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Attaché à la promotion des auteurs

Dis… c’est quoi ton métier ? Attaché-e à la promotion des auteurs avec Marie Pageault et Amélie Cannard

Par 24 juillet 2013 Les invités du mercredi

Comme l’année dernière, tous les mercredis de juillet et août nous vous proposons de découvrir un métier grâce à deux personnes qui font ce métier-là. Vous découvrirez ainsi ceux qui travaillent autour du livre pour enfants. Après auteur jeunesse, attaché de presse dans une maison d’édition jeunesse, traducteur de livres pour enfants, bibliothécaire jeunesse, éditeur jeunesse, blogueur jeunesse, libraire jeunesse et illustrateur jeunesse, cet été nous vous proposerons d’en savoir plus sur huit autres métiers : la semaine dernière nous vous avons présenté des maquettistes, celle d’avant de deux personnes qui nous parlent des livres à la radio (Véronique Soulé et Denis Cheissoux), cette semaine nous nous intéressons aux attaché-e-s à la promotion des auteurs. J’ai posé des questions à deux d’entre elles, Marie Pageault (L’école des loisirs) et Amélie Cannard (Seuil jeunesse et De la Martinière Jeunesse). Bon mercredi à vous !


Dis c’est quoi ton métier… Marie Pageault

Comment définiriez-vous « attachée à la promotion des auteurs» ?
L’enjeu principal, c’est de faire découvrir les auteurs de L‘école des loisirs et cela principalement par l’organisation de déplacements. Mon rôle dans tout cela est d’être un intermédiaire entre les auteurs et les structures (salons, librairies, bibliothèques, etc.) désirant les recevoir : mettre en avant les nouveaux auteurs et leurs livres auprès de ces structures, mais aussi conseiller les auteurs sur leurs choix de déplacements. J’assure de plus, la bonne logistique de l’ensemble.

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont été les vôtres ?
Je ne suis pas sûre qu’il y ait un parcours idéal. Pour ma part, j’ai fait un DUT Techniques de commercialisation, suivi d’une licence Pro Éditions. Je n’avais pas envie de poursuivre en Master où je craignais des redites et avais envie de commencer à travailler. Ensuite, j’ai eu la chance d’avoir tout de suite des opportunités dans l’édition.

Est-ce que ce métier s’exerce à plein temps ? Avez-vous un autre métier à côté ?
Au regard du catalogue de L’école des loisirs et du nombre d’auteurs, nous ne sommes pas trop de deux avec Aline Hamchin pour répondre aux nombreuses sollicitations que nous recevons.

Qui sont vos interlocuteurs ?
Ils sont très divers et c’est ce qui est justement agréable !
Je suis en contact avec des libraires, des organisateurs de salons, des bibliothécaires, des enseignants, les équipes éditoriales et les représentants de L’école des loisirs en région, etc. et bien sûr avec les auteurs !

Où et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans des locaux ?)
J’ai un bureau dans les locaux de L’école des loisirs, rue de Sèvres à Paris où je jongle entre mails et coups de téléphone.

Comment est calculée votre rémunération ?
Je suis rémunérée sur une base fixe et heureusement pas commissionnée aux nombres de déplacements de nos auteurs !

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Je ne crois pas qu’il y ait d’idées reçues sur mon métier.

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
Personnellement, ce que j’aime c’est être en contact avec plein de gens passionnés, le côté très pragmatique aussi du métier, et ce que j’apprécie plus globalement en jeunesse, c’est la simplicité des rapports.

Et quels sont les mauvais côtés ?
Les mauvais côtés, c’est quand on doit faire la chasse aux mauvais payeurs.
En effet, malheureusement, parfois les auteurs peinent à se faire rémunérer leurs interventions ou défrayer leur transport et dans ces cas là, ils nous appellent à la rescousse.  Il faut donc endosser le rôle de celle qui rappelle les règles à des personnes qui souvent, sont bien  loin d’imaginer les réalités des auteurs.

Le site de L’École des loisirs : http://www.ecoledesloisirs.fr


Dis c’est quoi ton métier… Amélie Cannard

Amélie Cannard Comment définiriez-vous « attachée à la promotion des auteurs » ?
Cela consiste à assurer la promotion du catalogue à travers une « communication événementielle », autrement dit faire connaître les livres et leurs auteurs dans des lieux dédiés, grâce à la participation active des artistes.
Ces lieux dédiés sont le plus souvent des manifestations littéraires – salons, festival, fêtes du livre – et des librairies, mais cela peut aussi être des galeries d’art, des écoles, des bibliothèques… Quant à la participation des auteurs, elle peut prendre des formes multiples : séances de dédicaces, ateliers d’écriture et d’illustration avec des enfants, conférence avec professionnels de l’enfance, expositions…

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont été les vôtres ?
Je ne sais pas s’il y a un parcours, il doit certainement y avoir des dizaines de chemins qui mènent à ce métier, comme beaucoup de métiers culturels d’ailleurs ! J’imagine qu’on peut tout aussi bien apprendre les bases de ce métier par une formation spécifique à la commercialisation du livre que par une formation générale en communication.
Pour ma part j’ai obtenu une maîtrise professionnelle spécialisée dans les métiers du livre, et j’ai effectué mon stage de fin d’étude au sein du service éditorial du Seuil Jeunesse. J’avais dans l’idée de travailler plutôt à la conception des ouvrages qu’à leur promotion, mais un concours de circonstance m’a fait bifurquer. Être embauchée à la fin d’un stage, ça ne se refuse pas !

Est-ce que ce métier s’exerce à plein temps ? Avez-vous un autre métier à côté ?
C’est un métier qui s’exerce à plein temps et qui n’a pas vraiment de limite… Contrairement à la promotion médiatique, la promotion événementielle fait ses preuves dans la durée et sert davantage à valoriser le travail d’un artiste et l’image d’une maison d’édition qu’un livre en particulier.
Pendant plusieurs années j’ai combiné cette mission avec celle d’attachée de presse. Mener les deux rôles de front a été particulièrement formateur, mais ne permet pas de dégager suffisamment de temps pour effectuer un travail approfondi… surtout quand on a près de 150 titres par an à promouvoir !

Qui sont vos interlocuteurs ?
D’un côté les auteurs, et de l’autre les médiateurs du livre, qui permettent aux auteurs de rencontrer leur public : libraires, bibliothécaires, enseignants, organisateurs de salons… Tout l’enjeu consiste justement à faire se rencontrer ces deux grandes « familles ».

Où et comment travaillez-vous ? (Chez vous ? Dans des locaux ?)
Je travaille dans les bureaux du pôle jeunesse, qui regroupe les équipes du Seuil Jeunesse et de la Martinière Jeunesse, les deux maisons pour lesquelles je travaille. Ce métier peut très bien s’effectuer en télétravail ou en free-lance. L’avantage de travailler dans les bureaux, c’est d’être en contact permanent avec les éditeurs et de suivre l’émulation qui se crée durant la genèse d’un projet. Porté par l’enthousiasme ambiant, on a tout de suite plus de facilité à convaincre !

Comment est calculée votre rémunération ?
Je suis salariée de l’entreprise, mon salaire mensuel ne dépend pas des résultats obtenus. Il m’arrive de travailler le week-end, lorsque j’accompagne des auteurs sur des manifestations. Dans ce cas, je ne perçois pas de rémunération supplémentaire, mais j’essaie de récupérer ces journées quand mon emploi du temps me le permet.

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Je n’écoute pas beaucoup les idées reçues, je n’ai donc pas de quoi m’énerver ! Mais je crois que les attachés à la promotion des auteurs sont moins « connus » que les attachés de presse, et font donc beaucoup moins l’objet des idées reçues, comme celle qui voudrait que les relations publiques soient synonymes de mondanités !

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
Ils sont nombreux ! J’aime avant tout le côté polyvalent de mon métier : préparer une conférence, organiser un lancement, aménager un stand sur un salon, concevoir une exposition, accompagner des auteurs dans leurs interventions publiques… Moi qui crains la routine, j’apprécie particulièrement la variété des tâches que je suis amenée à effectuer.
Cela implique également d’être en contact avec des collaborateurs très diversifiés, qui ont le point commun d’être passionnés par leur métier, portés par leur volonté de faire découvrir et aimer la littérature de jeunesse au plus grand nombre.
Et j’ai aussi la chance de passer du temps avec des créateurs : je m’enrichis énormément au contact des auteurs et des illustrateurs. Leur univers est toujours passionnant, c’est un plaisir de les aider à le faire connaître !

Et quels sont les mauvais côtés ?
Ce métier peut engendrer une certaine frustration, lorsque les efforts fournis ne portent pas leurs fruits. On peut parfois dépenser beaucoup d’énergie pour un livre de qualité, qui malgré tout peine à trouver son public. Et malheureusement, l’économie du livre laisse de moins en moins de temps à chaque ouvrage pour tracer son sillon…

Le site du Seuil Jeunesse http://www.seuil.com/nouveautes-jeunesse.htm et celui De la Martinière Jeunesse : http://www.lamartinierejeunesse.fr

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