La mare aux mots
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Audren

Début, suite et fin.

Par 1 novembre 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on va parler de trois séries, Jonah, dont sort le premier tome, Les orphelines d’Abbey Road, dont vient de sortir le 3e (et avant-dernier) tome et enfin, le troisième et dernier tome de la saga dystopique Le tourneur de Page. En tout, 1200 pages (passionnantes) dans une seule chronique (la 900ème) !

jonah Dès la naissance, la vie de Jonah avait pris une tournure inhabituelle : sa mère était morte en couche. Personne ne la connaissait, elle était arrivée là pour accoucher et la seule chose qu’elle avait dite c’était « Mon petit Jonah » en voyant l’enfant. Ce n’était pas tout, puisque l’enfant était né sans main… C’est donc dans un orphelinat (sans réel espoir de se faire adopter) que l’enfant avait grandi. Très vite, on remarqua que l’enfant dégageait une chose étrange… à son contact, les gens étaient heureux. L’enfant rayonnait de bonheur et ce bonheur était contagieux. Pourtant un jour un évènement des plus étranges arriva et Jonah fut blessé… ce n’était que le début d’une grande aventure…

Ce qui frappe d’emblée quand on a ce premier tome de Jonah dans la main, c’est la beauté de l’objet. Papier épais, couverture à rabats avec une superbe illustration… dès que je l’ai eu en main, j’ai été séduit. Ensuite… comment résumer le tome 1 de Jonah, Les sentinelles… vous le savez, les résumés ce n’est pas mon truc (moi-même je ne les lis jamais), je veux toujours vous donner envie tout en vous laissant le maximum de surprises, que vous découvriez l’histoire en la lisant. Les sentinelles est donc le premier tome d’une série (de 7 livres d’après l’auteur). Entre roman d’aventure et science-fiction, très vite on comprend que Jonah a en quelque sorte des pouvoirs, que son destin n’est pas commun. Ce premier tome est tout simplement captivant, on a du mal à refermer le livre. Taï-Marc Le Thanh nous entraîne dans ce récit d’aventures et l’on n’a plus qu’une envie… en savoir plus sur Jonah ! Vite, la suite !
Le site de Jonah (extrêmement bien fait !) et une magnifique bande annonce.

Les orphelines d'Abbey road Les lumières du passéOn les avait quittées en mauvaise posture, Joy, Ginger, Margarita, Prudence et June, les orphelines d’Abbey Road sont de retour. Pour combattre le Diable Vert, elles vont devoir retourner en Alvénir, mais cette fois-ci elles vont aussi remonter le temps.

Décidément, que j’aime cette série qui ne ressemble à rien d’autre ! Un voyage dans un monde entre le pays d’Oz de Dorothy et le pays des merveilles d’Alice. Audren nous entraîne dans un récit complètement barré, et l’on adore la suivre. L’histoire est merveilleuse, on est parfois à deux doigts de tomber dans le grotesque sans jamais y tomber. C’est drôle, plein de suspense, super bien écrit, addictif… et puis ça parle de tellement de choses ! D’amour surtout (et là je trouve qu’Audren ose casser les codes), du rapport entre les adultes et les enfants, de la liberté (une belle réflexion sur le fait de savoir si nous sommes vraiment aussi libres que nous le croyons), sur la vérité (a-t-on toujours vraiment besoin de connaître toutes les vérités ?)… Vraiment une super bonne série, parfaite pour les lecteurs qui ont besoin de lire des choses « faciles » à lire tout en étant bien écrites. Le prochain tome est le dernier… on l’attend avec impatience, mais on aurait aimé qu’il y en ait 10 autres encore !
Le même vu par Parfums de livres.

Le tourneur de Page Au-delà des tempsC’est dans une société où il est obligatoire d’être heureux qu’Alkan et Tahar ont grandi. Dans une société dirigée par le Tourneur de Page, sous la Bulhavre, protégée de l’extérieur. D’autres, comme Artelune, ont grandi à l’extérieur, non loin de la Bulhavre. Et il y a aussi des abominables, peuple curieux et les villageois, un peu plus loin, et leurs traditions étranges.

Comme je le disais, j’ai toujours du mal avec les résumés… et c’est encore pire pour un troisième tome ! Je veux donner envie de le lire (si j’ai aimé !), mais je pense à ceux qui n’ont pas encore lu les deux premiers et je ne veux pas leur dévoiler trop des autres livres… bref, vous comprenez pourquoi mon résumé n’est pas forcément très intéressant (contrairement au livre).

J’ai été très très fan des deux premiers tomes de la série Le Tourneur de Page et là encore j’ai été captivé, emporté par ce roman dystopique. Muriel Zürcher a vraiment su nous tenir en haleine dans ces trois tomes de plus de 450 pages chacun. C’est une très belle histoire qui parle d’amitié, d’entraide, mais aussi de la maternité (très important dans ce dernier tome), du pouvoir et de la folie que ça déclenche, d’écologie… Muriel Zürcher a une vraie plume et elle a su faire passer de belles choses dans cette série. Ses personnages existent, on les sent particulièrement bien écrits. Elle fait réfléchir ses lecteurs (sur la politique, la société idéale…) tout en les tenant (difficile dans ce tome, encore, de le lâcher avant la fin !). Une série addictive à découvrir de toute urgence (ou à continuer).
Le même vu par Qu’importe le flacon… et par Les livres de Dorot.

Quelques pas de plus…
Vous trouverez nos chroniques des premiers tomes des Orphelines d’Abbey Road ici et et celles du Tourneur de Page ici et . Mais nous avons chroniqué d’autres livres d’Audren (Ma grand-mère m’a mordu) et de Muriel Zürcher (Le gang des gigoteurs, Le voleur de lunettes, Papa Yaga, Krok Mais et La perle volée). Nous les avons également interviewé toutes les deux, notre interview d’Audren et celle de Muriel Zürcher.

Jonah, T.1 Les sentinelles
de Taï-Marc Le Thanh
Didier Jeunesse dans la série Jonah
16€, 145×215 mm, 438 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Les orphelines d’Abbey Road, T.3 Les lumières du passé
d’Audren
L’école des loisirs dans la série Les orphelines d’Abbey Road
15,50€, 147×218 mm, 304 pages, imprimé en France, 2013.
Le tourneur de page, T.3 Au-delà des temps
de Muriel Zürcher
Éveil et découvertes dans la série Le tourneur de Page et dans la collection Vendredi soir*
13€, 131×180 mm, 512 pages, imprimé en UE, 2013.

A part ça ?

Ça y est, le mois de novembre est là ! Il est donc temps de vous annoncer nos coups de cœur du mois d’octobre.
Ceux de Marianne : Drôle d’encyclopédie d’Adrienne Barman (La Joie de Lire), Je suis un papillon de Vincent Cuvellier et Sandrine Martin (Gallimard Jeunesse Giboulées), et Parle-moi Papa de Christos, Didier Jean et Zad (2 Vives Voix). Et les miens : Comme une princesse de Brigitte Minne et de Merel Eyckerman (Talents Hauts), Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill de Jean Regnaud et d’Émile Bravo (Gallimard) et J’ai laissé mon âme au vent de Roxane Marie Galliez et d’Éric Puybaret (De la Martinière Jeunesse).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

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Les invités du mercredi : Audren et Mélanie Decourt (+ concours)

Par 3 juillet 2013 Les invités du mercredi

Pour ce dernier mercredi de la saison on ne s’est pas moqué de vous ! Deux invitées de prestige ! La première c’est Audren, auteur que nous aimons beaucoup et qui a accepté de répondre à nos questions. Après l’interview, grâce à L’école des loisirs, vous pourrez tenter de gagner un exemplaire de son dernier roman, Ma grand-mère m’a mordu. Ensuite c’est Mélanie Decourt, éditrice chez Talents Hauts, une maison d’édition que nous aimons particulièrement qui viendra pousser le dernier coup de cœur/coup de gueule de la saison ! Dès mercredi prochain et jusqu’à la rentrée vous retrouverez, comme l’été dernier, les Fiches Métiers. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Audren

AudrenQuel a été votre parcours ?
J’ai été élevée avec l’idée que je ferais forcément le métier qui me plaisait. Or, moi, ce qui me plaisait, c’était de fabriquer, de créer, de travailler en m’amusant, de ne jamais avoir l’impression de travailler vraiment. Et puis j’étais heureuse dès que je distrayais les autres, dès que je leur apportais des moments de bonheur. Je voulais éclairer et faire sourire les gens que je trouvais souvent bien moroses et blessés par toutes les méchancetés de la vie. Je suis devenue chanteuse après des années d’études musicales en France et aux USA. J’ai fait des CD, des concerts, des chansons pour la télé, les films, les jeux vidéo et pendant tout ce temps-là, je n’ai jamais cessé d’écrire. J’avais besoin de m’inventer d’autres mondes, d’autres réalités, besoin de fabriquer des rêves. Cependant, je n’ai jamais eu envie de devenir écrivain. J’ai envoyé mon premier manuscrit à un éditeur parce qu’un ami me tannait pour que je le fasse… et ça a marché…

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Enfant, je n’aimais pas lire, mais alors vraiment pas ! J’ai eu cependant trois livres de chevet que j’ai lu et relu des centaines de fois : Les trois brigands, Petit Potam et Max et les Maximonstres. Et puis, plus tard, j’ai lu Le Petit prince et j’ai pleuré. Je n’en Ma grand-mère m'a mordurevenais pas qu’un livre puisse me faire pleurer… Ado, je n’aimais qu’écrire. Je ne comprends pas comment j’ai passé un bac littéraire sans ne jamais rien lire d’autre que les livres imposés par le lycée (et encore, en général, je ne lisais que le résumé et les trois premières pages). J’avais de bonnes notes en français, malgré tout. Mon truc, c’était les poésies et le théâtre que j’apprenais et que je récitais à qui voulait bien m’écouter. Je pense que ma façon d’écrire est complètement influencée par ces milliers de lignes que j’ai apprises par cœur dans mon enfance et mon adolescence. Elles sont gravées en moi.

Dans vos livres les adultes sont souvent despotiques envers les enfants, c’est comme ça que vous avez vécu l’enfance ?
Mon enfance à moi était totalement « libre ». Chez nous, tout était permis tant que ça ne blessait pas les autres et que ça ne mettait pas nos vies en danger. J’avais donc un peu de mal à comprendre pourquoi les parents « des autres » s’emmerdaient la vie à interdire et à imposer tant de choses à leurs enfants sans raison valable… Je les trouvais sadiques, mal dans leur peau, frustrés, névrosés et assez limités en fait… parce qu’incapables de justifier intelligemment leurs comportements… Depuis, d’ailleurs, je n’ai pas changé d’avis. La plupart des parents sont malheureusement des « méprisenfants ».

Les orphelines d'Abbey Road - Le diable vertParlez-nous des Orphelines d’Abbey Road, comment est née cette histoire ?
Je me suis réveillée un matin en disant : « Margarita Von Straten ! ». Je ne sais pas d’où sortait ce nom. Je vous laisse imaginer la tête de mon compagnon puis celle de mes filles, lorsqu’au petit déjeuner, j’ai répété à plusieurs reprises « Margarita Von Straten ». Ce nom m’obsédait bien trop, je n’avais pas le choix : il fallait que j’écrive l’histoire de cette fille. J’ai donc commencé à décrire une adolescente orpheline, toute maigre, qui semblait avoir des problèmes avec les changements de son corps… et puis je me suis vite aperçue que l’histoire n’était pas là… Tout à coup, des sous-sols effrayants se sont ouverts devant moi, un monde parallèle est né dans le bois de l’abbaye, tout à coup, je me suis laissée embarquer dans ces aventures fantastiques…

Le deuxième tome est surprenant par rapport au premier, il nous emmène ailleurs que là où l’on pensait aller, est-ce que ça sera le cas pour le troisième également ? Pouvez-vous déjà nous en dire quelques mots ?
Le troisième tome parle d’amours impossibles, mais c’est aussi un voyage dans le temps qui va révéler des choses surprenantes aux orphelines.

« A la base » vous êtes chanteuse, quelle place occupe la musique dans votre écriture ?
Mes romans sont de grandes chansons. Chaque phrase doit être musicale et sonner juste quand je la lis. Souvent je chantonne ce que j’écris jusqu’à ce que je trouve le rythme parfait pour mes oreilles. Parfois un tout petit mot peut foutre en l’air l’harmonie d’un Les orphelines d'Abbey Road Le monde d'Alvénirtexte. Je fais la chasse aux mots parasites, aux fausses notes. Dans un roman, en dehors de l’histoire, qui s’écrit malgré moi, je cherche et je travaille la concision des phrases, le rythme, la rime et l’efficacité du texte, comme dans une chanson.

En dehors de la suite des Orphelines qu’on attend avec impatience, quels sont vos projets ?
Je déteste la routine. Je cherche avant tout à m’amuser. J’ai donc décidé de bousculer ce qui commençait à devenir des habitudes… Je suis dans une période de changements radicaux et je mets toute mon énergie sur mes nouveaux projets littéraires, cinématographiques et musicaux. Je pars sur d’autres routes… A mon avis, vous risquez d’être un peu surpris… et moi aussi…

Bibliographie sélective :

Retrouvez la bibliographie complète d’Audren sur son site.

Comme je vous le disais avant cette interview, je vais faire un chanceux parmi vous, parlez-moi en commentaire d’une de vos grand-mères et surtout dites-moi si elle mordait ! Je tirerai au sort parmi vos réponses, et l’heureux élu gagnera un exemplaire de Ma grand-mère m’a mordu offert par L’école des loisirs vous avez jusqu’à lundi 20 h !


Le coup de cœur et le coup de gueule de… Mélanie Decourt

Une fois par mois un acteur de l’édition jeunesse (auteur, illustrateur, éditeur,…) nous parle de deux choses qui lui tiennent à cœur. Une chose qui l’a touché, ému ou qui lui a tout simplement plu et sur laquelle il veut mettre un coup de projecteur, et au contraire quelque chose qui l’a énervé. Cette semaine c’est l’éditrice Mélanie Decourt qui nous livre son coup de cœur et son coup de gueule.

Je vais commencer par le coup de gueule. J’en pousserais bien plusieurs et ça a été très difficile de choisir entre toutes les informations qui manif pour tousme révoltent, les prises de parole qui m’énervent, les événements qui m’indignent dès le petit-déjeuner. Disons qu’en ce moment, ce qui m’énerve le plus (il faut bien choisir donc), c’est d’entendre de nouveau, à la faveur notamment des débats autour du mariage pour tous, l’argumentation selon laquelle les hommes et les femmes seraient deux espèces naturellement opposées et complémentaires, que les différences sociales seraient innées et instinctives, que les inégalités trouveraient leur fondement dans la Nature (avec le N majuscule de rigueur) et qu’on ne peut rien y faire, hein, ma pauvre dame. De voir cette théorie réactionnaire, étayée par des arguments scientifiques fallacieux, d’une mauvaise foi crasse, se répandre de nouveau sournoisement, du café du commerce à l’Assemblée Nationale, en passant par France Inter tous les matins… Rhaa, ça m’énerve.

Et du coup (notez la transition magnifique), mon coup de cœur va à la classe de CP-CE1 de Mme Chibane à l’école Jean de la Fontaine de Neuilly-sur-Marne.

Cette classe de 18 enfants a remporté le concours Lire égaux 2013 avec un texte savoureux, drôle, plein d’esprit, qui terrasse justement de façon implacable la théorie de l’inné. Dans leur histoire (qui traite de l’égalité filles-garçons, thème imposé du concours), les lionceaux de la savane, révoltés par le comportement de leur père, vont voir ailleurs comment ça se passe. L’occasion pour les jeunes auteurs de multiplier les exemples d’animaux qui « partagent les tâches » : un perroquet mâle qui couve, un père hippocampe qui porte les œufs, un IMG_3114papa manchot qui fabrique le nid, etc. Je ne raconte pas la fin, car je ne veux pas « spoiler » l’album qui paraîtra en juin 2014. Mais je dis, bravo ! Bien joué, les mômes, vous tordez le cou à cet argumentaire naturaliste stupide, dans une démonstration simple et évidente.

J’étais déjà admirative qu’une classe de CP-CE1 ait pu écrire collectivement un texte aussi lumineux, mais j’ai eu la chance de les rencontrer jeudi, avec l’illustratrice que nous avons choisie pour leur album, Amélie Graux. Et j’ai pu vérifier que c’étaient bien les enfants qui avaient imaginé ce texte, et pas seulement leur maîtresse. Encouragés et mis en confiance par leur enseignante, les enfants ont une parole libre, les idées, les remarques fusent, bonnes ou mauvaises, peu importe : un débat est possible.

Moments choisis :
Amélie dessine au lion une crinière bouclée : « On dirait Devon ! » (le petit garçon aux tresses rasta de la classe, qui sourit fièrement).
Elle lui met une moustache : « On dirait un militaire ! »
Elle lui fait des sourcils froncés : «  C’est bien, ça, parce que le lion, il est en colère. D’ailleurs, t’as vu, dans le texte, quand il parle, on a mis plein de points… de points qui crient ! »

Cette visite de classe, jeudi matin, m’a fait bien rire et m’a redonné l’énergie nécessaire pour continuer à faire ce métier (par ces temps de crise qui nous pourrissent la vie, à nous, petits éditeurs : mais, bon, ça c’est un autre coup de gueule…) et à affronter les imbéciles sexistes et leurs arguments sans fondement.

© Caroline Deloffre.

© Caroline Deloffre.

Mélanie Decourt est éditrice chez Talents Hauts.

Leurs dernières parutions :

  • À l’aise Thérèse, texte de Viviane Faudi-Khourdifi, illustré par Lucie Rioland, dans la collection Livres et égaux.
  • Le mystère de la chambre noire, texte de Serge Rubin, dans la collection Livres et égaux.
  • Drôle de planète !, écrit par la Classe gagnante Lire égaux 2012 et illustré par Gwen Keraval, dans la collection pour les filles ET pour les garçons.
  • Collection La petite vie de Oops et Ohlala », illustrée par Amélie Graux, cinq titres parus en juin : Oops et Ohlala mangent comme des grands, Oops et Ohlala s’habillent tout seuls, Oops et Ohlala prennent leur bain, Oops et Ohlala vont dormir et Oops et Ohlala à la mer.

À paraître à la rentrée :

  • My love, mon vampire, de Manu Causse, un roman bilingue français-anglais, qui sortira aussi en français-allemand et français-espagnol.
  • Coup de talon, de Sylvie Deshors, dans la collection EGO.

Et trois albums hors collection :

 Le site de Talents Hauts : http://talentshauts.fr.

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Mondes magiques

Par 2 mai 2013 Livres Jeunesse

Reda et le maitre geniePour ses études Reda doit partir vivre chez son cousin, dans une grande ville. Le jeune amateur de tapis volant va d’abord être dépaysé, loin des siens mais très vite il va trouver ses marques. Lorsque son grand-père est enlevé, ses talents de pilote de tapis volant vont lui être utiles, le voilà parti pour une grande aventure.

Bienvenue au Royaume d’Archidie, ici on vole en tapis volant, on fait des achats sur internet qui sont livrés dans la minute par des génies, on croise des magiciennes,… Réda et le maître génie est un gros roman d’aventure, absolument captivant, original, plein d’humour et de suspense. Au départ ça m’a fait penser à une sorte d’Harry Potter oriental (magie, nouvel environnement, les courses de tapis me faisaient penser au Quidich) mais assez vite ça devient beaucoup plus original (en tout cas moi je n’avais jamais lu ce genre d’aventures où se mêlent modernité et course de tapis, génies et magiciennes). Florent Gounon a une très belle plume, et il nous entraîne vraiment dans son histoire, on a du mal à refermer le livre. Les personnages sont superbement bien croqués, on tremble pour eux, on croise les doigts pour qu’ils réussissent, on essaye, avec eux, de résoudre des énigmes… On a envie d’une suite (le roman s’y prête) !

Les orphelines d'Abbey Road Le monde d'AlvénirDes nains qui demandent de calambrer, des almours aux yeux violets qui devinent les pensées, des gens qui perdent la mémoire et d’autres qui retombent en enfance, pas de doute Joy est de retour en Alvénir !

J’avais beaucoup aimé le premier tome des Orphelines d’Abbey Road… j’ai adoré la suite ! A la fin du premier livre on pouvait se demander ce qu’il restait à l’auteur à nous faire découvrir, si vraiment une suite serait intéressante, on se rend compte en fait que le premier servait surtout à planter le décor, présenter les personnages, les situations, dans Le monde d’Alvénir elle part dans toute autre chose, tout commence et devient passionnant. Audren nous entraîne dans des aventures aussi délirantes que passionnantes, on a vraiment parfois l’impression d’un gros délire (on nage ici entre Le magicien d’Oz et un univers que s’inventeraient des enfants « et si d’un coup y’avait un hibou qui parle et qui est désagréable, et puis s’il n’y avait plus de notion de temps ? »). On sent qu’Audren ne s’impose aucune limite, que tout est possible dans son monde, c’est follement excitant ! Comme dans le premier tome et comme dans Ma grand-mère m’a mordu, les adultes ne sont pas forcément ceux qui ont raison et les enfants des êtres naïfs et un peu idiots. Les adultes auront besoin des enfants pour les chaperonner, les faire avancer. Et surtout c’est très drôle ! Audren arrive vraiment à faire rire son lectorat tout en créant un suspense. Une série décapante où l’on ne s’ennuie jamais, avec une super bonne intrigue, écrite par une très bonne plume. Des personnages piquants et attachants. La suite VITE !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué le premier tome des Orphelines d’Abbey Road et un autre livre d’Audren, Ma grand-mère m’a mordu.
Le monde d’Alvénir vu par Parfums de livres.

Réda et le maître génie
de Florent Gounon
Éditions du Jasmin
16,50€, 150×220 mm, 377 pages, imprimé en Tchéquie, 2012
Le monde d’Alvénir
d’Audren
L’école des loisirs dans la série Les orphelines d’Abbey Road
15,50€, 150×218 mm, 299 pages, imprimé en France, 2013


A part ça ?

Chaque mois les blogueurs d’A l’ombre du grand arbre nous donnent leurs coups de cœurs du mois, ceux d’avril sont en ligne.

Gabriel

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Les invités du mercredi : Samuel Ribeyron et Audren (+ concours)

Par 20 février 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui je reçois quelqu’un dont j’adore le travail, l’illustrateur qui me touche le plus. Je voulais faire cette interview depuis bien longtemps (c’est même une des premières personnes que j’ai voulu interviewer) et quand on est très fan de quelqu’un on stresse un peu de mal faire les choses. Bref j’espère que vous serez heureux d’en savoir un peu plus sur Samuel Ribeyron. Si vous ne connaissez pas son travail allez voir son site, découvrez ses livres (je les ai presque tous chroniqués). A la suite de cette interview l’un de vous aura d’ailleurs la chance de gagner un album dont il est à la fois l’auteur et l’illustrateur, Salade de fruits (grâce aux éditions HongFei). Ensuite nous partirons en vacances avec un de mes gros coups de cœur de ces derniers mois, tant pour son travail que pour sa personnalité, Audren. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Samuel Ribeyron

Samuel RibeyronParlez-nous de votre parcours ?
J’ai suivi une formation artistique à l’école Emile Cohl, qui m’a ouvert les portes de l’illustration. Avant, jamais je n’avais imaginé faire ce métier. J’y suis rentré pour une reliefmise à niveau afin de réussir le concours d’entrée à la fac d’art plastique. Je voulais être prof de dessin. Et puis j’ai découvert l’univers de la littérature jeunesse, j’ai tout de suite su que ça réunissait tout ce que j’aimais, des histoires, des images et de l’imaginaire. Philbert, mon premier album en tant qu’auteur illustrateur publié chez Didier Jeunesse était mon projet de diplôme. J’ai eu la chance de rencontrer cette maison d’édition, ils m’ont fait confiance, je leur en suis très reconnaissant. Au même moment, j’ai intégré l’équipe volume du studio Folimage à Valence qui travaillait sur la série L’hopital Hilltop. Là aussi j’ai découvert un monde insoupçonné et un travail en équipe qui m’a beaucoup plu. J’y travaille encore actuellement comme chef décorateur et dernièrement sur la série de 26min L’hiver de Léon, Le printemps de Mélie, L’été de Boniface et L’automne de Pougne.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?Détail Le grand papa et la toute petite fille
Mes parents étaient instituteurs tous les deux, autant dire que la maison était pleine de livres. C’est pas pour autant que je les ouvrais ! Je préférais largement jouer dehors, faire des cabanes, bêcher le jardin, courir après les poules, inventer des parcours d’obstacles pour ma petite sœur. Les livres, comme l’école ne me passionnaient pas beaucoup. C’est aujourd’hui que je rattrape le temps perdu, je cours moins après les poules, et je lis plus de livres ! Beaucoup de romans pour ado, je suis un grand fan de Marie-Aude Murail et Jean-Claude Mourlevat. Aujourd’hui j’ai besoin d’être entouré de livres pour me sentir bien, j’aime leurs présences, leurs formes, la couleur de leurs dos, les histoires qu’ils renferment, j’aime les voir dans ma bibliothèque.

Super BeigeParlez-nous du personnage Super-Beige, comment est-il né ? Verrons-nous une suite ?
Au début Super Beige n’était pas Super Beige, c’était un personnage que j’avais créé en volume sans forcément lui donner un nom et une histoire. C’est devenu rapidement ma mascotte. Je l’utilisais partout, et il me remplaçait volontiers lorsqu’on me demandait une photo. Et puis on me disait que ce personnage avait une bonne tête, qu’il était attachant, il lui fallait une histoire…et un nom. C’est comme ça que j’ai écrit le début des aventures de ce Super Beige. Avec une telle couleur, il ne pouvait pas lui arriver des choses extraordinaires et c’était l’occasion de révéler la part de super héros que nous avons tous en chacun de nous. A partir de là, j’ai rencontré les éditions du Vengeur Masqué (et oui, ça ne s’invente pas !) qui ont publié le tome 1, et qui m’ont parlé d’un éventuel tome 2. J’ai demandé à Pierre-Luc Granjon, réalisateur de films et avant tout un grand copain, d’écrire cette suite. Pour un éventuel tome 3, c’est tentant…..pas de scoop ici mais j’y pense.

Comment s’est passé votre travail sur la série des Léon et Mélie ?
Après l’Hopital Hilltop, Pierre-Luc Granjon, et Antoine Lanciaux, les deux auteurs et 1,2,3 léonréalisateurs de la série m’ont appelé pour me parler d’un projet de 26min qu’ils étaient en train d’écrire : L’hiver de Léon. C’était en 2007 !!! déjà. On a travaillé tous les 3 sur une charte graphique, j’ai fait beaucoup de dessins et de recherches sur l’époque médiévale avant de réellement passer à la mise en volume des décors. Ensuite c’est une aventure qui a duré 5 ans pour faire les 4 films. On est tous des copains qui travaillent ensemble depuis longtemps. On se connaît bien, et travailler ensemble est un vrai plaisir. Je suis entouré de 5 décorateurs de talents, nous mettons environ 3 mois à réaliser tous les décors d’un film. C’est très différent du travail d’illustrateur seul à la maison. J’aime beaucoup ça alterner les deux. C’est toujours très riche d’échanger et d’avancer à plusieurs sur un projet artistique.

Votre style a beaucoup évolué, comment travaillez-vous ?
BVmovie1
C’est vrai que j’envisage chaque album comme un objet à part entière, et non pas comme une répétition de ce que je sais déjà faire. J’aime varier les plaisirs, et trouver une image qui va coller le mieux à l’histoire. J’ai commencé par faire des livres avec des personnages en volume que je prenais en photo et peignais les décors dessus. C’est une technique très proche de l’animation qui a un rendu magique. Le mélange me plaît beaucoup, bricoler aussi. Je prends autant de plaisir à fabriquer qu’à dessiner. C’est cependant très long à réaliser et pour des raisons de délais de réalisation, je suis passé sur l’ordinateur avec une palette graphique. Cet outil a considérablement élargi mon horizon graphique. J’ai poussé, bien au delà de ce que je faisais en peinture, les couleurs, les formes, les ambiances. C’est juste un outil incroyable. Je l’utilise comme un pinceau, comme un ciseau avec de la colle et du papier.

D’où sont venues les « têtes carrées » des albums publiés chez HongFei ou du magnifique Beau Voyage ?
Les têtes carrées sont apparues sur un carnet de croquis en travaillant sur l’album Pi, Po, SDF01Pierrot. L’histoire écrite par Chun Liang raconte l’aventure de trois frères qui vivent dans un endroit où tout le monde porte une pierre sur le dos. C’est un conte très beau, et sous couvert d’une histoire d’aventure, il raconte beaucoup de choses sur notre manière de vivre avec nos « fardeaux ». J’imaginais ces personnages courbés sous le poids de leur pierre. C’était un peu trop. Les têtes carrées sont venues rapidement, comme un jeu graphique pour déplacer ce côté pesant de la vie. J’ai joué d’un côté sur des images très légères, aériennes, pastelles, avec un rond dans chaque page, et de l’autre côté ces personnages à « tête d’enclume » qui paraissent, malgré le poids qu’ils portent, en apesanteur.

Albums jeunesse, pochettes de disques (Amélie-les-crayons), courts-métrage,… vous vous reposez parfois ?
Jusqu'à la Mer Amélie-les-crayonsOui oui, tout va bien, merci !!! J’ai eu de grosses périodes de travail, mais c’est aussi parce que je ne savais pas bien gérer mon temps. Aujourd’hui, ça va mieux. Chaque projet est une aventure. Beau voyage en est une belle qui a duré un an. Pour Amélie-les-crayons, c’est avant tout une histoire d’amitié, on se connaît depuis longtemps (on apprenait le piano au même centre musical !). Nos univers sont très proche, on utilise juste deux médiums différents. On aime bien travailler ensemble. En ce moment je fais une petite pause. J’ai troqué ma palette graphique contre une bétonnière et une truelle. Je suis en train de retaper une grande maison. Encore une autre aventure, et j’espère qu’elle ne sera pas trop longue !!!!

Et à propos de la diversité de vos travaux, y-a-t-il des « supports » que vous n’avez pas encore explorés et qui vous tentent ?
Oui, beaucoup. Je suis curieux de tout, et avide de nouvelles expériences. J’aime la BD, je rêverais d’en faire, même si je ne suis pas encore très sûr de mon dessin pour m’y COUV-Yllavuattaquer. J’aimerais aussi refaire un film, et puis surtout me remettre à la peinture. En grand !!! Celle qu’on accroche au mur.

Quels sont vos projets ?
Les travaux d’une maison c’est bien pour réfléchir. En faisant ma dalle, je pense à un personnage et en ponçant le placo, je lui imagine une histoire. J’ai hâte de quitter mes habits de chantier pour m’y remettre. J’ai vraiment envie de faire des livres, et d’écrire des histoires. J’ai un super projet avec les éditions HongFei, et je suis très heureux de retravailler avec eux… ce sera pour 2014, un livre à 4 mains et je n’en dirai pas plus!!!

Bibliographie :

  • Super Beige, le retour, illustration d’un texte de Pierre-Luc GranjonLe vengeur Masqué (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Le grand papa et sa toute petite fille, illustration d’un texte de Cathy HorsMilan
    (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Super Beige, texte et illustrationsLe vengeur Masqué (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Beau voyage, livre-DVD, texte, illustrations et réalisation, éditions-coRRidor (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Salade de fruits, texte et illustrations, HongFei (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Petits contes amoureux, illustration d’un texte de GuduleMilan (2009).
  • Pi,Po,Pierrot, illustration d’un texte de Chun Liang YehHongFei (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Yllavu, illustration d’un texte de Gambhiro BhikkhuHongFei (2008), que nous avons chroniqué ici.
  • 38 perroquets, illustration d’un texte de Grigori OsterPoints de suspension (2006), que nous avons chroniqué ici.
  • Comptines anglaises et américaines, Didier jeunesse (2005).
  • La tribu des Préhistos, illustration d’un texte de Françoise Demars, Magnard (2005).
  • Les deux maisons, illustration d’un texte de Didier Kowarsky, Didier jeunesse (2004).
  • Philbert, texte et illustrations, Didier jeunesse (2003).

Samuel Ribeyron a également participé aux dessins animés de la série Léon et Mélie que nous avons chroniquée ici et .

Retrouvez Samuel Ribeyron sur son site : http://www.samuelribeyron.com.

9782355580208Comme je vous le disais avant cette interview, grâce à HongFei (maison d’édition qu’on adore et dont on vous parle régulièrement) j’ai la chance de faire gagner à l’un d’entre vous un exemplaire du magnifique Salade de fruits. Pour cela dites moi, en commentaire, quel est votre livre préféré de Samuel Ribeyron (si vous n’en connaissez pas vous pouvez me dire celui qui vous tente le plus en regardant ici !) et je tirerai au sort parmi vos réponses. Vous avez jusqu’à lundi 20h !


En vacances avec… Audren

Une fois par mois, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette semaine c’est Audren qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

5 albums :Ma Dalton

  • L’arbre sans fin : Claude Ponti
  • Les 3 brigands : Tomi Ungerer
  • C’est moi le plus fort : Mario Ramos
  • Madame Trotte-menu : Béatrix Potter
  • Ma Dalton (Lucky Luke ) : Morris/ Goscinny

5 romans :

  • Peter Pan : J.M BarriePeter Pan
  • Pride and prejudice : Jane Austen
  • Alice in Wonderland : Lewis Caroll
  • La ligne verte : Stephen King
  • Conte de la folie ordinaire : Bukowski

5 DVD :

  • The adjustment bureau : Georges NolfiThe-Adjustment-Bureau
  • La cité des anges : Brad Silberling
  • Erin Brokovitch : Steven Soderbergh
  • Charade : Stanley Donen
  • Brazil : Terry Gilliam

5 CD :

  • Norah Jones : Come away with meafro-strut
  • Amp Fiddler : Afro strut
  • Herbie Hancock : Possibilities
  • Destiny’s child : Survivor
  • Jamie Cullum : The pursuit

5 artistes :

  • Terry Gilliamalfred hitchcock
  • Chris Rime
  • Alfred Hitchcock
  • Cartier Bresson
  • Stevie Wonder

5 endroits :

  • La Nouvelle Angleterre (USA)
  • Le Peak district (Grande Bretagne)
  • Le Zeeland (Pays bas)
  • Cerveteri (ville étrusque, Italie)
  • La Colombie Britannique (Canada)

AudrenAudren est auteur

Ses derniers titres parus :

Retrouvez Audren sur son site (où vous pouvez également découvrir sa facette chanteuse) : http://audrenofficialweb.free.fr

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Envie de vous poiler ?

Par 25 janvier 2013 Livres Jeunesse

J’avais envie de vous parler de deux livres qui, il faut bien le dire, m’ont bien fait ricaner (et moi j’adore ricaner). Deux livres que j’ai lu à voix haute en stoppant parfois ma lecture tellement je trouvais ça drôle. Deux livres plein d’humour donc, mais avec un vrai fond en arrière plan, par deux belles plumes.

Ma grand-mère m'a mordu« Le mois dernier ma grand-mère m’a mordu » affirme Marcus (dès les premiers mots du livre) et pourtant personne ne le croit ! Pire on se moque de lui ! Une grand-mère ça ne mord pas, soit disant… Ben tiens… Et pourtant les traces de dents sont bel et bien là ! Son histoire est simple : sa grand-mère voulait regarder Des chiffres et des lettres mais Marcus refusait de changer de chaîne alors pour lui prendre la télécommande… elle l’a mordu ! Franchement y’a de quoi prendre sa carte au VMV (Victimes des Mémés Violentes, club créé par la voisine pince-sans-rire de Marcus dont la grand-mère crache et insulte tout le monde)

Ma grand-mère m’a mordu d’Audren est extrêmement drôle. Je découvre petit à petit le grain de folie d’Audren et je commence à être fan. Ici on parle donc des adultes qui ne croient pas les enfants (le père de Marcus tente tout pour lui faire dire l’inverse de sa version, de lui imposer sa propre version des faits à l’envoyer chez un psy !) et des vieux qui ne sont pas toujours aussi respectables qu’on le dit. Alors c’est certain il y a peu de chance que le livre obtienne le prix chronos (prix qui récompense un livre qui parle des relations entre les générations) mais qu’est-ce qu’on se marre, et qu’est-ce que ça fait du bien des livres qui vont à l’encontre de tout ce politiquement correct. Oui il faut croire les enfants quand ils disent quelque chose et non toutes les mamies ne sont pas d’adorables vieilles personnes généreuses et chaleureuses… y’en a qui mordent !

Un petit extrait qui montre à quel point le livre est à la fois poétique et drôle.

« Heureusement que Fleur vint à mon secours car, si personne ne m’avait soutenu dans cette affaire, je crois que j’aurai plongé dans la déprime. C’était la phrase qu’utilisait ma mère à chaque fois que quelqu’un l’aidait à sortir d’un problème. Je m’étais toujours demandé si la déprime était une rivière profonde et où elle pouvait couler. Je ne l’avais trouvée sur aucune carte. Peut-être qu’elle prenait sa source à côté de Strasbourg. En tout cas, Fleur m’évita certainement un plongeon risqué parce que ma mère disait aussi que ce n’était pas évident de sortir de la déprime. Et elle savait de quoi elle parlait : elle avait été championne de France de natation quand elle était au collège. »

Les lettres de mon petit frèreLes vacances au bord de la mer c’est pas toujours le top ! Surtout quand on a une maison juste au bord de la mer (là où il y a le plus de touristes) et que son grand-frère est privé de vacances en famille. Christophe a décidé de lui écrire chaque jour et de lui raconter ces vacances avec les algues qui puent devant la maison quand la mer se retire, ces gens qui montent sur le mur qui sépare la maison de la plage et qu’il faut chasser à coup de balais, son père qui a failli les noyer lors d’une balade en bateau et sa mère au bord de la dépression nerveuse. Et on n’oublie pas de glisser dans l’enveloppe les petits cadeaux (os de sèche, coquillage, étoile de mer,…) de la petite sœur.

Roman épistolaire pour les plus jeunes… et là encore on va rire ! Les situations décrites par Christophe sont parfois à la limite du burlesque (on pense au génial Liberté Oléron de Bruno Podalydès), les pétages de plombs de la mère (on la comprend avec ce mur à surveiller), la naïveté de la sœur, la folie du père, le chien qui ne fait pas ce qu’on lui demande (il est censé aboyer sur les gens qui montent sur le mur et il aboie sur les voitures qui passent !). Ce n’est pas que drôle, là encore, il y a un vrai fond (on parle de tolérance, d’acceptation des différences, d’amour).

Ces deux livres m’ont vraiment fait passer un très bon moment. Les enfants (jeunes lecteurs) vont adorer et les adultes aussi. Deux vraies perles d’humour et de poésie.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre roman d’Audren, Les orphelines d’Abbey Road.

Ma grand-mère m’a mordu
d’Audren
L’école des loisirs dans la collection Neuf
6,50€, 125×190 mm, 55 pages, imprimé en France, 2013.
Les lettres de mon petit frère
de Chris Donner
L’école des loisirs dans la collection Neuf
5,60€, 125×190 mm, 79 pages, imprimé en France, 1991.

A part ça ?

Si vos enfants sont concernés par cette chronique c’est certainement qu’ils aiment lire et peut-être qu’ils ont entre 9 et 12 ans. Ils peuvent s’inscrire pour participer au jury du prix Gulli du roman 2013. S’ils sont sélectionnés ils recevront 6 romans et devront élire le meilleur d’entre eux. Pour s’inscrire c’est ici : http://www.gulli.fr/Encyclopedie-et-dictionnaire/Actu/Prix-gulli-du-roman-2013

Gabriel

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