La mare aux mots
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Collection Les petits albums du Père Castor

De très beaux albums

Par 23 février 2015 Livres Jeunesse

Il y a un point commun entre les albums de la chronique du jour, ce sont de magnifiques ouvrages qui m’ont particulièrement touché (et pour certains, le mot est faible).

Ianos et le dragon d'étoilesEn ce temps-là, la vie était difficile, tout le monde mourrait de faim. Un dragon en était la cause, il avait dévoré les étoiles et la lune et s’attaquait maintenant au soleil. Ianos, un jeune Tsigane, savait qu’un jour il irait combattre le dragon pour délivrer les étoiles et ramener la lumière. Un jour, il prit la route.
Ianos et le dragon d’étoiles est un magnifique conte tsigane. Sorti dans la collection Contes du monde chez Didier Jeunesse (gage de qualité), il nous raconte l’histoire d’un jeune homme prêt à tout pour tuer un dragon qui fait régner la terreur sur la Terre. Jean-Jacques Fdida est un conteur et, comme toujours, son texte est particulièrement bien écrit, les mots semblent choisis, la langue est belle, le texte est un régal à lire à haute voix. Les illustrations de Régis Lejonc accompagnent parfaitement les mots de Jean-Jacques Fdida et le grand format du livre met en valeur les planches au pastel sec.
Un magnifique conte sorti dans une des plus belles collections de contes du monde.

Arlequin ou les oreilles de VeniseArlequin était victime de moqueries à cause de ses oreilles… Il faut dire qu’elles étaient particulièrement grandes ! Mais ce défaut a aussi un avantage : on entend TOUT ! Alors bien sûr on entend les quolibets, mais on est aussi très fort pour accorder les instruments de musique. Arlequin devint donc le meilleur accordeur de Venise. Un jour, un homme très riche le fit venir. Quel allait être l’instrument que pouvait posséder le propriétaire d’un tel palais ? Arlequin allait être bien surpris.
Quelle magnifique histoire d’amour ! Je retrouve la poésie, la beauté des mots qui m’avaient tant plu dans L’épouvantail qui voulait voyager du même Hubert Ben Kemoun, un de mes albums préférés (chroniqué ici). Il faut dire aussi que comme dans ce dernier, les illustrations d’Arlequin ou Les oreilles de Venise sont superbes et accompagnent merveilleusement le texte. Ici, elles sont signées Mayalen Goust.
Cet album sortit en 2012, qui ressort ici en petit format (donc à petit prix), est sélectionné au prix des Incorruptibles cette année (sélection CE2-CM1)… et mériterait de le gagner !

YllavuIl y avait un pays où les gens vivaient heureux, en harmonie. Mais un jour, des pierres brillantes apparurent sur le sol et tout le monde voulut en posséder. Les Hommes commencèrent à vivre en regardant par terre, dans l’espoir de trouver une de ces pierres. Ainsi, génération après génération, les corps se modifièrent et bientôt on naissait courbé vers le bas, incapable de regarder ailleurs que vers ses pieds. Mais un jour, un homme tomba dans un trou et vit quelque chose qu’il n’avait jamais vu, dont on parlait uniquement dans les histoires : le ciel.
Yllavu est un des plus beaux albums de ma bibliothèque, un album que je chéris, un bijou. Les éditions HongFei le rééditent dans un format mieux adapté au lectorat (j’avais chroniqué l’ancienne version ici). Le texte (et surtout ce qu’il raconte) est absolument magnifique. On y parle de la cupidité, de vivre pour accumuler des richesses sans rien voir d’autre. On y parle de ceux qui découvrent la beauté du monde et de la façon dont ils sont perçus. Écrit par un moine bouddhiste, ce texte est mis en image par un de nos illustrateurs les plus doués : Samuel Ribeyron. Les planches sont absolument superbes. Un bijou je vous dis !
La réédition dans un nouveau format de l’un des plus beaux livres de la littérature jeunesse.

Quelques pas de plus…
On a déjà chroniqué des livres de Jean-Jacques Fdida (Contes d’Afrique, Cendrillon ou La Belle au soulier d’or, La barbe bleue ou Conte de l’Oiseau d’Ourdi, Le Petit Chaperon rouge ou La Petite Fille aux habits de fer-blanc et La belle au bois dormant ou Songe de la vive ensommeillé), de Régis Lejonc (La boîte à joujoux, Loup ?, La mer et lui, Le petit chaperon rouge ou La petite fille aux habits de fer blanc et Obstinément Chocolat), d’Hubert Ben Kemoun (La fille seule dans le vestiaire des garçons, Le nouveau doudou, La pire meilleure journée de ma vie, Seuls en enfer et L’épouvantail qui voulait voyager ), de Mayalen Goust (Le roi maladroit et Le prince amoureux) et de Samuel Ribeyron (Ce n’est pas très compliqué, Les plus belles chansons anglaises et américaines, 38 perroquets, Le grand papa et sa toute petite fille, Super Beige, Super Beige, le retour, Beau voyage, Yllavu, Pi, Po, Pierrot et Salade de fruit. Et aussi les films Et 10,11,12 Pougne le Hérisson, L’hiver de Léon, Le printemps de Mélie et L’été de Boniface). Retrouvez aussi nos interviews d’Hubert Ben Kemoun et de Samuel Ribeyron.

Ianos et le dragon d’étoiles
Texte de Jean-Jacques Fdida, illustré par Régis Lejonc
Didier Jeunesse dans la collection Contes du monde
14,20 €, 200×260 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-reponsable, 2015.
Arlequin ou Les oreilles de Venise
Texte d’Hubert Ben Kemoun, illustré par Mayalen Goust
Père Castor dans la collection Les p’tits albums du Père Castor
5,50 €, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015 (première édition : 2012).
Yllavu
Texte de Gambhiro Bhikkhu, illustré par Samuel Ribeyron
HongFei
12,70 €, 40 mm, 187×246 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.

À part ça ?

Cram Cram 30Le nouveau Cram Cram ! est sorti ! Le numéro 30 du magazine jeunesse qui voyage nous propose un voyage au Burkina Faso (grâce à la famille Derrien) ! On trouve, comme toujours, des blagues, un animal du mois (l’oryctérope), une grande histoire (un conte burkinabé), le jouet de Grand-Père Daniel (le poussoir africain), des idées et une recette (le milk shake burkinabé) ! Comme d’habitude c’est sans pub (tout en étant seulement à 5,90 € et avec un beau papier). On adore Cram Cram ! et on vous invite à soutenir leur action pour le faire rentrer dans les classes ici.
Cram Cram ! numéro 30, 5,90 € ou par abonnement.

Gabriel

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Trois albums parfaits pour la valise

Par 21 juillet 2014 Livres Jeunesse

Vous n’êtes peut-être pas encore partis en vacances cet été et ça approche. Vous le savez, c’est toujours un souci le moment où il faut choisir les livres qu’on prend avec nous. Les albums c’est lourd, il n’en faut pas trop… Heureusement, certains éditeurs ressortent des albums en format poche et ceux-là on peut en prendre beaucoup (et ils ne sont pas très chers). Il y a peu, je vous ai parlé de deux albums d’Alice Brière-Haquet à glisser dans sa valise, voici une autre sélection d’albums souples (qui ne sont pas signés par Alice Brière-Haquet, après tout il y a d’autres auteurs).

Saviez-vousLe Chat Bonheur qu’au Japon, une légende raconte qu’une grue apporta un trésor à son maître ? Echigoya pensait donc qu’en étant toujours bon avec son chat, le jour où il serait ruiné celui-ci lui apporterait de l’argent. Aussi, il dilapidait la fortune dont il avait hérité et ne travaillait plus. Le jour où il fut ruiné, son chat lui apporta vraiment une pièce d’or, mais il ne se passa pas ce qu’Echigoya pensait…
Le chat bonheur est un magnifique conte, tant par le texte que par les illustrations. Une belle histoire au temps du Japon féodal. On y apprend qu’on n’a rien sans rien, que tout demande sacrifice, mais on y parle aussi d’amitié.
Un album pour les jeunes lecteurs (le texte est assez long et pas si simple), amoureux de belles histoires.

SachaJe hais les vacances et Jacqueline sont très en colère lorsqu’ils se réveillent après une petite sieste dans la voiture qui les mène sur le lieu de leurs vacances. Profitant de leur sommeil, leurs parents ont abandonné leur chien sur la route. Ça ne va pas se passer comme ça, les enfants vont tout faire pour tenter de retrouver leur compagnon.
Je hais les vacances ! (phrase que répète sans arrêt Sacha) est un album sous forme de BD, vraiment très drôle. On y évoque donc l’abandon des animaux… mais aussi l’humour (piquant) de certains parents !
Une petite BD estivale vraiment amusante.

BeaucoupAchile et la riviere plus poétique, onirique, Achile et la rivière dont le texte est signé par Olivier Adam et les illustrations par Ilya Green. L’histoire d’un petit garçon qui vit dans une famille qui ne connaît pas le calme, l’un joue de la trompette, pendant que d’autres se battent, le père écoute du rock à fond, et il y a les animaux, les appareils allumés… Alors Achile fuit près de la rivière où il rencontre une grenouille aux cheveux longs qui parle.
Achile et la rivière c’est un très joli album, doux et poétique, sur l’imagination des enfants, la rêverie. L’histoire d’un petit garçon qui fuit la réalité en allant dans des mondes imaginaires.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Qu Lan (Le rossignol et l’empereur de Chine), Mathis (Du bruit sous le lit), Olivier Adam (Ni vu ni connu) et Ilya Green (Bulle et Bob au jardin, Nos beaux doudous, Bulle et Bob à l’école, Mon arbre, Marre du rose, Bulle et Bob préparent Noël, Les plus belles berceuses jazz, Bulle et Bob à la plage, Peter Pan et Wendy, Bulle et Bob dans la cuisine et Le masque).

Le chat bonheur
de Qu Lan
Père Castor dans la collection Les p’tits albums Père Castor
5,50 €, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France, 2014 (première édition : 2011).
Je hais les vacances
de Mathis
Actes Sud Junior dans la collection Encore une fois…
4,95 €, 150×191 mm, 48 pages, imprimé au Portugal, 2014 (première édition : 2006).
Achile et la rivière
Texte d’Olivier Adam, illustré par Ilya Green
Actes Sud Junior dans la collection Encore une fois…
4,95 €, 150×190 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2014 (première édition : 2011).

À part ça ?

On avait adoré Dalaka et Yemaya il y a quelques temps (lire ici), la même équipe cherche des souscripteurs pour sortir Nola, un disque sur le Nouvelle Orléans. Plus d’informations ici.

Gabriel

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Chouette, on peut mettre deux Alice Brière-Haquet dans la valise !

Par 10 juillet 2014 Livres Jeunesse

Vous savez (sinon vous le saurez) à quel point j’aime la plume d’Alice Brière-Haquet. Deux de ses albums viennent de ressortir en petit format. Petit format ça veut dire petit prix… mais ça veut aussi dire « facile à transporter ». Voilà donc deux super albums à mettre dans sa valise.

la princesse qui n'aimait pas les princesIl était une fois, dans un royaume lointain, une princesse qui, d’après son père, était bonne à marier. Il faut dire qu’elle avait réussi à faire une super mayonnaise. On fit donc venir, comme de coutume, tous les princes des environs afin de trouver mari. Seulement, voilà, aucun d’eux ne lui plaisait. Il fallut donc chercher plus loin… puis encore plus loin, car jamais la princesse ne trouvait celui qui faisait battre son cœur… jusqu’au jour où…
Vous avez peut-être entendu parler de La princesse qui n’aimait pas les princes. Il faisait partie des livres pointés du doigt par quelques coincés du bulbe qui souhaitaient une littérature jeunesse dont rien ne dépasse, lisse et qui, surtout, ne promeut pas des choses que la morale réprouve. Forcément, cette histoire de princesse qui à la fin (oui, je vous raconte la fin, mais si vous n’y tenez pas passez donc au prochain retour à la ligne) se rend compte qu’elle préfère une fille à tous ces princes.
C’est drôle, bien écrit (comme toujours avec Alice Brière-Haquet), on se régale ! Dans ses illustrations, Lionel Larchevèque rend hommage à de nombreux personnages de la littérature jeunesse et là aussi quel bonheur !
Un super album à lire, à relire et à rerelire pour se rappeler qu’il ne faut pas toujours prendre les chemins balisés.

Le Chat d'ElsaDans une grande maison vivait Elsa. Elle aurait pu s’ennuyer seule comme ça, mais non, car Elsa avait un chat. Ses parents, qui ne voyaient pas son ami, félicitaient Elsa pour son imagination jusqu’au jour où ils en eurent assez de ses histoires bizarres. De l’imagination ? Des histoires bizarres ? Mais non Elsa n’inventait rien ! Il était là ce chat ! Qui aurait vidé le pot de confiture ou fait des dessins sur les livres de papa, sinon ? Quand même pas Elsa !
Le chat d’Elsa est une très jolie histoire, pleine d’humour, sur l’imagination des enfants (et sur les amis imaginaires), sur les parents un peu trop absents et sur les bêtises. Elsa ne se sent jamais seule avec son ami. Et qui prouve qu’il n’existe pas ? Qui prouve aussi que ce n’est pas Elsa l’amie imaginaire du chat ?
Père Castor a eu bien raison de ressortir ce très joli album illustré par la talentueuse Magali Le Huche.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Alice Brière-Haquet (Pouce !, Le petit prinche, Le bonhomme et l’oiseau, Rouge !Mon voyage en gâteau, MélinaPierre la Lune, Mademoiselle Tricotin, Une vie en bleu, Aliens mode d’emploi, Dis-moi l’oiseau, Le peintre des drapeaux, Paul, A quoi rêve un pissenlit ? et Perdu !), Lionel Larchevèque (Arsène veut grandir et Mamythologie) et Magali Le Huche (Les Pourquoi de Non-Non, Pépito super-héros, Drôles de courses pour Monsieur Ours, Non-non veut faire du sport mais a un peu la flemme, Le loup et la soupe aux pois, A la piscine, L’arpenteur, Le voyage d’Agathe et son gros sac, Le poisson perroquet). Nous les avons interviewé tous les trois, retrouvez nos interviews d’Alice-Brière Haquet, Lionel Larchevèque et Magali le Huche.

La princesse qui n’aimait pas les princes
Texte d’Alice Brière-Haquet, illustré par Lionel Larchevèque
Actes Sud Junior dans la collection Encore une fois…
4,95 €, 150×190 mm, 40 pages, imprimé au Portugal (2014, première édition : 2010).
Le chat d’Elsa
Texte d’Alice Brière-Haquet, illustré par Magali Le Huche
Père Castor dans la collection Les p’tits albums du Père Castor
5,50 €, 170×210 mm, 32 pages, imprimé en France (2014, première édition : 2011).

À part ça ?

Parce qu’après tout on a le droit aussi de lire des livres pour nous…

meres anonymesIl y a Angélique, Caroline, Marie… et beaucoup d’autres. Elles se rejoignent parfois le soir pour échanger, pour parler de leurs expériences, pour s’entraider, se sentir moins seules. Toutes se retrouvent aux Mères Anonymes. Il y a la mère complètement dépassée, la maman solo, celle qui aimerait insulter ses enfants, celle qui prend des trucs pour tenir le coup…
Mères anonymes de Gwendoline Raisson et Magali Le Huche c’est une BD dans laquelle beaucoup de parents risquent de se reconnaître. Il faudrait attaquer en justice tous ceux qui nous disent, quand on attend un enfant, « tu verras c’est QUE du bonheur ! ». Pour se rendre compte de ce qui nous attend, il vaut mieux lire Mères Anonymes.
Une super BD (à l’édition soignée) bourrée d’humour et de tendresse pour rire de situations pas toujours drôles.
Extraits.
Mères Anonymes, scénario de Gwendoline Raisson, illustrations de Magali Le Huche, Dargaud, 17,95 €, 2013.

Le guide du mauvais père 2Je vous avais déjà parlé du Guide du Mauvais Père… Il n’a pas fini d’être horrible avec ses enfants puisque voici le tome 2 !
Pour être le meilleur papa du monde il n’hésite pas à nourrir ses enfants de sushis et magnums au chocolat et le tout en regardant la télé, il critique les autres parents devant ses enfants, il adore faire durer le suspense quand il s’agit d’arracher une dent (accrochée à un fil qui est relié à une porte), en vacances, il prévient son fils qu’il a le lit le plus proche de la porte pour protéger sa sœur si un psychopathe entre… Bref, vous l’aurez compris, ce père ne fait pas toujours tout pour rassurer les enfants, il est même parfois plus que limite… et pourtant on l’adore !
Une super BD avec un humour bien mordant.
Extraits.
Le guide du mauvais père -2-, de Guy Delisle, Shampooing, 9,95 €, 2014

Une autre super BD sur la parentalité que l’on avait chroniqué : We are Family.

Gabriel

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Encore des loups !

Par 28 mars 2014 Livres Jeunesse

Les loups sont nombreux en littérature jeunesse, c’était d’ailleurs un des thèmes du Salon du Livre de Paris. On vous a fait une chronique spécial loups il y a peu… en voici une autre !

Tout sur le grand méchant loupVous avez toujours rêvé de tout savoir sur le grand méchant loup, mais vous n’osiez pas le demander (attention, référence cinématographique habilement glissée) ? Heureusement, Éric Veillé va tout vous dire dans Tout sur le grand méchant loup sorti chez Actes Sud Junior. Depuis ses origines (où il côtoyait le grand méchant papillon, le grand méchant genou et même le grand méchant potage) à aujourd’hui, on va tout savoir de ce personnage. Comment se prépare-t-il à la nuit, où il habite (attention vous risquez d’être surpris), sa famille (ah vous croyiez qu’il était seul ? Et non !), son intérieur (pas celui de sa maison, mais son ventre où l’on croise des petits chaperons rouges, des chevreaux…), ses déguisements (le loup ne se déguise pas qu’en grand-mère !), ce qu’il aime manger, comment l’embêter… bref, vous saurez tout !

Tout sur le grand méchant loup d’Éric Veillé (dont on avait adoré les coloriages ici et ) est non seulement très drôle et complètement original, mais c’est surtout un album magnifique dans lequel l’auteur-illustrateur joue sur les contrastes. C’est le genre d’album qu’on prend autant de plaisir à lire qu’à regarder. Et qu’est-ce qu’on rit ! C’est bourré de références, de clins d’œil… un très bon faux documentaire (quoiqu’il n’y a aucune preuve que tout ça soit faux !).
Le même vu par Enfantipages et des extraits en ligne sur le site d’Actes Sud Junior.

La bonne humeur de Loup GrisCe matin, Loup Gris s’est réveillé de bonne humeur… et avec un terrible appétit ! Il part donc tout gaiement à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent. Il va croiser tour à tour un bélier, une truie et ses porcelets, un troupeau de moutons et un cheval et chaque fois notre pauvre loup va non seulement ne rien manger, mais en plus ça s’en prendre plein la figure… restera-t-il de bonne humeur ?

Ah le bonheur de lire des livres écrits par des conteurs ! L’écriture est fluide, on prend un plaisir fou à les lire à voix haute et nos enfants en prennent autant à nous écouter. La bonne humeur de Loup Gris de Gilles Bizouerne n’échappe pas à la règle. Ce pauvre loup va se prendre des coups, et va finir dans un état… mais qu’est-ce qu’on rit ! Non seulement grâce au texte tout en répétitions, extrêmement bien écrit, mais aussi grâce aux illustrations de Ronan Badel qui a croqué un loup un peu benêt pour lequel on a même un peu pitié. Une vraie réussite !
Le même vu par Les riches heures de Fantasia et une vidéo des bibliothécaires d’Angers qui racontent La bonne humeur de Loup Gris.

FéroceDès sa naissance, Fenris faisait peur. Même sa mère et ses frères et sœurs le regardaient inquiets. Il avait l’air particulièrement cruel. En grandissant ce fut pire, Fenris devint un loup immense, ses crocs étaient énormes, bien courageux celui qui osait s’approcher ! Il vivait seul, rejeté par sa meute, banni parce qu’il avait mordu un de ses frères et s’était attaqué au chef de la meute. Partout où il passait, les animaux s’enfuyaient, même les arbres écartaient leurs branches à son passage. Bien que seul, Fenris était fier de la peur qu’il provoquait. Jusqu’au jour où une petite fille croisa sa route…

Mais quelle merveille ! Les illustrations de David Sala sont absolument à tomber par terre. On pense un peu à Klimt. C’est le genre d’album qu’on s’achète même si l’on n’a pas d’enfant, pour la beauté des illustrations. Alors bien sûr il y a aussi ce magnifique texte qui parle d’apprivoiser l’inapprivoisable, d’aller au-delà des a priori, de la naïveté des enfants qui l’emporte parfois. Entre Le petit chaperon rouge et Le petit prince, l’histoire nous parle surtout d’amitié et de complicité. Un album à l’édition soignée dont des volets s’ouvrent pour faire apparaître de grandes et magnifiques illustrations, un petit bijou.
Le même vu par Les riches heures de Fantasia, Les lectures de Liyah et Un petit bout de Bib(liothèque) et des extraits sur le site de David Sala.

Ivan et le Loup grisUn tsar se lamentait de voir ses pommes d’or arrachées par L’Oiseau-de-feu. Il chargea ses trois fils de le lui ramener. C’est le plus jeune, Ivan-Tsarévitch, qui prit la bonne route, route sur laquelle il rencontra un loup gris qui allait l’aider. Car pour avoir L’Oiseau-de-feu il serait aussi question d’un cheval-à-la-crinière-d’or et d’une princesse, Hélène-la-très-belle.

Ivan et le Loup gris est un conte russe du XIXe siècle signé Alexandre Afanassiev illustré ici par Marie Desbons. Un conte classique extrêmement beau, parfois cruel, de ceux qui nous marquent. Le genre d’histoire plutôt pour les enfants qui lisent déjà seuls. La grande taille de l’album permet de bien mettre en valeur les superbes planches de Marie Desbons. Un magnifique album pour tous les amoureux des contes, le genre d’ouvrage qu’on aime offrir.
Des extraits en ligne.

méga LoupÀ MégaCity Ville vit Méga-Loup. Il est tellement grand que pour le voir en entier il faut être loin. Méga-Loup, il est du genre à faire beaucoup de sport, il faut être en forme pour sauver le monde ! Tout le monde admire Méga-Loup. Et quand Moustic Man attaque le petit chaperon rouge, heureusement que Méga-Loup est là !

Méga-Loup est issu d’une toute nouvelle série, les Méga-Bêtes, signée Séverine Vidal et Barroux (en plus de celui-ci, on trouve un album sur Méga-Souris, Méga-Lapin et Méga-Cochon). Au-delà du fait que c’est très drôle, bourré de références, c’est surtout très beau ! Barroux est un illustrateur absolument génial et Mango Jeunesse a bien fait les choses avec une couverture qui a du relief et un vernis sélectif. Rarement, une série humoristique n’aura été aussi classe !

Loup ne sait pas s'habillerCe matin, alors qu’il vient de s’habiller, Loup a très mal aux pieds, il peut à peine marcher. Il boite même ! C’est certainement la faute de Lapin qui lui a marché sur le pied, de Cochon qui l’a poussé ou de Vache qui lui a lancé un caillou… Et si l’explication était ailleurs ?

Loup ne sait pas…, c’est également une série. Signés Nadine Brun-Cosme et Nathalie Choux et sortis au Père Castor, ce sont des albums pour les plus jeunes. Ici, Loup accuse la terre entière de son mal de pied et pourtant la solution n’est pas là… mais je ne vous dévoile pas la fin ! Un très joli petit album plein d’humour.

Le loup qui fêtait son anniversaireOn ne peut pas parler du loup sans parler DU Loup ! Vous connaissez certainement ce personnage créé par Orianne Lallemand et Éléonore Thuillier, et ce coup-ci Loup fête son anniversaire.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Loup ! Dès qu’il voit Valentin, il lui en parle… sauf que Valentin s’éclipse ! Quand ensuite c’est à Edmond, Alfred, Louve et Mademoiselle Yéti qu’il en parle tout le monde est gêné et explique qu’il ne pourra pas venir à sa petite fête. Imaginez la colère de notre pauvre loup, tout le monde semble n’en avoir rien à faire de son anniversaire… Vraiment ?

Vous vous doutez de la fin, c’est un grand classique, si tout le monde est si occupé et refuse d’aller à l’anniversaire de Loup c’est qu’une surprise se prépare ! Sauf qu’ici, notre personnage au fichu caractère va vivre entre ce début d’histoire et le dénouement attendu une sacrée aventure. On parle ici des surprises, mais qu’il ne faut pas aller chercher à l’autre bout du monde quelque chose qu’on a à côté de chez soi. Un nouvel épisode plein d’humour pour un héros adoré des enfants.
Le même vu par À l’ombre du saule.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Gilles Bizouerne (Les histoires des musiciens de Brême racontées dans le monde), Ronan Badel (Dragons père et fils, Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé), Marie Desbons (Le messager du clair de lune et Céleste, une étoile dans la nuit.), Séverine Vidal (Fées d’hiver, (Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresse, Noël à l’endroit, Mon secret rit tout le temps, 55 oiseaux, Prune et l’argent de poche, Une girafe un peu toquée, Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps), Barroux (Mon voyage en gâteau, Kako le terrible et La rentrée de Noé), Nadine Brun-Cosme (Tous sauf un, D’une île à l’autre, Trop c’est trop et Le prince amoureux), Nathalie Choux (Mon imagier des animaux familiers, Mon imagier des jouets, Coccinelle ouvre ses ailesLa poulette et les trois maisonnettes, Mon imagier de la famille, Chevaliers, Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées, Mon imagier de la maison, Mon imagier des formes, Mon imagier de Noël, L’ogresse poilueDe vrais amis, Mon imagier des saisons et Mon imagier de la nuit), Orianne Lallemand (Sur les remparts de Saint-MaloLe loup qui n’aimait pas Noël, Les chaussettes de Gaspard, Au secours ! Un ogre gloutonP’tit loup rentre à l’école, Au secours ! Une sorcière au nez crochuAu secours ! Un loup tout poilu et Pestouille et Jolicoeur) et Éléonore Thuillier (Rosie & Rosette, 100 % pur porc avec un zeste de loup, Le loup qui voyageait dans le tempsLe loup qui n’aimait pas Noël P’tit loup rentre à l’école, Sur la route des formes, Gros GrisLa jungle en haleine, Adam est fort, Le grand lapin blanc, Mon papa est un zarzouilleur et Jour de piscine). Retrouvez aussi nos interviews de Ronan Badel, Séverine Vidal, Barroux et Éléonore Thuillier.

Tout sur le grand méchant loup
d’Éric Veillé
Actes Sud Junior
12,50 €, 194×272 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
La bonne humeur de Loup Gris
Texte de Gilles Bizouerne, illustré par Ronan Badel
Didier Jeunesse
12,50 €, 250×250 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Féroce
Texte de Jean-François Chabas, illustré par David Sala
Casterman dans la collection Les albums Casterman
16,50 €, 300×250 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2012.
Ivan et le Loup gris
Texte d’Alexandre Afanassiev (traduit par Sylvie Howlett), illustré par Marie Desbons
Magnard dans la collection Contes et Classiques du monde
16,90 €, 298×318 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2012.
Méga-Loup
Texte de Séverine Vidal, illustré par Barroux
Mango Jeunesse dans la collection Les méga-bêtes
8,90 €, 175×197 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2014.
Loup ne sait pas s’habiller
Texte de Nadine Brun-Cosme, illustré par Nathalie Choux
Père Castor dans la collection Les p’tits albums Père Castor
5,50 €, 171×210 mm, 32 pages, imprimé en France, 2011 (première édition : 2011).
Le loup qui fêtait son anniversaire
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Éléonore Thuillier
Auzou dans la collection Mes p’tits albums
5,95 €, 215×215 mm, 31 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Ce week-end c’est le festival Chorus ! Comme d’habitude, on va retrouver plusieurs concerts pour enfants : Merlot, David Sire, Le Sacre du Tympan, Nid de Coucou… Nous on ne va pas louper ça (comme chaque année). Tout le programme ici.

Gabriel

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Un beau voyage pour rompre la solitude

Par 16 juillet 2012 Livres Jeunesse

Au milieu de son champ, un vieil épouvantail oublié. Il est là, seul, il ne sert plus à rien. Il n’effraie même plus les oiseaux. De toute façon ce champ n’est même plus cultivé, plus personne n’y vient… Inutile et sans amis, l’épouvantail pleure… Les oiseaux ont pitié et décident d’exaucer son vœux… le faire voyager.

Illustration de Legoff Hervé extraite de l’épouvantail qui voulait voyager © Flammarion jeunesse 2009

Il y a comme ça des albums jeunesse qui nous scotchent au siège. L’épouvantail qui voulait voyager est de ceux-là. Tout simplement un des plus beaux livres pour enfant que j’ai lu jusqu’à présent. Extrêmement poétique sans la moindre mièvrerie, tant dans les textes que dans les illustrations, c’est beau, tout simplement. On y parle du temps qui passe, de l’oubli (cet épouvantail est là et plus personne n’y pense), de la solitude, on peut y voir aussi une métaphore sur la vieillesse. On y parle aussi d’amour, d’espoir, de la vie. Une magnifique histoire, un très bel album jeunesse que vous n’êtes pas prêt d’oublier.

Quelques pas de plus…
Plus de bisous !, illustré également par Hervé Le Goff que vous avions chroniqué.
L’épouvantail qui voulait voyager vu par Papier de soie (avec plus de photos)

L’épouvantail qui voulait voyager
de Hubert Ben Kemoun, illustré par Hervé Le Goff
Père Castor dans la collection Les albums du Père Castor1 et Les petits albums du Père Castor2
13€, 240x300mm1 / 4,95€, 170x210mm2, 32 pages, imprimé en France

A part ça ?

Une super idée qu’a eue le Théâtre 13… ils gardent les enfants pendant les pièces le dimanche après midi. Et pas juste garderie : un petit spectacle de contes, un atelier, un goûter,… Tout ça pour 6€ (même pas le prix d’une heure de baby-sitter !) Alors c’est à partir de 5 ans (sinon j’aurais déjà testé). Une super initiative qui devrait en inspirer d’autres. Plus d’info ici.

Gabriel

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