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Claire Gaudriot

Les invités du mercredi : Clémentine Beauvais et Claire Gaudriot (+ concours)

Par 31 octobre 2012 Les invités du mercredi

Je vous en parlais lundi dernier, La pouilleuse a été pour moi un gros choc littéraire. De par son sujet, de par la plume de son auteur. À peine terminé j’ai eu envie de poser des questions à celle-ci, Clémentine Beauvais. J’ai été ravi qu’elle accepte d’y répondre. J’avais déjà repéré sa plume sur son blog, que je vous recommande et j’avais adoré sa réponse à ma question de mercredi dernier « Peut-on tout écrire dans un livre pour enfants ? » (à lire ici). C’est quelqu’un de passionnant, une auteur à suivre de très près. De plus vous pourrez tenter de gagner La pouilleuse, grâce aux éditions Sarbacane, juste après l’interview. Ensuite nous partirons en vacances avec la talentueuse illustratrice Claire Gaudriot. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : Clémentine Beauvais

Quel a été votre parcours ?
J’ai toujours écrit et j’ai cherché à être publiée dès l’âge de 9 ans. Le monde n’était pas prêt pour mon génie, j’imagine, puisque c’est onze ans plus tard que mon premier livre a été publié. En parallèle de mes études en Angleterre, où je suis depuis sept ans, j’ai publié cinq livres pour enfants en France. Ce sont tous des livres politiquement assez engagés. Mes bouquins moins engagés ont du mal à trouver preneur – je ne sais pas si c’est bon ou mauvais signe !

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescente ?
Comme beaucoup d’écrivains, je lisais sans cesse, avec une intensité qui n’est plus possible, je pense, en tant qu’adulte – comme dit Graham Greene, ‘c’est peut-être seulement dans l’enfance que les livres ont un réel impact sur notre vie.’ Claude Ponti a accompagné toute ma petite enfance. Fifi Brindacier, Fantômette, Bennett, Tom-Tom et Nana étaient mes personnages préférés. A l’adolescence, j’ai continué à lire énormément de littérature jeunesse : Marie-Aude Murail, Susie Morgenstern, Philip Pullman… Mais j’ai aussi beaucoup panaché avec des livres adultes ; Lolita a été une énorme révélation.
Et puis tout le long, il y a eu Harry Potter. Le premier est sorti quand j’avais dix ans, le dernier, quand j’en avais dix-huit. C’est la série qui a complètement défini mon adolescence.

Vous qui étudiez la littérature jeunesse, que pensez-vous de la production actuelle ?
On a énormément de chance ! On est dans un âge d’or de la littérature jeunesse. La production est gigantesque et incroyablement dynamique. Les possibilités numériques sont encore difficiles à imaginer. Les illustrateurs ont des styles beaucoup plus variés que dans mon enfance. En France, l’offre est extrêmement diverse, idéologiquement, thématiquement et esthétiquement. La littérature jeunesse n’est pas très visible dans les médias, mais la situation s’améliore. Et enfin, la littérature ‘jeune adulte’ se développe remarquablement vite.
Mais il y a toujours des points négatifs : l’hypercommercialisation, conduite par les États-Unis, qui crée une surreprésentation de certains genres et sacralise les adaptations au cinéma. Le marché anglophone est extrêmement insulaire et les petits Anglo-saxons n’ont pas accès à la diversité culturelle et esthétique dont nos petits Français bénéficient.

Comment est née l’histoire de La pouilleuse, quelles ont étés vos inspirations ?
Je suis assez fascinée par la jeunesse des beaux quartiers de Paris. C’est mon milieu, mais je l’ai quitté car j’étouffais complètement. La pouilleuse est très librement basé sur le fait divers du ‘Gang des Barbares’, mais je me suis surtout inspirée des conversations que j’entendais souvent au lycée Henri IV. Le racisme et le classisme ordinaire de jeunes qui, comme moi, sont extraordinairement privilégiés, et croient qu’ils ne doivent leurs succès qu’à leur mérite personnel. C’est évidemment faux.
Certains dialogues dans La pouilleuse sont des retranscriptions de discussions que j’entendais à l’époque. Par exemple, le sentiment profond d’injustice que certains ressentaient par rapport aux ‘concours parallèles’ de Sciences Po, mis en place durant mon année de prépa. Le coup du ‘Il vaut mieux être en ZEP, ces jours-ci – quand t’es un mec blanc des beaux quartiers, tu l’as dans le c…’, c’était une remarque récurrente. C’est un monde vis-à-vis duquel j’ai de l’amertume, mais qui est aussi le mien.

Avez-vous réfléchi à l’impact de ce roman sur les adolescents ? (positif ou négatif)
Très honnêtement, pas vraiment. Je pense qu’un auteur ne peut pas se mettre à la place de ses lecteurs, à moins de les considérer comme une masse homogène et prévisible. Le lecteur a son expérience, ses questions, ses goûts. L’impact est imprévisible.
Après, il y a des considérations pragmatiques à prendre en compte : est-ce un livre trop dur ? Il est violent, mais pas gratuitement. Il y a beaucoup de livres ado qui manipulent les émotions des lecteurs ; j’espère que celui-ci n’en est pas un.

Le personnage par qui l’histoire est racontée est le personnage le plus « doux », est-ce pour qu’on sente une certaine forme de compassion pour lui ?
Il est intéressant de raconter des événements aussi choquants avec un léger ‘décalage’ : dans ce cas-ci, la voix était une décision narrative cruciale. L’un des thèmes centraux du livre est le dérapage : le moment où l’on traverse la frontière entre l’absorption passive de préjugés, et l’action. David est l’incarnation de ce dérapage. C’est un être passif, baigné de douce idéologie, qui perpétue ces préjugés sans trop en avoir conscience, et qui se voit soudainement devenir activement lié à leurs implications réelles.
David est l’observateur impuissant du déchaînement de violence des trois personnages les plus actifs. Comme le lecteur, il est en permanence dans l’incompréhension. Mais comme le lecteur (j’espère), il n’arrive pas à quitter la scène. Il y a une espèce de compulsion liée au sentiment d’être impliqué sans l’être, que David – comme le lecteur ! – incarne.

Quels sont vos projets ?
Mon projet immédiat est de finir ma thèse de doctorat et de décrocher un poste ! Quant à l’écriture, j’ai une série pour enfants, Sesame Seade, qui sort en mai en Angleterre avec Hachette Children’s Books. C’est ma première série en anglais, j’ai hâte de voir le bouquin fini. J’ai beaucoup d’autres projets dans les tiroirs, mais pas beaucoup de temps à leur consacrer. J’aime écrire des textes longs, mais mon emploi du temps n’est pas souvent d’accord…

Bibliographie :

En anglais :

Retrouvez Clémentine Beauvais sur son site : http://www.clementinebeauvais.com

Comme je vous le disais au début de l’interview, j’ai la chance de faire gagner un exemplaire du très bon roman de Clémentine Beauvais La pouilleuse, grâce aux éditions Sarbacane (je préfère préciser à nouveau que l’éditeur le conseille à partir de 14 ans). Pour tenter de le gagner, comme c’est un roman qui marque vraiment, dites moi, en commentaire, quel est le roman le plus marquant que vous ayez lu jusque-là. Si vraiment vous n’avez rien lu de marquant (c’est bien dommage !), dites-le moi vous participerez au tirage au sort quand même (et puis si vous gagnez comme ça vous en lirez au moins un !). Comme d’habitude vous avez jusqu’à lundi 20 h. Bonne chance à tous !


En vacances avec… Claire Gaudriot

Une fois par mois, je pars en vacances avec un artiste (je sais vous m’enviez). Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais moi j’adore partir comme ça avec quelqu’un, on apprend à le connaître notamment par rapport à ses goûts… cet artiste va donc profiter de ce voyage pour me faire découvrir des choses. On emporte ce qu’il veut me faire découvrir. On ne se charge pas trop… 5 de chaque ! 5 albums jeunesse, 5 romans, 5 DVD, 5 CD, sur la route on parlera aussi de 5 artistes qu’il veut me présenter et c’est lui qui choisit où l’on va… 5 destinations de son choix. Cette semaine c’est Claire Gaudriot qui s’y colle, merci à elle !
Allez en route !

5 albums jeunesse
Dans ma liste il y a essentiellement des albums qui nous ont fait beaucoup rire mes enfants et moi, parce nos fous rire sont nos meilleurs souvenirs, ce sont bien sur ceux que j’emmènerais sur une île déserte !

  • La petite grenouille qui avait mal aux oreilles de Voutch
  • Pourquouâââââaa de Voutch
  • Ni vu, ni connu de Michaël Escoffier/Kris di giacomo
  • Émile est invisible de Vincent Cuvellier et Ronan Badel
  • La princesse O’Petipoi de Juliette Saumande/Cécile Hudrisier (ah le coup de poêle…)

5 romans

  • Tous les romans de Ellory, je suis fan.
  • Le portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde
  • Le bruit et la fureur de Faulkner
  • Les chiennes savantes de Virginie Despentes
  • Le cri du sablier de Chloé Delaume

5 DVD

  • Mulholland drive de David Lynch
  • Le voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki
  • Festen de Thomas Vinterberg
  • Tournée de Mathieu Almaric (pour la scène de drague à la station service)
  • Green Snake de Tsui Hark

5 CD

  • Kid A de Radiohead
  • Let england shake de PJ Harvey
  • Life’s too good de Sugarcubes
  • Come on pilgrim, surfer rosa, doolittle (trop dur d’en choisir un !) des Pixies
  • Stup Religion de Stupeflip ou J’en ai marre d’être deux de Mathieu Boogaerts… il faut savoir varier les plaisirs !

5 artistes

  • Robert Rauschenberg
  • Le caravage
  • Jackson pollock
  • Manu Larcenet
  • Christian Voltz

5 destinations de mon choix

  • Istanbul
  • La Bretagne
  • Sarlat (mes origines, une région si belle à cette période de l’année)
  • et je rajoute Montréal  et Le japon dans mes rêves.

Claire Gaudriot est illustratrice, elle vient aussi de créer sa maison d’éditions numérique, Audois et Alleuil Éditions.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Claire Gaudriot sur son blog : http://clairegaudriot.blogspot.fr

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Les invités du mercredi : Claire Gaudriot et Manju (+ concours)

Par 5 septembre 2012 Les invités du mercredi

Ah les hasards de la vie… Je ne savais pas en envoyant des questions à Claire Gaudriot mi-juillet que lorsque je diffuserai ses réponses le blog serait relooké par elle ! J’avais lu peu de temps avant Tonnerre  de Catch que j’avais beaucoup aimé et j’avais envie d’en savoir plus sur elle. Bref hasard de la vie… Je suis heureux donc de diffuser l’interview d’une illustratrice que j’aime beaucoup. Merci à elle d’avoir répondu à mes questions. Suite à cette interview vous retrouverez La chronique de… aujourd’hui c’est l’illustratrice Manju, dont j’aime beaucoup le travail également, qui vous parle de Sabine de Maya Minhindou, merci à elle de s’être prêtée au jeu. Et entre les deux vous pourrez gagner un exemplaire de Tonnerre de catch grâce à Zoom éditions !


L’interview du mercredi : Claire Gaudriot

Quel a été votre parcours ?
Je suis rentrée aux Arts Déco à Limoges, puis j’ai fait un tour à Rennes à l’école des Beaux Arts. J’y faisais des installations, des décors un brin kitsch, je posais des papiers-peints, je peignais des radiateurs. Je passais la moitié de mon temps aux Emmaüs à chercher le bon coussin qui irait avec le bon canapé, la bonne toile cirée qui mettrait en valeur cette jolie salière, et je peignais par dessus tout ça. Je me prenais pour Bertrand Lavier ! Mais voilà, fini de s’amuser, mon diplôme en poche, il fallait que je trouve un boulot. Une petite mise à jour pour connaître les logiciels qu’il faut connaître et hop j’ai bossé dans une agence de com’. Loin de moi l’idée de faire de l’illustration jeunesse. Après le boulot le soir, je m’amusais à faire des montages (photos, dessins, objets…), je faisais également pas mal de papier mâché, pâte à modeler, aquarelles… Photoshop me permettait de faire une synthèse de toutes ces petites choses et d’ en faire des montages. Au milieu de tout ça, revenait souvent un petit personnage, une petite fée avec un gros chignon. C’est au même moment que Hachette jeunesse lance son concours « créer le héros de demain » et sans trop y croire j’envoie quelques planches de ce personnage. Aujourd’hui on retrouve ma petite fée Hortense en Turquie, en Pologne, en Grèce, et jusqu’au Vietnam ! Voilà comment j’ai mis les pieds dans cet univers.

Quels sont les illustrateurs qui ont marqué votre enfance et votre adolescence ?
Heu… j’ai une culture complétement nulle de ce côté là… je m’y suis intéressée bien plus tard. J’étais abonnée à Pomme d’api, puis Astrapi, puis J’aime lire… et j’adorais ça ! Je lisais tout ce qui me tombait sous la main, beaucoup de bd aussi, Astérix, Lucky Luke, Gaston Lagaffe n’ont plus de secret pour moi ! Reiser non plus… juste dans l’étagère du dessus, tellement accessible pour une petite fille qui sait escalader une bibliothèque. Et honte sur moi, j’étais une télévore, ils sont là les illustrateurs qui m’ont le plus marqué, les créateurs d’Albator, Capitain Flam, les Cités d’or, Tom Sawyer, Ulysse 31, scotchée, je vous dis, ils sont forts ces japonais ! Et puis Téléchat… Aaaah Téléchat ! C’est plus tard, pour en revenir aux illustrateurs, que j’ai découvert Frédérique Bertrand. Pour la première fois j’allais retenir un nom d’illustrateur.

Vous ont-ils inspirée ?
Indéniablement ! Comme beaucoup de peintres que j’ai découvert ado, Robert Rauschenberg, Richard Hamilton, Karel Appel, Cy Twombly, Kurt Schwitters, Jean Dubuffet, Le Caravage, pour ne citer que les plus importants pour moi à cette époque.

Comment travaillez-vous ? Quelle est votre technique ?
Je commence par quelques croquis, quelques notes et je me lance. Un peu de dessin par ci, un peu d’aquarelle par là, peinture, crayon… je scanne tout ça, et rien ne va plus, alors je rechange tout à l’ordi. Je déplace, je remplace, je scanne de vieux documents, les tissus de mes robes, les dessins de mes enfants, je les mets en place, puis j’enlève tout et je recommence. Et ainsi de suite. Quand j’ai le temps, et que l’histoire s’y prête, je crée les personnages en pâte à modeler, la tête, le buste, un petit coup d’aquarelle et hop : shooting photo. Ou bien j’intègre ces personnages directement dans mes planches, ou je les redessine sous tous les angles, mais ça c’est vraiment quand j’ai beaucoup de temps… ou quand je ne sais plus quoi faire des mes 10 doigts.

Si vous deviez illustrer un conte de votre choix, lequel choisiriez-vous ?
J’ai un faible pour les contes d’Oscar Wilde, Le géant égoïste par exemple.

Parlez-nous de l’album Tonnerre de Catch.
Aaah, Tonnerre de catch, c’est mon bébé, c’est une collaboration avec Ingrid Chabbert, puis avec Zoom Editions qui a été géniale de bout en bout. Quand l’auteur vous présente un texte aux petits oignons et que l’éditeur vous laisse carte blanche car il a confiance en vous, que demander de plus ? Un rêve ! Tonnerre de Catch est né de l’envie de travailler avec Ingrid, je voulais depuis longtemps dessiner des catcheurs, Magic Ingrid l’a fait ! Très vite – Magic Ingrid est très rapide ! – elle m’a proposé sa « Catch Family », j’ai adoré le papy, le chien, la maman, l’école… tous catcheurs !! De quoi m’amuser ! Et j’ai fondu devant Peter, ce tout petit Peter qui rend hommage à son papa un peu bourru. Et cerise sur le gâteau, sans le savoir, Ingrid m’a permit grâce à ce texte de représenter une chose que j’aime aussi énormément : la danse contemporaine. Merci la miss !

Quels sont vos projets ?
Une rentrée en fanfare ! Avec pour commencer de nouveaux motifs pour mimi lutine, et une nouvelle collection pour Ulysse, tout ça sera présenté en septembre au salon Maison&Objet. Quelques sorties prévues chez Grenouille Editions pour Noël, et plus tard en 2013 une collaboration avec Christelle Huet Gomez, chez le même éditeur. A côté de ça j’ai un joli puzzle à dessiner pour Janod, je suis contente ! Et enfin le plus gros morceau, c’est la maison d’édition de livres numériques que je suis en train de créer. C’est un projet qui me tient vraiment à cœur, tout se met en place petit à petit, c’est assez long, mais je peux aujourd’hui annoncer la sortie prochaine de notre tout premier titre « La princesse aux petits prouts » de Leila Brient. Ça sera ensuite une belle occasion de travailler avec les auteurs et les illustrateurs que j’aime.

Bibliographie sélective :

à paraître :

Retrouvez Claire Gaudriot sur son blog : http://clairegaudriot.blogspot.fr et sur la page de Mimi Lutine : http://www.mimilutine.com.

Comme je vous le disais plus haut, grâce à Zoom éditions j’ai la chance de faire gagner à l’un de vous un exemplaire de Tonnerre de Catch, un livre que j’ai beaucoup aimé et dont j’avais parlé ici. Pour le gagner on va vous faire visiter le site de Mimi Lutine ! (ça fera un peu de pub à Claire). Dites nous en commentaire, quel est, sur le site, votre objet préféré. Je tirerai au sort parmi les commentaires et l’heureux chanceux recevra Tonnerre de catch ! Vous avez jusqu’à lundi 20h !


La chronique de… Manju

Une fois par mois un auteur ou un illustrateur qu’on aime dans La mare aux mots nous parle d’un livre qu’il a aimé. Cette fois-ci c’est Manju qui s’y colle ! Merci à elle.

Il y a des livres qui ne vous quittent plus. SABINE, c’est mon doudou-livre à moi.

Ce coup de foudre visuel date de son achat en décembre 2011, au salon de Montreuil.

J’ai d’abord été attirée par le graphisme puissant, presque animal qui ressort des illustrations de Sabine de Maya Minhindou. (mars 2011, soleil productions, collection Vénusdéa, 150 pages).

Ensuite la lecture est déconcertante, ce livre est un OVNI du genre, je ne saurais le classer, tant c’est c’est un mélange de BD, conte, roman graphique, et livre d’image. Il est unique.

C’est l’histoire d’un merveilleux voyage, d’une quête initiatique… Celui de deux enfants et d’une jeune fille qui décident, un jour, de quitter leur village suite à la mort de leur doyenne, la grand-mère l’Autre, gardienne de toute leur histoire. Ils souhaitent rejoindre SABINE la ville où elle est née, ville dont ils ignorent tout. (je n’en dis pas plus, pour ceux qui souhaiteraient partir en voyage).

J’ai été bouleversée par l’univers magique et surréaliste de Maya Minhindou, son récit est peuplé de ses voyages, de ses racines. Ses dessins sont sublimes, primitifs et remplis d’une multitude de détails à couper le souffle, une véritable claque graphique.

Je dois prévenir qu’il y a une multitude de petites histoires dans l’histoire qui parfois peuvent rendre la lecture difficile, mais qui ne gâchent en rien la poésie des mots et des images de ce livre.

Sabine, ne me quittera jamais.

Manju est auteur et illustratrice.

Sa bibliographie :

A paraître :

Retrouvez Manju sur son blog http://marjoriebealillu.canalblog.com et sur sa page facebook :https://www.facebook.com/illustrationmanju

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Pas comme les autres !

Par 21 mai 2012 Livres Jeunesse

Johnny, Amanda et Peter vivent dans une ville paisible nichée entre une montagne et une autoroute. Ils mènent une vie normale… seule différence avec les autres, leurs parents ne sont pas garagistes ou boulangers… ils sont catcheurs ! Le catch est partout dans leur vie, même les grands-parents et le chien en font. Tous ? Non pas Peter, son truc à lui c’est la danse !

Il fallait bien le nom d’Ingrid Chabbert pour me faire approcher d’un album qui parle de catch ! J’en avais eu un entre les mains il y a quelques temps mais je n’avais eu aucune envie de le chroniquer, je me dis que les enfants n’ont pas besoin de connaître mieux ce sport ultra violent. Donc s’il n’y avait pas eu ces deux mots magiques sur la couverture « Ingrid » et « Chabbert » je n’aurai pas ouvert Tonnerre de Catch et j’aurai raté un très bon album ! Car ici c’est de la différence dont on parle et du fait d’accomplir coûte que coûte ses rêves. Il va en falloir du courage à Peter pour convaincre ses parents que son truc à lui c’est la danse. L’album est magnifique avec son format à l’italienne, son beau papier épais qui sent bon et ses très belles illustrations de Claire Gaudriot. Comme dans Moi, Einstein, gardien de Maizoo il y a une vraie recherche graphique. C’est vraiment une illustratrice sur laquelle il faudrait que je me penche un peu plus ! Tonnerre de Catch est vraiment une belle réussite… comme toujours avec Ingrid Chabbert !

Mais qui est cette voisine bizarre ? Elle met du sel dans son café, elle tient son parapluie de travers, elle a une moto avec un zébu dessus,… c’est certain c’est une sorcière !

Voilà encore un bien bel album sur la différence. Que penser de quelqu’un qui nous semble « pas comme nous », pourquoi nous fait-il peur ? C’est un album qui va beaucoup plaire aux enfants qui sont souvent intrigués par les voisins. On a souvent envie d’en savoir plus, d’enquêter (un peu comme dans Mon voisin ou dans Avec de l’ail et du beurre), la curiosité chez les enfants est souvent un défaut très développé, il est ici parfaitement croqué. Laurie Cohen signe un très joli texte rythmé et les illustrations de Krisztina Maros, très colorées et faites de collages, sont drôles et très esthétiques. Un album sorti dans la collection Rêves bleus aux Éditions D’orbestier, collection dans laquelle était déjà sorti le magnifique Le géant de la grande forêt.

Quelques pas de plus…
Notre fiche thématiques sur les livres qui traitent de la différence.
D’autres livres d’Ingrid Chabbert chroniqués sur La mare aux mots : La fête des deux mamans, Raconte-moi la révolution, Les yeux du parapluie, Sur les quais et Le bateau de Malo. Sur La mare aux mots, retrouvez aussi son interview et En vacances avec…
Un autre livre illustré par Claire Gaudriot chroniqué ici : Moi Einstein gardien de maizoo

Un autre livre de Laurie Cohen chroniqué ici : Dans le ventre de maman.
Tonnerre de catch vu par Enfantipages, Parfums de livres et Des pages, des images, etc.

Tonnerre de catch
d’Ingrid Chabbert illustré par Claire Gaudriot
Zoom éditions
14€
Ma voisine est une sorcière
de Laurie Cohen, illustré par Krisztina Maros
Éditions D’Orbestier dans la collection Rêves bleus
12€

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A part ça ?

Je vous parlais ci-dessus de Le géant de la grande forêt, sachez qu’il fait partie des 5 titres sélectionnés pour recevoir le prix « Lire au jardin » créé et organisé par le Château de Versailles, qui sera décerné les 1, 2 et 3 juin prochain au Grand Trianon. Ce livre est absolument magnifique et je lui souhaite de tout cœur de recevoir le prix.

Gabriel

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« Alors votre Majesté, on vous laisse tranquille et on va s’amuser plus loin ! »

Par 24 octobre 2011 Livres Jeunesse

Il y a des tas de petits éditeurs dont on entend peu parler, ici nous aimons vous les faire découvrir. Aujourd’hui deux très beaux albums sortis chez Les petits pas de Ioannis. Cette jeune maison d’édition indépendante a pour objectif de mettre en avant des albums qui fassent réfléchir avec des émotions et des rires pour les petits comme pour les grands.

Einstein est un chien qui possède une drôle de ménagerie… celle-ci est composée d’un troupeau d’éléphants, d’une chatte qui minaude, d’une autruche très nunuche, d’une cane qui cancane,… Sauf que les personnages de cet inventaire ce sont les humains qui vivent avec lui ! Les humains vus comme une ménagerie, un chien vu comme le centre de tout ça c’est drôle et original. Le texte d’Anne Loyer est très beau, elle joue avec la langue avec délice et beaucoup d’humour. Visuellement le livre est une merveille, les jolies illustrations de Claire Gaudriot sont accompagnées de petits détails que j’adore (par exemple des onglets sur le côté de chaque page chacun d’une couleur différente avec en pictogramme l’animal dont la page parle pour faire plus bestiaire). Einstein est une sorte de scientifique qui nous présente ses animaux.

Louis Trente-Deux est adoré par ses parents, chaque matin sa mère lui répète à quel point il est mignon et son père à quel point il parle bien, 32 fois par jour sa mère lui dit qu’il est intelligent et 32 fois par jour son père lui dit qu’il est beau. Ils le surnomment Enfant-Roi. Seule ombre au tableau pour Louis, à l’école il a beau dire aux autres qu’il est le roi, ils ne sont pas à sa pieds, et même la maitresse, cette impertinente ose le contredire !

Un album réjouissant sur ces enfants dont les parents passent tous les caprices sans comprendre qu’ils ne leur rendent pas service (du coup ça donne plus envie de l’offrir aux parents qu’aux enfants ! ). Le texte de Catibou est très drôle et les illustrations de Chadia Chaïbi-Loueslati sont superbes. De plus un très joli jeu de l’oie de Louis 32 est offert avec le livre, petit bonus très sympa.

Moi Einstein gardien de maizoo d’Anne Loyer et Claire Gaudriot.
L’histoire de Louis Trente-Deux, enfant-roi
, de Catibou et Chadia Chaïbi-Loueslati.

Ils sont tous les deux édités par Les petits pas de Ioannis (le premier dans la collection Pied de nez, le second dans la collection P’tites bulles de vies) et coûtent 13€90 chacun.

Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Gabriel

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A part ça?

Dans deux jours commence Mon premier festival, un festival de cinéma pour les plus petits. C’est à Paris, il y a beaucoup de choses à voir, c’est vraiment très sympa. L’année dernière avec ma fille, qui avait 2 ans et demi à l’époque, nous avions vu 4 courts métrages muets accompagnés par des musiciens qui jouaient à côté de l’écran. Nous allons surement y retourner cette année, je vous le conseille. Donc c’est du 26 octobre au 1er novembre dans plusieurs cinémas (plus d’infos sur leur site).

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