La mare aux mots
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Annelise Heurtier

Dis, tu peux lui demander… ? (Saison 2, 5/9)

Par 29 juillet 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Madeleine, 7 ans : « Comment font les auteurs pour ne jamais faire de fautes d’orthographe ? Est-ce qu’ils faisaient zéro faute dans leurs dictées quand ils étaient à l’école ? ». Les auteur-e-s Clémentine Beauvais, Bertrand Santini, Charlotte Moundlic, Jean-Luc EnglebertAnnelise HeurtierCathy Ytak et Mymi Doinet ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, Mon chien qui pueen même temps qu’elle leurs réponses. Chacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Madeleine d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions du Seuil Jeunesse, Mon chien qui pue de Christine Roussey, un album aussi drôle que beau (et sans faute), que nous avions chroniqué ici.


« Comment font les auteurs pour ne jamais faire de fautes d’orthographe ? Est-ce qu’ils faisaient zéro faute dans leurs dictées quand ils étaient à l’école ? » (Madeleine 7 ans)

Clémentine Beauvais :
Ça dépend des auteurs! Moi j’adorais les dictées, d’autres les détestaient. En fait, ça n’a que peu d’importance, car les histoires que l’on écrit sont relues par des éditeurs ou des éditrices qui sont champion-nes en orthographe. Donc les fautes sont corrigées. Parfois on en oublie, et elles se retrouvent dans le livre fini. Argh!!! ça s’appelle des ‘coquilles’. Rien à voir avec les escargots…

Les petites reinesClémentine Beauvais écrit des romans (le dernier : Les petites reines, sorti chez Sarbacane) et des albums (le dernier : Lettres de mon hélicoptêtre, chez Sarbacane également). À la rentrée, on découvrira Les bébés ça pue chez Hachette.
Retrouver ici l’interview que nous avions réalisée d’elle.
Le site de Clémentine Beauvais : http://www.clementinebeauvais.com.

Bertrand Santini :
Non, les auteurs ne font jamais zéro faute et on peut avoir une belle imagination même si on est nul en orthographe… Néanmoins, l’orthographe n’est pas une invention uniquement destinée à faire enrager les enfants. Sans le savoir, apprendre l’orthographe vous apprend à penser. Plus vous maitrisez l’orthographe, mieux vous savez utiliser votre esprit. Ça vaut le coup de faire des efforts, non ? Et puis rassurez-vous ! Vous avez toute la vie pour faire des progrès.
Et pour répondre plus précisément à la question de Madeleine, le texte que l’auteur remet à l’éditeur est relu plusieurs fois par des super héros que l’on appelle “les correcteurs” et qui arrivent avec leurs yeux bionics à détecter toutes les fautes d’orthographe, mais également les erreurs de grammaire ou les lourdeurs de style.

Le journal de GurtyBertrand Santini est auteur et illustrateur de romans et d’albums. Son dernier roman, Le journal de Gurty, vacances en Provence, est sorti il y a peu chez Sarbacane. Avant cela, il a sorti, entre autres, Le Yark et Jonas le requin mécanique chez Grasset Jeunesse.
Retrouver ici l’interview que nous avons réalisée de lui.

Charlotte Moundlic :
Chère Madeleine,
pour pouvoir te répondre je dois te livrer un secret de fabrication…
afin de ne pas faire de fautes d’orthographe, l’auteur a une potion magique à deux ingrédients.
– Le premier d’entre eux, est un livre très précieux qu’on appelle un dictionnaire (!)
Il permet de vérifier les mots sur lesquels l’auteur a un doute.
– L’ingrédient suivant est absolument indispensable il s’agit du correcteur (ou une correctrice).
C’est une sorte d’humain surdoué qui connait toutes les règles de grammaire et autres pièges de notre chère langue française.
Ce dernier a un œil de lynx et son métier est de traquer, de vérifier et de corriger toutes les erreurs qui se cachent dans les textes.
C’est une personne impitoyable pour les fautes et très précieuse pour un auteur.
C’est ainsi que des gens qui ont fait des tas de fautes dans leurs dictées lorsqu’ils étaient enfants ont la possibilité d’écrire des histoires sans avoir de mauvaises notes.

Je suis le fruit de leur amourCharlotte Moundlic est auteure. Elle alterne les albums et les romans. Son dernier roman, Je suis le fruit de leur amour, est sorti chez Thierry Magnier, son dernier album, Le papa de Simon (d’après une histoire de Maupassant, illustré par François Roca), chez Milan.
Retrouvez l’interview que nous avons réalisée d’elle ici.

Jean-Luc Englebert :

Je fais encore des fautes d’orthographe quand j’écris la première version d’un texte, ensuite je corrige. Mon texte est ensuite à nouveau corrigé par mon éditeur.
Je faisais des fautes pendant les dictées mais en général je n’étais pas trop mauvais en orthographe. Juste dans la moyenne.

Donne-moi une histoireJean-Luc Englebert est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Donne-moi une histoire (Pastel) dont il a fait le texte et les illustrations et Ulysse 15 de Christine Avel (l’école des loisirs) qu’il a illustré. À la rentrée, on découvrira Un ours à l’école (Pastel).
Son site : http://englebert.ultra-book.com/portfolio.

Annelise Heurtier :
En fait, tous les auteurs ne sont pas forcément des champions de l’orthographe. Bien sûr, certains sont très forts – à l’école, ils ne devaient pas faire de faute en dictée, comme tu le dis – mais d’autres sont « moyens », et certains sont peut-être même archi-nuls !
Heureusement, être mauvais en orthographe n’empêche pas d’écrire des livres et il existe tout un tas de techniques pour éliminer ces vilaines fautes… La plus efficace reste l’examen du texte par le correcteur/correctrice. Cet employé de la maison d’édition est une sorte de super-champion de l’orthographe. Son travail consiste à débusquer la moindre petite faute dans chaque manuscrit. Fautes d’orthographe, de grammaire, typographiques (qui concernent les majuscules et la ponctuation), de syntaxe (construction de la phrase), manque de clarté et de cohérence : rien ne lui échappe ! Enfin, le plus souvent 🙂

RefugesAnnelise Heurtier est auteure de romans et d’albums. Son dernier roman Refuges est sorti chez Casterman. Son dernier album, Combien de terre faut-il à un homme, chez Thierry Magnier.
Retrouver ici une interview que nous avions réalisée d’elle.
Le site d’Annelise Heurtier : http://histoiresdelison.blogspot.fr.

Cathy Ytak :
Aïe aïe aïe… De mon côté, lorsque j’étais à l’école primaire, je collectionnais les fautes d’orthographe et les zéros en dictée. Et, au collège, je ne comprenais rien au cours de grammaire. Cela ne m’a jamais empêché d’écrire ! Mais, une fois adulte, lorsque j’ai voulu faire de l’écriture un métier, j’ai repris des cours d’orthographe et de grammaire, pour m’améliorer. Aujourd’hui, cela va nettement mieux.
Il existe aussi des logiciels de corrections orthographiques, dans les ordinateurs, qui permettent de corriger certaines fautes. Mais ça ne suffit pas ! Lorsque l’on donne un manuscrit à un éditeur, lui-même va le confier à une personne que l’on appelle un « correcteur », ou une « correctrice ». Eux (ou elles) sont des spécialistes de l’orthographe et de la grammaire. Rien ne leur échappe ! Et ils sont irremplaçables. Tous les manuscrits des écrivains passent entre leurs mains (parfois deux fois de suite), pour donner un texte dans lequel il n’y aura plus aucune faute, même toute petite.

La seule façon de te parlerCathy Ytak écrit non seulement des romans jeunesse mais aussi des livres de cuisine. Et quand elle n’écrit pas ses propres histoires, elle traduit celles des autres ! Son dernier roman vient tout juste de sortir chez Nathan et s’intitule La seule façon de parler.
Son site : http://www.cathy-ytak.net.

Mymi Doinet :
Gamine, je n’étais pas une flèche en maths, mais assez championne en dictées. À ce propos, je conseille souvent aux pioupious qui me posent cette question que le bon moyen de devenir imbattable en orthographe, c’est de bouquiner encore et encore. Comme notre cerveau est un peu plus performant que celui d’un gentil poisson rouge, à force de les lire, les mots finissent par s’imprimer dans la mémoire de notre fantastique disque dur !

La tour Eiffel à New York !Mymi Doinet est auteure. Elle a notamment écrit la série Les animaux de Lou et Les copains du CP (tous deux chez Nathan). Elle vient de sortir la suite de La tour Eiffel à des ailes, La tour Eiffel à New York, illustré par Mélanie Roubineau chez Nathan là encore.
Son site : http://mymidoinet.blogspot.fr.

 

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Dis, tu peux lui demander… ? (Saison 2, 4/9)

Par 22 juillet 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Raphaël, 12 ans : « Est-ce qu’on propose à un auteur de roman plusieurs choix d’illustrations pour la couverture ? ». Les auteur-e-s Bertrand Santini, Cathy Ytak, Stéphane ServantCécile Roumiguière, Annelise Heurtier, Clémentine Beauvais et Gaël Aymon et l’éditrice Mélanie Decourt ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps que lui leurs réponses. Le journal de GurtyChacune des questions retenues fait en plus gagner un ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Raphaël d’avoir la chance de recevoir, grâce aux éditions Sarbacane, Le journal de Gurty, vacances en Provence de Bertrand Santini, un super roman qui nous a fait beaucoup rire ma fille et moi (et que nous avons chroniqué ici).


« Est-ce qu’on propose à un auteur de roman plusieurs choix d’illustrations pour la couverture ? » (Raphaël 12 ans)

Bertrand Santini :
Cela dépend des éditeurs. Certains auteurs – comme moi – ont la mauvaise habitude de fournir une couverture avec le texte, ce qui vire généralement en pugilat avec l’éditeur. D’autres auteurs, par contre, ont une manie pire encore, celle de se désintéresser tout à fait de cette question. Enfin, une majorité d’éditeur conçoivent la couverture sans demander l’avis de l’auteur. Celui-ci, généralement timide, la découvre en faisant “Oh, c’est formidable” alors qu’il la trouve parfaitement  hideuse.

Le journal de GurtyBertrand Santini est auteur et illustrateur de romans et d’albums. Son dernier roman, Le journal de Gurty, vacances en Provence, est sorti il y a peu chez Sarbacane. Avant cela, il a sorti, entre autres, Le Yark et Jonas le requin mécanique chez Grasset Jeunesse.
Retrouver ici l’interview que nous avons réalisée de lui.

Cathy Ytak :
Ma réponse va sûrement te surprendre, Raphaël… En effet, la plupart du temps, les éditeurs choisissent les couvertures des romans sans même demander l’avis des auteurs !
Ce sont donc les éditeurs qui choisissent les illustrateurs, et décident avec eux ce qui figurera sur la couverture. Les illustrateurs font alors des projets qu’ils remettent à l’éditeur. À ce stade-là, certains éditeurs envoient un ou deux projets à l’auteur pour lui demander son avis et recueillir ses commentaires. Ces éditeurs sont à l’écoute des auteurs qui peuvent ainsi demander à corriger quelques « erreurs » sur l’illustration (un personnage qui ne correspond pas à la description qui en est faite dans le livre, par exemple).
D’autres éditeurs, au contraire, n’envoient aux auteurs que la couverture achevée et prête à être imprimée. Dans ce cas, l’auteur est obligé d’accepter une couverture qui peut ne pas lui plaire. Et c’est très dommage !

La seule façon de te parlerCathy Ytak écrit non seulement des romans jeunesse mais aussi des livres de cuisine. Et quand elle n’écrit pas ses propres histoires, elle traduit celle des autres ! Son dernier roman vient tout juste de sortir chez Nathan et s’intitule La seule façon de parler.
Son site : http://www.cathy-ytak.net.

Stéphane Servant :
Oui Raphaël, effectivement, cela se passe généralement ainsi. L’éditeur propose une ou plusieurs couvertures et demande son avis à l’auteur. S’il y a des hésitations, c’est l’éditeur qui tranchera au final car c’est lui le maître d’œuvre : c’est lui qui va assurer la promotion du roman et il est donc important que l’image mette en valeur l’objet livre. Mais c’est évidemment un choix subjectif – l’auteur et l’éditeur peuvent avoir des points de vue très différents.
En ce qui me concerne, j’ai la chance d’avoir choisi les photos des couvertures de mes deux derniers romans. Comme j’aime beaucoup la photographie, je suis à l’affût du travail des jeunes créateurs. Je vais voir des expos, je furète sur Internet. Parfois, le travail de ces artistes résonne particulièrement avec des textes en cours d’écriture : ça a été le cas avec Louise Markise pour Le cœur des louves, et avec Laura Makabresku pour La langue des bêtes. Sylvie Gracia, mon éditrice aux éditions du Rouergue, a été sensible à leurs univers. Nous étions entièrement d’accord pour dire que ces photos feraient de ces livres de beaux objets. Et c’est ainsi que leurs images se sont retrouvées en couverture de mes romans !

La langue des bêtesStéphane Servant alterne les romans et les albums. Son dernier roman Chat par ci/Par par là est sorti au Rouergue. À la rentrée on pourra découvrir son nouveau roman, La langue des bêtes, au Rouergue toujours et son nouvel album, Ma mère illustré par Emmanuelle Houdart, chez Thierry Magnier.
Retrouvez ici l’interview que nous avons réalisée de lui.

Cécile Roumiguière :
L’auteur peut recevoir les esquisses de la couverture, un peu comme des brouillons, des propositions. Et il peut dire celle qu’il préfère, mais c’est l’éditeur qui décide. Parfois même, l’auteur peut suggérer le nom d’un illustrateur pour réaliser la couverture. Chez d’autres éditeurs, l’auteur ne découvre que la couverture finale, il ne pourra rien y changer. Les couvertures de romans font partie d’un ensemble, d’une collection, il faut que le lecteur repère les livres de la collection au premier regard, c’est pour ça que souvent c’est l’éditeur qui choisit tout seul la couverture. Mais il est important que l’auteur soit fier de la couverture de son roman, il va vivre avec elle un certain temps…

LilyCécile Roumiguière est auteure. Elle alterne romans et albums, elle vient d’ailleurs de sortir un roman chez La joie de Lire (Lily) et un album chez À pas de loups (Sur un toit un chat). À la rentrée, on découvrira Mon chagrin éléphant (Thierry Magnier).
Le site de Cécile Roumiguière : http://www.cecileroumiguiere.com.

Annelise Heurtier :
Cela dépend des livres et des éditeurs.
Parfois, l’éditeur n’implique pas du tout l’auteur, qui découvre (avec bonheur ou pas !) la couverture au moment de vérifier le BAT (Bon à Tirer, il s’agit de la maquette du livre juste avant qu’il soit imprimé).
D’autres fois, l’éditeur (ou le directeur artistique s’il y en a un dans la maison d’édition) montre à l’auteur les différentes pistes proposées par la personne qui réalise la couverture : graphiste, illustrateur, ou photographe. Et le choix se fait de manière concertée !

RefugesAnnelise Heurtier est auteure de romans et d’albums. Son dernier roman Refuges est sorti chez Casterman. Son dernier album, Combien de terre faut-il à un homme, chez Thierry Magnier.
Retrouver ici une interview que nous avions réalisée d’elle.
Le site d’Annelise Heurtier : http://histoiresdelison.blogspot.fr.

Clémentine Beauvais:
En général, non, on en propose un seul. L’auteur a vraiment très peu de marge de manœuvre sur la couverture – on peut parfois dire qu’on préfère tel ou tel choix de couleur, telle ou telle police d’écriture, mais ces décisions sont très largement faites par les éditeurs.

Les petites reinesClémentine Beauvais écrit des romans (le dernier : Les petites reines, sorti chez Sarbacane) et des albums (le dernier : Lettres de mon hélicoptêtre, chez Sarbacane également). À la rentrée, on découvrira Les bébés ça pue chez Hachette.
Retrouver ici l’interview que nous avions réalisée d’elle.
Le site de Clémentine Beauvais : http://www.clementinebeauvais.com.

Gaël Aymon :
J’ai rarement mon mot à dire sur quoi que ce soit, illustrations ou couverture ! Mais je pense que si je détestais un projet de couverture, l’éditeur essaierait de trouver autre chose. Ça ne m’est jamais arrivé. J’aime presque toutes les couvertures de mes livres, même si je ne les ai pas choisies.

Les héros oubliésGaël Aymon alterne romans (Le conte des trois flocons, chez Bayard, et Aux portes de l’oubli, chez Actes Sud Junior, viennent de sortir) et albums (Perce-Neige et les trois ogresses, chez Talents Hauts est le dernier en date).
Retrouver ici l’interview que nous avions réalisée de lui.
Le site de Gaël Aymon : http://gaelaymon.com.

Mélanie Decourt :
La couverture (comme le titre) d’un roman sont du ressort de l’éditeur. C’est lui qui à la fois connaît le contenu du roman et sait à quel type de lecteurs-lectrices on le destine, dans quel type de librairies on va le vendre et donc à quoi le livre doit ressembler pour attirer son public. C’est l’éditeur ou l’éditrice qui, en accord avec toute l’équipe (auteur-e, illustrateur-trice, graphiste, directeur-trice artistique, fabricant-e, directeur-trice du marketing, cf. question de Madeleine) va décrire le type de couverture qu’il imagine :
– avec une photo, une illustration ou juste le titre ?
– avec un effet de fabrication : vernis sélectif, fer à dorer, embossage, encre pantone… ?
– le genre du livre : humour, peur, imaginaire, historique… ?
– l’âge des lecteurs-lectrices,
– ce que l’on doit mettre en avant sur la couverture  : les personnages ? le décor ? le genre ?
Ensuite c’est le directeur artistique ou graphiste qui la réalise : il fait faire une illustration ou trouve une photographie, puis cherche une typographie pour le titre et place le tout ensemble. Il ou elle fait plusieurs propositions et il y a plusieurs étapes, on corrige, on recommence, on cherche… puis on trouve ! Quand on hésite entre deux projets, on demande son avis à l’auteur.

Mélanie Decourt est directrice éditoriale (albums et fictions) chez Nathan après avoir été éditrice chez Talents Hauts, maison qu’elle a co-fondée.
Retrouvez ici l’interview que nous avons réalisée d’elle.

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Dis, tu peux lui demander… ? (Saison 2, 2/9)

Par 8 juillet 2015 Les invités du mercredi

Cet été, comme l’été dernier, vous pourrez lire, tous les mercredis, une question d’enfant et la réponse d’auteur-e-s, illustrateur-trice-s, éditeur-trice-s… Aujourd’hui, c’est une question de Raphaël, 12 ans : « À propos du titre d’un livre, est-ce que celui-ci est trouvé avant de commencer à écrire ou après ? Est-ce que ça pose parfois problème à l’auteur d’en choisir un ? Est-ce que l’éditeur peut demander à en trouver un autre ? ». Les auteur-e-s Jean-Luc Englebert, Charlotte Moundlic, Annelise Heurtier, Clémentine Beauvais, Gaël Aymon, Ghislaine Roman et Cécile Roumiguière et les éditrices Mélanie Decourt, Christelle Renault et Odile Josselin ont accepté de lui répondre, vous découvrirez, en même temps que lui leurs réponses. Chacune des questions retenues fait en plus gagner La pyramide des besoins humainsun ouvrage à l’enfant qui l’a posée. Cette question permet donc à Raphaël d’avoir la chance de recevoir, grâce à l’école des loisirs, La pyramide des besoins humains de Caroline Solé, un super roman qui raconte l’histoire d’un jeune SDF qui va devenir le héros d’une téléréalité.


« À propos du titre d’un livre, est-ce que celui-ci est trouvé avant de commencer à écrire ou après ? Est-ce que ça pose parfois problème à l’auteur d’en choisir un ? Est-ce que l’éditeur peut demander à en trouver un autre ? » (Raphaël, 12 ans)

Jean-Luc Englebert :
Le titre peut être trouvé au moment où j’invente l’histoire.
Mais le plus souvent je le trouve une fois que mon texte est écrit, voire même tout à la fin au moment de rendre mes illustrations à mon éditrice.
J’ai souvent du mal à trouver le bon titre, et j’en discute beaucoup avec Odile Josselin (éditrice chez Pastel).
Parfois je trouve un titre et mon éditrice me demande de le changer.
Ça arrive.
Parfois c’est juste un mot qui change : j’avais trouvé « Raconte-moi une histoire » et mon éditrice a préféré « Donne-moi une histoire ».

Donne-moi une histoireJean-Luc Englebert est auteur et illustrateur. Il vient de sortir Donne-moi une histoire (Pastel) dont il a fait le texte et les illustrations et Ulysse 15 de Christine Avel (l’école des loisirs) qu’il a illustré. À la rentrée, on découvrira Un ours à l’école (Pastel).
Son site : http://englebert.ultra-book.com/portfolio.

Charlotte Moundlic :
Cher Raphaël,
me concernant c’est pour chaque livre différent.
Il arrive que je n’aie pas d’idée de titre ou alors qu’elle soit mauvaise.
À ce moment-là s’engage une discussion avec l’éditeur où chacun donne ses propositions.
On dit tout ce qui nous passe par la tête, ça part dans tous les sens et puis d’un coup, il y en a un qui sort du lot et devient évident. On finit toujours par tomber d’accord.
Le pire c’est quand tout le monde trouve que le titre est bien, et qu’on réalise qu’il est déjà utilisé pour un autre ouvrage.
C’est alors très compliqué d’en trouver un autre, d’avoir une autre idée alors qu’on sait qu’elle est bonne.
Et même si on en trouve toujours un autre, on garde un petit regret pour celui qu’on n’a pas pu utiliser.

Je suis le fruit de leur amourCharlotte Moundlic est auteure. Elle alterne les albums et les romans. Son dernier roman, Je suis le fruit de leur amour, est sorti chez Thierry Magnier, son dernier album, Le papa de Simon (d’après une histoire de Maupassant, illustré par François Roca), chez Milan.
Retrouvez l’interview que nous avons réalisée d’elle ici.

Annelise Heurtier :
Bonjour Raphael !
Cela dépend des cas ! Pour chaque livre, le processus de choix du titre est une nouvelle aventure. Parfois, le titre s’impose de lui-même à l’auteur, avant même qu’il ne commence à rédiger, ou dès les premiers chapitres.
Parfois, c’est plus difficile. On hésite entre-deux, ou même, on ne trouve rien… Mon éditrice est d’avis que cela n’est pas bon signe : quand on n’a absolument aucune idée de titre, selon elle, c’est que l’histoire n’est pas claire ! Je crois qu’elle a raison.
En tous cas, le rôle de l’éditeur est déterminant : il valide ou non le titre (il doit d’ailleurs s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un titre déjà utilisé pour un autre livre), aide l’auteur à en trouver un autre si besoin. Car le titre, comme l’image de couverture, est un élément très important. Il doit être accrocheur, facile à mémoriser, original, tout en représentant bien le roman et son style. Son choix est souvent propice à de nombreux débats  : doit-on choisir un titre un peu mystérieux, qui ne révèle rien de l’intrigue, ou à l’inverse, doit-on déjà faire en sorte que le lecteur comprenne de quoi il retourne… C’est aussi un peu subjectif, d’où les difficultés que l’on rencontre parfois pour se mettre d’accord sur un choix !

RefugesAnnelise Heurtier est auteure de romans et d’albums. Son dernier roman Refuges est sorti chez Casterman. Son dernier album, Combien de terre faut-il à un homme, chez Thierry Magnier.
Retrouver ici une interview que nous avions réalisée d’elle.
Le site d’Annelise Heurtier : http://histoiresdelison.blogspot.fr.

Clémentine Beauvais:
Ça dépend des livres ! Parfois, on trouve le titre tout de suite, voire avant même de commencer à l’écrire – c’est le meilleur cas de figure, parce que ça veut généralement dire qu’il est très bien, et qu’on n’a pas à se tracasser plus longtemps. Par exemple, pour mon livre Comme des images, j’avais le titre en tête depuis le début. Parfois, on met des semaines, voire des mois à trouver un bon titre. Ça peut être très stressant. Et oui, l’éditeur peut exiger de changer le titre et mettre un titre qui lui convient –  Les petites reines par exemple s’appelait « Les trois boudins » et l’éditeur ne voulait pas de ce titre-là !

Les petites reinesClémentine Beauvais écrit des romans (le dernier : Les petites reines, sorti chez Sarbacane) et des albums (le dernier : Lettres de mon hélicoptêtre, chez Sarbacane également). À la rentrée, on découvrira Les bébés ça pue chez Hachette.
Retrouver ici l’interview que nous avions réalisée d’elle.
Le site de Clémentine Beauvais : http://www.clementinebeauvais.com.

Gaël Aymon :
Je trouve certains titres avant même d’écrire l’histoire, comme « Le fils des géants ». Pour le roman Ma réputation, par exemple, j’ai terminé l’écriture sans avoir de titre et j’ai cherché les mots dans le texte qui résumaient le mieux l’histoire. Et puis il y a les titres sur lesquels on n’est pas tout de suite d’accord, l’éditeur et moi. Parfois, c’est l’éditeur qui finit par trouver le bon. Ça m’arrive très rarement je dois dire mais c’est le cas du roman Une place dans la cour.

Les héros oubliésGaël Aymon alterne romans (Le conte des trois flocons, chez Bayard, et Aux portes de l’oubli, chez Actes Sud Junior, viennent de sortir) et albums (Perce-Neige et les trois ogresses, chez Talents Hauts est le dernier en date).
Retrouver ici l’interview que nous avions réalisée de lui.
Le site de Gaël Aymon : http://gaelaymon.com.

Ghislaine Roman:
Choisir le tire d’un album, ce n’est pas rien. C’est un peu comme choisir le prénom d’un enfant. Ces mots vont le désigner pendant un temps qu’on espère, bien sûr, le plus long possible.
Parfois, quand j’écris un texte, le titre me vient en tête, comme ça, sans crier gare, en douce. Il s’impose à moi. Il semble évident. C’est ce qui s’est passé par exemple pour La poupée de Ting-Ting. À aucun moment je n’ai envisagé que cet album puisse s’appeler autrement.
Ce n’est pas toujours le cas. D’autres titres connaissent de drôles d’aventures. La mémoire de mon ordinateur en garde fidèlement la trace. Jusqu’à cinq titres en cours d’écriture ! Et au final, un sixième sur la couverture !
Quel est l’enjeu, au fond ? Il faut que les mots choisis en disent un peu, mais pas trop. Qu’ils donnent envie d’en savoir plus et qu’ils guident un peu le lecteur dans son choix. Ils ne doivent pas le tromper, l’égarer… mais ils doivent aussi le surprendre. Ce n’est pas si simple. D’autant plus qu’il sort des milliers de livres chaque année et que parfois, le titre est déjà pris. Ainsi Un jour, deux ours s’appelait à l’origine « Une rencontre ». Mais en consultant les bases de données en ligne, nous nous sommes aperçus que beaucoup de livres s’appelaient ainsi. Nous avons donc décidé de le changer pour lui donner une meilleure visibilité.
Il m’arrive aussi de ne pas trouver d’idée de titre. Bien sûr, j’en écris un en en-tête de mon manuscrit mais je sais qu’il ne convient pas, qu’il va falloir en discuter. C’est un titre « martyre », un titre dont je sais qu’il est provisoire et qu’il va donner l’occasion de réfléchir avec l’éditeur. On en parle ensemble, et il est même arrivé que ce soit l’illustrateur qui en suggère un et qu’il soit choisi. Cela s’est produit deux fois et j’ai trouvé ça génial.
Le plus douloureux, c’est le titre qu’on aime, dont on est fier… et qui se voit refusé ou modifié par l’éditeur. C’est un moment de frustration qui ne dure pas mais qui est tout de même très agaçant.
C’est ce qui m’est arrivé pour un de mes prochains albums et cela m’a tenue éveillée une nuit entière. J’en ai parlé avec des amis auteurs, illustrateurs et tous m’ont dit qu’ils avaient connu la même déception au moins une fois. Cela m’a aidée à prendre du recul et maintenant tout cela me paraît un peu dérisoire. Je comprends la position d’un éditeur. Cela coûte cher de faire un livre alors bien sûr, il essaye de mettre toutes les chances de son côté, du côté du livre, et donc de mon côté aussi. Parfois, c’est moi qui gagne la partie et je n’en suis pas mécontente. Pour OUF ! par exemple, j’ai tenu bon et le titre n’a pas été changé !
Un dernier point : en littérature de jeunesse, le rapport que le titre entretient avec l’image de la couverture est essentiel. S’ils se complètent bien, si « ça colle », cela crée une sorte d’énigme qui donne envie de tourner les pages et de partir à la découverte de l’histoire. C’est une chimie un peu mystérieuse et le rôle du graphiste est très important.
Tu vois, Raphaël, qu’on parle du titre ou d’un quelconque aspect d’un album, on finit toujours par arriver à la même conclusion : tout seul, on ne peut rien. Faire un livre, c’est un sacré travail d’équipe !

Ouf !Ghislaine Roman est auteure. Son album Un jour, deux ours (illustré par Antoine Guilloppé et édité par Gautier Languereau) vient de ressortir et son tout dernier album, Ouf ! (illustré par Tom Schamp et édité par Milan) est sorti le mois dernier.
Retrouvez Ghislaine Roman sur son site : http://www.ghislaineroman.fr.

Cécile Roumiguière :
Le titre arrive… quand il veut. Parfois, on commence à écrire une histoire à partir d’un titre, à partir de deux ou trois mots qui mis ensemble ouvrent tout un univers. D’autres fois, à la fin de l’écriture, on ne sait toujours pas comment s’appellera le livre, et l’éditeur peut donner son avis, bien sûr. Certains éditeurs même, adorent trouver des titres. Entre les deux, souvent, on hésite, on trouve un titre en cours d’écriture, puis il change. Et souvent, à la fin, ce sont les « commerciaux », c’est-à-dire ceux qui présentent nos livres aux libraires pour qu’ils aient envie de les proposer dans leur magasin, ce sont eux qui demandent à changer le titre pour qu’il soit « plus vendeur ». Et là, l’auteur résiste, discute, ou cède, ça dépend si le titre lui plaît beaucoup où s’il n’est pas très important pour lui. Il faut aussi vérifier que le titre n’existe pas déjà, il y a tellement de livres, de films, de chansons…

LilyCécile Roumiguière est auteure. Elle alterne romans et albums, elle vient d’ailleurs de sortir un roman chez La joie de Lire (Lily) et un album chez À pas de loups (Sur un toit un chat). À la rentrée, on découvrira Mon chagrin éléphant (Thierry Magnier).
Le site de Cécile Roumiguière : http://www.cecileroumiguiere.com.

Mélanie Decourt
Comme la couverture, le titre est du ressort de l’éditeur ou de l’éditrice. Et, pour les mêmes raisons que la couverture, car l’éditeur est la personne qui connaît le contenu du livre et sait à quel type de lecteurs-lectrices on le destine et donc comment il doit s’appeler pour attirer son public.
Parfois l’auteur a trouvé dès le départ un très bon titre et on le garde jusqu’au bout.
Parfois il n’y a pas de titre ou un titre pas terrible, alors l’éditeur fait des propositions qui seront débattues avec l’équipe de la maison d’édition et l’auteur.
Il est important de trouver le titre avant que le graphiste et l’illustrateur réalisent la couverture. En effet, le titre met en avant un des aspects du livre et l’image doit s’adapter à ce sujet. SI le titre change, c’est toute la couverture qui change.

Mélanie Decourt est directrice éditoriale (albums et fictions) chez Nathan après avoir été éditrice chez Talents Hauts, maison qu’elle a co-fondée.

Odile Josselin :
On en discute toujours avec les auteurs. Le titre est important, comme la couverture pour donner envie, intriguer. Certains auteurs y pensent très tôt et ça les stimule. Par exemple Michel Van Zeveren s’était amusé à trouver des expressions qui reviennent toujours chez les enfants : « Et, pourquoi », « C’est à moi, ça » « C’est pas grave ». Lorsqu’on est d’accord, je dois vérifier si le titre est encore disponible car sinon cela peut être embêtant pour les commandes des libraires.  C’est à moi ça s’appelait d’abord « C’est à moi ». On a rajouté un petit mot pour ne pas avoir de problème et il est très bien comme ça maintenant !
Il est vrai que parfois l’auteur n’a pas d’idée car il s’est concentré sur l’histoire, les dessins et toutes les autres questions. Alors on cherche ensemble. Certaines fois ça prend plus de temps.

Odile Josselin est éditrice chez Pastel. Elle est l’éditrice de Jean-Luc Englebert (cf plus haut).

Christelle Renault:
Cela dépend ! Certains auteurs trouvent leur titre avant d’écrire leur histoire, d’autres ne le trouvent qu’à la fin. Il se peut aussi que le titre change en cours de route. C’est très dur de trouver un titre accrocheur, original, attirant, qui résume bien l’histoire du livre, et qui ne soit pas déjà utilisé.
Donc oui, parfois, l’éditeur doit aider l’auteur à trouver un bon titre pour son livre.

Christelle Renault est éditrice album à l’école des loisirs.

 

 

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De très bons romans pour les jeunes lecteurs

Par 26 février 2015 Livres Jeunesse

GéantÀ la mort de son père, Louis doit quitter la campagne pour la ville. Fini de garder les brebis monté sur des échasses, finies les balades dans le marais, fini d’être un géant. Maintenant, il faut se faire à la ville, avoir les pieds sur terre et se faire de nouveaux amis. Il faut aussi gagner de l’argent, alors Louis doit travailler en essayant d’aller parfois à l’école. Et puis il y a Sofia…
Géant est un magnifique roman. Jo Hoestlandt a une très belle plume, chaque mot, chaque phrase semblent choisis. Et pourtant le style très littéraire du texte n’est jamais pesant, jamais lourd, jamais pénible à lire. On y parle donc du deuil, de l’adaptation à une nouvelle vie, des rencontres, de l’amitié, mais on y parle aussi d’amour, de relation parent-enfant, de la transmission, des moqueries.
Un roman marquant, très beau, très poétique, pour les enfants à partir de 8 ans (d’après l’éditeur).

La robe à froufrouChacha (qui s’appelle Marie-Charlotte, mais n’essayez même pas de l’appeler comme ça) est plutôt le genre de fille qui a un caractère affirmé. Alors que sa tante va se marier, elle reçoit de sa part une robe qu’elle devra porter au mariage. Alors déjà une robe, pour Chacha c’est pas possible, mais une robe à froufrou là c’est même impensable !
Chacha n’a jamais connu son père, elle vit seule avec sa mère qui lui a toujours expliqué qu’elle était un souvenir de 14 juillet. Mais quand un matin elle voit sa mère débarquer avec les yeux totalement explosés à force d’avoir pleuré en regardant Jean Dupommier gagner un Oscar, Chacha n’a plus de doutes… l’acteur est son père et elle doit tout faire pour le contacter ! Mais comment rencontrer un homme aussi célèbre ?
On change radicalement de style, mais quel régal que ces aventures de Chacha ! Chacha se cherche un papaC’est plein d’humour, bien écrit, le personnage principal est aussi attachant que drôle, les histoires pleines de rebondissements… Chacha est un personnage plein de ressources. Que ça soit pour se débarrasser d’une robe à froufrou ou pour rencontrer un célèbre acteur, on peut compter sur elle pour déployer les grands moyens (parfois les plus farfelus). Seul (mini) bémol, comme je l’ai déjà dit ici j’ai horreur des marques dans les livres jeunesse, ici les fraises tagada deviennent tagaga, mais on comprend bien de quoi il s’agit… et elles sont TRÈS souvent citées (jusqu’à être l’illustration de la 4e de couv’). Mais ce (mini) bémol mis à part (et on le met très facilement de côté), on prend beaucoup de plaisir à lire les (sacrées) aventures de Chacha qui confirment, une fois de plus, qu’on aime le style et l’humour de Sandrine Beau.
Les deux premières aventures d’un personnage particulièrement bien croqué, on espère la suite avec impatience !
La robe à froufous vu par Enfantipages, Maman Baobab et Clarabel. Chacha se cherche un papa vu par Enfantipages.

Charly Tempête T04 C1Charly Tempête est heureux, sa classe va partir aux sports d’hiver, imaginez donc ! Toute la classe se réjouit… à part Igor… Son père est au chômage depuis peu et jamais ses parents ne pourront payer le voyage. Charly et ses camarades décident de tout faire pour gagner de l’argent pour qu’Igor puisse les accompagner… et ils ne sont pas à court d’idées !
Tout comme Chacha, Charly est un personnage plein de ressources. Après avoir géré un déménagement, une nouvelle école et un gardiennage de chien qui tourne mal, voici donc la quatrième aventure de notre inventeur en herbe. Annelise Heurtier parle toujours aussi bien de la réalité du quotidien des enfants (y compris de ceux moins favorisés) tout en étant drôle. Charly et ses amis nous font penser aux bandes de copains de la littérature jeunesse qui ont marqué notre enfance, qu’on a appris à connaître livre après livre.
Le nouveau tome d’une super série.
Le même vu par Enfantipages.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Jo Hoestlandt (La maîtresse est amoureuse), de Thomas Baas (Du monde dans ta cuisine, Paris et ses contes, ses visites, ses recettes…, Mes premiers contes et Petites histoires pour rêver dans sa poche), de Sandrine Beau (Mon chat fait ouaf !, Le petit chaperon qui n’était pas rouge, Manolo, un boudeur de petit fantôme, Manolo, un cochon de petit fantôme, Fées d’hiver, Je suis une lionne, L’Ogre qui n’avait peur de rien, La girafe en maillot de bain, Rouge Bitume, Ma maman est comme ça, Mon papa est comme ci, On n’a rien vu venir, Roulette Russe Tome 1 Noël en Juillet, Des crêpes à l’eau, L’hippopotin, L’été où mon grand-père est devenu jaunophile, L’étrangleur du 15 Août, et Quand on sera grands), d’Annelise Heurtier (Là où naissent les nuages, Combien de terre faut-il à un homme ?, L’affaire du chien, Babakunde, On déménage !, Drôle de rentrée !, Sweet Sixteen, Le carnet rouge et La fille aux cheveux d’encre) et de Clotka (L’affaire du chien, On déménage !, Drôle de rentrée ! et Les aventures de Tit’Oignon). Retrouvez aussi notre interview de Sandrine Beau. et d’Annelise Heurtier.

Géant
Texte de Jo Hoestlandt, illustré par Thomas Baas
Magnard Jeunesse
8,90 €, 140×215 mm, 112 pages, lieu d’impression non indiqué, 2014.
La robe à froufrous
Texte de Sandrine Beau, illustré par Ariane Pinel
Alice Jeunesse dans la collection Primo
11,50 €, 142×210 mm, 92 pages, imprimé à Malte, 2014.
Chacha se cherche un papa
Texte de Sandrine Beau, illustré par Ariane Pinel
Alice Jeunesse dans la collection Primo
11,50 €, 142×210 mm, 101 pages, imprimé en Pologne, 2014.
Charly Tempête, Tous pour un !
Texte d’Annelise Heurtier, illustré par Clotka
Casterman dans la série Charly Tempête
6,95 €, 195×135 mm, 80 pages, imprimé lieu d’impression non indiqué, 2014.

À part ça ?

« Quand je rencontre des petits, je m’adresse à eux comme à des adultes », une interview de Quentin Blake dans Télérama.

Gabriel

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Deux romans forts

Par 18 septembre 2014 Livres Jeunesse

Le coeur des louvesCélia a fait la route toute seule, elle arrive, seule, au village de sa grand-mère. Celle-ci n’est plus. Il faut faire à nouveau entrer la vie dans cette maison, la faire respirer. Seule porte qui reste close, celle de la chambre de la grand-mère, Célia n’en a jamais eu la clef, elle n’a jamais eu le droit d’y entrer. Que cache-t-elle ? Célia se souvient avoir vu des gens, l’air maussade, entrer dans la pièce avec sa grand-mère, que venaient-ils y faire ? Une jeune femme est une institutrice qui vit dans un petit village où les jeunes filles disparaissent. Elle a fui son village à elle, où elle a vécu l’inqualifiable. Quelque chose lie ces deux jeunes filles, elles sont les louves.
Mais comment résumer un roman aussi riche que Le cœur des louves de Stéphane Servant. Un roman qui rend hommage au courage des femmes ? Un roman social ? Un thriller ? Une histoire de secrets de famille ? On y parle aussi d’homosexualité, de filiation, de transmission… et tant d’autres choses encore. L’écriture de Stéphane Servant est belle, et l’on se surprend à relire certaines phrases pour le plaisir des mots. Il nous entraîne avec lui dans cette histoire de femmes, de femmes qui se battent, de femmes humiliées. C’est un gros roman (près de 550 pages), mais on a du mal à le poser, l’auteur sait nous tenir tant dans les moments de suspense que dans le reste. Un roman fort, très fort.
Un magnifique roman hommage aux femmes proies qui deviennent femmes louves, autant (plus ?) pour les adultes que pour les ados.

(Petit aparté, j’ai tellement été pris par Le cœur des louves, que j’ai eu énormément de mal à passer à un autre livre… Je les trouvais tous insipides… j’en ai abandonné 4 avant de lire celui qui suit…)

AméliaLà où naissent les nuages est de celle qu’on remarque à cause de son surpoids. Dès qu’elle est contrariée, le chocolat est son meilleur remède. Son père est médecin, sa mère magistrate, Amélia vit dans une famille aisée. Ses parents sont particulièrement préoccupés par les autres et le monde qui les entoure, sa mère envoie d’ailleurs chaque année une grosse somme à une association en Mongolie. C’est un véritable choc lorsqu’elle apprend que le responsable de l’ONG est décédé. Le père d’Amélia décide que toute la famille doit aller là-bas le temps d’un été pour aider l’association, mais à cause d’un concours de circonstances, Amélia partira seule. Un été qui risque de changer sa vie.
Annelise Heurtier écrit généralement des romans forts, là encore. On est entraîné avec Amélia dans des bidonvilles où les enfants sont battus, vivent dans la rue, où des adolescentes accouchent seules dans des endroits sordides… Et pourtant, même s’il y a des moments forts, ce n’est jamais glauque, jamais violent. Amélia, 16 ans, va découvrir plein de choses à l’autre bout du monde, des choses sur elle-même notamment. Annelise Heurtier parle essentiellement de ça, d’apprendre à se connaître, d’apprendre qui l’on est. Elle ouvre des portes qu’elle ne referme par carrément, à nous de nous faire l’histoire.
Un nouveau roman très fort d’un auteur qu’on aime décidément beaucoup.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Stéphane Servant (Le gros goûter, Nos beaux doudous, Boucle d’ours, Le machin, Le crafougna et Le masque) et d’Annelise Heurtier (Combien de terre faut-il à un homme ?, L’affaire du chien, Babakunde, On déménage !, Drôle de rentrée !, Sweet Sixteen, Le carnet rouge et La fille aux cheveux d’encre). Retrouvez aussi notre interview d’Annelise Heurtier.

Le cœur des louves
Texte de Stéphane Servant
Rouergue dans la collection DoAdo
17,50 €, 140×205 mm, 541 pages, imprimé en France, 2013.
Là où naissent les nuages
Texte d’Annelise Heurtier
Casterman
12 €, 146×220 mm, 199 pages, imprimé en Italie, 2014.

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