La mare aux mots
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Christine Davenier

Noir !

Par 10 avril 2015 Livres Jeunesse

Le noirLazlo avait peur du noir. Il le voyait tapi derrière une porte, caché dans un placard, mais surtout guettant dans la cave. La nuit, le noir sortait de ses cachettes et envahissait toute la maison. Une nuit, il vint voir Lazlo.
Lemony Snicket (auteur de la série Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire) nous raconte une histoire que l’on connaît bien : la peur du noir. Sauf qu’ici, la façon dont le sujet est traité est vraiment originale. Le noir est un personnage. Un personnage tapi dans les recoins la journée, qui attend la nuit pour remplir la maison. Les magnifiques illustrations de Jon Klassen (et le beau travail d’édition) font aussi que ce noir est réellement présent, comme un personnage.
Un livre aux magnifiques illustrations pour parler de la peur du noir de façon originale.
Le même vu par Les lectures de Liyah.

Dans le noir de la nuitPetit Louis doit aller se coucher, mais il lui manque son oreiller-doudou. Comment pourrait-il s’endormir ? Comme il n’y arrive pas, il décide de partir à sa recherche au fond de son lit et y rencontre de bien étranges personnages qui vivent là, dans le noir. Ils vont l’aider à retrouver son oreiller-doudou.
Dans le noir de la nuit parle également de la peur du noir mais aussi, vous l’aurez compris, de la perte du doudou et de réussir à s’endormir sans. Même si je suis un peu moins fan que du livre précédent (tant au niveau du texte que des illustrations), c’est un album sur l’imaginaire des enfants.
Un album tendre à lire avant de se coucher.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Lemony Snicket (Le compositeur est mort – Enquête à l’orchestre et Les fausses bonne questions de Lemony Sniket, T.1 – Mais qui cela peut-il être à cette heure ?), Magdalena (La princesse Tralala. Une histoire qui joue avec les voyelles, Pipi Caca Popot, Je suis en CE1 T1 : Premier jour de classe, Je suis en CP 3 aventures pour débuter en lecture, L’imagier de Bali, une journée à l’école et 24 petites souris vont à l’école) et Christine Davenier (Ça roule pour Clara et Oh, Pétard !).

Le noir
Texte de Lemony Snicket (adapté par Jacqueline Odin), illustré par Jon Klassen
Milan
13,50 €, 190×254 mm, 42 pages, imprimé en Chine, 2015.
Dans le noir de la nuit
Texte de Magdalena, illustré par Christine Davenier
Père Castor
13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015.

À part ça ?

Depuis mercredi au cinéma, Lilla Anna, un très joli film par les créateurs de Laban le petit fantôme.

Gabriel

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Deux enfants plein de vie, chacun à leur manière !

Par 22 juin 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux enfants très différents !
Ca roule pour ClaraClara a très envie d’enfiler ses nouveaux patins à roulettes ! Mais elle ne sait pas en faire, et sa maman n’est pas disponible pour le moment pour l’accompagner. Qu’à cela ne tienne, Clara n’en fait qu’à sa tête, et sort. Au départ tout se passe à peu près bien… jusqu’à la grande pente qu’elle n’avait pas vue. Elle prend de la vitesse, ne peut plus s’arrêter, c’est une catastrophe. Dans sa course folle, il lui arrive un tas d’aventures…. Parviendra-t-elle à s’arrêter ?

Attention, cet album décoiffe ! Clara est un vrai tourbillon. Linda Ashman nous raconte ses aventures en rimes, avec beaucoup d’humour. Quant aux illustrations de Christine Davenier, elles sont vraiment réussies : elles transcrivent très bien le mouvement, la vitesse, et les différentes expressions de la fillette, finalement un peu dépassée par les événements ! Voici un album plein de fraîcheur, dont l’énergie est communicative !

léon et son crayonAvec Léon, l’ambiance est différente. Il aime énormément dessiner. Quand il commence, il ne sait jamais ce qu’il va dessiner. Il observe autour de lui, ou puise au plus profond de son imagination, sans se donner de limites. Animaux, monstres, objets, tout prend vie sous la mine de son crayon. Dessiner pour lui, c’est magique !

Il y a fort à parier que vous ayez déjà entendu cette question : « Qu’est-ce que je peux dessiner ? J’ai envie de dessiner, mais je sais pas quoi faire… » ! Et bien Léon se pose souvent la même question. Mais il se laisse porter par son imagination, sans toujours se poser trop de questions. Avec lui, on apprend à se faire confiance, à lâcher prise, et à aller puiser au fond de soi les meilleures ressources ! Barney Saltzberg signe un très bel album. Le texte est court, mais percutant, et surtout, les illustrations ont un côté un peu magique. On ne voit que Léon, son crayon, et son dessin, qui se forme sous nos yeux, grâce au système de rabats. Original, ludique, et poétique, voilà un bel hommage à la création !

Quelques pas de plus…
L’imagination est un thème souvent abordé dans la littérature jeunesse. Retrouvez nos chroniques avec le tag Imagination.

Ça roule pour Clara
Texte de Linda Ashman. Illustrations de Christine Davenier.
Circonflexe
13 €, 208 x 262 mm, 32 pages, imprimé aux Emirats Arabes Unis, 2013
Léon et son crayon
de Barney Saltzberg
Seuil Jeunesse
14,90 €, 204 x 274 mm, 22 pages, imprimé en Chine, 2013

A part ça ?

Jean-de-la-lune-DVDJean de la Lune s’ennuie sur… la Lune. Grand rêveur, il décide un jour de visiter la Terre. Mais si les enfants l’accueillent avec plaisir, ce n’est pas le cas de tous les terriens. En effet, il est vu comme un ennemi : rêver n’est pas forcément bien vu sur Terre. Finira-t-on par accepter sa différence ?

Au départ pièce de théâtre des années 30, l’histoire de Jean de la Lune a été maintes fois reprises. Tomi Ungerer en a écrit sa version dans un album pour enfants, et récemment, Stephan Schesch en a fait un très beau film d’animation, plein de douceur et de poésie. C’est doux et onirique, et on prend beaucoup de plaisir à se laisser porter par ce conte joliment adapté !

Jean de la Lune, un film de Stephan Schesch, d’après le conte de Tomi Ungerer. France Télévisions Distribution.

 

 Marianne

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Mes parents ne s’aiment plus… (thématique sur le divorce 1/3)

Par 31 mai 2012 Livres Jeunesse

Ce soir elle ne rentre pas
Je n’sais plus, je n’sais pas
Elle écrira demain peut-être
Nous aurons une lettre
Il pleut sur le jardin
Je vais faire du feu
Je n’ai pas de chagrin
On est là tous les deux
Seuls
Mon petit garçon
Serge Reggiani

Aujourd’hui un sujet pas forcément évident : le divorce. C’est souvent un évènement difficile pour les enfants. Les livres sont là pour leur montrer qu’ils ne sont pas seuls dans ce cas. Les livres sont aussi une bonne façon d’entamer des conversations, de leur faire parler de leurs propres questionnements, de voir comment ils voient les choses. Je vous propose une chronique en trois parties, aujourd’hui et la semaine prochaine les livres pour les plus jeunes et la semaine d’après pour ceux qui savent déjà bien lire.

Camille a bien de la chance d’avoir deux familles ! Deux maisons, deux gâteaux d’anniversaire, partir deux fois en vacances,…

Camille a deux familles d’Ophélie Texier est un livre tout cartonné idéal pour les toutpetits. Le texte est simple, les illustrations épurées, le genre d’album qui va leur parler. Ici on dédramatise donc la famille recomposée. Camille est heureuse et ne voit que des avantages à sa situation. Par contre un enfant dont les parents ne sont pas divorcés va envier Camille ! Il est sorti dans la collection Loulou & cie chez L’école des loisirs, un gage de qualité !

Les parents se séparent est un livre de la collection Mine de rien de Catherine Dolto (chez Gallimard Jeunesse), une collection que j’aime assez mais qui sur certains point à tendance à me hérisser le poil… Pourtant elle est plutôt bien faite, joliment illustrée et bien écrite. Mais voilà il y a souvent une phrase qui chez moi ne passe pas, ici c’est la première « Tous les enfants naissent de l’amour d’une femme et d’un homme » que je trouve assez hétérocentrée et même au-delà… Mais passons cette première phrase et intéressons-nous au reste. Ici donc Catherine Dolto explique avec beaucoup de psychologie et de finesse le processus de la séparation des parents. Du désamour à la reformation d’une nouvelle famille en passant par le divorce en lui-même avec les avocats,les juges et les disputes. Cette collection arrive toujours à parler aux enfants avec des mots simples, leur expliquer les choses qu’ils vivent, les dédramatiser.

Pétard préférait sa vie d’avant. Une femme qui lui donnait des croquettes, un homme qui le faisait sortir et des enfants avec lesquels il jouait ou faisait des câlins. Mais maintenant c’est vraiment plus pareil, il vit un coup chez l’un, un coup chez l’autre. Et ils ont l’air bien tristes tous séparés. Il faut tenter de remettre de la vie dans tout ça ! Oh Pétard !

Le divorce vu par le chien de la famille, c’est original ! Fallait y penser ! Le texte de Christine Naumann-Villemin (dont j’avais entendu le plus grand bien mais je n’avais rien lu d’elle) est très beau et en même temps très drôle, plein de tendresse et d’humour. Le côté « vu par le chien » permet vraiment de dédramatiser tout ça, d’en rire. À la fin, forcément, le chien se rend compte que cette nouvelle vie n’est pas si mal. Les illustrations de Christine Davenier sont pleines de mouvement, ce qui donne énormément de dynamisme à cet album. Un album très vivant, loin de toute morosité.

La vie d’enfant en garde alternée ce n’est pas toujours facile, une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre… heureusement la petite fille de cette histoire a tendu un fil entre les deux maisons.

« Mes parents ils ne s’aime plus. Et ça, ça veut dire plus de bisous, même sur la joue. Ils se disent un coucou de loin. Rusée, je me mets entre eux deux et je leur prends la main. On forme un trio pour quelques secondes. Je suis le fil entre les deux. » Pour parler de sujet pas facile avec humour et tendresse qui de mieux, franchement, que Séverine Vidal ? Son Du fil à retordre est comme la plupart de ses écrits un livre qui nous fait sourire autant qu’il nous fait ressentir des émotions. Le personnage principal est attachant et touchant mais en même temps si drôle et si pétillant. On parle donc ici de la garde alternée, des vacances « partagée » entre les deux, d’essayer d’être le lien entre deux personnes qui se sont aimées. L’enfant tente de faire des choses drôles pour que les parents se le racontent, pour recréer le dialogue, pour allonger ce temps où ils sont à nouveaux trois. On parle aussi de ce qu’on emporte, du sac qui est la seule chose commune aux deux maisons et des odeurs, emporter avec soi, chez papa, l’odeur de maman. Et ce fil qui lie les deux vies, ce fil parfois tendu, parfois emmêlé mais qui est toujours là heureusement, pour continuer de marcher dessus en essayant de ne pas tomber. Qu’elle est belle cette histoire, qu’ils sont beaux les mots de Séverine Vidal. Qu’ils font du bien !

Cette famille c’est simple comme un jeu de carte ! Le père, la mère, le fils, le chien. Mais un jour il y a eu un souci. Au milieu le fils et le chien, d’un côté le père et de l’autre la mère. À partie de là le jeu est devenu de plus en plus compliqué. Il y avait toujours le père, la mère, le fils et le chien mais sont venus s’ajouter l’amoureux de la mère , l’amoureuse du père, la fille de l’amoureux de la mère, le fils de l’amoureux de la mère, la chat du fils de l’amoureux de la mère,… bref un jeu de carte bien différent… pas forcément moins bien… mais plus pareil !

Le parallèle entre le jeu de 7 familles (les personnages sont souvent représentés sur des cartes et on les voit souvent jouer aux cartes) et l’évolution de la famille est à la fois très intelligent et super original. Le texte est une petite merveille. C’est drôle, fin, bien écrit. L’objet en lui-même est très beau. C’est un album que j’adore. À la fin du livre on nous montre d’autres sortes de jeux, des familles différentes, ce qui souligne bien qu’aucune famille n’est semblable, celle de l’enfant unique, l’enfant sans parents, l’enfant adopté ou l’enfant à deux papas (rares sont les livres qui parlent d’homoparentalité et ça mérite d’être souligné !). Pour citer un peu la quatrième de couverture qui reprend les règles du jeu de cette famille « On peut y jouer avec le cœur à l’envers et le moral dans les chaussettes. On peut y jouer en inventant les règles au fur et à mesure (…) On peut y jouer autant qu’on veut parce que c’est jamais interdit de rigoler ». Cet album est une vraie réussite !

Quelques pas de plus…
Oh, Pétard ! et Du fil à retordre sur Enfantipages.
Le jeu de cette famille, Du fil à retordre et d’autres livres sur le divorce sur 3 étoiles
Et la suite de cette thématique jeudi prochain (d’autres albums) et le jeudi suivant (romans).

Camille a deux familles
de Ophélie Texier
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie
7,70€
Les parents se séparent
de Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée, illustré par Frédérick Mansot
Giboulées Gallimard Jeunesse dans la collection Mine de rien
6,00€
Oh, Pétard !
de Christine Naumann-Villemin, illustré par Christine Davenier
Kaléidoscope
13€
Du fil à retordre
de Séverine Vidal, illustré par SeL
Éditions Les Lucioles
14,90€
Le jeu de cette famille
de Annie Agopian, illustré par Claire Franek
Rouergue
12€

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À part ça ?

Oh mais c’est déjà le dernier jour du mois, et donc le jour des coups de cœur ! Pour le mois de mai Marianne a choisi Les pendules de Dana et moi Patabulle cultive son jardin. Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog et sur Facebook.

Gabriel

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