La mare aux mots
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Anaïs Vaugelade

Mauvais genre

Par 16 avril 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui je vous propose deux romans : Je suis qui je suis de Catherine Grive qui nous parle de Raph qui se questionne sur son genre et La romance de l’Ogre Yosipovitch, un conte farfelu et délirant de Matthieu Sylvander illustré par Anaïs Vaugelade qui nous plonge au fin fond des forêts de l’Oural…

Je suis qui je suis
de Catherine Grive
Le Rouergue
9,20 €, 140×205 mm, 126 pages, imprimé en France, 2016.
La romance de l’ogre Yosopovitch
Texte de Matthieu Sylvander, illustré par Anaïs Vaugelade
L’école des loisirs
11,50 €, 138×205 mm, 120 pages, imprimé en France, 2019.

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Chroniquosaure #2

Par 27 juillet 2017 Livres Jeunesse, Loisirs Créatifs et Cahiers d'activités

Aujourd’hui, on s’intéresse encore une fois aux merveilleuses créatures que sont… les dinosaures ! Et on commence avec deux albums, le premier dans lequel on comprend que ce n’est pas évident d’être un petit tyrannosaure qui boulote tou.t.e.s ses ami.e.s et on suit, dans le second, un autre petit dinosaure perdu dans la jungle urbaine avec Yvette, son amie. Et enfin, on termine en beauté avec le bricolage dinosaure le plus sensationnel au monde !

L’Ami du petit tyrannosaure
Texte de Florence Seyvos, illustré par Anaïs Vaugelade
L’école des loisirs
12,50 €, 150×190 mm, 28 pages, imprimé en France, 2003.
Muséum dinos
Texte de Gaëlle Mazars, illustré par Jean-Baptiste Drouot
Hélium, dans la collection Les petits albums d’Hélium
11,90 €, 230×180 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2016.
Maxi T-rex
Tougui
Mango dans la collection Maxi paper toy
11,95 €, 300×400 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2017.

 

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Les invité.e.s du mercredi : Anaïs Vaugelade, Cathy Ytak, Thomas Scotto et Alain Claude

Par 10 mai 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, on parle anatomie, crocodile et encyclopédie avec la formidable Anaïs Vaugelade et puis l’on part à la rencontre d’Alain Claude, Thomas Scotto et Cathy Ytak qui nous présente leur fantastique Libre d’être ! Bon mercredi !


L’interview du mercredi : Anaïs Vaugelade

Comment vous est venue l’idée de faire un livre « d’anatomie et de bricolage » ?
De mon goût pour l’anatomie, pour les corps, pour le « comment ça marche », aussi. Et d’une question de mon fils (que j’ai mise au tout début du livre) : « Dis, est-ce que ma poupée a elle aussi une colonne vertébrale ? »
Puis est venue l’idée de raconter la construction d’un corps, puis l’idée de réutiliser le personnage de Zuza, sa liberté de ton, son petit monde aussi.
Et enfin, d’utiliser pour référent scientifique une « Encyclopédie Crocodilis », fournie par le crocodile ami de Zuza, ce qui m’a donné la petite distance nécessaire pour aborder les sujets délicats : la vue en coupe d’un zizi « crocodile » passe mieux que celle d’un zizi humain.
Cette encyclopédie crocodilis a aussi permis d’ouvrir le livre à un peu d’anatomie comparée, et j’adore d’anatomie comparée.

Les animaux ont une place prépondérante dans vos histoires, pouvez-vous nous dire pourquoi ?
C’est une politesse envers le lecteur, une façon de ne pas forcer l’identification, de ne pas lui dire « C’est toi, regarde, ça parle de toi ». En même temps, un lapin qui porte des t-shirts et qui se lave les dents, on comprend que ça ne parle pas tellement du règne animal… Les enfants comprennent très bien très, très tôt le principe de fiction.

Quelles sont vos principales sources d’inspirations ?
Ce qui m’arrive. Ce qui m’arrive est ma principale source d’inspiration.

Qui étaient vos auteurs/illustrateurs préférés lorsque vous étiez enfant/adolescente ?
Lobel, Sendak, et puis la Gerda Muller de Marlaguette !

Aura-t-on le plaisir de retrouver Zuza bientôt ?
J’ambitionne d’écrire l’Encyclopédie Crocodilis, enfin, une version « reader ’s digest » et Zuzesque, de l’Encyclopédie Crocodilis ; mais vu qu’il m’a fallu deux années juste pour parler d’anatomie, je ne pense pas que ce soit pour bientôt bientôt…

Bibliographie sélective :

  • Comment fabriquer son grand frère, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes animaux (anthologie), textes et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • L’invitation faite au loup, illustration d’un texte de Christian Oster, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le poulet fermier, illustration d’un texte d’Agnès Desarthe, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Te voilà !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2013).
  • 4 histoires d’Amir, texte et illustrations, l’école des loisirs (2012).
  • Le chevalier et la forêt, texte et illustrations, l’école des loisirs (2012).
  • Papa, maman bébé, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010).
  • Zuza ! (anthologie), textes et illustrations, l’école des loisirs (2010).
  • Mission impossible, illustration d’un texte d’Agnès Desarthe, l’école des loisirs (2009), que nous avons chroniqué ici.
  • Dans les basquettes de Babakar Quichon, texte et illustrations, l’école des loisirs (2009).
  • Le déjeuner de la petite ogresse, texte et illustrations, l’école des loisirs (2002).
  • Une soupe au caillou, texte et illustrations, l’école des loisirs (2000).

Parlez-moi de… Libre d’être

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur.trice, son illustrateur.trice et/ou son éditeur.trice. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a interpellés. Cette fois-ci, c’est sur Libre d’être, que nous revenons avec ses auteurs.trices (Cathy Ytak et Thomas Scotto) et son éditeur (Alain Claude des éditions Pourquoi pas ?)

Alain Claude – Président de l’association Les Éditions du Pourquoi Pas ?

Libres d’être…
des créateurs d’une maison d’édition jeunesse, pas comme les autres, associative, seulement fondée sur de l’engagement et du bénévolat… défi d’une douzaine de militants vosgiens issus de la Ligue de l’Enseignement des Vosges et de l’École Supérieure d’Art de Lorraine-site d’Épinal, militants, qui au travers de nombreux autres projets en commun, ont toujours placé la création artistique et la fréquentation des œuvres comme des vecteurs essentiels de la formation de la jeunesse…

Libres d’être…
des agitateurs de débats citoyens, politiques -de la vraie politique- débats provoqués par la lecture de textes de grande qualité littéraire, plaçant la culture là où elle doit être dans une démarche incisive chère à l’Éducation Populaire.

Libres d’être…
les instigateurs d’une connivence de plus avec l’ami de longue date Thomas Scotto rejoint pour ce projet par Cathy Ytak avec qui ce sera une première collaboration. Une évidence vue les proximités de vues et d’engagement. Et puis, c’était bien la moindre des choses que de confier le projet à un duo féminin-masculin.

Thomas Scotto : J’avais déjà publié aux Éditions du Pourquoi Pas ? Un texte de commande, « La vie encore », qui abordait la Première Guerre mondiale (NDLR Que nous avons chroniqué ici). Projet que j’avais d’abord refusé, ne m’en sentant pas capable. Seulement, je connais Alain Claude depuis plus d’une dizaine d’années… et comment dire, c’est un homme de grande persuasion ! La commande s’est transformée en carte blanche et pour ce premier projet d’envergure, l’aventure était lancée.

Alain : Pas question de s’arrêter en si beau chemin, pas question de se replier en ces temps agités. Nouvelle commande « toute simple » : le lecteur doit s’interroger sur la laïcité sous l’angle de la liberté de conscience, d’expression, de croire ou ne pas croire… tellement d’actualité !
Sujet complexe… On est bien dans la littérature, dans le plaisir de lire, on ne fait pas la leçon, mais on y va sans retenue aucune…

Thomas : Et puis est venue l’idée de parler des femmes, et de l’égalité Homme/Femme. Là, je me suis tourné vers Cathy pour avoir son avis précieux.

Cathy Ytak : C’est au cours d’une de ces discussions avec Thomas que j’ai dû dire quelque chose comme : « Si je devais écrire un texte sur ce sujet, je le placerais dans le passé, au début du XXe siècle, peu après la séparation de l’Église et de l’État… » Et au final, je me suis retrouvée à écrire ce texte, pour de bon. Je m’y suis mise très vite, avec une espèce de rage. Me glissant sans trop de difficulté dans la peau d’une femme en colère… Pensant sans arrêt à ma propre grand-mère, qui aurait tant aimé avoir la liberté dont nous jouissons aujourd’hui.

Thomas : Pour un projet sur l’égalité, deux voix étaient bien sûr l’idéal.
En regard du texte de Cathy fort et engagé, s’est naturellement imposé le contre-pied d’un texte d’« aujourd’hui ». Mais ça ne suffisait pas. Il m’a fallu du temps pour écrire le mien. Beaucoup de temps. Tout d’abord pour trouver une manière de légitimité… J’ai ressenti tout de suite le bouleversement qu’allait être l’écriture de ce texte-là. Mettre des mots sur cette évidence d’égalité en laquelle je crois mais qui est aussi, et toujours, le constat d’un grand échec humain. Une résonance incroyable et violente, douloureuse dans ma vie pourtant protégée. J’en ai parlé à plusieurs femmes, féministes convaincues ou moins engagées, à des amis hommes aussi. Et finalement, c’est l’une de mes filles qui m’a offert la clé de l’écriture. Dans mon envie de leur montrer des films féministes, des livres féministes, de leur offrir des t-shirts à messages féministes… un jour, elle m’a dit : « mais c’est ton combat… papa ». Alors, tout est parti de là… : Pourquoi je tremble plus que mes filles sur cette grande question d’égalité ?

Cathy : Nous avons discuté ensuite de la place de nos textes, le mien s’insérant au milieu du texte de Thomas, comme un rappel que les combats d’hier et d’aujourd’hui sont indissociables.

Thomas : Nous en proposons, depuis, des lectures à voix haute. Deux voix hautes… l’une comme un cri, l’autre comme une question…
Et c’est émouvant, rassurant, étonnant d’écouter les ados débattre après.

Cathy : Pour moi, ce « Libres d’être » est une belle aventure humaine et littéraire, menée en altérité.

Thomas : Je sais que j’écris ici, aux Éditions du Pourquoi pas ? des textes dont je n’aurais pas eu l’idée ailleurs.

Alain : Et grande première, les illustrations étaient confiées à Thomas. Nous lui connaissons tous ce talent au travers de ses dédicaces. Alors Pourquoi pas ?

Cathy et Thomas, merci à vous pour le partage de votre talent et l’engagement à nos côtés.

 

Libres d’être, au sens plein de ce mot : voilà que la Laïcité prend chair, faisant fi des discours et de l’incantation. C’est cela, peut-être : une colère d’abord, et la résistance qui naît, l’espoir enfin qui fleurit. Rien que de l’humain, tout compte fait. Voilà que Cathy et Thomas usent de mots sensibles et justes de leur art pour, en dépit des obscurs, célébrer le monde et chanter à voix haute et claire, un bel hymne à la fraternité.

Gérard David – membre de l’association EDPP

 


Libre d’être
Texte de Thomas Scotto et Cathy Ytak, illustré par Thomas Scotto.
Sorti chez Éditions du Pourquoi Pas ? (2016).
Retrouvez, ici, notre chronique.

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Les invité.e.s du mercredi : quelques moments de 2016 et Anaïs Vaugelade

Par 21 décembre 2016 Les invités du mercredi

Dernier mercredi de 2016 puisque comme tous les ans, La mare aux mots s’arrête la dernière semaine de l’année. On voulait vous proposer non pas un « best of », mais quelques moments partagés. Dix invité.e.s, pas plus, c’était le pari… C’était pas facile et assez aléatoire… Mais on vous propose tout de même dix extraits d’interviews de cette année. Retrouvez toutes les interviews ici. Ensuite, et puisqu’on partira nous même dans quelques jours, on part en vacances avec Anaïs Vaugelade ! Bon mercredi à vous.


Jean-Luc Englebert (3 février)

Vous alternez les histoires dont vous êtes l’auteur-illustrateur et l’illustration des histoires des autres, est-ce un travail totalement différent ? Est-ce que l’auteur que vous êtes n’est pas tenté d’intervenir dans les histoires des autres ?
Ce sont souvent des rencontres. Le travail est différent au départ, quand je fais les premières esquisses, le découpage. Il faut qu’à un moment j’aie cette impression que c’est moi qui ai écrit l’histoire. Quand je travaille avec un auteur, je sais qu’il a des attentes, des envies, voire des images en tête sur son projet. Le jeu pour moi est de trouver ce qu’il attend tout en proposant ma vision personnelle. J’aime quand il y a des aller-retour entre moi et l’auteur, je fais des propositions de dessins qui, parfois, induisent un changement dans son texte. Mais aussi de son côté il peut m’aiguiller vers des choses auxquelles je ne pense pas. Mais j’interviens peu sur le texte en lui-même. Je suis un illustrateur qui s’est mis à écrire parce qu’au départ il ne connaissait pas de scénaristes. Je ne me sens pas « auteur » dans le sens où je ne pourrai jamais faire un texte sans le support du dessin.
Interview complète, ici.

Clothilde Delacroix (9 mars)

J’aimerais que vous nous disiez quelques mots sur votre travail sur Le chien-chien à sa mémère, la façon dont vous avez illustré ce texte.
J’ai beaucoup étudié sur le terrain.
C’est toujours un enjeu important pour moi d’illustrer le texte de quelqu’un d’autre. D’une part parce que je me dis que l’éditeur, en faisant appel à moi, a certainement des attentes et d’autre part parce qu’il s’agit de ne pas décevoir l’auteur tout en réussissant à raconter quelque chose en plus par le dessin, sans étouffer le texte de l’auteur. Mais le texte d’Agnès était suffisamment riche en respirations pour me permettre de trouver ma place. De même, la bienveillance d’Emmanuelle Beulque (éditrice chez Sarbacane) m’a très vite permis de savoir quelle direction prendre tout en me laissant une grande liberté d’action.
En terme de méthode, en général, ma première lecture est toujours très rapide, j’effectue une sorte de survol global, qui favorise les collisions, coalescences ou associations d’idées chez moi et, en général, je vois tout de suite des images, des situations, comme une sorte de film dans ma tête, (encore plus si les situations sont comiques, ou se prêtent aux gags visuels). Puis, toujours très vite, je pose des crayonnés. Après je définis des personnages. Le personnage de mémère n’était pas simple car je le voulais « sans âge ». Pour le chien, j’ai très vite choisi de prendre le contre-pied de l’idée attendue du petit chien-chien. J’ai tout de suite senti que je m’amuserai plus avec un gros chien un peu balourd et que cela me permettrait de mettre en scène un certain nombre de situations amusantes.
Interview complète, ici.

Fanny Joly (23 mars)

Comment naissent vos histoires ?
Difficilement. Je fais des tonnes de brouillons. Je trouve plein d’idées nulles. Je tâtonne à fond. J’ai l’impression que je n’y arriverai jamais. Je travaille beaucoup jusqu’à me sentir en appétit, avec des bons trucs sous le coude, des persos, des scènes, des noms, des gags qui me donnent envie.
Vous faites de nombreuses rencontres avec les enfants, qu’est-ce que vous y trouvez, qu’est-ce que cela vous apporte ?
J’aime rencontrer les lecteurs. À dose contrôlée, 1 ou 2 jours par mois. Je ne le fais pas pour l’argent. C’est frais, marrant, vivant, partageux. C’est aussi un coup de boost, souvent. Sans l’enthousiasme des lecteurs, je ne ferais rien…
Interview complète, ici.

Amandine Piu (13 avril)

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
J’ai (presque) tout essayé, collage, peinture, crayon, fusain, volume… mais aujourd’hui je travaille essentiellement sur mes albums avec ma palette graphique (et depuis peu avec une cintiq, le luxe !!), mais je continue à faire mes premières recherches et crayonnés au crayon de papier, des recherches dans mes carnets avec tout ce qu’il me passe sous la main (feutres de mes enfants, stylo… etc.). Mes cartes postales « les fausses piubs » sont encore et toujours faites à l’acrylique et crayon de couleur, même le texte est entièrement peint (comme les vieilles publicités d’autrefois !) Du coup, je dois faire vraiment attention à ne pas faire de fautes d’orthographe !
J’aime bien varier les techniques, les supports, et les thèmes, aller vers de nouvelles choses… passer des albums aux jeux, aux affiches, aux cartes postales…
Interview complète, ici.

Pierre Delye (22 juin)

J’ai remarqué aussi que vous aimiez rire des puissants (le roi de Caprices c’est fini ou le lion de Sssi j’te mords en sont de parfaits exemples), en vous connaissant un peu on peut se dire qu’il y a quelque chose de politique derrière tout ça, non ?
Évidemment ! Même les flemmards de La petite poule rousse… Évidemment. J’ai compris très vite que si je prenais la parole, si j’écrivais, je devais m’investir dans cette parole. Je ne suis pas là pour faire dans le mou, le consensuel. Je me suis fait insulter pour Moitié de coq, pour un peu de scatologie, on occulte (verbe choisi exprès !) la réalité de l’histoire : un petit mal foutu va voir le roi pour lui dire qu’il n’a pas tous les droits ! Pas de droits sans devoirs !
Je ne m’accommode pas du monde tel qu’il est quand je pense à ce qu’il pourrait être ! Et quelle responsabilité pour un artiste quand il s’adresse à des enfants et à leurs parents (ils lisent aussi ! Vive l’histoire du soir !) : on parle à l’avenir. On s’adresse à des enfants qui disent « c’est pas juste ! » et qui en même temps sont accablés par le monde environnant qu’on leur impose sans qu’ils puissent le comprendre c’est-à-dire le « prendre avec » et les contes, les histoires sont là aussi pour ça. Ils sont aussi là pour le plaisir comme pour aider ceux qui les écoutent, les consoler, leur montrer le chemin des possibles, y compris et surtout celui du refus du fatalisme et du choix de la résistance. Évidemment, tous les contes ne sont aussi vertueux ! il en est des racistes, des misogynes mais à nous de bien choisir et, éventuellement de les adapter ! c’est d’ailleurs ce que j’ai fait avec Caprices ? C’est fini !.
Et puis, j’adore faire rire les enfants ! C’est mon meilleur moyen sérieux pour leur parler.
Interview complète, ici.

Timothée de Fombelle et François Place (29 juin)

Sans être un texte à message, Tobie Lolness demeure une fable sur notre monde contemporain. 10 ans après, l’auriez-vous écrit différemment ?
TdF :
Sur ses grands enjeux, je n’écrirais pas autre chose. Le thème principal de Tobie est celui de la fragilité. Cette préoccupation est aujourd’hui au cœur de notre monde. Encore plus qu’il y a dix ans. Pour la construction et l’écriture, oui, je l’écrirais sûrement différemment aujourd’hui… Et j’aurais tort ! C’est l’énergie d’un premier roman qui fait sa force…
Comment s’est passée la confrontation de vos deux imaginaires ? Avez-vous eu « carte blanche » pour illustrer Tobie Lolness ?

FP : Je ne sais pas ce que Timothée imaginait. Il y a juste une difficulté pour les images de ce texte : l’échelle réelle donnée par la hauteur des personnages est à un degré de grossissement tel qu’on ne devrait pas reconnaître l’environnement. J’ai volontairement triché : les décors sont à une échelle où on peut facilement désigner une feuille, une écorce, de la mousse. Pour les costumes, je les ai situés dans de fausses années 30, il y a dans le texte des éléments qui pourraient tirer vers le Moyen-Âge et d’autres qui sont des éléments plus modernes, mais datés (je pense au béret du papa de Tobie, par exemple). Je ne pouvais imaginer le succès qu’aurait ce livre. Ce n’était que le début de la trajectoire de Timothée, et je crois que c’est ce qui est le plus extraordinaire dans ce livre, il y en avait d’autres derrière tout aussi novateurs, tout aussi étonnants : ce n’était, en fait, que le début d’une œuvre magnifique et polymorphe, parce que Timothée joue de tous les registres.
Interview complète, ici.

Cécile Roumiguière (7 septembre)

J’ai l’impression que l’image compte particulièrement pour vous (dans vos projets, dans vos amitiés…), est-ce que vous vous impliquez particulièrement dans les choix des illustrateur.trice.s (puis dans leur travail) qui illustrent vos livres ? Et, question subsidiaire, avez-vous une certaine frustration de ne pas illustrer vous-même ?
Oui, comme je l’ai dit, l’image est essentielle. Par exemple, j’ai une mémoire visuelle, je suis incapable de dire le titre du roman que je suis en train de lire, mais je peux retrouver des détails visuels anodins d’une rencontre il y a deux ans… Quand mon premier texte a été accepté, je ne connaissais rien ni aux livres « jeunesse » ni au monde de l’édition en général. J’avais regardé pas mal d’albums, noté le travail de certains illustrateurs que j’aimais beaucoup, et j’ai donc proposé que mon texte soit illustré par telle illustratrice. Je me suis aperçue que ça ne se passait pas comme ça. Pour mon premier livre, j’ai donc laissé choisir l’éditrice (un très bon choix d’ailleurs, Sacha Poliakova). Ensuite, j’ai d’abord « rusé », suggéré, parlementé… puis très vite j’ai proposé des projets en commun avec l’illustrateur, jusqu’au travail avec Carole Chaix qui se fait en duo dès la genèse du projet.
Avec Carole, on crée ensemble dès le départ. Avec d’autres illustrateurs, je leur propose une idée ou un texte terminé, s’ils sont partants, on cherche un éditeur puis ils illustrent. Il peut y avoir un dialogue entre nous, mais je ne m’immisce pas dans leur travail, sauf s’ils me demandent mon avis. C’est leur univers qui vient croiser le mien, c’est ça qui est puissant, et qui me fascine chaque fois : cette rencontre entre des mots, une histoire, et des images, ce tressage. Avec Delphine Jacquot par exemple, il y a eu ce moment magique où Delphine m’a demandé si elle pouvait « annoncer » le dénouement de l’histoire en pointillé dès le début (Le fil de soie, chez Thierry Magnier), une idée qui donne une force étonnante au livre. Ou encore avec Fanny Ducassé pour un album à paraître en octobre (Dans le ventre de la terre, au Seuil), quand elle m’a fait cerner par ses dessins des sens que je n’avais pas lus dans mes propres mots… Je pourrais ainsi citer des tas de moments forts dans ce travail avec les illustrateurs.
Pour la question subsidiaire, non, je n’ai pas de frustration. J’aime trop ce temps de collaboration et la surprise, chaque fois, l’émerveillement quand les images et les mots résonnent ensemble. Si je m’amuse à griffonner, gribouiller dans mes carnets, c’est plus comme un jeu.
Interview complète, ici.

Maria Jalibert (14 septembre)

Pourriez-vous nous parler du processus de création pour ces deux albums en particulier ?
J’ai un processus de création, peut-être un peu désordonné, qui se traduit par des allers-retours entre mon carnet, dans lequel je note des idées, et des essais de compositions de jouets que je peux faire spontanément, sans réfléchir, l’un alimentant l’autre. Quand une ligne, qui me paraît intéressante, se dessine, je décide de la suivre. Parfois elle m’amène quelque part, parfois c’est une impasse. Pour Bric à Brac l’idée de collection et de tri m’intéressait, j’avais envie de proposer à l’enfant un imagier où des petits jouets seraient organisés de différentes manières. J’ai donc commencé avec des critères simples de couleurs, de contraires et puis progressivement les critères se sont croisés, se sont affinés, les jeux de mots se sont invités et je me suis laissée prendre au jeu.
Le travail de l’abécédaire, lui, a commencé par un vaste rangement des jouets et un classement par lettres. Parce que je savais que j’en oublierais sûrement j’ai littéralement épluché le dictionnaire de la lettre A jusqu’à la lettre Z en listant des mots que je pouvais potentiellement trouver sous forme de jouets. Puis j’ai créé une multitude de compositions en faisant interagir les jouets de même lettre entre eux ce qui a donné des résultats parfois assez étonnants du type « Espadon essayant d’étriper un extra terrestre à épée », « Pelleteuse à piment et petit-pois » ou « Dépanneuse de dindon ». Le travail d’écriture et de composition des jouets s’est fait en même temps,
Au fur et à mesure j’ai pris toutes les compositions en photo en multipliant les propositions. Puis à un moment donné je me suis arrêtée pour laisser reposer. Lorsque j’ai repris le travail il était temps de dégraisser, de faire des choix. Tout n’était pas bon, certaines compositions fonctionnaient tout de suite, d’autres étaient plus faibles, moins drôles. Didier Jeunesse m’a beaucoup aidé dans ce travail de sélection, on a discuté, argumenté, certaines lettres ont été regroupées, on a essayé de trouver une fluidité sur l’ensemble du projet, ménager quelques respirations aussi pour éviter le côté trop « profusion ». Lorsque tout a été calé j’ai fixé toutes les petites compositions sur des grandes plaques de carton blanc, tout enfourné dans ma voiture et je suis partie direction Toulouse pour le shooting : deux jours de prise de vues minutieuses. Didier Jeunesse s’est ensuite chargé de finaliser la maquette.
En général, même si le travail est loin d’être fini, le moment de la prise de vue des compositions signe pour moi la fin du projet et me libère l’esprit pour en commencer, ou en continuer un autre.
Interview complète, ici.

Isabelle Arsenault (19 octobre)

J’aimerais que vous nous disiez quelques mots sur le superbe Jane, le renard & moi qui a d’ailleurs été très remarqué.
L’auteur Fanny Britt et moi avons eu carte blanche de la part de notre éditeur La Pastèque. Il a d’abord proposé à Fanny de créer un texte sans direction précise. Elle a écrit cette histoire très personnelle, inspirée d’événements vécus dans sa jeunesse. Après l’avoir lu, il m’a proposé de l’illustrer croyant que nos univers pouvaient bien se compléter. Il m’a laissée libre de l’interpréter à ma façon et ce fut un véritable plaisir du début à la fin. Le résultat en est un album très intimiste. Nous ne savions pas trop si le livre allait trouver son public, mais nous avons été agréablement surprises par son accueil. Le livre a été traduit dans plus d’une douzaine de langues et a remporté plusieurs prix prestigieux.
Interview complète, ici.

Anne Herbauts (30 novembre)

Pouvez-vous nous parler de Broutille, votre dernier album ?
En écoutant le monde à travers les ondes ces dernières années, m’est ressorti cette idée que l’on cherchait peut-être trop à comparer les douleurs, qu’il fallait, sur ces ondes, une surenchère aux malheurs pour avoir sa place dans l’écho du monde.
Et il m’a semblé que ces comparaisons rendaient les choses encore plus violentes.
Et que faire de notre conscience, de notre refuge douillet, face à toutes ces actualités sombres et cataclysmiques ? Moi cela me tétanise. Je suffoque.
La seule chose que je sais faire, c’est des livres. Alors je fais des livres. Et j’essaye d’y passer la nuance, l’importance de la réflexion, le besoin de retrait.
Ici, je voulais montrer comme ce petit personnage est de plus en plus muet, écrasé, face au monde et aux réponses brutales et parfois bavardes ou silencieuses. Que les échardes les plus petites sont présentées au quotidien. Que, bien certainement, il y a des événements très graves, mais que l’important est d’exprimer ce que l’on ressent, et l’importance d’être écouté afin que l’écharde sorte et que l’on fasse sienne cette blessure même minime, que l’on l’accepte en soi, qu’on en fasse une, son histoire.
C’est un travail que l’on doit faire seul avec (l’écoute) des autres. C’est une façon d’être humain. Pour enfin pouvoir être debout avec les histoires des autres. Pour ne pas avoir pitié, ou seulement pitié, mais regarder les autres comme des hommes, et le monde comme un élément faisant partie d’une galaxie. Et là serait la vraie et juste humanité.
Sans comparaison, sans ramener tout à soi.
Broutille est un personnage à peine ébauché, un peu mieux qu’un gribouillage.
Il est triste. Mais personne ne l’écoute. Personne ne veut entendre sa perte. Seul un chien sans importance l’écoute et lui propose de faire de cette tristesse son histoire. Qui sera le livre.
Broutille offre plusieurs niveaux de lecture, plusieurs sens. Dans mes livres, je veux la complexité mêlée à la limpidité (comme les flaques en forêt/ça c’est bien pour la Mare aux Mots !) — à l’image de la complexité, la rugosité humaine. La maladresse prodigieuse.
Aussi, je n’arriverai pas à résumer ce livre, que j’ai écrit le plus sobrement possible.
Avec, aussi, de l’espièglerie.
Interview complète, ici.


En vacances avec… Anaïs Vaugelade

Régulièrement, je pars en vacances avec un. e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Anaïs Vaugelade que je pars ! Allez en route !

5 albums jeunesse (que je suis bien contente d’avoir publié)

  • Simon sur les rails, d’Adrien Albert
  • Les trois pires histoires de Pirates, de Perceval Barrier et Thomas Bretonneau
  • Bruno, quelques jours de ma vie très intéressante, de Nicolas Hubesh et Catharina Valcks
  • Palmier de Noël, d’Audrey Poussier et Matthieu Sylvander
  • Capitaine Maman, de Magali Arnal (en librairie de 19 avril, ne le ratez pas)

5 DVD (moi toute seule je ne regarde jamais de DVD, mais partons avec les enfants, on regardera des DVD par dessus leurs épaules ?)

  • Lady Oscar, de Jacques Demy
  • Espèces d’Espèces, de Denis Van Waerebeke
  • Le petit fugitif, de Morris Engel et Ruth Orkin
  • Le conte de la princesse Kaguya, de Isao Takahata
  • la compil Pingu Forever, de Otmar Gutmann (ça fait toujours plaisir)

10 livres (on peut bien, pendant que les enfants regardent des dvds…)

  • Tout Flannery O’Connor, correspondance comprise
  • Tous les chevaliers sauvages, de Pacôme Thiellement
  • Sur les rives de Manhattan, de Charles Reznikoff
  • Ce qu’être d’avant garde veut dire, de David Antin
  • Histoire de la littérature récente, d’Olivier Cadiot
  • Vie Commune, de Stéphane Bouquet
  • L’espion de Dieu, de Jean François Bory
  • Le Roi René, d’Agnès Desarthe
  • De l’œuf à l’éternité, de Vincent Fleury
  • Naissance de Dieu, de Jean Bottero

5 CD (de chanson, parce que la voiture c’est ce qu’il y a de mieux pour écouter des chansons)

  • Transa, de Caetano Veloso
  • Maquillaje, de Adriana Varela
  • Easy Living, d’Ella fitzgerald et Joe Pass (Ella Vieille Dame)
  • n’importe quelle compil de Warda al Jaizaira tant qu’il y a Harramt Ahebbak dedans
  • Rita Mitsouko, des Rita Mitsouko

plus Cheap Thrills de Janis Joplin, car si on ne prend pas le CD je vais devoir te le chanter moi-même (il vaut mieux prendre le CD)

8 artistes dont quatre deux en un

  • Claire Braud
  • Jerome Bel + Pichet Klunchun
  • peter Fischli + David Weiss
  • Charlotte Salomon
  • Charlie Mingus
  • Gena Rowlands

 

Avec tout ça dans la valise, franchement, on peut aller n’importe où, on sort de paris et on campe sur l’aire de repos de la première station essence.

Anaïs Vaugelade est auteure, illustratrice et éditrice.

Bibliographie sélective :

  • Comment fabriquer son grand frère, texte et illustrations, l’école des loisirs (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes animaux (anthologie), textes et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • L’invitation faite au loup, illustration d’un texte de Christian Oster, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le poulet fermier, illustration d’un texte d’Agnès Desarthe, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Te voilà !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2013).
  • 4 histoires d’Amir, texte et illustrations, l’école des loisirs (2012).
  • Le chevalier et la forêt, texte et illustrations, l’école des loisirs (2012).
  • Papa, maman bébé, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010).
  • Zuza ! (anthologie), textes et illustrations, l’école des loisirs (2010).
  • Mission impossible, illustration d’un texte d’Agnès Desarthe, l’école des loisirs (2009), que nous avons chroniqué ici.
  • Dans les basquettes de Babakar Quichon, texte et illustrations, l’école des loisirs (2009).
  • Le déjeuner de la petite ogresse, texte et illustrations, l’école des loisirs (2002).
  • Une soupe au caillou, texte et illustrations, l’école des loisirs (2000).

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Des magiciennes pas comme les autres

Par 20 décembre 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on découvre des magiciennes étonnantes grâce à Sorcières de légende qui nous conte les aventures de dix femmes fascinantes et à Comment fabriquer son grand frère où l’on suit les tribulations de la petite Zuza bien décidée à bricoler un aîné…

Sorcières de légende
Texte de Camille Von Rosenschild, illustré par Xavière Devos
La Martinière Jeunesse
12,90 €, 239×337 mm, 44 pages, imprimé en France, 2016.
Comment fabriquer son grand frère ?
d’Anaïs Vaugelade
L’école des loisirs
19,80 €, 310×385 mm, 57 pages, imprimé en France, 2016.

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