La mare aux mots
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Claude Cachin

Vous dansez ?

Par 7 avril 2014 Livres Jeunesse

Tourne, tourne, tourne
Ça va tourner les p’tits jupons
Chauffe, chauffe, chauffe
Ça va chauffer les p’tits chaussons
Danse, danse, danse
Ça va danser dans les foyers
Danse danse danse, Henri Dès.

Aujourd’hui, on va parler de danse ! Que ce soit chez nous en écoutant de la musique ou carrément à l’opéra, aujourd’hui on va bouger en rythme, avec grâce… ou pas ! Et l’on commence par des livres pour les petits.

Coco DanseAttention le spectacle va commencer ! Tout le monde est bien installé ? L’éléphant s’avance, fait quelques pointes pendant que la souris chante. La chanson continue, les autres animaux rejoignent la scène avec grâce. Mais tout à coup, les paroles de la chanson prennent une tournure à laquelle on ne s’attendait pas… et c’est la cata !

The show must go on ! Peu importe ce qu’il se passe, le spectacle doit continuer (d’ailleurs, le public est ravi !). Avec beaucoup d’humour, Dorothée de Monfreid nous fait assister à un drôle de spectacle. Parle-t-on ici aussi de jalousie ? Un bien joli petit album cartonné sur le spectacle et la danse.
Le même vu par Des livres, etc.

Viens danser !Souris est triste… Il lui faut de la musique, une musique gaie. Elle allume sa radio et voilà que l’envie de danser est irrésistible. Elle bouge en rythme, se déhanche et elle est bientôt rejointe par la Tortue. Toutes les deux dansent maintenant quand arrive Loup puis Crocodile, Hippopotame, Éléphant, Chimpanzé et Ours. Ça danse dans tous les sens ! Mais tout à coup… la musique s’arrête ! Que va-t-on faire ?

On danse dans Viens danser ! de Natacha de Bradké et Émilie Philipot ! Au son des onomatopées, tout comme les héros de l’histoire on est dans le rythme, on a envie de bouger. Ici, en plus de parler de danse, on évoque le bonheur d’avoir des amis, de partager, de ne pas être seul. Un très chouette album coloré et cartonné pour les tout-petits.
Le même vu par Enfantipages.

ma poupée ballerinePour son cinquième anniversaire, sa mère lui avait fabriqué une poupée avec une étoile sur le nombril. La petite fille aimait habiller sa poupée en danseuse. Avec son tutu, elle lui ressemblait vraiment. Mais un jour, alors qu’elle l’a amené à son cours de danse, la poupée tombe du sac… les chaudes larmes n’y firent rien, la poupée restait introuvable.

Ma poupée ballerine est un bel album sur l’amitié entre un enfant et sa poupée. La danse n’est pas ici le sujet, mais elle est en arrière-plan. Les illustrations de Junko Shibuya tout en tissus brodés sont très particulières, on accroche… ou pas ! Une très jolie histoire sur une petite danseuse et sa poupée en tutu.
Le même vu par Enfantipages et Maman Baobab.

EntrechatsMacha est le genre de petite fille qui adore s’amuser avec ses camarades. Ses jeux préférés ? Monter aux arbres, chat perché, le foot et se bagarrer ! Alors forcément quand les petites filles passent à côté d’elle, elles rigolent… C’est quoi cette fille qui joue à des jeux de garçons (sic). Macha en a assez ! Elle voudrait avoir des amies et décide de s’inscrire à la danse. Comme le dit Mlle Petitpas, son professeur, il va falloir beaucoup travailler !

Le début m’a un peu dérangé, le côté « jeux de filles »/« jeux de garçons »… et la fin m’a surpris (un retournement de situation des plus plaisants). Même si l’histoire manque un peu de crédibilité (la petite fille qui aime la bagarre et le foot et qui a d’un coup envie de faire de la danse… et devient la meilleure élève en peu de temps…), voilà un album plein d’humour avec des illustrations qui font un peu BD, un album qui déconstruit (un peu maladroitement) les stéréotypes sexués.

Moussy & le fantôme de l'opéraMoussy va passer le concours d’entrée à l’Opéra seulement voilà, la souris n’est pas aussi menue que les sœurs Fluettes et l’on se moque d’elle, la qualifiant de grassouillette. Moussy décide de se priver quand vient l’heure du repas, seulement passer un concours le ventre vide… ce n’est pas l’idéal.

On vous a parlé régulièrement de Moussy la souris petit rat, le personnage créé par Nathalie Infante dont les aventures se lisent généralement dans des livres à dérouler (on ouvre des pans au fur et à mesure de l’histoire et quand on arrive à la fin on a déplié une grande image). On ne pouvait pas vous parler d’ouvrages sur la danse sans vous reparler de Moussy et c’était l’occasion de vous présenter ceux qu’on n’avait pas encore chroniqués. Donc ici, on parle de surpoids, de la « norme », des moqueries et surtout de s’assumer. Une histoire tout en rimes et aux couleurs qui pétillent.

La souris petit ratMoussy a été sélectionnée, elle va participer à un spectacle et elle va même avoir un bel habit cousu sur mesure. Seulement, voilà… quand Moussy vient le chercher, un fantôme se manifeste et la prévient qu’il ne la laissera pas en paix si elle touche à ce costume…

Autre aventure de la petite souris de Nathalie Infante, donc, avec ici une histoire de fantôme… qui n’est peut-être pas ce qu’on croit ! On parle ici de la peur, de la jalousie, de la compétition. Et c’est ici aussi un livre à dérouler avec un texte en rimes et plein d’humour (et de suspense !). Moussy c’est vraiment un héros qu’affectionnent les enfants.

Un crocodile dans le ventreCerise aime danser. En tutu et chaussons, elle fait des pointes et des entrechats. Plus tard, elle sera petit rat ! Seulement, depuis que son papa est parti, Cerise est triste, chaque nuit elle se relève en cachette pour manger ce qu’elle trouve dans les placards. Bientôt, elle ne rentre plus dans ses vêtements de danse. Maman se fâche, une danseuse, ça doit être mince ! Peu de temps plus tard, Cerise est même renvoyée du cours de danse…

Ici, on parle du diktat de la minceur que les danseuses connaissent bien. Cerise est bien triste de ne plus être dans les normes… mais très vite, elle apprendra qu’il n’y a pas qu’une forme de danse et que tout le monde n’a pas les mêmes exigences. Même s’il y a quand même quelques maladresses (en gros, parce qu’elle a des rondeurs elle est faite pour la danse africaine, un cours de danse exige rarement de ses danseuses d’être filiformes… surtout un cours de danse où les danseuses ne sont pas en chignon…), c’est un album pour s’aider à s’accepter et trouver sa voie.

Pieds de cochonsUn vieux loup maigre et miteux découvrait un nouveau quartier de la ville quand il tomba sur une affiche : Le lac des truies, les ballets de Bayonne, chorégraphie : Jean Bon d’York ! Le texte était déjà alléchant, mais la photo encore plus : des petits cochons merveilleusement juteux étaient représentés. Il lui fallait entrer, et bondir sur la scène pour dévorer les petits danseurs… sauf que…

Pieds de cochons de James Marshall et Maurice Sendak a quand même pris un sacré coup de vieux ! Tant dans les illustrations que dans la mise en page, mais quelle histoire originale ! Le loup va se laisser surprendre par la beauté de la danse et oublier pourquoi il est là. C’est aussi ça l’art, ça nous cueille, nous transporte, nous fait oublier le reste.

Rose et automateIl avait été abandonné depuis longtemps, si longtemps qu’il ne sait plus depuis quand. Il avait fallu un petit rat pour le sortir. Elle lui avait souri, l’avait caressé, dépoussiéré, ça l’avait tant ému. Puis elle lui a même parlé, cherché le reste de son corps (car il n’y avait qu’une tête) et avec l’aide du vieux machiniste elle l’a entièrement remonté. Quand il a été enfin complet, il s’est mis à danser, la petite fille n’avait plus qu’une envie… danser avec lui !

Mais qu’elles sont belles les planches de François Roca ! La grande taille de l’album les met parfaitement en valeur et l’on admire le travail de l’illustrateur à chaque page. Son acolyte (ils ont signé plusieurs albums ensemble), Fred Bernard a écrit un texte extrêmement poétique, l’histoire d’un vieil automate retrouvé par une jeune danseuse, et surtout l’histoire de celle-ci qui va se battre pour réhabiliter l’automate. On parle aussi ici du plaisir de danser. C’est extrêmement beau, le genre d’album dont on ne se sépare pas.

On quitte les albums pour passer aux documentaires.

JOSEPHINE Baker la danse libéréeAu milieu des années 20, une jeune fille danse devant un public médusé, elle est à moitié nue et elle a conquis le public européen. Ce n’était pas gagné pour la jeune Joséphine que tout le monde appelle Tumpie. Née dans une famille pauvre, elle a commencé à travailler à huit ans comme femme de ménage. Elle a tout fait pour quitter cette misère et vivre de sa passion : la danse.

Joséphine Baker, la danse libérée est un petit livre sorti dans la collection Des graines et des guides dont on vous a déjà parlé ici. Une super collection qui, chaque fois, nous présente un homme ou une femme qui a marqué l’histoire, la culture. Construits comme de courts romans, légèrement illustrés, c’est chaque fois une lecture passionnante. Ici donc on va mieux connaître la vie de cette danseuse qui a marqué la France des années 20 et dont la générosité reste célèbre. On regrette juste parfois que l’auteur n’ait pas plus détaillé certaines choses, certaines périodes, passant trop vite à la suite. Encore un livre très intéressant de la collection Des graines et des guides chez À dos d’âne.

Les arts de la danseLes arts de la danse de Carole Laffon sorti chez Mango jeunesse est un documentaire dont la couverture matelassée avec sa belle photo attire. Les photos intérieures sont un peu moins sympa… Elles semblent parfois datées et ne sont pas toujours en adéquation avec le texte (par exemple, pour accompagner un texte sur le fait de danser pieds nus à partir de trois ans… on voit des enfants en chaussures !). Ici, on parle des différentes danses, de quand commencer, des vêtements, des cours… le livre aborde vraiment tout des premiers pas aux professionnels. Mais c’est un peu fouillis… En fin d’ouvrage, on trouve des quizz sur l’art de la danse et un vocabulaire technique. Un documentaire à destination des plus jeunes pour une première approche, qui aurait mérité des photos plus adaptées et un classement plus réfléchis.

La danse racontée aux enfantsNous (j’ai demandé son avis sur ces trois documentaires à ma compagne qui a fait de la danse pendant plusieurs années) avons été plus enthousiastes sur La danse racontée aux enfants de Christine Beigel sorti chez De la Martinière jeunesse. Déjà, ici les photos sont superbes, les thématiques claires et la mise en page attrayante. L’Histoire de la danse, les différentes danses, les costumes, les décors, la danse au cinéma… les thèmes sont un peu les mêmes que dans l’ouvrage précédent, mais ici on parle moins des cours de danse, c’est plus un livre sur l’art de la danse que sur son apprentissage. Mais voilà un livre extrêmement réussi visuellement qui donne donc envie de s’y plonger, un livre original qui traite de sujets qu’on ne trouve pas souvent dans les livres pour enfants. Mais ça reste quand même un ouvrage qui s’adresse aux plus grands par rapport à Les arts de la danse.
Le même vu par Enfantipages.

Copains de la danseOn termine par un classique : la collection Copains et son tome sur la danse : Copains de la danse. Ici, c’est extrêmement complet. Plus de 250 pages pour explorer la danse, son Histoire, les différentes danses, les vêtements… mais ici on va aussi voir la fabrication d’un chausson de danse ou savoir qui a inventé les pointes, voir la différence entre le vaudeville et le music-hall, s’essayer au smurf et apprendre à se faire un cataplasme à l’argile. On est proche ici de l’encyclopédie ! Copains de la danse est un livre extrêmement complet, richement illustré (avec des dessins pleins de modernité et des photos très bien choisies). LE livre pour tout savoir sur la danse.

Quelques pas de plus…
D’autres livres qui parlent de danse que l’on a chroniqués : Jeu de piste à LondresL’ours qui danseLes ailes de la sylphideIsadora DuncanFlamingo, La catcheuse et le danseur, Moussy, danseuse de balai, Je danse à l’Opéra, Petites danseuses, Lilichou l’atelier ballerines, Tonnerre de catch, Danse, Prosper, danse ! et Philo mène la danse.

Coco danse
de Dorothée de Monfreid
L’école des loisirs dans la collection Loulou & Cie
10,70 €, 205×205 mm, 24 pages, imprimé en Malaisie, 2009.
Viens danser !
de Natacha de Bradké et Émilie Philipot
L’école des loisirs
11,20 €, 191×220 mm, 28 pages, imprimé en Malaisie, 2011.
Ma poupée ballerine
de Junko Shibuya
Autrement
12,50 €, 170×230 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2013.
Entrechats
Texte de Rosine & Claire Wortemann
p’titGlénat dans la collection Vitamine
11 €, 306×215 mm, 24 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Moussy & Le fantôme de l’opéra
de Nathalie Infante
Les Éditions Marie-Louise dans la collection Roll Story
6€, 160×120 mm, 18 pages, imprimé en France, 2010.
Moussy la souris petit rat
de Nathalie Infante
Les Éditions Marie-Louise dans la collection Roll Story
6€, 160×120 mm, 18 pages, imprimé en France, 2009.
Un crocodile dans le ventre
Texte d’Anne Ferrier, illustré par Roseline d’Oreye
Pastel
11,20 €, 180×250 mm, 35 pages, imprimé en Belgique, 2008.
Pieds de cochons
Texte de James Marshall, illustré par Maurice Sendak
L’école des loisirs
13,70 €, 200×230 mm, 30 pages, imprimé en France, 2001.
Rose et l’automate de l’opéra
Texte de Fred Bernard, illustré par François Roca
Albin Michel Jeunesse
19 €, 290×365 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Joséphine Baker la danse libérée
Texte de Marianne Stjepanovic, illustré par Pauline Sciot
Éditions À dos d’Âne dans la collection Des graines et des guides
7,50 €, 105×150 mm, 50 pages, imprimé en Italie, 2013.
Les arts de la danse
Textes de Caroline Laffon
Mango dans la collection Qui sommes nous ?
13,50 €, 255×310 mm, 59 pages, imprimé en Chine, 2012.
La danse racontée aux enfants
Textes de Christine Beigel
De la Martinière Jeunesse
14,50 €, 291×262 mm, 70 pages, imprimé en France, 2012.
Copains de la danse
Textes d’Agnès Izrine, illustrés par Sophie Lebot, Jérôme Brasseur et Claude Cachin
Milan dans la collection Copain
14,95 €, 195×255 mm, 254 pages, imprimé en Chine, 2013.

À part ça ?

l'age heureuxAnnées 60, Delphine, petit rat à l’Opéra de Paris, a été choisie pour interpréter un grand rôle dans Galatée. Certains ne comprennent pas pourquoi c’est elle et non pas la très sage et très talentueuse Julie. Mais le maître n’en démord pas, ça sera elle. Un soir, Delphine et ses amies réussissent à monter sur les toits de l’Opéra, ce qui est formellement interdit. Julie en profite pour les enfermer à l’extérieur afin qu’elles se fassent avoir et punir. C’est grâce à une amie que j’ai connu L’âge Heureux, une série de 1966 qui existe en DVD. Quatre épisodes de 50 minutes en noir et blanc dans lesquels on suit donc de jeunes danseuses de l’Opéra de Paris. On est plongé dans les années 60 avec ses rites, sa mode, sa vie quotidienne mais aussi, donc, dans la vie des petits rats de l’Opéra de Paris. L’intrigue principale rend le tout passionnant. Une série à découvrir de toutes urgences, que vous aimiez la danse ou pas.
Une vidéo composée d’extraits.
L’âge heureux de Philippe Agostini, d’après un roman d’Odette Joyeux, autour de 20€.

Gabriel

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Chaperons rouges, vilains canards, boucles d’or et d’autres encore

Par 6 mai 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui des contes que nous connaissons (même si parfois on les a un peu oubliés) mais parfois dans des versions moins connues ou originales.

On commence avec deux livres de la somptueuse collection Contes du temps d’avant Perrault.

La barbe bleue ou Conte de l'oiseau d'Ourdi

Un homme vivait seul dans son château, il était craint, on disait même qu’il ressemblait à une bête. Sa barbe était si noire qu’elle en avait des reflets bleutés… on l’appelait donc Barbe Bleue. On disait que six fois il s’était marié et que six fois ses femmes étaient mortes. Imaginez donc la peur des gens du village quand une des filles vivant parmi eux décida de l’épouser…

La barbe bleueJ’avoue que j’avais un souvenir très lointain de ce conte mais en le lisant tout me revenait, la petite porte à ne pas ouvrir, la clef ensanglantée. Je suis toujours surpris par la cruauté des contes pour enfants (celui-ci a rarement été édulcoré et finalement la version de ce livre est assez proche de celle que nous connaissons), surpris que ça ne les traumatise pas plus. Car ici c’est vraiment une histoire dure (le cadavre des femmes retrouvées dans la cave, la fin de Barbe Bleue,…), un conte cruel qui pourtant plaît. Les illustrations de Claude Cachin sont absolument magnifiques, elles ressemblent presque à des photos par moment ou à des tableaux de Georges de la Tour. Un très très beau travail d’illustrations.

Le petit chaperon rouge

Une petite fille voulait absolument quitter sa maison et se promener dans la forêt. Sa mère le lui avait interdit et pour gagner du temps lui avait promis qu’elle n’irait que quand ses souliers de fer blanc et son habit seraient usés. La petite fille fit tout ce qu’il faut pour les user le plus vite possible. Son habit déchiré sa mère la revêtit d’un grand manteau de velours rouge et lui accorda d’aller dans la forêt si elle allait chez sa grand-mère. Chemin faisant, l’enfant rencontra le loup…

Le petit chaperon rougeVous aurez reconnu l’histoire du petit Chaperon Rouge sauf qu’ici on est loin de la version aseptisée… et ça va même très loin, le loup « déchire en morceaux » la grand-mère et fera boire son sang à la petite fille. L’enfant va devoir se déshabiller devant le loup et se coucher nue contre lui. On parle souvent de métaphore avec la pédophilie dans beaucoup de contes avec des loups, c’est ici encore plus flagrant. Ici aussi les illustrations (signées Régis Lejonc) sont très belles avec un rouge éclatant et un loup vraiment terrifiant. Une version inédite du petit chaperon rouge.

J’avais déjà chroniqué La belle au bois dormant dans cette collection (ici) et j’avoue être très fan, les livres sont absolument superbes avec leur papier épais, leur dos toilé,… au niveau édition c’est une pure merveille. C’est une chose rare que de lire les contes d’origine, ceux transmis par oralité, avant qu’ils n’aient été écrits… et quel bonheur ! Jean-Jacques Fdida a une superbe plume et ce sont vraiment des livres agréables à lire, la langue est belle. Des petits joyaux à faire entrer d’urgence dans sa bibliothèque.

l'ogresse et les sept chevreaux

Une chèvre avait sept chevreaux, elle avait peur pour eux quand elle devait s’absenter… elle craignait que l’ogresse ne vienne les dévorer. Elle leur faisait toujours la même recommandation : de demander à la personne qui frappait de passer sa queue par la chatière et ne surtout pas ouvrir si celle-ci était rêche et sèche.

l'ogresse et les sept chevreauxVous connaissez certainement le conte du loup et des sept chevreaux (que j’avais d’ailleurs chroniqué ici dans une très belle version sortie chez OQO), voici sa version libanaise ! J’aime toujours retrouver des versions étrangères (et exotiques pour nous) des contes que nous connaissons, ici je n’ai pas été déçu. Quel bonheur de retrouver cette mère prête à tout pour sauver ses petits et de découvrir une ogresse dévoreuse de chevreaux et de gâteaux au miel. Même si le fond reste le même il y a beaucoup de différences assez savoureuses. Praline Gay-Para a écrit un très beau texte, très rythmé, c’est un bonheur que de le lire à voix haute. Martine Bourre a  fait des illustrations « à l’orientale », avec des collages. Un bien bel album, une version qui change d’un des contes qui me ramène le plus en enfance.

Boucle d'or

Une petite fille nommée Boucle d’Or s’était perdue en forêt, sa mère lui avait pourtant demandé de ne pas s’y aventurer mais vous savez comment c’est, on fait un pas, puis un autre et nous voilà perdu. boucle d'orHeureusement elle trouva une petite maison sur son chemin, une maison dans laquelle elle vit une grande chaise, une moyenne chaise et une petite chaise…

Qui ne connaît pas l’histoire de Boucle d’Or ? Ici c’est la géniale Charlotte Gastaut qui l’illustre et c’est un pur régal. Cette illustratrice de grand talent nous avait déjà ravis avec Poucette, Peau d’âne,… dans la même collection. On veut bien qu’elle nous refasse tous les contes classiques ! Ce sont des contes qu’on aime avoir et ses illustrations sont superbes. Certaines images sont en noir et blanc et « doré », une pure merveille.

Le Rossignol et l'empereur de Chine

L’empereur de Chine avait des jardins si grands qu’il ne les connaissait pas entièrement. Un jour on lui rapporta que dans ses jardins vivait un rossignol dont le chant était une des plus belles choses qu’on puisse entendre. Il voulut donc qu’on Le rossignol et l'empereur de Chinelui rapporte cet oiseau et le garda pour lui, dans une belle cage dorée. Mais l’empereur aimait écouter souvent son chant, et le rossignol ne pouvait chanter tout le temps donc on lui en fabriquât un mécanique sertit de pierres précieuse bien plus beau que l’original et qui chantait sans se lasser… Le vrai rossignol pouvait donc partir… jusqu’au jour où…

Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de ce très beau conte d’Andersen qui évoque tellement de choses dans notre époque actuelle (tradition contre modernité, choses naturelles contre choses plus « pratiques »,…). Cette très belle version sortie chez Chan-Ok a été réécrite par Kochka et est magnifiquement illustrée par Qu Lan. Un grand album très beau, très poétique qui fait part belle aux illustrations. Un beau voyage dans la Chine ancestrale.

On change radicalement de style avec deux adaptations de contes… en bande dessinées (sans texte).  Le Soldat de Plomb

Un petit garçon reçu en cadeau des soldats de plombs. Tous semblaient identiques pourtant l’un deux n’avait qu’une seule jambe. Il le mit donc à part, sur une table où étaient posés une fusée, un château, un dragon… et une danseuse. Tout de suite entre le soldat et la danseuse ce fût le coup de foudre… mais un petit diable caché dans une boîte allait vite se débarrasser de ce rival. C’était le début d’une longue aventure pour notre petit soldat.

vilain petit canard

Une canne couvait ses œufs, de jolis petits canards en sortirent bientôt… et un autre bien moins joli. Tout de suite rejeté, l’oiseau allait devoir se trouver une famille, des gens comme lui… un parcours pas de tout repos !

LE VAILLANT SOLDAT DE PLOMBLe vaillant soldat de plomb et Le vilain petit canard version bandes dessinées sans parole… il fallait y penser ! Les enfants dès 3 ans peuvent donc suivre seuls case après case les périples du petit soldat et du cygne (oui en fait le canard n’en est pas un, rappelez-vous). Une bonne façon d’apprendre à lire les images et de s’initier à la bande dessinée. En fin d’ouvrage on nous propose d’apprendre à dessiner les personnages de l’histoire (avec une méthode pas à pas) et on retrouve l’histoire version texte. Les illustrations sont très « BD pour enfants », j’avoue que personnellement ce n’est pas ce qui me touche le plus mais ça fonctionne bien auprès du public concerné ! D’autres titres existent dans la même collection.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un livre de Jean-Jacques Fdida (La belle au bois dormant ou Songe de la vive ensommeillée), des livres de Régis Lejonc (Obstinément Chocolat et La rue qui ne se traverse pas), un livre de Praline Gay-Para (Au loup !), plusieurs livres de Martine Bourre (Les Deux Vieux & l’Arbre de vie, Au bain, mon lapin ! et La souris qui cherchait un mari), plusieurs livres de Charlotte Gastaut (Peau d’âne, PoucetteMon amie est princesse et Mais que fait la police ? ), plusieurs livres écrits par Kochka (Peau d’âne et Dans ma ville il y a…), enfin nous avons déjà chroniqué plusieurs contes d’Andersen (un CD regroupant plusieurs de ses contes, La petite fille aux allumettes illustré par Fabrice Backès, Les habits neufs de l’empereur illustré par Parastou Haghi et un recueil sorti chez Lito, Contes d’Andersen).
Vous pouvez retrouver tous les contes classiques que nous avons chroniqué avec le tag contes classiques.

La barbe bleue ou Conte de l’Oiseau d’Ourdi
de Jean-Jacques Fdida, illustré par Claude Cachin
Didier Jeunesse dans la collection Contes du temps d’avant Perrault
14,20€, 130×190 mm, 58 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2011
Le Petit Chaperon rouge ou La Petite Fille aux habits de fer-blanc
de Jean-Jacques Fdida, illustré par Régis Lejonc
Didier Jeunesse dans la collection Contes du temps d’avant Perrault
14,20€, 130×190 mm, 60 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2010
L’ogresse et les sept chevreaux
de Praline Gay-Para, illustré par Martine Bourre
Didier Jeunesse dans la collection à petits petons
5,50€, 164×166 mm, 30 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013
Boucle d’Or & les 3 ours
de Rose Celli, illustré par Charlotte Gastaut
Père Castor
13,50€, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013
Le rossignol et l’empereur de Chine
de Kochka d’après Andersen, illustré par Qu Lan
Chan-Ok
13,25€, 260×280 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013
Le Vaillant Soldat de plomb
de Hélène Beney, illustré par Olivier Supiot
Bamboo dans la collection Pouss’ de Bamboo
9,95€, 210×285 mm, 48 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013
Le Vilain Petit Canard
de Hélène Beney, illustré par Curd Ridel
Bamboo dans la collection Pouss’ de Bamboo
9,95€, 210×285 mm, 48 pages, imprimé en France chez un éditeur éco-responsable, 2013

A part ça ?
Un peu de poésie ? The Icebook

 

Gabriel

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