La mare aux mots
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Christian Oster

Qu’est-ce qu’on se marre !

Par 24 mars 2015 Livres Jeunesse

Ma famille normale contre les zombiesEn vacances en Bretagne où les mouettes contractent une maladie étrange, MadoLoup se retrouve acculée dans la maison de ses grands-parents devenus zombies, avec sa mère (surnommée « la petite personne » par ses enfants), son père (écrivain qui passe son temps à inventer des histoires qu’il décide de ne pas écrire), son frère ThéoPaïle (passionné par l’Apocalypse zombie), sa sœur Sarouchka (qui ne parle qu’en citations) et sa sœur Louve (5 ans, mais qui s’exprime comme une adulte), cherchant une solution pour échapper à l’attaque des morts-vivants et rentrer chez eux.
Alors, là, attention ! J’annonce : ce roman est un chef-d’œuvre. Je pense que je n’ai jamais autant ri en lisant un roman, jeunesse ou non. J’ai été bluffée par l’écriture de Vincent Villeminot, qui est drôle et subtile, et par son récit truffé de références littéraires, cinématographiques, télévisuelles, etc. La mise en page est également très chouette : uniquement en rouge et noir (« j’exilerai ma peur, j’irai plus haut que ces montagnes de douleur », Jeanne Mas, 1987), des illustrations partout, des gravures, des phrases manuscrites… Chapeau au graphiste, qui a dû y passer un temps fou, et à Yann Autret, qui dessine parfaitement bien les zombies à grandes oreilles !
J’aurais voulu ne jamais m’arrêter de lire ce texte. Heureusement, l’éditeur indique sur son site que c’est le tome 1 : sachant que ce tome est sorti en janvier 2015, quelles sont les chances pour que le tome 2 sorte demain ?…
Allez, une petite citation pour que vous faire sentir la portée de cet ouvrage : « Elle photographie des trucs sans intérêt (…) avec son polaroïd afin qu’on découvre qu’ils avaient en fait quelque intérêt. » C’est beau, non ? Plus sérieusement, que peut-on reprocher à un roman qui cite Sheila et La Cité de la peur ? Rien.
Des extraits sur le site de l’éditeur.
Le même vu par Sous le feuillage et Butiner de livre en livre.

NiakWahoo (oui, c’est le nom du héros), un jeune garçon d’une dizaine d’années, s’occupe de la ménagerie de son père, Mickey Cray, qui ne peut plus travailler depuis qu’un iguane gelé lui est tombé sur la tête. Mais dans cette ménagerie, pas de lapins, de poules ou de moutons, non, plutôt des serpents, des perroquets, des tortues et des alligators ! Bref, des animaux sauvages, que Wahoo et Mickey adorent et chouchoutent. Et c’est justement pour ça que la famille Cray est contactée par le programme de téléréalité « Expédition survie », une émission complètement truquée au cours de laquelle Derek Blair, vedette mégalo insupportable, doit survivre seul (mais entouré de caméras) dans une nature hostile (généralement reconstituée en studio), au milieu des animaux sauvages (mais apprivoisés, voire morts). Une émission qui n’est pas du tout du goût des Cray, mais quand on a des dettes à payer, on fait moins la fine bouche. Les voilà donc tous partis dans les Everglades, où le tournage ne se passe pas exactement comme prévu, surtout quand Derek Blair disparaît seul (vraiment seul cette fois) dans la forêt peuplée de vraies bêtes sauvages, après avoir été mordu par une chauve-souris qu’il tentait de manger crue et vivante.
C’est une satire bien sentie des trucages de la téléréalité que nous offre là Carl Hiaasen, et une bonne façon de faire comprendre aux préados qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on voit à la télé ! On ne s’ennuie pas une seconde dans ce roman très bien écrit, qui traite de la famille, de l’écologie et de la société moderne, avec humour et subtilité. Sous ses airs de comédie railleuse, Niak aborde aussi des sujets sérieux comme l’alcoolisme et les parents violents. Ça n’est pas le sujet central de l’histoire, mais ça a le mérite de faire s’interroger Wahoo, et de fait le lecteur, sur la vie difficile de son amie Anguille.
En résumé, c’est fin, drôle et intelligent ! Foncez !
Le même vu par Chez Clarabel.

Le prince qui voulait rester propreVoilà un petit garçon dont tous les parents pourraient rêver ! En effet, ce petit prince déteste la saleté et n’aspire qu’à une chose : garder son bel habit tout propre. Un jour qu’il se balade sur son beau cheval, lui aussi tout propre, il croise une sorcière très très sale, qui fait du stop. Évidemment, il n’est pas question de s’arrêter, le prince risquerait de se salir. C’était sans compter sur les super pouvoirs de la sorcière qui, elle, est bien décidée à se frotter à ce petit garçon impeccable. Quand le prince découvre que cette sorcière l’emmène au Grand Congrès international des sorcières dégoûtantes, là, c’est vraiment la panique !
Un petit roman pour finir, parfait pour les enfants qui commencent à maîtriser la lecture ou qui n’aiment pas trop ça. C’est simple et rapide à lire, c’est marrant, c’est divertissant. Je suis sûre que les descriptions des sorcières plus dégoûtantes les unes que les autres, avec les illustrations qui vont bien, plairont beaucoup aux enfants !
Des extraits sur le site de l’illustrateur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Yann Autret (Tour de magie de Toto) et de Christian Oster (Chevaliers et princesses avec gigot et L’invitation faite au loup).

Ma famille normale contre les zombies
Texte de Vincent Villeminot, illustré par Yann Autret
Nathan dans la collection Romans grand format.
14,90 €, 152×211 mm, 240 pages, imprimé en France, 2015.
Niak
Texte de Carl Hiaasen, traduit par Yves Sarda
Gallimard Jeunesse.
13,50 €, 140×205 mm, 294 pages, imprimé en France, 2013.
Le prince qui voulait rester propre
Texte de Christian Oster, illustré par Grégory Elbaz
l’école des loisirs dans la collection Mouche.
7,50 €, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2015.

À part ça ?

La Fédération Française des Associations des Chiens guides d’aveugles a fait une super vidéo pour rappeler qu’il y a encore des endroits où les chiens guides d’aveugle, et de fait leurs maîtres, ne sont pas les bienvenus…

Marie

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Des histoires farfelues lues par épisodes

Par 28 février 2014 Livres Jeunesse

Les livres du jour ont deux points communs. Tout d’abord, ils nous content des histoires farfelues, voire complètement déjantées, ensuite ce sont des livres qui se présentent comme des romans (et donc qui s’adressent aux bons lecteurs) que j’ai lus par épisode à ma fille de cinq ans. Je vous en avais parlé, depuis l’édito de la belle version de Matilda sortie l’année dernière chez Gallimard, j’ai eu envie, comme le racontait Jean-Claude Mourlevat de lire de plus longues histoires à ma fille par morceau. Ça la passionne, elle est pressée de savoir la suite, et je trouve que c’est un très bon moment à partager ensemble. Le peu d’illustration fait qu’elle peut écouter, allongée, sans trop bouger au moment du coucher. Ces livres peuvent donc être lus par de jeunes lecteurs (voire même par des moins jeunes) ou, comme moi, vous pouvez les lire à des enfants qui ne lisent pas seuls (et même à des enfants qui lisent déjà seuls d’ailleurs !).

On commence par un grand classique

Les contes bleus du chat perchéDans la ferme de Delphine et Marinette, la vie n’est pas de tout repos. Pensez donc ! Le canard part découvrir le monde et revient avec une panthère, un loup profite de l’absence des parents pour venir jouer avec les petites filles, un cerf pourchassé par des chasseurs vient s’y réfugier et remplace un bœuf, en jouant à L’arche de Noé une poule se voit transformée en éléphant, un jars vole la balle des fillettes, Delphine et Marinette se réveillent un matin cheval et âne, un mouton devient la monture d’un soldat et des cygnes veulent adopter les petites filles. Quand je vous disais que la vie n’était pas de tout repos dans la ferme de Delphine et Marinette…

Voilà encore un classique, Les contes bleus du chat perché de Marcel Aymé, que je découvre à 36 ans passés. Là encore, je les ai lus par épisode à ma fille et malgré un français soutenu (j’ai moi-même dû chercher des mots dans le dictionnaire à plusieurs reprises), elle a adoré les péripéties de ces deux petites filles plus ou moins sages. C’est quand même souvent parce qu’elles désobéissent aux parents que des soucis leur arrivent… mais les parents sont aussi souvent responsables de leurs tracas (faut dire qu’ils sont quand même assez détestables !). Les personnages, qu’ils soient humains ou animaux, sont savoureux. On rit beaucoup, mais il y a aussi de bonnes intrigues. Bref, si comme moi vous étiez passé à côté de ce monument je vous le conseille fortement (surtout que l’édition Bibliothèque Gallimard Jeunesse est magnifique et qu’il est préfacé par François Morel) et si le connaissiez déjà… de le faire découvrir à vos enfants !

Mon Papi et Moi, Et Mamie CochonUne petite fille qui passe ses vacances chez un papi très original. Un papi pris d’une frénésie de crêpe, qui adore sauter par-dessus le fleuve ou manger des gaufres au caramel. Un papi qui va tout faire pour avoir une médaille, qui fait des concours de poisson d’avril et qui laisse des trésors pour quand il sera mort. Mais surtout un papi qui a chez lui un cochon qui s’appelle Mamie.

Douze histoires très originales, parfois complètement déjantées d’un papi farfelu et de sa petite fille (parfois, on se demande si le papi n’est pas plus « enfant » que sa petite fille). On rit beaucoup à la lecture de leurs aventures et même si l’ouvrage est conseillé à partir de 8 ans par l’éditeur, ma fille a adoré écouter ces histoires, attendant chaque fois la suite avec impatience (et me suppliant d’en lire une autre). Des histoires pleines de non-sens comme j’aime, dans lesquelles une petite fille peut rêver d’être un rhinocéros plus tard ou un grand-père peut décréter le jour des objets (et ce jour-là tout prend du temps, car on s’excuse, auprès des objets, de les utiliser…). Un régal !

Chevaliers et princesses avec gigotUn prince avait pris un peu de repos au pied d’un chêne, dans son sac de couchage. Seulement voilà, à son réveil impossible de trouver ses chaussettes ! Il lui fallait pourtant aller sauver une princesse et tuer un dragon ! Alors bon… sauver une princesse pieds nus… c’est pas terrible, valait mieux commencer par le dragon ! Dans une forêt, la nourriture que chacun mangeait est basée sur la première lettre de ce qu’il était. Ainsi une fée mangeait des figues et du fromage, le hérisson du houx (d’où ses piquants) et le bûcheron du bois ! Seulement le géant lui en avait assez de manger du gigot et du gibier… Dans un pays vivait une princesse nulle. Mais pas genre pas très adroite, non non vraiment nulle ! Elle était du genre à tomber de selle quand elle était à cheval, mettre sa robe sur le mauvais programme dans la machine à laver (ce qui l’abîmait) ou à manger son steak avec des couverts à poisson ! Ses parents exaspérés lui demandèrent de partir à la recherche d’un prince. Ça tombait bien, dans le pays d’à côté un prince était endormi attendant qu’on le réveille.

Gros coup de cœur pour ces trois histoires de Christian Oster (toutes précédemment sorties dans la collection Mouche). Je ne connaissais pas du tout et ma fille et moi avons adoré. Moi j’ai pris énormément de plaisir à lire ses histoires complètement farfelues et ma fille a beaucoup ri à les écouter. Ça part dans tous les sens, c’est bourré de références, les princesses réveillent des princes, des Lapons sont pris pour des lapins et les lutins pour des sandwiches ! Trois histoires à l’humour décalé, aussi drôles pour les enfants que pour les parents.

La méchante sorcière fait la fêteDans la forêt on joue au lancer de marrons, on patine sur le lac gelé, on fait la fête, on mène l’enquête pour savoir qui transforme la forêt en emmenthal (ben oui pas en gruyère, y’a pas de trous dans le gruyère !), on rigole bien grâce à de la poudre orange… On se chamaille un peu, mais on s’aime beaucoup.

Quel bonheur de retrouver le hibou poète, le hérisson boudeur, le lièvre, le merle et surtout la méchante sorcière (pas si méchante) d’Hanna Kraan et Annemarie van Haeringen ! Je vous avais déjà parlé du premier tome, Qui a peur de la méchante sorcière ?, que nous avions adoré, nous avons pris autant de plaisir à lire ces dix nouvelles aventures. C’est vraiment drôle, bien écrit, plein de malice, bref on est fan ! Vivement la suite (qui sortira cette année).

Quelques pas de plus…
Un autre livre que j’avais lu par épisode à ma fille : Pinocchio.

Nous avons déjà chroniqué des livres de Christian Oster (L’invitation faite au loup), Pascal Lemaître (Tout le monde fait caca !), Audrey Poussier (Au lit tout le monde !), Delphine Perret (Il était mille fois, Moi, le loup et la cabane et Moi, le loup et les vacances avec pépé) et Hanna Kraan et Annemarie van Haeringen (Qui a peur de la méchante sorcière). Retrouvez aussi notre interview de Delphine Perret.

Les contes bleus du chat perché
Textes de Marcel Aymé, illustrés par Nathalie Parain
Gallimard Jeunesse dans la collection Bibliothèque Gallimard Jeunesse
15,90 €, 150×200 mm, 197 pages, imprimé en Italie chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Mon papi et moi, et Mamie Cochon
Textes de Marjolijn Hof (traduit par Emmanuèle Sandron), illustré par Judith Ten Bosh
Flammarion dans la collection Castor Poche
6,60 €, 134×180 mm, 155 pages, imprimé en France, 2013.
Chevaliers et princesses avec gigot
Textes de Christian Oster, illustrés par Pascal Lemaître, Audrey Poussier et Delphine Perret
L’école des loisirs
15 €, 153×230 mm, 143 pages, imprimé en France, 2013.
La méchante sorcière fait la fête
Texte d’Hanna Kraan (traduit par Anne-Lucie Voorhoeve), illustré par Annemarie van Haeringen
Syros
14 €, 152×219 mm, 118 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013 (édition originale 2005, première édition française 2010)

À part ça ?

L’amour expliqué par des tout petits, une vidéo des Maternelles.

Gabriel

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Petits romans pour petits lecteurs

Par 14 novembre 2013 Livres Jeunesse

Voici une sélection de romans pour les jeunes lecteurs ou pour ceux qui aiment les romans courts.

Emilie se maquilleÉmilie tente de se maquiller mais c’est une catastrophe ! Son frère Stéphane passe par là et propose de l’aider… seulement c’est encore pire ! Émilie est furieuse du résultat. Et si ce maquillage raté se transformait en quelque chose de réussi ?

Emilie Les empreintes mystérieusesÉmilie, Sidonie et Guillaume se promènent et aperçoivent des traces de pas, tout de suite ils reconnaissent les traces d’Arthur, le hérisson. Seulement un peu plus loin il y a des traces terrifiantes comme si elles étaient celles d’un dragon et comme par hasard Élise a disparue ! Vite il faut suivre les traces de pas !

Emilie Le papillon de l'écoleAlors qu’Émilie, Sidonie et Léa vont se laver les mains après avoir fait de la peinture, un papillon entre dans l’école et tourne autour d’elles. Les petites filles essayent de le faire sortir, s’amusent énormément à tenter de l’attraper seulement celui-ci ne se laisse pas prendre et chaque tentative ratée laisse des traces de peinture sur les murs.

Emilie Le ballon jauneÉmilie court avec son nouveau ballon jaune, elle est heureuse. Son ballon ressemble à un soleil. Elle croise Sidonie qui a le même qu’elle et a d’ailleurs fait la même comparaison. Puis c’est au tour de Nicolas d’arriver avec le sien, pour lui son ballon jaune c’est un dragon. Et si on dessinait dessus pour ne pas les confondre ? Seulement il ne faut pas appuyer trop fort !

Vous connaissez certainement Émilie et si vous suivez le blog vous savez que je suis fan de ce petit personnage. Après le dessin animé tiré des livres, voici les livres tirés du dessin animé ! On oublie donc la petite fille croquée par Domitille de Pressensé car c’est ici une captation des images en 3D. Bonne idée ou pas, je vous laisse avoir votre propre avis ! En tout cas, ces quatre petits romans pour jeunes lecteurs (dès le CP) qui viennent de sortir proposent de jolies histoires dans lesquelles on retrouve bien l’esprit de la série d’origine. À la fin de ces ouvrages, des petits jeux sont proposés. Faire ses premiers pas de lecteur autonome avec Émilie, c’est plutôt sympa, non ?

Prune et l'argent de pocheVous connaissez Prune ? On vous a déjà parlé de ce personnage piquant, ce coup-ci elle a besoin d’argent ! Elle veut offrir un cadeau à son copain Barnabé mais quand on n’a même pas d’argent de poche ce n’est pas facile ! Prune va donc devoir faire preuve d’ingéniosité pour trouver l’argent nécessaire… et les idées, Prune, c’est pas ce qu’il lui manque !

Je suis vraiment fan de ce personnage de Séverine Vidal et chaque fois qu’une de ses aventures sort je suis ravi de la retrouver. Prune piquante à souhait, le genre de petite fille qui a un caractère affirmé et des idées bien à elle. Ici on est entre le roman jeune lecteur et l’album (un peu comme un roman graphique pour les plus jeunes) et c’est toujours aussi réussi ! C’est le cinquième volume des aventures de Prune et on en veut plein d’autres !

Ce que tu cherches tu trouverasIl fait peur le quartier des platanes. Fatou et Yan sont intrigués, que peut-il y avoir dans cet endroit abandonné caché par une palissade. Parfois de leurs fenêtres, à la tombée du jour, ils aperçoivent des formes étranges qui s’y promènent. Un jour où leur ballon passe par-dessus la palissade ils décident d’aller voir… pas rassurés !

Ce que tu cherches tu trouveras c’est le message que trouve Fatou dans un biscuit chinois et c’est le nom de ce joli roman pour jeunes lecteurs signé Charlotte Bousquet et illustré par Fabien Fernandez. Ici il est question de peur (et de la surmonter), des a priori, d’amitié, d’amour. Fatou et Yan ne retrouveront peut-être pas le ballon… mais ils trouveront quelque chose, c’est certain !

Mia des nuagesMia est du genre gourmande, son plaisir c’est ses tartines au beurre de cacahuète. La jeune fille a aussi une passion, la danse. Seulement quand son professeur de danse se casse la jambe, elle est remplacée par mademoiselle Sèchepince qui va faire comprendre (pas très subtilement) à Mia qu’il faut qu’elle maigrisse. Mia va donc arrêter le beurre de cacahuète et le reste… jusqu’à devenir légère… légère… au point de s’envoler, c’est le début d’une grande aventure.

Mia des nuages est aussi une sorte de conte, très particulier. L’histoire commence par être très « réelle » avec le diktat de la minceur, l’anorexie puis l’auteur nous emmène dans un récit fantastique où Mia vole, parcourt le monde et devient tour à tour esclave, attraction. C’est une très belle histoire, complètement originale sur la différence, l’entraide et l’amitié magnifiquement mise en image par Xu Hualing .

L'invitation faite au loupParce qu’il en a assez de se faire courser par le loup un cochon lui propose un marché : s’il arrive à passer une épreuve qu’il lui a concocté, le loup aura le droit de le manger. Dans le cas contraire il le laisse définitivement tranquille ! Gonflé non ? Le loup qui n’a jamais réussi à rattraper ce cochon très rapide est forcément tenté ! Le rendez-vous est pris, ça sera à la ferme. Autant vous dire que les animaux ne sont pas ravis d’apprendre que le loup va leur rendre visite… Le loup réussira-t-il cette épreuve ?

Beaucoup d’humour dans ce petit roman de Christian Oster illustré par Anaïs Vaugelade. L’auteur joue avec les mots, on essaye de deviner en même temps que le loup les réponses aux énigmes. C’est le genre de texte qu’on se régale de lire à voix haute (les Mouche sont normalement pour des enfants qui savent déjà lire mais, personnellement, j’adore les lire à ma fille de cinq ans et elle a adoré cette histoire). L’invitation faite au loup est un conte très original, plein d’humour et de suspense.

Le violon d'AbigailAbigail ne parle plus depuis le décès de sa mère il y a deux ans. Ce n’est pas avec plaisir qu’elle déménage avec son père, quittant Nantes pour le sud de la France. De son nouvel appartement, souvent Abigail entend une plainte sans savoir ce que c’est, ni d’où ça vient. La jeune fille aime se réfugier dans la petite cour de l’immeuble, un petit patio avec un puits. Un jour elle y rencontre un homme bien étrange…

Le violon d’Abigail a été une belle surprise, j’ai été emporté par cette histoire de jeune fille, entre rêves et réalité. Une sorte de conte pour jeunes lecteurs. Je parle aussi de belle surprise car comme beaucoup j’ai parfois des a priori idiots sur l’auto édition (mais je ne leur ferme pas ma porte). Et là en plus d’une belle histoire écrite avec  une très belle plume, l’objet est beau avec son papier épais et sa couverture à rabats et les illustrations à la peinture de l’auteur (et éditrice donc) sont vraiment réussies. Elles accompagnent parfaitement ce texte doux et poétique. Un très joli roman.
Vous découvrirez les illustrations dans la bande annonce du livre.

Le plus joli des rêvesIl était une fois un rêve… pas un rêve comme il en existe beaucoup, celui-là était le plus joli des rêves qu’on puisse imaginer. Mougueule, l’homme le plus puissant du pays, voulait absolument ce rêve, il avait déjà tout, il ne lui manquait que ça ! Mais comment attraper un rêve… il chargea le pauvre Grand Gaston de s’en occuper.

Le plus joli des rêves est une magnifique histoire signée Nathalie Brisac. Un conte extrêmement poétique, plein de douceur et d’humour. On a beau avoir le pouvoir, on ne peut pas tout avoir et parfois c’est ceux qui en ont le moins qui peuvent s’emparer des choses les plus précieuses. Une belle histoire pleine de sens qui va ravir les jeunes rêveurs.
Le même vu par Délivrer des livres, Parfums de livres, Qu’importe le flacon, Enfantipages, Les lectures de Kik, Sous le feuillage et Les lectures de Liyah.

Les mots perdusAntonin, un garçon d’une dizaine d’années, est en vacances en Bretagne avec la compagne de son père. Il rencontre Rose, qui travaille sur les marchés pour aider ses parents. Celle-ci lui présentera son ami Jakez, amoureux d’une jeune africaine rencontrée sur internet qui n’a pas pu avoir de visa pour venir le voir. Ensemble ils vont essayer de percer le secret de la maison de la morte aux bijoux, une maison isolée qui se trouve sur une île qu’on peut rejoindre à marée basse.

Les mots perdus est un très beau roman qui nous emmène là où on ne l’attend pas. Au départ, trois enfants qui partent à l’aventure, dans une maison qu’on dit hantée. On sent qu’ils ont envie de grands frissons, de découvrir des trésors. En fait ils vont trouver tout autre chose. Même si j’ai trouvé parfois qu’il y avait un souci entre l’âge donné des héros (ils entrent en sixième) et ce qu’ils vivent (travailler sur un marché, inviter quelqu’un qu’on connait d’internet et qui vit dans un pays lointain chez soi pour les vacances, leurs parents les laissent aller sur une île sachant que si la marée monte ils y seront coincés pour la nuit,…). Malgré cette petite interrogation donc, Yves Pinguilly a écrit un très beau roman qui parle de la mémoire, des frontières, de l’amitié.

Charly Tempête On déménageLe très bricoleur Charly Tempête (et oui c’est son nom), 9 ans, déménage ! Alors ce n’est pas de gaité de cœur, on ne quitte pas comme ça une maison pleine de charme avec un magnifique jardin pour une maison caca d’oie avec un jardin tout petit et sans arbres ! Mais il le fallait, son papi vieillit et est très seul depuis que sa femme est morte. La mère de Charly, qui aimait tant son « Céleste refuge » (comme elle appelait sa maison), déprime. Elle qui chantait tout le temps (même quand elle faisait brûler le dîner), n’est plus la même. Heureusement le père de Charly a une idée, et si on organisait une fête ? On invite les voisins et pourquoi pas des amis d’enfance de maman (c’est l’avantage d’être revenu près de là où elle a grandit) ? L’organisation ne sera pas de tout repos…

Charly Tempête Drôle de rentréeÇa y est, Charly est bien installé dans sa nouvelle maison, mais maintenant c’est l’heure de la rentrée… Charly redoute ce moment car on lui a dit que son institutrice était terrible ! Le jour J rien ne se passe comme prévu ! Son nouveau copain Djawad n’est pas au rendez-vous. Ensuite c’est le portail de l’école qui ne s’ouvre pas (heureusement que Charly est ingénieux et invente un cascourte-échelle ( un casque combiné avec un double décimètre en fer qui permet de faire grimper les autres sur sa tête pour passer par-dessus le portail. Enfin la fameuse institutrice n’est pas là, mais ça c’est pas forcément une mauvaise nouvelle… quoique…

Charly Tempête est une toute nouvelle série sortie chez Casterman. Les deux premiers tomes laissent présager une très bonne série. Annelise Heurtier signe un texte plein d’humour et en même temps qui parle d’aujourd’hui (déménagement, personnes âgées, manque de moyens dans l’éducation nationale…). Elle fait passer des petites choses sans que ça soit lourd. On rit beaucoup aux aventures du jeune garçon et surtout à ses inventions. Les illustrations de Clotka accentuent ce côté moderne. Deux romans plein d’humour encrés dans la réalité actuelle qui devraient séduire les jeunes lecteurs d’aujourd’hui.
Des extraits ici.
Les mêmes vus par Enfantipages.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des Émilie (Émilie en route pour l’école, Émilie et le pique nique, L’alphabet, Les chiffres, Émilie au marché, Émilie et le bébé de neige, Émilie fait pipi au lit, Émilie et le doudou, Émilie et les poussin, La maison d’Émilie et les 16 premiers de la nouvelle série et les autres séries), des livres de Séverine Vidal (Une girafe un peu toquée, Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps) , Kris di Giacomo (Tous les monstres ont peur du noir, Prune cherche son style, Prune et la colo d’enfer, Quand le loup a faim, Prune : la grosse rumeur, Prune : le fils de la nouvelle fiancée de papa), Charlotte Bousquet (Proie idéale, Rouge tagada et Précieuses, pas ridicules), Fabien Fernandez (Voyage polaire), Janine Teisson (L’ogre bouquiniste), Xu Hualing (L’étoile de Grand’Pa, Manon et la caverne aux brigands), Anaïs Vaugelade (Le poulet fermier et Mission impossible), Rascal (Le temps des ours), Yves Pinguilly (La couleur des yeux), Annelise Heurtier (Sweet Sixteen, Le carnet rouge et La fille aux cheveux d’encre) et Clotka (Les aventures de Tit’Oignon). Nous avons déjà interviewé Domitille de Pressensé, Séverine Vidal, Kris di Giacomo, Fabien Fernandez et Annelise Heurtier.

Émilie se maquille
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Les empreintes mystérieuses
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le papillon de l’école
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le ballon jaune
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Prune et l’argent de poche
Texte de Séverine Vidal, illustrations de  Kris Di Giacomo
Frimousse dans la série Prune
8,50€, 150×210 mm, 43 pages, imprimé en Lettonie, 2013.
Ce que tu cherches tu trouveras
Texte de Charlotte Bousquet, illustrations de Fabien Fernandez
Rageot dans la collection Petit roman
5,70€, 135×180 mm, 44 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Mia des nuages
Texte de Janine Teisson, illustré par Xu Hualing
Oskar éditeur
9,95€, 145×210 mm, 56 pages, imprimé en Europe, 2012.
L’invitation faite au loup
Texte de Christian Oster, illustré par Anaïs Vaugelade
École des loisirs dans la collection Mouche
7€, taille en mm, 48 pages, imprimé en France, 2013.
Le violon d’Abigail
de Nathalie Desperches-Boukhatem
Éditions de la Gâtine dans la collection Mes rêves
10€, 125×180 mm, 36 pages, imprimé en France, 2012.
Le plus joli des rêves
Texte de Nathalie Brisac, illustré par Rascal
École des loisirs dans la collection Mouche
7,50€, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2013.
Les mots perdus
Texte d’Yves Pinguilly
Oskar dans la collection Court MÉ-trage
5€, 115×170 mm, 81 pages, imprimé en Europe, 2013.
On déménage !
Texte d’Annelise Heurtier, illustré par Clotka
Casterman dans la collection Charly tempête
6,95€, 195×135 mm, 80 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Drôle de rentrée !
Texte d’Annelise Heurtier, illustré par Clotka
Casterman dans la collection Charly tempête
6,95€, 195×135 mm, 80 pages, imprimé en Espagne, 2013.

A part ça ?

Le guide de l'édition jeunesse 2014 Le guide de l’édition jeunesse 2014 est sorti ! Ce gros guide, qui existe depuis dix ans, est ultra complet ! Conseils aux auteurs et illustrateurs (conseils artistiques mais aussi juridiques, commerciaux…), annuaire des éditeurs, auteurs, sites internet, publications spécialisées… C’est une bible ! Autant pour les auteurs et illustrateurs qui y trouveront des tas de conseils qui leur serviront, que pour tous les passionnés et professionnels de la littérature jeunesse qui se serviront des annuaires. A la fin de l’ouvrage, on trouve même des petites annonces. Une bible on vous dit !
Plus d’info, l’acheter etc sur leur site.
A noter, si vous allez au salon de Montreuil (du 27 novembre au 2 décembre) vous pourrez le feuilleter sur le stand CRILJ / GRIFFON (stand n° G29).

Gabriel

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