La mare aux mots
Parcourir le tag

Benoît Broyart

Premières lectures

Par 25 avril 2015 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose une nouvelle sélection de romans pour les tout jeunes lecteurs (dès le CP).

3 livres pour lire et s'amuserPrinces et princesses« NON ! » Voilà ce que répond systématiquement cette princesse. « NON ! » Mais voilà qu’un jour elle se fait enlever par un dragon. Heureusement un prince charmant arrive, et après l’avoir sauvé il la demande en mariage. Vous vous doutez de la réponse de la princesse !
D’après son père, Francis est un prince de pacotille, faut dire que se battre à l’épée, c’est pas vraiment son truc ! Charlotte a le droit au même qualificatif de son côté, car elle, justement, c’est l’inverse ! Ces deux-là sont faits pour s’entendre !
Mélisse s’ennuie dans son château, elle rêve de frayeur, de peur bleue. C’est décidé, si son père ne lui accorde pas cette envie, elle s’en ira !
Milan a la très bonne idée de ressortir trois petits romans plein d’humour. En plus des princesses qui disent non aux demandes en mariage des princes ou des princes qui refusent de se battre, on ne peut qu’adhérer ! Les trois romans sont écrits avec beaucoup d’humour et surtout (et c’est assez rares dans les romans pour les jeunes lecteurs), les illustrations sont vraiment réussies, elles accompagnent parfaitement le texte. Les trois romans sont glissés dans une grande feuille qui se déplie avec d’un côté un petit jeu de société (une sorte de jeu de l’oie) et de l’autre des blagues et des devinettes.
Un pack plein d’humour qu’on adore !

série P'tite PommeP’tite Pomme est une petite fille. Elle adore écouter des histoires ! Alors que ce soit l’heure des additions, de l’écriture ou même de la récréation elle n’attend qu’une chose… l’heure de l’histoire ! En attendant, son esprit s’évade par la petite fenêtre, à côté du tableau.
Faire pousser des cerises c’est long ! Mais avec son papy, P’tite Pomme s’est lancée dans l’aventure. Après avoir mis en terre l’arbrisseau, il faut attendre, attendre et encore attendre… et en attendant on observe les changements. Vivement les cerises !
Tous les midis, P’tite Pomme mange chez sa mamy. Et tous les midis, mamy se décarcasse pour faire en sorte que la petite fille se régale. Il en reste toujours, heureusement il y a des boîtes pour conserver les restes. Et le samedi, ces restes sont l’occasion d’une nouvelle recette !
Toute nouvelle série, P’tite Pomme nous raconte donc les histoires d’une petite fille. On peut regretter que forcément c’est papy qui fait le jardinage et mamy la cuisine (et quand c’est pas mamy c’est maman…), mais on adore les illustrations pleines de vie de Gwenaëlle Doumont ! Le texte est court, les dialogues sont dans des bulles (si bien que les enfants habitués aux livres Nathan, voir ci-dessous, ont le réflexe de lire les bulles quand les adultes lisent le récit) et il y a dans chacun des livres un jeu d’observation (chaque fois un animal à retrouver dans chaque page).
Une nouvelle petite héroïne pleine de vie pour donner le goût de la lecture.

Henri a les oreilles qui bougent Henri a onze doigtsAttention il y a un nouveau dans la classe. Et non seulement il ne parle pas français, mais en plus il est vraiment bizarre… Mais d’où vient-il ? Vient-il vraiment de notre planète ? Manon, qui est assise à côté de lui, trouve qu’il se comporte vraiment étrangement. Elle commence à remarquer que les choses ne sont pas normales quand elle voit qu’il fait bouger ses oreilles…
Aujourd’hui, la maîtresse propose un jeu de mathématique, il suffira de compter sur les doigts de son camarade. Manon n’en revient pas, grâce à cet exercice elle s’est rendu compte qu’Henri a onze doigts…
Coup de cœur pour cette série signée Yves Grevet et Jess Pauwels. Le texte est drôle et plein de suspense (j’ai moi-même très envie de connaître la suite) et les illustrations de Jess Pauwels à la fois esthétiques et pleines d’humour (pari souvent risqué). Les deux premiers tomes sont sortis il y a quelques temps déjà (l’année dernière) j’espère qu’on connaîtra la suite car on veut vraiment savoir qui est ce Henri !
Une super série qui allie humour et suspense.
Les mêmes vu par Les mercredis du Julie, Enfantipages, Les lectures de Kik, À l’ombre du saule et Chez Clarabel.

Quelques titres supplémentaires

L'pprenti chevalier Quel beau troubadour !Quand le chevalier Bernard croise sa voisine Colombe, son comportement change. Son apprenti s’en est bien aperçu et décide d’aider ces deux amoureux à se retrouver. Un petit roman plein d’humour… et d’amour ! Les parents lisent le texte, les enfants les dialogues (mais ils peuvent tout lire tout seul s’ils le souhaitent). L’apprenti chevalier est une série, Quel beau troubadour ! est le dernier sorti.
Le même vu par Maman Baobab et Enfantipages.

Je veux changer de prénomAN-DRÉ ! Son nom est AN-DRÉ, c’est pourtant pas compliqué, alors pourquoi tout le monde l’appelle Dédé ? C’est décidé, il va changer de prénom, mais pour ça il va falloir que le roi des chats accepte… pas si facile !
Beaucoup d’humour ici encore, surtout dans la chute ! Les illustrations sont signées Rémi Saillard. Ici, on retrouve aussi le principe des dialogues à lire par les enfants.
Le même vu par Maman Baobab et Enfantipages.

Kikekoa et OrnicarKikekoa et Ornicar sont deux amis inséparables… surtout quand il s’agit d’embêter Kidodou, le petit frère de Kikekoa ! Mais ce dernier ne se laisse pas forcément faire… Une autre série où l’on va retrouver les bulles pour les enfants.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Benoît Broyart (La reine de la nuit, Auprès de mon arbre, La bouche de l’ogre, Les caprices de Mélisse, Vers un monde alternatif ? et Magie noire), d’Elsa Fouquier (Let’s go to school with Jenny and Jack !Let’s play with colours with Jenny and Jack !Mes comptines, Le pilates pour les petits, Les caprices de Mélisse et Gym et comptines pour les petits), de Tristan Pichard (Au pays des korrigans, 4 Contes et Légendes de Bretagne, Contes traditionnels de Bretagne et Égaux sans Ego), de Florence Langlois (La tétine de Kouki), de Gwenaëlle Doumont (Je suis une lionne, Tous différents, un livre jeu à emporter partout, La tapette à mouche et Firmin), d’Yves Grevet (Le voyage dans le temps de la famille Boyau et L’école est finie), de Christophe Nicolas (Tétine Man, Henri ne veut pas aller au centre de loisirs et La fabuleuse méthode de lecture du professeur Tagada), de Bérengère Delaporte (Litchi dans l’espace, Au secours ! J’ai perdu mon slip ! ou la véritable histoire de Tarzan et Le gang des gigoteurs), de René Gouichoux (Le seul roi c’est moi !), de Rémi Saillard (La gentille petite Lou, Bonnets rouges et bonnets blancs, Pousse Piano ou la symphonie des nouveaux mondes, Ogres et ogresses, Petit Beignet rond et doré, Rois et reines de France, Les histoires des musiciens de Brême racontées dans le monde, Au chat et à la souris, Dans ma rue, et Ami ou ennemi ?), d’Arnaud Alméras (Kikekoa et Ornicar, On est de vrais espions !, Calamity Mamie à l’hôpital et Les bêtises magiques de Lucie Caboche) et de Zelda Zonc (Kikekoa et Ornicar, On est de vrais espions !). Retrouvez aussi notre interview de Gwenaëlle Doumont.

3 livres pour lire et s’amuser. Princes et princesses
Collectif
Milan Jeunesse dans la collection Milan Poche Benjamin
10,90 €, 116×190 mm, 69 pages, imprimé en Chine, 2015.
Maîtresse, une histoire
Texte de Delphine Gilles Cotte, illustré par Gwenaëlle Doumont
Magnard Jeunesse dans la série P’tite Pomme et dans la collection Mes premières lectures
5,60 €, 145×195 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Oh ! les belles cerises
Texte de Delphine Gilles Cotte, illustré par Gwenaëlle Doumont
Magnard Jeunesse dans la série P’tite Pomme et dans la collection Mes premières lectures
5,60 €, 145×195 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Les petits plats du samedi
Texte de Delphine Gilles Cotte, illustré par Gwenaëlle Doumont
Magnard Jeunesse dans la série P’tite Pomme et dans la collection Mes premières lectures
5,60 €, 145×195 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
H.E.N.R.I. a les oreilles qui bougent
Texte d’Yves Grevet, illustré par Jess Pauwels
Nathan dans la série H.E.N.R.I. et dans la collection Premiers romans
5,70 €, 147×193 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
H.E.N.R.I. a onze doigts
Texte d’Yves Grevet, illustré par Jess Pauwels
Nathan dans la série H.E.N.R.I. et dans la collection Premiers romans
5,70 €, 147×193 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Quel beau troubadour !
Texte de Christophe Nicolas et Rémi Chaurand, illustré par Bérengère Delaporte
Nathan dans la série L’apprenti chevalier et dans la collection Premières lectures
5,60 €, 145×192 mm, 35 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Je veux changer de prénom !
Texte de René Gouichoux, illustré par Rémi Saillard
Nathan dans la collection Premières lectures
5,60 €, 144×190 mm, 29 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
C’est pas toi qui commandes !
Texte d’Arnaud Alméras, illustré par Zelda Zonk
Nathan dans la série Kikekoa et Ornicar et dans la collection Premières lectures
5,60 €, 143×190 mm, 29 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
On est de vrais espions !
Texte d’Arnaud Alméras, illustré par Zelda Zonk
Nathan dans la série Kikekoa et Ornicar et dans la collection Premières lectures
5,60 €, 143×190 mm, 29 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.


Gabriel

You Might Also Like

Oser !

Par 18 mai 2014 Livres Jeunesse

Vaincre ses peurs, sa timidité, ce n’est pas toujours facile. Aujourd’hui, trois courts romans sur ce sujet.

TimotheyFuseeTimothey Fusée est un petit garçon. Il aime les expressions désuètes, n’aime pas voir les gens s’embrasser sur la bouche et, surtout, il a des super pouvoirs. Il a une grande sœur qui adore plier des choses, consoler son petit frère, qui se réjouit quand il est heureux et qui ne se met jamais en colère, bref une peste ! Il a aussi un petit frère fan de pots et de pompiers. Quand il sera grand, Timothey Fusée sera joueur de foot, inventeur et cuisinier, mais pour l’instant c’est un petit garçon qui ne prend jamais le métro par peur des zombies, ne passe jamais d’une couleur de trottoir à l’autre sans faire un saut, ne mange jamais d’aliments qui contiennent des œufs (par peur d’un morceau de coquille). D’après certains, c’est un enfant compliqué.

C’est grâce à Amanda Sthers que nous pouvons lire l’histoire de Timothey Fusée, elle a trouvé son carnet secret à l’entrée d’un métro de New York, a demandé à Ronan Badel de colorier les dessins de Timothey et Nathan a publié tout ça (pas très sympa, il avait pourtant demandé à ce que ce carnet reste secret !). Un joli carnet avec une couverture à tranche à vif et un élastique pour le fermer. Ça se lit comme un roman illustré, c’est drôle, plein de fantaisie, ça parle donc d’affronter sa peur (Timothey va devoir prendre le métro malgré sa peur des zombies), d’amitié, d’amour. Un GROS point négatif toutefois, qui a failli faire que je ne le chronique pas, c’est qu’en début d’ouvrage on nous dit par qui est habillé un des personnages du livre, petite pub en passant… placement de produits dans un livre pour enfant… je trouve ça tout simplement hallucinant ! Mais j’ai pris tellement de plaisir à lire cette histoire, ma fille l’a tellement aimé, et les illustrations de Ronan Badel sont tellement chouettes que j’ai décidé d’outrepasser ce gros défaut (mais je ne pouvais pas passer ça sous silence). Un roman jeunes lecteurs (qu’on peut aussi lire aux plus jeunes, c’est ce que j’ai fait avec ma fille de six ans) pour oser affronter ses peurs.

La reine de la nuitChacun ses peurs, pour certains ce sont les araignées, pour d’autres le noir, pour Félix, onze ans, ce sont les ciels étoilés. Impossible pour lui de regarder par la fenêtre la nuit. Il n’est pas le seul à avoir des peurs irrationnelles, son père a peur du vide, sa mère de se noyer et sa grand-mère est même gérascophobe ! Comprenez qu’elle a peur de vieillir. Pourtant elle vieillit cette grand-mère, les parents de Félix s’en rendent compte et en font même un peu trop. Pourtant certains évènements vont peut-être leur donner raison… Un évènement qui va même faire que Félix va devoir affronter ses propres peurs…

La reine de la nuit c’est un très joli petit roman signé Benoît Broyart. Un roman dont on n’a pas forcément la clef… La grand-mère de Félix perd-elle la tête ou est-elle drôlement maline et sait quoi faire pour faire que son petit-fils affronte ses peurs ? Donc au choix une histoire sur la sénilité des personnes âgées traitée avec beaucoup de finesse, de pudeur OU une histoire pleine d’humour sur une drôle de mamie. Dans les deux cas, c’est un très beau roman qu’on prend beaucoup de plaisir à lire.

Tu veux jouer avec moi ?Au numéro 1 de l’allée des bambous vivait un panda qui rêvait d’oser aller voir sa voisine, Pandora. Au numéro 2 de l’allée des bambous vivait Pandora, qui aurait beaucoup aimé parler à son voisin. Ces deux-là s’ennuient chacun de leur côté, mais leur timidité les bloque… Que faire ?

Sorti dans la collection Premières lectures de chez Folio Cadet, voilà un très joli petit roman sur la timidité, la peur d’aller vers l’autre. Ce n’est pas facile de faire de la bascule quand il n’y a personne de l’autre côté, à qui envoyer le ballon quand on joue seul ? Ces deux-là vont trouver la vie bien plus sympa quand ils auront enfin osé se parler. Un roman premières lectures pour parler de surmonter sa timidité.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Amanda Sthers (Le poisson perroquet), Ronan Badel (La bonne humeur de Loup GrisDragons père et fils, Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé) et Benoît Broyart (Auprès de mon arbre, La bouche de l’ogre, Les caprices de Mélisse, Vers un monde alternatif ? et Magie noire). Retrouvez aussi notre interview de Ronan Badel,.

Le carnet secret de Timothey Fusée
Trouvé par Amanda Sthers, colorié par Ronan Badel
Nathan
14,90 €, 180×235 mm, 64 pages, imprimé en Chine, 2013.
La reine de la nuit
Texte de Benoît Broyart
Oskar Éditeur dans la collection Court MÉ-trage
5 €, 115×170 mm, 75 pages, imprimé en Europe, 2013.
Tu veux jouer avec moi ?
Texte de Julia Jarman (traduit par Vanessa Rubio-Barreau), illustré par Susan Varley
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Cadet
4,90 €, 142×190 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

À part ça ?

Il y a le Festival de Cannes… et il y a le Festival de scan !

Gabriel

You Might Also Like

Les invités du mercredi : Juliette Grégoire, Benoît Broyart, Matthieu Maudet et Manon Jaillet (+ concours)

Par 18 décembre 2013 Les invités du mercredi

Il y a des éditeurs qu’on remarque plus que d’autres. Soit parce qu’ils ont un catalogue à part, soit parce que leurs titres sont d’une qualité constante, soit parce qu’ils sont particulièrement sympathiques… Juliette Grégoire des éditions L’initiale fait partie des trois catégories ! À Montreuil j’ai eu encore l’occasion de voir, en regardant les livres sur son stand, à quel point elle fait partie des éditrices exigeantes, qui ne sort pas des livres pour faire du chiffre, mais vraiment par amour des livres et de la littérature. J’ai eu l’occasion une nouvelle fois de me rendre compte à quel point elle était sympathique et drôle. J’avais envie de vous la présenter aujourd’hui. À la suite de l’interview, je vous proposerai de tenter de gagner un de ses albums. Ensuite nous reviendrons sur un album fort de ces dernières semaines, Auprès de mon arbre, magnifique album dans lequel on trouve des dessins d’arbres d’un collectif d’illustrateurs à partir desquels Benoît Broyart a écrit des textes. Lui, l’éditrice du livre (Manon Jaillet des éditions La maison est en carton) et un des illustrateurs (Matthieu Maudet) nous parleront de ce projet original. C’est encore un bien beau mercredi, non ?


L’interview du mercredi : Juliette Grégoire

Juliette GrégoireQuel a été votre parcours personnel ?
Je suis née dans une famille d’artistes. J’ai fait des études de philo. Ces « environnements » continuent à me nourrir ! Je suis attentive au fond et à la forme des albums que je publie. Le sens vient en premier, le visuel doit le prolonger, introduire des perturbations, voire le contredire… mais toujours fabriquer du sens.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Je me souviens encore de ma stupéfaction le jour où on m’a offert Le petit chaperon rouge de Warja Lavater. Je devais avoir 6 ans. Je ne m’en suis pas remise !
À l’adolescence, je me suis jetée dans la philo éperdument. Je voulais savoir. À ce moment-là, je pensais y trouver des réponses. Bon finalement j’y ai trouvé des outils : les mots. C’est pas si mal.

Vous avez une belle maison d’édition, MoustachesL’initiale, qui propose vraiment des livres différents, originaux. Comment est née cette aventure ? Quelle est la ligne éditoriale ?
Merci pour le compliment ! L’idée s’est construite avec des rencontres : Caroline Dalla notamment. Illustratrice, elle avait publié au Rouergue et chez Glénat après ses études aux Arts déco de Strasbourg. Elle était ma copine ! (Elle l’est toujours !) On a eu envie d’essayer. La maison a été créée en 2008. J’avais 40 ans. C’était le moment !
L’idée était de contribuer à donner des outils aux enfants : une sorte d’initiation (d’où L’initiale) aux grandes questions des tout petits : Qu’est-ce qu’on fait dans la vie ? Quand est-ce qu’il revient le chat qui est mort ? C’est quand qu’on est grand ? Autant de questions que mes enfants m’ont posés et auxquelles je n’ai pas su répondre sur le moment. Nous voulions que le livre soit le prétexte pour discuter, poser les questions et les reposer encore autrement. Qu’est-ce qu’on fait dans la vie ?  et C’est quand qu’on est grand ? sont devenus des albums.
mes vacances d étéAvec le temps nous avons eu envie d’autres perspectives. La collection l’Utile est née en 2010, pour envisager différemment les apprentissages. La collection l’Agréable est née en 2012, pour se moquer un peu de tout ce sérieux !
Aujourd’hui ça fait 30 albums. Bon, on avance…

Sur votre site, vous précisez aux auteurs qui enverraient des projets « Attention : Bien que nous le regrettions parfois, nous ne publions pas d’histoires dont les héros sont des animaux, des fées, des princesses… », pourquoi tant de haine envers les animaux, les fées ou les princesses ?
Oups, point de haine, je te rassure. Juste le besoin d’affirmer notre identité humaniste, clairement, sans baguette magique. Le fait de travailler sur l’humain n’enlève pas le second degré et puis : ça calme les auteurs d’histoires de lapins roses…

Votre site a aussi une particularité, vous proposez d’y lire les albums en intégralité, chose extrêmement rare, pourquoi ce choix ?
Les livres jeunesse sont généralement les seuls qu’on parcourt, ou qu’on lit entièrement, avant de les acheter. Ça me paraissait bien d’offrir la possibilité de découvrir des titres anciens qui ne sont plus en librairie. On peut ainsi les feuilleter intégralement en ligne (il suffit de cliquer sur les visuels de couvertures) mais pas les télécharger, ni les imprimer ! Et enfin les commander à son libraire préféré.

C'est ferméQuel regard portez-vous sur la littérature jeunesse actuelle ?
Je suis émerveillée par les créations de qualité des petits éditeurs jeunesse. Voilà des gens qui prennent souvent des risques, qui assument des points de vue, qui osent des illustrateurs… bref qui font leur métier avec passion !

Quelles sont les merveilles que vous éditerez prochainement ?
À paraître en mars 2014 : Petites perles au cochon de Pierre Levée (dans la collection l’Agréable) et Mes recettes de cueillettes d’Emilie Alenda (dans la collection l’Utile).
À paraître en octobre 2014 : Le chemin d’Antonin de Catherine Leblanc, illustré par Audrey Pannuti et Le garçon qui voulait se déguiser en reine d’Elsa Valentin, illustré par Sandra Desmazières.
Ces 2 albums s’inscrivent dans la ligne originelle de L’Initiale : Philo et citoyenneté.

Bibliographie sélective :

  • Moustaches, texte de Duval MC illustré par Caroline Dalla (2013).
  • Drôle de bonhomme, texte de Catherine Leblanc illustré par Christophe Alline (2013).
  • Mes vacances d’été, d’Isabelle Simon (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Toujours debout, texte de Rémi Courgeon illustré par Isabelle Simon (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Pour de vrai pour de faux, texte d’Anne-Marie Abitan illustré par Lele Sa’n (2012).
  • Grand monsieur et petit papa, de Thomas Azuélos (2012).
  • C’est fermé, texte de Duval MC illustré par Caroline Dalla (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Léon, le collectionneur de collections, de Jessica Lisse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Abécédaire, de Caroline Dalla, (2010), que nous avons chroniqué ici.
  • Fille Garçon de Lele Sa’n (2009), que nous avons chroniqué ici.
  • Dieu à la cantine, texte de Laurent Sauval, illustré par Caroline Dalla (2009), que nous avons chroniqué ici.

Drôle de bonhommeComme je vous le disais avant cette interview, grâce aux éditions L’initiale, je vais faire un chanceux parmi vous ! L’un de vous gagnera l’album de Catherine Leblanc et Christophe Alline Drôle de bonhomme, un livre qui joue avec beaucoup d’intelligence avec les expressions françaises (que vous pouvez consulter en cliquant sur la couverture sur cette page). Pour participer, dites-moi, en commentaire, si vous faites attention aux éditeurs quand vous achetez un livre, si c’est un paramètre qui entre en jeu dans vos choix. Comme le blog part en vacances pendant les fêtes, vous avez jusqu’à lundi 6 janvier 10 h. Bonne chance à tous !


Parlez-moi de… Auprès de mon arbre

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci c’est sur Auprès de mon arbre (chroniqué ici), signé Benoît Broyart et un collectif d’illustrateurs sorti chez La maison est en carton que j’ai eu envie de revenir.

 © Yvon Boëlle

© Yvon Boëlle

Benoît Broyart (auteur) :
J’ai rencontré Manon Jaillet de La maison est en carton en mars 2011, lors d’un salon jeunesse près de Reims, à Cormontreuil. Très sympathique salon d’ailleurs. Elle venait de faire un livre avec Thomas Scotto, Dans ma maison. Thomas avait écrit 76 textes à partir de 76 images représentant des maisons. Assez rapidement, lors d’une discussion de fin de soirée au café, devant une bière, nous avons évoqué notre sensibilité commune pour l’environnement, l’écologie, la poésie. On partait d’un constat aussi. Souvent, les ouvrages proposés sur le sujet étaient laids ou moralisateurs. Enfin pas à notre goût. Progressivement est donc venue cette idée de reprendre le même principe que celui des maisons, mais cette fois, autour du thème de l’arbre et de la nature.
Nous nous sommes quittés avec cette envie partagée de faire un livre bientôt ensemble. Des mois sont passés et au printemps dernier, Manon m’a recontacté pour lancer le projet en vrai. J’aime travailler comme ça et je suis très sensible à la parole donnée. Manon a demandé à un certain nombre d’illustratrices et d’illustrateurs de son réseau de créer une image pour Auprès de mon arbre. Et assez naturellement, les arbres ont commencé à arriver chez Manon puis chez moi. C’était très émouvant.
Tout l’été, j’ai reçu quelques arbres par semaine dans ma boîte mail. Comme des cadeaux. J’étais touché par la confiance que me témoignaient l’éditrice et les illustratrices et illustrateurs participants.
Chaque fois, j’ai tenté d’entrer dans l’univers proposé en créant un fragment, un poème, un début d’histoire. Des textes courts, des voix différentes. C’est extrêmement excitant. Et puisque les images variaient énormément, proposant des visions différentes de l’arbre, j’ai essayé de travailler moi aussi autour de la diversité. Tons, formes, etc.
Le résultat va encore au-delà de mes attentes. Manon est une éditrice exigeante qui fait peu de livres. Chacun est très soigné. Format, papier, qualité de l’impression. Pour ce livre, je suis un auteur plus que comblé.
Le blog de Benoît Broyart.

La maison est en cartonManon Jaillet (éditrice) :
Pour raconter la naissance de Auprès de mon arbre, je dois dire quelque mots du livre Dans ma maison de Thomas Scotto. C’est en effet, avec lui que nous avons fait naître ce principe d’ouvrage. À La Maison est en carton, nous publions des tirages d’art d’images inédites d’illustrateurs et à chaque fois qu’ils réalisent cette image, nous leur demandons de dessiner une petite maison pour faire un document de communication et illustrer leur fiche bio-biblio sur le site. Un jour, j’ai montré cette ville de maisons d’illustrateurs à Thomas Scotto et son envie d’écrire pour tous ces artistes sur toutes ces maisons, nous a donné l’idée de cet ouvrage. Cette expérience, écrire à partir des images, n’est pas si fréquente pour les auteurs dans les publications actuelles.
Avec Benoît, nous nous sommes rencontrés lors d’un salon (Cormontreuil), dans sa ville d’enfance, à Reims. Rapidement, nous nous sommes rendus compte que nous partagions de nombreux points de vue sur la société et la nature en particulier. C’est à ce moment que l’idée d’un ouvrage autour des arbres est né. Le temps a passé et ce printemps, j’ai lancé un appel aux illustrateurs avec qui nous travaillons et à d’autres aussi. 76 ont répondu présents et même plusieurs illustrateurs que je ne connaissais pas, qui avaient eu vent de cet ouvrage, ont envoyé leur arbre et nous les avons retenus. Benoît a reçu les images au fur et à mesure de leur arrivée et a écrit les textes. C’est amusant, sur ses premiers textes, j’ai dû lui dire des choses que l’on dit d’ordinaire aux illustrateurs. Attention, de ne pas raconter ce qui est dit dans les images. Oui, l’auteur se trouve dans cet exercice d’écriture, illustrateur en mots. L’ouvrage s’est construit petit à petit, au fil de l’arrivée des arbres dans nos boîtes mail. Chaque nouvel envoi des mots de Benoît était un moment jubilatoire pour moi. J’ai pris le parti de ne pas montrer le texte qui accompagne leur arbre aux illustrateurs, ils les ont découverts en même temps que le livre. Certains sont tellement touchés qu’ils ont l’envie de construire d’autres projets avec Benoît ici, avec Thomas pour le précédent.
À ce collectif d’illustrateurs, vient s’ajouter aussi un collectif de souscripteurs. En effet, nous avons eu un imprévu financier qui a généré une fragilité économique. Raisonnablement, nous devions décaler la publication. Difficile décision alors que tout été prêt et que nous travaillions dessus depuis environ 6 mois. Nous avons donc proposé un financement participatif avec pré-achat et nous avons été très suivi. Le livre a pu paraître comme prévu au moment du salon de Montreuil.
Ce livre est aussi une belle aventure humaine et je remercie très chaleureusement Benoît Broyart, les illustrateurs/trices, les souscripteurs, le CNL et tous ceux qui nous ont fait confiance et ont contribué de près ou de loin à cet ouvrage.
Le site de La maison est en carton.

matthieu maudetMatthieu Maudet (un des illustrateurs) :
Bon, pour mon arbre, c’est assez simple ou pas franchement..
Les libraires de M’lire à Laval avaient lancé la plantation d’une forêt mayennaise sur internet http://laforetmayennaise.tumblr.com. Alors j’avais envoyé un de mes arbres, celui où un mammouth (échappé d’un frigo) va trouver refuge https://www.facebook.com/Mlire/posts/477829575626029. Benoît Broyart que je connais depuis quelque temps à force de le croiser dans notre petite Bretagne tombe dessus et le montre à Manon, qui l’a trouvé très chouette. Moi j’étais super content. J’appréciais beaucoup ce que j’avais pu voir de La maison est en carton, j’avais presque pleuré de ne pas être dans le premier recueil avec les maisons. Mais là, problème, mon arbre était planté dans un autre livre, alors j’en ai refait un autre, un clin d’œil au premier avec un animal perché au milieu des feuille.
J’ai découvert le texte de Benoît à Montreuil, directement dans le livre, quel plaisir, quel cadeau. Merci à tout les deux de m’avoir fait une petite place dans cette belle forêt !
Le blog de Matthieu Maudet.

Auprès de mon arbre

Auprès de mon arbre
Texte de Benoît Broyart
Illustré par un collectif
Sorti chez La maison est en carton
2013
Chroniqué ici.

 

You Might Also Like

Un texte d’après l’image

Par 12 décembre 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui deux ouvrages particuliers, deux livres où les auteurs ont écrit d’après des images.

Les chroniques Harris BurdickUn jeune joueur de base ball qui entend un match pendant son sommeil, un homme qui n’aurait jamais dû cacher un mouton de poussière sous un tapis, deux enfants qui vont s’inventer une sœur, un paquebot dans les canaux de Venise qui ramène un escroc, une draisine et des rails qui mènent vers la mer, un auteur jeunesse qui vit avec ses personnages, un magicien qui enferme deux sœurs dans une bulle, un livre qu’une jeune fille aurait dû ne pas lire, des bébés qui volent, une enfant prisonnière de sa tante, un garçon qui va découvrir que le monde n’est pas tel qu’il le croit, un mort qui vient chaque jour acheter son beignet, une jeune fille qui allait faire avancer la science grâce à des chenilles douées d’écriture et du métal qui pousse dans une maison… bienvenue dans Les chroniques d’Harris Burdick

Un écrivain, Harris Burdick, s’est présenté un jour chez un éditeur avec quatorze images étranges, légendées d’un texte surprenant. L’éditeur a été tout de suite séduit et a voulu voir le reste. Ravi, l’auteur a proposé de revenir dès le lendemain avec les nouvelles qui allaient avec ces images. Il n’est jamais revenu… Trente ans plus tard, quatorze auteurs (Louis Sachar, Chris Van Allsburg, Sherman Alexie, Stephen King, Lois Lowry…) ont imagé un texte d’après ces images. Quatorze nouvelles où l’on oscille entre le fantastique et l’onirique, où l’on semble basculer régulièrement dans la quatrième dimension. Mondes parallèles ou imagination débordante des enfants ? Y a-t-il vraiment des monstres nés de la poussière sous le tapis, des oiseaux qui se décollent du papier peint et des fantômes mangeurs de beignets ? Ces enfants ont-ils vraiment réussi à se débarrasser d’adultes gênants, à voler ou à déjouer le fil du temps ? Le monde autour d’eux existe-t-il réellement ? Quatorze nouvelles passionnantes, captivantes, déroutantes, parfois même inquiétantes… qui laissent une belle part à l’imagination, à l’imaginaire. Entrez dans un monde étrange… celui des chroniques d’Harris Burdick.

Auprès de mon arbreUn arbre qui parle, un autre qui cache des chats, une forêt qui a soif, un baobab qui se préparait à voyager, un bûcheron qui demandait pardon, un enfant emprisonné par des racines et bien d’autres encore.

C’est un magnifique ouvrage que viennent de sortir les éditions La maison est en carton. Manon Jaillet, l’éditrice de cette maison, a demandé à des illustrateurs de dessiner un arbre (il y en a, rassemblés ici, soixante-dix-sept), puis Benoît Broyart a écrit un petit texte à partir de l’image. Chaque fois de l’image est né le texte, un texte court, souvent poétique, parfois drôle, parfois dur. Un petit livre à l’édition soignée (beau papier, couverture à rabats) qu’on ouvre au hasard ou qu’on feuillette. Un livre qui montre aussi (s’il en était besoin) l’étendue de talents que l’on trouve aujourd’hui dans l’illustration. Car, en dehors des très beaux textes de Benoît Broyart, Auprès de mon arbre est aussi une sorte de petit livre d’art, où se mêlent des univers différents (Géraldine Alibeu, Janik Coat, Antoine Guilloppé, Cécile Hudrisier, Martin Jarrie, Aurore Petit, Rémi Saillard, Csil, Manon Gauthier, Delphine Durand, Matthieu Maudet…) pour le plus grand plaisir des yeux. Un très beau cadeau (à offrir ou à s’offrir) pour tous les amoureux des arbres, de l’illustration ou pour les rêveurs tout simplement.
Liste des illustrateurs sur le site de La maison est en carton.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs livres de Benoît Broyart (La bouche de l’ogre, Les caprices de Mélisse, Vers un monde alternatif ? et Magie noire).

Les chroniques d’Harris Burdick
de Collectif (traduit par Diane Ménard)
L’école des loisirs
17,50€, 150×220 mm, 310 pages, lieu d’impression non indiqué, 2013.
Auprès de mon arbre
Textes de Benoît Broyart, illustré par un collectif
La maison est en carton
16€, 120×150 mm, 160 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

A part ça ?

Quand nos enfants nous font honte…

Gabriel

You Might Also Like

Quelques romans pour les jeunes lecteurs

Par 30 mai 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui une petite sélection de romans pour les enfants qui commencent à lire.

Chien pourri Chien Pourri est moche et pue, il se ballade avec son escorte de mouches et de puces, il ressemble à une vieille serpillère (en plus odorant) et il vit dans une poubelle… ah j’oubliais… en plus il n’est pas très futé ! Un jour, alors qu’il discute avec Chaplapla (son ami félin passé sous les roues d’un camion à trois mois), il décide que ce qu’il lui manque c’est un maître ! Le voilà parti pour de sacrées aventures dans lesquelles son aspect lui sera utile.

Je ne sais pas vous, mais moi rien que le titre Chien pourri m’éclate ! Et je n’ai pas été déçu du reste. Colas Gutman qui m’avait fait ricaner avec l’excellent Les inséparables nous narre l’histoire d’un chien aussi « naïf que moche, et tu es très moche ! » (Comme le dit si bien Chaplapla). C’est vraiment très drôle, complètement décalé. Chien pourri n’a rien pour plaire mais ses aventures si ! On attend avec impatience la suite !

Le chat beautéQuand Jérôme, son maître, s’embrouille avec la voisine c’est sur le chat Pitre que tout retombe ! Faut dire que la voisine a un chat qui est une vraie bête à concours et Jérôme a décidé qu’au prochain concours de beauté son chat à lui allait gagner le premier prix, écraser celui de la voisine… alors Pitre doit tout subir, du toilettage au régime ! Mais gagnera-t-il vraiment ?

Beaucoup d’humour dans ce petit roman de Florence Hinckel. Alors bien entendu les « propriétaires » de chats reconnaîtront bien le si bon caractère de leur animal à travers le comportement et les pensées de Pitre. En dehors des jeux de mots avec le mot chat, pas forcément utiles et pas super originaux, Le chat beauté est un petit roman original, drôle et bien écrit.

Feriel prisonnier du NoirBientôt l’anniversaire de Fériel et de son frère jumeau et la petite fille lui a promis qu’ils le passeraient ensemble ! Pas facile quand le frère en question vit au pays des morts. Mais qui ne tente rien n’a rien ! Il va falloir faire preuve de malice pour ne pas se faire avoir par les gardiens du Noir.

J’avoue avoir été décontenancé par cette histoire de petite fille qui rend visite à son frère (un peu décomposé quand même…) au royaume des morts signée Eric Sanvoisin. Un peu sceptique… mais si vos enfants aiment les histoires de morts, c’est un petit roman plutôt drôle, avec une bonne intrigue et de très jolies illustrations. C’est un roman qui fait partie d’une série mais qui se lit indépendamment sans souci.

Les aventures de Victor Bigboum Jupiter est amoureuxVictor se rend sur la planète-parc avec son groglou (une sorte de monstre gentil entre Casimir et Sulli, de monstres de compagnie). Pour ce dernier c’est la première fois qu’il parcourt ce lieu où se croisent Fusées tamponneuses et Toboggans atomiques… imaginez son excitation ! Mais ce qui intéresse le plus le groglou c’est l’Étoile de l’Enfer, seulement Victor est terrifié par ce manège très haut et très rapide. La rencontre avec une jolie petite fille et sa charmante grogloute va certainement changer le comportement de nos deux héros…

Beaucoup d’humour également dans ce petit roman signé Bertrand Fichou et illustré par Éric Gasté. Il est question de courage, d’entraide et d’épater les filles ! Une histoire très originale qui devrait beaucoup plaire aux enfants amoureux… et aux autres !

mes dents, mes copains et moiPour Mattéo, six ans, c’est la honte… il a toutes ses dents ! Tous ses copains ont des sourires de vampires et lui doit arborer ces honteuses dents de lait comme s’il était un bébé… Mattéo n’en peut plus, il faut trouver une solution ! Aidé de son amie Lilas, il va tenter des expériences assez… extrêmes !

Ici encore on sourit des aventures de ce petit garçon qui voudrait être comme les autres, ne pas paraître plus petit. On rit de ses expériences (manger des biscottes violemment, accrocher sa dent à une porte et attendre que quelqu’un ouvre…) qui sont toujours vaines (forcément quand la porte s’ouvre vers l’intérieur…). Un texte plein de malice avec de très jolies illustrations (signées Aurélien Débat).

Mon copain bizarreBrice est un enfant… étrange ! Des cheveux qui brillent, une arrivée dans le village particulière (il a été trouvé sur une colline)  et des talents assez surprenants ! Brice, vous vous en doutez, est un peu la cible des quolibets mais il peut compter sur son ami Mathieu avec qui il vit une belle histoire d’amitié.

Un très joli petit roman sur l’amitié, sur les différences. Une histoire pleine d’humour et de poésie avec un brin de fantastique. Le très beau texte de Jean Guilloré est mis en image avec beaucoup de talent et de poésie par Serge Bloch. Un de mes romans préférés de cette sélection, tant pour son histoire que pour la qualité de ses illustrations.

La bouche de l'ogreComme tous les samedis Nathan sort chercher le pain, faut dire que son père n’aime pas prendre de repas sans sa baguette craquante et Nathan fait tout pour éviter de contrarier ce père qui hurle tout le temps depuis qu’il n’a plus de travail. Le petit garçon a l’habitude du chemin de la boulangerie pourtant aujourd’hui il se perd et s’il n’était pas recueilli par une dame, il dormirait dehors… Cette grosse femme semble tellement gentille… mais si ça cachait quelque chose ?

C’est un très beau texte (superbement illustré par Donatien Mary) que signe Benoît Broyart. Une sorte de conte contemporain (on pense notamment au Petit poucet : petit garçon égaré, ogre, précarité des parents,…) où l’on parlerai du chômage. Une histoire du quotidien qui bascule dans le fantastique. Un texte très fort, assez troublant qui, à l’image de la couverture du livre, fait un peu peur. On peut voir des métaphores dans certaines des situations, certains personnages, c’est typiquement le genre de livre qu’on ne referme pas comme ça… Le livre lui-même, en tant qu’objet, est très beau. Un texte assez noir écrit par une très bonne plume de la littérature jeunesse.

Les caprices de MélisseLa princesse Mélisse s’ennuie, et vous savez comment sont les princesses dans ces cas-là, elles veulent être diverties ! Et là ce dont Mélisse a envie c’est d’avoir peur, qu’on lui fiche la trouille, la frousse. Le roi convoque ses sujets, il faut trouver comment provoquer une peur bleue à la petite fille.

On reste avec Benoît Broyart et on parle encore de la peur ! Mais ici c’est un roman beaucoup plus léger, avec de l’humour. Et même si ce sont vraiment deux univers différents, les illustrations d’Elsa Fouquier sont également très belles. On parle donc de la peur mais aussi des caprices (vous l’aurez compris). Les enfants adorent avoir peur mais il y a une chose qu’ils aiment encore plus… vous ne savez pas quoi ? Lisez le très joli Les caprices de Mélisse !

Le zoo des légumesSara a décidé : elle sera végétarienne ! Il faut sauver ces animaux qui finissent dans nos assiettes. Pourtant quand elle en parle avec sa grand-mère celle-ci lui explique que les légumes étaient aussi des animaux avant. Sara va donc faire un zoo pour protéger ses légumes et, quitte à supporter les moqueries, elle va même aller jusqu’à amener son aubergine à l’école.

Le départ est assez crispant pour un végétarien, ce qui est mon cas. Quel végétarien n’a pas entendu cette phrase idiote « non mais les légumes aussi ça souffre ! ». Mais très vite on pardonne à Martin Page ce petit hic, car son texte est extrêmement poétique et tellement bien écrit (ce n’est pas non plus une nouveauté que Martin Page écrit bien…). C’est un roman fin, délicat sur l’imaginaire des enfants et sur la temporalité des choses et des gens, la « non éternité ». On parle des choses qui se fanent, des gens qui partent. Un texte magnifique.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Colas Gutman (Les inséparables), Joëlle Passeron (Un perroquet nommé Rocco), Marc Boutavant (Bogueugueu est amoureux), Éric Gasté (Le petit Poucet), Serge Bloch (Les contes de la Folie Méricourt), Benoît Broyart (Vers un monde alternatif ? et Magie noire), Elsa Fouquier (Gym et comptines pour les petits) et Sandrine Bonini (Petits contes des 1001 nuits).
Une autre chronique avec des livres pour les premiers lecteurs ici et généralement sous le tag grenouille.

Chien Pourri
de Colas Gutman, illustré par Marc Boutavant
L’école des loisirs dans la collection Mouche
8€, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2013
Le chat Beauté
de Florence Hinckel, illustré par Joëlle Passeron
Nathan
5€, 120×180 mm, 80 pages, imprimé en France, 2013.
Fériel : Prisonnier du noir
de Éric Sanvoisin, illustré par Gaëlle Duhazé
Nathan dans la collection Premiers romans
5,60€, 140×185 mm, 48 pages, imprimé en France, 2013.
Les aventures de Victor BigBoum : Jupiter est amoureux
de Bertrand Fichou, illustré par Éric Gasté
Bayard Poche dans la collection Mes premiers j’aime lire
5,50€, 145×190 mm, 30 pages, imprimé en France, 2013.
Mes dents, mes copains et moi
de Karine Dupont-Belrhali, illustré par Aurélien Débat
Bayard Poche dans la collection Mes premiers j’aime lire
5,50€, 145×190 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013.
Mon copain bizarre
de Jean Guilloré, illustré par Serge Bloch
Bayard Poche dans la collection J’aime lire
5,20€, 125×180 mm, 48 pages, imprimé en France, 2013.
La bouche de l’ogre
de Benoît Broyart, illustré par Donatien Mary
Oskar éditeur dans la collection Trimestre
14,95€, 165×230 mm, 45 pages, imprimé en Europe, 2013.
Les caprices de Mélisse
de Benoît Broyart, illustré par Elsa Fouquier
Milan dans la collection Milan Poche Benjamin
4,99€, 133×180 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013.
Le zoo des légumes
de Martin Page, illustré par Sandrine Bonini
L’école des loisirs dans la collection Neuf
8€, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

L’inconvénient d’être féministe en librairie jeunesse, un super bon article.

Gabriel

You Might Also Like

Secured By miniOrange