La mare aux mots
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Astronautes

La chronique numérique : La tête dans les étoiles

Par 23 novembre 2014 Livres numériques, Numérique

Pierrot PierretteOn commence par un conte numérique interactif plein de surprises pour les petits doigts curieux, adapté d’un album éponyme de Nicolas Gouny, paru chez Scarabéa.
Ça parle de quoi ? Pierrette est malade et Pierrot s’inquiète. Elle a attrapé une maladie étrange : la tristesse. Elle reste couchée, et n’a plus envie de rien. Mais comment peut-on guérir de la tristesse ? Un docteur donne à Pierrot le remède : la fleur de lune, mais il faudra aller la cueillir sur… la lune ! À califourchon sur une étoile filante, Pierrot entreprend son voyage vers la lune pour rendre ses couleurs à son amie de cœur.
Pierrot PierretteÇa marche comment ? Très simplement, en fait. Le lecteur a deux possibilités : lire l’histoire seul ou bien l’écouter. Dans chaque scène (quatorze au total), se dissimulent des animations interactives. Aucun indice ne les signale, mais elles sont toutes en lien étroit avec le texte. Ainsi, par exemple, « Pierrot plante l’étoile. Puis il attend… il attend » : au lecteur de se saisir des étoiles et de les planter une à une. Au fil des pages, il pourra ainsi faire courir Pierrot autour de la lune, faire tomber la neige, planter un arbre de lune, y faire pousser les fameuses fleurs de lune et bien d’autres choses encore.
Pierrot PierretteEt j’en pense quoi ? Cette appli est sortie des ateliers de Audois et Alleuil. Ici, on aime beaucoup beaucoup cette maison d’édition numérique dont les applis sont toujours pleines d’intelligence et de sensibilité, avec un graphisme très réussi. Et Pierrot Pierrette ne déroge pas à cette règle. Disons-le tout de go, c’est un magnifique livre numérique, empreint de poésie et de douceur. Et non non, ce n’est pas une histoire triste ; bien au contraire, c’est une histoire sur l’espoir et sur l’amitié. Les illustrations en noir et blanc, avec quelques touches de couleurs, de Nicolas Gouny créent un univers visuel onirique, délicat et tendre. L’accompagnement musical est en parfaite harmonie avec l’histoire, et la conteuse est tout à fait formidable ! Quant aux animations, ce sont de vraies petites merveilles. Quel bonheur de pouvoir faire pousser soi-même un arbre lunairePierrot Pierrette (vous avez vu le mien, à côté, pas mal, non ?) ! Et je vous laisse découvrir la dernière scène où l’on peut observer, en bougeant sa tablette, le ciel étoilé avec Pierrot et Pierrette. On se met sur un lit, on éteint les lumières, et le ciel s’offre à nos yeux écarquillés. Chaque scène est source d’émerveillement et ouvre un espace pour rêver.
Courez vous régaler les doigts !

AstropoloQuittons la lune pour la planète Tropy avec un second coup de cœur : une appli scénarisée de huit jeux, parue chez Les Trois Elles Interactive.
Ça parle de quoi ? Polo, un astronaute, entreprend à bord de son astronef une expédition dans l’espace. Sa destination : la planète Tropy. Mais avant d’y arriver le lecteur devra l’aider à relever quelques défis…
Ça marche comment ? Astropolo, c’est un voyage en huit étapes, qui sont autant de jeux interactifs et éducatifs qui explorent les nombreuses potentialités de la tablette. AstropoloPremière étape, on construit sa fusée, en la personnalisant bien sûr ! Puis le voyage commence, et tour à tour, toutes les facultés du lecteur vont être mobilisées. Sa voix, pour faire décoller une fusée ou endormir un petit martien. Sa rapidité, pour attraper les rennes du Père Noël, partis en goguette avec tout un troupeau d’animaux, et pour pulvériser les obstacles qui s’accumulent sur le chemin de Laïka, un petit chien qui veut rejoindre sa niche. Sa précision, pour aider M. Kisnot à retrouver sa bonne humeur en lui dessinant des cœurs. Son rythme, pour faire danser Polo. Au bout Astropolode ce chemin, une petite surprise récompensera l’apprenti astronaute. Quelques détails techniques : la navigation de l’appli est bien pensée et très fluide. Les consignes s’affichent à l’écran, mais il n’y a pas d’audio. Un lecteur doit donc expliquer aux plus petits les différentes consignes.
Et j’en pense quoi ? À travers ces mini-jeux, ce sont la créativité, la coordination, la maîtrise de la voix, la motricité fine, la compréhension qui sont sollicitées. Rien d’étonnant puisqu’il s’agit d’une appli des Trois Elles, maison d’édition interactive orientée vers la pédagogie Montessori. Ici, l’enfant est donc actif, ses sens sont stimulés pour un apprentissage ludique. Et pour être ludique, ça l’est ! Quant aux sens… Les oreilles ? Fans de musique classique, passez votre chemin. L’aventure se déroule sur Astropolofond de musique électronique entraînante et joyeuse. Les yeux ? Le graphisme de l’appli, qui est l’œuvre de Chloé Mazlo, plasticienne et cinéaste d’animation, est remarquable et très fantaisiste. Tous les décors et personnages sont faits en papiers découpés, dans des coloris assez vifs. Ça réveille, et ça bouge dans tous les recoins. Chez nous, on monte à plusieurs dans le vaisseau spatial et on se partage les missions. Celle où il faut blablater et faire suffisamment de bruit, et pendant assez longtemps, pour faire décoller la fusée remporte un vrai succès ! Crise de fous rires à la clef.
Pour les astronautes en herbes, mais pas que… Entrez dans l’astronef de Polo, vous n’en ressortirez pas de sitôt : on y joue, on y rigole, et on y apprend.

Bande-annonce :

Pierrot Pierrette
texte et illustrations de Nicolas Gouny, musique de Bit the Bit
Audois et Alleuil
Prix constaté : gratuit pour le lancement (Apple ; Android)
Astropolo
Scénario et graphisme de Chloé Mazlo, musique de Matias Elichabehere
Les Trois Elles Interactive

Prix constaté : 2,99 € (Apple)

À part ça ?

Le vilain petit canardOyez Oyez, un nouveau journal est né, Le Vilain Petit Canard. C’est un journal bimestriel qui s’adresse aux enfants, plutôt grands, mais surtout aux curieux, quel que soit leur âge, et qui sort de l’ordinaire : « on peut y raconter des histoires, s’y poser des questions, confronter des points de vue, changer d’avis, et surtout surtout tout ça à plusieurs, parce qu’on n’est jamais trop de fous ». Aux commandes, deux illustratrices pour la jeunesse, Hélène Maurel et Géraldine Alibeu. Elles nous concoctent un joyeux bric-à-brac qui réunit des contes, des bandes dessinées, des reportages, des bricolages. Le vilain petit canardDans le numéro 1 (le numéro 2 vient de sortir), on a pu lire la naissance du monde d’après la mythologie grecque, des conseils pour devenir des éco-aventuriers, des poèmes de l’espace, des histoires bien sûr, et un super dossier sur le féminisme avec en plus des conseils pour adopter un langage non sexiste… En prime un poster ! Tout cela sur le ton de l’humour, de la blague un peu potache. C’est une drôlement chouette lecture ! On peut s’abonner à la version papier ou numérique. Merci à Véronique Soulé et à son émission Écoute ! il y a un éléphant dans le jardin, qui m’ont fait découvrir ce nouveau canard.

Erica

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Pages d’Histoire

Par 4 avril 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose un petit voyage dans le passé. Quand les albums parlent de notre Histoire.

Alex et léon dans les camps françaisJuin 1942, Alex et Léon sont deux enfants juifs. Ils doivent désormais porter sur leurs vestes une étoile jaune et, par le fait, supporter les moqueries de leurs camarades. Dorénavant, ils n’auront plus le droit d’aller dans les parcs qui sont interdits aux juifs et ne pourront plus prendre que le wagon de métro qui leur est réservé. Leur mère les protège, leur père cherche un moyen de fuir. Malheureusement, c’est dans des camps que seront amenés Alex et Léon et leur famille. Tout d’abord, Nexon puis Rivesaltes et enfin Gurs, en attendant la libération.

Parler des camps de concentration aux enfants n’est pas chose aisée, Rolande Causse et Gilles Rapaport y sont arrivés. Avec beaucoup de délicatesse, sans détails sordides, ils nous racontent le parcours de deux enfants (qui font partie des chanceux qui s’en sortent). Graphiquement, c’est un album extrêmement intéressant. C’est à partir de photos d’époque que Gilles Rapaport a travaillé (les photos sont d’ailleurs en fin d’ouvrage). Les vrais visages sont mêlés à la peinture pour un résultat des plus réunis. Un bel album pour parler d’un sujet grave, une des plus noires pages de notre Histoire.
Des extraits en ligne.

Les cloches de la Libération1943. Pauline et son grand-frère ont une mission. La cloche que leur grand-père avait installée en haut de l’église a été décrochée par les Allemands. Ils veulent la fondre pour en faire des obus. Les enfants ne veulent pas laisser faire ça. Ils vont mener l’enquête pour la retrouver et tenter de la sauver.

C’est une histoire peu connue de la Seconde Guerre Mondiale que nous raconte Fabian Grégoire. Car ici tout est basé sur des faits réels, ils nous sont d’ailleurs racontés en fin d’ouvrage dans une partie documentaire richement illustrée de photos et documents d’époque. Rien de dur dans Les cloches de la libération, juste une sorte de récit d’aventures où deux enfants veulent sauver une chose chère à leurs yeux, avec la guerre en arrière-plan. Un bel album/documentaire sur une jolie histoire dans l’Histoire.


Tache d'encreParmi les élèves du jeune instituteur qui rabâche sa haine des boches, il y a Émile. Un peu cancre, un peu boute-en-train, Émile est sans nouvelle de son père, parti à la guerre. Il a peur de le voir rentrer avec des membres en moins. Nous sommes en 1914, la guerre est loin d’être finie.

Le duo de Fais tes contes signe ici un album complètement à l’opposé du précédent. Tache d’encre nous raconte des écoliers sans nouvelles de leurs pères, partis à la guerre. Ici, c’est un album très dur, avec une fin tragique, mais c’est ça aussi la réalité de la guerre. Dans les illustrations (auxquelles j’avoue ne pas avoir accroché personnellement, je trouve qu’elles font très croquis) sont cachées des images en trompe l’œil, les enfants pourront partir à leur recherche. Un album sur la Première Guerre Mondiale qui nous raconte l’attente et l’espoir, parfois déçu, de voir rentrer les pères partis combattre.
Des extraits en ligne.

Un bond de géant

Nuit entre le 20 et le 21 juillet 1969. Pour June, c’est une grande nuit, c’est son papa qui le lui a dit. Pendant que des millions de gens se demandent ce qu’il y a derrière la lune, sur le côté qu’on ne voit pas d’ici, June, elle se demande quel visage se cache de l’autre côté du ventre de sa maman. Dans la salle d’attente, elle attend. Des Américains posent un pied sur la lune, June devient une grande sœur.

On termine par un sujet plus léger (surtout qu’il est aussi question de naissance) et surtout par un gros coup de cœur. Je ne vais pas vous redire à quel point je suis fan du travail de Barroux… oh et en même temps pourquoi s’en priver ? Graphiquement, Un bond de géant, 1969 on a marché sur la lune est une merveille. Cet illustrateur de génie a encore fait un travail extraordinaire pour accompagner le très beau texte de Thomas Scotto. On parle donc ici des premiers pas sur la lune et d’une naissance, d’une petite fille qui s’étonne que tout le monde ne parle que du premier évènement et pas du second (tous les enfants on vécut ça, ne pas comprendre pourquoi la télé n’annonce pas la naissance du petit frère ou la mort de la mamie). Un album extraordinaire sur les premiers pas sur la lune (avec une partie documentaire en fin d’ouvrage) ou tout simplement sur une naissance.
Le même vu par Les lectures de Kik.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Stéphane Millerou et Quitterie Laborde (Fais tes contes) et Barroux (Méga-Loup, Mon voyage en gâteauKako le terrible et La rentrée de Noé). Retrouvez aussi notre interview de Barroux.

Alex et Léon dans les camps français 1942/1943
Texte de Rolande Causse, illustré par Gilles Rapaport
Circonflexe
15 €, 235×298 mm, 30 pages, imprimé aux Émirats Arabes Unis, 2013.
les cloches de la libération
de Fabian Grégoire
L’école des loisirs dans la collection Archimède
12,70 €, 220×280 mm, 45 pages, imprimé en France, 2013
Tache d’encre
Texte de Stéphane Millerou, illustré par Quitterie Laborde
Les p’tits bérets dans la collection À grands pas
13,50 €, 186×267 mm, 24 pages, imprimé en France, 2014.
Un bond de géant – 1969, on a marché sur la lune
Texte de Thomas Scotto, illustrations de Barroux
Kilowatt dans la collection Un jour ailleurs
15,80 €, 196×268 mm, 44 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

À part ça ?

Georges CHAISELe numéro Chaise de Georges est sorti. Comment ? Quoi ? Vous ne connaissez pas Georges ? C’est un Drôle de magazine pour enfants, une revue classe pour les enfants (comprenez beau papier et contenu de qualité) qui est bien connu des gens qui aiment les illustrations graphiques. Alors comme personnellement, justement, les illustrations graphiques, c’est pas forcément mon truc j’avoue ne pas avoir pris de nouvelles depuis longtemps de ce bon vieux Georges, mais le Salon du Livre de Paris m’a fait le recroiser. Et ça m’a fait comme quand on recroise un vieux copain et qu’on se souvient à quel point on l’aimait bien en fait. Alors que trouve-t-on dans ce numéro Chaise (car oui, chaque numéro de Georges est par rapport à un sujet, il n’y a pas de numéro ici) ? Une histoire de la géniale Delphine Perret (et pas le genre petite histoire, non non non une histoire de 10 pages avec de belles illustrations) dans laquelle il est question d’un enfant qui a reçu une chaise en cadeau, une interview d’un des protagonistes de l’histoire, le cheval (ok, ce n’est qu’un figurant, mais c’est toujours intéressant), une BD, l’histoire (vraie) de deux designers de chaises, la suite d’une histoire à suivre (extrêmement graphique, pour le coup), des jeux (sept différences, jeux de lettres, jeux d’observations…) et même des loisirs créatifs (on va fabriquer une chaise et une maison en carton) et même de la cuisine (des recettes de canapés). Une soixantaine de pages pour une revue vraiment très classe (je l’ai déjà dit, mais ça lui va bien). Pour le bonheur des enfants et de leurs parents !
Georges, numéro Chaise, 8,90 € (34 € par abonnements, 4 numéros). Renseignements : http://www.magazinegeorges.com.

Gabriel

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