La mare aux mots
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Contes coréens

Un voyage autour du monde grâce aux contes

Par 28 avril 2014 Livres Jeunesse

Inde, Groenland, Corée, Maghreb et Afrique de l’Ouest, aujourd’hui on va voyager grâce à de superbes contes (avec en bonus dans le À part ça ? un DVD pour continuer le voyage).

rajaDepuis des générations, dans la famille de Raja on est magicien. Quand son père l’appelle pour qu’il vienne prouver au monde qu’il est un magicien lui aussi, qu’il n’est pas la honte de la famille, le jeune garçon préférerait aller amuser la belle Devika. Même si lui ne s’amuse pas à répéter des tours, il accepte. Le soir même le voilà qui déclame une formule magique et devient invisible. Il s’amuse à faire des farces et vient poser un baiser sur le nez de Devika, mais au matin personne ne le croit, nul n’a été témoin du prodige, forcément ! Alors le lendemain soir Raja recommence, cette fois-ci il fait disparaître des objets, mais ce coup-ci on croit que c’est un voleur qui les a dérobés et non Raja qui a utilisé sa magie. Il décide de s’acheter une tortue et de partir faire le tour du monde sur son dos, jurant de revenir avant que son père ne soit vieux. Autour de lui, on se moque. Devika, elle, ne rit pas et s’enferme dans sa tour pour cacher ses larmes.

Raja est un grand album absolument magnifique, une petite merveille. Superbe histoire d’amour au pays des magiciens indiens sublimée par les illustrations d’Aurélia Fronty. Le genre de conte que les parents prennent autant de plaisir à lire que les enfants (d’ailleurs, c’est typiquement le genre de livre qu’achètent aussi les adultes sans enfants). Un grand conte (mon résumé ne raconte même pas le premier tiers) pour tous ceux qui aiment les beaux livres et les belles illustrations.
Plusieurs illustrations intérieures sur le billet de ce blog.

L'orphelinUn petit orphelin vivait dans un village du Groenland. Sans famille, il vivait dehors, dormait avec les chiens qui étaient les seuls à l’accepter parmi eux. Parfois, il profitait d’un morceau de viande jeté à ses compagnons de misère. Même les enfants du village lui menaient la vie dure, quand il s’approchait, ils le jetaient à terre et le battaient. Ainsi était la vie de ce pauvre orphelin. Son seul refuge était la montagne où il allait fuir la méchanceté des hommes. Sa vie commença à changer le jour où, sous les conseils d’une vieille femme qui avait eu pitié de lui, il alla crier au ciel de l’aider.

Là encore, je ne vous raconte que la première partie de ce superbe conte signé par Anouk Grinberg. Grosse surprise, en ce qui me concerne, car je ne connaissais que la comédienne (que j’aime beaucoup) et je découvre donc avec L’orphelin l’auteur et l’illustratrice. Et quel talent ! Elle nous raconte donc ce conte du Groenland avec énormément de délicatesse, tant dans le texte que dans les illustrations. Une histoire dure parfois (mais la plupart des enfants aiment les histoires tristes, c’est nous, les parents, qui souvent reculons), mais forte. Un album magnifique sur la différence, le rejet, la fragilité. Le genre d’album qui marque profondément le lecteur, le genre d’ouvrage qu’on garde longtemps dans sa bibliothèque et dans sa tête.
Retrouvez le conte et une partie des illustrations sur le blog d’Anouk Grinberg.

L.01EJDN000928.N001_PriYonHee_C_FRPrincesse Yong Hee avait pour amie la Lune. Un soir alors que la princesse célébrait son amie, le Dragon des Mers bondit des eaux et dévora l’astre. Pour la première fois, Princesse Yong Hee quitta son château et partit pour sauver la lune. Pour cela, il lui faudrait l’aide de la Terre, du Vent et de la Nuit.

Là encore, mais quelle merveille ! (oui, je sais, cette chronique sera douloureuse pour votre portefeuille). Tant le superbe conte d’Agnès Bertron-Martin que les sublimes illustrations d’Aurélia Fronty (oui, encore elle). Ici, il est donc question d’une princesse qui part affronter un dragon, aidée par les éléments. On parle donc d’amitié, de surmonter ses peurs, d’oser se battre contre les plus forts. Un livre magnifique.

Le petit oiseau au grain de bléUn petit oiseau, fort intelligent, s’accrocha un grain de blé autour du cou puis alla narguer le pacha en chantant sous ses fenêtres qu’il avait quelque chose que lui n’avait pas. Imaginez la colère du puissant homme qui demanda à ses serviteurs de voler à l’oiseau son grain de blé. Sauf que le chant recommença et cette fois si l’oiseau persiflait que le pacha était si jaloux de lui qu’il lui avait volé ce qu’il n’avait pas.

On quitte l’Asie pour le Maghreb avec ce très bon conte, plein d’humour dont le texte est signé Michel Piquemal et les illustrations Peggy Nille. Une histoire parfois cruelle, surprenante et drôle. On parle ici de la fierté, de l’intelligence des plus faibles face aux puissants. Peggy Nille nous surprend une fois encore avec de très belles illustrations assez éloignées de son univers habituel. Un conte absolument délicieux aux couleurs chaudes du Maghreb.
Le même vu par Enfantipages.

Les deux caillouxAu milieu de la brousse, dans un marigot, se disputaient deux pierres. On entendait sans cesse leurs insultes. Un génie fatigué d’entendre les noms d’oiseaux que s’échangeaient les deux pierres, sortit du marigot et leur offrit des jambes pour leur permettre de voir le monde. Voilà donc nos cailloux qui marchent, qui marchent, qui marchent… et qui pour la première fois se sentent fatigués, affamés. Mais que manger quand on est une pierre ? Grâce à une idée du petit caillou les voilà bientôt avec neuf perdrix (six tuées par le petit et trois par le grand). Jaloux, le gros caillou proposa de manger d’abord la chasse du petit puis ils partageront plus tard sa chasse à lui. Sauf que quand la faim se fit à nouveau sentir, il ne voulait évidemment plus partager.

Là encore, ce n’est que le tout début de ce grand conte qui nous vient d’Afrique de l’Ouest. La suite sera un enchaînement de situations que les cailloux n’avaient même pas imaginé. Leur dispute fera même couler une rivière de sang. Un très beau conte étiologique (vous savez, ces contes qui nous explique la création d’un élément, d’un phénomène naturel…) plein d’humour pour expliquer pourquoi les cailloux sont devenus muets avec de grandes et belles illustrations signées Cécile Gambini. Là encore un magnifique album.
Quelques illustrations intérieures sur le site de Didier Jeunesse.

Quelques pas de plus…
D’autres chroniques sur des contes du Monde ? Ici par exemple ou ou encore .
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Carl Norac (Bazar Circus et Petites histoires pour rêver dans sa poche), Aurélia Fronty (Comptines de rose & de safran, Le roi de la montagne en hiver, Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente), Agnès Bertron-Martin (Mes cinq premières histoires à la petite école), Michel Piquemal (Mamouchka et le coussin aux nuages et L’étoile de Noël), Peggy Nille (Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Françoise Diep (Le loup et la soupe aux pois) et Cécile Gambini (Mes premières berceuses et Chez Mémé). Retrouvez aussi notre interview de Peggy Nille.

Raja
Texte de Carl Norac, illustré par Aurélia Fronty
Didier Jeunesse
17,30 €, 280×370 mm, 42 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2009.
L’orphelin
d’Anouk Grinberg
Cèdre Lune
14 €, 265×200 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2014.
Princesse Yong Hee et la perle de la nuit
Texte d’Agnès Bertron-Martin, illustré par Aurélia Fronty
Père Castor
13,50 €, 266×287 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Le petit oiseau au grain de blé
Texte de Michel Piquemal, illustré par Peggy Nille
Bulle de savon
13 €, 190×190 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.
Les deux cailloux
Texte de Françoise Diep, illustré par Cécile Gambini
Didier Jeunesse dans la collection Contes du monde
14,20 €, 240×310 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Sur le chemin de l'écoleComme le disait Nelson Mandela, « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », sauf qu’on n’a pas le même accès à l’éducation suivant là où l’on se trouve. Pour aller à l’école, Jackson, un Kenyan de 11 ans, et sa petite sœur doivent marcher quinze kilomètres (soit deux heures), en portant chacun un bidon d’eau et un morceau de bois et en évitant les éléphants. Zahira, jeune Marocaine de 12 ans, a un trajet de quatre heures pour parvenir à son internat. Au programme chemins caillouteux et recherche de voitures compatissantes. Pour Carlos, Argentin de 11 ans, et sa petite sœur, c’est une heure trente de cheval chaque matin. Quant à Samuel, Indien de 13 ans en fauteuil roulant, il lui être poussé par ses frères pendant une heure et demie avant d’arriver à l’école. Quatre enfants du monde dont on suit le chemin pour arriver en classe. Un film absolument passionnant, magnifique pour se rappeler l’importance de l’école et comment certains bravent les dangers et marchent des heures quand parfois, ici, certains traînent des pieds. Un film très fort qui vient de sortir en DVD et Blu-ray. Le film y est disponible en VF ou en VO (personnellement, j’ai déjà du mal avec les doublages sur les films, alors sur un documentaire c’est absolument impossible ! J’ai préféré lire le peu de dialogues à ma fille et le regarder dans les langues d’origine), on y retrouve aussi trois jolis bonus sur l’un des personnages du film (sa venue en France, la projection du film à Paris en sa présence et la projection du film dans son école). À voir absolument (et vu le prix, pourquoi se gêner ?).

Bande annonce :

Sur le chemin de l’école, un film de Pascal PlissonThe Walt Disney Company France. Autour de 9 € pour le DVD et de 13 € pour le Blu-Ray.

Gabriel

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Amérique latine, Afrique de l’Ouest, Asie… et le reste du monde !

Par 23 mars 2012 Livres Jeunesse, Musique pour enfants

Aujourd’hui on va voyager, on va visiter l’Amérique Latine, l’Afrique de l’Ouest, l’Asie et on terminera par un tour du monde.

On commence par un petit voyage musical  en Amérique Latine

Yemaya c’est la déesse de la mer, Yemaya c’est surtout un disque fabuleux de Zaf Zapha illustré par la très talentueuse Laura Guéry (dont j’ai déjà parlé lors de ma chronique sur le très beau Contes inuit). Quinze très belles chansons en espagnol ou en français (parfois les deux) dont certaines sont bien connues, mais revisitées, comme Malbrough s’en va-t-en guerre ou À la claire fontaine. Le disque est un régal ! Entrainant, dansant, super agréable à écouter même pour ceux qui comme moi ne sont pas fanas de ce genre de musique (vous pouvez en écouter quelques extraits ici). Le livre, lui, alterne les textes des chansons (et leurs traductions quand elles sont en espagnol) et des informations passionnantes sur l’Amérique Latine : instruments de musique, danses, géographie, fêtes, cuisine,… bref c’est une mine d’information !

On quitte l’Amérique Latine pour l’Afrique de l’Ouest.

Le disque commence par une discussion entre des enfants qui parlent de l’Afrique et du métissage. Puis c’est parti pour un voyage musical des plus agréables. On retrouve ici aussi des chansons que l’on connait (Une souris verte et Un éléphant) réorchestrées avec des sonorités africaines et des chansons aux rythmes entrainants ou plus douces. C’est un CD très agréable à écouter (quelques extraits ici). Comme pour le précédent, le livre est une mine d’information sur l’Afrique de l’Ouest. Le disque est également signé Zaf Zapha et les illustrations Laura Guéry.

Ces deux livres-CD sont vraiment des petites merveilles, les CD s’écoutent même quand nos enfants ne sont pas là ! Les objets sont très beaux : papier épais et surtout les illustrations de Laura Guéry sont absolument merveilleuses. Un cadeau idéal à tous les enfants qui aiment s’ouvrir à d’autres cultures, découvrir d’autres peuples, d’autres musiques. Et même pour les autres (car ça leur donnera l’envie justement de s’ouvrir à d’autres cultures).

Et on part maintenant pour l’Asie !

Dragons & Dragon est un coffret comprenant 4 livres accordéons, chacun racontant un conte sur un dragon. Parfois gentil comme dans Le dragon et la fée (conte vietnamien) où un dragon est vénéré car il supprime tous les démons qui infestent son pays jusqu’au jour où il va tomber amoureux de la fille de l’un d’eux. Tantôt méchant comme dans Le dragon ivre (conte japonais) où Susano, le dieu des tempêtes, va combattre un dragon à 8 têtes par amour pour une jeune fille ou dans Tout-Rouge et le dragon (conte chinois) où une femme voit sa fille enlevée par un dragon et enfantera un enfant étrange qui ira rechercher sa sœur. Enfin le dernier, Le dragon jaune et le dragon bleu (conte coréen), parle d’un empereur qui va commander une peinture de dragon au plus grand peintre du pays… mais la peinture ne sera pas ce qu’il en attend !

Ce coffret est absolument magnifique avec son papier épais, ses livres qui se déplient faisant apparaître des dragons d’un mètre soixante, ses illustrations fabuleuses qui font penser à des enluminures. c’est un superbe objet mais les contes sont également des petits trésors, très anciens qui nous font voyager aux origines des civilisations des 4 pays dont ils parlent. Ici aussi il s’agit d’un très beau coffret qu’on a envie d’offrir (ou de s’offrir).

Si, pour finir, on faisait le tour du monde… grâce à la cuisine ?

La grande marmite du monde est un superbe grand (34×24 cm) livre de cuisine édité par Le Sorbier et dont une partie des bénéfices (1€ par livre) est reversé à Amnesty International. Au programme, 21 recettes du monde superbement illustrées par Laura Guéry (encore elle !), du Vietnam (La salade de crevettes de Dao) à Madagascar (La tarte à la banane d’Ikoto) en passant par la Russie (Les dranikis d’Ivan) ou la Croatie (Les raviolis-amandes de Goran). À chaque fois, la recette est parfaitement expliquée sur la page de gauche (avec des astuces, plusieurs dessins suivants les étapes de la recette,…) et sur la page de droite une illustration pleine page (donc très grande) où on voit une scène du pays avec l’enfant qui nous propose la recette. Les petits vont adorer découvrir ces enfants du monde et essayer leur cuisine. Comme beaucoup de livres de cuisine, on peut le feuilleter, le regarder juste pour le plaisir des yeux. C’est ici aussi un très bel album à offrir (même à des adultes).

Dans le même esprit, Za a parlé l’autre jour sur son blog d’Une cuisine qui sent bon les soupes du monde, un livre sur les soupes qui est fabuleux. Vous pouvez lire son article ici.

Yemaya, voyage musical en Amérique Latine et Dalaka, voyage musical en Afrique de l’Ouest de Zaf Zapha, illustrés par Laura Guéry
Rue des enfants, 18,50€ chacun
Public : A leur lire / Lecteurs débutants (À partir de 5 ans d’après l’éditeur mais ça fonctionne aussi très bien à 3 ans et demi, ma fille adore les écouter)

Dragons & Dragon de Marie Sellier, illustré par Catherine Louis
Picquier Jeunesse, 19,50€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

La Grande Marmite du monde de Delphine Godard, illustré par Laura Guéry
Le Sorbier, 16,50€
Public : Pour ceux qui aiment faire la cuisine !

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A part ça ?

C’est pas sorcier, l’émission qui nous fait découvrir des tas de choses (même aux grands) et qu’on aime beaucoup, a créé sa chaîne youtube. Retrouvez des extraits, des bonus et autres vidéos : http://www.youtube.com/CestpassorcierTV

Gabriel

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Trois contes magnifiques issus des légendes coréennes

Par 12 mars 2012 Livres Jeunesse

Chan-ok est un éditeur dont je n’avais absolument jamais entendu parler. Comme, vous devez commencer à le remarquer, j’adore les contes du monde et en particulier les contes asiatiques. J’étais très curieux, car c’est le point commun des livres édités par Chan-ok : toutes les histoires viennent de la Corée du sud.

Jik-Nyeo est la plus jeune fille de l’empereur du ciel. Sa vie consiste à tisser les nuances du temps, à fabriquer les saisons mais cette vie l’ennuie. Elle va descendre sur Terre et y rencontrer Gyeon-woo. Elle en tombe éperdument amoureuse. Son père ne verra pas d’un bon œil cet amour et la forcera à revenir dans le ciel. Mais Jik-Nyeo ne peut vivre sans Gyeon-woo et ses larmes provoqueront des déluges. Mais si l’amour des deux amants était plus fort que tout ?

C’est un très beau conte, une magnifique histoire d’amour. Les étoiles amoureuses nous raconte donc la rencontre de deux jeunes gens qui n’étaient pas fait pour se rencontrer et qui pourtant vont s’aimer malgré les interdictions. Cette histoire est inspirée d’une légende coréenne qui est à l’origine de la fête de Chilseok, équivalent de notre St Valentin, célébrée chaque année. Le très beau texte de Céline Lavignette-Ammoun est magnifiquement mis en image par Kim Dong-seong. Un album qui va séduire tout ceux qui aiment les belles histoires d’amour légendaires.

Yuhwa, la fille du dieu des rivières et Haemosu, le dieu du soleil, se sont aimés éperduement, un amour que Habaek, le père de Yuhwa, a interdit. Mais un jour, alors qu’elle est assise devant chez elle, Yuhwa voit un rayon l’envelopper, neuf mois plus tard elle met au monde un œuf énorme dont tout le monde va vouloir se débarrasser mais rien n’y fera, l’oeuf restera intact et de cet oeuf Yumong, un enfant très étrange qui parlera à un mois et deviendra très vite un expert en tir à l’arc, naîtra.

C’est une très belle histoire que celle de ce livre. Mon résumé ne parle que des premières pages, Yumong va vivre de nombreuses aventures, sa différence fera de lui une cible, quelqu’un dont on va vouloir se débarrasser car il fait peur. C’est de ça dont parle surtout l’histoire, la peur de l’autre, de la différence, de la méfiance (c’est aussi ce sentiment qui fera qu’Habaek chassera Haemosu). L’histoire prend ici aussi ses racines dans les légendes Coréenne, Jumong étant le fondateur du royaume de Koguryŏ en 37 avant Jésus-Christ. Les illustrations sont de Kim Dong-seong, comme pour le livre précédent et c’est absolument magnifique. En début d’ouvrage les illustrations ressemblent à des enluminures anciennes, toutes en longueur. Il y a une vraie recherche graphique. C’est vraiment un très bel objet.

Bao travaille dans les rizières, sous la chaleur du soleil dont les rayons lui brûlent le dos. Il doit mettre deux gouttes d’eau par pousse, pas plus car il ne faut pas la gaspiller. Elle coûte cher car le seul puits appartient à Tsai Shen et connaissant son avantage il la vend à un prix très élevé. Un jour Bao va sauver une petite araignée, ce geste anodin en apparence va changer sa destinée et celle des autres paysans.

On a encore affaire ici à une histoire magnifique, issue elle aussi des contes traditionnels coréens (il est ici question des dragons cerfs-volants qui apportent la pluie, selon la légende coréenne). Le texte est très agréable à lire à voix haute, très bien écrit et entrecoupé de petites phrases poétiques. Au niveau des illustrations on change radicalement de style par rapport aux deux premiers, et j’avoue y avoir moins adhéré mais ce n’est qu’une question de goût (je suis presque sûr que Marianne, elle, accrocherait bien plus), je n’ai bien entendu pas trouvé ça laid (Marie Caudry a beaucoup de talent) mais ça me parle moins, tout simplement.

Je suis vraiment content d’avoir découvert cet éditeur et je vais suivre de près ce qu’il sort, j’aime ces dépaysements que nous proposent des gens comme HongFei, Picquier Jeunesse ou donc Chan-ok.

Les étoiles amoureuses de Céline Lavignette-Ammoun, illustré par Kim Dong-seong.
Chan-ok, dans la collection Perles du ciel. 14€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Jumong de Kim Hyang-keum, illustré par Kim Dong-seong.
Chan-ok, dans la collection Perles du ciel. 14€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants (dès 5 ans d’après l’éditeur)

Le dragon du vent de Régine Joséphine, illustré par Marie Caudry.
Chan-ok, dans la collection Perles du ciel. 13€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants (dès 5 ans d’après l’éditeur)

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A part ça ?

Le magazine Dada, revue d’art pour enfants qui fête cette année ses 20 ans, vient de sortir un numéro spécial Tim Burton à l’occasion de l’expo à la cinémathèque dont vous avez forcément entendu parler. Cinquante pages épaisses sur le cinéaste, on nous parle des films bien-sûr, de l’homme, on décortique des scènes, on parle des œuvres qui l’ont inspiré. Mais on apprend aussi aux enfants à créer des monstres à partir d’une tache ou avec des vieux jouets et des chiffons. La revue est superbe et son prix (7,90€) est justifié car on est plus proche du livre que du magazine. Par contre tout est ici à la gloire du réalisateur sans aucune réserve, c’est bien ici aux fans qu’on s’adresse. Si comme moi vous trouvez que son côté décalé est très calculé pour plaire au plus grand nombre, que ses premiers films ont quand même très mal vieillis et que son meilleur film (L’étrange noël de Mr Jack) n’est même pas de lui (d’ailleurs le jour où il a voulu faire lui-même un film du même genre, Les noces funèbres, c’était beaucoup moins réussi), vous ne trouverez ici que des éloges. Mais comme vous êtes très nombreux à l’adorer, vous adorerez ce numéro de Dada que vous conserverez précieusement et qui est une véritable mine d’information.

Gabriel

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