La mare aux mots
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Anna Rouvière

« Dis donc, toi tu l’aimes ta grand-mère ! »

Par 6 décembre 2011 Livres Jeunesse

Et si aujourd’hui on parlait des grand-mères ? Comme beaucoup de gens j’adore la mienne. J’ai une grand-mère que je trouve géniale qui m’a appris à faire beaucoup de bêtises. Je ne la vois pas très souvent (j’habite loin), elle me manque et c’est donc un sujet qui a tendance à me faire vite monter les larmes… comme l’ont fait ces deux albums.

Quand Grand-mère revenait est un album très émouvant, au texte vraiment poétique. L’auteur se souvient de quand sa grand-mère revenait du jardin et lui rapportait quelques fleurs et une coccinelle, de quand elle revenait de la boulangerie et lui ramenait un gâteau à la crème chantilly qui (lui) faisait des moustaches blanches, de quand elle revenait du poulailler et avait pour lui des plumes pour se faire une coiffe d’indien… bref il se souvient que partout où sa grand-mère allait, elle rapportait, en plus de ce qu’elle était partie chercher, un petit truc pour lui. L’album se termine par la terrible phrase « J’aimais tant, tant et tant quand Grand-mère revenait… » et est illustré par la seule planche sans la grand mère (juste une route vide). C’est très dur de ne pas avoir une réelle émotion à la fin du livre (pour ne pas dire les larmes aux yeux). La petite grand mère croquée par Eric Battut (dont je vous ai parlé il y a peu pour Comme un pou et Monsieur Scarlatine) est touchante et craquante, elle a un côté très malicieux. C’est un très beau livre aussi sur la mort, pour les enfants, sur l’absence. Mais c’est aussi un album sur la nostalgie, des choses dont on se souvient, des petites attentions qui nous ont marqué, des petits détails de l’enfance.

 

On change complètement de style, et après l’album très poétique d’Anna Rouvière on retrouve le ton piquant et drôle de Séverine Vidal que j’aime tant. Ici c’est une mamy qui est encore là (même si elle a des absences). C’est une mamy vu par son petit-fils, un petit-fils qui se rebelle contre l’avis du tonton Marcel qui se moque de sa grand-mère. Lui sait la vérité, si sa mamy se trompe dans les prénoms c’est pour voir si les gens sont concentrés, si mamy se perd c’est parce qu’en temps normal elle voyage en vaisseau spécial donc elle perd forcément un peu la boussole,  si elle regarde chez les voisins c’est parce qu’elle est payée pour ça par des zorganisations secrètes,… et tout a une explication, de la robe à grosses fleurs au dentier en passant par les cheveux bleus. C’est un superbe album sur l’amour d’un petit-fils pour sa grand-mère, un album drôle et touchant qui moi m’a fait pleurer alors qu’il n’est pas fait pour ça (il y a vraiment beaucoup d’humour). Il y a surtout une infinie tendresse ici, comme dans tout ce que j’ai lu de Séverine Vidal. C’est d’ailleurs un des albums les plus touchants que j’ai lu depuis longtemps, certainement celui qui a déclenché le truc le plus émotionnel en moi. Les illustrations de Lionel Larchevèque sont très drôles et contribuent à rendre l’album gai et loin de toute larmoyance.

Je vous parlerai très prochainement de grands-mères bretonnes (comme la mienne) avec un autre album aux éditions du Jasmin. Marianne vous a parlé de grand-mère niçoise il y a peu avec Chez mémé et moi il y a plus longtemps de Moi, ma grand mère de Pef (qui est un de mes albums fétiches).

Et pour terminer dans la bonne humeur, si on écoutait Super Mamie d’Aldebert en duo avec Clarika ?

 

Quand Grand-mère revenait d’Anna Rouvière, illustré par Éric Battut
Éditions du Jasmin 12,50€

Mamythologie de Séverine Vidal, illustré par Lionel Larchevèque
Éditions Frimousse 11,50€

Public : A leur lire / Lecteurs débutants

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A part ça ?

Le salon de Montreuil est donc terminé pour cette année… Ça a aura été pour moi l’occasion de très belles rencontres. J’ai été heureux de parler avec des gens comme Pef (devant qui je me suis retenu de ne pas pleurer d’émotion), Émile Jadoul, Anne Crausaz, la très charmante Magali Le Huche, Cécile Hudrisier, Marie-Hélène Place, Caroline Fontaine-Riquier, le très sympathique Antoine Guillopé, Eléonore Zuber, l’excellente Natalie Tual dont la bonne humeur est contagieuse, Nathalie Infante, Martine Delerm, Domitille de Pressensé (qui m’a confirmé que les émilie vont être adaptés en dessin animé… on en parle très prochainement), la géniale Soufie, la reine Séverine Vidal, le très doux Chu-Liang Yeh, Sophie Roze, Wang Yi, Géraldine Collet, l’adorable Agnès Domergue, Laurence Van Gysel… Ils me font me dire que dans la littérature jeunesse il n’y a pas l’air d’avoir d’égo surdimensionné. Ces gens sont d’une gentillesse infinie pour la plupart. Et puis j’ai rencontré et parlé avec tellement d’éditeurs sympathiques, passionnés, intéressants… c’est dur d’en citer car je ne veux faire de peine à personne mais je pense à des gens comme Nathalie Infante des éditions Marie-Louise, Loïc Hamon des très belles éditions HongFei, Marie-Fleurette Beaudoin des éditions Planète Rebelle, Kamel M’Rad des éditions Samsara, Angela de GulfStream, Nathalie des éditions Usborne, Laure-Anne de Didier Jeunesse, Camille de La montagne secrète, les gens des éditions Notari, OQO, Picquier, Les éditions du Jasmin, Naïve, Talents Hauts, Oui’Dire, Les éditions des braques, Hélium, Les p’tits bérets, La maison est en carton, La souris qui raconte… Désolé pour ceux que j’oublie. Tant de conversations passionnantes avec ces gens qui ont tant à dire sur leur métier passionnant, sur les beaux livres qu’ils éditent. Merci à eux d’avoir supporté le garçon bavard que je suis.

Et je n’oublie pas la très belle rencontre avec la (très belle aussi mais bon) blogueuse Aurélie de Batifolire.

Ce salon m’a donné plein d’idées (Le « Coup de projecteur » qui commence demain, un livre d’or qui arrive,…), m’a donné raison de continuer ce blog (j’ai entendu tellement de jolies choses). Tout ça est tellement porteur, ça donne tellement d’oxygène…. MERCI ! (et à l’année prochaine !)

 Gabriel

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