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Auriane Kida

Les invités du mercredi : Auriane Kida et Catibou

Par 30 janvier 2013 Les invités du mercredi

Cette semaine j’ai la chance de recevoir la jeune et talentueuse illustratrice Auriane Kida. Son Géant de la grande forêt est un petit bijou. Ensuite notre rendez-vous mensuel « Une chronique de… » est un peu particulier cette fois-ci puisque l’auteur Catibou y chronique un livre auquel elle a participé, le recueil Notre pense pas bête.


L’interview du mercredi : Auriane Kida

autoportrait Kida

Quel a été votre parcours ?
Dispersé, tortueux, j’ai tendance à transformer les chemins droits en un labyrinthe dans lequel je finis par me perdre ^^
Je dessine depuis toute petite mais je n’envisageais pas d’en faire mon métier. Ce sont mes études aux Beaux-Arts (École Supérieure d’Arts de Metz) qui m’ont convaincue de poursuivre dans cette voie.
J’ai eu plusieurs faux départs : un projet de BD qui n’a pas abouti, un éditeur qui a déposé le bilan. J’ai repris des études à l’université avant de tout abandonner et partir en voyage. Je fais un peu de graphisme et depuis 1 an, me remets à la sculpture, avec plusieurs projets en route.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Aïe… J’avais un problème avec les livres et la lecture. J’aimais bien Tintin, et ado j’avais accroché à l’univers fantastique et aux personnages tourmentés de Stephen King. Mais ce n’est qu’au lycée que j’ai renoué avec la lecture en découvrant Freud et Sartre.

J’ai l’impression qu’il y a eu un vrai travail de recherche sur Le géant de la grande forêt, je pense notamment aux oiseaux. Pouvez-vous nous en parler ?
Quand j’attaque un projet, je laisse d’abord cours à mon imagination, à ma spontanéité, pour réaliser mes premières esquisses. Mais il me semble important d’approfondir et de nourrir l’idée par des recherches sur chaque élément venant composer l’illustration. Ça va de la faune, la flore, au mobilier et l’architecture, jusqu’à la gestuelle des personnages. Évidement ça comporte un piège, celui de taire une interprétation personnelle et poétique aux dépens du réalisme. Il faut juste savoir jusqu’où on veut aller et bien doser les deux approches. Je ne sais pas si j’y parviens mais c’est un défi que je me lance à chaque dessin.
Je m’aide aussi beaucoup du travail de photographes ou de cinéastes. En fait je me plonge dans beaucoup d’univers avant d’entreprendre une illustration. Et dans le cas de la forêt, le mieux est encore de s’y promener.

Quels sont vos projets ?
Beaucoup trop, j’aurais bien besoin de toutes mes 9 vies de chat pour les réaliser ! J’ai plusieurs projets de livres pour enfants et BD qui me tiennent à cœur et que j’aimerais mener à terme d’ici 1 à 2 ans. Malheureusement, je ne travaille pas aussi vite que je le souhaiterais. Sinon je prépare une exposition de mes statuettes avec deux graphistes, artistes plasticiennes, qui devrait avoir lieu mi septembre/octobre, à Metz.

Auriane Kida a, pour l’instant, un seul livre dans sa bibliographie, Le géant de la grande forêt. Elle y illustre un texte de France Quatromme, l’album est sorti chez d’Orbestier et nous l’avons chroniqué ici.


La chronique de… Catibou

Une fois par mois un acteur de la littérature jeunesse qu’on aime à La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette fois-ci c’est Catibou qui s’y colle ! Merci à elle.

Notre Pense Pas Bête ou les chroniques de la bêtise humaine !

Notre pense pas bêteNotre Pense Pas Bête, projet initié par Juliette Parachini, a rassemblé 26 textes courts, résultat de la collaboration entre une vingtaine d’auteurs et d’illustrateurs jeunesse.

Notre pense pas bêteMais il est également une petite aventure éditoriale à laquelle tous ont contribué.

Le point de départ ? La volonté de Juliette de réunir des volontaires autour d’un thème commun, ce fut… la bêtise humaine ! La motivation ? Travailler bénévolement pour une association, ce fut… SOS Villages d’Enfants. L’aboutissement ? Ce fut… P’tit Baluchon, toute jeune maison, qui courageusement décida de l’éditer.

Je l’ai entre les mains, je le feuillette… D’abord, quel plaisir pour les yeux…. Les vingt-trois illustrateurs, avec leurs styles différents, ont largement contribué à la beauté de ce petit recueil. Et on reconnaît bien la patte de chacun…

Je l’ai entre les mains, je le relis… J’ai éprouvé un réel bonheur à découvrir :

Le fond : La mésentente familiale, la dureté de l’homme, l’égoïsme, l’alcoolisme, le jugement hâtif, l’accident nucléaire, le mépris, le manque de courage, la tauromachie, la maltraitance des humains et des animaux, la drogue, le racisme, la pollution…

La forme : Les auteurs ont utilisé plusieurs canevas pour tisser leurs histoires. La Notre pense pas bêtechanson avec refrain, le récit, le dialogue, la poésie, le haïku, le journal intime, parfois un seul mot si parlant avec les illustrations, la notice, l’article de journal scientifique…

Là encore, la patte des auteurs s’est montrée inventive, pleine de sensibilité. Oui l’émotion transpire de ce recueil : la bêtise humaine, on la ressent plus aisément lorsqu’on en est victime ou témoin. Les quelques textes humoristiques apportent donc un peu de fraîcheur et allègent la gravité de certains sujets.

Un point intéressant à relever : Il n’y a rien de moins objectif que de définir la bêtise humaine. Suivant vos convictions certains actes vous paraîtront faire partie de cette catégorie, d’autres moins. A vous de juger…

Pour terminer, une petite citation qui je l’espère mettra tout le monde d’accord :

« On se fatigue de voir la bêtise humaine triompher sans combat. » Albert Camus.

Voici donc plusieurs bonnes raisons d’acheter Notre Pense Pas Bête.

CatibouCatibou est auteur.

Sa bibliographie :

Vous pouvez retrouver Catibou sur son blog : http://catibou.canalblog.com.

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Par 15 mars 2012 Livres Jeunesse

Un beau conte et une légende celtique sont le menu du jour, ça vous dit ?

Un homme et une femme veillaient sur la grande forêt, ils la soignaient, s’occupaient de ses bêtes et ce depuis bien longtemps, si longtemps qu’ils avaient vieillis sans avoir d’enfant. Pourtant un matin la femme entendit des cris venant d’un pull qu’elle tricotait depuis quelques temps, comme pour oublier ses regrets, pull qui faisait maintenant quatre fois la taille d’un homme. Des cris qui se révélèrent être ceux d’un enfant, d’un tout petit bébé.

C’est un très beau conte que nous livre ici France Quatromme. Elle est par ailleurs conteuse et ça se sent, on est embarqué dans son histoire qui parle de la différence et du rejet qu’elle provoque (l’enfant élevé par les gardiens de la forêt va être bien différent des autres enfants et les villageois vont en avoir peur et le chasser). On y parle aussi d’amour et de la nature. Le texte est magnifique et on est vite conquis tant par l’histoire que par la plume de France Quatromme. Les illustrations sont signées Auriane Kida et certaines pages sont de pures merveilles, elle a fait un travail absolument fabuleux mis en valeur par la grande taille de l’album (25x33cm). L’objet est très beau, les pages sont épaisses, l’éditeur, D’orbestier, en a fait un très beau livre, de ceux qu’on regarde sans se lasser, qu’on lit et relit.

Le roi Marc’h, qui régnait sur la Cornouaille, n’aimait que son cheval. Un jour où il chassait, il suivi une biche qui s’enfuit en le voyant, et fini par sauter d’une falaise pour se réfugier sur un rocher. Là elle ne pouvait plus bouger et Marc’h qui était bon tireur n’eut aucun mal à l’atteindre. Seulement la flèche lui revint, la biche se transformât en femme qui lui prit son cheval et lui jeta un sort, il aurait désormais des oreilles de cheval et sa crinière à la place des cheveux.

Évelyne Brisou-Pellen (que les amateurs de romans historiques connaissent bien) nous raconte ici la légende du roi Marc’h et de son cheval. On a donc rendez-vous avec les légendes celtiques (on va d’ailleurs parler de korrigans). Le texte est absolument magnifique et ravira les amateurs de contes. Les illustrations de Bruno Pilorguet le mettent parfaitement en image. En fin d’ouvrage, quelques ajouts passionnants sur l’origine de la légende, comme le font habituellement les éditions Millefeuille. Je vous avais déjà parlé de cette maison d’édition pour qui j’avais eu un vrai coup de foudre (notamment pour les superbes albums Merlin, l’enfance d’un enchanteur et Arthur, l’enfance d’un roi), je suis heureux de les retrouver ici avec un album aussi beau.

Le géant de la grande forêt de France Quatromme, illustré par Auriane Kida
Éditions D’Orbestier, dans la collection Les rêves bleus. 15€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Le roi cheval d’Évelyne  Brisou-Pellen, illustré par Bruno Pilorget
Éditions Millefeuille, dans la collection Patrimoine de légendes. 14€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

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A part ça ?

Pour rester avec les éditions Millefeuille, ils ont sorti une valisette ludo-éducative pour tout savoir du la chaine du livre. Ça s’appelle Le train du livre et c’est à destination des enseignants et professionnels de l’enfance. Ça passionnera forcément tous les amoureux des livres. Vous pouvez trouver plus d’info ici : http://www.traindulivre.com

Gabriel

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