La mare aux mots
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Anne Sol

« Ah non, pas un livre, c’est pour un garçon ! »

Par 20 janvier 2014 Livres Jeunesse

Le titre de cette chronique est une phrase que j’ai entendue en tant que vendeur, comme de nombreux vendeurs qui, comme moi, ont travaillé dans des magasins où l’on vend à la fois des jouets et des livres. Pour certaines personnes, on offre donc des livres aux filles et pas aux garçons. Vous l’aurez compris, une nouvelle fois, on va parler de sexisme.

A calicochonDans la famille Porchon, il y a Monsieur Porchon (qui a un important travail), Patrick et Simon Porchon (qui vont dans une importante école) et Madame Porchon (qui fait la vaisselle, le ménage, la cuisine… avant de se rendre à son travail). Le matin, avant que Monsieur porchon parte à son important travail et que les enfants partent à leur importante école ils demandent à Madame Porchon de se dépêcher d’apporter le petit déjeuner. Quand ils rentrent, ils demandent à Madame Porchon de se dépêcher de faire le dîner. Mais un jour, Madame Porchon n’est plus là pour préparer le repas, faire la vaisselle, le ménage, le repassage…

À calicochon est un album parfait pour dénoncer les inégalités face aux tâches ménagères. Madame Porchon a beau avoir un travail, c’est d’elle qu’on attend qu’elle fasse tout ce concerne le foyer. Visuellement, c’est un album très intelligent. Au départ, Madame Porchon n’a pas de visage, petit à petit Monsieur Porchon, Simon et Patrick se transforment en cochons… Même si je ne suis pas fan du trait d’Anthony Browne (oui, je sais que je vais choquer certains), il y a tellement de trouvailles visuelles que j’ai trouvé cet album tout simplement génial. Un album qui date de 1986… et qui est toujours, malheureusement, d’actualité !

Si papa si maman...Et si… Si papa était plus petit que maman, s’il avait peur des araignées, s’il portait une jupe… serait-il toujours papa ? Et maman… Si elle réparait le lave-linge, si elle était plus sévère que papa, si elle conduisait une grosse moto… serait-elle toujours maman ?

Voilà de drôles de questions, comme le dit l’album et pourtant ces questions sont une bonne base de réflexion de ce qu’on attend d’une femme et d’un homme dans notre société. La douceur chez une femme et la sévérité chez un homme. Les travaux physiques pour un homme et les tâches ménagères pour une femme. Là aussi, j’ai un peu plus de mal avec les illustrations (comme je l’ai déjà dit, je ne suis pas fan du travail de Bruno Heitz) et je trouve que certains « exemples » vont peut-être un peu loin pour ce genre d’album et parasitent le propos (si maman avait de la barbe et si papa portait les bébés), mais voilà un livre très bien fait pour parler avec les enfants des différences supposées entre les sexes et déconstruire ces stéréotypes.

A quoi tu joues ?Les garçons, ça ne fait pas de la danse… ça serait trop ridicule ! De même, ça ne joue pas à la dînette. Quant aux filles, ça ne joue pas au foot et ça ne joue pas aux voitures… Ce sont des filles !

Ici encore, un très bon livre pour discuter des stéréotypes sexistes. On voit donc des affirmations sexistes face à des photos qui illustrent le propos, et sous les volets des photos qui déconstruisent les clichés (par exemple à l’intérieur de la page Les garçons ça joue pas à la poupée, on voit un papa qui donne à manger à son enfant). À l’heure où des manifs s’organisent pour qu’on sauvegarde les stéréotypes (on marche sur la tête…), il est important que ce genre d’album existe. Ici, c’est avec le texte que j’ai eu parfois du mal, les phrases sont très « parlées », par exemple les phrases négatives ne contiennent pas de « ne » (les filles ça peut pas piloter des avions, les filles c’est pas bricoleur…) ou des « c’est » à propos d’un pluriel (c’est des filles). Mais les photos d’Anne Sol (qu’on a interviewé il y a peu) sont superbes, le principe de l’album est très bon (même si l’on peut toujours se demander si le second degré passe vraiment auprès des enfants). Un très bel album qui a bénéficié d’un partenariat avec Amnesty International et qui a reçu le prix Sorcières en 2010.

Quelques pas de plus
Retrouvez tous les livres anti-sexistes sur notre fiche thématique (et ma chronique à ce sujet sur Aligre FM).
Nous avons déjà chroniqué des albums de Bruno Heitz (L’Histoire de France en BD : De la Gaule romaine à l’an mil et Le petit Cépou), Marie-Sabine Roger (Rikimini et 8 histoires à lire à deux, Les tartines au két-cheupe et La princesse de Fertabelle et la princesse de Fertamaline) et Anne Sol (C’est ma journée, mon imagier, C’est les vacances, mon imagier et C’est à moi, mon imagier). Retrouvez aussi notre interview d’Anne Sol.

À calicochon
Texte de Anthony Browne
Kaléidoscope
13,20€, 216×256 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2011 (première édition 1986).
Si papa si maman…
Texte de Francine Bouchet, illustré par Bruno Heitz
La joie de lire
10,05€, 200×202 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2011.
À quoi tu joues ?
Texte de Marie-Sabine Roger, illustré par Anne Sol
Sarbacane
15,50€, 220×230 mm, 40 pages, imprimé en Malaisie, 2013 (première édition 2011).

À part ça ?

À l’époque où les légos étaient mixtes… Un très bon article, richement illustré, comparant les jouets « d’avant » (avant l’invasion du rose) et ceux de nos jours…

Gabriel

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Les invités du mercredi : Anne Sol et Peggy Nille (+ concours)

Par 8 janvier 2014 Les invités du mercredi

On a terminé l’année 2013 avec une éditrice, on commence l’année 2014 avec une photographe ! Anne Sol a été à l’honneur il y a peu dans une de nos chroniques (et le sera encore bientôt) car j’aime énormément son travail. J’ai eu envie de lui poser quelques questions sur son parcours et son travail. À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner un de ses ouvrages. Ensuite, nous partons en vacances (oui dès le 8 janvier !) avec la pétillante Peggy Nille. Attachez vos ceintures et bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Anne Sol

Anna Terk-Weiss

© Anna Terk-Weiss

Quel a été votre parcours ?
À 19 ans, après une enfance à Paris et un baccalauréat en Arts et Littérature, je suis partie pour Dublin, en Irlande, où j’ai passé trois années magnifiques entre averses et liberté à pratiquer la photographie. De retour à Paris, j’ai fait une école de photo, Les Gobelins et exercé le métier d’iconographe en agence photo pendant plusieurs années. J’ai toujours voulu évoluer dans le secteur de l’édition jeunesse et notamment travailler la photographie pour les enfants. C’est pourquoi, suite à mes études en photographie, j’ai complété mon cursus avec une formation d’éditrice. J’ai ensuite papillonné dans le milieu de l’édition en France, en tant que maquettiste, directrice de collection et secrétaire d’édition.
En 2006, j’ai eu la chance de travailler avec Maylis de Kérangal, à l’époque éditrice au Baron perché, qui m’a lancée sur la voie de l’illustration en photographie pour enfants. Nous avons fait trois titres ensemble : Botte de Carotte, C'est à moi !Joyeux Noël et Mon Imagier. Puis, en 2007, j’ai illustré en photos et effectué la recherche iconographique pour le titre À quoi tu joues ? De Marie-Sabine Roger chez Sarbacane, qui a obtenu le Prix Sorcières, catégorie documentaire en 2010.
La tête toujours voyageuse, j’ai fait le choix de traverser l’Atlantique en 2008 avec mon conjoint et ma fille aînée, pour venir vivre à Montréal. J’ai alors débuté une collaboration, qui dure encore avec Les Éditions de la Bagnole, dirigée par Jennifer Tremblay. Je partage depuis mon temps entre l’illustration, la direction artistique et le graphisme pour cette maison.
J’ai aussi collaboré avec les Éditions Planète Rebelle, à Montréal également, qui m’ont confié les illustrations du titre L’Amélanchier, pour lequel j’ai eu la chance d’être finaliste du Prix TD Jeunesse en 2012.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
J’ai une famille amoureuse des livres. Ils ont toujours été là, autour de moi, dès l’enfance.
En vrac et sans ordre, il y avait des Petit Ours de Maurice Sendak, des livres cartonnés de Gyo FUJIKAWA, les livres de Dina Kathelyn (Marmouset), Peter et les Myrtilles d’Elsa Beskow, ainsi que tous les petits livres d’or et la collection Tout l’univers de mon père.
En livre de photo, je me souviens avec effroi du livre tiré du film Le Petit Poucet réalisé par Michel Boisrond avec Marie Laforêt, qui m’a longtemps fait très peur.a quoi tu joues ?
Adolescente, j’ai eu la chance de découvrir Le Clezio à l’école, en 6ème, que j’ai adoré et que j’aime encore. Puis les livres de la collection Castor poche, toujours en prise avec la réalité, que j’ai dévorés et aussi beaucoup de bandes dessinées.

Comment vous est venue l’idée d’utiliser vos photos pour des ouvrages jeunesse ?
J’ai toujours voulu faire des livres de photos. Photographe, je mettais déjà en page mes images sous forme de livre d’artistes. Quand Maylis de Kérangal m’a demandé de faire des livres en photos pour Le Baron perché, ça m’a paru évident, car j’étais à la fois photographe et très portée sur la littérature jeunesse.
Pour le premier imagier, nous étions parties de l’idée que les enfants devaient pouvoir penser qu’ils auraient pu faire mes photos. Mes images devaient être très spontanées et proches du quotidien, tout en étant claires et accessibles. J’ai donc travaillé avec mon environnement, mes proches, mes enfants.
Pour mon travail en photomontages, il s’agit plus d’un travail plastique et dans ce cas, C'est les vacancesmes images sont utilisées comme une matière picturale, au même titre qu’un pinceau ou un crayon.

Quels sont vos projets ?
Deux autres imagiers cartonnés sont sortis au printemps chez le même éditeur : C’est le contraire et C’est ma couleur. J’ai un album en photomontages qui sort en janvier : L’Arbre de Paolo, toujours aux Éditions de la Bagnole, au Québec. Dès janvier, je compte reprendre des projets d’album en photomontages que j’avais mis entre parenthèses depuis la naissance de mes jumelles, j’aimerais travailler différemment ma technique.

Bibliographie :

C'est ma journéeComme je vous le disais avant l’interview, je vais faire un chanceux parmi vous ! En effet, grâce aux Éditions de la Bagnole l’un de vous va pouvoir gagner un exemplaire du très beau C’est ma journée, un imagier cartonné dont les photos sont signées Anne Sol. Pour participer au tirage au sort, dites-nous en commentaire si vous aimez les photos dans les livres pour enfants (et vous pouvez même me citer des ouvrages que vous aimez si vous le souhaitez !). Vous avez jusqu’à mardi 10 h ! Bonne chance à tous.


En vacances avec… Peggy Nille

Régulièrement, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci c’est Peggy Nille qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

5 albums jeunesseJim Curious
Je suis fada des livres objets
  • Océano : Anouck Boisrobert et Louis Rigaud
  • Jim curious : Matthias Picard
  • New york en pyjamarama : Frédéric Bertrand et Mickaël Leblond
  • Le petit roi des fleurs : Kveta Pacovska
  • la série Les formesLes couleurs, etc. : Xavier Deneux chez Milan
Kafka5 romans
  • La petite fille de monsieur Linh (Philippe Claudel)
  • Kafka sur le rivage (Haruki Murakami)
  • Le château (Franz Kafka)
  • Les chroniques de Wildwood : plutôt pour les préados pour la beauté du livre
  • Manifeste vagabond (Blanche de Richemond)
5 DVD
  • La série Mad menLe tombeau des lucioles
  • Mulholland Drive : David Lynch
  • Le voyage de Chihiro : Hayao Miyazaki (dessin animé)
  • Belle de jour : Luis Buñuel
  • Le tombeau des lucioles : Isao Takahata (dessin animé adulte)
5 CD
  • RY X : Berlin
  • Kate Bush : Wild manThe Do Both Ways Open Jaws
  • Sigur Rós
  • Cascadeur : Walker
  • The Dø : Both ways open jaws
Mais bien souvent je n’écoute pas de musique, mais plutôt mes podcasts France inter.
Henri Matisse5 artistes
  • Matisse
  • Icinori
  • Olaf Hajek
  • Brecht Evens
  • Angelin Preljocaj (chorégraphe)
5 lieux à me faire découvrir.
  • Le Rajasthan pour la beauté des palais, temples, les couleurs, les odeurs, les saris… magnifique !
  • Bénarès (encore en Inde) pour le mysticisme, l’envoûtement et les inondations en période de mousson 😉
  • la Thaïlande pour la beauté des rizières, des plages, les saveurs
  • La haute Vanoise en randonnée
  • La Corse vers Bonifacio
  • et un 6ème lieu ou je rêve d’aller : l’Islande, mais je projette d’y aller en juin 2014

Peggy NillePeggy Nille est illustratrice.

Bibliographie sélective :

    • Le voleur de lune, album, illustration d’un texte de Bernard Villiot, Élan vert (2013), que nous avons chroniqué ici.
    • Le Petit Chaperon Rouge, album, illustration d’un texte de Anne-Sophie BaumannHatier Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
    • Mon cher petit cœur, roman, illustration d’un texte d’Agnès de Lestrade, Bulle de Savon (2013).
    • Les amoureux du ciel, album, illustration d’un texte d’un auteur non indiqué, Nathan (2013), que nous avons chroniqué ici.
    • Les chats de Mia, roman, illustration d’un texte de Ghislaine Biondi, Oskar (2013)
    • Mes créations du monde-Europe, loisirs créatifs, Mila éditions (2012), que nous avons chroniqué ici.
    • La petite vendeuse de beignets, album, illustration d’un texte d’Yves Pinguilly, L’élan vert (2012)
    • Violette dans le noir, album, illustration d’un texte de Hubert Ben Kemoun, Nathan (2012)
    • Contes d’un autre genre, album, illustration d’un texte de Gaël Aymon, Talents Hauts (2012), que nous avons chroniqué ici.
    • Mes créations du monde entier, loisirs créatifs, Mila éditions (2012) que nous avons chroniqué ici.
    • Le nom du diable, album, Nathan (2012) que nous avons chroniqué ici.

Retrouvez Peggy Nille sur son site : http://www.peggynille.com

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En photos

Par 2 décembre 2013 Livres Jeunesse

S’il y a un art qui me touche particulièrement c’est la photo. J’avoue y être très sensible (même si je n’y connais pas grand-chose) et une expo de photos provoque chez moi beaucoup plus de choses qu’une expo de peinture. Dans les livres pour enfants je ne la trouve pas toujours très bien exploitée (et surtout on a souvent affaire à des photos immondes prises dans des banques de données). Je voulais vous présenter une sélection d’ouvrages qui, eux, plairont aux gens qui, comme moi, sont émus devant de belles photos.

couverture jour 2On commence par deux ouvrages pour les tout-petits, deux livres tout cartonnés, tous deux signés Anne Sol. Dans C’est ma journée, mon imagier on va retrouver le petit déjeuner, l’habillement, les jeux, la sieste, la lecture… Ce sont de grandes photos, avec un texte discret et, surtout, ces photos sont magnifiques, lumineuses. Vraiment pas le genre de photos qu’on voit habituellement dans un imagier (mais pourquoi les tout-petits n’auraient pas le droit, eux aussi, à de belles images ?). Même principe dans C'est les vacancesC’est les vacances !, mon imagier. Grandes et belles photos, petits textes. On commence par le voyage en voiture, la route, on se réveille dans une cabane puis on visite un phare, on fait du bateau, on mange des glaces, on se promène en forêt… bref les enfants reconnaîtront leurs vacances. Ces deux ouvrages sont vraiment très beaux, ce sont, je pense, des photos « personnelles » puisque c’est toujours la même petite fille (on imagine que c’est l’enfant de la photographe). Aussi esthétique que touchant.

C'est à moi !On reste avec Anne Sol, mais cette fois dans un livre non cartonné et plus complet. C’est à moi !, mon imagier nous propose des images pour illustrer la famille, un nounours, une culotte, se déguiser, un savon, un dos, un bavoir,… Au total plus de 80 mots ou expressions sont représentés dans de très belles photos pleine page. Le genre d’ouvrage qu’on feuillette pour le plaisir, que les enfants aiment regarder car il font un parallèle avec leur vie à eux. Je trouve aussi que ce genre d’imagier est une très bonne occasion pour les apprentis lecteurs de déchiffrer leurs premiers mots. On retrouve évidemment dans ce livre la petite fille des deux précédents. Vous connaissez peut-être Anne Sol car elle avait illustré un album sorti chez Sarbacane, A quoi tu joues ?. Une artiste à suivre de près.

Quelle émotionQuelle émotion ?! de Cécile Gabriel propose quant à lui, comme son nom l’indique, de parler des émotions, des sentiments. Être surpris, être rêveur, être égoïste, être triste, être en colère, être envieux, être impatient… Le livre fonctionne comme une sorte de jeu de devinettes. Une phrase est écrite et on voit un morceau de la page suivante par une fenêtre, il faut trouver quelle est l’émotion exprimée. On voit par exemple dans la fenêtre un enfant affolé à côté de duquel il est écrit « quand tout mon corps tremble », on tourne et on découvre que l’enfant est à côté d’un chien plus grand que lui et il est écrit « j’ai peur ». Bien entendu on n’est pas obligé de deviner, on peut le lire tout simplement à l’enfant (mais moi j’aime faire deviner !). Ici, les photos sont en noir et blanc (mais le texte et « l’habillage » du livre sont en couleur) et là aussi elles sont magnifiques ! Un bien joli livre pour parler des émotions, mettre des mots dessus.

I comme imageOn termine par deux ouvrages sortis chez Gallimard Jeunesse et signés Marc Riboud et Catherine Chaine : I comme image et 1.2..3… image. Deux petits livres souples (format livre de poche) et complètement différents des précédents. Marc Riboud est l’un des plus grands photographes français (il a fait partie de l’agence Magnum). Vous connaissez très certainement Jeune fille à la fleur par exemple. C’est dans l’œuvre de ce grand monsieur que l’auteur et journaliste Catherine Chaine a puisé pour illustrer des mots (dans I comme Image) et des nombres (dans 1.2..3… image), deux livres incroyables. On retrouve ses photos de Chine, du Vietnam, de Cuba, de Croatie, du Niger… Dans I comme Image on trouve un enfant hilare allongé dans son bateau pour illustrer le mot Kayak (photo prise au Ghana en 1960), le mot Désodre sera illustré par un homme conduisant un vélo sur lequel on voit une montagne de bric à brac (photo prise en Chine en 1992). Même principe dans 1.2..3… Image où le chiffre 1 sera illustré par un homme seul regardant des bateaux 1.2..3... image(photo prise en Turquie en 1955) ou un homme debout montrant le ciel, un doigt levé (photo prise en Chine en 1983), le chiffre 10 par une famille à Cuba (photo de 1963) ou par des gens se promenant un jour de pluie en Chine, photo où l’on compte 10 parapluies (photo de 1956). Par contre, dans ce dernier, le côté « chiffre » est parfois un peu tiré par les cheveux, mais ça reste un très bel ouvrage. Deux magnifiques livres pour initier les enfants à la photo. Des ouvrages pour voyager, découvrir d’autres époques, d’autres pays, d’autres cultures. Des livres d’art comme ceux des adultes car, après tout, pourquoi les enfants n’auraient-ils pas le droit aux leurs ?

C’est ma journée, mon imagier
d’Anne Sol
La bagnole
8,00 €, 190 x 189 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2012.
C’est les vacances, mon imagier
d’Anne Sol
La bagnole
8,00 €, 190 x 189 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2012.
C’est à moi, mon imagier
d’Anne Sol
La bagnole
15,90 €, 202 x 204 mm, 50 pages, imprimé au Canada, 2010.
Quelle émotion ?!
de Cécile Gabriel
Mila Editions
19,95 €, 215 x 215 mm, 108 pages, imprimé en Chine, 2010.
I comme Image
de Marc Riboud et Catherine Chaine
Gallimard Jeunesse
17,15 €, 132 x 236 mm, 70 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responable, 2011.
1. 2.. 3… image
de Marc Riboud et Catherine Chaine
Gallimard Jeunesse
14,20 €, 138 x 185 mm, 88 pages, imprimé en Italie, 2010.

A part ça ?

Ma dernière chronique dans Écoute, il y a un éléphant dans le jardin ! est en ligne ici et l’intégralité de l’émission .

Gabriel

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