La mare aux mots
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Calligraphie

La chronique numérique : pour ne pas tourner en rond…

Par 26 avril 2015 Numérique

BlekBlek est un petit jeu au graphisme épuré, au principe simplissime et totalement addictif. Sur l’écran, plusieurs ronds de couleurs s’affichent. Il s’agit de tracer un trait avec son doigt afin de toucher les ronds et de les faire disparaître. On crée une figure, ligne droite, courbe, en zigzag, et celle-ci s’anime et se reproduit à l’infini jusqu’à sortir de l’écran. On ne peut réaliser qu’un seul tracé. La difficulté va croissante. Premier tableau : deux ronds bleus côte à côte. Facile, il suffit de tracer une ligne qui touchera les deux. Onzième tableau : l’écran se quadrille de petits ronds noirs, au milieu trois ronds bleus.Blek Ce sont les bleus qu’il faut toucher puisque les noirs sont des trous noirs qui absorbent les tracés. Et là, ça se corse sacrément. Je vous donne un indice : il est possible de créer ses propres trous noirs en traçant un cercle sur l’écran, ceux-ci deviendront des « portails » et le tracé pourra disparaître dans l’un pour ressortir par l’autre.
Ce qui est formidable dans ce petit jeu tout simple, mis à part que graphiquement, Blekc’est d’une rare élégance, c’est qu’il n’y a pas de solution unique. Chacun peut inventer sa solution propre, qui peut tenir du hasard ou d’une approche plus réfléchie, et cela ouvre une infinité de possibles. Voir nos tracés s’animer sur l’écran, nos spirales s’enrouler à l’infini, tient un peu de la magie. Il faut faire preuve de créativité pour arriver au but, et il n’est pas rare de devoir s’y reprendre à plusieurs fois. Si vous parvenez à finir le jeu, je vous tire mon chapeau !!
Un super jeu qui tient de la calligraphie et du casse-tête diabolique.
Bande-annonce :

Crazy GearsAprès les ronds, d’autres ronds, mais cette fois-ci des roues qui se transforment en engrenages. Crazy Gears nous propose d’expérimenter les mécanismes d’enchaînement : comment agencer différents éléments, roues, poulies, chaînes, crémaillères, barres, afin de parvenir à tirer le rideau qui nous permettra de passer au tableau suivant ? Le jeu s’inspire des recherches sur l’apprentissage de Seymour Papert, un élève de Jean Piaget, qui accordait une grande place aux nouvelles technologies ; et se veut un « terrain de jeu interactif ». Chaque tableau présente un certain nombre d’objets qui s’imbriquent les uns aux autresCrazy Gears grâce à des dentelures, des barres à écrou qui ressemblent à celles des anciennes locomotives à vapeur, etc. Un des engrenages tourne sur lui-même et doit donc être relié aux autres pour pouvoir enrouler la chaîne qui, une fois accrochée à la petite encoche du rideau, permettra de le tirer. Certains éléments sont fixes, d’autres peuvent être déplacés sur l’écran. Comme dans la réalité, les chaînes peuvent s’emmêler, il faudra alors les démêler, les roues se bloquer sur les bords si elles n’ont pas assez de place pour tourner, etc. Chaque action doit donc être ajustée. Le jeu comporte soixante et une énigmes, dont la difficulté va croissante. On progresse par paliers, et les différents éléments sont introduits au fur et à mesure.
Crazy GearsÀ travers l’expérimentation de la transmission du mouvement, Crazy Gears se veut une piste de réflexion pour l’apprentissage des mécanismes physiques tel que la gravité, la friction, ou encore la tension. Le graphisme est très sobre, un peu vintage, et l’environnement sonore reproduit le bruitage des engrenages. Un jeu drôlement bien conçu qui a fait partie de nos préférés ici pendant un moment, dommage qu’il se finisse si vite…
Bande-annonce :

Blek
Kunabi Brother
Prix constaté : 2,99 € (Apple) et 0,99 € (Android).
Crazy Gears
Seven Academy
Prix constaté : 1,99 € (Apple).

Erica

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Avec un peu d’aide…

Par 10 juin 2013 Livres Jeunesse

Et si je vous parlais de deux très beaux albums ?

Ours et les papillonsOurs avait pris l’habitude de repêcher les papillons tombés dans l’eau et de les faire sécher sur le bout de son nez. Dès qu’ils se réveillaient ils partaient aussi vite qu’ils le pouvaient, sans même remercier, de peur de se faire manger. Pourtant un jour Ours tomba sur un papillon plus gros que les autres et lui, en se réveillant, ne s’enfuit pas et ils devinrent amis. Jusqu’au jour où Ours, à son tour tombât à l’eau.

Ours et les papillons fait partie de ces albums qui vous donnent la chair de poule et vous mettent les larmes aux yeux alors qu’il n’y a rien de triste, juste parce qu’ils véhiculent Ours et les papillonsénormément d’émotion. La première fois que je l’ai lu je n’ai pu m’empêcher de dire à voix haute (alors que j’étais seul) « mais que c’est beau !». Je suis tout de suite tombé sous le charme de cette magnifique histoire d’entraide, cette histoire d’ours qui vit pour aider les autres, qui passe son temps à repêcher les papillons pour les sauver. Je ne peux pas vous raconter la suite, je préfère que vous la découvriez mais c’est d’une extrême poésie, d’une telle beauté… les illustrations de Marjorie Pouchet accompagnent parfaitement cette histoire. Un album tout simplement magnifique.

Le calligrapheLaolao la Vieille se lamentait, le temps ne lui était pas favorable, comment vendre des éventails alors qu’il ne fait pas très chaud ? Elle n’allait pas rapporter d’argent chez elle et ne pourrait pas nourrir son petit-fils. Wang Xizhi, le plus célèbre calligraphe de Chine, lui proposa de déposer une vingtaine de ses éventails par terre et il se mit à dessiner dessus, comme ça elle les vendrait bien mieux et plus cher. Laolao n’en était pas persuadée et elle se disait que maintenant elle avait des éventails tout tachés dont personne ne voudrait… et si elle se trompait ?

Le calligraphe est une petite merveille sortie chez HongFei et écrit par le talentueux Chun-Liang Yeh. On y parle ici de l’importance de l’art dans nos vies, comment un objet usuel peut devenir une œuvre. On parle aussi de la valeur marchande de l’art (Laolao pense que ses éventails sont maintenant tout abimés quand d’autres sont prêts à payer une fortune pour les acquérir). Avec beaucoup de poésie, Chun-Liang Yeh Le calligrapheparle également d’entraide, de générosité. Wang Xizhi va faire don de son talent pour permettre à Laolao de gagner de l’argent. C’est enfin un très beau livre sur la calligraphie et la poésie, qui a déjà eu une dédicace de Chun-Liang Yeh fera le parallèle entre les calligraphies pleines de sens de Wang Xizhi et les idéogrammes que l’auteur dessine sur les livres, prenant chaque fois le temps de les expliquer. Cette histoire, issue d’une anecdote célèbre d’un personnage qui a vraiment existé, est magnifiquement illustrée par Nicolas Jolivot. Un magnifique album, une petite merveille.
Voir plus d’extraits.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages signés par Chun-Liang Yeh (Le goût de la pêche, L’auberge des ânes, Pi, Po, Pierrot, Yexian et le soulier d’or, Le duc aime le dragon et L’autre bout du monde).

Ours et les papillons
Texte de Susanna Isern, illustrations de Marjorie Pourchet
OQO dans la collection O
14€, 250×230 mm, 36 pages, imprimé au Portugal, 2013.
Le calligraphe
Texte de Chun-Liang Yeh, illustrations de Nicolas Jolivot
HongFei
14€, 185×250 mm, 40 pages, imprimé à Taïwan, 2013.

A part ça ?

On vous parlais l’autre jour de Mes deux papas, l’homophobie existe jusque dans les librairies

Gabriel

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