La mare aux mots
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Ânes

En voyage…

Par 30 décembre 2012 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on part en voyage ça vous dit ? Mais attention pas des voyages ordinaires… on va fuir avec un petit pois, puis partir en camionnette avec un âne,  enfin on fera un grand tour avec un géant.

Petit poisCe jour-là on mangeait des petits pois… mais l’un d’eux décidât de s’échapper ! Pas facile de fuir quand on est un petit pois, on roule jusqu’au bout de de la table, on tombe par terre et on roule encore… mais ensuite ? Petit poisOn voit le ciel par la fenêtre mais comment sortir ? Et s’il fallait l’aide d’une cuillère ?

Un album très graphique et plein d’humour avec une fin… que les enfants apprécieront ! L’histoire est vraiment poétique et on peut y voir plein de choses. Le petit pois aimerait tellement partir, s’enfuir, il a beau se concentrer… un petit pois ça ne vole pas… en tout cas pas tout seul ! On parle ici de l’entraide, de croire en ses rêves. Un très bel album.

Le voyage de l'aneUn âne s’ennuyait profondément dans la ferme, il faut dire que dans une ferme les jours  se ressemblent. Il avait besoin de s’évader de ce quotidien monotone mais comment faire ? Et si la vieille camionnette oubliée dans un coin de la ferme était la solution ? Seulement voilà il faut la retaper. Autour de lui on sait que l’âne va partir et on trouve l’idée fabuleuse alors les animaux lui demandent de les emmener avec lui, en échange ils lui proposent de l’aider pour quelque chose (le coq lira les cartes, le cochon portera les bagages, le lapin conduira quand l’âne sera fatigué et la chèvre Le voyage de l'ânechantera des chansons). Le jour J arrive et c’est parti pour un beau voyage !

Voilà un bien sympathique album. On parle ici aussi de l’entraide et de l’évasion mais aussi de l’amitié. Les personnages sont plein de surprises et nous font sourire. Chacun dans ce voyage va découvrir ce qu’il attendait dans la vie. On parle ici aussi de ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer (l’art, le sport, l’amour,…). Les illustrations d’Irène Bonacina m’ont fait penser à des albums « à l’ancienne » dans le style de Pettson et Picpus avec à la fois cette douceur et cet humour dans l’expression des animaux.

100 pas de géantUn matin Géant décidât de partir découvrir le monde… et il ne va pas être déçu ! Il va croiser toutes sortes de bêtes, des nuages, une comtesse, des dominos qui défilent,… puis il va se rendre compte qu’on n’est jamais aussi bien que chez soi… ça tombe bien il y est revenu, en 100 pas géant à fait le tour de la terre.

Un album québécois au rythme endiablé. On joue avec les mots et les sons ce qui rend la lecture très vivante, tonique. Les illustrations m’ont fait penser aux chats pelés. C’est vivant coloré et là aussi plein d’énergie. Pendant que Géant fait son voyage on voyage aussi avec quelques mots québécois (mais on les comprend aisément et ça ne gâche pas la lecture). Un album qui parle de l’herbe qui est pas forcément plus verte à côté.

Quelques pas de plus…
On continue les voyages ? Deux très beaux albums que nous avons chroniqués : Lucas & le Parfum Voyageur et Le voyage d’Agathe et son gros sac.

Petit pois
de Yaël Delalandre
L’école des loisirs
11,70€, 220×220 mm, 32 pages, imprimé en France, 2008.
Le voyage de l’âne
d’Isabelle Grelet, illustré par Irène Bonacina
Didier Jeunesse
12,50€, 258×258 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur Imprim’vert, 2012.
100 pas de géant
de Muriel Comeau, Jeanne d’Arc Martin et Carole Filion, illustré par Philippe Béha
Les éditions de la Bagnole
15€, 262×263 mm, 50 pages, imprimé en Chine, 2012.

A part ça ?

Et un voyage… dans votre enfance ? As-tu connu ? est une page facebook qui répertorie des tas de choses qu’on a connu enfant. Du dessin animé au jouet en passant par les chanteurs c’est ici.

Gabriel

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Femme fragile et femme forte

Par 8 octobre 2012 Livres Jeunesse

Un seigneur puissant avait épousé une femme aussi fragile qu’il était fort ainsi se sentait-il encore plus fort et pour que ce sentiment augmente il la malmenait, la frappait. Bien-sûr pas pour son propre plaisir, lui expliquait-il mais pour son bien à elle… Malgré les cadeaux dont la couvrait le seigneur pour se faire pardonner, la jeune fille était malheureuse et se transformait physiquement. Aux gens qui s’étonnaient de ce changement le seigneur prétextait que cette sale mine venait du petit pois qu’elle gardait sous son matelas. Mais un jour la poupée demanda des souliers écarlates et grâce à eux… elle réussit à s’évader la nuit… jusqu’à ce que le seigneur ne le découvre…

Il fallait le tact et la finesse des mots de Gaël Aymon pour parler d’un sujet aussi grave que celui des femmes battues et réussir à en faire une belle histoire. Alors bien-sûr c’est une histoire dure mais pleine d’espoir, et les contes sont souvent durs. D’ailleurs les Contes d’un autre genre de Gaël Aymon, sont assez proches des contes classiques, car ceux-ci aussi comportaient souvent des éléments horribles, que l’on a gommés avec le temps comme si les enfants n’étaient pas capables de les entendre. Comme dans ces vieux contes, Gaël Aymon glisse des choses réelles, de nos quotidiens dans des éléments fantastiques, ce côté fantastique fait d’ailleurs que ce n’est pas trop plombant, qu’on s’échappe de la réalité. Ici la jeune fille réussira à s’évader en claquant trois fois des talons telle Dorothy pour passer dans un monde où elle veut fuir. L’histoire peut être aussi lue à un autre degré… Comme dans Le magicien d’Oz, ce monde existe-t-il vraiment ? N’est-ce pas une échappatoire où la jeune fille s’évade en pensée ? Toujours est-il que l’histoire est superbe et captivante. Les illustrations de Nancy Ribard sont magnifiques. L’objet lui-même est très beau avec son dos toilé. Je le dis à chaque fois, mais décidément Gaël Aymon est un auteur à suivre de très près, c’est un des rares auteurs dont je ne veux louper aucun livre. Ici encore il nous transporte dans un conte merveilleux tout en nous parlant de choses graves. Le livre a d’ailleurs reçu le soutien de Amnesty International.

Il y a bien longtemps, dans la ville de Bianzhou, en Chine, une femme nommée Sansan avait une auberge. Personne ne savait d’où elle venait et d’où elle tenait sa richesse mais elle avait réussi a acquérir plusieurs maisons et de nombreux ânes. Son auberge était très fréquentée par les voyageurs et c’est ainsi que Zhao s’y arrêta lui aussi. Le jeune homme n’était pas du genre à participer aux bavardages et à boire comme les autres, ainsi quand il se coucha il était le seul à ne pas être ivre… et ce qu’il vu cette nuit-là allait répondre à bien des questions sur l’aubergiste…

Quel bonheur de retrouver un nouvel ouvrage des éditions HongFei ! L’auberge des ânes est un très bel album. L’histoire est un conte chinois du IXème siècle pour la première fois illustré et adapté en français, le précise le dos de couv’… et quel magnifique conte ! J’adore ce genre d’histoire traditionnelle avec une partie de magie, de sorcellerie. Les illustrations de Clémence Pollet sont très belles également, elles sont lumineuses, elles apportent beaucoup au récit et en font un album aussi captivant à lire qu’esthétique. Venez donc rencontrer Sansan mais attention… gardez l’œil ouvert cette nuit !

Quelques pas de plus…
Retrouvez Gaël Aymon en interview sur le blog et nos chroniques de ses autres livres : La princesse Rose-Praline, Une place dans la cour, Contes d’un autre genre et Giga Boy.
Les livres que nous avons chroniqués de Chun-Liang Yeh : Pi, Po, Pierrot, Yexian et le soulier d’or, Le duc aime le dragon et L’autre bout du monde.

Les souliers écarlates
de Gaël Aymon, illustré par Nancy Ribard
Talents Hauts
13,80€, 195×260 mm, 24 pages, imprimé en Italie
L’auberge des ânes
de Alexandre Zouaghi et Chun-Liang Yeh, illustré par Clémence Pollet
HongFei dans la collection Contes de Chine
15,20€, 218×275 mm, 40 pages, imprimé à Taïwan

A part ça ?

Le week-end dernier j’ai vu un spectacle que je vous recommande si vous habitez Paris : Loulou par Les muettes bavardes à la Manufacture des Abbesses. Deux comédiennes et un musicien sur scène pour jouer Loulou et Tom, les fameux héros du livre de Grégoire Solotareff. Marionnettes, ombres chinoises, chant, danse, musique,… un spectacle complet qui captive les enfants (et les effrayent un peu parfois). On a passé un très bon moment. Ma fille, 4 ans, a adoré et nous a demandé, en sortant, quand on y retournait ! C’est jusqu’au 6 janvier 2013 (le spectacle a tellement de succès qu’il a été prolongé). Plus d’info sur la compagnie ici et sur la salle .

Gabriel

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