La mare aux mots
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Claude K. Dubois

L’ennui et l’amitié

Par 14 septembre 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, deux albums adorables. Dans le premier, deux oisillons s’ennuient profondément et dans le deuxième, un ours commence à en avoir ras la casquette de son ami colibri qui est une véritable pipelette.

Pfff…
de Claude K. Dubois
L’école des loisirs, dans la collection Pastel
10,50 €, 207×207 mm, 26 pages, imprimé en France, 2017.
Hector et le colibri
de Frith Nicholas John
Casterman dans la collection Les Albums Casterman
14,90 €, 270×280 mm, 40e pages, imprimé en Malaisie, 2017.

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Ah les parents…

Par 13 mars 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on va parler d’un douloureux problème : les parents. Dans cette sélection d’ouvrages (dont la plupart sont quand même extraordinaires, aujourd’hui votre banquier va me détester) on va en rencontrer des absents (et même quand ils sont là), des qui jurent, des qui nous enquiquinent, des qui espèrent un peu trop de nous, mais surtout des qui nous aiment. Mais commençons par répondre à une grande question : Comment naissent les parents ?

Mais... comment naissent les parents ?Un souriceau se pose une question, cette question lui tourne en tête depuis quelque temps… Comment naissent les parents ? Il aimerait bien demander à son papa ou à sa maman, mais ils sont bien trop occupés, alors il demande à son copain Robin qui lui explique que c’est parce que ses parents s’aimaient beaucoup que son papa a mis son pollen dans la fleur de sa maman. Yasmine, elle, a une autre version. Elle n’a pas du tout fabriqué ses parents comme ça, ils avaient beau beaucoup s’aimer leur pollen et leur fleur ne faisaient rien alors il a fallu remplir des papiers et ça n’a pas duré neuf mois, mais trois ans. Tim a encore une autre version à base d’éprouvettes, pour Maïté avec ses deux mamans c’est encore autre chose. Ça en fait des façons de fabriquer les parents !

Gros coup de cœur pour cet album tout en délicatesse et en poésie, tant dans les illustrations que dans le texte. On parle donc ici de toutes les façons de devenir parents (et donc de toutes les façons de faire un bébé, vous l’aurez compris), mais vraiment avec une infinie douceur. Un livre qui sait autant manier l’humour, la poésie et être aussi bien illustré, on ne peut qu’adhérer. Un magnifique ouvrage.

Le Papa MystèreDans la cour de l’école, les enfants discutent, parlent de leur week-end. Zazie est triste de savoir que Cindy n’a pas de papa, Alfredo et Clodomir, eux, ne sont pas tristes du tout et ils se moquent même « Cin-dy -sans-pa-pa ! Cin-dy -sans-pa-pa ! » chantent-ils. Mais Cindy ne va pas se laisser faire, elle leur raconte qu’elle a bel et bien un papa, qu’il est agent secret et que si elle l’appelle…

J’ai toujours beaucoup de mal avec les adaptations de dessins animés qui reprennent, comme illustrations, des captures d’écrans. Je trouve ça, disons-le franchement, particulièrement laid. La novélisation de la série Mademoiselle Zazie n’échappe pas à la règle (et comparer ces illustrations à celles de Delphine Durand… c’est assez violent !). Passé ce manque d’esthétique de cet album, Zazie est un personnage qu’on adore. Les histoires sont souvent très bien trouvées et racontent généralement des situations pas forcément « classiques » de façon complètement anodines. Cindy n’a pas de papa, et alors ? Où est le souci. Même si l’on préfère (largement) les livres originaux signés Thierry Lenain et Delphine Durand, Le papa mystère est un album très sympathique et plein d’humour pour dédramatiser la monoparentalité.
Le même vu par Les lectures de Liyah et Chez Clarabel.

Papa, regarde !Petit Ours regarde par la fenêtre, il aperçoit des fleurs violettes et questionne son père à leur sujet. Trop occupé à lire le journal celui-ci lui répond distraitement, sans trop lever l’œil par la fenêtre. Mais il est vite étonné par ce que lui décrit son fils.

Énormément d’humour et de poésie dans ce très bel album sorti chez HongFei. Qui n’a jamais vécu cette situation avec ses enfants ? Bien trop occupé on répond distraitement à leurs questions avant de nous rendre compte qu’il y a un énorme quiproquo. La naïveté des enfants, face à notre esprit trop cartésien quand on est en train de faire autre chose. Pour illustrer ce très joli texte, Sophie Roze a utilisé des collages, on se surprend à toucher les pages en croyant que nos doigts vont trouver des matières. Magnifique !
Courez voir les extraits sur le blog de HongFei.

Dragons Père Et FilsLe papa de Strokkur ne lui a pas dit « Tu seras un homme, mon fils » (et pour cause… Strokkur est un dragon !), mais c’est à peu près ça. Parce qu’il le trouve grand maintenant, il doit faire honneur à sa famille et brûler quelques maisons dans un village. Strokkur n’a pas vraiment envie, mais d’après son père c’est la tradition, on ne peut pas y couper ! Après une nuit agitée, voilà donc notre petit dragon en direction du village. Il trouve une petite maisonnette en bois un peu isolée… c’est parfait ! Sauf que le petit garçon qui habite là le voit et est tout excité de voir un dragon ! Et puis question truc à brûler il a une bien meilleure idée… un bâtiment plus grand où il n’aime pas trop aller…

Ah ces parents qui veulent imposer leurs choix à leurs enfants… Strokkur n’a bien sûr aucune envie de faire ce que son père lui demande, mais il a si peur de le décevoir… Au lieu de terroriser les habitants, notre petit dragon va se faire des amis et il se peut bien qu’il soit assez malin pour trouver les bons arguments face à son père. On peut être fier de ses enfants pour de multiples raisons. On parle donc ici de transmission (ou pas), d’amitié, de malice. On s’amuse beaucoup des situations et l’on admire les belles planches de Ronan Badel. Là encore, un très très bel album.

Puisque c'est comme ça, je m'en vais !Émile est VRAIMENT de mauvaise humeur ! Une bagarre à l’école avec son copain et une réprimande de la maîtresse. Forcément, il ramène sa mauvaise humeur à la maison et ne supporte pas la moindre contrariété. Aussi quand sa maman lui refuse qu’il fasse de la peinture (alors que c’est l’heure du bain), Émile prend une grave décision : il s’en va ! Il file dans sa chambre, prépare son sac à dos, il va partir loin, très loin, loin de maman, loin de la maîtresse, loin des copains qui l’embêtent… mais avant, un bain plein de mousse c’est quand même tentant ! Et après, adieu tout le monde ! Enfin… après manger car maman a fait son plat préféré…

Décidément dans cette chronique, que de merveilles ! Tant sur le plan graphique (superbes illustrations d’Alexandra Pichard) que sur le plan scénaristique, Puisque c’est comme ça, je m’en vais ! est un album irrésistible. On rit de ce petit colérique (qui se fait bien avoir par les ruses de sa maman), de cette mère qui reste stoïque face aux menaces de départ de son fils (et le conforte même dans son idée). On parle ici donc des colères, des enfants qui veulent partir « parce que c’est mieux ailleurs », et de l’amour des parents qui savent transformer une mauvaise journée en bon moment. Un magnifique album.
Des extraits en ligne.

Le petit tabarnakPapa tape, tape, tape avec son marteau quand tout à coup… TA-BAR-NAK ! Ouh la la pour qu’il utilise ce mot c’est qu’il doit être vraiment vraiment fâché, car on n’a pas le droit de dire ça ! Mais au fait… ça veut dire quoi Tabarnak ? Oups c’était la question à ne pas poser à un papa déjà en colère. Peut-être que les copains sauront, eux…

Tabarnak, pour ceux qui ne le savent pas, est un juron québécois. Dans cet album, on parle donc des gros mots qui échappent parfois aux parents (si vous n’en dites pas, c’est bien vous êtes parfaits !). Que ce soit un album québécois nous arrange assez (je ne sais pas vous, mais moi j’ai du mal à imaginer un album pour enfants avec le mot « putain ») ! Beaucoup d’humour dans cet album aux illustrations qui font penser à des bandes dessinées avec des traits pleins de mouvement. On s’amuse beaucoup en lisant les versions de chaque enfant sur l’origine de ce mot à ne pas dire. Encore un très bel album sorti chez La pastèque.

ça sent bon la mamanComme tous les soirs, Maman Taupe lit une histoire à son Taupinou puis dodo… Taupinou n’a pas envie, il aimerait rester blotti contre sa maman, il a peur tout seul, les bruits de la nuit l’effrayent. Maman a une idée, elle décroche son foulard et le donne à son enfant « Un peu de moi auprès de toi », un foulard qui sent bon la maman et qui saura rassurer Taupinou.

On finit dans un nuage de douceur et de tendresse. Avec une histoire toute simple, Émile Jadoul et Claude K. Dubois nous offrent un petit bijou de poésie. On parle ici de la peur de la nuit, de l’odeur rassurante, de l’amour. Car les parents, même s’ils nous embêtent, même s’ils disent des gros mots, même s’ils sont parfois trop occupés pour nous écouter, ils sont quand même là pour nous rassurer et nous donner beaucoup d’amour.
Le même vu par Bricabook, Chez Clarabel et À l’ombre du saule.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Jean Regnaud (Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill), Sophie Roze (L’autre bout du monde), Ronan Badel (Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé), Alexandra Pichard (Les socquettes blanches, Nina et les oreillers et Muette), Émile Jadoul (Comme un secretCanaille a oublié son doudou, Canaille ne veut pas aller à l’école, Canaille va chez le docteurCanaille n’aime pas la soupeMon bonnetLes mains de papa, A l’eau, Hourra, AglaglaTout le monde y va, Gros pipi, A la douche et A la folie) et Claude K. Dubois (Ma feuille !, L’histoire de mon bébé, Papa, maman… avant et La valise rouge). Retrouvez aussi nos interviews de Ronan Badel et d’Émile Jadoul.

Mais… comment naissent les parents ?
Texte de Jean Regnaud, illustré par Aude Picault
Magnard Jeunesse
11,90 €, 200×200 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Le papa mystère
de L. Nord (d’après Thierry Lenain)
Nathan dans la série Mademoiselle Zazie
5,95 €, 174×221 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Papa, regarde !
Texte de Hui-Ying Chiu (traduit par Chun-Liang Yeh), illustré par Sophie Roze
HongFei
13,90 €, 193×253 mm, 34 pages, imprimé en Belgique, 2014.
Dragons père et fils
Texte d’Alexandre Lacroix, illustré par Ronan Badel
Père Castor
13,50 €, 240×300 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014.
Puisque c’est comme ça, je m’en vais !
Texte de Mim, illustré par Alexandra Pichard
Magnard Jeunesse
13,90 €, 230×270 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Le petit Tabarnak
de Jacques Goldstyn
Éditions de la Pastèque
18 €, 191×241 mm, 80 pages, imprimé au Canada, 2014.
Ça sent bon la maman
Texte d’Émile Jadoul, illustré par Claude K. Dubois
Pastel
11,50 €, 176×246 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.

À part ça ?

Le rire médecinL’association Le rire médecin organise une braderie solidaire dans ses nouveaux locaux à Paris (XIXe). Notez sur vos agendas, ce sont les vendredi 4 et samedi 5 avril au 64/70 rue de Crimée 75 019, de 10 heures à 20 heures. Plusieurs grandes enseignes (Chicco, Djeco, Doudou et Compagnie, Editions Dupuis, Faber-Castell, Ikéa, LuluCastagnette, Moulin Roty, Ravensburger, Vtech, Zadig & Voltaire…) se sont mobilisées et ont offert des produits qui permettront à l’association de récolter des fonds. L’argent servira à financer la venue de clowns professionnels dans les services pédiatriques et ainsi offrir des moments magiques aux enfants hospitalisés. Quand on peut faire un beau geste, tout en faisant de bonnes affaires… pourquoi se priver ?

Gabriel

 

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Un peu de douceur

Par 29 mars 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui trois albums qui ont en commun une extrême douceur.

Ma feuilleHeureusement qu’il a sa feuille, Thélio. Elle est contre lui et le rassure, blotti au fond de son nid. Mais voilà qu’un coup de vent emporte la feuille ! Malheur ! Comment faire ? Thélio va bien devoir affronter le monde s’il doit retrouver sa feuille.

Ce qui séduit d’emblée dans Ma feuille ! ce sont ses illustrations. Je découvre avec cet album Pélagie et quel bonheur ! C’est si doux et si poétique, on tombe instantanément Ma feuille !sous le charme de ses collages. Le texte n’est pas en reste (il est quand même signé Claude K. Dubois !), très belle histoire où l’on évoque l’entraide, la peur d’affronter le monde, les doudous, les chagrins… Les enfants se reconnaîtront dans cette histoire et ils vont l’adorer… comme vous allez adorer la leur lire. Claude K. Dubois est décidément une belle plume, en plus d’être une merveilleuse illustratrice et Pélagie, toute nouvelle venue, est quelqu’un à suivre de près !

Quelle chanceC’est parti pour une ballade ! Pom et Pim, son doudou, sortent de la maison et c’est un vrai bonheur de constater que le soleil est de la partie, une vraie chance ! Ah mais regarder en l’air, quand un caillou se trouve sur sa route, c’est de la malchance… mais en tombant Pom trouve un billet… quel chance ! et si on achetait une glace avec ? Sauf qu’une glace ça fait mal au ventre…

Voilà un petit album plein de charme où il est question de chance et de malchance, le petit héros voit chaque chance se transformer en malchance et inversement. La vie n’est-elle pas une alternative de joies et de peines ? Avec un peu d’astuce (d’espièglerie…), chaque problème a sa solution et on doit toujours aller de l’avant… comme le fait le personnage. Et puis après tout, une chose n’est-elle pas une chose positive pour certains et négative pour d’autre ? C’est d’ailleurs ce que l’on peut voir dans la conclusion de l’album où finalement, pour l’enfant, la pluie c’est une chance !

Ma maison du bout du mondeUn petit pingouin imagine sa future maison, celle qu’il aura quand il sera grand. Sera-t-elle une maison bateau pour voguer vers l’infini ? Une maison fusée pour admirer la galaxie ? Et si c’était une maison coquelicot pour rêver dans les champs ?

Manju est une illustratrice dont je suis le travail depuis quelques temps sur facebook et je suis ravi d’avoir enfin un livre d’elle entre les mains (pour être honnête j’en avais eu un il y livre ouvert MDBDMa près de 2 ans que je n’avais pas aimé et il ne ressemblait pas à ce qu’elle fait actuellement). C’est un livre très esthétique qu’elle nous livre ici, illustrant un texte qui ressemble à une longue comptine signé Laurie Cohen. J’avoue avoir éprouvé une certaine lassitude dans cette longue énumération de maisons, mais les illustrations de Manju me l’ont fait oublier. Au final, Ma maison du bout du monde est un livre très poétique et plein de charme.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs livres de Claude K. Dubois (L’histoire de mon bébé, Papa, maman… avant et La valise rouge), un livre d’Olof Landström (La tototte), plusieurs livres de Laurie Cohen (Est-ce que vous m’aimerez encore… ?, Dans le ventre de maman et Ma voisine est une sorcière.) et un livre illustré par Marjorie Béal (La fabrique extraordinaire).
Pélagie a illustré un autre livre, Pauvre Stupidon, retrouvez la chronique de Parfums de livres.

Ma feuille !
de Claude K. Dubois, illustré par Pélagie
L’école des loisirs
12,50€, 192×268 mm, 26 pages, imprimé en Belgique, 2013
Quelle chance !
de Lena Landström (traduit par Alain Gnaedig), illustré par Olof Landström
L’école des loisirs
12,20€, 195×227 mm, 26 pages, imprimé en France, 2013.
Ma maison du bout du monde
de Laurie Cohen, illustré par Marjorie Béal
Les minots
12,50€, 195×240 mm, 38 pages, imprimé en France sur papier recyclé, 2013.

A part ça ?

Vous vous demandez ce qu’est la vie d’un père au foyer ? PAF !

Gabriel

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Il y a un bébé dans le ventre de maman

Par 1 février 2013 Livres Jeunesse

Entre deux coups d’pieds, on te tire le portrait.
En Mai, j’ai eu la trouille..
D’voir arriver ta bouille..
Et puis juin
Rose

Aujourd’hui (allez savoir pourquoi…) j’ai envie de vous présenter des livres qui parlent des bébés dans le ventre. Pas forcément de comment ils sont arrivés là (pour ça voir ma chronique Comment on fait les bébés), ni sur la fratrie (voir la chronique de Marianne), non sur cette période précise plein de questionnement pour les futurs ainés… le bébé dans le ventre de maman !

Et on commence par trois coups de cœur.

ALMAAlma n’est pas encore là est un album absolument superbe. Le texte est d’une beauté renversante et en même temps avec des petits touches d’humour, mais un humour fin et subtil, on a affaire ici à de la vraie littérature. Alma grandit dans le ventre de sa mère, au départ ce n’est qu’un grain de poussière et petit à petit voilà que le grain se transforme, qu’il y pousse des bosses, qu’il s’y dessine des taches. Jusqu’à devenir bébé la route est longue, il faudra apprendre à voir (grâce au soleil qui éclaire le ventre de sa mère sur la plage), à entendre (le bruit des ambulances dans la rue ou des rugissements d’un lion au zoo). Alma va aussi découvrir le goût (celui du chocolat qu’elle va aimer et celui du parmesan qui lui fera faire la grimace) et le toucher. Alma va se cogner, se tourner, réfléchir. On suit donc la croissance d’Alma, mois après mois avec des tas de petites choses, des choses qui semblent anodines et qui sont d’une extrême poésie. C’est un livre dont on pourrait sortir presque toutes les phrases pour montrer à quel point le texte est beau et donc j’avais envie de vous le citer un peu. « Mais ce qu’elle entendait le mieux, mieux que les ambulances et que les animaux les plus bruyants, c’était Jamie, puisqu’elle était dans son ventre : le cœur battant de sa mère, la voix de sa mère, et même les gargouillis de son ventre quand Jamie avait faim. Alors Alma sut qu’elle n’était pas la seule au monde, que quelque chose autour d’elle était là, pour elle : Alma se mit à aimer, pour la première fois. Et cela tombait très bien, puisque c’était sa mère, qui l’aimait déjà. ». Les illustrations également sont extrêmement poétiques et le livre contient de grands rabats ce qui permet de les mettre en valeur. Un petit bijou, vraiment.
Vous pouvez le feuilleter ici.

Le Ventre de MamanLe ventre de maman, Toi dedans, moi devant de Jo Witek et Christine Roussey est un très bel album, extrêmement poétique. Une petite fille s’adresse au bébé qui est dans le ventre de Le ventre de mamansa mère. Patiemment elle l’attend, en lui faisant des câlins, en lui racontant sa vie, en lui chantant des chansons,… Au fil des pages le ventre devient de plus en plus gros et on y trouve un petit volet (qui lui aussi s’agrandit) derrière lequel se cache le bébé qui évolue en même temps. Des illustrations très épurées comme j’aime, des pages un peu épaisses, un texte très poétique, très doux,… Un petit bijou.

MA PETITE HISTOIRE AVANT D'ETRE NEMa petite histoire avant d’être né est un livre bien original, un tout petit livre qui tient dans la ma petite histoire avant d'être némain avec des chapitres courts qui racontent la vie dans le ventre d’une maman. Écrit à la première personne, le personnage va donc tout nous dire du moment où la rencontre entre un homme et une femme a fait qu’il est là jusqu’au moment où il sort du ventre de sa mère. C’est extrêmement bien écrit, très poétique, on parle des sons entendus (le tic-tac de la montre du père, son qu’il va reconnaître une fois né) et de la lumière qu’il voit quand sa mère est au soleil mais aussi des danses qu’il exécute et des grimaces lorsque sa mère mange des choses épicées. Un livre très doux, très poétique, très beau, un véritable coup de cœur.

9 mois pour attendre un petit frère ou une petite sœur9 mois pour attendre un petit frère ou une petite sœur, et 9 livres pour l’attendre. Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée ont créé cet objet très original, un porte livre en tissus qui s’attache sur un lit à barreaux ou au mur contenant 9 livres en carton épais, un pour chaque mois. On peut ainsi lire chaque livre au fur et à mesure de ces très longs 9 mois. Adapté aux plus petits donc (et nécessite du coup d’avoir des enfants rapprochés), on va ici chaque mois voir l’évolution du fœtus avec des comparatifs qui parlent bien aux enfants mais aussi aborder des thèmes comme les envies, la peur d’être moins aimé ensuite, communiquer avec le bébé dans le ventre ou préparer sa chambre. Alors par contre je ne peux pas laisser sous silence le sujet qui fâche, les idées sexistes qu’aime mettre Catherine Dolto dans ses livres… ici c’est la petite fille qui dit « si c’est une fille, je lui prêterai ma poupée. » puis le petit garçon « Si c’est un garçon, je lui prêterai mon camion »… C’est dommage car l’objet est joli, l’idée est bonne mais ce genre de propos chez moi ça ne passe pas… mais si chez vous ça ne pose pas de problème je pense que vous aimerez cet objet original.
Vous pouvez le feuilleter ici.

Attendre un bébéOn reste dans les livres pour les tout-petits avec Attendre un bébé dans la célèbre collection L’imagerie des tout-petits de chez Fleurus. Alors honnêtement je n’ai pas une Attendre un bébétrès bonne image de cette collection et à la base je m’étais dit que je vous parlerai de ce livre à titre informatif… et j’ai été très agréablement surpris ! Bien que les illustrations aient un peu vieillit (les ordinateurs semblent venir d’une autre époque, et de toutes manières je ne suis pas très fan de ce genre d’illustrations), c’est complet et très bien fait. Ici on part du test qui nous révèle que maman attend un bébé à la naissance en passant par la recherche du prénom, le moment où on apprend que certains de ses anciens jouets vont aller au bébé, les envies et la prise de poids de la maman, ce qu’on peut et ce qu’on ne peut pas faire avec elle,… On voit aussi l’évolution du bébé dans le ventre. L’accouchement est « montré » de façon très sobre et en aucun cas dérangeante. Franchement une bonne surprise !

Et dedans il y a...Dans la série des livres très connus, vous avez sans doute déjà entendu parler de celui de Jeanne Ashbé, Et dedans il y a. Un petit livre à volets très bien fait. Il est composé en 3 chapitres, tout d’abord les choses qu’on peut ouvrir pour voir dedans : la valise, le cadeau et la pastèque. Ensuite celles qu’il ne vaut mieux pas ouvrir pour voir à l’intérieur : la télévision, le nounours et le ballon. Et enfin ce qu’on ne peut pas ouvrir pour voir dedans mais… et là on va parler, vous vous en doutez, du ventre de maman. On va donc voir sur 3 dessins l’évolution du bébé dans le ventre de sa mère. Tout le livre utilise des volets qu’on soulève afin de découvrir l’intérieur, c’est ingénieux et efficace. Et après, il y auraC’est très doux et plein de charme. Du même auteur on va aussi trouver Et après, il y aura… dans lequel on parle de « l’après ». Même principe avec ses trois chapitres et ses volets à soulever, on va ici rassurer l’enfant en lui montrant que même quand le bébé sera là, il comptera toujours, il y aura toujours du temps pour lui (nous avions parlé de ce livre ici).

Un bébé dans le ventre de maman ?Un bébé dans le ventre de maman ? Simon et Gaspard n’en reviennent pas ! Alors bien-sûr on s’interroge comment c’est arrivé une telle chose, « comment on fait les bébés ? ». Papa est bien embêté pour répondre à ça… ce soir peut-être… sauf qu’à l’école Simon va savoir grâce à sa copine Lou… et c’est pas triste ! Ah Simon le lapin… J’en ai déjà parlé plusieurs fois et vous êtes nombreux, ici, à aimer. Quel bonheur de le retrouver ici dans cet album sur la grossesse. Et, vous le savez, Simon n’a pas sa langue dans sa poche donc ici on saura (presque tout) : que c’est le papa qui met une graine dans le ventre de la maman (par où on ne sait pas) puis que le bébé pousse et sort par la zézette de la maman ! On apprend même que les graines du papa sont dans son zizi ! Donc en gros si ce genre de détails vous fait peur… Ce n’est pas un livre pour vous ! Mais Stéphanie Blake amène ça avec beaucoup d’humour et son personnage est définitivement irrésistible !

Maman va exploserMaman va exploser ! C’est sûr ! Elle n’arrête pas de manger et elle grossit, grossit, grossit… elle fait même péter ses boutons de pantalon ! Franchement ça fait peur… et c’est ce sentiment qu’éprouve le petit garçon de cette histoire. Ici c’est également un album plein d’humour qui parle donc de la grossesse. On n’abordera pas du tout le bébé (avant le dénouement final) mais juste la prise de poids, le ventre qui s’arrondit et cette maman qui mange tout le temps. Drôle et plutôt original.

L'histoire de mon bébéAline va être grande sœur… oui mais quand ? Elle trouve ça long ! Et il va arriver comment ce bébé ? Par une cigogne d’après son grand-père, d’un chou lui dit sa grand-mère… bizarre ! Et puis cette maman qui grossit, grossit… c’est inquiétant ! Bref Aline se pose beaucoup de questions… c’est inquiétant cette histoire de bébé dans un ventre. Grâce à un dialogue avec le bébé (oui si on sait écouter ils nous parlent, vous l’ignoriez ?) et une photo (échographie) Aline va être rassurée, elle a des réponses à ses questions. Un album tout doux (les illustrations de Claude k. Dubois…), avec une histoire simple et qui plaît aux enfants. Laurence Bourguignon a réussi à répondre aux principales questions des enfants de façon naturelle. Un très bel album.

c'est quoi dans ton ventre ?Puisqu’on est sur les questions, C’est quoi dans ton ventre ? est un très bon livre entre le documentaire et l’album. Des tas de questions que les enfants ne vont pas manquer de C'est quoi dans ton ventre ?vous poser : Le bébé il arrive à quelle heure ? Comment on fait les bébés ? Il est déjà tout construit ? Il fait caca où ? (celle-là, elle surprend la première fois !). Le livre indique aussi, grâce à un petit repère visuel, les grandes étapes de la grossesse à aborder avec les enfants. Ici les réponses sont simples et adaptées aux petits (à propos de comment on fait les bébés « Papa a mis une graine dans mon ventre. Maintenant elle va grandir », à la question « il va sortir par où ? » « les mamans ont un passage spécial bébé »,…). En fin d’ouvrage des conseils intéressants d’une pédopsychiatre sur comment aborder la grossesse avec les enfants.

Le bébé, Mes p'tits docsLe bébé, dans la collection Mes p’tits docs de chez Milan est aussi très riche en informations. Ici on parle échographie, sages-femmes, cours de préparation à l’accouchement, liquide amniotique, couveuse,… au cours d’une histoire qui va de la découverte du fait que maman attend un bébé à la présentation dudit bébé aux copains. L’histoire est simple, les choses sont claires, bien présentées, c’est un album très riche en information.

BébéUn bébé ? Ouh la… ça fait se poser des questions… comment l’appeler, il arrive quand et surtout… qu’est-ce qu’il fera ? Un petit garçon imagine ce que pourra faire ce bébé plus tard et c’est un très bon prétexte pour parler de tous les sentiments qui traversent les enfants. S’il est peintre il mettra le bazar, sinon il peut être surveillant au zoo… pour se faire manger par un tigre, s’il est capitaine de bateau c’est quand même mieux si c’est moi le capitaine… L’enfant est partagé entre la peur de la place que va prendre ce bébé qui arrive (il a même envie qu’il retourne d’où il vient) et l’amour qu’il a déjà pour lui. Bien-sûr à la fin c’est le côté « on va l’aimer le bébé » qui va l’emporter. Un album plein d’humour et de douceur.

maman sort des bébésOn termine par un album un peu à part mais qui a sa place dans cette thématique, Maman sort des bébés fait partie de la collection Kifékoi qui explique les métiers aux Maman sort des bébésenfants. Ici la maman de Juliette est sage-femme mais elle est également enceinte. A travers la grossesse de Madame Sanchez, la maman de Juliette, et de ses journées au travail, on va donc suivre tout ce qui entoure la grossesse et celles qui sont là pour faire naître. De l’explication du mot « sage-femme » à l’échographie en passant par la vision décalée de l’accouchement que montrent les séries télé à la péridurale, on va apprendre des tas de choses tout en s’amusant car l’album est très drôle (la péridurale est vue comme un club de vacances, au moment de la naissance on montre les papas tous avec leur téléphone pour donner le poids de leur enfant. Maman sort des bébés est un album très sympa, bourré d’info sur le métier de sage-femme et donc forcément sur l’accouchement.

Quelques pas de plus…
Le ventre de maman a déjà été chroniqué sur Les livres de Dorot’ (dans l’article elle chronique aussi Maman va exploser et d’autres livres sur le même sujet) et par Méli-Mélo de livres.
D’autres livres sur la maternité que nous avons déjà chroniqué : Le ventre de maman de Sophie Lebot, Dans le ventre de maman de Laurie Cohen et Elen Lescoat, Le parcours de Paulo de Nicholas Allen, Dans le ventre des dames… de Malika Doray, Le mystère des graines à bébé de Serge Tisseron et Aurélie Guillerey et La surprise de Janik Coat. Encore plus de titres sur le forum dans un post général sur l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur (si vous en connaissez d’autres n’hésitez pas à compléter là-bas)
Nous avons déjà parlé de livres illustrés par Amélie Graux, les Play with Oops & Ohlala, d’un livre écrit par Catherine Dolto et Collinne Faure Poiré, Les parents se séparent, d’un livre illustré par Christine Rousset, Les cocottes à histoires, d’un autre livre d’Amélie Graux, L’hôpital, d’un autre livre illustré par Laurent Moreau, Mini Rikiki Mimi, de deux livres illustrés par Claude K. Dubois, Papa, maman… avant et La valise rouge, de deux livres de Jeanne Ashbé, Yola et Et après, il y aura… et deux de Stéphanie Blake : Je veux des pâtes ! et Je veux pas aller à l’école.

Alma n’est pas encore là
de Stéphane Audeguy, illustré par Laurent Moreau
Gallimard Jeunesse
15,40€, 266×306 mm, 32 pages, imprimé en Espagne sur papier recyclé, 2012.
Le ventre de maman
de Jo Witek, illustré par Christine Roussey
De la Martinière jeunesse
14,10€, 265×255 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2011
Ma petite histoire avant d’être né
de Martine Camillieri, illustré par Gaspard Richter
Hélium
7€, 100×145 mm, 40 pages, imprimé en Espagne, 2011
9 mois pour attendre un petit frère ou une petite sœur
de Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée, illustré par Amélie Graux
Gallimard Jeunesse Giboulées
19,90€, 110x110x60 mm, 9×10 pages, imprimé en Chine, 2012
Attendre un bébé
d’Emilie Beaumont, illustré par Sylvie Michelet
Fleurus dans la collection L’imagerie des tout-petits
8,15€, 170×200 mm, 30 pages, imprimé en Italie, 2004.
Et dedans il y a
de Jeanne Ashbé
Pastel
9,20€, 155×155 mm, 16 pages, imprimé en Chine, 1997.
Un bébé dans le ventre de maman ?
de Stéphanie Blake
L’école des loisirs
12,70€, 227×285 mm, 20 pages, imprimé en France, 2012.
Maman va exploser
de Fabrice Boulanger
Les éditions de la bagnole dans la collection Klaxon
9€, 210×211 mm, 24 pages, imprimé au Québec, 2010 (précédente édition 2006)
L’histoire de mon bébé
de Laurence Bourguignon, illustré par Claude K. Dubois
Mijade
11€, 225×227 mm, 22 pages, imprimé en Belgique, 2012 (précédente édition 1992)
C’est quoi dans ton ventre ?
de Josef Anton, illustré par Caroline Hüe
Auzou
8,95€, 206×257 mm, 29 pages, imprimé en Chine, 2011
Le bébé
de Stéphanie Ledu, illustré par Lynda Corazza
Milan dans la collection Mes p’tits docs
7,20€, 195×195 mm, 29 pages, imprimé en Italie, 2007
Bébé
de Helen Oxenbury (traduit par Alice Delarbre), illustré par John Burningham
Père Castor dans la collection Les albums du Père Castor
15,50€, 257×267 mm, 48 pages, imprimé en Chine, 2011.
Maman sort des bébés
d’Eléna Zampino, illustré par Olivier Goka
Zoom éditions dans la collection Kifékoi
11,10€, 176×177 mm, 44 pages, imprimé en Italie, 2004.

A part ça ?

Grâce à une amie j’ai pu tester La princesse aux petits prouts avec ma fille (photo) et maintenant je suis donc sûr de moi en vous le conseillant ! Une vraie merveille. Si vous avez une tablette, n’hésitez pas ! Foncez ! Quelques liens pour vous donner encore plus envie : le reportage du JT de Claire Chazal, celui de France Info, l’article de 3 étoiles et puis leur blog, leur site et leur page facebook.

Gabriel

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Mes parents ne s’aiment plus… (thématique sur le divorce 2/3)

Par 7 juin 2012 Livres Jeunesse

Suite de cette thématique en trois parties sur le divorce. La semaine dernière je vous ai parlé de quatre albums jeunesse, cette semaine en voici 5 autres. La semaine prochaine je m’intéresserai à des livres pour les enfants qui lisent tout seul.

Maya n’est pas souvent avec son papa, alors quand elle passe un moment avec lui elle a le droit à trois caprices. Il suffit de dire « caprice ! » quand papa refuse quelque chose et hop c’est accordé ! Mais attention 3 fois ça passe vite. Le premier sera une glace à six boules, le deuxième un ballon pour le libérer quant au troisième il faut le garder précieusement jusqu’à la fin du week-end car il concerne maman…

Quelle beauté que cet album ! Déjà l’objet : c’est un grand livre (26 sur 29 cm) avec de très belles illustrations, un papier épais. Ensuite le texte, c’est une petite merveille. À la fois drôle et tendre, joyeux et triste. Maya parle de la différence entre chez maman et chez papa et au milieu elle lâche un « Avant, papa habitait chez moi avec Maman. C’était la « femme de sa vie ». Puis elle décrit l’appartement du père où il y a un portrait d’enfant qui pleure et conclu par «  Quand Papa est parti, Maman aussi  pleurait ». C’est dit avec les mots de l’enfance, avec sa simplicité. On sourit avec les yeux légèrement mouillés. La chute, le dernier caprice de Maya est de la même façon un beau moment très émouvant. Un petit bijou.

Puisqu’on est dans les bijoux, j’ai découvert la collection Les petits bobos de la vie du Dr Englebert, illustrés par Claude K. Dubois. Je ne connaissais pas du tout cette collection et je suis tombé sous le charme.

Édouard est très heureux, il va aller au zoo avec son papa ! Celui-ci lui rappelle qu’il y est déjà venu à l’époque où il ne marchait pas encore, à l’époque où ses parents étaient encore ensemble… Une fois rentré chez maman, c’est l’occasion de revoir des photos de lui petit, de ses parents quand ils s’aimaient.

Manu apprend que ses parents sont se séparer. C’est bizarre la vie sans papa, l’appartement parait vide sans ses affaires. Quand vient l’heure de passer à table sans lui… ça fait drôle ! Et puis il y a maman qui pleure, maman qui critique papa au téléphone, des choses qu’on ne veut pas entendre… Puis vient le temps de la nouvelle maison de papa « c’est drôle de dire « chez papa ». Avant, chez papa, c’était chez nous », la nouvelle copine de papa… La vie suit son cours, maintenant Manu a deux maisons et une valise rouge qui le suis.

Ces deux livres sont de pures merveilles de tendresse et de poésie. Les séries comme ça sur des thèmes précis sont souvent un petit peu bancales… On veut aborder chaque fois un thème on le fait tant bien que mal, c’est souvent écrit par des spécialistes (pédiatres, psychologues,…) qui ne sont pas forcément de grandes plumes et assez mal illustrés… Ici c’est tout le contraire ! La plume du docteur Éric Englebert touche là où il faut, elle nous fait monter les larmes au coin des yeux, pourtant ce n’est pas triste, c’est juste beau. Les mots sont bien choisis, ils font mouche. Les illustrations de Claude K. Dubois sont parfaites, elles ajoutent encore plus de poésie et de tendresse au texte qui n’en manquait pourtant pas. Je ne connaissais pas cette illustratrice (juste de nom, Agnès Domergue m’en avait parlé) et je suis tombé sous le charme. Des livres de poches absolument superbes.

Cette petite fille a deux maisons. Il y a chez papa et chez maman. La seule chose qui ne change pas c’est Fred ! Fred c’est son chien qui la suis partout. Seulement voilà… chez maman Fred aboie sur le caniche du voisin et chez papa… il mange les chaussettes ! Plus personne n’en veut. Mais où il va habiter alors ?

Je vous parlais déjà la semaine dernière du divorce vu par un chien (Oh ! Pétard ! chroniqué ici), dans J’ai deux maisons ce n’est pas le chien qui raconte l’histoire mais il en est au centre. J’aime cette façon détournée de parler aux enfants de choses qui peuvent les tracasser. Ici le quotidien en garde alternée est tout à fait « normal », il n’y a que le chien qui pose problème. J’ai trouvé ce « concept » intéressant et intelligent.  La vie de cette petite fille est montrée comme une vie banale. Le texte est très beau et les illustrations de Tricia Tusa sont magnifiques, bien mises en valeur par un beau papier épais (Circonflexe fait vraiment de beaux livres).

Victor a une famille un peu compliquée, il y a son père, sa mère et ses frères mais aussi la nouvelle femme de son père, le nouveau mari de sa mère, les enfants que le nouveau mari de sa mère a eu avec elle, qui sont ses demi-frères et sœurs mais aussi Marie-Lucie qu’il a eu avant et qui n’a donc aucun lien de parenté avec lui. Pourtant la mamie de Victor la connaît bien Marie-Lucie et quand il vient en vacances, même si elle n’est pas sa petite fille par le sang, elle veut qu’elle vienne aussi. Tout n’est déjà pas simple mais le jour où les enfants reviennent de vacances par le train, accompagnés par les JVS (Je voyage seul) tout se complique. Car à la gare ce n’est pas la personne prévue qui arrive les chercher mais Prosper, le grand frère de Victor ! Et l’accompagnatrice elle ne l’a pas sur sa fiche, de plus ce n’est pas le frère de Marie-Lucie ! Alors on appelle le père de Marie Lucie… mais lui n’est pas le père de Victor ! Comment tout ce méli-mélo cela va se terminer ?

Ils nous ont encore oubliés ! (titre que je ne comprends pas, par rapport à l’histoire) est extrait d’une série : Victor et Cie qui raconte « la vie trépidante et drôle d’une famille recomposée ! ». Ici l’histoire est assez originale puisqu’on parle des enfants qui vivent dans une famille recomposée mais par le biais d’une histoire de « qui viens nous chercher », « qui est responsable de nous ». Victor et Marie-Lucie sont comme des frères et sœurs pourtant ils n’ont pas de parents en commun. Aux yeux des administrations les parents de l’un ne sont pas ceux de l’autre, même si aux yeux des enfants tout ça n’a aucune importance. Un petit album frais et moderne.

Quelques pas de plus…
Retrouvez d’autres albums qui parlent de divorce et de familles recomposées : Prune, la nouvelle fiancée de Papa, Le papa-maman et dans l’article de la semaine dernière.
J’ai deux maisons et d’autres livres sur le divorce sur Parfums de livres.

Les trois caprices de Maya
de Geoffrey Dussart, illustré par Anne-Catherine De Boel
Pastel – L’école des loisirs
13,50
Papa, maman… avant
de Dr Éric Englebert, illustré par Claude K. Dubois
Grasset Jeunesse/Lampe de poche dans la collection Les petits bobos de la vie
5,90€
La valise rouge
de Dr Éric Englebert, illustré par Claude K. Dubois
Grasset Jeunesse dans la collection Les petits bobos de la vie
5,90€
J’ai deux maisons
de Nancy Coffelt, illustré par Tricia Tusa
Circonflexe
12,50€
Ils nous ont encore oubliés !
de Yann Mens, illustré par Marie-Élise Masson
Gautier-Languereau dans la série Victor et Cie et dans la collection Les petites histoires du soir.
6,90€

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À part ça ?

Bulle et Bob vous les connaissez ? On vous a parlé déjà d’eux (Bulle et Bob dans la cuisine et Bulle et Bob à la plage), on les adore. Ma fille est très fan. Ils ont maintenant un blog sur lequel vous pouvez retrouver des extraits du prochain : Bulle et Bob préparent Noël ! C’est ici : http://tualnatalie.blogspot.fr/

Gabriel

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