La mare aux mots
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Anne Ferrier

Dis, tu peux lui demander… ? (Saison 2, 8/9)

Par 19 août 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, depuis le début de l’été vous pouvez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Raphaël, 12 ans : « Comment et pourquoi on décide de faire un tome supplémentaire à une série ? Est-ce que c’est décidé à l’avance ou alors c’est au fur et à mesure ? L’auteur doit-il faire avancer son histoire plus vite ou moins vite si on lui commande des tomes supplémentaires ? ». Les auteur-e-s Jean-Philippe Arrou-Vignod, Muriel Zürcher, Anne Ferrier et Gaël Aymon ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps que lui leurs réponses. Chacune des questions retenues L'Autruche n'a pas la chair de poulefait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Raphaël d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions Graine², L’Autruche n’a pas la chair de poule de Muriel Zürcher, un petit roman d’une nouvelle collection sur les émotions. Ici, on va rencontrer Thanaël, un garçon très à cheval sur les règles.


« Comment et pourquoi on décide de faire un tome supplémentaire à une série ? Est-ce que c’est décidé à l’avance ou alors c’est au fur et à mesure ? L’auteur doit-il faire avancer son histoire plus vite ou moins vite si on lui commande des tomes supplémentaires ? » (Raphaël 12 ans)

Jean-Philippe Arrou-Vignod :
J’ai toujours été un grand lecteur de séries. Comme écrivain, j’adore retrouver les mêmes personnages. Mais le risque, lorsqu’on écrit une série, c’est de se répéter. De tourner en rond, inconsciemment, comme quand on voit trop souvent des amis et qu’on finit par se lasser de ces moments qui se ressemblent trop.
Aussi, pour ma série Enquête au collège ou pour celle des Jean-Quelque-chose, je ménage du temps entre chaque épisode. J’attends que mes personnages me manquent pour me lancer dans une autre de leurs aventures. Comme les écrivains n’écrivent que très rarement sur commande, ils sont maîtres de leur emploi du temps et n’ont pas besoin d’enchaîner les épisodes à tout prix.
J’espère, ainsi, que mes lecteurs ne se diront jamais : « J’ai bien aimé les premiers titres de la série, mais les derniers sont moins bien ».

Mimsy Pocket et les enfants sans nomJean-Philippe Arrou-Vignod est l’auteur de la super série Enquêtes au collège (Gallimard Jeunesse). Il vient de sortir Mimsy Pocket et les enfants sans nom (toujours chez Gallimard Jeunesse) et une version CD de son roman Le camembert volant (Gallimard Jeunesse également).

Muriel Zurcher :
Salut Raphaël,
Il y a différentes sortes de séries.
Il existe des séries de livres dans lesquels le lecteur découvre une aventure/une enquête qui se termine à chaque tome. On dit que l’histoire est « bouclée ». Les personnages n’évoluent pas. Ils ont toujours le même âge et le même caractère. On peut lire les livres dans le désordre, ça ne gêne pas. Pour ce genre de série, tu as raison de penser qu’on envisage au fur et à mesure d’écrire des tomes… tant que l’auteur a envie, que le lecteur est au rendez-vous et qu’un éditeur est partant pour les publier.
À l’inverse, il existe des séries de livres dont chaque tome est la suite du précédent, comme si on avait découpé l’histoire en tranches parce qu’elle ne rentrait pas dans un seul livre. Dans ces séries « feuilletonnantes », les personnages évoluent en même temps que l’histoire. Pour ce type de série, tes deux hypothèses sont justes : certains auteurs ne prévoient pas à l’avance le nombre de tomes pour leur histoire : ils écrivent et ils voient ce que ça donne à la fin. D’autres préfèrent structurer leur histoire avec un plan pour savoir où et comment découper leur récit en plusieurs tomes. Mais dans tous les cas, c’est toujours le récit qui est aux commandes ! Il ne s’agit pas d’inventer une histoire qu’on pourrait raconter en un tome et de la délayer jusqu’à avoir plusieurs volumes. Ça ne marcherait pas, parce que le rythme du récit ne serait pas le bon, il serait « forcé », et le lecteur le sentirait.
Entre ces deux types de séries, il y a quantité de séries intermédiaires : la série dont chaque tome raconte une histoire bouclée, mais dont les personnages évoluent d’un tome à l’autre, la série dont chaque tome est bouclé mais qui annonce au départ à quel tome elle s’arrêtera (par exemple au 12e, s’il y a un tome par mois de l’année, ou au 4e s’il y a un tome pas année de collège, etc.), la série qui, à chaque tome, met en avant un des héros secondaires du premier tome, la série qui part explorer le passé du héros, etc. Dans tous les cas, une fois la série démarrée, il est important qu’elle rencontre son lecteur. Car, si après deux ou trois tomes, il n’y a pas assez d’acheteurs, l’éditeur ne sera probablement pas d’accord pour continuer à publier les suivants. S’il s’agit d’épisodes bouclés, ce n’est pas très grave. Par contre, s’il s’agit d’une série « feuilletonnante », le lecteur ne pourra jamais lire la fin… C’est frustrant !

toile de dragonMuriel Zürcher est auteure. Elle alterne les romans et les albums. Côté album elle a sorti récemment Pas tout de suite, bouille ! (Benjamin Médias) et Toile de dragon (Piquier Jeunesse), côté romans, La forêt des totems (Thierry Magnier).
Son site : http://minisites-charte.fr/sites/muriel-zurcher.

Anne Ferrier :
C’est une très très bonne question ! Et la réponse est… ça dépend ! 😉
En général, on décide à l’avance, parce qu’on sait qu’on a envie de faire vivre à notre héros beaucoup trop d’aventures pour un seul tome (ou alors le roman ferait 3854 pages. Au moins !). Alors on planifie son histoire sur plusieurs romans : il y a souvent un fil conducteur, qui va s’échelonner tout au long des différents volumes, et des histoires intermédiaires pour chaque roman. Par exemple, pour ma série Les Compagnons au loup, j’avais très envie de côtoyer mes personnages un long moment, je les aimais beaucoup, et je savais que pour être crédible, l’intrigue principale devait se dérouler en deux parties (mon héroïne recherche son père, car elle a été abandonnée), et il aurait été trop « facile » de lui faire retrouver sa trace aussi rapidement : j’ai donc décidé de construire cette quête en deux volumes.
Parfois, on ne sait pas exactement sur combien de romans on part, mais on sait que nos héros ont le potentiel pour vivre des quantités d’aventures différentes, alors on écrit tant qu’on a des idées et l’envie de vivre avec eux. Parce que quand on écrit, on vit avec ses personnages dans la tête 24 h/24, et au bout d’un moment, ça peut être pesant : c’est que c’est le moment de clore la série, et de passer à un autre univers.
Et tu as raison, parfois c’est l’éditeur qui commande des tomes supplémentaires et l’auteur doit se débrouiller pour que son arc narratif principal (le fil conducteur qui s’étire sur toute la série, que ce soit sauver un pays, retrouver une personne, lutter contre les forces du mal, conquérir sa liberté…) avance plus lentement pour s’étaler sur tous les tomes.

Dernier combatAnne Ferrier vient de sortir, avec Régine Joséphine, une nouvelle aventure des Chroniques étranges des enfants Trotter, Le dernier combat (Oskar) et un album chez Utopique, Mon extra grand frère.
Retrouvez-la sur son site : http://www.anne-ferrier.fr.

Gaël Aymon :
C’est décidé à l’avance. On ne me commande rien. Un de mes seuls privilèges, en tant qu’auteur, c’est ma liberté. C’est moi qui décide si je veux écrire une suite (L’anniversaire à l’envers) parce que j’aimais bien des personnages, ou si une histoire sera mieux en plusieurs tomes (Les héros oubliés) parce que l’idée est assez forte pour être développée sur toute une série. Je sais à l’avance comment une série va finir. Je ne m’embarque pas dans une histoire sans savoir où je vais amener le lecteur.

Les héros oubliésGaël Aymon alterne romans (Le conte des trois flocons, chez Bayard, et Aux portes de l’oubli, chez Actes Sud Junior, viennent de sortir) et albums (Perce-Neige et les trois ogresses, chez Talents Hauts est le dernier en date).
Retrouver ici l’interview que nous avions réalisée de lui.
Le site de Gaël Aymon : http://gaelaymon.com.

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Dis, tu peux lui demander… ? (Saison 2, 7/9)

Par 12 août 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Madeleine, 7 ans : « Dans certains livres, on trouve parfois après l’histoire des informations documentaires. Est-ce que c’est l’auteur qui écrit cette partie ? Si oui, est-ce qu’il doit faire des recherches pour savoir autant de choses ? ». Les auteur-e-s Sigrid Baffert, Mymi Doinet, Anne Ferrier, Lionel Larchevêque, Véronique Massenot et Isabelle Wlodarczyk et l’éditrice Galia Tapiero ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps qu’elle leurs réponses. Chacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question Igor et Souky à la tour Eiffelpermet donc à Madeleine d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions des éléphants, Igor et Souky à la tour Eiffel un album justement avec une partie documentaire écrit par Sigrid Baffert et illustré par Sandrine Bonini. Dans cet album (chroniqué ici), les deux héros récurrents visitent le célèbre monument parisien. Igor et Souky c’est une super série dont deux nouveaux tomes sortiront à la rentrée.


« Dans certains livres, on trouve parfois après l’histoire des informations documentaires. Est-ce que c’est l’auteur qui écrit cette partie ? Si oui, est-ce qu’il doit faire des recherches pour savoir autant de choses ? »
(Madeleine 7 ans)

Sigrid Baffert :
Bonjour Madeleine,
Plusieurs cas sont possibles : parfois, c’est l’auteur qui écrit cette partie, d’autres fois, il peut s’agir de l’éditeur, ou encore d’un « spécialiste » à qui l’éditeur fait appel lorsque le thème est très pointu.
L’intérêt de tels ajouts documentaires en fin de livre est d’élargir le sujet. Ça permet de donner à découvrir d’autres points importants que le récit n’a pas pu aborder, de préciser certains détails techniques, ou encore de nuancer un propos. Très souvent, ces recherches ont servi de tremplin en amont à l’auteur pour écrire l’histoire.
Car oui, la plupart du temps, l’auteur doit faire des recherches, il ne sait pas tout sur tout ! C’est justement ce qui est passionnant : il apprend des choses sur des sujets très variés qu’il n’aurait sans doute jamais abordés sans la nécessité de l’écriture, qu’il s’agisse ou non d’une commande.
Dans le cas des Mercredis d’Igor et Souky, une série d’albums de docu-fiction, c’est moi, l’auteur, qui effectue les recherches. Elles m’aident à aborder la partie fiction et sont écrites en premier, puis je me lance dans l’histoire. À la fin, on relit ensemble avec l’éditeur (les Éléphants), on affine. L’illustratrice de la série (Sandrine Bonini) dessine de petits cabochons pour aérer cette partie plus « aride ». Avec elle, tout devient digeste !
La première difficulté est qu’il faut faire des choix. « Qu’est-ce qui fait sens pour un enfant ? », il faut trouver des exemples imagés, percutants, insolites, amusants.
La seconde difficulté est qu’il faut sans cesse revérifier les sources et les données.
Il y a toujours la crainte de faire une erreur. On a beau relire cent fois, une information peut échapper ou évoluer, et une fois que le livre est imprimé, c’est trop tard ! Les chiffres et l’actualité se périment vite et certains sujets sont subjectifs.
Mais à vrai dire, les informations purement documentaires en fin d’ouvrage ne sont pas celles qui me posent le plus de difficultés. Les plus délicates sont celles qui sont distillées au sein même d’un récit de fiction. Quand on écrit un roman ou un album, il ne faut pas étouffer le lecteur avec un pudding de documentation, l’enjeu est de réussir à insérer les informations (techniques ou historiques) sans en avoir l’air, de les mêler à la narration de la manière la plus fluide et la plus naturelle possible, à travers l’action et les dialogues. Un bon auteur de fiction doit savoir coudre la technique dans l’ourlet de l’histoire avec du fil invisible.

Igor et Souky à la tour EiffelSigrid Baffert vient de sortir deux Igor et Souky aux éditions des éléphants (Igor et Souky à la tour Eiffel et Igor et Souky au zoo de Paris) côté albums et côté romans Juste à côté de moi (La joie de lire) et La fille qui avait deux ombres (l’école des loisirs). À la rentrée, on découvrira deux nouveaux Igor et Souky (Igor et Souky à l’Opéra et Igor et Souky dans les égouts). Retrouvez-la sur son site : www.sigrid-baffert.com.

Mymi Doinet :
Oui, j’aime tout particulièrement ce travail de documentaliste, une façon pour moi de devenir incollable sur bien des thèmes. Et puis je trouve qu’un mini documentaire venant compléter une fiction est une piste de découvertes interactives pour les p’tits loups qui font leurs premiers vrais grands pas dans la lecture.
J’ai ainsi tout spécialement créé une double d’infos documentaires pour Les animaux de Lou et désormais aussi pour la série mettant en scène la tour Eiffel (Premières lectures parues chez Nathan). Pour tout ce qui est des documentaires sur la faune par exemple, je demande une relecture attentive à des spécialistes animaliers et de Marc Giraud, « bestiologue » auteur naturaliste hors pair, qui connaît tout des animaux, du minus acarien à la giga baleine bleue.

La tour Eiffel à New York !Mymi Doinet est auteure. Elle a notamment écrit la série Les animaux de Lou et Les copains du CP (tous deux chez Nathan). Elle vient de sortir la suite de La tour Eiffel à des ailes, La tour Eiffel à New York, illustré par Mélanie Roubineau chez Nathan là encore.
Son site : http://mymidoinet.blogspot.fr.

Anne Ferrier :
En général, c’est l’auteur lui-même qui rédige la partie documentaire. On fait des recherches qui peuvent prendre du temps, c’est vrai, mais comme en général on a effectué ces recherches avant, pour écrire le roman lui-même (si on parle d’un personnage historique, ou d’un château qui existe vraiment, par exemple, il vaut mieux avoir fait des recherches avant d’écrire l’histoire, pour être sûr de ne pas raconter trop de bêtises), il n’y a plus qu’à récupérer les notes qui nous ont servi pour le roman, et hop ! le travail est déjà fait !
Et moi, j’adooooore effectuer des recherches, j’adore apprendre plein de choses qui ne me serviront sans doute jamais : par exemple, sais-tu que les tatouages existaient déjà à la préhistoire ? Et qu’en shimaore (la langue de Mayotte), un escargot est un kowa ? Bon, c’est vrai, c’est difficile à caser dans une conversation. 😉
Parfois, c’est l’éditeur qui se charge de la partie documentaire, parce qu’il souhaite quelque chose de très précis par exemple : dans la série sur l’enfance des héros arthuriens, à la fin de chaque album l’éditeur a souhaité insérer une petite BD qui reprend les éléments essentiels de l’histoire.

Dernier combatAnne Ferrier vient de sortir, avec Régine Joséphine, une nouvelle aventure des Chroniques étranges des enfants Trotter, Le dernier combat (Oskar) et un album chez Utopique, Mon extra grand frère.
Retrouvez-la sur son site : http://www.anne-ferrier.fr.

Lionel Larchevêque :
Bonjour Madeleine !
Dans les trois livres que j’ai faits pour la collection Le thé aux histoires, il y a d’abord une histoire et quelques pages documentaires sur le même thème. Pour le Graoully (un célèbre dragon qui vivait autrefois à Metz !), et La nuit du Kougelhopf c’est quelqu’un qui travaille au musée qui a aidé à écrire la deuxième partie du livre. Pour Mannele, c’est une pâtissière de talent qui a proposé une recette très gourmande !
Comme tu vois, ce sont à chaque fois des spécialistes de la question ! Je pense que c’est plus intéressant ainsi, car le lecteur peut apprendre davantage de choses, et moi aussi par la même occasion…
Car moi, pour écrire une histoire, j’ai souvent besoin de me documenter, et de lire beaucoup, mais je retiens peu de choses, je ne garde que des idées pour mon histoire. Chacun son métier ! 🙂

ManneleLionel Larchevêque a sorti il y a peu Mannele (aux éditions Feuilles de menthe, avec Clotilde Perrin). À la rentrée, on découvrira Je voulais un chat (chez Alice) et Joe, roi du lasso avec Sylvie de Mathuisieulx (chez Samir Éditeur).
Retrouvez-le sur son site : http://lionellarcheveque.blogspot.fr.

Véronique Massenot :
Chère Madeleine,
je pense qu’il y a plusieurs réponses à ta question, car tous les éditeurs ne fonctionnent pas de la même façon. Je vais donc te parler de mon expérience à moi, celle que je connais le mieux !
Dans la collection Pont des Arts, pour laquelle j’écris régulièrement des histoires inspirées par l’œuvre de grands artistes, les deux cas se sont présentés.
Pour mes premiers livres (Chagall, Hokusai, Le Corbusier, Picasso…) c’est moi, l’auteure de l’album, qui ai aussi rédigé la double-page documentaire terminant le livre – celle qui raconte la vie de l’artiste, son époque, sa manière de créer… Mais pour les suivants (le facteur Cheval ou Matisse) la formule a changé : maintenant, c’est l’éditeur qui s’en occupe directement avec son partenaire spécialiste de l’enseignement (CANOPÉ).
J’avoue que j’aimais beaucoup le faire. Ce n’était pas compliqué parce que, pour inventer l’histoire du livre, de toutes façons, je fais beaucoup de recherches sur l’artiste, sa vie, son travail, ses idées… (Quand c’est possible, je vais voir l’œuvre « en vrai » au musée, par exemple.) Ce que j’invente ensuite y est forcément relié. C’est d’ailleurs le but de cette collection : faire un pont entre les arts !
Cela dit, je participe toujours à cette dernière double-page. Car une partie de celle-ci (La marmite des auteurs) est désormais réservée aux créateurs du livre (texte et images) qui peuvent expliquer ce qui les intéresse chez l’artiste choisi et comment ils ont travaillé chacun : pourquoi l’auteur a-t-il eu l’idée de tel ou tel personnage, pourquoi l’illustrateur a préféré peindre de telle ou telle manière… C’est drôle parce que, finalement, au lieu d’être rédacteur du documentaire comme avant, l’auteur en est presque devenu une partie du sujet !

merci facteurVéronique Massenot a sorti cette année deux albums : Merci Facteur ! (illustré par Isabelle Charly, chez L’élan Vert, une petite vidéo pour le découvrir) et Le Vieux Tigre et le Petit Renard (illustré par Peggy Nille, toujours chez L’élan Vert).
Retrouvez-la sur son site : http://veroniquemassenot.net.

Isabelle Wlodarczyk :
Bonjour Madeleine,
En fait, ça dépend : parfois, ce sont des spécialistes qui écrivent la partie documentaire. Dans mes livres, je demande à la faire parce que pour gribouiller mes bouquins, je me documente beaucoup. J’aime bien ensuite raconter ce que j’ai lu, restituer les faits. Ça demande, comme tu le dis, de faire des recherches, un peu comme un détective : tu farfouilles dans les articles, les documents. Parfois, tu lis même des vieux papiers aux archives et tu te plonges dans le passé ! Il m’arrive de tomber sur des histoires incroyables, des disparitions étranges, des morts louches… C’est là que je puise mes idées de romans.

Voltaire écraser l'infâmeIsabelle Wlodarczyk est auteure. Elle vient de sortir Voltaire, écraser l’infâme chez Oskar et elle sortira prochainement deux ouvrages en rapport avec l’Odyssée d’Homère : L’odyssée d’Homère pour réfléchir (chez Oskar) et Pénélope d’après l’Odyssée d’Homère (chez Amaterra). Retrouvez-la lors de l’interview que nous avons fait d’elle et sur son site.

Galia Tapiero (Kilowatt) :
Bonjour Madeleine,
Parfois les informations documentaires sont écrites par l’auteur mais pas souvent. Cela dépend de l’auteur et aussi de la longueur et de la difficulté de la partie documentaire. Mais quelle que soit la personne qui écrit, il faut faire des recherches pour être sûr de ne pas se tromper, pour ne pas oublier des informations importantes, pour vérifier une date ou un nom. On fait des recherches sur internet et on va à la bibliothèque. C’est passionnant de découvrir un nouveau sujet et d’apprendre. Chez Kilowatt, la partie documentaire de l’histoire Les Beignets de ma mère a été écrite par l’auteur et l’éditrice. Marion le Hir de Fallois, l’auteur, avait déjà vécu en Louisiane et s’intéressait beaucoup au sujet de la ségrégation. C’est elle qui a eu l’idée de rajouter une recette de cuisine. D’autres auteurs ont envie d’écrire des histoires sans se soucier du documentaire. Chaque livre est unique.

Galia Tapiero est éditrice chez Kilowatt.
Le site de la maison d’édition : http://www.kilowatt.fr.

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Les invité-e-s du mercredi : Delphine Chedru et Anne Ferrier (+ concours)

Par 13 mai 2015 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, nous recevons tout d’abord Delphine Chedru, une auteure/illustratrice à l’univers original, très graphique. J’avais envie de lui poser des questions sur son travail. Ensuite, c’est Anne Ferrier qui a accepté de nous livrer un coup de cœur et un coup de gueule. Entre les deux, vous pourrez tenter de gagner un ouvrage grâce aux éditions Hélium. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Delphine Chedru

Delphine ChedruParlez-nous de votre parcours
J’ai fait des études de graphisme aux Arts Décoratifs de Strasbourg. Au sortir de cette école, j’ai exercé pendant 10 ans le métier de graphiste indépendante. J’ai eu un enfant, un fils qui a maintenant 12 ans, et suis alors retombée dans la littérature jeunesse. Je dis retombée car j’ai toujours eu un rapport très vivant et très fort avec la littérature jeunesse. Je n’ai gardé aucun de mes jouets mais j’ai par contre conservé presque tous mes livres d’enfant. Je me suis donc mise à dessiner et à écrire. Puis à aller à la rencontre des éditeurs. Et petit à petit les livres se sont faits. Aujourd’hui je ne fais plus de graphisme mais uniquement des livres.

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
Je travaille directement sur ordinateur. Je fais parfois un vague croquis auparavant mais très souvent je me mets directement devant l’écran. Je travaille avec un logiciel (Illustrator) qui me permet de dessiner des formes de couleurs, un peu comme s’il s’agissait de papiers découpés. Je définis en général une gamme de couleur par livre et me cantonne à cette gamme comme si j’avais juste quelques tubes de peintures à ma disposition. Le plus gros travail ensuite est celui de la composition. Encore une fois, comme si je travaillais avec des papiers, je cherche le placement, l’organisation de mon image. Une fois que celle-ci me convient, je passe à la suivante. Au fur et à mesure de mon travail, je visionne les unes après les autres les différentes pages afin de « tester » la compréhension, le rythme, l’évidence de mon histoire, de mon propos.

Chien rond chat carréQuelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant j’ai beaucoup aimé (et j’aime toujours car pour moi un bon livre jeunesse est un bon livre « tout court », c’est à dire que l’on peut prendre plaisir à le lire également en tant qu’adulte) Les trois brigands de Tomi Ungerer, Max et les Maximonstres ainsi que Petit ours de Maurice Sendak, L’arbre, le loir et les oiseaux d’Iela Mari, les Histoires de Souris d’Arnold Lobel, Apoutsiak de Paul Emile Victor, et les Histoires comme ça dans la version illustrée par l’auteur, de Kipling. Une fois adolescente j’ai aimé les livres de Bernard Clavel, de Michel Tournier, ou le Pays où l’on arrive jamais d’André Dhôtel.

Quels sont, actuellement, les illustrateur-trice-s qui vous touchent particulièrement ?
J’ai de la chance car je partage un atelier avec des personnes dont j’admire le travail : Aurore Callias, Manu Boisteau, Marc Boutavant, Emile Bravo, Julien Magnani. Par ailleurs j’aime beaucoup le travail de Katsumi Komagata, de Paul Cox, et de Kitty Crowther.

La chasse aux papillonsPouvez-vous nous parler de votre magnifique album La Chasse aux papillons ?
J’avais envie de faire un livre sur une poursuite… Où tout au long du livre, le lecteur espère trouver ce petit papillon que l’on voit en première page mais n’arrive pas, comme le petit renard, à le débusquer. C’est aussi un livre de cache cache, comme certains que j’ai déjà faits, autour des formes. Une forme pouvant en cacher une autre, et une souris peut ressembler à un papillon. J’ai utilisé une gamme colorée relativement douce avec des couleurs que je n’emploie pas généralement (le rose, le kaki, et le saumon) qui donnent, à mon sens, une certaine douceur à l’album.

Quels sont vos projets ?
Comme souvent je travaille sur plusieurs projets en même temps. Je viens de finir un abécédaire. Je suis en train d’illustrer des poésies anglaises du 19eme siècle et je réfléchis à une série de livres pour tout petits.

Bibliographie sélective :

  • Mon pop-up des bisous, illustration d’un texte d’Eric Singelin, Nathan (2015).
  • Myrtille, illustration d’un texte d’Isabelle Rossignol, l’école des loisirs (2015).
  • Chien rond et chat carré, texte et illustrations, Hélium (2015).
  • Bonjour au revoir, texte et illustrations, Albin Michel (2014).
  • Le livre-tapis des animaux, illustrations, Actes Sud Junior (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Ma première crèche, illustration d’un texte de Caroline Pellissier et Virginie Aladjidi, Nathan (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Jour de neige, texte et illustrations, Autrement (2013).
  • La chasse aux papillons, texte et illustrations, Hélium (2012).
  • Que deviennent les ballons lâchés dans le ciel ?, texte et illustrations, La joie de Lire (2010).
  • L’arbrier, texte et illustrations, Albin Michel (2010).
  • Quand tu dors…, texte et illustrations, Gallimard (2010).
  • Loup y es-tu ? Me vois-tu ?, texte et illustrations, Naïve (2009).
  • La petite bête qui monte, texte et illustrations, Hélium (2009).

Concours :
Comme je vous l’annonçais en début d’article, Hélium vous propose de gagner un exemplaire de Chien rond et chat carré. Pour cela, il vous suffit de commenter cet article, nous tirerons parmi les réponses ! Vous avez jusqu’à mardi, 20 h !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Anne Ferrier

Régulièrement, un acteur de l’édition jeunesse (auteur, illustrateur, éditeur…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé. Cette semaine, c’est Anne Ferrier qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Ce qui me tord vraiment les tripes depuis des semaines, c’est la nouvelle réforme de l’éducation nationale annoncée pour 2016. C’est le naufrage de l’École, une véritable catastrophe, un déni total de la réalité et de notre travail. Je suis en colère, mais surtout très triste.
Les horaires dévolus au français deviennent ridicules et les programmes ne sont plus que sont plus que fantômes creux, inconsistants, pâles vestiges d’une littérature riche et vivifiante !
Pour donner un exemple concret, quand j’étais élève de 6è, j’avais 8h de français par semaine. Actuellement, les 6è en ont 4h30. Avec la réforme, ils bénéficieront de généreuses 3h30. Nous perdons des heures à tous les niveaux, et il faudra de plus utiliser cette pauvre quotité horaire pour faire des Projets Interdisciplinaires, qui sont sans aucun doute fort intéressants, mais certainement pas À LA PLACE des cours ! Comment réinvestir dans des projets divers et variés quand on n’a pas acquis les bases ?
(et après, on s’étonne des cours d’orthographe imposés en fac ou dans les grandes écoles ?)
Les nouveaux programmes font disparaître TOUTE allusion à des auteurs, quels qu’ils soient, et à la place apparaissent des films, séries télévisées, documentaires, presse, arts numériques, …
Mais, et la littérature ? La culture patrimoniale ? Hugo, Verne et Marivaux, Molière, Zola, Shakespeare, La Fontaine et Aragon ?
On va priver des quantités d’élèves de l’accès à la langue, à la beauté de la langue, à la lecture, au plaisir des romans et des histoires en rabotant à l’extrême ce qui existe, qui n’est pas parfait certes, mais qui permet au moins de garantir une éducation nationale.
La réforme va creuser de façon terriblement injuste le fossé entre ceux qui ont déjà accès à la culture et ceux qu’on cantonnera à Plus belle la vie (si si, nos programmes stipulent désormais en toutes lettres  « fictions audiovisuelles», à la place de « romans, contes, théâtre, poésie ») parce qu’ils ont du mal à lire, parce qu’ils ont peur des livres et des bibliothèques, parce qu’écrire une phrase correcte et donc la déchiffrer à l’écrit leur est compliqué.
Et au lieu de les aider à défricher les chemins de la connaissance, de les amener à la compréhension des textes et du monde, avec exigence (non, l’exigence n’est pas un gros mot : c’est respecter l’homme en chacun de nous, c’est croire dans les capacités de réflexion et de progression de tout enfant, quel qu’il soit), on va les abandonner, avec un mépris insupportable.
Fin de « l’ascenseur social ».
Fin aussi du latin, du grec, des classes bilangues jugées trop élitistes, bienvenue au nivellement par le bas, à la médiocrité. Au renoncement.
Aragon écrivait : « La littérature est une affaire sérieuse pour un pays, elle est au bout du compte, son visage. »
Quel visage allons-nous offrir au monde, désormais ?

En comparaison, mon coup de cœur est assez naïf, je crois.
Pourtant je ne cesse de m’émerveiller devant les sursauts de solidarité, les trésors d’humanité et de bonté que l’être humain sait trouver pour contrer la connerie violente, l’intolérance, le racisme, la peine de mort et la bêtise crasse du quotidien. Tous ces élans spontanés d’individus qui finissent par former une foule, tous les « Je suis… » du monde opposés à ceux qui tuent, violent, asservissent. Tous ces mouvements porteurs d’espoir et d’émotions, de rires et de larmes mêlés, qu’il s’agisse de sauver des enfants, des jeunes filles, des arbres ou des loups, qui me laissent croire que l’homme n’est pas que cet être violent, cupide, sournois et cruel dont il a tendance à montrer le visage monstrueux plus souvent que sa face humaniste.
Je veux croire en cela, en la beauté et la lumière de l’humanité.
Parce que sinon, autant se jeter sous les trains.

Anne FerrierAnne Ferrier est auteure.

Bibliographie sélective :

Retrouvez la sur son site : http://www.anne-ferrier.fr.

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Un petit tour en Bretagne

Par 22 janvier 2015 Livres Jeunesse

au pays des korrigans La ville d’Ys a été construite au milieu de la mer, elle est protégée par de hautes murailles. Seulement un jour, le diable décide de s’y introduire…
Parce que des korrigans ont exaucé un vœu à l’un de ses amis, un bossu décide d’aller à leur rencontre.
Yvain, qui a été enfermé par le chevalier noir, va être heureux de rencontrer la fée Luned.
Fañch était un marin paresseux, mais un jour il sut se rendre utile…
Après le (très bon) recueil de contes bretons pour les grands, Tristan Pichard s’intéresse aux plus jeunes. Au pays des korrigans réunis donc quatre contes parfaitement adaptés aux plus jeunes. Pour relier les contes, une petite souris accompagne les enfants, elle est un acteur de l’histoire en plus d’en être la narratrice. L’idée est vraiment bonne (tant l’adaptation pour les plus jeunes que ce personnage fil conducteur) même si j’avoue que personnellement j’ai été un petit peu lassé des jeux de répétitions dans l’écriture et que je n’ai pas accroché aux illustrations (mais ces deux bémols sont très subjectifs !)
Un mini recueil de contes bretons pour les plus jeunes.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Mamie PikMamie Pik se lève et se prépare pour une bonne journée ! Sa coiffe déjà en place, elle nourrit les poules, arrose les laitues puis s’en va au bourg avec Naig.
Hubert Rublon nous propose un personnage haut en couleur et s’amuse avec les expressions bretonnes. J’ai retrouvé des tas de mots et expressions entendus dans mon enfance. Même si j’ai regretté le fait que l’histoire ressemble à une succession de scènes, j’ai été totalement séduit par Mamie Pik, tant au niveau du graphisme que des dialogues.
On a envie d’avoir une mamie comme Mamie Pik !

LancelotUn bébé a été trouvé par Viviane, la Dame du Lac. L’enfant grandit sans connaître pas son nom, mais très vite il devient le meilleur chevalier au monde, à tel point qu’il rejoint les chevaliers de la Table ronde à ses 18 ans. Son nom, il l’apprendra un jour sur une tombe : Lancelot.
Après Merlin, Arthur et Morgane, c’est donc Lancelot que nous racontent Anne Ferrier et Christelle Le Guen. C’est chaque fois une joie de retrouver cette série entre la BD et l’album jeunesse. De découvrir (ou redécouvrir) les héros de la Table Ronde qui font partie de l’Histoire de la Bretagne.
Le nouveau tome d’une super série qu’on est toujours heureux de retrouver et dont on attend la suite avec impatience.

Les bétises de GondoloGondolo est un petit garçon habitué aux bêtises. Quand il doit garder deux cochons au marché les voilà bientôt qui s’enfuient en bousculant tout sur leur passage. Un jour, avec des amis, il va visiter un bateau… sauf que le bateau s’en va…
Quelle bonne idée que d’éditer ce vieil album de Marguerite Paulet décédée en 1979. Les illustrations sont magnifiques et le texte n’a pas pris une ride. En fin d’ouvrage, une partie documentaire nous parle de la Bretagne des années 30 et de Marguerite Paulet. On apprend notamment l’origine du contenu de l’album : c’est un cahier destiné à ses propres enfants.
Un magnifique ouvrage sur la Bretagne de nos Arrière-grands-parents.

La pierre magique des korrigansUne nuit d’hiver, une femme frappe à la chaumière de Louis et Marie. On laisse entrer la jeune mendiante et on lui propose une assiette. Pour les remercier, celle-ci leur raconte une histoire de korrigans…
Après la Bretagne de 1930, on a rendez-vous maintenant en 1850 (là aussi, une partie documentaire en fin d’ouvrage raconte la vie dans les campagnes bretonnes à cette époque). Une histoire de korrigans, sortes de lutins bien connus des Bretons, et de malédiction.
Un conte qui devrait séduire tous ceux qui aiment les légendes bretonnes.

Quelques pas de plus…
Retrouvez tous les livres que nous avons chroniqués sur le thème de la Bretagne regroupés dans un tableau Pinterest.

Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Tristan Pichard (Contes traditionnels de Bretagne et Égaux sans Ego), Anne Ferrier (Un crocodile dans le ventreLes pierres de prophétieLa meneuse de bêtesLa malédiction Shakespeare, Le chien des ténèbres, Merlin, l’enfance d’un enchanteur, Arthur, l’enfance d’un roi, Morgane, L’enfance d’une magicienne et Petit pot de colle), Christelle Le Guen (Merlin, l’enfance d’un enchanteur, Arthur, l’enfance d’un roi et Morgane, L’enfance d’une magicienne) et Christine Corniolo-Baillot (Le phrare à pas comptés). Retrouvez aussi notre interview d’Anne Ferrier et Christelle Le Guen.

Au pays des korrigans, 4 Contes et Légendes de Bretagne
Textes de Tristan Pichard, illustrés par Pylb
Locus Solus dans la collection Minus
12,90 €, 188×218 mm, 48 pages, imprimé en Italie, 2014.
Mamie Pik
d’Hubert Rublon
Locus Solus dans la collection Minus
11,90 €, 210×248 mm, 40 pages, imprimé en France, 2014.
Lancelot, l’enfance d’un chevalier
Texte d’Anne Ferrier, illustré par Christelle Le Guen
Éditions Millefeuille dans la collection La Table Ronde
12,70 €, 205×255 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Les bêtises de Gondolo
de Marguerite Paulet
Éditions Millefeuille dans la collection Jadis en Bretagne
12,50 €, 220×220 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
La pierre magique des korrigans
Récit de Marjolaine Pereira, scénario d’Isabelle Lamort-Robert, illustré par Christine Corniolo-Baillot
Éditions Millefeuille dans la collection Jadis en Bretagne
12,50 €, 220×220 mm, 36 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-reponsable, 2014.

À part ça ?

La mare aux mots recrute !

Gabriel

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Vous dansez ?

Par 7 avril 2014 Livres Jeunesse

Tourne, tourne, tourne
Ça va tourner les p’tits jupons
Chauffe, chauffe, chauffe
Ça va chauffer les p’tits chaussons
Danse, danse, danse
Ça va danser dans les foyers
Danse danse danse, Henri Dès.

Aujourd’hui, on va parler de danse ! Que ce soit chez nous en écoutant de la musique ou carrément à l’opéra, aujourd’hui on va bouger en rythme, avec grâce… ou pas ! Et l’on commence par des livres pour les petits.

Coco DanseAttention le spectacle va commencer ! Tout le monde est bien installé ? L’éléphant s’avance, fait quelques pointes pendant que la souris chante. La chanson continue, les autres animaux rejoignent la scène avec grâce. Mais tout à coup, les paroles de la chanson prennent une tournure à laquelle on ne s’attendait pas… et c’est la cata !

The show must go on ! Peu importe ce qu’il se passe, le spectacle doit continuer (d’ailleurs, le public est ravi !). Avec beaucoup d’humour, Dorothée de Monfreid nous fait assister à un drôle de spectacle. Parle-t-on ici aussi de jalousie ? Un bien joli petit album cartonné sur le spectacle et la danse.
Le même vu par Des livres, etc.

Viens danser !Souris est triste… Il lui faut de la musique, une musique gaie. Elle allume sa radio et voilà que l’envie de danser est irrésistible. Elle bouge en rythme, se déhanche et elle est bientôt rejointe par la Tortue. Toutes les deux dansent maintenant quand arrive Loup puis Crocodile, Hippopotame, Éléphant, Chimpanzé et Ours. Ça danse dans tous les sens ! Mais tout à coup… la musique s’arrête ! Que va-t-on faire ?

On danse dans Viens danser ! de Natacha de Bradké et Émilie Philipot ! Au son des onomatopées, tout comme les héros de l’histoire on est dans le rythme, on a envie de bouger. Ici, en plus de parler de danse, on évoque le bonheur d’avoir des amis, de partager, de ne pas être seul. Un très chouette album coloré et cartonné pour les tout-petits.
Le même vu par Enfantipages.

ma poupée ballerinePour son cinquième anniversaire, sa mère lui avait fabriqué une poupée avec une étoile sur le nombril. La petite fille aimait habiller sa poupée en danseuse. Avec son tutu, elle lui ressemblait vraiment. Mais un jour, alors qu’elle l’a amené à son cours de danse, la poupée tombe du sac… les chaudes larmes n’y firent rien, la poupée restait introuvable.

Ma poupée ballerine est un bel album sur l’amitié entre un enfant et sa poupée. La danse n’est pas ici le sujet, mais elle est en arrière-plan. Les illustrations de Junko Shibuya tout en tissus brodés sont très particulières, on accroche… ou pas ! Une très jolie histoire sur une petite danseuse et sa poupée en tutu.
Le même vu par Enfantipages et Maman Baobab.

EntrechatsMacha est le genre de petite fille qui adore s’amuser avec ses camarades. Ses jeux préférés ? Monter aux arbres, chat perché, le foot et se bagarrer ! Alors forcément quand les petites filles passent à côté d’elle, elles rigolent… C’est quoi cette fille qui joue à des jeux de garçons (sic). Macha en a assez ! Elle voudrait avoir des amies et décide de s’inscrire à la danse. Comme le dit Mlle Petitpas, son professeur, il va falloir beaucoup travailler !

Le début m’a un peu dérangé, le côté « jeux de filles »/« jeux de garçons »… et la fin m’a surpris (un retournement de situation des plus plaisants). Même si l’histoire manque un peu de crédibilité (la petite fille qui aime la bagarre et le foot et qui a d’un coup envie de faire de la danse… et devient la meilleure élève en peu de temps…), voilà un album plein d’humour avec des illustrations qui font un peu BD, un album qui déconstruit (un peu maladroitement) les stéréotypes sexués.

Moussy & le fantôme de l'opéraMoussy va passer le concours d’entrée à l’Opéra seulement voilà, la souris n’est pas aussi menue que les sœurs Fluettes et l’on se moque d’elle, la qualifiant de grassouillette. Moussy décide de se priver quand vient l’heure du repas, seulement passer un concours le ventre vide… ce n’est pas l’idéal.

On vous a parlé régulièrement de Moussy la souris petit rat, le personnage créé par Nathalie Infante dont les aventures se lisent généralement dans des livres à dérouler (on ouvre des pans au fur et à mesure de l’histoire et quand on arrive à la fin on a déplié une grande image). On ne pouvait pas vous parler d’ouvrages sur la danse sans vous reparler de Moussy et c’était l’occasion de vous présenter ceux qu’on n’avait pas encore chroniqués. Donc ici, on parle de surpoids, de la « norme », des moqueries et surtout de s’assumer. Une histoire tout en rimes et aux couleurs qui pétillent.

La souris petit ratMoussy a été sélectionnée, elle va participer à un spectacle et elle va même avoir un bel habit cousu sur mesure. Seulement, voilà… quand Moussy vient le chercher, un fantôme se manifeste et la prévient qu’il ne la laissera pas en paix si elle touche à ce costume…

Autre aventure de la petite souris de Nathalie Infante, donc, avec ici une histoire de fantôme… qui n’est peut-être pas ce qu’on croit ! On parle ici de la peur, de la jalousie, de la compétition. Et c’est ici aussi un livre à dérouler avec un texte en rimes et plein d’humour (et de suspense !). Moussy c’est vraiment un héros qu’affectionnent les enfants.

Un crocodile dans le ventreCerise aime danser. En tutu et chaussons, elle fait des pointes et des entrechats. Plus tard, elle sera petit rat ! Seulement, depuis que son papa est parti, Cerise est triste, chaque nuit elle se relève en cachette pour manger ce qu’elle trouve dans les placards. Bientôt, elle ne rentre plus dans ses vêtements de danse. Maman se fâche, une danseuse, ça doit être mince ! Peu de temps plus tard, Cerise est même renvoyée du cours de danse…

Ici, on parle du diktat de la minceur que les danseuses connaissent bien. Cerise est bien triste de ne plus être dans les normes… mais très vite, elle apprendra qu’il n’y a pas qu’une forme de danse et que tout le monde n’a pas les mêmes exigences. Même s’il y a quand même quelques maladresses (en gros, parce qu’elle a des rondeurs elle est faite pour la danse africaine, un cours de danse exige rarement de ses danseuses d’être filiformes… surtout un cours de danse où les danseuses ne sont pas en chignon…), c’est un album pour s’aider à s’accepter et trouver sa voie.

Pieds de cochonsUn vieux loup maigre et miteux découvrait un nouveau quartier de la ville quand il tomba sur une affiche : Le lac des truies, les ballets de Bayonne, chorégraphie : Jean Bon d’York ! Le texte était déjà alléchant, mais la photo encore plus : des petits cochons merveilleusement juteux étaient représentés. Il lui fallait entrer, et bondir sur la scène pour dévorer les petits danseurs… sauf que…

Pieds de cochons de James Marshall et Maurice Sendak a quand même pris un sacré coup de vieux ! Tant dans les illustrations que dans la mise en page, mais quelle histoire originale ! Le loup va se laisser surprendre par la beauté de la danse et oublier pourquoi il est là. C’est aussi ça l’art, ça nous cueille, nous transporte, nous fait oublier le reste.

Rose et automateIl avait été abandonné depuis longtemps, si longtemps qu’il ne sait plus depuis quand. Il avait fallu un petit rat pour le sortir. Elle lui avait souri, l’avait caressé, dépoussiéré, ça l’avait tant ému. Puis elle lui a même parlé, cherché le reste de son corps (car il n’y avait qu’une tête) et avec l’aide du vieux machiniste elle l’a entièrement remonté. Quand il a été enfin complet, il s’est mis à danser, la petite fille n’avait plus qu’une envie… danser avec lui !

Mais qu’elles sont belles les planches de François Roca ! La grande taille de l’album les met parfaitement en valeur et l’on admire le travail de l’illustrateur à chaque page. Son acolyte (ils ont signé plusieurs albums ensemble), Fred Bernard a écrit un texte extrêmement poétique, l’histoire d’un vieil automate retrouvé par une jeune danseuse, et surtout l’histoire de celle-ci qui va se battre pour réhabiliter l’automate. On parle aussi ici du plaisir de danser. C’est extrêmement beau, le genre d’album dont on ne se sépare pas.

On quitte les albums pour passer aux documentaires.

JOSEPHINE Baker la danse libéréeAu milieu des années 20, une jeune fille danse devant un public médusé, elle est à moitié nue et elle a conquis le public européen. Ce n’était pas gagné pour la jeune Joséphine que tout le monde appelle Tumpie. Née dans une famille pauvre, elle a commencé à travailler à huit ans comme femme de ménage. Elle a tout fait pour quitter cette misère et vivre de sa passion : la danse.

Joséphine Baker, la danse libérée est un petit livre sorti dans la collection Des graines et des guides dont on vous a déjà parlé ici. Une super collection qui, chaque fois, nous présente un homme ou une femme qui a marqué l’histoire, la culture. Construits comme de courts romans, légèrement illustrés, c’est chaque fois une lecture passionnante. Ici donc on va mieux connaître la vie de cette danseuse qui a marqué la France des années 20 et dont la générosité reste célèbre. On regrette juste parfois que l’auteur n’ait pas plus détaillé certaines choses, certaines périodes, passant trop vite à la suite. Encore un livre très intéressant de la collection Des graines et des guides chez À dos d’âne.

Les arts de la danseLes arts de la danse de Carole Laffon sorti chez Mango jeunesse est un documentaire dont la couverture matelassée avec sa belle photo attire. Les photos intérieures sont un peu moins sympa… Elles semblent parfois datées et ne sont pas toujours en adéquation avec le texte (par exemple, pour accompagner un texte sur le fait de danser pieds nus à partir de trois ans… on voit des enfants en chaussures !). Ici, on parle des différentes danses, de quand commencer, des vêtements, des cours… le livre aborde vraiment tout des premiers pas aux professionnels. Mais c’est un peu fouillis… En fin d’ouvrage, on trouve des quizz sur l’art de la danse et un vocabulaire technique. Un documentaire à destination des plus jeunes pour une première approche, qui aurait mérité des photos plus adaptées et un classement plus réfléchis.

La danse racontée aux enfantsNous (j’ai demandé son avis sur ces trois documentaires à ma compagne qui a fait de la danse pendant plusieurs années) avons été plus enthousiastes sur La danse racontée aux enfants de Christine Beigel sorti chez De la Martinière jeunesse. Déjà, ici les photos sont superbes, les thématiques claires et la mise en page attrayante. L’Histoire de la danse, les différentes danses, les costumes, les décors, la danse au cinéma… les thèmes sont un peu les mêmes que dans l’ouvrage précédent, mais ici on parle moins des cours de danse, c’est plus un livre sur l’art de la danse que sur son apprentissage. Mais voilà un livre extrêmement réussi visuellement qui donne donc envie de s’y plonger, un livre original qui traite de sujets qu’on ne trouve pas souvent dans les livres pour enfants. Mais ça reste quand même un ouvrage qui s’adresse aux plus grands par rapport à Les arts de la danse.
Le même vu par Enfantipages.

Copains de la danseOn termine par un classique : la collection Copains et son tome sur la danse : Copains de la danse. Ici, c’est extrêmement complet. Plus de 250 pages pour explorer la danse, son Histoire, les différentes danses, les vêtements… mais ici on va aussi voir la fabrication d’un chausson de danse ou savoir qui a inventé les pointes, voir la différence entre le vaudeville et le music-hall, s’essayer au smurf et apprendre à se faire un cataplasme à l’argile. On est proche ici de l’encyclopédie ! Copains de la danse est un livre extrêmement complet, richement illustré (avec des dessins pleins de modernité et des photos très bien choisies). LE livre pour tout savoir sur la danse.

Quelques pas de plus…
D’autres livres qui parlent de danse que l’on a chroniqués : Jeu de piste à LondresL’ours qui danseLes ailes de la sylphideIsadora DuncanFlamingo, La catcheuse et le danseur, Moussy, danseuse de balai, Je danse à l’Opéra, Petites danseuses, Lilichou l’atelier ballerines, Tonnerre de catch, Danse, Prosper, danse ! et Philo mène la danse.

Coco danse
de Dorothée de Monfreid
L’école des loisirs dans la collection Loulou & Cie
10,70 €, 205×205 mm, 24 pages, imprimé en Malaisie, 2009.
Viens danser !
de Natacha de Bradké et Émilie Philipot
L’école des loisirs
11,20 €, 191×220 mm, 28 pages, imprimé en Malaisie, 2011.
Ma poupée ballerine
de Junko Shibuya
Autrement
12,50 €, 170×230 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2013.
Entrechats
Texte de Rosine & Claire Wortemann
p’titGlénat dans la collection Vitamine
11 €, 306×215 mm, 24 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Moussy & Le fantôme de l’opéra
de Nathalie Infante
Les Éditions Marie-Louise dans la collection Roll Story
6€, 160×120 mm, 18 pages, imprimé en France, 2010.
Moussy la souris petit rat
de Nathalie Infante
Les Éditions Marie-Louise dans la collection Roll Story
6€, 160×120 mm, 18 pages, imprimé en France, 2009.
Un crocodile dans le ventre
Texte d’Anne Ferrier, illustré par Roseline d’Oreye
Pastel
11,20 €, 180×250 mm, 35 pages, imprimé en Belgique, 2008.
Pieds de cochons
Texte de James Marshall, illustré par Maurice Sendak
L’école des loisirs
13,70 €, 200×230 mm, 30 pages, imprimé en France, 2001.
Rose et l’automate de l’opéra
Texte de Fred Bernard, illustré par François Roca
Albin Michel Jeunesse
19 €, 290×365 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Joséphine Baker la danse libérée
Texte de Marianne Stjepanovic, illustré par Pauline Sciot
Éditions À dos d’Âne dans la collection Des graines et des guides
7,50 €, 105×150 mm, 50 pages, imprimé en Italie, 2013.
Les arts de la danse
Textes de Caroline Laffon
Mango dans la collection Qui sommes nous ?
13,50 €, 255×310 mm, 59 pages, imprimé en Chine, 2012.
La danse racontée aux enfants
Textes de Christine Beigel
De la Martinière Jeunesse
14,50 €, 291×262 mm, 70 pages, imprimé en France, 2012.
Copains de la danse
Textes d’Agnès Izrine, illustrés par Sophie Lebot, Jérôme Brasseur et Claude Cachin
Milan dans la collection Copain
14,95 €, 195×255 mm, 254 pages, imprimé en Chine, 2013.

À part ça ?

l'age heureuxAnnées 60, Delphine, petit rat à l’Opéra de Paris, a été choisie pour interpréter un grand rôle dans Galatée. Certains ne comprennent pas pourquoi c’est elle et non pas la très sage et très talentueuse Julie. Mais le maître n’en démord pas, ça sera elle. Un soir, Delphine et ses amies réussissent à monter sur les toits de l’Opéra, ce qui est formellement interdit. Julie en profite pour les enfermer à l’extérieur afin qu’elles se fassent avoir et punir. C’est grâce à une amie que j’ai connu L’âge Heureux, une série de 1966 qui existe en DVD. Quatre épisodes de 50 minutes en noir et blanc dans lesquels on suit donc de jeunes danseuses de l’Opéra de Paris. On est plongé dans les années 60 avec ses rites, sa mode, sa vie quotidienne mais aussi, donc, dans la vie des petits rats de l’Opéra de Paris. L’intrigue principale rend le tout passionnant. Une série à découvrir de toutes urgences, que vous aimiez la danse ou pas.
Une vidéo composée d’extraits.
L’âge heureux de Philippe Agostini, d’après un roman d’Odette Joyeux, autour de 20€.

Gabriel

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