La mare aux mots
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Médium (collection)

Jeunesses américaines

Par 11 avril 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui je vous parle de l’Amérique et de son histoire contemporaine, à travers deux romans très forts qui donnent voix à de beaux personnages d’enfants et d’adolescent·e·s.

Long Way Down
de Jason Reynolds (traduit de l’américain par Insa Sané)
Milan
15,90 €, 230×160 mm, 306 pages, imprimé en Espagne et en Italie, 2019.
Home Sweet Home
d’Antoine Philias et Alice Zeniter
L’École des loisirs dans la collection Medium +
15,50 €, 220×150 mm, 298 pages, imprimé en France, 2019.

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Adolescence et télévision

Par 4 août 2015 Livres Jeunesse

les étoiles en moiFord et Magnolia sont deux participants du dernier jeu de télé-réalité à la mode. Ils ont tous les deux décidé de s’inscrire au concours musical Spotlight afin d’échapper à leur vie quotidienne. Pour Ford, c’est son Arkansas natal et la négligence de ses parents qu’il faut fuir. Pour Magnolia, ses pensées noires et sa personnalité introvertie qui la tiennent éloignée des autres. Chacun cherche à se révéler, loin du poids du passé et de l’image négative que leur renvoient leurs proches. Mais comment trouver qui l’on est vraiment quand on est pris dans les faux-semblants du show-business ?
Cette comédie romantique est une vraie bonne surprise. Je dois avouer avoir débuté ma lecture avec beaucoup d’a priori : une romance sur fond de télé-réalité… Le risque était grand de tomber dans le feuilleton pour midinette. Passées les vingt premières pages, le doute se dissipe. On est déjà sous le charme des deux personnages principaux dont les points de vue sont alternés. Magnolia a un esprit aiguisé, une grande sensibilité et beaucoup de répartie. Ford est une sorte de mélange entre Johnny Cash, James Dean et Justin Bieber, avec une bonne dose de second degré pour parfaire le tout. Il est en effet beaucoup question de musique, dans cette histoire. Le lecteur est invité à consulter en ligne la liste des tubes chantés ou évoqués par les jeunes concurrents, et c’est un véritable voyage rock’n’roll dans les États-Unis des années 70 à nos jours qui nous est offert. L’intrigue laisse une place importante aux questionnements des adolescents en quête de célébrité, mais tout en restant parfaitement rythmée.
Un roman addictif qu’on referme à regret, la tête pleine de bonne musique.

La pyramide des besoins humainsChristopher a 14 ans. Un matin, après l’affrontement de trop avec les poings de son père, il quitte la maison et part pour Londres. Rapidement, il se retrouve à faire la manche dans le quartier de Soho, sans attendre plus de la vie qu’un hot-dog épicé, un carton pas trop humide pour passer la nuit, et que les passants lui lancent suffisamment de pièces pour qu’il puisse se saouler pour s’endormir. Cette vie sans perspective va être bouleversée par une affiche : un nouveau jeu de télé-réalité le défie de démontrer qu’il subsiste à ses besoins. Le jeu est inspiré de la pyramide de Maslow qui schématise les besoins humains en cinq grandes catégories. À la base de la pyramide, les besoins physiologiques (se nourrir, dormir…), ensuite viennent le besoin de sécurité, celui d’appartenance, celui de reconnaissance et enfin le besoin de réalisation de soi. À chaque étape du jeu, les candidats, qui se créent un compte en ligne, doivent écrire un texte prouvant la satisfaction de ces besoins successifs. Christopher prend ce défi comme une occasion de se sortir de la rue, mais aussi de démontrer que notre société moderne s’est éloignée de ce qui est vraiment important pour l’homme.
Cette histoire nous emmène dans les bas-fonds de Chinatown, à la marge de la vie moderne, de l’autre côté du caniveau que nous évitons du regard la plupart du temps. Ce qui marque, c’est la simplicité avec laquelle on adopte le point de vue du jeune SDF. Bien qu’il soit vindicatif, un peu déconnecté de la réalité à force de ne fréquenter que des drogués, prostituées et autres rebuts de la société, Christopher ne nous est pas étranger. Encore hier, il était un enfant qui allait à l’école, campait le week-end… Et tout a basculé avec une rapidité désarmante.
Caroline Solé critique notre société superficielle, plus préoccupée par la lueur qu’émet un écran de smartphone ou de télévision que par les plaintes d’un sans-abri. Sa description de la vie quotidienne dans la rue est brute, parfois choquante, sans tomber dans le misérabilisme.
Un roman peu commun qui évoque avec finesse les questions difficiles de la pauvreté et de l’exclusion.
Le même vu par Dans la bibliothèque de Noukette, Bricabook, et Sous le feuillage

La gelée d'étéCoup de tonnerre sur les vacances d’été de Pierre et Jean : la télé familiale ne fonctionne plus ! Pour les deux frères, c’est la catastrophe. Ils ont pour habitude de passer leurs vacances plantés devant leur écran. Et si cette panne était l’occasion de mettre enfin le nez dehors et de redécouvrir la saveur des moments partagés ?
Ce tout petit roman aborde avec légèreté l’abus d’écran par les enfants. Avec l’humour qui le caractérise, Mathis dresse un portrait tendre, mais moqueur de ces deux préados désespérés à l’idée de passer un été sans leur télé. Le texte est très court, mais nous fait rencontrer des personnages attachants. La complicité entre les frères est brillamment suggérée en quelques lignes de dialogue. Les relations familiales sont esquissées à la simple évocation d’une partie de Scrabble. Mathis, en dépit d’une grande économie de mots, raconte une histoire tendre relevée par un humour très fin.
Une réussite.
Le même vu par Bob et Jean-Michel.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Mathis (Un parfait petit avion, Et pan !J’ai 1 an + 1 an + 1 an + 1 an, Salut Cousine !, Panique au Mini-MarketJe hais les vacances et Du bruit sous le lit).

Les étoiles en moi
de Brent Bradshaw et Andrea Seigel traduit par Éric Betsch
Hugo Roman dans la collection New Way
16,00 €, 131 x 205 mm, 354 pages, imprimé en France, 2015.
La pyramide des besoins humains
de Caroline Solé
l’école des loisirs dans la collection Médium
12,80 €, 149 x 219 mm, 128 pages, imprimé en France, 2015.
La gelée d’été
de Mathis
Thierry Magnier dans la collection Petite Poche
3,90 €, 105 x 150 mm, 44 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.

 À part ça ? 

The Who, Nirvana, Peter Gabriel ou même Beyoncé, retrouvez tous les artistes mentionnés dans le roman Les étoiles en moi sur la chaîne Youtube d’Hugo Roman. De quoi se plonger un peu plus dans l’univers musical des deux personnages principaux Ford et Magnolia.

Laura

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Pas facile, la famille

Par 12 mai 2015 Livres Jeunesse

alors alfred« Alors, Alfred ? » Voici la phrase que notre jeune héros entend le plus. Il est toujours un peu à côté de ses baskets, en décalage par rapport aux événements et ce qu’on attend de lui. Cette attitude nonchalante ne manque pas de mettre sa grand-mère sur les nerfs. Selon elle, il faut lui apprendre la vie ! Le faire redescendre de force de la lune et lui remettre les deux pieds bien enfoncés dans le sol ! Alfred n’en peut plus de cette vieille sorcière qui ne cesse de l’accabler de reproches et d’émettre des jugements sur l’éducation que lui prodiguent ses parents. Un jour, Alfred décide de laisser de côté sa discrétion habituelle et de clouer le bec de cette grand-mère envahissante. Mais comment assumer qu’on n’aime pas un membre de sa famille quand on a que 8 ans ?
Ce roman aborde une question rarement abordée avec les enfants, celle des conflits familiaux. Dans la famille d’Alfred, sa grand-mère est parvenue à imposer ses jugements sans que personne ne s’y oppose. Les parents d’Alfred étant souvent en déplacement, c’est à elle que revient la tâche de garder les enfants. Mais elle use et abuse de cette position et ne tarit pas de critique envers son petit fils ou ses parents. La révolte d’Alfred est celle que ses parents n’ont jamais osé mener des années durant contre cette personnalité toxique.
Si ces situations ont lieu dans beaucoup de familles, il est peu courant de rencontrer un tel franc-parler : Alfred ne se fait pas punir pour s’être opposé à sa grand-mère, il est normal de se rebeller contre une personne malfaisante, quel que soit son lien de parenté ou son statut. Ce court roman plaira aux jeunes lecteurs sensibles aux relations, parfois compliquées, entre les membres d’une même famille. Véritable plaidoyer pour la tolérance, il rappelle qu’il est parfois difficile d’aimer son prochain, même quand il est issu de la même lignée.

la fille qui avait deux ombresÉlisa, ne supporte plus sa grand-mère. Il faut dire que Rose se comporte comme un vrai chef de clan. Despotique, sans tendresse, elle ne rate pas une occasion de rappeler à sa fille et son beau-fils qu’ils vivent sous son toit avec leurs enfants et qu’ils doivent se plier à ses règles. Les parents d’Élisa se sont en effet installés dans le corps de ferme familial après avoir perdu leur emploi. La famille vivote, chacun cherche sa place, mais l’équilibre fragile est dangereusement menacé quand Élisa décide de se dresser contre le joug de la matriarche. En même temps, tout va de travers ces derniers temps : des objets changent de place mystérieusement, de vieilles lettres en italien refont surface, Rose prend des décisions délirantes… Il va falloir bien du courage à la jeune collégienne pour se confronter à la colère de sa grand-mère et découvrir quelles sont les blessures qu’elle a enfouies derrière son attitude de tyran domestique.
Dès les premières pages de ce roman, on s’installe, on se fait une place bien douillette, et on laisse la magie opérer. Ce roman est peuplé de personnages au magnétisme solaire, auprès desquels on se réfugie volontiers, comme Élisa le fait dans le grenier de la maison où elle s’est construit un petit théâtre. Les rapports humains sont décrits avec une finesse travaillée, mais jamais maniérée, à l’image des silences bienveillants entre Élisa et son père en tête à tête à la table du petit déjeuner, ou la protection distante qu’exerce son grand frère envers sa petite sœur au caractère entêté. Happé par cette famille, on embrasse également ses problèmes. Le mal-être d’Élisa résonne en chacun : elle souffre des non-dits qui accablent certaines familles, des rapports de force non résolus qui empoisonnent la vie familiale. La quête d’Élisa est comme une aventure intérieure dans une contrée méconnue et intime : celle de l’histoire de sa famille.
Le roman de Sigrid Baffert évoque la question des secrets de famille avec une grande subtilité. Il parle de transmission, de vieillesse, de la difficulté des rapports familiaux, d’amour, aussi… le tout dans une langue très imagée et dans un style aussi vif qu’intelligent. On quitte cette famille presque à regret au terme de la lecture. On aimerait prolonger les moments passés avec Jules, le grand-père, occupé à trouver la meilleure combinaison pour sa bière artisanale, on voudrait fouiner encore le grenier à la recherche d’un vieux chariot de Poste ou d’un buste de couture à remettre en état…
Un très joli texte qui allie humour, mystère, et surtout tendresse : une réussite !
Le même vu par Chez Clarabel et Enfantipages.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un ouvrage de Clotilde Bernos (Ram et Lila) et de Sigrid Baffert (Halb, l’autre moitié).

Alors, Alfred ?
de Clotilde Bernos
Bulles de savon
7,50 €, 140 x 190 mm, 96 pages, imprimé en République Tchèque, 2015.
La fille qui avait deux ombres
de Sigrid Baffaert
l’école des loisirs dans la collection Médium
15,80 €, 148 mm × 218 mm, 267 pages, imprimé en France, 2015.

À part ça ?

telle mere telle filleOn remplit les albums de naissance de nos bambins avec une attention de collectionneurs : « Ah, son premier sourire, et les premiers pas, son premier mot ! Qu’est-ce qu’elle était mignonne à cet âge-là ! » Les éditions Minus vous proposent de poursuivre l’expérience une fois vos enfants, en l’occurrence vos filles, devenues grandes. Pas toujours facile de garder de bons rapports mères-filles quand l’adolescence montre son nez ! Ce petit cahier a pour ambition de renouer le dialogue sous le signe de l’humour. Ce cahier à remplir à quatre mains revient sur les bons souvenirs (la maman se souvient du choix du prénom, de la naissance…), on compare ses enfances à une génération d’intervalle, on se dit des choses importantes (« ce que j’admire chez toi » contre « ce qui m’agace »), d’autres plus futiles. Lili Scratchy met son dessin pop au service d’un petit carnet qui déjoue les pièges du cliché. Le ton est toujours un peu décalé, à l’image de la liste des ressemblances à cocher par la mère « tu as le caractère du caniche de ta grand-mère, ou les pieds de ton père… ». On est loin de la vision un peu bête des fifilles qui prennent le vernis à ongles de leur maman ! Parfait pour passer entre mère et grande fille.
Telle mère, telle fille, de Lili ScratchyMinus éditions, collection Grand Minus, 2015.

Laura

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Sans les parents !

Par 13 septembre 2013 Livres Jeunesse

Mes premières vraies vacances
J’en rêvais depuis longtemps
Et cette année j’ai la chance
De partir sans mes parents
Ce n’est pas que ma famille
Soit vraiment collet monté
Mais moi je suis grande fille
J’ai besoin de liberté
Mes premières vraies vacances,
France Gall

Ah partir sans les parents… En colo, en voyage scolaire… ou fuguer ! Voici deux albums (pour les jeunes lecteurs) et trois romans sur des jeunes qui vont passer plusieurs nuits loin des parents… et ça ne sera pas toujours rose…

Génial ! Mon école part... en classe de neigeLe jour tant attendu est enfin là ! Les classes de CP et CE2 partent en classe de neige ! Quelle joie pour Mathilde (même si son petit frère est aussi de la partie) et ses copines ! Séparation avec les parents (qui pleurent plus que les enfants), voyage en car (qui remue l’estomac), découverte des dortoirs, de la cantine et bien-sûr cours de ski, courses de luge,… On ne va pas ramener que des photos de ce séjour !

Avec énormément d’humour, Laurent Audouin nous parle de quelque chose que certains ont connu (moi c’est mon cas), la fameuse classe de neige ! Pour la plupart on n’est jamais parti aussi longtemps sans les parents (et sans aucun membre de la famille), on n’a jamais dormi dans des dortoirs à plusieurs (on n’a jamais même fait son lit… aheum…), on découvre aussi les sports d’hiver. Laurent Audouin a un vrai sens de l’observation, il croque parfaitement ces petits séjours, le quotidien des enfants. On est ici plus près du roman jeunesse (même si c’est richement illustré) pour jeunes lecteurs que de l’album à proprement dit. C’est très drôle autant au niveau des textes que de l’illustration, vraiment on adore !

Génial !  Mon école part... en classe de merCette année Mathilde est en CM2 et elle part en classe de mer ! Le souci c’est que les CE2 y vont aussi… et donc son frère Pierre… Les voilà partis pour une semaine en Bretagne ! Au programme : catamaran, visite d’un phare et d’un chalutier, découverte de la faune et de la flore aquatique mais aussi confection de crêpes sans oublier la boum et l’achat des cadeaux ! Bref un séjour pendant lequel ils vont prendre beaucoup de plaisir et qui va rester gravé dans leurs mémoires.

On retrouve donc Mathilde et Pierre deux ans plus tard dans un tout autre décor. Mathilde nous raconte encore son séjour, richement illustré. C’est aussi bien écrit que le précédent, Laurent Audouin croque à merveille ces enfants en voyage scolaire, ils sont drôles et attachants. Décidément une très bonne collection (je n’ai pas lu les autres mais sachez qu’ils partent aussi en classe de découverte, à Paris et au Futuroscope !).

J'ai passé l'âge de la coloA quatorze ans partir encore en colo… franchement… Sybille n’en a aucune envie ! Les dortoirs, la peur d’être malade dans le car, les anims,… De toute façon elle n’a pas le choix ! Et si finalement c’était pas si mal ?

Sophie Adriansen raconte avec beaucoup d’humour et de justesse les colonies de vacances et tout ce que ça comporte : les amis qu’on croit connaître depuis toujours au bout de quelques jours, la peur d’être catalogué d’entrée, les amours d’une semaine (et la peur d’être celui ou celle qui n’en a pas), les animateurs qui sont à peine plus vieux que vous (surtout quand on a 14 ans),… Sous forme de journal, on suit les aventures de Sybille, ses peurs, ses espoirs, ses amitiés, ses amours, ses pensées en tout genre. Bien entendu la colo qui était redoutée deviendra un grand moment, de ceux dont on se souvient longtemps. Un très joli roman.

Les yeux de LisaManon c’est pas le genre de fille qu’on remarque au lycée, plutôt discrète. Lisa par contre… Look androgyne (au départ Manon l’avait prise pour un garçon), cheveux courts en bataille, percing… Très troublée par Lisa, Manon veut se rapprocher d’elle et très vite elle sent une fêlure. Elle décide de lui changer les idées en l’amenant à la mer… Seulement il faut convaincre les parents ! Ils acceptent à condition qu’Ambre, la cousine majeure de Manon les accompagne. Dès le départ rien ne se passe comme prévu, Ambre descend une station avant pour rejoindre son copain. C’est un séjour qu’elles n’oublieront pas…

On est loin de l’ambiance du roman précédent, Les yeux de Lisa de Karine Reysset est un roman assez noir, dur… On aborde ici des thèmes difficiles mais ce n’est jamais plombant. Karine Reysset a une belle écriture, elle nous entraîne avec Lisa dans ces vacances pas vraiment idéales. C’est vraiment un très beau roman, très fort. On parle ici d’amitié mais aussi d’abus sexuels, d’attirance pour une personne du même sexe, d’ambiguïté sexuelle. On parle aussi des premières vacances sans parents, quand on se sent grand d’un coup et que finalement… Le genre de roman qui marque.

La mépriseTout casser, tout. L’amitié avec sa meilleure amie, le rapport avec les parents, quitter son petit copain et fuir. C’est ce qui se passe pour Noémie qui menait jusqu’ici une vie normale. Pourquoi cette ado a décidé de briser tous ses liens avant de s’enfuir ? Pourquoi s’enfuit-elle ? A quoi correspond le compte à rebours du livre ?

Ici non plus ce n’est pas une ambiance joyeuse. On parle de choses dures et on assiste à une sorte d’autodestruction (qui n’ira pas trop loin, rassurez-vous !). Michaël Espinosa commence son roman par une scène énigmatique puis chaque chapitre est précédé du nombre de jour qui sépare Noémie de la première scène, compte à rebours qui ajoute beaucoup de suspense au récit. Que va-t-il se passer dans 20 jours… 19 jours… 18 jours… (et la chute n’est pas du tout téléphonée). Un roman prenant, captivant sur la fuite, le secret, la vengeance, sur l’adolescence.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Laurent Audouin (Tout le monde peut se tromper même moi ! et Ma demi-soeur que j’aime en entier).

Génial ! Mon école part… en classe de neige
de Laurent Audouin
Les p’tits bérêts dans la collection Génial ! Mon école part…
13€, 162×205 mm, 51 pages, imprimé en Italie, 2012.
Génial ! Mon école part… en classe de mer
de Laurent Audouin
Les p’tits bérêts dans la collection Génial ! Mon école part…
13€, 162×205 mm, 52 pages, imprimé en Italie, 2012.
J’ai passé l’âge de la colo !
de Sophie Adriansen
Éditions Volpilière
9€, 150×210 mm, 105 pages, imprimé en France, 2012.
Les yeux de Lisa
de Karine Reysset
L’école des loisirs dans la collection Médium
8,50€, 125×190 mm, 101 pages, imprimé en France, 2013.
La méprise
de Michael Espinosa
Oskar éditeur dans la collection Société
12,95€, 130×210 mm, 160 pages, imprimé en Europe, 2013.

A part ça ?

Connaissez-vous Paf le P.A.F. ? C’est un blogueur père au foyer (tout comme moi il y a quelques temps). On vous en a déjà parlé mais son blog est entièrement refait et ça vaut le coup d’œil ! C’est là : http://paf-le-paf.fr.

Gabriel

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Vivre en bande

Par 7 septembre 2013 Livres Jeunesse

les enfants de babelLa Tour, c’est ce grand immeuble de la banlieue de Séville où vivent Berta, Rachid, Stefano, Angel, Lucia, et tous les autres,… Il y a tous les âges, toutes les langues et toutes les nationalités (ou presque) qui se côtoient. L’un vit là suite au décès de sa femme, l’autre travaille dur tous les jours, un autre encore vient de quitter son pays en prenant des risques et a trouvé refuge ici… Chacun vit sa vie de son côté, mais les destins de tous ses personnages, de tous ses habitants, finiront par se croiser !

Eliacer Cansino joue à entremêler toutes ces aventures qui abordent tour à tour des thèmes tout aussi variés que les personnages : la délinquance, la solidarité, l’exil et l’émigration, la vie au lycée, l’amour,… On passe de scènes drôles à des moments beaucoup plus durs et tous les points de vue se répondent.  Grand succès en Espagne ce roman fort est traduit pour la première fois en France. J’ai d’abord eu une impression de fouillis, et petit à petit, au fur et à mesure que l’histoire se tricotait, j’ai pris beaucoup de plaisir à voir cette Tour s’animer, tant dans la joie que dans la difficulté. Un roman pour adolescents qui aborde des questions actuelles et finalement assez semblable d’un pays à l’autre !

sami goliath oscar ousmane et les autresEn France cette fois-ci, dans la cité Joliot-Curie, c’est un peu la panique : non seulement Sami a perdu son lapin nain Goliath (même si c’est un drame pour lui, les autres habitants devraient s’en remettre), mais surtout Oscar, son meilleur ami, opéré d’urgence pour une appendicite. Jusque là, rien de dramatique, si ce n’est qu’Oscar et sa famille sont sans-papiers et que cette hospitalisation pourrait avoir de graves conséquences administratives et les obliger à quitter le territoire… Tout le monde s’inquiète et soutient la famille autant que possible. Sami et sa sœur, Rose la maîtresse, et même Ousmane, le grand sage sénégalais. Et toute cette histoire n’est qu’une goutte d’eau au cœur de la fourmilière que représente cette cité et ses habitants… Chacun a son histoire,  ses origines, ses problèmes mais aussi ses joies.

Claire Clément choisit le lapin nain comme lien entre tous les personnages, qui s’activent pour le retrouver. Mais c’est en fait un prétexte pour découvrir toute la complexité de ces personnages, si humains. On s’attache, on a envie de combattre avec eux les injustices de la vie… Sami, Goliath, Oscar, Ousmane et les autres... est un roman pour adolescents plein de sensibilité, à la forme originale, qui aborde là encore des thèmes du quotidien, malheureusement souvent en lien avec l’actualité… C’est réaliste, mais jamais lourd, et l’espoir n’est jamais loin !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué un autre roman de Claire Clément : Essie, et si j’étais parfaite ?.

Les Enfants de Babel
Texte d‘Eliacer Cansino (traduit par Sophie Hofnung)
L’école des loisirs dans la collection Médium
16 €, 148 x 218 mm, 252 pages, imprimé en France, 2013
Sami, Goliath, Oscar, Ousmane et les autres…
Texte de Claire Clément
Bayard Jeunesse dans la collection Estampille
11,50 €, 135 x 190 mm, 258 pages, imprimé en Espagne, 2013

A part ça ?

J’aime toujours autant les créations artistiques avec du papier et les oiseaux de Diana Beltran Herrera sont vraiment un bel exemple du genre !

Marianne

 

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