La mare aux mots
Parcourir le tag

Cécile Roumiguière

Un mur, deux rives et la guerre

Par 4 août 2017 Livres Jeunesse, Médias

Aujourd’hui, des albums où l’Histoire s’invite. Il sera question de Seconde Guerre mondiale et de chute du Mur de Berlin. Et, puisqu’on parle d’Histoire, je vous proposerai deux revues sur le sujet.

D’une rive à l’autre
Texte de Cécile Roumiguière, illustré par Natali Fortier
À pas de loups
16 €, 270×170 mm, 40 pages, imprimé en Belgique, 2016.
Léonie se marie
Texte d’Isabelle Wlodarczyk, illustré par Sonia Maria Luce Possentini
Lirabelle
19 €, 235×305 mm, 24 pages, lieu d’impression non indiqué, 2016.
Un air de violoncelle. 1989, la chute du Mur de Berlin
Texte d’Adèle Tariel, illustré par Aurore Pinho E Silva
Kilowatt dans la collection Un jour ailleurs
15,80 €, 195×270 mm, 48 pages, imprimé en Pologne, 2016.

You Might Also Like

Famille, je vous aime

Par 9 mai 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui l’on s’intéresse à deux albums beaux et puissants qui parlent maternité avec Dans le ventre de la terre et relations entre sœurs grâce au très joli Petite sœur.

Dans le ventre de la terre
Texte de Cécile Roumiguière, illustré par Fanny Ducassé
Seuil
14€, 256×256 mm, 32 pages, imprimé en France, 2016.
Petite sœur 
de Joana Estrela (traduit par David Faneca)
Seuil
11,90€, 202×228 mm, 32 pages, imprimé en France, 2017.

You Might Also Like

Les invité.e.s du mercredi : Gaëlle Mazars, Cécile Roumiguière et Natali Fortier

Par 22 février 2017 Les invités du mercredi

Aujourd’hui, j’ai eu envie d’en savoir plus sur l’auteure d’un album sorti il y a peu chez Hélium, Muséum Dinos : Gaëlle Mazars ! Ensuite, c’est avec Cécile Roumiguière et Natali Fortier que nous avons rendez-vous pour la rubrique Parlez-moi de… Ensemble, elles reviennent sur leur album, D’une rive à l’autre. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Gaëlle Mazars

Présentez-nous de votre dernier album, Muséum Dinos, paru chez Hélium
Muséum Dinos est la suite de Cache-cache dinos. Ces deux histoires mettent en scène Yvette et Roger, des petits dinosaures malins à qui il arrive quelques (més)aventures. Ces livres sont des prétextes pour donner à voir aux enfants la réalité sous un autre angle.
Et si les gros dinosaures n’avaient pas vraiment disparu et dormaient sous les collines et les montagnes ?
Et si nos muséums étaient remplis d’animaux qui font semblant d’être immobiles pour qu’on les laisse tranquilles ?
Et si les enfants étaient finalement, eux aussi, de drôles d’animaux et qu’eux seuls avaient accès à ces secrets bien gardés ?

C’est le deuxième album que vous sortez avec Jean-Baptiste Drouot, pouvez-vous nous parler de cette collaboration ?
Jean-Baptiste est un ami. C’est en espérant qu’il l’illustre que j’ai écrit la première histoire. Et je n’ai pas été déçue : dès les premières ébauches, il a su apporter sa sensibilité, son humour et ses super idées.
Pour Cache-cache dinos, nous n’avions aucun impératif, nous avons pris notre temps. Nous avons beaucoup échangé, et finalement ce premier livre est le résultat d’un vrai travail d’équipe.
La conception du deuxième a été un peu différente. Nous avions un délai à respecter et de nouvelles contraintes. Concevoir une suite s’avère plus compliqué, je trouve, qu’écrire un album « unique ». Nous avons travaillé chacun de notre côté. Mais quand il y avait une difficulté, quand je bloquais sur le texte ou lui sur une image, on essayait de se trouver l’un l’autre des solutions, bien épaulés aussi par Gilberte Bourget notre éditrice.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours ?
J’ai toujours aimé les livres, le papier, les histoires, mais après un bac littéraire, je ne savais pas vraiment ce que je voulais entreprendre. J’ai entamé des études d’Histoire et d’histoire de l’art. C’était passionnant. Mais je ne voyais pas d’application concrète et professionnelle à tout ça. Alors j’ai changé de cap avec un BTS édition. La bonne idée ! Il m’a ouvert les portes de l’école Estienne : l’école du livre, le support de toutes les histoires, le Saint Graal ! C’est là, qu’en plus de m’être nourrie de graphisme, d’images, de typographies, de concepts et de belles rencontres, je me suis mise, grâce à mon professeur de français, à écrire des nouvelles.
Aujourd’hui je suis graphiste. Je fabrique des images qui racontent des histoires, des images qui ont du sens, enfin, j’espère.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Quand on était enfants, on se racontait beaucoup d’histoires avec mon petit frère ou avec mes ami.e.s, pour s’endormir, pour rêver, pour jouer. Des histoires qu’on avait lues et qui nous avaient plu, des histoires qu’on inventait aussi. Chacun notre tour, on essayait d’imaginer une histoire meilleure que la précédente.
Petite fille, je dévorais les Astrapi, J’aime lire et Je bouquine. Je me souviens aussi particulièrement d’un des premiers vrais livres que j’ai lus toute seule : Les Malheurs de Sophie. Ce livre était un très bel objet. Un livre relié comme un livre de grand, avec une couverture qui n’avait rien des codes enfantins, presque comme une tapisserie en toile de Jouy. Mais cette histoire, je ne l’ai pas du tout aimée. C’était la première fois que ça m’arrivait. (Note pour plus tard : il faudrait que je la relise aujourd’hui.)
Adolescente, je me suis prise de passion pour les romans historiques, les sagas, les gros livres, les pavés. Si, en plus de l’Histoire, j’y trouvais une histoire d’amour en filigrane, je n’en décrochais pas ! Entre deux, je piquais les BD de mes frères.

Quelques mots sur vos projets ?
J’ai récemment soumis quelques histoires à mon éditrice. Je croise les doigts ! D’autres sont encore en germination. Il est question de fées, de voyages, d’amour, de différence…
Je nourris aussi le défi secret de mener à terme un projet de A à Z : texte et illustrations. Mais il me faudra d’abord me débarrasser de quelques complexes. Ce n’est donc peut-être pas pour tout de suite !

Bibliographie :

  • Muséum dinos, texte illustré par Jean-Baptiste Drouot, Hélium (2016).
  • Cache-cache dinos, texte illustré par Jean-Baptiste Drouot, Hélium (2015).


Parlez-moi de… D’une rive à l’autre

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur.e, son illustrateur.trice et/ou son éditeur.trice. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur D’une rive à l’autre, que nous revenons avec son auteure (Cécile Roumiguière) et son illustratrice (Natali Fortier).

Cécile Roumiguière, auteure:

De « Entre deux rives, Noël 43 » à « D’une rive à l’autre »

Entre deux rives est mon premier album réédité, et j’en suis très heureuse ! Sa première version, D’une rive à l’autre, Noël 43, n’était plus disponible depuis un moment, et j’aime tellement le travail de Natali !

Revenons au commencement…

Il était une fois, une éditrice qui me demande si j’ai des idées pour une histoire de Noël. Je n’ai alors écrit qu’un album, À l’ombre du tilleul (illustré par Sacha Poliakova), et je suis ravie qu’on me demande d’en écrire un autre. Mais Noël n’est pas un sujet auquel j’aurais pensé toute seule, je ne suis pas très Père Noël, ni sapin enguirlandé, encore moins crèche ou santons. La demande reste quand même présente dans ma tête. Je réfléchis à ce que représente Noël. Au-delà du côté commercial, au-delà du religieux, Noël marque le passage d’une saison à une autre, la sortie de l’hiver, la (re)naissance, la réconciliation…
Quelques jours après, j’écris d’un jet ce qui allait devenir Entre deux rives… Un texte plus long que ce qu’on gardera dans l’album*, mais l’essentiel est là.

Du fin fond de l’enfance

L’histoire se passe en Aveyron, sur les terres de la famille de ma mère. Je lui fais lire l’histoire. Elle me téléphone, me demande comment je savais que « la Dourdou » était fâchée avec mon grand-père et qu’elle était « accoucheuse »… Je ne le savais pas. Ou plutôt, je ne savais pas le savoir. J’ai dû entendre les adultes parler de ces histoires de fâcheries toute petite, les enterrer tout au fond de ma mémoire d’enfant, elles ont refait surface avec l’écriture. Cette sensation d’avoir puisé dans des lieux insoupçonnés de l’enfance colore le lien que j’ai avec cet album. Un lien d’autant plus fort que ma demande côté illustrations est suivie : Natali Fortier va illustrer l’album !
Natali qui trace avec ses couleurs des dessins sur papier noir, qui gratte pour refaire naître le noir et éclabousser de douceur toute l’illustration. Natali qui cherche à la bibliothèque des intérieurs des années quarante pour rester au plus près de l’histoire et fait brouter un caribou près de l’église d’un village aveyronnais… Je ne pouvais rêver mieux !

Une vie d’album

L’album sort pour Noël 2006. Je découvre à cette occasion que les saisons sont courtes en librairie : dès Noël passé, le livre disparaît des tables, sauf chez quelques libraires qui le suivent et le mettent en avant longtemps (merci à « L’Oiseau Lire » à Évreux, entre autres belles librairies). Avec Natali, on reprend nos droits quelques années plus tard.
En 2013, Carole Chaix me présente Laurence Nobécourt qui monte sa maison d’édition « À pas de loups ». Elle n’a ni format ni idée préconçue, que l’amour des beaux livres, des illustrations fortes, atypiques, et des histoires où le sens et le style se font écho. Plus tard, en pleine création de S’aimer, je lui parle de Entre deux rives… Elle aime l’histoire, elle aime les illustrations… elle dit « banco ».

La renaissance

Natali est d’accord aussi. On a toutes les deux beaucoup d’interrogations. Le travail qu’on a fait en 2005 ne correspond plus à ce qu’on fait aujourd’hui. Nos styles, nos façons d’écrire, d’illustrer, bougent, évoluent. Faut-il retoucher le texte, l’image ? Ou laisser en l’état ? Avec Laurence, on se met d’accord assez vite sur le fait de garder texte et images tels qu’ils sont mais d’épurer la maquette, de donner plus d’air au livre, aux images, en enlevant des fonds. La couverture aussi sera retravaillée.

Et le titre…

Le titre de l’album de 2006 avait été sujet de discussions infinies, il était le résultat un peu bancal d’un compromis. Avec Natali, on a profité de cette nouvelle parution pour en trouver un plus évident, tout en gardant l’idée de « rive » pour préserver le lien avec la première version.
D’une rive à l’autre a retrouvé le chemin des librairies en octobre dernier. En juin prochain, avec Natali et Laurence, on ira le lire et le présenter au Mémorial de la Shoah…

D’une histoire l’autre

*Pour la petite histoire, cette partie du texte qui a été coupée, une histoire d’oiseau et de couteau, est en train de renaître dans un nouveau projet. Les histoires rebondissent les unes sur les autres, des surgeons naissent sur des branches coupées, des personnages font le lien entre un roman et un album, une toile se tisse… non pas d’une rive mais… « d’une histoire à l’autre ».

Natali Fortier, illustratrice:

Lorsque j’ai lu le texte de Cécile pour la première fois, j’en ai frissonné, et ce qui est encore plus fort, c’est qu’à chaque fois, il me fait le même effet.

Lors de la première parution, j’avais fait une quantité de dessins impressionnants car c’était un film qui se déroulait dans ma tête.

Les mouvements, les focus, plan en travelling, j’avais envie de tout balancer ce que je voyais.

Dix ans plus tard, Laurence, Cécile et moi on était toutes les trois d’avis qu’il fallait épurer, laisser respirer les mots de Cécile… du souffle dans l’image.

Des pages à suivre comme les pas d’Élise dans la neige.

Je suis très heureuse qu’il ait une seconde vie.

Les saisons ont passé entre les deux rives, entre les deux maisons d’édition, mais ce texte est au présent continuellement.


D’une rive à l’autre
Texte de Cécile Roumiguière, illustré par Natali Fortier.
Sorti chez À pas de loups (2016).

You Might Also Like

Voyage en terre inconnue

Par 24 janvier 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on part en terre inconnue grâce au très beau carnet de voyage de Nicolas Jolivot, Shanghai, promenades et puis l’on plonge en terre d’amour avec le poétique et magnétique S’aimer

Shanghai, promenades
de Nicolas Jolivot
HongFei 
25 €, 267×267 mm, 108 pages, imprimé en France, 2016.
S’aimer
Texte de Cécile Roumiguière, illustré par un collectif
À pas de loups
20 €, 245×175 mm, 90 pages, imprimé en France, 2016.

You Might Also Like

Les invité.e.s du mercredi : Cécile Roumiguière et Beatrice Alemagna (+ concours)

Par 7 septembre 2016 Les invités du mercredi

Quel bonheur de commencer cette nouvelle saison (la 6e !) avec Cécile Roumiguière et Beatrice Alemagna ! On ne change pas de formule, cette année encore vous pourrez lire chaque mercredi une interview puis un bonus. Et donc aujourd’hui, c’est Cécile Roumiguière qui a accepté de répondre à nos questions puis on part en vacances avec Beatrice Alemagna ! Et entre temps, vous pouvez tenter votre chance à notre concours pour gagner Les fragiles, le dernier roman de Cécile Roumiguière grâce aux éditions Sarbacane ! Alors bon mercredi à vous.


L’interview du mercredi : Cécile Roumiguière

Cécile RoumiguièreQui sont les fragiles qui ont donné le titre à votre roman qui vient de sortir chez Sarbacane ?
Au départ, il y a « un » fragile, un enfant de neuf ans croisé dans une classe, une rencontre autour de Pablo de La Courneuve. Un débat s’était installé autour du racisme, et quand j’ai dit que je trouvais le racisme idiot, cet enfant m’a interrompu, très ému et m’a dit : « Mais moi, Madame, mon père il est raciste. » Un uppercut en plein dans mes « belles convictions »… Et des questions. Comment cet enfant allait-il grandir ? Comment gère-t-on une faille telle entre ce que l’on vit à la maison et le « vivre ensemble » que l’on apprend à l’école ? Des tas de questions.
Des tas de « fragiles » aussi, partout. Des enfants que j’ai vus grandir, des relations viciées dès le départ, des fils mal noués, avec cet espoir de résilience, mais aussi tellement de ravages.
Bien sûr, je n’ai pas raconté l’histoire de cet enfant croisé dans une classe, j’ai juste « imaginé » ce qu’un enfant pouvait vivre dans une situation aussi complexe, quel adulte il pouvait devenir.
Dans le roman, le père est aussi fragile que le fils, la mère est une fragile et Sky, l’amie de Drew, en est encore une. Et ne sommes-nous pas tous des « fragiles », chacun avec notre lot de « fils mal noués » ? Mais certains plus que d’autres…

Comment est née cette histoire en particulier et comment naissent vos histoires en général ?
L’histoire est donc née de la remarque de cet enfant et de l’interrogation sur le rapport père-fils en général. C’est un thème qui me poursuit. Il y a déjà un père « empêché » dans Pablo de La Courneuve (un personnage que j’ai approfondi dans une version synopsis du roman lors d’une formation Fémis à l’adaptation ciné). Et aussi d’un intérêt pour la folie, les « borderline ». Adolescente, je lisais frénétiquement Antonin Artaud, Freud, Anaïs Nin et la vie de Camille Claudel. Les fragilesAvant de me lancer dans l’écriture des Fragiles, j’ai lu un récit de Polo Tonka, Dialogue avec moi-même : un schizophrène témoigne (Odile Jacob, 2013). Ce témoignage a nourri le personnage de Drew, mais sans qu’on puisse vraiment dire si Drew est ou n’est pas schizophrène. Simplement, il grandit avec une faille en lui, et cette faille ne peut pas être consolidée, elle est élargie jusqu’à la cassure par ce rapport destructeur entre son père et lui.
Mes romans, mes albums partent souvent d’un fait réel, d’un moment vécu, observé, ou d’une colère sur un sujet précis (la non scolarisation ou le mariage forcé des filles par exemple). Après un peu plus de dix ans de publications, je m’aperçois que pour que j’en fasse une fiction, il faut que ce fait ou/et cette colère croisent l’une de mes obsessions, et j’en ai beaucoup…

Vous alternez les romans et les albums, avez-vous une préférence entre l’un des deux, où prenez-vous le plus de plaisir ?
J’ai besoin des deux. J’ai commencé à écrire en créant des spectacles, de grands spectacles sons et lumières avec des acteurs mais aussi des images géantes, des effets spéciaux… Je pourrais presque dire que je suis dans l’image avant de penser en mots. C’est pour ça qu’il y a autant de remerciements « cinématographiques » dans Les Fragiles par exemple. Après le spectacle, l’idée d’écrire des livres est venue par l’album, avec le désir de travailler avec un illustrateur.
Aujourd’hui, l’album reste essentiel mais j’aime aussi me replier sur un monde où les images doivent naître exclusivement de mes mots, de leur agencement. C’est un défi. Et à ces images je peux ajouter des sons, des odeurs, des sensations. Je « sculpte » les sens en écriture comme un sculpteur creuse et lisse son argile. Il me semble que mes personnages ne tiendraient pas sans ça. Et mon histoire non plus.

J’ai l’impression que l’image compte particulièrement pour vous (dans vos projets, dans vos amitiés…), est-ce que vous vous impliquez particulièrement dans les choix des illustrateur.trice.s (puis dans leur travail) qui illustrent vos livres ? Et, question subsidiaire, avez-vous une certaine frustration de ne pas illustrer vous-même ?
Mon chagrin éléphantOui, comme je l’ai dit, l’image est essentielle. Par exemple, j’ai une mémoire visuelle, je suis incapable de dire le titre du roman que je suis en train de lire, mais je peux retrouver des détails visuels anodins d’une rencontre il y a deux ans… Quand mon premier texte a été accepté, je ne connaissais rien ni aux livres « jeunesse » ni au monde de l’édition en général. J’avais regardé pas mal d’albums, noté le travail de certains illustrateurs que j’aimais beaucoup, et j’ai donc proposé que mon texte soit illustré par telle illustratrice. Je me suis aperçue que ça ne se passait pas comme ça. Pour mon premier livre, j’ai donc laissé choisir l’éditrice (un très bon choix d’ailleurs, Sacha Poliakova). Ensuite, j’ai d’abord « rusé », suggéré, parlementé… puis très vite j’ai proposé des projets en commun avec l’illustrateur, jusqu’au travail avec Carole Chaix qui se fait en duo dès la genèse du projet.
Avec Carole, on crée ensemble dès le départ. Avec d’autres illustrateurs, je leur propose une idée ou un texte terminé, s’ils sont partants, on cherche un éditeur puis ils illustrent. Il peut y avoir un dialogue entre nous, mais je ne m’immisce pas dans leur travail, sauf s’ils me demandent mon avis. C’est leur univers qui vient croiser le mien, c’est ça qui est puissant, et qui me fascine chaque fois : cette rencontre entre des mots, une histoire, et des images, ce tressage. Avec Delphine Jacquot par exemple, il y a eu ce moment magique où Delphine m’a demandé si elle pouvait « annoncer » le dénouement de l’histoire en pointillé dès le début (Le fil de soie, chez Thierry Magnier), une idée qui donne une force étonnante au livre. Ou encore avec Fanny Ducassé pour un album à paraître en octobre (Dans le ventre de la terre, au Seuil), quand elle m’a fait cerner par ses dessins des sens que je n’avais pas lus dans mes propres mots… Je pourrais ainsi citer des tas de moments forts dans ce travail avec les illustrateurs.
Pour la question subsidiaire, non, je n’ai pas de frustration. J’aime trop ce temps de collaboration et la surprise, chaque fois, l’émerveillement quand les images et les mots résonnent ensemble. Si je m’amuse à griffonner, gribouiller dans mes carnets, c’est plus comme un jeu.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Un bac scientifique, des études de lettres, cinéma et théâtre à Montpellier, puis du théâtre encore avant de rencontrer une équipe de réalisation de son et lumière et de travailler comme assistante de réalisation avant de passer à l’écriture des scénarios.

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?Une princesse au palais
Vers neuf ans, je suis passé de Fantômette et du Club des Cinq à Balzac, Alexandre Dumas et Eugène Sue via un abonnement : chaque mois, je recevais un gros livre relié en skaï (les éditions François Beauval…). C’est à la télé que j’ai découvert les contes, Peau d’Âne (celui de Jacques Demy), la Belle et la Bête (de Jean Cocteau), Pinocchio (de Comencini) et les séries sur fond historique (Quentin Durward), les films de cape et d’épée puis de science-fiction. Dans mes livres « phares » au collège, je cite souvent Le grand Meaulnes et les nouvelles de Maupassant, les romans de Daphné du Maurier. Mais je lisais aussi les romans photo que les voisines stockaient chez nous (on vendait le papier au poids pour des assos caritatives), des San Antonio et même des SAS ! Un joyeux méli-mélo sans interdit et tout en découvertes débridées.

Quelques mots sur vos prochains ouvrages ?
J’ai évoqué Dans le ventre de la Terre, un album avec Fanny Ducassé, qui sort en octobre prochain au Seuil, j’ai hâte de le voir « en vrai » !
Hasard des calendriers, deux de mes livres sont réédités en ce moment. Douze ans après sa publication, L’école du désert, mon premier livre, est édité avec de nouvelles illustrations de Marie Caudry (chez Magnard). Et Entre deux rives, Noël 43 devient D’une rive à l’autre chez À pas de loups (sortie début octobre). Je tenais beaucoup à ce livre, à l’histoire comme au travail splendide de Natali Fortier, et j’étais un peu triste qu’il ne soit plus disponible. Je suis très heureuse qu’il renaisse avec une mise en page actualisée.
Enfin, pour finir sur les publications de cet automne et toujours avec À pas de loups, je suis très fière d’avoir écrit le texte d’un album à partir des images de presque quarante illustrateurs. Laurence Nobécourt (l’éditrice) m’a proposé cette aventure au lendemain du 13 novembre dernier, me demandant de choisir un thème. J’ai répondu sans réfléchir un instant : « s’aimer ». C’est le titre de l’album, il sort en octobre-novembre aussi.

Bibliographie sélective :

  • S’aimer, album illustré par un collectif, À pas de loups (sortira en novembre).
  • Dans le ventre de la Terre, album illustré par Fanny Ducassé, Seuil Jeunesse (sortira en octobre).
  • D’une rive à l’autre, album illustré par Natali Fortier, À pas de loups (sortira en octobre).
  • L’école du désert, illustré par Marie Caudry, Magnard Jeunesse (2016).
  • Les fragiles, roman, Sarbacane (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Le secret du soir, album illustré par Éric Gasté, Milan (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Mon chagrin éléphant, album illustré par Madalena Matoso, Thierry Magnier (2016), que nous avons chroniqué ici.
  • Lily, roman, La joie de lire (2015).
  • Parole de papillon, roman illustré par Léa Djeziri, éditions du Pourquoi pas, (2015). 
  • Sur un toit, un chat, illustré par Carole Chaix, À pas de loups (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • La Belle et la Bête, illustré par Aurélia Fronty, Belin Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Une princesse au palais, illustré par Carole Chaix, Thierry Magnier (2012), que nous avons chroniqué ici.
  • Série Les blue Cerises, co-écrite avec Sigrid Baffert, Maryvonne Rippert et Jean-Michel Payet, Milan (2011-2012).

Retrouvez Cécile Roumiguière sur son site  : http://www.cecileroumiguiere.com.

Concours : Grâce aux éditions Sarbacane, l’un.e d’entre vous va gagner le dernier roman de Cécile Roumiguière, Les fragiles. Pour participer, il vous suffit de nous dire, en commentaire à cet article, quel livre a marqué l’été de vos enfants (ou le vôtre). Le.la gagnant.e sera tiré.e au sort parmi tous les commentaires. Vous avez jusqu’à mardi 20 h. Bonne chance à tous et à toutes  !


En vacances avec… Beatrice Alemagna

Régulièrement, je pars en vacances avec un.e artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à la.le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet.te artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’elle.il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque  ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il.elle veut me présenter et c’est elle.lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette fois-ci, c’est avec Beatrice Alemagna que je pars  ! Allez en route  !

0020407025 albums jeunesse
(ces 5 albums me remplissent d’amour pour les gens, le monde, la vie  !)

  • Roland d’André François
  • Heureusement de Remi Charlip
  • Les Mellops de Tomi Ungerer
  • Dans la nuit noire de Bruno Munari
  • Sylvester and the Magic Peeble de William Steig

The Summer book5 romans

  • Le grand cahier d’Agota Kristof
  • Sur la route de Jack Kerouac
  • Le monstre des Hawkline de Richard Brautigan
  • Norwegian Wood de Haruki Murakami
  • The Summer Book de Tove Jansson

Happiness5 DVD

  • Happiness de Todd Solondz
  • La Famille Tenenbaum de Wes Anderson
  • Nous nous sommes tant aimés de Ettore Scola
  • Chantons sous la pluie de Stanley Donen et Gene Kelly
  • Frank de Lenny Abrahamson

5 CD

  • Sigur-Ros-Agaetis_Byrjun-FrontalSigur Ros, Agaetis Byrjun
  • Anouar Brahem, Le pas du chat noir
  • Max Richter, The Blue Notebooks
  • Soviet Suprem, d’internationale
  • Nick Cave and the bad seeds, Murder Ballads

5 artistes

  • Theo Jansen
  • Jockum Nordstrom
  • Horace Pippin
  • Bill Traylor
  • Jan Svankmajer

5 lieux

  • Une énorme grange suédoise sur l’île de Fårö (lire Fore)
  • Le salon de la villa La Californie à Cannes (mieux si avec Picasso dedans)
  • L’atelier d’Alexander Calder (toujours avec Calder dedans ou si pas possible, rempli de ses mobiles)
  • la salle circulaire de la Stockholms stadsbibliotek
  • Une ancienne cuisine anglaise avec gigantesque verrière sur le fleuve Cam

Beatrice AlemagnaBeatrice Alemagna est auteure et illustratrice

Bibliographie sélective :

  • Un grand jour de rien, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2016).
  • Le merveilleux Dodu-velu-petit, texte et illustrations, Albin Michel Jeunesse (2014).
  • Petit grand Boubo, texte et illustrations, La joie de lire (2014).
  • Les cinq malfoutus, texte et illustrations, Hélium (2014).
  • Bon voyage bébé !, texte et illustrations, Hélium (2013).
  • La gigantesque petite chose, texte et illustrations, Autrement (2011).
  • Jo singe garçon, texte et illustrations, Autrement (2010).
  • C’’est quoi un enfant  ?, texte et illustrations, Autrement (2009).
  • Un lion à Paris, texte et illustrations, Autrement (2006).
  • Histoire courte d’une goutte, texte et illustrations, Autrement (2004).

Retrouvez Beatrice Alemagna sur son site :  http://www.beatricealemagna.com.

You Might Also Like

Secured By miniOrange