La mare aux mots
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Benjamin Gibeaux

La chronique numérique : à la recherche de…

Par 22 mars 2015 Livres numériques, Numérique

Le voyage d'Adeline la GirafeAdeline, c’est la mascotte du zoo de Vincennes. Elle y est née il y a dix-sept ans. C’est l’animal le plus parrainé du zoo, et elle a même un compte twitter !! Elle est aussi la star d’une chouette appli destinée à faire découvrir les animaux de cinq régions du monde. Parce qu’Adeline est une forte tête. Lassée d’être la vedette du Parc zoologique, elle décide de partir explorer le monde sac au dos. Pour la retrouver, il nous faudra visiter les cinq biozones du Parc zoologique, Europe, Sahel Soudan, Amazonie Guyane, Madagascar et Patagonie. Pour cela, rien de plus simple : on se fait un passeport (photo et nom), on monte dans un petit avion, et hop, c’est parti.
Le voyage d'Adeline la GirafeÇa marche comment ? Une fois arrivé à destination, cinq espèces animales de la biozone nous attendent pour nous faire découvrir leurs spécificités. En cliquant sur chaque animal, on obtient une petite fiche descriptive, ou encore un jeu. En Amazonie Guyane, on rencontre ainsi un ara hyacinthe (qui sait imiter les voix humaines), un lamantin (qui passe la moitié de sa journée à manger), un anaconda (qui lui aussi ne pense qu’à manger, et va même jusqu’à avaler des chèvres entières !), un jaguar (aux dents puissantes acérées), et une mygale matoutou. C’est la mygale qui Le voyage d'Adeline la Girafenous offre un petit jeu : il faut guider trois insectes avec le doigt et éviter de se faire manger par la mygale, prête à bondir, cachée dans son cocon. Il y a donc un jeu par biozone : éviter la mygale, hurler avec les loups pour les faire sortir de leur antre, recréer à partir de différents pelages et silhouettes trois espèces animales existantes, associer des paires de manchots, faire sauter le propithèque de branche en branche en évitant les branches pourries et le fossa (un félin affamé) qui attend au bas de l’arbre.Le voyage d'Adeline la Girafe Au cours du voyage, Adeline, qui est décidément une geekette, nous envoie sms, mail, carte postale ou message téléphonique pour nous donner des nouvelles de son périple et nous inciter à la rejoindre dans une autre région. À la fin de l’aventure, une fois rentré au Parc zoologique, un petit quizz est proposé sur les différents animaux rencontrés. Attention, à la fin du quizz, un lien, sans protection parentale, invite à se rendre sur le site du zoo pour parrainer un animal.
Le voyage d'Adeline la GirafeEt j’en pense quoi ? Le voyage d’Adeline la girafe est une réalisation de Benjamin Gibeaux qui nous a déjà montré son talent dans la magnifique appli Petites choses (chroniqué ici). Ici encore, on adore ! L’appli est une vraie réussite, toute en douceur et en délicatesse. Le graphisme, en papiers découpés et collés, est superbe, et la musique, de jolies ritournelles, en harmonie. On apprend plein de choses, et les jeux sont originaux et bien pensés, en adéquation avec la dimension pédagogique de l’appli, avec une mention spéciale aux jeux des loups (dans lequel il faut hurler de plus en plus longtemps pour les attirer) et de la mygale (qui peut faire sursauter les plus petits). Mais pour faire ce tour du monde, il faudra être accompagné d’un lecteur puisque les textes ne sont pas lus. N’hésitez pas à suivre l’intrépide Adeline dans son voyage, il vaut le détour.
Bande-annonce :

The Amazing QuestEt maintenant, on se met en quête d’un trésor ? Dans Amazing quest, le trésor oublié, Chocolapps nous invite à vivre une aventure trépidante sous la forme d’une histoire à jouer. Une histoire dans laquelle on incarne un héros qui, surprenant une conversation entre deux « méchants », apprend l’existence d’un fabuleux trésor. Il s’agira de récupérer ce trésor en évitant de se faire capturer et de rentrer sain et sauf partager ses richesses !
The Amazing QuestÇa marche comment ? On commence par choisir le décor de l’histoire : « le trésor des Caraïbes » (chez les pirates), « le tombeau du pharaon » (dans l’Égypte ancienne), « la mine abandonnée » (au Far West), « l’antre du dragon » (chez les chevaliers) ou « le temple oublié » (en Chine ancienne) ; puis son personnage (fille ou garçon, et costume) et enfin le niveau de difficulté. À l’aide d’un marteau, on tapote l’écran, la vitre se brise et l’aventure peut débuter. À chaque nouvelle scène, une voix lit l’histoire, mais le The Amazing Questtableau que l’on a sous les yeux ne correspond pas. C’est au lecteur de faire correspondre image et texte : le décor n’est pas le bon, on est en plein midi alors qu’il est censé faire nuit, il n’y a pas le bon nombre de personnages et ils n’accomplissent pas les actions décrites. Entre un et quatre éléments sont à modifier pour pouvoir continuer l’histoire. Une flèche en bas de l’écran permet d’afficher ou de faire disparaître le texte (que l’on peut aussi réécouter), sur lequel les éléments à modifier apparaissent en orange tandis que les éléments qui ont été correctement changés sont en vert.The Amazing Quest L’histoire est entrecoupée de quelques jeux, pas forcément évidents, mais que l’on peut passer : un puzzle de la carte au trésor, un taquin, une poursuite, un labyrinthe ou encore une partie de cherche et trouve. Une fois l’aventure terminée, on peut réécouter l’histoire dans sa globalité, avec les bons décors et sans les jeux. Je précise quand même que le scénario est le même dans les cinq histoires, seuls changent les décors, les costumes et les accessoires.
Et j’en pense quoi ? Voilà une excellente idée pour travailler la compréhension d’un texte et d’une image ! C’est très astucieux, et les enfants accrochent à tous les coups. Comment résister à une pareille chasse au trésor ? La modification de l’univers de l’histoire suffit à éviter la lassitude d’un concept qui pourrait être répétitif et l’histoire est The Amazing Questsuffisamment longue pour être détaillée et pleine de rebondissements. L’appli en elle-même est très ludique. Je serai un peu plus mitigée sur le graphisme, proche du dessin animé, qui m’emballe assez peu. Par ailleurs, dans chaque tableau, des sortes de pictogrammes, qui servent à changer de décors ou de temporalité, brouillent légèrement le sens de l’image. Par exemple, si l’œil égyptien permet de basculer dans l’univers des pyramides, il reste présent même lorsque l’on se trouve dans une taverne médiévale. Le parapluie sert à… faire pleuvoir, mais il paraît bien anachronique… Cela ne gâche en rien le plaisir des enfants qui reconstituent avec bonheur les différents tableaux de cette histoire-puzzle.
Bande-annonce :

Le voyage d’Adeline la girafe
de Benjamin Gibeaux
Gedeon Programmes/MFP/MNHM/France Télévisions
Prix constaté : gratuit (Apple, Android).
The Amazing Quest, le trésor oublié
Chocolapps
Prix constaté : 4,99€ (Apple).

À part ça?
En sortant de l’école
est une série de treize court-métrages d’animation à partir des poèmes de Jacques Prévert, mis en scène par de jeunes réalisateurs avec des techniques d’animation variées. Ils sont diffusés sur France 3, mais vous pouvez aussi en profiter en replay ici ou ici. Les poèmes de Prévert sont mis en image et en musique, et c’est drôlement joli.

Erica

 

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La chronique numérique : Jeux de miroirs

Par 7 décembre 2014 Livres numériques, Numérique

Quel rapport peut-il y avoir entre un singe et un oiseau ? Aucun, sauf qu’ils sont les héros de deux applis formidables pour les plus petits, imaginées par deux illustrateurs.

Petites chosesPetites choses de Benjamin Gibeaux est une appli de mini-jeux reliés par un fil narratif, inspirée de son court métrage d’animation, Les Petites Choses de la vie.
Ça parle de quoi ? Petites choses, on pourrait dire que c’est l’écho inversé du poème de Prévert, Page d’écriture. Vous vous souvenez : alors qu’il est en train de répéter ses tables d’addition en classe, un enfant voit passer un oiseau-lyre, il l’appelle et l’oiseau le délivre de la ritournelle des chiffres par son chant. Ici, c’est l’enfant qui libérera l’oiseau, enfermé dans une cage, verrouillée par sept cadenas. L’oiseau appelle l’enfant à son secours. Pour ouvrir sa cage, il faut retrouver les sept clefs de couleurs qui correspondent aux différents cadenas. Elles sont cachées derrière les fenêtres d’immeubles et au détourPetites choses des rues d’une grande ville. Pour les obtenir, l’enfant doit résoudre sept petites énigmes. C’est cela Petites choses, mais c’est peut-être aussi l’envers du décor du court-métrage qui en est à l’origine, et dans lequel un enfant s’envole parmi les oiseaux…
Ça marche comment ? L’application se présente comme un grand panoramique représentant une ville. Lorsqu’on effleure l’écran, les rues se déroulent petit à petit. Le lecteur n’y est jamais perdu puisque le doigt pointé d’une main le guide et lui suggère le chemin. Les cachettes des clefs sont signalées par un petit dessin qui clignote, sur lequel il faut cliquer. Un Petites chosesnouvelle page s’ouvre alors et invite l’enfant à trouver comment capter les ondes qui feront fonctionner des téléviseurs, à transformer des immeubles en touches de piano, à aider un jeune homme à offrir des fleurs à une demoiselle, à retrouver des paires dans un mémo de fenêtres, à transformer la cacophonie des embouteillages en musique jazzy… Une fois les sept clefs récupérées, l’enfant peut ouvrir la cage et délivrer l’oiseau qui s’envole en sifflotant. Les réglages de l’appli permettent de réinitialiser le jeu et de visionner le court-métrage Les Petites Choses de la vie.
Et j’en pense quoi ? Un vrai coup de cœur ici. Tout concourt à faire de cette appli une petite merveille. Le graphisme est d’une grande finesse : un dessin crayonné, dans les tons gris, avec des touches de couleurs pastels qui surgissentPetites choses ici ou là et envahissent la ville. S’il n’y a aucun texte, la musique quant à elle se retrouve à chaque coin de rue. Elle est présente en filigrane dans presque tous les jeux. Et c’est pour que l’oiseau puisse chanter la liberté que l’enfant accomplit ce voyage. L’appli est simple, tout y est clair et fluide. Rien ne fait obstacle à la douce rêverie à laquelle le lecteur est invité. Ne passez pas à côté du court-métrage qui accompagne l’appli, Benjamin Gibeaux y aborde avec une grande délicatesse et sensibilité la perte d’un enfant. Petites choses, c’est une bulle de douceur et de poésie. Preuve est faite qu’avec de petites choses, on peut en faire une grande !

Bande-annonce :

Le Singe au chapeauLe Singe au chapeau de Chris Haugthon est un album à jouer composé de neuf saynètes.
Ça parle de quoi ? Ici, il n’y a pas vraiment d’histoires, ce sont plutôt des petits sketchs mettant en scène un singe, affublé d’un bonnet à pompon et d’une paire de lunettes de ski, qui explore son environnement.
Ça marche comment ? Chaque scène s’ouvre sur un texte rouge sur fond bleu, les deux couleurs de l’appli, qui interpelle l’utilisateur avec une consigne (pas de son ici, le non-lecteur doit donc être accompagné dans sa lecture). Première scène : « Le singe arrive. Peux-tu lui ouvrir la porte ? » On se retrouve dans un appartement, devant une porte d’entrée. Par la fenêtre, on voit arriver le pompon du bonnet du singe. Le singe se hisse sur la pointe des pieds et toque à la fenêtre. À nous d’actionner la poignée pour ouvrir la porte. Le singe fait alors son entrée. En cliquant dessus, on a droit à une série de pantomimes franchement rigolotes. Suivent différents tableaux dans lesquelles le lecteur doit aider le singe dans ses activités quotidiennes ou communiquer avec lui : lui envoyer un message sur son téléphone, taper dans ses mains pour le faire danser, jouer de la musique avec lui, lui donner une banane. La navigation dans l’application est simplissime. On passe d’une scène à l’autre au moyen des flèches à droite et à gauche de l’écran, une flèche en haut permet de revenir au menu, qui offre la possibilité de choisir une scène précise ou bien de découvrir les planches de trois albums de Chris Haughton, Un peu perdu, Oh non, George ! et Chut ! On a un plan (que nous avons chroniqués ici et ).
Et j’en pense quoi ? Ce singe, c’est un drôle de numéro. Comment ne pas craquer sur ce personnage facétieux, à la dégaine improbable ? Il est irrésistible ! Le principe de l’appli est simple : le singe est un double virtuel de l’enfant. Dans la vie réelle, le petit enfant a besoin de l’aide d’un adulte pour accomplir un certain nombre d’actions. Ici, les rôles sont inversés, et c’est l’enfant qui se retrouve à aider le singe à faire ce que lui-même ne parvient pas à faire seul : ouvrir une porte, attraper une banane sur une table ou feuilleter un livre. Chaque scène est prétexte à une série de mimiques inattendues et extravagantes. Il faut voir le singe imiter le Moonwalk de Michael Jackson puis danser à la façon d’une méduse ! Et nous de prendre le pas et d’imiter le singe… On retrouve ici le graphisme impeccable de Chris Haughton qui a fait son succès : larges aplats de couleur, style très graphique, simplicité et expressivité du trait ; et son sens de l’humour un peu décalé. À cela s’ajoute une musique jazzy, accompagnée de bruitages malicieux. Joyeux, court, et drôlement efficace.

Bande-annonce :

Petites choses
de Benjamin Gibeaux
C’est magnifique
Prix constaté : 1,79 € (Apple, Android).
Le Singe au chapeau
de Chris Haughton, musique de Matt Wand
Fox and Sheep
Prix constaté :  2,99 € (Apple).

À part ça ?

Le Chant de la merOn a eu la chance de voir le nouveau film de Tomm Moore, Le Chant de la mer, qui sort sur les écrans le 10 décembre. Il raconte l’histoire de Ben et Maïna qui, après la disparition de leur mère, se retrouvent seuls avec leur père, gardien de phare, anéanti par la douleur. Ben est en colère, et Maïna ne parvient pas à parler. Leur grand-mère, persuadée que la mer constitue un danger pour eux, décide, contre leur volonté, de les emmener vivre dans la grande ville. Mais ils sont étrangers à ce monde, et ils n’ont qu’une idée en tête : fuir. Commence alors un parcours semé d’embûches, véritable voyage initiatique. Maïna découvrira qu’elle est une selkie, une fée de la mer, dont le chant est seul capable de libérer les êtres magiques du sortilège de la sorcière aux hiboux. Le Chant de la mer revisite les mythes et les légendes irlandaises pour nous livrer un conte de fées moderne et merveilleux. Sur des images magnifiques, au graphisme tout en rondeur (le motif du cercle, à la fois protecteur et enfermant, est omniprésent), et une musique envoûtante (plusieurs chansons, d’inspiration celtique, sont interprétées par Nolwenn Leroy), Tomm Moore nous parle ici de la douleur de la perte et de la façon de la surmonter. On ne peut s’empêcher de penser à Hayao Miyazaki pour cet enchevêtrement entre le monde réel des adultes et le monde magique de l’enfance et pour la célébration de la nature. Mon fils de 5 ans et moi, on a été émerveillés et émus (très…) par Le Chant de la mer, un petit bijou d’animation !

Erica

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