La mare aux mots
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Carll Cneut

Les invité.e.s du mercredi : Nathalie Dargent et Carll Cneut

Par 27 avril 2016 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, je vous propose de rencontrer Nathalie Dargent, l’auteure (entre autres) de la série Les inséparables dont je vous ai parlé il y a peu. Ensuite, je vous propose un En vacances avec ! Cette fois-ci, on part avec un illustrateur dont on est fan, Carll Cneut. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Nathalie Dargent

Nathalie DargentComment êtes-vous devenue auteure ? Parlez-nous de votre parcours.
Adolescente, j’étais amoureuse du théâtre. Je voulais devenir comédienne. Mais quand je me suis frottée à la réalité du métier, l’enchantement s’est dissipé. Il m’a fallu un certain temps pour réaliser que ce qui me passionnait tant, ça n’était pas le jeu, un rôle, mais les répliques, les mots et les histoires qu’ils racontent. Ceci dit, j’avais écrit un premier roman à neuf ans. Bref, il faut se méfier des vocations précoces, elles ont la peau dure !

Parlez-nous de la série Les inséparables, comment est-elle née ?
Je venais de passer des vacances avec une petite fille de 6 ans, et j’étais sous le charme de sa fantaisie au quotidien. Quand les éditions Milan m’ont proposé d’imaginer une petite bande de cet âge, je me suis emparée du projet avec allégresse. J’avoue m’être inspirée – comme toujours – de mes garçons et de leurs amis, des enfants des copines, des gamins que je croise dans la rue, au square, les conquérants du toboggan, déterminés à parcourir le monde en trottinette. Ils sont magnifiques, plein d’énergie, et complètement zinzins.

Lucas s’est fait traiter de fils de Lute ou Tom se fait du souci avec son zizi… Fallait oser ! Lucas s'est fait traiter de fils de luteJ’avoue que j’ai ouvert de grands yeux en voyant ces titres, vous n’avez pas eu peur de choquer ? Vous avez déjà eu des réactions auxquelles vous ne vous attendiez pas (sur les salons par exemple) ?
Choquer ? Non, plutôt surprendre, intriguer, et si possible faire rire. Enfin surtout les parents. Les enfants abordent les titres, même les titres marrants, avec un brin de gravité. Bon, d’accord, le mot zizi les fait toujours marrer.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Petite, j’avais deux héroïnes : Fantômette et Fifi Brindacier, qui ont vite formé un club des 5 avec Nils Holgersson, Tom Sawyer et l’intrépide Jim Hawkins de L’île au Trésor. Mes parents étaient de grands lecteurs, la maison débordait de bouquins. Ils étaient très libéraux avec la lecture. Je ne les ai jamais entendu dire qu’un livre ne convenait pas à mon âge. Alors j’ai lu tout ce qui me tombait sous la main, au hasard, avec férocité. J’ai eu entre neuf et dix-sept ans des coups de foudre impétueux – Stevenson, Stendhal, Tolstoï, Dumas, Racine, Shakespeare, Tchekhov, Rimbaud, Ionesco, Queneau, Beckett, les Brontë… Et je suis passée complètement à côté d’auteurs que j’adore aujourd’hui. J’étais sauvage, très entière, il me fallait des héros indomptables. Seule fille dans un environnement de garçons, et la plus jeune, je comptais pour du beurre. J’ai vite compris que les livres ne vous laissent jamais tomber. Ils sont devenus – et pour la vie – mes mondes secrets, mes aventures.

Kami_de_la_lune_coverQuels sont vos projets ?
Houla… Plein ! Je vis dans un chantier d’écriture ébouriffé dont émerge parfois, à ma grande joie, une publication. En ce moment, je ne sais plus où donner de la tête. C’est excitant et un peu fou. Bientôt, trois nouvelles aventures des Inséparables et, toujours aux éditions Milan, les deux premiers tomes du Club des enfants capables, illustrés par Lucie Bryon. Sinon j’ai le projet d’adopter un teckel.

Une dernière question, si quelqu’un qui ne vous connaît pas lit cette interview et veut vous découvrir avec un seul de vos ouvrages, lequel lui conseilleriez-vous ?
Rho, c’est quoi cette question ? Joker !

Bibliographie sélective :

  • Le zizi de Tom, roman illustré par Yannick Thomé, Milan (2016).
  • Léa ne veut pas rester à l’école après la classe, roman illustré par Yannick Thomé, Milan (2016).
  • Parfait achète le pain, roman illustré par Yannick Thomé, Milan (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Aminata veut des sous, roman illustré par Yannick Thomé, Milan (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Lucas s’est fait traiter de fils de lute, roman illustré par Yannick Thomé, Milan (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Juliette est toute seule dans sa classe, roman illustré par Yannick Thomé, Milan (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le Petit Tailleur de pierre, album illustré par Jean-Marc Langue, Picquier Jeunesse (2015).
  • Charlotte et son cheval : la saison des pommes, BD illustrée par Colonel Moutarde, Milan (2014).
  • Choses petites et merveilleuses, album illustré par Sandrine Thommen, Picquier Jeunesse (2014).
  • À Chouchou pour la vie, album illustré par Colonel Moutarde, Sarbacane (2014).
  • Le mandarin musicien, album illustré par Joëlle Ginoux-Duvivier, Pippa (2014).
  • On est tous déguisés, album illustré par Colonel Moutarde, Gautier Languereau (2014).
  • Un très grand jour, album illustré par Colonel Moutarde, Gautier Languereau (2014).
  • Un Noël ébouripoustouflant, album illustré par Colonel Moutarde, Gautier Languereau (2013).
  • Les gâteaux porte-bonheur, album illustré par Colonel Moutarde, P’tit Glénat (2013).
  • Le Kami de la lune, album illustré par Sandrine Thommen, Picquier Jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.

Son site : https://nathaliedargent.com.


En vacances avec… Carll Cneut

Régulièrement, je pars en vacances avec un.e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Carll Cneut que je pars ! Allez en route !

5 albums jeunesse

  • Un Lion a ParisBeatrice Alemagna – Un Lion a Paris
  • Arthur Geisert – Oink
  • Gérard Dubois – Enfantillages
  • Robert Louis Stevenson et Henning Wagenbreth – Le Pirate et l’Apothicaire
  • Sara Fanelli – Sometimes I think, Sometimes I am

5 romans

  • Els Beerten - Allemaal willen we de hemelSaskia De Coster – Wij en ik
  • Peter Verhelst – De kunst van het crashen
  • Els Beerten – Allemaal willen we de hemel (Nous voulons tous le paradis)
  • R. J. Ellory – Een stil geloof in Engelen (Seul le silence)
  • Stefan Hertmans – Oorlog en Terpentijn

5 DVD

  • 8 Femmes - François OzonFesten – Thomas Vinterberg
  • The order – Matthew Barney
  • Broadchurch
  • 8 Femmes – François Ozon
  • Moulin Rouge – Baz Luhrmann

5 CD

  • Massive Attack - Blue LinesTricky – Adrian Thaws
  • Shamir – Ratchet
  • Massive Attack – Blue Lines
  • Kendrick Lamar – Untitled Remastered
  • Francesca Belmonte – Anima (deluxe edition)

5 artistes

  • James Ensor
  • Adrian Ghenie
  • Michaël Borremans
  • Anish Kapoor
  • Thierry De Cordier

5 lieux

  • La terrasse du Romcaffé à Macerata, à l’heure de l’apéritif, avec mon barrista préféré Pierino
  • La piscine de l’hotel Central à Barcelone
  • Le quartier Shoreditch à Londres
  • Museum voor dierkunde à Gand
  • The National Gallery à Londres

cneut_carll©FabioFalcioniCarll Cneut est illustrateur

Bibliographie (francophone) sélective :

  • La volière dorée, illustration d’un texte d’Anne Castagnoli, l’école des loisirs (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Tout bêtement, illustration d’un texte de Jacques Roman, La Joie de Lire (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Dix cochons sous la lune, illustration d’un texte de Lindsay Lee Johnson, La Joie de Lire (2011).
  • Le secret du chant du rossignol, illustration d’un texte de Peter Verhelst, l’école des loisirs (2009).
  • Brooklyn Baby, illustration d’un texte de Marylin Singer, La Joie de Lire (2008).
  • Un million de papillons, illustration d’un texte de   Edward Van de Vendel, l’école des loisirs (2007).
  • Margot la folle, illustration d’un texte de Geert De Kockere, Circonflexe (2006).
  • Monstre, ne me mange pas, illustration d’un texte de Carl Norac, l’école des loisirs (2006).
  • On se reverra, illustration d’un texte d’Ed Franck, Rouergue (2006).
  • Rougejaunenoireblanche, illustration d’un texte de Carl Norac, l’école des loisirs (2002).
  • L’étonnante histoire d’amour de Lucien le chien, illustration d’un texte de Carl Norac, l’école des loisirs (2002).
  • La fée sorcière, illustration d’un texte de Brigitte Minne, l’école des loisirs (2000), que nous avons chroniqué ici.

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Méfie-toi, ils ne sont pas comme nous !

Par 11 mars 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui deux très beaux albums qui, chacun à leur manière, parlent de la peur et la méfiance vis à vis de l’étranger et des gens différents.

L'école est en feuFanfan adore Louis, ok il n’est pas comme lui et ses camarades (Fanfan est un cochon et Louis un loup) et il est toujours pressé de le voir. Un jour, alors qu’il espère le retrouver au parc, il le voit passer pour aller à la gare… étrange ! Que va faire Louis ? Et quand il arrive en retard à l’école, Fanfan se dit qu’il se passe vraiment des choses dans la vie du jeune loup… Le jour où l’école brûle, tout le monde a déjà le coupable c’est Louis, forcément ! (de toute façon tous se méfient de lui). Fanfan va apprendre quelle est la vie de son ami…

Seul loup parmi les cochons, Louis vit avec sa grand-mère (illettrée) parce que ses parents sont partis en ville pour gagner de l’argent. On parle ici de la précarité, de la pauvreté de certaines populations immigrées et du racisme dont elles sont victimes. Elles sont aussi, souvent, les parfaits coupables des problèmes qui arrivent. Cet album évoque tout ça avec intelligence et finesse (l’album est signé Mario Ramos…). Sans jamais aller dans la facilité et en laissant une part belle à la réflexion personnelle du lecteur, Mario Ramos livre cette belle histoire d’amitié et de tolérance. Il y rend aussi hommage aux enseignants qui se battent pour qu’un élève qui ne part pas avec les mêmes armes ne soit pas, au final, lésé (l’album se termine par un enseignant qui ne comprends pas pourquoi, parce qu’il ne sait pas lire, Louis devrait être au dernier rang et le fait se placer devant « Car mon métier c’est justement d’apprendre à lire aux enfants. »). Un bien bel album.

La fée sorcièreMarine est une fée, comme sa mère et comme les autres personnes qui l’entourent. Une fée ça doit faire attention, ne pas se salir, ne pas se blesser. Ça doit rester impeccable ! Sauf que le souci c’est que Marine, elle, aimerait bien faire du patin à roulette ou avoir un bateau… mais tout ça c’est réservé aux sorcières, ces êtres horribles qui vivent dans la forêt. La mère de Marine est en colère quand elle apprend que sa fille veut aller jouer avec elles, Marine serait la honte de la famille ! Oh et puis si on la laissait y aller… elle va vite se rendre compte que ces gens-là ne sont pas comme eux et qu’on est bien plus heureux entre fées !

Magnifique album sur la différence et la peur de l’autre ici aussi, mais surtout sur la recherche d’identité et pourquoi pas… sur le sexisme ? Les fées ne sont-elles pas une sorte de caricature de l’image que la société sexiste renvoie des filles (elles n’ont pas le droit de se salir, de jouer à des jeux trop « dangereux ») et les sorcières des garçons. Marine est une fée, elle n’a pas envie de ne plus l’être mais elle veut pouvoir faire des jeux de sorcière sans nier son identité. L’album parle aussi, évidemment, de l’opposition aux choix des parents et de ce que l’on souhaite pour nos enfants (qui n’est pas forcément leur choix, mais le nôtre, ne l’oublions pas). Un album superbement illustré qui va faire réfléchir, là encore, et qui va donner lieu à des conversations passionnantes (et passionnées ?) entre les parents et les enfants.

Quelques pas de plus…
D’autres livres sur la différence sur notre fiche thématique.
Nous avons déjà chroniqué deux livres de Mario RamosLe petit Guili et Mon ballon, un livre de Brigitte Minne, Dors bien Rosalie, et un livre illustré par Carll Cneut : Tout bêtement.

L’école est en feu
de Mario Ramos
Pastel, dans la collection Un monde de cochons
11,50€, 176×247 mm, 48 pages, imprimé en Belgique, 2012.
La fée sorcière
de Brigitte Minne, illustré par Carll Cneut
L’école des loisirs
12,20€ (existe aussi en petit format à 5,60€), 300×214 mm, 30 pages, imprimé en Belgique, 2000.

A part ça ?

Hier soir je me suis demandé ce que j’avais élu coup de cœur de février… et je me suis rendu compte qu’on ne les avait pas fait ! C’est la première fois que ça nous arrive ! Alors, pour février, Marianne a choisi Quelque chose de grand de Sylvie Neeman et Ingrid Godon édité par La joie de lire et moi… je n’ai pas réussi à me mettre d’accord avec moi même ! Donc ex-æquo L’album de famille de Frédéric Kessler et Princesse Camcam édité par Autrement et Il était une fois… contes en haïku d’Agnès Domergue et Cécile Hudrisier édité par Thierry Magnier. Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

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Temps qui passe et poésie animalière !

Par 5 mai 2012 Livres Jeunesse

Attention coup de cœur ! J’ai beaucoup beaucoup beaucoup aimé Les Pendules de Dana. Dana est une petite fille passionnée par les montres, les horloges, et tout ce qui comporte cadrans et aiguilles. Elle les collectionne, les démonte, et les remonte à sa façon. Elle offre ensuite ces objets aux gens qu’elle aime. Mais ce qu’elle offre c’est du temps : du temps pour sa maman débordée, du temps pour son papa toujours parti, du temps pour que sa grand-mère veuve trouve la vie moins dure, et du temps pour son petit frère qui doit encore profiter des joies de l’enfance. C’est simple, elle est tellement obnubilée par les minutes qui s’égrènent que son cœur fait tic-tac…
Vous l’aurez compris, Agnès de Lestrade que je ne connaissais pas, nous livre ici une très belle histoire, pleine de tendresse et de mélancolie qui devrait à parler à beaucoup de familles. La course contre le temps est quotidienne, mais elle ne doit pas nous empêcher de savourer et de prendre la vie comme elle vient. Les illustrations tout en finesse de Constanza Bravo sont pleines de poésie et collent complètement à l’ambiance de cette jolie histoire.

On continue avec un autre beau livre des éditions La Joie de Lire. Là, le thème est plus joyeux. A chaque double page, la définition poétique d’un animal que l’on doit retrouver caché dans l’image. Un poisson dans un tigre, un oiseau dans les nuages, un lion dans l’éléphant… Les images de Madalena Matoso sont vraiment très colorées et pleines de trouvailles. J’ai d’abord pensé à Elmer, le célèbre éléphant multicolore, mais finalement, c’est bien différent. On s’amuse à chercher, à scruter l’image, et je crois que décidément c’est une idée qui me plaît puisque ce n’est pas la première fois que je vous présente des livres qui fonctionnent sur ce principe. Et ici, en prime, Alice Vieira, dont je vous ai déjà parlé à propos d’un roman pour ados, dresse de beaux portraits des animaux des villes, des champs, ou de pays lointains. De quoi amener du soleil dans les chaumières alors que le printemps se fait plutôt timide ces temps-ci !

On reste dans les domaines de la poésie et des animaux avec Tout bêtement. Cette fois, l’auteur, Jacques Roman, est parti des illustrations de Carll Cneut et a laissé vagabonder son imagination et sa poésie. Il faut dire qu’il y a de quoi : les illustrations, qui contiennent beaucoup de rouge, se prêtent totalement à ce type d’explorations. Les traits sont fins et les animaux détaillés, habillés, humanisés, mis en scène dans des situations très cocasses. Et Jacques Roman en a profité pour y apposer ses mots et ses rimes, tantôt drôles, tantôt mélancoliques, sur du beau papier un peu granuleux. On peut lire et se laisser porter par la musique des mots, ou bien chercher un peu plus à décortiquer le texte. Une jolie balade dans un bestiaire original !

Quelques pas de plus
Notre chronique de Carnet d’Août d’Alice Vieira
Notre chronique de Les baisers de Cornelius d’Agnès Lestrade
Notre chronique de Se balader illustré par Madalena Matoso

Les pendules de Dana
de Agnès de Lestrade, illustré par Constanza Bravo
La Joie de Lire
13,50 €
La charade des animaux
de Alice Vieira illustré par Madalena Matoso
La Joie de Lire
13,50 €
Tout bêtement
de Jacques Roman illustré par Carll Cneut
La Joie de Lire
18 €

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A part ça ?

Sketchtravel est un projet caritatif achevé, mais je voulais tout de même vous en parler parce que j’ai trouvé la vidéo de présentation vraiment jolie.

En fait, 71 illustrateurs de 12 pays différents se sont transmis un carnet de voyage telle une flamme olympique durant cinq ans. Cet ouvrage a ensuite été vendu aux enchères au mois d’Octobre 2011 pour financer des projets de solidarité notamment autour de l’éducation. On peut encore acheter des copies du livre.

Marianne

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