 Livres Jeunesse

Illustration de Claire Degans extraite de Sakuya, la princesse des fleurs de cerisiers © Chan-ok, 2012

Sakuya et Iwanaga étaient deux sœurs, filles du dieu des montagnes. Sakuya était rayonnante, Iwanaga ne souriait jamais. Un jour alors qu’elle rêvait sous un cerisier en fleur, Sakuya rencontra Ninigi. Tout de suite ce fut le coup de foudre entre les deux jeunes gens. Seulement Iwanaga refusa que ça se passe ainsi, elle fit tout pour que leur père refuse la main de sa fille… mais leur amour était si fort que ça ne fut pas suffisant. Iwanaga ne voulut pas se laisser faire et jeta un sort aux jeunes amoureux…

Illustration de Claire Degans extraite de Sakuya, la princesse des fleurs de cerisiers © Chan-ok, 2012

Superbe texte de Céline Lavignette-Ammoun magnifiquement illustré par Claire Degans, Sakuya, la princesse des fleurs de cerisiers est un album d’une beauté renversante. L’histoire (très belle mais très triste) est une légende fondatrice du Japon et a le charme de ces contes asiatiques anciens. Chaque illustration est absolument merveilleuse. Tout comme Sakuya et Ninigi qui tombent éperdument amoureux dès qu’ils se voient, on tombe amoureux de ce livre dès qu’on l’ouvre. Je suis certain que nombre d’entre vous, si vous avez le malheur de l’ouvrir dans une librairie, ne le reposerez pas ! Un album pour les amoureux des contes, de l’Asie et des belles illustrations.

Quelques pas de plus…
Nous avions déjà chroniqué deux livres de Céline Lavignette-Ammoun : Les étoiles amoureuses et Le jardin du secret.

Sakuya, la princesse des fleurs de cerisiers
de Céline Lavignette-Ammoun, illustré par Claire Degans
Chan-Ok
13,25€, 260×280 mm, 32 pages, imprimé en France

A part ça ?

Si vous habitez à Paris, le week-end prochain vous pouvez découvrir des extraits de spectacles de la saison culturelle à venir. C’est gratuit. Plus d’info ici.

Gabriel

You Might Also Like

La belle amour… ( + concours)

Par 6 juillet 2012 Livres Jeunesse

Que l’on est bête
Quand on est amoureux
Que l’on est bête
Mais comme on est heureux.
En amour, l’esprit est une enclume
Et c’est lourd
Quand on est fait de plumes.
Thomas Fersen – Que l’on est bête

Raphaël aime Colombe depuis la toute première fois qu’il l’a vue. Pourtant elle était de dos, il marchait derrière elle et BAM ! L’amour fou ! Un amour réciproque. Et pas le genre petite amourette d’ado, non non un amour vrai, beau, qui rend dingue… surtout le jour où les parents de Raphaël vont lui interdire de continuer à voir Colombe…

Comme d’habitude Séverine Vidal fait mouche, sa belle histoire nous attrape dès le départ (dès les premiers mots Quand on tombe amoureux, on tombe pour de vrai. Aimer, c’est s’écrouler dans les escaliers, c’est se fendre la cheville en deux, avoir l’os qui ressort et hurler à mort en attendant les secours. Niveau douleur, c’est à peu près ça.) et ne nous lâche pas avant la fin, on reste tout le long de la lecture avec un sourire béat, admiratif (jaloux ?) des ailes que peuvent donner parfois l’amour, cette inconscience qu’ont les jeunes amoureux. La force aussi du roman c’est que Séverine Vidal ne ridiculise pas cet amour de deux jeunes ados qui sont en sixième, il n’est pas dit ou sous-entendu que ce n’est pas une vraie histoire, au contraire. On sourit, on est ému, c’est du Séverine Vidal… et du grand Séverine Vidal. Et c’est beau… c’est bien écrit, avec un vrai style, des mots bien choisis, les phrases sont bien tournées, elles sont belles… C’est drôle parfois de penser quels sont les auteurs qui auront marqué les adultes de demain, ceux d’aujourd’hui se souviennent avec nostalgie des livres qu’ils ont lu ado de Marie-Aude Murail ou de Gudule, les adultes de dans 10 ans se souviendront avec émotion des livres de Séverine Vidal, à n’en pas douter.

Quelques pas de plus…
D’autres livres de Séverine Vidal chroniqués sur La mare aux mots : Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet; Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées, L’interview que j’avais fait d’elle est ici et ses réponses à Dis, c’est quoi ton métier… .

La meilleure nuit de tous les temps
de Séverine Vidal
Rouergue dans la collection Dacodac
7,50€, 87 pages,120x170mm, imprimé en France

  A part ça ?

Dans le Hors-Série du pavé je vous ai proposé un concours que je vous rappelle ici : nous avons décidé de vous offrir deux très bons romans dédicacés. Pour cela envoyez-nous par mail à concours(at)lamareauxmots.com le nom de votre dernier coup de cœur littéraire. Deux personnes seront tirées au sort pour gagner Les petites marées dédicacé par Séverine Vidal et Des crêpes à l’eau dédicacé par Sandrine Beau. Vous avez jusqu’au 31 août 2012. Les résultats seront donc annoncés sur le blog et sur notre page Facebook (https://www.facebook.com/lamareauxmots) le 1er septembre.

Gabriel

You Might Also Like

Trois contes magnifiques issus des légendes coréennes

Par 12 mars 2012 Livres Jeunesse

Chan-ok est un éditeur dont je n’avais absolument jamais entendu parler. Comme, vous devez commencer à le remarquer, j’adore les contes du monde et en particulier les contes asiatiques. J’étais très curieux, car c’est le point commun des livres édités par Chan-ok : toutes les histoires viennent de la Corée du sud.

Jik-Nyeo est la plus jeune fille de l’empereur du ciel. Sa vie consiste à tisser les nuances du temps, à fabriquer les saisons mais cette vie l’ennuie. Elle va descendre sur Terre et y rencontrer Gyeon-woo. Elle en tombe éperdument amoureuse. Son père ne verra pas d’un bon œil cet amour et la forcera à revenir dans le ciel. Mais Jik-Nyeo ne peut vivre sans Gyeon-woo et ses larmes provoqueront des déluges. Mais si l’amour des deux amants était plus fort que tout ?

C’est un très beau conte, une magnifique histoire d’amour. Les étoiles amoureuses nous raconte donc la rencontre de deux jeunes gens qui n’étaient pas fait pour se rencontrer et qui pourtant vont s’aimer malgré les interdictions. Cette histoire est inspirée d’une légende coréenne qui est à l’origine de la fête de Chilseok, équivalent de notre St Valentin, célébrée chaque année. Le très beau texte de Céline Lavignette-Ammoun est magnifiquement mis en image par Kim Dong-seong. Un album qui va séduire tout ceux qui aiment les belles histoires d’amour légendaires.

Yuhwa, la fille du dieu des rivières et Haemosu, le dieu du soleil, se sont aimés éperduement, un amour que Habaek, le père de Yuhwa, a interdit. Mais un jour, alors qu’elle est assise devant chez elle, Yuhwa voit un rayon l’envelopper, neuf mois plus tard elle met au monde un œuf énorme dont tout le monde va vouloir se débarrasser mais rien n’y fera, l’oeuf restera intact et de cet oeuf Yumong, un enfant très étrange qui parlera à un mois et deviendra très vite un expert en tir à l’arc, naîtra.

C’est une très belle histoire que celle de ce livre. Mon résumé ne parle que des premières pages, Yumong va vivre de nombreuses aventures, sa différence fera de lui une cible, quelqu’un dont on va vouloir se débarrasser car il fait peur. C’est de ça dont parle surtout l’histoire, la peur de l’autre, de la différence, de la méfiance (c’est aussi ce sentiment qui fera qu’Habaek chassera Haemosu). L’histoire prend ici aussi ses racines dans les légendes Coréenne, Jumong étant le fondateur du royaume de Koguryŏ en 37 avant Jésus-Christ. Les illustrations sont de Kim Dong-seong, comme pour le livre précédent et c’est absolument magnifique. En début d’ouvrage les illustrations ressemblent à des enluminures anciennes, toutes en longueur. Il y a une vraie recherche graphique. C’est vraiment un très bel objet.

Bao travaille dans les rizières, sous la chaleur du soleil dont les rayons lui brûlent le dos. Il doit mettre deux gouttes d’eau par pousse, pas plus car il ne faut pas la gaspiller. Elle coûte cher car le seul puits appartient à Tsai Shen et connaissant son avantage il la vend à un prix très élevé. Un jour Bao va sauver une petite araignée, ce geste anodin en apparence va changer sa destinée et celle des autres paysans.

On a encore affaire ici à une histoire magnifique, issue elle aussi des contes traditionnels coréens (il est ici question des dragons cerfs-volants qui apportent la pluie, selon la légende coréenne). Le texte est très agréable à lire à voix haute, très bien écrit et entrecoupé de petites phrases poétiques. Au niveau des illustrations on change radicalement de style par rapport aux deux premiers, et j’avoue y avoir moins adhéré mais ce n’est qu’une question de goût (je suis presque sûr que Marianne, elle, accrocherait bien plus), je n’ai bien entendu pas trouvé ça laid (Marie Caudry a beaucoup de talent) mais ça me parle moins, tout simplement.

Je suis vraiment content d’avoir découvert cet éditeur et je vais suivre de près ce qu’il sort, j’aime ces dépaysements que nous proposent des gens comme HongFei, Picquier Jeunesse ou donc Chan-ok.

Les étoiles amoureuses de Céline Lavignette-Ammoun, illustré par Kim Dong-seong.
Chan-ok, dans la collection Perles du ciel. 14€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Jumong de Kim Hyang-keum, illustré par Kim Dong-seong.
Chan-ok, dans la collection Perles du ciel. 14€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants (dès 5 ans d’après l’éditeur)

Le dragon du vent de Régine Joséphine, illustré par Marie Caudry.
Chan-ok, dans la collection Perles du ciel. 13€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants (dès 5 ans d’après l’éditeur)

———————————————————————————————————————-

A part ça ?

Le magazine Dada, revue d’art pour enfants qui fête cette année ses 20 ans, vient de sortir un numéro spécial Tim Burton à l’occasion de l’expo à la cinémathèque dont vous avez forcément entendu parler. Cinquante pages épaisses sur le cinéaste, on nous parle des films bien-sûr, de l’homme, on décortique des scènes, on parle des œuvres qui l’ont inspiré. Mais on apprend aussi aux enfants à créer des monstres à partir d’une tache ou avec des vieux jouets et des chiffons. La revue est superbe et son prix (7,90€) est justifié car on est plus proche du livre que du magazine. Par contre tout est ici à la gloire du réalisateur sans aucune réserve, c’est bien ici aux fans qu’on s’adresse. Si comme moi vous trouvez que son côté décalé est très calculé pour plaire au plus grand nombre, que ses premiers films ont quand même très mal vieillis et que son meilleur film (L’étrange noël de Mr Jack) n’est même pas de lui (d’ailleurs le jour où il a voulu faire lui-même un film du même genre, Les noces funèbres, c’était beaucoup moins réussi), vous ne trouverez ici que des éloges. Mais comme vous êtes très nombreux à l’adorer, vous adorerez ce numéro de Dada que vous conserverez précieusement et qui est une véritable mine d’information.

Gabriel

You Might Also Like

Secured By miniOrange