La mare aux mots
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Antoine Lanciaux

Un tour au cinéma

Par 28 octobre 2012 Cinéma et DVD

Je vous parle rarement de cinéma. J’avoue que je suis assez souvent hermétique aux productions pour enfants, c’est extrêmement rare de retrouver dans un film la poésie et la place à l’imaginaire qu’on trouve dans la littérature jeunesse. Malheureusement on est plus souvent dans le produit marketing que dans l’œuvre artistique… heureusement parfois certains beaux films sortent (malheureusement tous en même temps !).

Le roi se meurt, Boniface le conteur a disparu et il n’y a plus personne pour raconter des histoires. Pougne, lui, sait où est Boniface ! Le conteur se cache car il a touché une corne de licorne et s’en est trouvé défiguré. Pour retrouver son vrai visage il devra se rendre dans le ventre du monde, là où se créent toutes les histoires.

« Mais que c’est beau ! » voilà ce que je me suis répété (quand je n’étais pas tout simplement bouche bée) devant L’automne de Pougne, le dernier court métrage de Et 10,11,12 Pougne le Hérisson. Ce court tout en animation de marionnettes de 28 minutes est donc la suite de L’hiver de Léon (2007), Le printemps de Mélie (2009) et L’été de Boniface (2011) mais se regarde très bien sans avoir vu les premiers. J’étais déjà tombé sous le charme avec les trois premiers épisodes (je les avais chroniqué ici) mais je pense que le dernier volet est, esthétiquement en tout cas, le plus beau.  C’est poétique, captivant, esthétique. Parents comme enfants on est sous le charme. Il y a finalement peu de films pour enfants qui me font passer autant d’émotion : La prophétie des grenouilles, certains Michel Ocelot (j’en parlerai plus bas), récemment Kérity, la maison des contes… mais je mets vraiment devant tous ceux-là la série Léon, Mélie, Boniface et Pougne.

Ce court est accompagné de deux autres, Nikita le tanneur, un très beau dessin animé dont les dessins sont réalisés à la main. Tiré de contes russes, on retrouve ici le fameux personnage de Baba Yaga et Zmey Gorynych le dragon à deux têtes. On est ici vraiment dans le conte traditionnel, et la technique de réalisation est très esthétique, j’ai vraiment beaucoup aimé. Quant à Tout conte fait, traité lui entièrement par ordinateur, j’avoue être resté plus hermétique. Marianne vous avait parlé de ce dernier et il est visionnable ici.

C’est le retour du Gruffalo ! Son fils arrive sur les écrans. Le petit Gruffalo sort en salle aussi et c’est une très bonne surprise. On reste bien dans la lignée du précédent et on n’est nullement déçu. Le court métrage suit la trame du célèbre livre de Julia Donaldson et Axel Scheffler (à savoir, après avoir été terrorisé par la petite souris dans le premier opus, le Gruffalo prévient son fils de faire attention à ce terrible animal. Pourtant le petit Gruffalo va vouloir rencontrer ce personnage qui fait si peur… à ses risques et périls !) et les quelques gags ajoutés sont tous irrésistibles. Tout comme le premier j’avoue que je suis plus fan de l’animation du Gruffalo que des illustrations originales (quitte à choquer les fans). Je les trouve plus rondes, plus douces. C’est vraiment drôle sans être idiot, c’est très beau, très poétique. Le film est précédé de trois courts : Des pas dans la neige (une histoire extrêmement douce et poétique sur un loir qui suis des traces de pas), Le chemin d’un lièvre (sur la rude loi de la nature) et le très drôle L’oiseau et la feuille (un oiseau qui s’occupe d’une feuille et va être poursuivi par un renard… assez malchanceux). L’ensemble est cohérent, esthétique et parfaitement adapté aux enfants dès 3 ans (4 ans d’après le dossier de presse).

Faisons une parenthèse littérature et profitons de la sortie du Petit Gruffalo pour annoncer aussi la sortie d’un très chouette coffret tout en poils comprenant Le Gruffalo et Le petit gruffalo format « poche » (vous savez le format des petits albums de la collection L’heure des histoires) et le dvd du Gruffalo (avec des chouettes bonus !). Le tout dans un fourreau en poils tout doux. C’est sympa et je trouve que le prix (19,90€) pour un DVD, deux petits livres et le tout dans un emballage rigolo est plus que sympa.

Allez retournons au cinéma…

Vous avez-vu Kirikou affronter la sorcière et les bêtes sauvages ? Revenez ! On ne vous a pas tout dit !

Kirikou et la sorcière nous racontait de la naissance du minuscule bambin à sa taille adulte… qui arrivait quelques jours plus tard. Comment faire une suite dans ce cas ? Avec le personnage adulte ça ne va pas passionner les foules ! On va dire « on ne vous avait pas tout dit », c’était le point de départ de Kirikou et les bêtes sauvages, film à sketch avec 3 petites histoires qui se seraient passées à la même époque que le premier. Le film était, disons-le, assez décevant. Voilà donc qu’on nous rappelle « ne partez pas ! On ne vous avait ENCORE pas tout dit ! » et revoilà donc 4 nouveaux épisodes des aventures de Kirikou réunies pour faire un long métrage : Kirikou et les hommes et les femmes (même le titre je le trouve bancal…). Disons-le clairement : Michel Ocelot est un génie, si vous ne les avez pas vu précipitez-vous sur Azur et Azmar, Princes et Princesses,… (et même son DVD Les trésors cachés de Michel Ocelot qui est une pure merveille). Le seul souci dans la filmographie du grand monsieur commence à être ce Kirikou qui, alors qu’il me plaisait tant, commence à m’agacer. J’ai déjà du mal avec les suites mais là à force d’étirer comme ça sur l’élastique pour essayer de faire d’une petite histoire des tas de longs métrages ça va finir par casser et un élastique qui casse… ça fait mal ! Plus sérieusement c’est sympathique, mignon mais pas digne de Michel Ocelot. Alors bien-sûr c’est bien mieux qu’un Disney et tutti quanti mais bon… Autre souci c’est un peu trop long. Une heure et demi pour des tout-petits ils ont du mal à tenir, j’entendais quand le 4ème sketch a commencé des enfants soupirer, se lasser, râler (ma fille elle-même en avait un peu marre…).

Les sketchs eux-mêmes sont assez inégaux et le plus mauvais est signé Susie Morgenstein ! Là on se dit qu’il y a un souci car avoir une telle plume et en faire une histoire où l’on ne comprend pas grand-chose… (j’ai discuté avec trois personnes différentes qui m’ont dit ne pas avoir réussi à suivre l’histoire racontée pendant cette partie). Bref je vous conseille plutôt de revoir le premier Kirikou que d’aller voir cette interminable suite de « on avait oublié de vous dire… ».

Quelques pas de plus…
Les opus précédents L’automne de Pougne sont chroniqués ici et le premier Gruffalo .

Et 10,11,12 Pougne le Hérisson
de Iouri Tcherenkov, Alexandra Condoure et Antoine Lanciaux
Folimage
48 minutes
Le petit Gruffalo
de Makiko Sukikara, Lotte Van Elsacker, Lena von Döhren, Uwe Heidschötter et Johannes Weiland
Les films du préau
43 minutes
Gruffalo
de Julia Donaldson, illustré par Axel Scheffler
Gallimard Jeunesse dans la collection L’heure des histoires
19,90€, 155×210 mm, 60 pages, imprimé en France
Kirikou et les hommes et les femmes
de Michel Ocelot
Studio Canal
1h28

A part ça ?

J’ai participé à un article sur les livres qui ont marqué notre enfance sur À l’ombre du grand arbre. C’est ici. On en parle aussi sur le forum .

Gabriel

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Entrez dans l’univers fabuleux de Léon et Mélie

Par 23 janvier 2012 Cinéma et DVD

Il faut vous le dire franchement… les dessins animés et films d’animation pour enfant… c’est rarement mon truc. Disons que ça ne me procure pas autant de plaisir que les livres. Ce que j’aime dans la littérature jeunesse c’est la poésie qui s’en dégage, le fait de retrouver mes yeux d’enfant. Et ça je ne le trouve pas souvent devant un écran. En général tout est prémaché, tout doit être vite compris, vite assimilé. Dans un livre on prend le temps, dans un dessin animé le rythme est souvent rapide… et c’est souvent assez laid ! Bref si je vous dis tout ça c’est parce qu’il y a parfois des exceptions !

J’ai découvert l’univers de Léon, Mélie et Boniface avec le DVD Au royaume de Léon et Mélie.

Dans le premier court métrage, L’hiver de Léon, on rencontre ce petit ours qui a été adopté par des humains et qui va tenter de sauver la princesse Mélie Pain d’Épice, capturée par un ogre. Dans le second, Le printemps de Mélie, nos deux héros vont sauver le village touché par une épidémie.

Un troisième est sorti il y a pas très longtemps au cinéma : L’été de Boniface (il est accompagné de deux autres courts, Le petit garçon et le monstre et Mobile, le tout regroupé sous le titre 7,8,9 Boniface). Ici, Mélie vient en vacances chez sa mère avec ses amis mais ils vont devoir faire face à Boniface, conteur et « méchant » des deux premières histoires.

Les trois courts métrages (chacun de 26 minutes) sont d’une qualité que j’ai rarement vu. Tant d’un point de vue esthétique que scénaristique. C’est absolument superbe, les décors sont merveilleux (et si je vous disais qu’ils sont signés Samuel Ribeyron dont je vous ai parlé l’autre jour…), les personnages extraordinaires. C’est rempli de petits détails géniaux : les décors coulissent pour les changements de scènes, comme dans un théâtre, il y a des cadres, des enluminures, des perspectives étranges comme dans les tableaux du moyen-âge… On est ici pas très loin du spectacle de marionnettes, ça sent l’artisanal, l’amour du travail bien fait. Je pense sincèrement, que je n’avais jamais vu une telle réussite dans un programme pour enfant.

J’espère que je vous aurai donné envie d’en savoir plus, de vous procurer le DVD des deux premiers et de voir le 3ème au cinéma (il passe encore dans quelques salles et devrait continuer de passer). Jetez vos DVD du monsieur avec ses princesses nunuches et ses parcs d’attractions mercantiles, ouvrez vos yeux d’enfants et entrez dans l’univers merveilleux de Léon et Mélie, de leurs amis le hérisson râleur, l’éléphant peureux, le méchant Boniface et les pommes d’escampettes (qui proutent et qui pètent ! ). Et puisqu’un extrait vaut mieux qu’un long discours…

Quelques liens intéressants : le dvd, la page sur 1,2,3 Léon, la page sur 4,5,6 Mélie Pain d’Épice et la page sur 7,8,9 Boniface, le blog de Folimage et un site pédagogique très bien fait pour les parents et les enseignants.

Ces films sont parfaits à partir de 3 ans (l’éditeur, lui, indique 4 ans) et tant qu’il y a un enfant qui sommeille en nous.

L’hiver de Léon (2007) de Pierre-Luc Granjon et Pascal Le Nôtre
Le printemps de Mélie (2009) de Pierre-Luc Granjon
L’été de Boniface (2011) de Pierre-Luc Granjon et Antoine Lanciaux
produits par Folimage.

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A part ça ?

Connaissez-vous le « shadow art » (art avec des ombres) ? Je vous propose de découvrir quelques exemples ici : http://www.dailydawdle.com/2010/08/top-10-examples-of-brilliant-shadow-art.html Personnellement je trouve ça assez magique.

Gabriel

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