La mare aux mots
Parcourir le tag

Cécile Bonbon

Les invité·e·s du mercredi : Claudine Morel et Cécile Bonbon

Par 17 avril 2019 Les invités du mercredi

Chaque album de Claudine Morel nous réjouit autant qu’il nous surprend. J’avais donc envie d’en savoir plus sur elle et sur son travail. Ensuite, on part en vacances avec l’autrice-illustratrice Cécile Bonbon. Bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Claudine Morel

Parlez-nous de votre parcours
Pendant longtemps je n’ai pas vraiment su quel métier j’avais envie d’exercer, même si comme beaucoup de mes collègues illustrateurs, depuis l’enfance je dessinais beaucoup, écrivais et illustrais des histoires, etc. Mais de là à en faire un métier… ! Des études d’anglais et de français Langue Étrangère à l’Université de St-Étienne m’ont d’abord conduite à devenir enseignante. Mon CAPES d’anglais en poche, je suis partie enseigner le français au Kenya à l’Alliance Française de Mombasa, pendant 15 mois. Puis l’anglais, de retour en France, dans un collège de l’Oise. Ces études et ces riches expériences m’ont apporté beaucoup, mais m’ont aussi fait comprendre que ce n’était pas là ma première vocation, et qu’autre chose m’appelait. L’image avait une place importante dans l’enseignement des langues, je dessinais beaucoup pour mes élèves et mes étudiants, et j’adorais ça : je rêvais de faire les illustrations des manuels scolaires… Jusqu’au jour où cette envie est devenue l’idée sérieuse d’en faire mon métier, pour de vrai ! Après avoir fait mon bilan de compétences un peu toute seule, j’ai donc décidé de devenir illustratrice. J’ai quitté l’Éducation Nationale et repris des études au sein de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg (aujourd’hui la Haute École des Arts du Rhin), en section Illustration. J’en suis sortie diplômée en 2007, et depuis l’aventure continue… !

Vos trois albums sortis chez Didier Jeunesse (À la rencontre, Clic ! et ABCDaire des métiers qui n’existent pas) sont très différents les uns des autres. Est-ce pour surprendre, ne pas vous enfermer dans une case ?
C’est vrai, ils sont différents, j’en suis consciente ! Et vous n’êtes pas la première personne qui me questionne à ce sujet. Vraiment, il n’y a rien de prémédité, ni de stratégie dans cette évolution. Je crois que chacun est simplement à l’image de mon évolution intérieure, de ma progression. J’ai mis du temps – et j’en mets encore, je suis un peu escargot… – à trouver mon style, mon univers, ma patte. Je suis venue tard à l’illustration, avec un grand besoin d’apprendre et d’expérimenter des techniques avant d’oser me lancer, et de me sentir légitime aussi. Je pense que j’ai procédé par étapes, en apprenant à me connaître un peu plus, et petit à petit à prendre confiance. Pour cela, la patience et l’accompagnement confiant d’un éditeur sur trois livres, et sur une longue période (8 ans entre À la rencontre et L’ABCDaire !), est une vraie chance, et pour moi un soutien infiniment précieux. Mais si les trois livres sont différents dans leur aspect graphique, je pense qu’on peut tout de même percevoir le fil qui les relie : la simplicité des formes et du trait, les couleurs vives. Un mélange d’espièglerie, de décalage et de tendresse. Et ce qui est le cœur de mon travail : l’envie et le souhait que les lecteurs, petits mais aussi grands, ferment le livre et aient envie de s’amuser, prendre le relais, inventer et créer leurs propres formes et histoires. Qu’ils se connectent à la joie et à la fantaisie qui est en eux !

Parlez-nous de ce dernier sorti, le très beau ABCDaire des métiers qui n’existent pas, comment est-il né ? Comment avez-vous travaillé sur ce projet ?
Oh, merci. Je dirais que, des trois, c’est l’album le plus proche de moi, le plus personnel. Et peut-être celui que je chéris le plus.
D’une part parce qu’il vient du jeu de mimes auquel nous jouions mes sœurs et moi, avec nos cousins aussi parfois, quand nous étions petites : non seulement mimer des métiers pour les faire deviner aux autres mais les inventer ! Dans mon souvenir : « Petipoyeur de mur » (celui qui dessine des petits pois sur les murs), « Ramasseur de cailloux », et la fameuse « Gardienne de gilets », que j’ai incluse dans L’ABCDaire.
D’autre part parce que j’ai retrouvé, avec le crayon de papier, le trait de crayon que j’ai toujours eu dans les mains (quand je dessinais sur un peu tout et n’importe quoi, sur mes cours élève, sur les blocs de téléphone, pour les petites BD que j’inventais, etc.) et que j’avais abandonné un temps pour m’essayer à d’autres choses. Et mes crayons de couleur, qui n’étaient jamais très loin, mais à qui, là, j’ai pu donner la part belle, même par si petites touches.
J’ai envoyé seulement une dizaine d’esquisses de métiers à l’éditeur, en lui expliquant le principe, et après concertation en interne sur la pertinence d’en faire un abécédaire, ou un inventaire, Didier Jeunesse a choisi de me faire confiance sur ce nouveau projet un peu foufou. L’éditrice avec qui j’ai travaillé ensuite m’a laissé une grande liberté dans le choix des métiers, tout en me guidant et m’accompagnant sur des questions comme l’équilibre à trouver entre les plus poétiques et les plus loufoques, comme dans leur mise en image et en couleur, même si là encore j’ai été très libre. Une très belle collaboration s’est faite aussi avec la maquettiste et son magnifique travail typographique. Nous avons travaillé toutes les trois de concorde, et même si dans la réalisation d’un album il existe nécessairement des phases de doute, ou de pause (et moi je suis encore une championne du doute !), réaliser cet album-là a été un régal. Tout s’est déroulé à merveille, du choix du papier jusqu’à sa forme finale, et j’en suis très heureuse.

Comment naissent vos histoires et qu’est-ce qui arrive en premier, l’histoire ou les illustrations ?
Plus que l’histoire, je dirais que c’est l’idée, le principe qui surgit en premier (« Ils s’amuseraient à se prendre en photo et faire n’importe quoi devant l’appareil », « Chaque personnage représenterait un métier qui n’existe pas »…). À ce stade, il n’y a pas encore de qui, où, comment… c’est encore assez vague. Mais rapidement je prends mon crayon et je dessine, je viens voir qui vient, là, sous mon crayon, qui se manifeste, à quoi il, elle, ils ressemblent. Mais je fais souvent confiance à la spontanéité des premiers jets. Souvent mes premiers traits de crayon sont les bons, et j’essaie autant que faire se peut, même quand je retravaille ensuite un personnage ou un élément, de garder le trait de départ, son énergie, la ligne qui s’est posée là en premier, quand je ne la contrôlais pas encore. Ce n’est pas toujours facile, et en général plus je retravaille un dessin, plus la ligne prend le risque de s’affaisser, de se ramollir… Comme dans beaucoup de domaines dans la vie, il faut savoir s’arrêter à temps, s’arrêter tout court, trouver la bonne mesure, le subtil équilibre – qu’on trouve parfois en un coup de crayon (ô magie !) mais bien souvent en refaisant aussi plusieurs fois le geste et le dessin – entre spontanéité et contrôle, énergie et précision.

Quelle technique d’illustrations utilisez-vous ?
Toujours, quel que soit l’outil que j’utiliserai ensuite, le crayon de papier (bois ou critérium) pour les esquisses, recherches, et premiers crayonnés. Ensuite, le plus souvent, le crayon de couleur. Mais aussi le numérique (comme dans Clic !, ou la mise en couleur a été faite uniquement en numérique, avec des motifs que j’avais créés puis incrustés dans l’image). Il m’est arrivé de dessiner directement à la tablette graphique, pour tenter d’aller plus vite (!) mais il me manque toujours le grain, la résistance et les accidents du papier. Et l’infinie possibilité des couleurs finit toujours par me paralyser, je finis par mettre beaucoup plus longtemps qu’avec mes crayons ! Pour l’instant, j’ai donc toujours besoin de mes outils traditionnels, même si le numérique reste un outil complémentaire et indispensable (je scanne moi-même puis nettoie, retouche, affine et peaufine mes images à l’écran, avant de les envoyer à l’éditeur).

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Toute petite, des Pomme d’Api, Belles Histoires, et un petit album Les aventures de la petite souris (avec une histoire de noisette) que j’ai lu et relu et relu et relu ! Des albums du Père Castor, et des tas d’autres livres piochés dans la bibliothèque déjà existante de la maison, engrangés par mes grandes sœurs, et complétés par la petite dernière. On avait aussi un énorme livre compilant des histoires illustrées des films de Walt Disney (c’est là que j’ai commencé à décalquer puis recopier et apprendre à dessiner mes premières robes de princesse, souris et lapins). En grandissant, je lisais des piles de J’aime Lire entassées sur mon lit (je me faisais une petite sélection de 5, 6 numéros), dont j’aimais déjà regarder en 2è de couverture qui en avait réalisé les illustrations. Et des Tintin, Alix, Gaston Lagaffe, Lucky Luke, Astérix, puis plus tard Calvin et Hobbes de Bill Waterson, Sempé, qui restent mes idoles. Je ne lisais pas beaucoup de romans, ceux étudiés à l’école me suffisaient (j’ai adoré découvrir des classiques au lycée, et me souviens d’un été où j’ai enchaîné Flaubert, Maupassant, Zola, Madame de La Fayette…). Je me suis mise à en lire une fois adulte.

Sur quel nouveau projet travaillez-vous actuellement ?
Je suis en train de réaliser les illustrations d’un album, qui devrait être une série, écrit par une autrice coréenne, racontant l’histoire d’une petite fille coréenne en France, pour les éditions Blue Dot. En même temps que je réalise deux commandes de dessins originaux pour des particuliers. Aussi, et c’est tout neuf, un nouveau projet d’album est en gestation avec Didier Jeunesse, pour ma plus grande joie. Je ne peux pas vous en dire plus pour l’instant, car nous n’en sommes qu’à la genèse. Mais on l’espère, rendez-vous probable en 2020 !

Bibliographie jeunesse :

  • ABCDaire des métiers qui n’existent pas, texte et illustrations, Didier jeunesse (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Clic !, texte et illustrations, Didier jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • À la rencontre, texte et illustrations, Didier jeunesse (2011), que nous avons chroniqué ici.
  • Au bureau, illustration d’un texte de Stéphanie Ledu, Milan (2010).

Retrouvez Claudine Morel sur son site : http://claudinemorel.ultra-book.com.


En vacances avec… Cécile Bonbon

Régulièrement, nous partons en vacances avec un·e artiste. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la·le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet·te artiste va donc profiter de ce voyage pour nous faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle·il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… Des livres, de la musique, des films… sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il·elle veut me présenter et c’est elle·lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Cécile Bonbon que nous partons ! Allez, en route !

5 albums jeunesse

  • Les aventures d’Alexandre le gland, Olivier Douzou
  • Les Sardines ne poussent pas sur les arbres, Vera Eggermann
  • Virginia Wolf, Isabelle Arsenault Kyo Maclear
  • Hibou, Mélodie Braschet
  • Alice au pays des merveilles, Lewis Carrol

5 romans

  • Sans nouvelles de Gurb, Eduardo Mendoza
  • L’étranger, Albert Camus
  • 1Q84, Haruki Murakami,
  • Je suis un chat, Natsume Soseki
  • Correspondance (1944-1959), Albert Camus et Maria Casarès

5 DVD

  • La Famille Tenenbaum, Wes Anderson
  • Sin City, Robert Rodriguez et Frank Miller
  • Bonjour, Yasujirō Ozu
  • Stand by Me, Rob Reiner
  • Fight Club, David Fincher

5 CD

  • Santigold – I don’t Want (the gold fire sessions)
  • Gorillaz – Plastic Beach
  • Blur – the best of
  • Pizzicato five – Happy End of You (remix album)
  • The Jesus and Mary Chain – Psychocandy

5 artistes

  • Tatsuro Kiuchi
  • Javier Mariscal
  • Grip Face
  • Lionel Messi
  • Hayao Miyazaki

5 BD

  • DAME UN BESO, d’El don Guillermo chez Misma
  • L’ Astragale, de Pandolfo, Sarrazin, Risbjerg. Sarbacane
  • Duel d’escargots, Sonia Pulido Pere Joan Editions Cambourakis
  • Pulse Enter Para Continuar – Ana Galvañ – Apa Apa editorial
  • C’est le merdier, l’amour. Nine Antico – Glénat

5 lieux

  • Faire une pause chez Miss Perkins tea, sants, Barcelona
  • Se balader sur le sentier côtier de Port-vendres à l’anse de Paulilles
  • Manger une coca de patata à Valldemossa, en terrasse, à la pâtisserie Can Molinas (Mallorca)
  • Faire une randonnée circuit des 12 lacs du Carlit depuis le lac des Bouillouses
  • Ma prochaine destination Tokyo

Cécile Bonbon est autrice et illustratrice.

Bibliographie sélective :

  • Petit, Didier Jeunesse (à paraître – août 2019).
  • Dans ma maison, illustration d’un texte de Stéphanie Demasse-Pottier, Sarbacane (2019), que nous avons chroniqué ici.
  • Qu’est-ce que je suis aujourd’hui, illustration d’un texte de Rachel Corenblit, Frimousse (2019).
  • En colo avec les abeilles, illustration d’un texte de Clémence Sabbagh et Ariane Mellazini, Le gâteau sur la cerise (2019).
  • Les bagarreurs, illustration d’un texte d’Ingrid Chabbert, Bang Editiones (2018).
  • Tapent, tapent, petites mains, illustrations, Didier Jeunesse (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le gros goûter, illustration d’un texte de Stéphane Servant, Didier Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Les maths à la petite semaine, illustration de textes de Rachel Corenblit, Le Rouergue (2013).
  • Rue Lapuce, avec Arnaud Roy, Didier Jeunesse (2010).
  • Promenons-nous dans la ferme les couleurs, texte et illustrations, L’élan Vert (2010).
  • Le machin, illustration d’un texte de Stéphane Servant, Didier Jeunesse (2007), que nous avons chroniqué ici.

Pour une bibliographie plus complète : https://cargocollective.com/cecilebonbon/BIO_BIBLIO.

You Might Also Like

De Cuba à chez soi

Par 9 avril 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose un voyage à Cuba dans KO à Cuba de Camille de Cussac aux côtés d’un jeune boxeur et puis l’on accompagne une petite fille dans son apprentissage de grande sœur dans l’album de Stéphanie Demasse-Pottier et Cécile Bonbon Dans ma maison.

K.O à Cuba
de Camille de Cussac
Thierry Magnier
20,50€, 278×378 mm, 48 pages, imprimé en France, 2019.
Dans ma maison
Texte de Stéphanie Demasse-Pottier, illustré par Cécile Bonbon
Sarbacane
14,90€, 258×258 mm, 28 pages, imprimé en France, 2019.

You Might Also Like

Livres cartonnés

Par 1 septembre 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose une nouvelle sélection de livres cartonnés.

Ça y est !
Texte de Laurence Gillot, illustré par Laure du Faÿ
Tourbillon dans la collection Tournicote
9,99 €, 240×200 mm, 20 pages, imprimé en Chine, 2016.
Ours veut faire la sieste
Texte de Rémi Chayé et Pauline Pinson, illustré par Thomas Baas
Tourbillon dans la collection Tournicote
9,99 €, 240×200 mm, 20 pages, imprimé en Chine, 2016.
Le chat
de Charles Paulsson
Gulf Stream Éditeur dans la collection Animaux animés
8 €, 140×140 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2016.
La grenouille verte
de Charles Paulsson
Gulf Stream Éditeur dans la collection Animaux animés
8 €, 140×140 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2016.
1.2.3. À la ferme
Texte de Tom James (traduit par Alice Bercker), illustré par Stephen Barker
Zethel dans la collection Je découvre
7,50 €, 195×195 mm, 14 pages, imprimé en Chine, 2016.
Les couleurs de la nature
Texte de Tom James (traduit par Alice Bercker), illustré par Stephen Barker
Zethel dans la collection Je découvre
7,50 €, 195×195 mm, 14 pages, imprimé en Chine, 2016.
Tapent, tapent, petites mains
Auteur.e non crédité.e, illustré par  Cécile Bonbon
Didier Jeunesse dans la collection Pirouette
9,90 €, 190×190 mm, 24 pages, imprimé en Malaisie, 2016.

You Might Also Like

À taaaaaable !

Par 18 avril 2014 Livres Jeunesse

Et si l’on mangeait ?

le gros goûter Invitation : Le gros goûter, près du petit lac à 16 heures. Autant vous dire que tout le monde s’y précipite ! Enfin… à son rythme… Pendant que Lapin va bondissant, Renard va courant, Sanglier caracole, Ours déboule, et la tortue Nana, elle, avance à petits pas. En passant tout le monde rigole, si elle est aussi lente, il ne restera rien pour elle ! Mais Nana les rassure il lui restera assez de ce qu’elle préfère…

Stéphane Servant et Cécile Bonbon, auteur et illustratrice du génial Le machin, reforment donc leur duo pour un nouveau conte en randonnée. Répétitions (comme les enfants aiment), humour décalé (à la Stéphane Servant), illustrations (magnifiques) faites de tissu, de laine et de coton, suspense intenable (mais qu’est-ce qu’elle aime cette tortue à la fin !)… ici, on se régale ! La double chute finale est complètement inattendue… et irrésistible ! Un conte (un brin cruel) qui va beaucoup faire ricaner nos amateurs d’histoires décalées.
Le même vu par Œil d’ailleurs et des extraits des planches sur le (super) site de Didier Jeunesse.

Oops et Ohlala mangent comme des grandsOops et Ohlala ont faim ! Il faut passer à table. Mais d’abord, on met le couvert ! Qu’est-ce qu’on mange ? Oh miam de la purée et des saucisses ! En plus on peut s’amuser à faire un volcan avec la purée. Et en dessert ? De la mousse au chocolat ! Bon maintenant il faut débarrasser. Oh attention ! Oups… oh là là…

On vous a déjà parlé plusieurs fois de ces deux personnages sympathiques à destination des plus jeunes (avec des livres aux feuilles plastifiées pour résister aux mains trop brutales). On adore leurs aventures qui sont parfaitement adaptées aux tout-petits, ils reconnaissent là leur quotidien et les illustrations aux forts contrastes sont parfaites pour eux. Ici, il est donc question de manger… et de mettre la table et de la débarrasser (et tant pis si l’on est un peu maladroit). Des petits héros qu’on aime dans une histoire pleine d’humour.

Un repas chez les lapins de PâquesGabin le lutin est invité avec sa cousine Amélia la gentille sorcière à fêter Pâques chez ses voisins les lapins. Au menu : carottes râpées ! Mais Gabin a une idée… il n’y aura pas que ça à manger !

Un album plutôt sympathique aux couleurs pastelles pour parler des œufs de Pâques (c’est le moment !). Même si j’ai personnellement trouvé l’histoire trop complexe, les enfants aimeront retrouver ici le genre de personnages qu’ils adorent (lapins, gentille sorcière, lutin…). En fin d’ouvrage, on retrouve même la recette des œufs de Pâques.
Le même vu par Délivrer des livres et une bande annonce.

Arthur est allergique et alors ?Quand sa maman l’accompagne à l’école, Arthur a toujours avec lui son panier-repas. Il faut dire qu’il est allergique, il ne doit pas manger comme les autres ! Rien de très grave, il faut juste s’organiser. Confier le panier-repas en arrivant, qu’il soit conservé jusqu’à l’heure du déjeuner, ne pas manger dans l’assiette des copains.

Pas de gros coup de cœur ici non plus, comme pour le précédent, mais voilà un livre qui a au moins le mérite d’exister ! On dédramatise ici les PAI (Projet d’Accueil Individualisé). C’est une situation quotidienne, présente dans à peu près toutes les classes… et pourtant (à ma connaissance) aucun livre pour les enfants n’en parle ! C’est vraiment le genre d’ouvrage dont on applaudit la sortie ! Il aurait peut-être mérité d’autres illustrations… Mais c’est un avis personnel. Un album sur les allergies alimentaires et l’école, avec même des recettes en bonus !
Un site sur le livre : http://www.arthurallergique.com.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Stéphane Servant (Nos beaux doudous, Boucle d’ours, Le machin, Le crafougna et Le masque), Cécile Bonbon (Le machin), Mellow (Oops et Ohlala prennent un bainPlay with Oops & Ohlala – Celebrations / Les fêtes), Amélie Graux (Oops et Ohlala prennent un bain, Comptines des papas, 9 mois pour attendre un petit frère ou une petite sœur et Play with Oops & Ohlala – Celebrations / Les fêtes) et Camille Piantanida (L’étoile de pépé).

Le gros goûter
Texte de Stéphane Servant, illustré par Cécile Bonbon
Didier Jeunesse
12,50 €, 234×250 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Oops et Ohlala mangent comme des grands
Texte de Mellow, illustré par Amélie Graux
Talents Hauts dans la collection La petite vie de Oops & Ohlala
5,80 €, 157×157 mm, 18 pages, imprimé en Chine, 2013.
Un repas chez les lapins de Pâques
Texte de Carine Foulon, illustré par Élise Catros
La Palissade
12,50 €, 245×250 mm, 24 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Arthur est allergique, et alors ?
Texte de Marie-Constance Mallard, illustré par Camille Piantanida
Libre Label dans la collection Petit Label
12 €, 210×145 mm, 32 pages, lieu d’impression non indiqué, 2014.

À part ça ?

Mily Miss QuestionMily c’est Miss Question. L’amour, le « beau », la mort, la normalité… Mily s’interroge. Son chien Pop (qui parle) l’accompagne dans ses aventures, on croise aussi son frère qui se prend pour une rock star, sa petite sœur qui l’horripile parfois, Masséo le sportif qui se la pète un peu, le sage Dan, la copine Juliette, Gaspard (dont Mily est un peu amoureuse…) et plein d’autres personnages. Dans cette série où la philo est expliquée à hauteur d’enfant, on combat aussi les clichés sexistes. Des décors réels avec des personnages animés, un résultat plutôt esthétique et surtout très intéressant. Chaque fois, ça se termine par une question, pour amener l’enfant à réfléchir. Un double DVD vient de sortir (avec 40 épisodes de 7 minutes) mais on peut aussi retrouver Mily Miss Question sur France 5.
Mily Miss Question, double DVD (40 épisodes de 7 minutes), autour de 15 €, Francetv distribution.

Un épisode :

Gabriel

You Might Also Like

Un machin bizarre, une boule qui n’ose pas avancer et une petite fille à bonnet rouge

Par 14 septembre 2012 Livres Jeunesse

Mais qu’est-ce que c’est que ce morceau de tissu ? D’après Bobo l’éléphant, c’est sûr c’est un bonnet ! Mais Kiki le crocodile, lui, sait que c’est une cape… à moins que ce soit une jupe comme le pense Zaza le mouton… Et si la réponse était toute autre ?

Photo extraite de Papier de Soie

Voilà un album drôle, bien écrit et très esthétique. Les dialogues entre les animaux vont faire rire les enfants et la chute est vraiment comique. Les illustrations de Cécile Bonbon sont faites à base de collage de tissus et les matières sont très belles, on a l’impression qu’on peut les toucher ! Un petit bijou dont, je suis certain, vous allez tomber amoureux ! Mais je sais que vous êtes nombreux à déjà le connaître celui-ci.

Petite boule rouge voudrait bien rouler… mais comment faire quand on a si peur ? Heureusement, grâce à Grand ballon bleu elle va apprendre à prendre confiance en elle. Mais même avec de la confiance en soi… il faut savoir comment faire ! Là encore Grand ballon bleu va être là pour elle. Et si une fois tout ça acquis, Petite boule rouge partageait son savoir ?

Une bien jolie histoire sur le thème de l’apprentissage, thème très présent dans la littérature jeunesse mais pas toujours aussi bien amené. Ici Valérie de la Torre a choisi des mots simples et des personnages très basiques (une boule rouge, un ballon bleu et une balle verte) qui parlent directement aux enfants. On parle ici de l’apprentissage, donc, mais aussi de la transmission, du fait de grandir. Les illustrations de Jacinthe Chevalier, là aussi d’apparence très simple sont vraiment esthétiques et plaisent aux plus petits de par cette simplicité. Petit plus, au dos de la première de couverture on propose aux enfants d’associer des petits dessins au mot qui leur correspond grâce à un système de roue (les plus jeunes y arrivent en regardant le modèle). Enfin l’auteur donne quelques explications intéressantes sur la lecture pour les petits. C’est un album qui s’adresse aux 3/5ans et que ma fille, 4 ans, a beaucoup aimé non seulement pour l’histoire mais pour son côté ludique.

Pour Emilie et Stéphane c’est jour de marché ! Quel plaisir de déambuler au milieu des étals, de respirer les épices, les fleurs et les fromages, de goûter les tomates cerises et d’admirer les fruits et les légumes… Mais ils étaient venus pour quoi d’ailleurs ? Ah oui le dessert… mais si au lieu du dessert on craquait sur tout autre chose ?

Ah quel plaisir, renouvelé à chaque album, de retrouver Émilie ! Déjà 19 tomes depuis son retour aux éditions Casterman et chaque fois ma fille et moi sommes en joie de lire une nouvelle aventure de la petite fille au bonnet rouge. C’est mignon sans être mièvre, l’écriture est simple et parle aux enfants, les illustrations vraiment belles. Et comment ne pas se remémorer en voyant Émilie parcourir le marché nos propres souvenirs d’enfance où nous goûtions les fruits avec nos parents juste avant de passer à la librairie acheter un Émilie…

Quelques pas de plus…
Nous avons chroniqué deux livres de Stéphane Servant : Le crafougna et Le masque.
On vous a souvent parlé d’Émilie : un article sur les 16 premiers de la nouvelle série et les autres séries, Émilie et le bébé de neige, Émilie fait pipi au lit, Émilie et le doudou, Émilie et les poussins et La maison d’Émilie. Nous avions aussi interviewé Domitille de Pressensé.

Le machin
de Stéphane Servant, illustré par Cécile Bonbon
Didier Jeunesse dans la collection Les p’tits Didier
5,30€, 165×165 mm, 32 pages, imprimé en France
Petite boule rouge
de Valérie de la Torre, illustré par Jacinthe Chevalier
Éditions amaterra dans la collection Nouvel angle
11,90€, 175×235 mm, 32 pages, lieu d’impression non indiqué
Émilie au marché
de Domitille de Pressensé
Casterman
5,75€, 200×250 mm, 21 pages, imprimé en Italie

A part ça ?

Sur le forum,en ce moment on parle des abonnements de l’École des loisirs, vous venez donner votre avis ? C’est ici !

Gabriel

You Might Also Like

Secured By miniOrange