La mare aux mots
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Bertrand Dubois

De très beaux albums

Par 21 décembre 2017 Livres Jeunesse

Pour ma dernière chronique de l’année, je vous propose des merveilles. Noël est tout proche, j’ai sélectionné de beaux albums. Cette chronique arrive un peu tard (mais la grande majorité d’entre eux étaient dans le webzine), mais elle vous donnera peut-être des idées de cadeaux de dernière minute ou tout simplement parce que finalement, Noël ce n’est pas forcément toujours le 25 décembre !

La Mésaventure
d’Iwona Chmielewska (traduit par Lydia Waleryszak)
Format
16,90 €, 218×275 mm, 60 pages, imprimé en Pologne, 2016.
Lignes
de Suzy Lee
Les Grandes Personnes
14 €, 215×280 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2017.
Promenons-nous dans les mois
d’IK & SK
Père Castor
15 €, 190×255 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017.
Giselle
de Charlotte Gastaut, d’après Théophile Gautier et Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges
Amaterra
24,50 €, 298×330 mm,44 pages, imprimé en Chine, 2017.
Le prince Sauvage et la renarde
Texte de Jean-Philippe Arrou-Vignod, illustré par Jean-Claude Götting
Gallimard Jeunesse
16 €, 270×333 mm, 48 pages, imprimé en Espagne, 2017.
Mes petites roues
de Sébastien Pelon
Père Castor
14 €, 300×260 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017.
Le nez de Cyrano
Texte de Géraldine Maincent, d’après Edmond Rostant, illustré par Thomas Baas
Père Castor
14 €, 210×340 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2017.
Princesse Souris
Texte de France Quatromme, illustré par Violaine Costa
Circonflexe dans la collection Albums Circonflexe
15 €, 265×340 mm, 32 pages, imprimé en Pologne, 2017.
Pleine Neige
d’Antoine Guilloppé
Gautier-Languereau
19,95 €, 298×325 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2017.
Petit jardin de poésie
Textes de Robert Louis Stevenson (traduits par Christian Demilly), illustrés par Ilya Green
Grasset Jeunesse dans la collection La Collection
19,90 €, 242×312 mm, 32 pages, imprimé en Espagne, 2017.
La patience du héron
Texte d’Érik L’Homme, illustré par Lorène Bihorel
Gallimard Jeunesse
15,90 €, 290×200 mm, 48 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
La Princesse aux mille et une perles
Texte de Ghislaine Roman, illustré par Bertrand Dubois
De La Martinière Jeunesse
16 €, 273×385 mm, 32 pages, imprimé au Portugal, 2017.
Björn et le vaste monde
de Delphine Perret
Les fourmis rouges
12,50 €, 210×150 mm, 64 pages, imprimé en Italie, 2017.
Les Belles
Textes de Fabienne Morel et Gilles Bizouerne, illustré par Charlotte Gastaut, Delphine Jacquot et Peggy Nille
Syros dans la collection le tour du monde d’un conte
21,90 €, 180×229 mm, 286 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Contes de Grimm
Textes des frères Grimm, illustrés par Arthur Rackham
BNF éditions
29 €, 220×270 mm, 192 pages, imprimé en Belgique, 2017.
Le secret du nom et autres contes
Textes de Muriel Bloch, illustrés par Margaux Othats
Gallimard Jeunesse Giboulées
18 €, 205×265 mm, 128 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2017.

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Enfants d’ici ou d’ailleurs [article en accès libre]

Par 30 novembre 2017 Livres Jeunesse

Ils et elles ont vraiment existé, ou auraient pu. Ces enfants vivent parfois dans un pays en guerre, parfois près de nous. Parfois, en exil ou juste en voyage.

 Le héros n’est pas un enfant, c’est un ourson. Un ourson qui a vécu tout près d’un jeune Hollandais qui s’appelait Fred, un ourson qui a voyagé avec lui, qui s’est caché avec lui, qui a traversé le temps. Il ne l’a quitté que bien plus tard, pour s’installer dans un musée.
Cet ourson existe, tout comme son propriétaire, il est exposé à Yad Vashem, mémorial dédié aux victimes juives de la Shoah. Fred, quant à lui, est maintenant un vieux monsieur. À travers l’histoire de son ours c’est son histoire à lui que l’on suit, un enfant comme tant d’autres qui a dû porter une étoile jaune, fuir, se cacher. Si le sujet est dur, le livre, tout en ne cachant pas les choses, est à portée d’enfant et ne va pas les choquer, il rappelle juste des situations qui se sont passées dans une époque pas si lointaine. Le livre est un bel ouvrage avec de magnifiques illustrations et un beau papier. Adultes comme enfants seront ému·e·s de lire l’histoire de cet ours qui a été, pendant une période difficile, la seule chose qui restait à l’enfant de sa vie d’avant.
Un très bel album pour parler de la Shoah avec les enfants.

Recevoir un cadeau c’est toujours plaisant, alors être un cadeau soi-même… quelle joie ! Après avoir brûlé son village et emprisonné ses habitant·e·s, ils ont donc décidé que lui serait le cadeau, un cadeau pour la reine. Pour ça, il lui faudrait apprendre quelques phrases de français « Oui, ma Reine », « D’accord, ma Reine », « tout de suite, Votre Majesté ». Être un cadeau, c’est quelque chose de peu banal.
Thomas Scotto s’empare d’un sujet lourd (la colonisation) et en fait un album poétique et violent. Car si le texte est extrêmement beau, on se prend quand même en pleine figure la réalité de ces enfants devenus esclaves, de ces peuples déracinés qui ont tout perdu. L’album se termine par une note plus légère, un espoir et le rappel que dans chaque camp il y a des personnes bonnes.
Un album extrêmement fort pour parler de la colonisation et du déracinement.

À Kaboul vit Tamana. Dans la pièce aux vitres cassées où elle vit avec toute sa famille, elle rêve d’une maison où elle vivrait heureuse. Tamana aime l’école et s’y rend chaque jour avec plaisir, mais aujourd’hui c’est une sacrée surprise qui l’attend : elle a gagné un concours de dessin international et va partir à Paris pour recevoir son prix.
Ici encore, il s’agit d’une histoire vraie, celle d’une petite Afghane qui est venue à Paris suite à un concours de dessin. On découvrira tout d’abord sa vie là-bas, puis Paris à travers ses yeux. Si la peur s’installera parfois, c’est surtout l’étonnement qui dominera chez Tamana. L’étonnement de voir des statues dénudées, de voir de l’eau couler partout, mais aussi l’ascenseur ou la machine à laver. Il y aura aussi la peine, en voyant un homme dormir dans la rue sur des morceaux de carton. Le beau texte de Bénédicte Prats est mis en image par de superbes illustrations de Bertrand Dubois.
Un magnifique album sur la découverte de l’autre, et le respect de tous et toutes, d’où qu’ils ou elles viennent.

Talia a sept ans, elle est née au Soudan, mais elle a dû fuir. Prendre un camion, un bateau puis un autre bateau. Elle est arrivée en France, en route elle avait perdu de vue son frère et sa petite sœur était née. Quand Talia et sa famille se sont enfin posées, c’est dans le nord de la France au bord de la mer, dans un abri couvert de bâches bleues.
Autre album extrêmement fort, Chemin des dunes, sur la route de l’exil nous propose de suivre le voyage d’une petite fille de sept ans sur le long chemin qui va la mener de son pays qu’elle doit fuir, aux baraquements d’un camp d’hébergement. Si là encore le propos pourrait être lourd, il est rendu plus léger grâce aux belles illustrations de Nathalie Dieterlé et l’écriture de Colette Hus-David qui se met à hauteur d’enfant. Il y a du suspense (Talia retrouvera-t-elle son frère ?), des non-dits qui laissent chacun·e imaginer les choses (la famille de Naïma, qui a disparu un matin, a-t-elle réussi à traverser en Angleterre ?).
Un bien bel album sur les migrant·e·s.

La mer n’est pas loin, pourtant elle ne la voit pas. Entre la mer et elle, il y a le mur de béton qu’elle aime peindre avec Walid. Pourtant, un jour elle ira voir la mer, elle saura à quoi ressemble l’horizon.
France Quatromme raconte l’enfance en Palestine. La mer si proche et pourtant si loin, le mur de huit mètres, les checkpoints, le blocus. Avec un texte poétique et à hauteur d’enfant, elle fait passer énormément de choses. En fin d’ouvrage, une page documentaire signée par la présidente de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine nous permet d’en savoir plus et de mieux comprendre certaines choses que l’on a croisées dans l’album. Le texte est accompagné par de très belles illustrations d’Évelyne Mary. À noter que cet ouvrage a reçu le prix de l’Instruction René Devic lors de la dernière Comédie du livre.
Un bel ouvrage sur les enfants de Palestine.

Qui sont les migrant·e·s et les réfugié·e·s ? D’où viennent-ils·elles ? Pourquoi sont-ils·elles dans cette situation ? Que pouvons-nous faire pour eux·elles ?
Sorti chez Nathan, cet album documentaire (qui se lit finalement comme un album classique) nous apprend plein de choses sur les réfugié·e·s et les migrant·e·s. Avec des phrases simples et adaptées aux enfants, ce bel album saura répondre à leurs questions, avec justesse et sans tabous. On apprendra même ici ce qu’on peut faire pour être utile. Les illustrations colorées et pleines de douceur contribuent à rendre le livre attirant pour les enfants, alors qu’il traite d’un sujet pas facile.
Un documentaire qui parle avec délicatesse et justesse des réfugié·e·s et des migrant·e·s.

Sorti dans la même collection (et illustré par la même illustratrice), La pauvreté et la faim explique, là encore avec justesse, aux enfants ce que c’est qu’être pauvre et ce qui fait qu’on peut le devenir, quels problèmes cela engendre de l’être, qui sont ceux et celles qui aident les autres et comment faire pour aider. Là encore un documentaire particulièrement bien fait.

L’ourson de Fred
Texte d’Iris Argaman (traduit par Livia Parnes et Pierre-Emmanuel Dauzat), illustré par Avi Ofer
Chandeigne
14 €, 165×235 mm, 44 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017.
Kado
Texte de Thomas Scotto, illustré par Éric Battut
À pas de loups
17 €, 240×340 mm, 32 pages, imprimé en Belgique, 2017.
Le dessin de Tamana
Texte de Bénédicte Prats, illustré par Bertrand Dubois
Cépages dans la collection Racines du monde
15 €, 240×320 mm, 40 pages, lieu d’impression non indiqué, 2017.
Chemin des dunes, sur la route de l’exil
Texte de Colette Hus-David, illustré par Nathalie Dieterlé
Gautier Languereau
14 €, 270×240 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
On ira voir la mer
Texte de France Quatromme, illustré par Évelyne Mary
Lirabelle
15 € 225×225 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2015.
Les réfugiés et les migrants
Texte de Ceri Roberts (traduit par Christine Liabeuf), illustré par Hanane Kai
Nathan dans la collection Explique moi…
12,90 €, 230×230 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017.
La pauvreté et la faim
Texte de Louise Spilsbury (traduit par Christine Liabeuf), illustré par Hanane Kai
Nathan dans la collection Explique moi…
12,90 €, 230×230 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2017.

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La chronique numérique : Histoires en poudre

Par 19 juillet 2015 Livres numériques, Numérique

Histoires en poudreUne histoire, c’est un peu comme une recette de cuisine : une pincée de ci, une louche de ça, et encore un zeste de ci, et une histoire sort du chaudron. C’est d’ailleurs le point de départ du magnifique livre numérique que La Dentellière nous a concocté, Histoires en poudre. Cinq ingrédients nous sont proposés : un squelette, une petite magicienne, un dragon, une souris et un nuage soufflant du vent. Trois de ces ingrédients doivent être jetés dans un grand chaudron blanc. Et une histoire en sort. Dragon, nuage et squelette : voilà l’histoire du Château glacé. Tout en haut d’une montagne, dans le donjon d’un château solitaire, vit un pauvre dragon malheureux qui n’a personne à terrifier. Dans les souterrains du même château habite un squelette qui n’a plus goût à rien : à quoi bon se fatiguer puisqu’il n’y a personne à poursuivre ? Même le vent se lasse de n’avoir que les pierres tristes et froides à caresser de son souffle. Mais un jour, voilà qu’un jeune garçon frappe à la porte. Le vent tente de l’éloigner, mais il ne se laisse pas faire et part à la rencontre des habitants du château. Réussira-t-il à les Histoires en poudreamadouer ? Et que faisait-il là, perdu dans la lande glacée ? Une autre histoire ? Essayons la magicienne, la souris, le vent : c’est l’histoire de la Danse du vent. Le jour de l’anniversaire de Maman souris, Polka, la petite dernière de la famille, décide de lui offrir une belle châtaigne brune qu’elle aurait trouvée dans le bois des châtaigniers. Mais le vent est joueur, et il n’a qu’une idée en tête, jouer et danser avec Polka. Et Polka se laisse tenter et apprend la Danse du vent. Mais quand elle reprend ses esprits, elle ne reconnaît plus l’endroit où elle se trouve ; elle est perdue ! C’est alors qu’elle rencontre une magicienne.
Histoires en poudre, c’est donc dix histoires dont on peut choisir les personnages principaux, Histoires en poudremagnifiquement illustrées par Bertrand Dubois dans teintes chaudes et chaleureuses mêlant peintures et papiers découpés. Chaque histoire comprend trois tableaux animés : on tapote l’écran pour faire danser les feuilles des arbres, on scrute la scène grâce à une lampe de poche que l’on peut balader sur toute l’image, etc. L’appli est bilingue français-anglais. Même si les animations sont légères, les histoires sont suffisamment longues, et captivantes pour que les enfants ne s’en lassent pas. Et quel bonheur de pouvoir choisir ses personnages ! Une très jolie réussite qui remporte un franc succès auprès des enfants.
Bande-annonce :

Histoires en poudre
Texte de Marie-Florence Gros, illustrations de Bertrand Dubois, voix de Marina Carrère d’Encausse 
La Dentellière
Prix constaté : 3,99 € (Apple).

Erica

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Buuuuuut !

Par 24 juin 2014 Livres Jeunesse

Pour parler football et ballon rond, il n’y a pas que la télévision ! Les albums pour enfants ne sont pas en reste !

petit ours mal peigné et le ballon rougePetit Ours Mal Peigné (quel drôle de nom, n’est-ce pas ?) a trouvé un ballon rouge ! Et d’un fort coup de pied, l’a envoyé dans un arbre. Les quatre lapins à qui il appartenait et qui étaient en train de jouer avec sont un peu contrariés. Mais Petit Ours Mal Peigné va tout faire pour le récupérer ! Quitte à rencontrer un écureuil, un hibou et même une cigogne !

Un héros au grand cœur un peu maladroit, des rencontres surprenantes avec toutes sortes d’animaux, un peu de suspense et de l’aventure : voilà les ingrédients de Petit Ours Mal Peigné et le ballon rouge, cet album de Chris Wormell dont les illustrations à l’aquarelle m’ont particulièrement séduite, à la fois fines, réalistes, douces et tendres. Une histoire simple mais efficace comme je les aime !

abcdaire imagé du footTotalement en phase avec l’actualité sportive du moment (je suis certaine que je n’ai pas besoin de préciser à quelle compétition je pense…), l’ABCDaire imagé du foot nous présente sur chaque double-page des mots en lien avec ce sport qui fait tant parler de lui (et pas toujours en bien) accompagnés d’une illustration.

De A comme Arbitre à Z comme Zidane en passant par M comme Mondialisation et V comme Vestiaire, cet abécédaire créé et illustré par Bertrand Dubois est intéressant. Même si je trouve que certains messages ne seront sans doute pas clairs pour les enfants, et demandent une discussion avec des adultes, j’apprécie ce regard à la fois original et complet sur un monde si particulier. Un bel objet pour les passionnés !

Des histoires de foot pour réfléchirToujours sur le même sujet, je voulais vous signaler qu’Isabelle Wlodarczyk, auteur qu’on aime beaucoup (et que l’on avait interviewée ici), a sorti, pour les enfants à partir de 8 ans, Des histoires de foot pour réfléchir chez Oskar. Football et Philo ? Et oui ! Pour en savoir plus, vous pouvez, par exemple, lire l’article du blog de Philosophie magazine.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Bertrand Dubois (Les antipodes et Un fromage sans doute).

Petit Ours Mal Peigné
de Chris Wormell (traduit par Claude Lager)
Pastel
13 €, 266 x 268 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014
ABCDaire imagé du foot
de Bertrand Dubois
Notari dans la collection L’oiseau sur le rhino
20 €, 200 x 273 mm, 72 pages, lieu d’impression non précisé, 2014

A part ça ?

David et Kristin McGuire créent de magnifiques sculptures de papier !

Marianne

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Habitants de la planète

Par 27 juillet 2013 Livres Jeunesse

Voici deux livres qui permettent de rapprocher les humains et de leur faire comprendre qu’ils ne sont pas seuls sur Terre !

antipodes 2Balthazar, Vladimochka, Ronald, Pearline, Najuat, Mitsuko, et Ryad sont tous des enfants. Ils habitent aux quatre coins de la planète, et ont tous des caractères très différents. Cela ne les empêcherait sans doute pas de pouvoir partager des choses, mais il y a de grandes chances qu’ils ne se rencontrent jamais, et ce, malgré l’impression de proximité que donnent les nouvelles technologies : en effet, on peut penser que chaque coin de la Terre est en lien avec les autres, avec les satellites, les moyens de communication et de transport si développés. Mais notre planète reste immense, ses habitants extrêmement nombreux, et ce n’est donc qu’une illusion. Seul un livre pourrait les réunir.

C’est ce que propose Les antipodes : sur les pages de ce bel album très esthétique, tous ces enfants se côtoient. Tout est possible avec les livres : le Nord peut rencontrer le Sud, les contraires peuvent se côtoyer, la mer et le ciel peuvent se confondre. Guillaume Guéraud confirme par un texte délicat, dont voici un extrait : « une histoire qui ne tiendrait pas debout pour faire tenir Balthazar, Vladimochka, Ronald, Pearline, Najuat, Mitsuko et Ryad ensemble ». Les plus jeunes se laisseront porter par les illustrations très originales et oniriques de Bertrand Dubois, tandis que les plus grands se laisseront séduire par ce message plein de tolérance qui fait la part belle à la différence (dans un monde où l’uniformisation est plutôt la tendance), mais aussi à la force du livre ! C’est le seul capable de réunir tous ces terriens !
Des extraits.

étranges créaturesC’est l’été et les ours s’ennuient. Heureusement, une fête a lieu dans la forêt. Ils mangent, ils dansent, et ils s’endorment. A leur retour chez eux, leurs maisons ont complètement disparu. Désemparés, ils errent, et finissent par trouver un amas de ferraille et d’objets divers qu’ils essaient de transformer en habitats dignes de ce nom. Mais rien ne résiste aux intempéries, et surtout, ces nouvelles maisons ne donnent pas de fruits. En cherchant encore, ils finissent par trouver leurs anciennes habitations, découpés par d’étranges créatures. Ils décident donc d’aller discuter avec eux, mais ils se font chasser. Avec l’aide des autres animaux de la forêt, ils décident donc de se venger…

Vous l’aurez compris, les maisons des ours, ce sont les arbres, et les Étranges créatures qui les ont détruites ce sont les hommes. En plus ils ont laissé des détritus dans la forêt, et ils chassent les bêtes qui, dans leur droit, viennent réclamer leur dû et essayer de comprendre pourquoi leurs maisons ont été saccagées ainsi. Devant l’absence de réponse, ils décident de marquer le coup, et finalement, le dialogue finira par s’installer. Cet album a des airs de fable : une situation réelle (la déforestation, la pollution, et la destruction de l’écosystème) est détournée, romancée, et les animaux tiennent le rôle principal. Avec le texte simple de Cristobal Leon, les enfants saisissent tout de suite le message, sans que ce ne soit trop lourd pour autant. Je suis moins conquise par les illustrations de Cristina Sitja Rubio, même si je les trouve originales et fidèles à l’esprit de l’histoire (et que j’aime cette image de forêt de la couverture). Dans tous les cas, un message écologique enrobé dans une histoire à la fois sensible et drôle, c’est réussi !
Des extraits.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre album illustré par Bertrand Dubois : Un fromage sans doute.
Retrouvez d’autres livres sur le respect de la nature que nous avons déjà chroniqués avec le tag Ecologie

Les Antipodes
Texte de Guillaume Guéraud. Illustrations de  Bertrand Dubois
Notari dans la collection L’oiseau sur le rhino
21 €, 215 x 281 mm, 32 pages, lieu d’impression non précisé, 2013
Etranges créatures
texte de Cristobal Leon. Illustrations de Cristina Sitja Rubio.
Notari dans la collection L’oiseau sur le rhino
19 €, 235 x 326 mm, 42 pages, lieu d’impression non précisé, 2013

Marianne

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