La mare aux mots
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collection Les petites histoires du soir

Trois ouvrages de Bénédicte Rivière

Par 11 juillet 2014 Livres Jeunesse

J’ai reçu, coup sur coup (à 2 jours d’intervalle, je crois), trois ouvrages de Bénédicte Rivière (auteur que, je l’avoue, je ne connaissais pas) chez trois éditeurs différents. Le hasard était déjà amusant ! Et peu de temps après, je l’ai croisée sur un salon ! J’ai donc eu envie de vous la faire découvrir à travers ces trois ouvrages.

des bisous pour tous les goûtsIl y a des bisous pour tous les goûts ! Il y a le bisou girafe (un long… Long… bisou…), le bisou chat (qui fait ronronner comme un pacha), le bisou pie (bisou volé), le bisou marmotte (pour bien dormir)… Et vous, vous les aimez comment vos bisous ?
Bénédicte Rivière nous livre donc une sorte de catalogue de bisous. C’est doux et poétique. Les illustrations de Christian Guibbaud sont colorées, pleines de malice. Graphiquement, c’est un album particulièrement réussi, la typo joue avec le nom des animaux (le f de furet est tout en longueur, le s du mot souris a une longue queue, le mot pinson a des ailes et d’ailleurs il s’envole…).
Je ne suis pas toujours fan de ce genre de livre, et pourtant là j’ai trouvé ça drôle, fin, poétique.
Un très joli livre prétexte à se faire des bisous.

Un point c'est toutIl est là. Si si juste là. Vous ne le voyez pas ? Regardez mieux ! C’est le point. Là, vous l’avez vu ? Il peut se transformer, à l’occasion en point d’exclamation (par exemple quand on est énervé) ou en point d’interrogation (quand on ne comprend pas). Il peut aussi devenir virgule et même point-virgule, tiret, deux-points… et tant d’autres choses encore.
Une jolie petite histoire pour parler de la ponctuation, très joliment illustrée par Anne Hemstege. Bénédicte Rivière aide les enfants à comprendre à quoi servent chaque signe de ponctuation, à se familiariser avec eux.
Le dossier de presse indique que le livre s’adresse aux enfants dès 5 ans, je pense, personnellement, que c’est un peu tôt. Ma fille de 6 ans, par exemple, ne connaissant rien de la ponctuation m’a vite dit qu’elle ne comprenait rien du tout. Plutôt pour les enfants dès le CP, d’après moi.
Une histoire où la ponctuation est vivante.

Arlequin, Charlot, Guignol & CompagnieSaturnin est un sacré cabotin, Diego, lui, est un charlot ! Quant à Nathan, quel don Juan ! Il y a aussi Arnold qui fait le guignol, Gaston qui est un vrai harpagon et Manon qui se met dans des situations ubuesques.
On oublie souvent que bien des expressions proviennent de personnages (littérature, théâtre, cinéma…). Qui étaient-ils ? D’où viennent-ils ? Qui était le Père Ubu qui a donné ubuesque ? Quel est le rapport entre « un secret de polichinelle » et le personnage de la commedia dell’arte ? Riquiqui, Sosie et Gogo étaient aussi des personnages avant de rentrer dans le langage courant, le saviez-vous ?
Dans ce bel album (qui ressemble à un carnet), Bénédicte Rivière et Gérard DuBois nous présentent donc ces personnages avec beaucoup d’humour, sans que ça ne soit jamais rébarbatif.
Un très bel ouvrage pour mieux connaître vingt-cinq personnages qui sont entrés dans le langage courant, pour les amoureux de la langue française… et les autres !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Christian Guibbaud (Trois souhaits pour une souris) et d’Anne Hemstege (Clovis & le pain d’épices).

Des bisous pour tous les goûts
Texte de Bénédicte Rivière, illustré par Christian Guibbaud
Gautier Languereau dans la collection Les petites histoires du soir
10,50 €, 210×240 mm, 28 pages, imprimé en Roumanie, 2014.
Un point c’est tout
Texte de Bénédicte Rivière, illustré par Anne Hemstege
Sarbacane
13,90 €, 260×210 mm, 32 pages, imprimé en Malaise, 2014.
Arlequin, Charlot, Guignol & Cie
Texte de Bénédicte Rivière, illustré par Gérard DuBois
Actes Sud Junior
10,90 €, 151×217 mm, 53 pages, imprimé au Portugal, 2014.

À part ça ?

Après le très beau Milanimo, Julien Baer et Katerine reviennent bientôt avec Le loup est un loup pour l’homme… en attendant… un extrait !

Gabriel

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Maladresse et chagrin, avec Anne-Gaëlle Balpe

Par 16 juin 2014 Livres Jeunesse

Anne-Gaëlle Balpe fait partie de ces auteurs que l’on suit. Elle vient de sortir deux nouveaux albums, très réussis, Le roi maladroit et D’où il vient ce gros chagrin ?.

Le Roi maladroitUn roi était si maladroit qu’il mettait ses vêtements à l’envers. Pour se moquer de lui, on le surnommait Dagobert, comme dans la chanson. Forcément, être moqué ainsi ne lui plaisait pas, et il voulut changer. Il fit venir Berlin l’enchanteur, qui était toujours enrhumé, pour lui préparer une potion. Malheureusement, l’enchanteur ne réussit pas à conjurer le sort. Et si un petit monsieur habillé d’un costume et portant une valise y arrivait ?
Voilà un bien bel album. Dans son texte, Anne-Gaëlle Balpe, s’amuse avec des références qui vont beaucoup plaire aux enfants. L’humour subtil du texte est bien agréable. C’est un texte drôle et intelligent. Et il faut dire aussi que les grandes planches de Mayalen Goust sont superbes, elle arrive à allier humour et esthétisme. Ces illustrations accompagnent avec merveille les mots d’Anne-Gaëlle Balpe. Il est difficile de ne pas vous révéler la chute, car après tout ce livre ravira les enfants concernés… En fait si le roi est si maladroit c’est qu’il ne voit pas très bien. Nul besoin donc d’enchanteur, mais le petit monsieur, qui a des lunettes dans sa valise sera bien plus utile.
Un album aussi beau que drôle pour dédramatiser les lunettes.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

D'où il vient ce gros chagrinCe matin, en se réveillant, une petite fille découvre un gros chagrin assis sur elle. D’où vient-il ? Il faut trouver ! Est-ce à cause de la blessure sur le genou ? Non ça ne lui fait plus mal maintenant. Alors peut-être l’oreille décousue du nounours ? Non maman a promis de la réparer. Il n’est quand même pas là sans raison… Et non seulement il faut trouver ce qui l’a fait venir… mais aussi le faire partir.
Bien sûr, on ne peut pas s’empêcher de penser au Crafougna de Stéphane Servant et Anne Montel en lisant D’où il vient ce gros chagrin ? d’Anne-Gaëlle Balpe et Cécile Vangout, mais ici on est plus dans la douceur (sans mièvrerie), on s’adresse aux plus petits. Je suis toujours aussi fan du travail de Cécile Vangout qui, là encore, illustre avec beaucoup de poésie et de tendresse. Le texte est là aussi très fin, on parle donc du chagrin (qui est personnifié par un monstre qui va être de moins en moins gros au fur et à mesure que la petite fille se sent mieux). On ne dit jamais quelle est la cause du chagrin si bien que chaque enfant pourra s’y projeter.
Un très bel album, plein de douceur et de poésie pour surmonter sa peine les jours où l’on se sent un peu triste.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Anne-Gaëlle Balpe (Une pizza pour Monsieur WolfLa lanterne magique, Noël à l’endroit, Où va-t-on quand on disparaît ?, Chez moi, Mon cartable, De vrais amis, Le grand n’importe quoi, Rouge bitume, Noël en Juillet, On n’a rien vu venir, Bonhomme et le caillou bleu, Quand je serai grand, je serai grand méchant loup, Les potions de Papi-guérit-tout, et Fées d’hiver), Mayalen Goust (Le prince amoureux) et Cécile Vangout (Petit Minus, Et tu es né…, Est-ce que vous m’aimerez encore… ?, Lulu et Moussu, Je n’irai pas !, J’attends Mamy et Giga Boy). Retrouvez également nos interviews d’Anne-Gaëlle Balpe et de Cécile Vangout.

Le roi maladroit
Texte d’Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Mayalen Goust
Marmaille & compagnie
13,50 €, 329×306 mm, 32 pages, imprimé en France, chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
D’où il vient ce gros chagrin ?
Texte d’Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Cécile Vangout
Gautier Languereau dans la collection Les petites histoires du soir
10,50 €, 200×230 mm, 32 pages, imprimé en Roumanie, chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

J’aime les livres et je veux que les auteurs en vivent, un groupe facebook à suivre.

Gabriel

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La nuit prochaine, promis, je ne mouillerai pas les draps !

Par 9 novembre 2012 Livres Jeunesse

 Si votre enfant a fait sa première rentrée, vous n’y avez sans doute pas échappé… le fameux décompte des jours avant la date butoir à laquelle il doit être propre ! Seulement voilà, la rentrée est passée, le petit dernier fait bien pipi dans les toilettes ou dans son pot la journée… mais la nuit c’est autre chose ! Voici quelques livres pour évoquer ce douloureux problème !

Dans l’obscurité d’une chambre un petit garçon ressent une drôle d’impression… son ventre le chatouille… Il n’a pas envie de quitter son lit car il fait nuit, il pense a un petit ruisseau qui dans sa prairie s’élance et grossit de plus en plus jusqu’à quitter son lit, lui… Le petit garçon ne quitte toujours pas le sien. Très belle histoire, très poétique que ce parallèle entre le petit garçon qui a envie de faire pipi et ce ruisseau que personne n’arrête, Cathy Ytak met beaucoup d’humour et de poésie dans ce texte. Il est agréable à lire à voix haute, les mots roulent. Côté illustrations c’est très coloré et lumineux, Vincent Mathy a illustré de façon très moderne cette histoire et en a fait un livre très esthétique. Petits ruisseaux est un joli petit livre, drôle et plein de charme.

Tora est un petit chat qui, chaque nuit, rêve qu’il va dans l’eau pour chercher de la nourriture qui l’appelle, seulement voilà, une fois dans l’eau il se retrouve tout mouillé et ça le réveille… et vous devinez la suite, dans son lit il est mouillé aussi ! Ce qui fait bien rire son frère d’ailleurs… Le petit chat qui se réveillait tout mouillé est un très joli livre japonais, vraiment plein de charme et d’humour. On parle ici des rêves qui malheureusement ont parfois une incidence sur la vraie vie (Tora rêve qu’il va dans l’eau et se retrouve mouillé). Les illustrations de Hisako Madokoro sont vraiment très douces et l’histoire simple à comprendre pour les petits. Le livre finit par une question qui amène les enfants à participer à l’histoire. Un très bel album.

Quand il était bébé, Barnabé avait des couches tout le temps, maintenant c’est juste la nuit. Parfois il essaye sans… et régulièrement c’est la cata ! Ses parents ont tout essayé : Cataplasmes au jus de patate, sirops aux crottes de poule et même un remède soit disant efficace à base de limace très amer… rien à faire, il fait pipi au lit ! C’est gênant… surtout le jour où il doit aller dormir chez sa copine, la jolie Lilou… Le pipi au lit c’est aussi ça, ne pas pouvoir dormir chez les copains sans stresser… mais si les copains étaient comme nous ? L’hippopotame de cette histoire est tout plein de charme et les enfants vont l’adorer, les illustrations sont superbes et très douces, elles sont parfaites pour cette histoire de Christine Naumann-Villemin qui sait toujours parler des petits soucis du quotidien.

Tipoussin a fait un tipipi et c’est l’occasion pour Mamie Poule de raconter l’histoire du canari qui avait fait pipi au nid. Une histoire dans laquelle un simple pipi va provoquer un enchainement de situations chez les animaux, le début d’un sacré quiproquo. Je n’ai pas adhéré au texte car, comme je l’ai déjà dit ici, j’ai du mal avec les mots qui font langage bébé dans les albums jeunesse. Par contre je suis toujours aussi fan des illustrations d’Hervé Le Goff, le livre est très beau, très esthétique. Si vous, les histoires avec des « tipipi », « pas pu pas faire pipipi pas pu pas… » ne vous dérangent pas, le livre peut vous plaire !

La maman de Louis le lui a demandé « pas de pipi au lit ! » et il va falloir lui obéir. Seulement voilà la pluie frappe les carreaux et ça donne sacrément envie de faire pipi ! Mais le pot… où est-il ? Un album plein d’humour où un petit cochon va parcourir toute la maison pour retrouver son pot, aidé par toutes sortes de pots (du pot de miel au pot de peinture). On parle ici aussi des rêves, de l’imaginaire des enfants. Même si ce n’est pas un livre qui apportera vraiment une solution à l’enfant sur le pipi au lit, c’est un album amusant qui permettra de dédramatiser tout ça.

On finit par un livre plus classique, dans la série des Tom. Le petit lapin compte les jours avant d’aller dormir chez sa marraine et retrouver son cousin qu’il aime tant. Seulement voilà, il espère que là-bas il ne fera pas pipi au lit ! Comme dans Le pipi de Barnabé, c’est ici aussi par le biais de la nuit chez des amis qu’on évoque le pipi au lit. Les livres de Tom font partie des classiques pour évoquer les petits soucis de la vie, et généralement c’est assez bien écrit, là encore c’est le cas. Les illustrations toujours aussi douces. On évoque dans l’album les calendriers avec des jours de soleils et des jours de pluie, méthode que connaissent bien les parents confrontés au problème d’un enfant qui fait pipi au lit tardivement.

Quelques pas de plus…
Sur le même sujet, notre héroïne préférée, émilie qui elle aussi fait pipi au lit. Je vous conseille également Gros Pipi d’Émile Jadoul. La littérature de Judith et Sophie conseille, quant à elle, Fanfantôme. Bon courage pour les parents qui connaissent ce souci, cette chronique ne vous aura certainement pas donné de solution mais des livres qui vous permettront de montrer à vos enfants qu’ils ne sont pas les seuls à se réveiller mouillés.

Petits ruisseaux
de Cathy Ytak, illustré par Vincent Mathy
Éditions Sarbacane
12,90€, 172×242 mm, 32 pages, imprimé à Singapour
Le petit chat qui se réveillait tout mouillé
de Kazuo Iwamura (adapté en français par Florence Seyvos), illustré par Hisako Madokoro
L’école des loisirs
11,20€, 245×250 mm, 32 pages, imprimé en France
Le pipi de Barnabé
de Christine Naumann-Villemin, illustré par Elsa Oriol
Kaléidoscope
13,20€, 236×296 mm, 23 pages, imprimé en Italie
Le canari qui faisait pipi au nid
de Christine Beigel, illustré par Hervé Le Goff
Gautier Languereau dans la collection Les petites histoires du soir
6,90€, 196×198 mm, 20 pages, imprimé en France
Pipi de nuit
de Christine Schneider, illustré par Hervé Pinel
Albin Michel Jeunesse
10,65€, 202×259 mm, 31 pages, imprimé en France
Tom fait pipi au lit
de Marie-Aline Bawin, illustré par Elisabeth de Lambilly
Mango Jeunesse
8,50€, 235×220 mm, 24 pages, imprimé en Italie

A part ça ?

Sur le forum, j’ai créé des sujets sur les émissions de radio. Vous aussi venez parler avec nous de celles que vous écoutez, nous donner votre avis ou découvrir celles dont nous avons parlées ! C’est ici.

Gabriel

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Mes parents ne s’aiment plus… (thématique sur le divorce 2/3)

Par 7 juin 2012 Livres Jeunesse

Suite de cette thématique en trois parties sur le divorce. La semaine dernière je vous ai parlé de quatre albums jeunesse, cette semaine en voici 5 autres. La semaine prochaine je m’intéresserai à des livres pour les enfants qui lisent tout seul.

Maya n’est pas souvent avec son papa, alors quand elle passe un moment avec lui elle a le droit à trois caprices. Il suffit de dire « caprice ! » quand papa refuse quelque chose et hop c’est accordé ! Mais attention 3 fois ça passe vite. Le premier sera une glace à six boules, le deuxième un ballon pour le libérer quant au troisième il faut le garder précieusement jusqu’à la fin du week-end car il concerne maman…

Quelle beauté que cet album ! Déjà l’objet : c’est un grand livre (26 sur 29 cm) avec de très belles illustrations, un papier épais. Ensuite le texte, c’est une petite merveille. À la fois drôle et tendre, joyeux et triste. Maya parle de la différence entre chez maman et chez papa et au milieu elle lâche un « Avant, papa habitait chez moi avec Maman. C’était la « femme de sa vie ». Puis elle décrit l’appartement du père où il y a un portrait d’enfant qui pleure et conclu par «  Quand Papa est parti, Maman aussi  pleurait ». C’est dit avec les mots de l’enfance, avec sa simplicité. On sourit avec les yeux légèrement mouillés. La chute, le dernier caprice de Maya est de la même façon un beau moment très émouvant. Un petit bijou.

Puisqu’on est dans les bijoux, j’ai découvert la collection Les petits bobos de la vie du Dr Englebert, illustrés par Claude K. Dubois. Je ne connaissais pas du tout cette collection et je suis tombé sous le charme.

Édouard est très heureux, il va aller au zoo avec son papa ! Celui-ci lui rappelle qu’il y est déjà venu à l’époque où il ne marchait pas encore, à l’époque où ses parents étaient encore ensemble… Une fois rentré chez maman, c’est l’occasion de revoir des photos de lui petit, de ses parents quand ils s’aimaient.

Manu apprend que ses parents sont se séparer. C’est bizarre la vie sans papa, l’appartement parait vide sans ses affaires. Quand vient l’heure de passer à table sans lui… ça fait drôle ! Et puis il y a maman qui pleure, maman qui critique papa au téléphone, des choses qu’on ne veut pas entendre… Puis vient le temps de la nouvelle maison de papa « c’est drôle de dire « chez papa ». Avant, chez papa, c’était chez nous », la nouvelle copine de papa… La vie suit son cours, maintenant Manu a deux maisons et une valise rouge qui le suis.

Ces deux livres sont de pures merveilles de tendresse et de poésie. Les séries comme ça sur des thèmes précis sont souvent un petit peu bancales… On veut aborder chaque fois un thème on le fait tant bien que mal, c’est souvent écrit par des spécialistes (pédiatres, psychologues,…) qui ne sont pas forcément de grandes plumes et assez mal illustrés… Ici c’est tout le contraire ! La plume du docteur Éric Englebert touche là où il faut, elle nous fait monter les larmes au coin des yeux, pourtant ce n’est pas triste, c’est juste beau. Les mots sont bien choisis, ils font mouche. Les illustrations de Claude K. Dubois sont parfaites, elles ajoutent encore plus de poésie et de tendresse au texte qui n’en manquait pourtant pas. Je ne connaissais pas cette illustratrice (juste de nom, Agnès Domergue m’en avait parlé) et je suis tombé sous le charme. Des livres de poches absolument superbes.

Cette petite fille a deux maisons. Il y a chez papa et chez maman. La seule chose qui ne change pas c’est Fred ! Fred c’est son chien qui la suis partout. Seulement voilà… chez maman Fred aboie sur le caniche du voisin et chez papa… il mange les chaussettes ! Plus personne n’en veut. Mais où il va habiter alors ?

Je vous parlais déjà la semaine dernière du divorce vu par un chien (Oh ! Pétard ! chroniqué ici), dans J’ai deux maisons ce n’est pas le chien qui raconte l’histoire mais il en est au centre. J’aime cette façon détournée de parler aux enfants de choses qui peuvent les tracasser. Ici le quotidien en garde alternée est tout à fait « normal », il n’y a que le chien qui pose problème. J’ai trouvé ce « concept » intéressant et intelligent.  La vie de cette petite fille est montrée comme une vie banale. Le texte est très beau et les illustrations de Tricia Tusa sont magnifiques, bien mises en valeur par un beau papier épais (Circonflexe fait vraiment de beaux livres).

Victor a une famille un peu compliquée, il y a son père, sa mère et ses frères mais aussi la nouvelle femme de son père, le nouveau mari de sa mère, les enfants que le nouveau mari de sa mère a eu avec elle, qui sont ses demi-frères et sœurs mais aussi Marie-Lucie qu’il a eu avant et qui n’a donc aucun lien de parenté avec lui. Pourtant la mamie de Victor la connaît bien Marie-Lucie et quand il vient en vacances, même si elle n’est pas sa petite fille par le sang, elle veut qu’elle vienne aussi. Tout n’est déjà pas simple mais le jour où les enfants reviennent de vacances par le train, accompagnés par les JVS (Je voyage seul) tout se complique. Car à la gare ce n’est pas la personne prévue qui arrive les chercher mais Prosper, le grand frère de Victor ! Et l’accompagnatrice elle ne l’a pas sur sa fiche, de plus ce n’est pas le frère de Marie-Lucie ! Alors on appelle le père de Marie Lucie… mais lui n’est pas le père de Victor ! Comment tout ce méli-mélo cela va se terminer ?

Ils nous ont encore oubliés ! (titre que je ne comprends pas, par rapport à l’histoire) est extrait d’une série : Victor et Cie qui raconte « la vie trépidante et drôle d’une famille recomposée ! ». Ici l’histoire est assez originale puisqu’on parle des enfants qui vivent dans une famille recomposée mais par le biais d’une histoire de « qui viens nous chercher », « qui est responsable de nous ». Victor et Marie-Lucie sont comme des frères et sœurs pourtant ils n’ont pas de parents en commun. Aux yeux des administrations les parents de l’un ne sont pas ceux de l’autre, même si aux yeux des enfants tout ça n’a aucune importance. Un petit album frais et moderne.

Quelques pas de plus…
Retrouvez d’autres albums qui parlent de divorce et de familles recomposées : Prune, la nouvelle fiancée de Papa, Le papa-maman et dans l’article de la semaine dernière.
J’ai deux maisons et d’autres livres sur le divorce sur Parfums de livres.

Les trois caprices de Maya
de Geoffrey Dussart, illustré par Anne-Catherine De Boel
Pastel – L’école des loisirs
13,50
Papa, maman… avant
de Dr Éric Englebert, illustré par Claude K. Dubois
Grasset Jeunesse/Lampe de poche dans la collection Les petits bobos de la vie
5,90€
La valise rouge
de Dr Éric Englebert, illustré par Claude K. Dubois
Grasset Jeunesse dans la collection Les petits bobos de la vie
5,90€
J’ai deux maisons
de Nancy Coffelt, illustré par Tricia Tusa
Circonflexe
12,50€
Ils nous ont encore oubliés !
de Yann Mens, illustré par Marie-Élise Masson
Gautier-Languereau dans la série Victor et Cie et dans la collection Les petites histoires du soir.
6,90€

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À part ça ?

Bulle et Bob vous les connaissez ? On vous a parlé déjà d’eux (Bulle et Bob dans la cuisine et Bulle et Bob à la plage), on les adore. Ma fille est très fan. Ils ont maintenant un blog sur lequel vous pouvez retrouver des extraits du prochain : Bulle et Bob préparent Noël ! C’est ici : http://tualnatalie.blogspot.fr/

Gabriel

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