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Audrey Poussier

Les invité·e·s du mercredi : Xavier Deneux et Audrey Poussier

Par 10 janvier 2018 Les invités du mercredi

Pour notre premier Les invité·e·s du mercredi de l’année nous recevons tout d’abord Xavier Deneux qui a accepté de répondre à nos questions. Ensuite, nous repartons en vacances avec l’autrice-illustratrice Audrey Poussier. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Xavier Deneux

Pouvez-vous nous présenter Un point c’est tout, votre nouvel ouvrage, étonnant, qui vient de sortir chez Milan ?
Ce dernier livre Un point c’est tout aurait pu avoir de multiples facettes.
Au départ j’avais envie de faire un livre articulé, j’avais montré à mon éditeur des maquettes très prometteuses et très parlantes, l’enfant pouvait articuler les animaux par un système de rivet, les mettre dans des positions saugrenues et rigolotes : un livre très interactif à toucher et à manipuler. Malheureusement pour des contraintes techniques cela n’a pas pu aboutir il a fallu donc rebondir.
L’idée m’est venue de décliner à partir d’une forme simple sur 10 pages 10 animaux.
En multipliant cette forme au fur et à mesure des pages (de 1 a 10) et en gardant l’esprit graphique du début les petits points noirs correspondant au mécanisme d’articulation initialement prévu.
Par le biais de cette accumulation, l’enfant peut commencer à appréhender la notion des chiffres. Pour accompagner l’enfant dans cette première notion et pour rendre le livre et ludique et interactif j’ai ajouté une page avant chaque animaux avec des ronds évidés (qui eux aussi se multiplient au fur et à mesure des pages) laissant le soin à l’enfant d’imaginer l’animal qui se cache derrière.
Je termine le livre par une double page où l’enfant sera amené à se souvenir et retrouver tous les animaux présents dans le livre.

Comment vous viennent vos idées ?
Mes idées viennent souvent de choses très simples : un petit bout de papier sur le coin d’une table, un trombone par terre dans mon atelier, des petites choses anodines qui quand on les manipule prennent progressivement du sens.
Ces petits objets deviennent alors cheval, maison, personnages, de la matière à rêver….
Après s’en suit un long processus pour donner du sens et en faire un livre.

Comment est née la super collection des imagiers gigognes ?
Il s’agissait de montrer d’une façon ludique l’extérieur et l’intérieur des choses.
La première maquette fut celle d’un fruit.
En page de gauche un fruit en volume, et en page de droite le même vu en coupe et en creux pour montrer l’intérieur de ce dernier, en refermant les pages l’une sur l’autre, les formes s’encastrent parfaitement pour rester sous la forme d’un livre classique.
Je ne pensais pas forcement au début que cette idée pourrait devenir une collection, mais au fur et à mesure des avancées le terrain de jeu s’est averré très riche.

Quelles techniques d’illustrations utilisez-vous ?
Pour les techniques, j’ai tendance souvent à dire que je dessine avec mon cutter, et ce n’est pas totalement faux car il faut monter très souvent des maquettes découpées, étudier les encastrements parfois au millimètre pour que tout fonctionne qu’il n’y ai pas trop de différences entre la forme plus petite qui se situe en page de gauche qui doit forcément s’encastrer dans une forme plus grande en page de droite.
Pour commencer un livre j’utilise des techniques traditionnelles, crayons, découpage, collage… pour terminer par organiser et finaliser le tout avec une tablette graphique.
Une vrai petite cuisine…

Vous êtes, d’après moi, l’un des très rares illustrateurs à savoir charmer autant les tout-petits que les parents, c’est quelque chose que vous avez recherché, travaillé ou c’est quelque chose que vous n’avez pas contrôlé ?
J’essaie avant tout de me faire plaisir et de réaliser de belles images simples et graphiques qui parlent certainement aux plus grands et j’y ajoute une petite touche de narration ou un petit détail dans l’image qui parlera aux plus petits, voilà peut être un début d’explication.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Mon parcours est ponctué de rencontres, à commencer par Jacques Gabriel Chevalier qui dirigeait une petite académie de beaux arts à Brive-la-Gaillarde, j’y ai appris le dessin académique et pratiqué aussi des stages de sculpture : des années de bonheur.
Cette petite académie m’aura marqué et mis le pied à l’étrier dans la voie artistique…
Je suis parti faire mes études à Paris à Penninghen, (l’esag) enseignement pluridisciplinaire (dessin croquis typographie photographie affiche….) 5 années pour finir par une thèse au côté de Roman Cieslewicz grand affichiste polonais, qui sera une nouvelle fois une rencontre très importante pour moi. Après mes études je commence à travailler à ses côtés dans son studio, où j’ai pu partager des moments merveilleux avec des personnes comme Topor ou bien encore Peter Knapp, puis s’en est suivi un parcours avec de multiples expériences : travail en agences, scénographie expositions personnelles…. pour finalement un jour me retrouver à travailler dans l’édition un peu par hasard : en réalisant un premier livre chez Mila édition (L’école du cirque) aux coté d’Anne Weiss et Pascale Estellon.
Puis tout s’est enchaîné : travail pour la presse jeunesse, des commandes de livres jeunesse, jouets, et dessins animés.
Au cours de différents salons je rencontre les éditions Milan et Christophe Tranchant (je travaillais déjà pour Milan presse), j’enchaîne les livres de commandes du type docu, livre à toucher pour les petits pour finalement amener progressivement mes propres projets et ma vision sur le livre pour les tout-petits. Je collabore aussi avec Tourbillon (avec Marie Fordacq et Franck Girard) je délaisse progressivement une partie de mon travail de commande pour travailler sur mes propres projets.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Je ne serai pas très original en citant les livres de Munari ou de Tomi Ungerer, mais aussi j’ai le souvenir de l’imaginaire de Binette Schroeder ou de Kota Taniuchi, Leo Lionni, Dick Bruna.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
chuuuuuttt … 😉

Bibliographie sélective :

  • Mon hochet des animaux, texte et illustrations, Tourbillon (2018).
  • Un point, c’est tout ?, texte et illustrations, Milan (2017).
  • Série Les imagiers gigognes, textes et illustrations, Milan (2012-2017), que nous avons chroniquée ici et .
  • Mon grand imagier à toucher, texte et illustrations, Milan (2016).
  • Série Totam, textes et illustrations, Tourbillon (2012-2016), que nous avons chroniquée ici, et ici.
  • Série Les contes gigognes, textes et illustrations, Milan (2014-2015), que nous avons chroniquée ici.
  • Mes animaux tout doux, texte et illustrations, Tourbillon (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Mes rêves, texte et illustration, Tourbillon (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Regarde, texte et illustrations, Tourbillon (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Au dodo les animaux, illustration d’un texte de Frédérique Loew, Tourbillon (2008), que nous avons chroniqué ici.


En vacances avec… Audrey Poussier

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Audrey Poussier que nous partons ! Allez, en route !

Pour quelqu’un qui déteste choisir, cet exercice fut difficile. Impossible de respecter le nombre 5, désolée. Quand je pars, je charge TOUJOURS BEAUCOUP TROP ma valise, voilà, une fois n’est pas coutume :

7 livres pour enfants (oui car il en faut plus que 5 pour varier, ça dépend de la longueur des vacances) :

  • Hulul et compagnie (anthologie) d’Arnold Lobel
  • Cuisine de nuit Maurice Sendak
  • Monsieur le lièvre voulez-vous m’aider de Charlotte Zolotow et Maurice Sendak
  • Papa sur la lune d’Adrien Albert
  • Toute la famille Quichon d’Anaïs Vaugelade
  • La tototte de Barbro Lindgren et Olof Landstrom
  • Bruno. Quelques jours de ma vie très intéressante de Catharina Valckx et Nicolas Hubesh

4 BD (Les BD, ça prends de la place alors seulement 4) :

  • Alma de Claire Braud
  • Jimmy Corrigan The smartest kid on earth de Chris Ware
  • Course de bagnoles de Leo Maret
  • Arsène Schrauwen d’Olivier Schrauwen
  • Little Nemo de Winsor McCay

5 CD :

  • Passion selon saint Matthieu Bach
  • Silk and soul Nina Simone (et n’importe quel autre de Nina Simone)
  • Le film Philippe Katerine
  • Ella et Louis (Ella Fitzgerald et Louis Armstrong)
  • Chet Baker sings

7 DVD :

  • La règle du jeu de Jean Renoir
  • À nos amours de Maurice Pialat
  • Un film de Fellini, La dolce vita par exemple !
  • Blow up de Abbas Kiarostami
  • Où est la maison de mon ami de Abbas Kiarostami suivi de Et la vie continue
  • N’importe quel film de Truffaut et de Melville….

ET à regarder avec les enfants, 4 DVD :

  • La petite taupe en ville de Zdenek Miler
  • Le ballon rouge d’Albert Lamorisse
  • Le voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki
  • Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy

5 artistes :

C’est trop dur de choisir…

  • Philippe Katerine
  • Israel Galván
  • Winsor MacCay
  • Pieter Brueghel l’Ancien
  • Le Caravage (le voir dans les églises en Italie)

5 ou 6 romans :

  • Sous le règne de Bone de Russel Banks
  • Martin Eden de Jack London
  • L’usage du monde de Nicolas Bouvier
  • L’art de la joie de Goliarda Sapienza
  • Bandini et Demande à la poussière de John Fante
  • Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski

5 endroits :

  • Le jardin des Plantes à Paris, et les jardins botaniques en général, et même n’importe quel jardin avec un peu de soleil.
  • Les marchés, tous les marchés.
  • L’océan, n’importe quel bout de côte, par tous les temps, toutes les saisons.
  • Une place dans un train (avec tous ces bouquins ça devrait aller)
  • Une maison avec des copains pour partager toutes ces bonnes choses.

(Et dans ma valise il y aurait probablement aussi des noix, des patates et des poireaux, parce que pour un peu que je passe les voir, mes parents me fourguent toujours un sac ou deux selon la saison)

Audrey Poussier est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Série Castor Têtu, illustration de textes de Jean Leroy, l’école des loisirs (2015-2017).
  • Le bain d’Abel, texte et illustrations, l’école des loisirs (2014).
  • Chevaliers et princesses avec gigot, illustration de textes de Christian Oster, l’école des loisirs (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Palmier de Noël, illustration d’un texte de Matthieu Sylvander, l’école des loisirs (2012).
  • Au lit tout le monde !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • J’ai pas dit partez !, texte et illustrations, l’école des loisirs (2010).
  • Le plus beau, texte et illustrations, l’école des loisirs (2009).
  • Une farce, texte et illustrations, l’école des loisirs (2007).
  • Mon pull, texte et illustrations, l’école des loisirs (2006).
  • La piscine, texte et illustrations, l’école des loisirs (2006).

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Des histoires farfelues lues par épisodes

Par 28 février 2014 Livres Jeunesse

Les livres du jour ont deux points communs. Tout d’abord, ils nous content des histoires farfelues, voire complètement déjantées, ensuite ce sont des livres qui se présentent comme des romans (et donc qui s’adressent aux bons lecteurs) que j’ai lus par épisode à ma fille de cinq ans. Je vous en avais parlé, depuis l’édito de la belle version de Matilda sortie l’année dernière chez Gallimard, j’ai eu envie, comme le racontait Jean-Claude Mourlevat de lire de plus longues histoires à ma fille par morceau. Ça la passionne, elle est pressée de savoir la suite, et je trouve que c’est un très bon moment à partager ensemble. Le peu d’illustration fait qu’elle peut écouter, allongée, sans trop bouger au moment du coucher. Ces livres peuvent donc être lus par de jeunes lecteurs (voire même par des moins jeunes) ou, comme moi, vous pouvez les lire à des enfants qui ne lisent pas seuls (et même à des enfants qui lisent déjà seuls d’ailleurs !).

On commence par un grand classique

Les contes bleus du chat perchéDans la ferme de Delphine et Marinette, la vie n’est pas de tout repos. Pensez donc ! Le canard part découvrir le monde et revient avec une panthère, un loup profite de l’absence des parents pour venir jouer avec les petites filles, un cerf pourchassé par des chasseurs vient s’y réfugier et remplace un bœuf, en jouant à L’arche de Noé une poule se voit transformée en éléphant, un jars vole la balle des fillettes, Delphine et Marinette se réveillent un matin cheval et âne, un mouton devient la monture d’un soldat et des cygnes veulent adopter les petites filles. Quand je vous disais que la vie n’était pas de tout repos dans la ferme de Delphine et Marinette…

Voilà encore un classique, Les contes bleus du chat perché de Marcel Aymé, que je découvre à 36 ans passés. Là encore, je les ai lus par épisode à ma fille et malgré un français soutenu (j’ai moi-même dû chercher des mots dans le dictionnaire à plusieurs reprises), elle a adoré les péripéties de ces deux petites filles plus ou moins sages. C’est quand même souvent parce qu’elles désobéissent aux parents que des soucis leur arrivent… mais les parents sont aussi souvent responsables de leurs tracas (faut dire qu’ils sont quand même assez détestables !). Les personnages, qu’ils soient humains ou animaux, sont savoureux. On rit beaucoup, mais il y a aussi de bonnes intrigues. Bref, si comme moi vous étiez passé à côté de ce monument je vous le conseille fortement (surtout que l’édition Bibliothèque Gallimard Jeunesse est magnifique et qu’il est préfacé par François Morel) et si le connaissiez déjà… de le faire découvrir à vos enfants !

Mon Papi et Moi, Et Mamie CochonUne petite fille qui passe ses vacances chez un papi très original. Un papi pris d’une frénésie de crêpe, qui adore sauter par-dessus le fleuve ou manger des gaufres au caramel. Un papi qui va tout faire pour avoir une médaille, qui fait des concours de poisson d’avril et qui laisse des trésors pour quand il sera mort. Mais surtout un papi qui a chez lui un cochon qui s’appelle Mamie.

Douze histoires très originales, parfois complètement déjantées d’un papi farfelu et de sa petite fille (parfois, on se demande si le papi n’est pas plus « enfant » que sa petite fille). On rit beaucoup à la lecture de leurs aventures et même si l’ouvrage est conseillé à partir de 8 ans par l’éditeur, ma fille a adoré écouter ces histoires, attendant chaque fois la suite avec impatience (et me suppliant d’en lire une autre). Des histoires pleines de non-sens comme j’aime, dans lesquelles une petite fille peut rêver d’être un rhinocéros plus tard ou un grand-père peut décréter le jour des objets (et ce jour-là tout prend du temps, car on s’excuse, auprès des objets, de les utiliser…). Un régal !

Chevaliers et princesses avec gigotUn prince avait pris un peu de repos au pied d’un chêne, dans son sac de couchage. Seulement voilà, à son réveil impossible de trouver ses chaussettes ! Il lui fallait pourtant aller sauver une princesse et tuer un dragon ! Alors bon… sauver une princesse pieds nus… c’est pas terrible, valait mieux commencer par le dragon ! Dans une forêt, la nourriture que chacun mangeait est basée sur la première lettre de ce qu’il était. Ainsi une fée mangeait des figues et du fromage, le hérisson du houx (d’où ses piquants) et le bûcheron du bois ! Seulement le géant lui en avait assez de manger du gigot et du gibier… Dans un pays vivait une princesse nulle. Mais pas genre pas très adroite, non non vraiment nulle ! Elle était du genre à tomber de selle quand elle était à cheval, mettre sa robe sur le mauvais programme dans la machine à laver (ce qui l’abîmait) ou à manger son steak avec des couverts à poisson ! Ses parents exaspérés lui demandèrent de partir à la recherche d’un prince. Ça tombait bien, dans le pays d’à côté un prince était endormi attendant qu’on le réveille.

Gros coup de cœur pour ces trois histoires de Christian Oster (toutes précédemment sorties dans la collection Mouche). Je ne connaissais pas du tout et ma fille et moi avons adoré. Moi j’ai pris énormément de plaisir à lire ses histoires complètement farfelues et ma fille a beaucoup ri à les écouter. Ça part dans tous les sens, c’est bourré de références, les princesses réveillent des princes, des Lapons sont pris pour des lapins et les lutins pour des sandwiches ! Trois histoires à l’humour décalé, aussi drôles pour les enfants que pour les parents.

La méchante sorcière fait la fêteDans la forêt on joue au lancer de marrons, on patine sur le lac gelé, on fait la fête, on mène l’enquête pour savoir qui transforme la forêt en emmenthal (ben oui pas en gruyère, y’a pas de trous dans le gruyère !), on rigole bien grâce à de la poudre orange… On se chamaille un peu, mais on s’aime beaucoup.

Quel bonheur de retrouver le hibou poète, le hérisson boudeur, le lièvre, le merle et surtout la méchante sorcière (pas si méchante) d’Hanna Kraan et Annemarie van Haeringen ! Je vous avais déjà parlé du premier tome, Qui a peur de la méchante sorcière ?, que nous avions adoré, nous avons pris autant de plaisir à lire ces dix nouvelles aventures. C’est vraiment drôle, bien écrit, plein de malice, bref on est fan ! Vivement la suite (qui sortira cette année).

Quelques pas de plus…
Un autre livre que j’avais lu par épisode à ma fille : Pinocchio.

Nous avons déjà chroniqué des livres de Christian Oster (L’invitation faite au loup), Pascal Lemaître (Tout le monde fait caca !), Audrey Poussier (Au lit tout le monde !), Delphine Perret (Il était mille fois, Moi, le loup et la cabane et Moi, le loup et les vacances avec pépé) et Hanna Kraan et Annemarie van Haeringen (Qui a peur de la méchante sorcière). Retrouvez aussi notre interview de Delphine Perret.

Les contes bleus du chat perché
Textes de Marcel Aymé, illustrés par Nathalie Parain
Gallimard Jeunesse dans la collection Bibliothèque Gallimard Jeunesse
15,90 €, 150×200 mm, 197 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Mon papi et moi, et Mamie Cochon
Textes de Marjolijn Hof (traduit par Emmanuèle Sandron), illustré par Judith Ten Bosh
Flammarion dans la collection Castor Poche
6,60 €, 134×180 mm, 155 pages, imprimé en France, 2013.
Chevaliers et princesses avec gigot
Textes de Christian Oster, illustrés par Pascal Lemaître, Audrey Poussier et Delphine Perret
L’école des loisirs
15 €, 153×230 mm, 143 pages, imprimé en France, 2013.
La méchante sorcière fait la fête
Texte d’Hanna Kraan (traduit par Anne-Lucie Voorhoeve), illustré par Annemarie van Haeringen
Syros
14 €, 152×219 mm, 118 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013 (édition originale 2005, première édition française 2010)

À part ça ?

L’amour expliqué par des tout petits, une vidéo des Maternelles.

Gabriel

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J’ai pas envie de dormir…

Par 11 novembre 2013 Livres Jeunesse

Une petite sélection de livres autour du sommeil. Le coucher et le réveil vus par la littérature jeunesse.

Et on commence avec une petite collection de chez Larousse, Tous au lit.

La boîte à musique de GastonGaston est heureux, son papi est venu passer quelques jours chez lui. Quel bonheur de jouer ensemble ! Mais forcément, on se couche plus tard que d’habitude et Gaston est épuisé. Une fois au lit il est très stressé, il n’entend plus rien… et s’il y avait des monstres dans la maison ? Gaston a peur, il appelle. Sa maman vient lui chanter une chanson mais dès qu’elle part il a peur à nouveau, son père vient ensuite lui lire une histoire mais après son départ c’est pareil… Et si c’était Papi qui avait la solution ?

La boîte à musique de Gaston est une jolie petite histoire de peurs nocturnes. Comment se rassurer quand on a peur la nuit, et si une petite musique réglait tout ça ? Les illustrations de Virginie Martins-B sont pleines de douceur.

Le doudou d'ErnestinEntre Ernestin et son doudou, c’est une grande histoire ! Le petit garçon lui raconte ses secrets et le doudou le rassure la nuit. Seulement voilà… un jour Doudou a disparu ! On a beau retourner la maison, pas de trace du petit lapin en peluche ! Que lui est-il arrivé ? Ernestin imagine les pires scénarios.

Ah ces doudous c’est bien pratique…sauf quand on les perd ! (et tous les parents d’enfants à doudou savent de quoi je parle). C’est donc de cette tragédie dont parle Oriane Lallemand dans Le doudou d’Ernestin. Ici encore, c’est Virginie Martins-B qui signe les illustrations.

Un bisou pour LiliLes parents de Lili sont de sortie. C’est Olga qui va garder la petite souris. Seulement celle-ci s’interroge, qui va lui donner à manger ? Qui va lui donner son bain ? Qui va lui lire une histoire ? C’est Olga qui fera ce que font chaque soir les parents de Lili. Oui mais le bisou…

Olga a réponse à tout et Lili pourra se coucher tranquille, le bisou de ses parents est là, sur une feuille. Un bisou pour Lili est encore un bien joli petit album, très doux, sur les soirs où les parents ne sont pas là mais  où il faut quand même s’endormir rassuré.

Les chaussettes de GaspardGaspard ne peut pas dormir sans ses chaussettes préférées, alors imaginez le jour où il les perd ! Gaspard pleure… Et quand il les retrouve, elles sont maintenant utiles à quelqu’un d’autre. Et s’il était temps de les abandonner, de dormir sans elles ?

Dans Les chaussettes de Gaspard d’Orianne Lallemand et illustré par Isabelle Jacqué aussi on parle de ce avec quoi les enfants ont besoin de dormir, ce n’est plus un doudou mais des chaussettes. Le livre évoque aussi du moment où ils doivent se rendre compte qu’en grandissant il faut abandonner certaines choses.

Le pyjama de CharlotteLes parents de Charlotte sortent ce soir, elle va dormir chez ses cousins. Seulement voilà… Charlotte se rend compte qu’elle a oublié son pyjama préféré, elle sait qu’elle ne pourra jamais s’endormir ! Tout le monde s’y met pour trouver une solution, proposer des choses à Charlotte… jusqu’à ce que…

Encore une histoire d’objet dont on a besoin pour dormir, surtout quand on est loin de chez soi ! On évoque aussi la perte de doudou ou de chaussettes préférées (c’est si courant ?) par le biais des autres enfants qui ont connu cette situation. Et la chute de l’album est pleine d’humour.

La veilleuse de JulietteJuliette va dormir chez sa mamie Odette. Quel bonheur ! Elle profite bien de ce moment privilégié mais au moment de passer au lit… catastrophe, on a oublié la veilleuse ! Juliette a toujours dormi avec, comment faire ? Sans lumière il fait trop noir, avec il fait trop jour… Heureusement que Juliette à une mamie qui ne manque pas d’ingéniosité !

Autre petite béquille des peurs nocturnes, la fameuse veilleuse ! Une jolie histoire, là aussi, et les illustrations de Claire Frossard sont vraiment douces. Ah ces mamies, heureusement qu’elles sont là pour rassurer les enfants !

Le livre magique de SachaSacha a horreur d’aller se coucher, il faut dire qu’il a peur tout seul dans l’obscurité de sa chambre. En plus ce soir il n’y a plus de bougie, rien pour le rassurer. Et si une maman et un livre ça faisait l’affaire ? Il faudra à cela ajouter une complice !

On termine donc les petits livres de cette collection par Le livre magique de Sacha, une jolie histoire sur le pouvoir des livres (et l’utilité de la lune les soirs trop sombres) ! Là encore des illustrations très douces, signées ici Aurélie Vitali.

Ces tout petits livres (à petit prix) sortis chez Larousse forment vraiment une jolie collection sur le sommeil et les situations qu’on peut rencontrer et qui rendent difficile le moment du coucher. Des histoires simples, mais qui touchent les enfants, des illustrations douces. Bref une collection bien sympathique.

A La SiesteA LA SIESTE ! Ah non c’est pour les bébés la sieste disent le crocodile et l’hippopotame, l’éléphant dit être trop costaud pour ça, la gazelle n’a pas le temps, la girafe trop grande, le singe trop occupé. Pour tout le monde c’est pareil : La sieste ? Pas question !

J’aime vraiment beaucoup les illustrations d’Iris de Moüy. Avec À la sieste elle signe un album plein d’humour sur ce fameux « je ne veux pas faire de sieste » que tous les parents ont déjà entendu (non ?). Un album aux pages épaisses, dos toilé et tout en longueur. Un texte simple mais percutant pour les petits. Un livre aussi drôle que beau !

Au lit tout le monde !Au lit tout le monde ! D’accord mais pas sans doudou pour le mouton, pas sans bouillotte pour le coq, la souris ne vient que si elle dort sur son coussin rose ! Bref chacun a ses exigences mais voilà tout le monde est couché, on peut éteindre ? Non le lapin a peur du noir… Il va falloir trouver une solution !

J’aime toujours autant les livres d’Audrey Poussier. Graphiquement déjà, je les trouve toujours réussis avec leur côté épuré. Le texte aussi est épuré, avec peu de mots, comme ici, elle arrive à faire passer beaucoup de choses. Au lit tout le monde ! correspond à tout ça. Un album très graphique sur le coucher, les rituels du coucher, la peur du noir. On parle aussi de l’entraide, de l’amitié. Un très bel album qui vient de ressortir en format « lutin » (le format poche de L’école des loisirs).

Le dodo est fini ? il faut se réveiller… mais pas trop tôt !

reveillés les premiersAnna est réveillée, il fait encore nuit. Elle appelle sa grande sœur mais elle dort encore ! Anna descend l’escalier avec Shiro, son chat. Ensemble ils vont faire pipi puis voir les parents… qui dorment aussi ! Décidément ils sont les seuls réveillés ! Et s’ils en profitaient un peu ?

Je l’ai déjà dit mais je le redirai à chaque fois, je suis ultra fan du travail de Komako Sakaï. Parmi tous les illustrateurs que j’ai découverts depuis les débuts du blog, c’est l’un de mes plus gros coups de cœur (avec Suzy Lee). Non seulement ses illustrations sont absolument magnifiques, mais ses textes expriment toujours avec beaucoup de justesse et de poésie des situations que vivent les enfants. Anna s’est réveillée bien trop tôt, elle profitera pour faire ce qui est d’habitude interdit (jouer avec la poupée de sa sœur, par exemple)… puis se rendormira au moment où le soleil se lève. Un petit bijou de poésie et de douceur comme à chaque fois avec Komako Sakaï.
Le même vu par Le cabas de Za et Les lectures de Liyah qui vous montrent des planches).

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà parlé de plusieurs livres sur le sommeil : Dis tu dors ?A l’heure du loup, 40 histoires du marchand de sable, Jour de grève chez les marmottes, Victor et les Amulettes, 101 moutons au chômage, Dors bien, Rosalie, Tu ne dors pas, petit ours ? et même une chronique entière sur le sommeil. Vous en trouverez d’autres (et pourrez même en ajouter) sur le forum.
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Anne Jonas (L’homme à la peau d’ours), Orianne Lallemand (Au secours ! Un ogre glouton, P’tit loup rentre à l’école, Au secours ! Une sorcière au nez crochu, Au secours ! Un loup tout poilu, Pestouille et Jolicoeur), Charlie Pop (La politesse, Comptines d’écoliers et L’école Maternelle), Céline Lamour-Crochet (Laurélie la chauve souris et Ydriane), Iris de Moüy (En route pour la tour Eiffel) et Komako Sakaï (Un amour de ballon, Le lapin en pelucheL’ours et le chat sauvage et Dans l’herbe).

La boîte à musique de Gaston
Texte d’Anne Jonas, illustré par Virginie Martins-B
Larousse dans la collection Tous au lit
3,90€, 130×130 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Le doudou d’Ernestin
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Virginie Martins-B
Larousse dans la collection Tous au lit
3,90€, 130×130 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Un bisou pour Lili
Texte de Carole Bauvers, illustré par Charlie Pop
Larousse dans la collection Tous au lit
3,90€, 130×130 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Les chaussettes de Gaspard
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Isabelle Jacqué
Larousse dans la collection Tous au lit
3,90€, 130×130 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Le pyjama de Charlotte a dispau
Texte d’Anne Jonas, illustré par Virginie Martins-B
Larousse dans la collection Tous au lit
3,90€, 130×130 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2013.
La veilleuse pour Juliette
Texte de Céline Lamour-Crochet, illustré par Claire Frossard
Larousse dans la collection Tous au lit
3,90€, 130×130 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Le livre magique de Sacha
Texte d’Anne Jonas, illustré par Aurélie Vitali
Larousse dans la collection Tous au lit
3,90€, 130×130 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2013.
À la sieste
d’Iris de Moüy
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie
12,50€, 280×160 mm, 26 pages, imprimé en Malaisie, 2013.
Au lit tout le monde !
d’Audrey Poussier
L’école des loisirs dans la collection Lutin poche
5,60€, 190×150 mm, 27 pages, imprimé en France, 2013.
Réveillés les premiers
de Komako Sakaï (traduit par Corinne Atlan)
L’école des loisirs
12,70€, 210×265 mm, 40 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

Vous savez à quel point nous sommes anti sexisme, depuis quelques jours on en parle beaucoup sur les réseaux sociaux, on a été choqué par Le dico des filles 2014 sorti chez Fleurus. On savait Fleurus parfois très sexiste (voir la collection Petit garçon / Petite fille dont mon préféré est Chloé joue à faire le ménage…) mais là on culpabilise les jeunes filles sur l’avortement ou sur la masturbation, on leur fait comprendre que l’homosexualité n’existe pas vraiment, on continue à soutenir des thèses sexistes qui moi me révoltent. Bref, vous pouvez lire un excellent article ici et en ce qui nous concerne, dorénavant, nous ne chroniquerons plus rien de chez Fleurus (on ne va pas promouvoir une telle maison !).

Gabriel

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