La mare aux mots
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Contes étiologiques

Un mythe fondateur du Brésil et un bel hommage à la lecture

Par 3 mai 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose deux très beaux albums. Dans le premier on rencontre la première mère du monde, dans le second un enfant bien impatient.

Guarana
Texte de France Barrois, illustré par Camille de Cussac
Les Éditions du Trésor
16,90 €, 225×320 mm, 32 pages, imprimé en Europe, 2019.
Bientôt
de Véronique Mazière
Didier Jeunesse
14,20 €, 235×290 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2019.

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Chut ! J’écoute le disque !

Par 16 mars 2015 CD non musical, Livres Jeunesse, Musique pour enfants

Une nouvelle petite sélection de CD et livres-CD

Ici BabaOn commence en musique et avec un de nos chouchous ! Ici Baba est de retour pour le plus grand plaisir de nos enfants (et le nôtre, un peu). Comme dans le précédent album (Chat qui se cache), ici l’ambiance est familiale. Samir Barris chante avec les enfants et l’on a l’impression d’être dans la pièce avec eux. On reprend les paroles en même temps que les enfants du CD, on écoute attentif. C’est rare un CD qui donne autant une impression d’immersion ! Les chansons sont à la fois douces et entraînantes. Samir Barris se fait certainement plaisir (et à nous aussi) en adaptant A Forest des Cure en français, un délice.
Ce CD est, comme le précédent, une vraie réussite ! Ici Baba s’impose comme l’un des meilleurs groupes pour les plus petits.
L’écouter sur deezer.

Le loup est un loup pour l'hommeUn autre chanteur dont on avait beaucoup aimé le précédent album, Julien Baer revient et ça nous ravit ! Après Milanimo, il nous parle d’un seul animal : le loup. Dans Le loup est un loup pour l’homme on l’écoute nous raconter l’histoire d’un loup un peu trop gourmand. Pour introduire l’histoire et la conclure, Julien Baer chante de sa voix douce, accompagné d’une musique qui nous enveloppe comme un cocon. Que c’est doux ! Et pourtant, jamais mièvre, plein d’humour (le loup passe quand même son temps à manger tout le monde !). Comme pour le précédent, le livre qui accompagne le CD est illustré par Philippe Katerine. Même si le défenseur des animaux que je suis regrette un peu la fin de l’histoire, c’est là encore un album très réussi.
Une histoire, trois chansons, un beau livre. C’est doux et drôle, c’est bon, tellement bon !
Bande annonce.

le nom de l'arbreIl y a longtemps, très longtemps, les animaux étaient doués de parole. À cette époque, une sécheresse incroyable s’abattit sur le pays et avec elle vint la famine. Les animaux pensaient qu’ils allaient mourir de faim quand ils s’aperçurent qu’un arbre était couvert de fruit. Seulement les fruits étaient hauts, même la girafe ne pouvait les attraper. Pour que l’arbre se penche et donne ses fruits, il fallait dire son nom. Les animaux durent donc aller voir le chef qui vivait en haut de la montagne, lui connaissait le nom de l’arbre, mais il fallait aussi le retenir…
C’est un très beau conte que nous proposent les éditions québécoises Planète Rebelle. Un conte qui nous rappelle que chacun a son utilité dans la collectivité, même celui dont on doute des qualités. Les illustrations de Slavka Kolesar sont superbes.
Un beau conte, plein d’humour, superbement illustré.
Un extrait sur le site de l’éditeur.

La pluie d'orÀ Paris, dans le quartier de La Pluie d’Or les habitants vivent en harmonie depuis que l’or est tombé du ciel (d’où le nom du quartier). Mère Fatma régale tout le monde avec son couscous, mais il lui manque quelque chose : des enfants. Elle se rend à l’Hororphelinat et décide d’adopter Asia et Noah, deux enfants qui ont l’air triste. Mais pour rendre aux enfants la joie de vivre, le chemin sera long !
La pluie d’Or est une comédie musicale rap née à la Goutte d’Or, quartier populaire parisien. Dans ce livre-CD, on retrouve donc une novélisation de l’histoire et un CD avec les chansons du spectacle. J’avoue ne pas être tombé sous le charme (contrairement à Délivrer des livres), mais c’est certainement un livre-CD qui ravira ceux qui ont vu le spectacle et ceux qui aiment ce genre de musique. On parle ici de la peur des étrangers, de la différence, de la tolérance, de vivre ensemble, de l’adoption. L’ouvrage est préfacé par MC Solaar.
Un conte musical rap, dont vous pouvez écouter le communiqué de presse ici.
Des extraits… et si vous êtes parisiens rendez-vous dans le À part ça ?.

Contes traditionnels du QuébecEt si on partait au Québec ? Grâce aux éditions Oui’dire, on va passer près de 2 heures à l’écoute de conteurs québécois qui nous offrent des contes traditionnels de leur belle province.
La fille d’un roi promise à celui qui arriverait à l’embêter en trois questions, la femme d’un fainéant qui fut tentée par le diable, un homme invisible qui se marierait à la première femme qui pourrait le voir, un trempeur de couteau qui s’était fait voler la recette qui le rendait exceptionnel et qui s’en alla voir le diable, un homme qui promit sa fille à un ours après avoir cueilli une fleur dans son jardin, un homme qui voulait coincer celui qui était capable de répondre à toutes les questions, un étrange invité à un bal ou encore un couple qui découvre un miroir.
Les histoires font parfois peur, le diable est bien présent, comme souvent dans les contes traditionnels (j’ai souvent pensé aux contes bretons). Mais elles sont toutes captivantes. On a l’impression d’être au coin du feu et d’écouter les conteurs, d’être avec eux.
Un double CD qui va enchanter les amoureux du Québec et les amateurs de contes, tout simplement.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

des nouvelles de SuisseAprès le Québec, La Suisse !
Un poulet bien résistant, un oiseau très laid qui devint beau grâce à un lac et un loup qui voulut faire pareil, un jeune berger coincé dans la montagne qui va rencontrer trois géants, un homme qui aida une femme bien étrange qui allait nu pieds, une femme qui n’avait jamais peur et qui voulait connaître cette sensation, un homme qui s’aperçut que sa femme était une sorcière et Jeanne, une petite fille que sa mère, trop occupée par son téléphone, avait oubliée dans un abribus.
Entrecoupés par des chants tyroliens, les sept contes suisses réunis ici sont tout simplement captivants. Difficile de ne pas s’arrêter le temps d’écouter les conteurs. Les histoires ne s’adressent pas aux plus jeunes (certaines sont assez dures), mais passionneront les grands enfants… et même les adultes !
Encore un CD de contes sorti chez Oui’dire qui prouve la qualité de cette super maison d’édition.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

L'Ogre BabborcoUn enfant qui avait faim mangea le repas d’un ogre et mit des crottes de chèvre à la place en croyant que celui-ci ne verrait rien. Un petit garçon gardé par sa sœur un peu distraite fut enlevé par les oies de Baba Yaga. Un Alligator se fit passer pour la maman de trois petites filles pour que celles-ci ouvrent la porte et qu’il en fasse son repas.
Trois contes. Une version sarde du Petit chaperon rouge, un conte populaire russe et une version louisianaise de la Chèvre et les biquets. Muriel Bloch, une de nos plus grandes conteuses, nous propose ces trois histoires captivantes. On a un peu peur, on rigole, on chante. On se régale surtout ! D’autant que le CD est accompagné d’un magnifique album aux illustrations signées Andrée Prigent et Régis Lejonc.
Encore un super livre-CD sorti chez Didier Jeunesse.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Dans le ventre d'AnansiOn reste avec Muriel Bloch, mais cette fois-ci avec un CD pour les plus grands. Une heure de contes qui nous fait voyager en Amérique, en Afrique ou encore en Inde.
Muriel Bloch nous raconte comment le feu est venu sur Terre ou quel était le premier animal. Elle nous parle de la gourmandise d’Anansi, l’araignée rusée, et des funérailles de son ventre. Il sera aussi question de manteaux difficiles à créer, d’apprenti tailleur amoureux d’une femme génie, de la première femme qui réussit à entrer dans la ville d’Angola, d’une cloche qui redonnait le goût de la vie, d’un conte et une chanson coincés par le ventre d’une femme qui n’avait pas d’enfant qui décidèrent de se venger et d’une couverture en piquants de porcs épics.
Même si j’ai trouvé parfois la musique trop présente, on fait un beau voyage avec Muriel Bloch. Ses contes viennent de Lettonie, du Ghana, d’Afrique occidentale, du Japon… Sa voix nous enchante.
Une heure délicieuse avec la voix de Muriel Bloch.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

VirelanguesOn termine avec Virelangues, des jeux de langues interprétés par Béatrice Maillet et Wanda Sobczak. Des phrases impossibles à répéter (Chez Sacha, Angèle et Gilles en gilet, gèlent. Chez ce cher Serge, j’ai chaud), des allitérations (Six souris sous le lit sourient sans souci de six chats), des phrases étranges, des jeux de mots… la langue se régale en répétant les phrases. Les deux adultes sont accompagnées par des enfants qui s’amusent à répéter et par des musiciens qui rendent le tout plus agréable à écouter. On retrouve aussi des petites chansons, comme Trois petits chats.
Pour s’amuser en famille ou dans la classe, pour jouer avec la langue et s’entrainer à prononcer.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Quelques pas de plus…
Retrouvez, regroupés dans des tableaux Pinterest, tous les CD et livres-CD musicaux que nous avons chroniqués ici et les CD et livres-CD non musicaux .

Ma mie forêt
d’Ici Baba
Victor mélodie / Stakhanova
Autour de 13 €, 43 min. env., 2014.
Le loup est un loup pour l’homme
de Julien Baer, illustré par Philippe Katerine
Actes Sud Junior
19 €, 225×254 mm, 50 pages, 10 min. env., imprimé en Belgique, 2014.
Le nom de l’arbre
Texte de Stéphanie Bénéteau (lu par l’auteure), illustré par Slavka Kolesar
Planète Rebelle dans la collection Conter Fleurette
22 €, 200×200 mm, 40 pages, 13 min. env., imprimé au Canada, 2015.
La pluie d’Or
Texte de Salima Drider, illustré par Gautier Rebetez
Nuits d’encre dans la collection Ziklu
Autour de 15 €, 210×210 mm, 82 pages, 31 min. env., imprimé en Bulgarie, 2014.
Contes traditionnels du Québec
Collectif
Oui’dire dans la collection La puce à l’oreille
21 €, 108 min. env., 2014.
Des nouvelles de Suisse
Collectif
Oui’dire dans la collection Contes croisés
17 €, 69 min. env., 2014.
L’Ogre Babborco
Textes de Muriel Bloch (racontés par l’auteure), illustrés par Andrée Prigent et Régis Lejonc
Didier Jeunesse dans la collection À petits petons
21,30 €, 232×217 mm, 96 pages, 27 min.env., imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2015.
Dans le ventre d’Anansi
de Muriel Bloch
Oui’dire dans la collection Contes d’auteurs
17 €, 64 min.env., 2014.
Virelangues
Interprété par Béatrice Maillet et Wanda Sobczak, musique de Michel Dupuis et Jean-Luc Lenoir
Oui’dire dans la collection À la marge
17 €, 34 min. env., 2014 (première édition 1996).

À part ça ?

Si vous êtes parisien, sachez que vous pourrez assister, le samedi 28 mars à 11 H, à une représentation de La pluie d’or au Gibert Joseph Barbès. Le concert sera suivi d’une rencontre avec Salima Drider et une discussion autour des valeurs centrales du livre, la tolérance et le vivre ensemble.

Gabriel

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Un jaguar brésilien et un dragon bulgare

Par 30 juin 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir deux beaux contes du monde.

l'Enfant, le jaguar et le FeuBotoque avait accompagné un chasseur de son village pour capturer des bébés perroquets. C’est l’enfant qui était monté dans le nid, aidé par l’adulte, mais il avait été laissé là parce que les œufs qu’il avait lancés au chasseur s’étaient transformés en pierre. Botoque serait mort de faim s’il n’avait pas été sauvé par un jaguar à l’allure d’homme, un jaguar qui le ramena chez lui, lui proposant de l’adopter. C’est dans la maison de l’animal que Botoque vit pour la première fois le feu.
L’Enfant, le jaguar et le feu est le dernier ouvrage de la magnifique collection Contes et Classiques du Monde de chez Magnard jeunesse. Il s’agit ici d’un conte brésilien étiologique (on y apprend pourquoi les jaguars mangent de la viande crue et détestent les hommes) raconté par Muriel Bloch et magnifiquement illustré par Aurélia Fronty (dont les dessins sont parfaitement mis en valeur par la grande taille de l’ouvrage). Une histoire vraiment forte qui parle d’amitié et de confiance trahie, et qui va séduire les enfants qui aiment les beaux contes.
Une très belle histoire, de superbes illustrations… un ouvrage somptueux.
Quelques extraits en ligne.

Une histoire de dragonsVlad a été suffisamment prévenu : s’il fait des bêtises, un dragon viendra, un dragon terrifiant, à trois têtes, de la taille d’une maison avec un paratonnerre, avec une queue aussi longue que le Mississippi. Ce dragon c’est SON dragon, on en a tous un. Alors Vlad ne saute plus dans les flaques, il ne vole plus de confiture dans le garde-manger, il se couche toujours à l’heure. Vlad se dit qu’ainsi le dragon ne viendra pas, qu’il peut dormir tranquille. Mais un jour, le petit garçon croise un petit dragon, chétif et mal en point, celui-ci lui explique qu’il est son dragon et que Vlad est tellement sage qu’il est en train de dépérir. L’enfant ne peut pas laisser ce dragon dans cet état…
Les éditions Élitchka ont pour but de promouvoir le patrimoine culturel bulgare. Ce très beau conte, Une histoire de dragons, est leur tout premier livre.
Ici, il est donc question de bêtises, mais aussi de l’importance d’en faire pour grandir. On parle de la nécessité de s’affirmer, de sortir parfois du cadre, des sentiers qu’on trace pour nous. Les enfants ont besoin de faire des bêtises et pour grandir Vlad devra aller au-delà de la surprotection de toute une famille qui s’est donnée le mot.
Un très bel ouvrage aux illustrations avec des noirs profonds parfaitement mis en valeur par un beau travail d’impression.
Des extraits en ligne.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Muriel Bloch (La jeune fille habillée en garçon, Le premier amour de grand corbeau, Le vieux Cric CracPetites sagesses du soir et Le Schmat doudou) et d’Aurélia Fronty (La Belle et la Bête, Raja, Princesse Yong Hee et la perle de la nuit, Comptines de rose & de safran, Le roi de la montagne en hiver, Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente).

L’Enfant, le jaguar et le feu
Texte de Muriel Bloch, illustré par Aurélia Fronty
Magnard Jeunesse dans la collection Contes et Classiques du Monde
16,90 €, 288×328 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Une histoire de dragons
Texte d’Edvin Sugarev (traduit par Eli), illustré par Sylvie Kromer
Élitchka
16,50 €, 255×280 mm, 40 pages, imprimé en France, 2014.


À part ça ?

Comme tous les mois, nous vous donnons aujourd’hui nos coups de cœur du mois qui se termine. En juin, c’était donc, pour Marianne : Au revoir Grand-mère de Mélanie Walsh (Gallimard Jeunesse), Les pompiers d’Anne-Sophie Baumann et Patrick Morize (Tourbillon) et Les pourquoi de Non-Non de Magali Le Huche (Tourbillon). Et pour moi : Mais qu’est-ce qu’il fait Momo de Nadja (Rivages), Le Yark de Bertrand Santini et Laurent Gapaillard (Grasset-Jeunesse) et Les bruits chez qui j’habite de Séverine Vidal et Claire Cantais (L’édune).
Côté romans, comme chaque nouveau trimestre, nous avons choisi les romans qui nous ont le plus plu dans les trois mois qui viennent de s’écouler. Pour le second trimestre de 2014 il s’agit, pour Marianne, de Charlie de François David (Éditions du Muscadier), Dis-moi qu’il y a un ouragan de Fabrice Emont (Scripto Gallimard) et Après la vague d’Orianne Charpentier (Scripto Gallimard). Et pour moi : Casseurs de solitudes d’Hélène Vignal (Le Rouergue), Non à l’indifférence d’un collectif (Actes Sud Junior) et Une vie retrouvée de Josette Chicheportiche (Oskar).
Retrouvez nos coups de cœur des mois précédents sur le blog, sur Facebook (ici pour les albums et pour les romans) et sur Pinterest (ici pour les albums et pour les romans).

Gabriel

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Un voyage autour du monde grâce aux contes

Par 28 avril 2014 Livres Jeunesse

Inde, Groenland, Corée, Maghreb et Afrique de l’Ouest, aujourd’hui on va voyager grâce à de superbes contes (avec en bonus dans le À part ça ? un DVD pour continuer le voyage).

rajaDepuis des générations, dans la famille de Raja on est magicien. Quand son père l’appelle pour qu’il vienne prouver au monde qu’il est un magicien lui aussi, qu’il n’est pas la honte de la famille, le jeune garçon préférerait aller amuser la belle Devika. Même si lui ne s’amuse pas à répéter des tours, il accepte. Le soir même le voilà qui déclame une formule magique et devient invisible. Il s’amuse à faire des farces et vient poser un baiser sur le nez de Devika, mais au matin personne ne le croit, nul n’a été témoin du prodige, forcément ! Alors le lendemain soir Raja recommence, cette fois-ci il fait disparaître des objets, mais ce coup-ci on croit que c’est un voleur qui les a dérobés et non Raja qui a utilisé sa magie. Il décide de s’acheter une tortue et de partir faire le tour du monde sur son dos, jurant de revenir avant que son père ne soit vieux. Autour de lui, on se moque. Devika, elle, ne rit pas et s’enferme dans sa tour pour cacher ses larmes.

Raja est un grand album absolument magnifique, une petite merveille. Superbe histoire d’amour au pays des magiciens indiens sublimée par les illustrations d’Aurélia Fronty. Le genre de conte que les parents prennent autant de plaisir à lire que les enfants (d’ailleurs, c’est typiquement le genre de livre qu’achètent aussi les adultes sans enfants). Un grand conte (mon résumé ne raconte même pas le premier tiers) pour tous ceux qui aiment les beaux livres et les belles illustrations.
Plusieurs illustrations intérieures sur le billet de ce blog.

L'orphelinUn petit orphelin vivait dans un village du Groenland. Sans famille, il vivait dehors, dormait avec les chiens qui étaient les seuls à l’accepter parmi eux. Parfois, il profitait d’un morceau de viande jeté à ses compagnons de misère. Même les enfants du village lui menaient la vie dure, quand il s’approchait, ils le jetaient à terre et le battaient. Ainsi était la vie de ce pauvre orphelin. Son seul refuge était la montagne où il allait fuir la méchanceté des hommes. Sa vie commença à changer le jour où, sous les conseils d’une vieille femme qui avait eu pitié de lui, il alla crier au ciel de l’aider.

Là encore, je ne vous raconte que la première partie de ce superbe conte signé par Anouk Grinberg. Grosse surprise, en ce qui me concerne, car je ne connaissais que la comédienne (que j’aime beaucoup) et je découvre donc avec L’orphelin l’auteur et l’illustratrice. Et quel talent ! Elle nous raconte donc ce conte du Groenland avec énormément de délicatesse, tant dans le texte que dans les illustrations. Une histoire dure parfois (mais la plupart des enfants aiment les histoires tristes, c’est nous, les parents, qui souvent reculons), mais forte. Un album magnifique sur la différence, le rejet, la fragilité. Le genre d’album qui marque profondément le lecteur, le genre d’ouvrage qu’on garde longtemps dans sa bibliothèque et dans sa tête.
Retrouvez le conte et une partie des illustrations sur le blog d’Anouk Grinberg.

L.01EJDN000928.N001_PriYonHee_C_FRPrincesse Yong Hee avait pour amie la Lune. Un soir alors que la princesse célébrait son amie, le Dragon des Mers bondit des eaux et dévora l’astre. Pour la première fois, Princesse Yong Hee quitta son château et partit pour sauver la lune. Pour cela, il lui faudrait l’aide de la Terre, du Vent et de la Nuit.

Là encore, mais quelle merveille ! (oui, je sais, cette chronique sera douloureuse pour votre portefeuille). Tant le superbe conte d’Agnès Bertron-Martin que les sublimes illustrations d’Aurélia Fronty (oui, encore elle). Ici, il est donc question d’une princesse qui part affronter un dragon, aidée par les éléments. On parle donc d’amitié, de surmonter ses peurs, d’oser se battre contre les plus forts. Un livre magnifique.

Le petit oiseau au grain de bléUn petit oiseau, fort intelligent, s’accrocha un grain de blé autour du cou puis alla narguer le pacha en chantant sous ses fenêtres qu’il avait quelque chose que lui n’avait pas. Imaginez la colère du puissant homme qui demanda à ses serviteurs de voler à l’oiseau son grain de blé. Sauf que le chant recommença et cette fois si l’oiseau persiflait que le pacha était si jaloux de lui qu’il lui avait volé ce qu’il n’avait pas.

On quitte l’Asie pour le Maghreb avec ce très bon conte, plein d’humour dont le texte est signé Michel Piquemal et les illustrations Peggy Nille. Une histoire parfois cruelle, surprenante et drôle. On parle ici de la fierté, de l’intelligence des plus faibles face aux puissants. Peggy Nille nous surprend une fois encore avec de très belles illustrations assez éloignées de son univers habituel. Un conte absolument délicieux aux couleurs chaudes du Maghreb.
Le même vu par Enfantipages.

Les deux caillouxAu milieu de la brousse, dans un marigot, se disputaient deux pierres. On entendait sans cesse leurs insultes. Un génie fatigué d’entendre les noms d’oiseaux que s’échangeaient les deux pierres, sortit du marigot et leur offrit des jambes pour leur permettre de voir le monde. Voilà donc nos cailloux qui marchent, qui marchent, qui marchent… et qui pour la première fois se sentent fatigués, affamés. Mais que manger quand on est une pierre ? Grâce à une idée du petit caillou les voilà bientôt avec neuf perdrix (six tuées par le petit et trois par le grand). Jaloux, le gros caillou proposa de manger d’abord la chasse du petit puis ils partageront plus tard sa chasse à lui. Sauf que quand la faim se fit à nouveau sentir, il ne voulait évidemment plus partager.

Là encore, ce n’est que le tout début de ce grand conte qui nous vient d’Afrique de l’Ouest. La suite sera un enchaînement de situations que les cailloux n’avaient même pas imaginé. Leur dispute fera même couler une rivière de sang. Un très beau conte étiologique (vous savez, ces contes qui nous explique la création d’un élément, d’un phénomène naturel…) plein d’humour pour expliquer pourquoi les cailloux sont devenus muets avec de grandes et belles illustrations signées Cécile Gambini. Là encore un magnifique album.
Quelques illustrations intérieures sur le site de Didier Jeunesse.

Quelques pas de plus…
D’autres chroniques sur des contes du Monde ? Ici par exemple ou ou encore .
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Carl Norac (Bazar Circus et Petites histoires pour rêver dans sa poche), Aurélia Fronty (Comptines de rose & de safran, Le roi de la montagne en hiver, Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente), Agnès Bertron-Martin (Mes cinq premières histoires à la petite école), Michel Piquemal (Mamouchka et le coussin aux nuages et L’étoile de Noël), Peggy Nille (Le voleur de lune, Le Petit Chaperon Rouge, Les amoureux du ciel, Le nom du diable et Contes d’un autre genre), Françoise Diep (Le loup et la soupe aux pois) et Cécile Gambini (Mes premières berceuses et Chez Mémé). Retrouvez aussi notre interview de Peggy Nille.

Raja
Texte de Carl Norac, illustré par Aurélia Fronty
Didier Jeunesse
17,30 €, 280×370 mm, 42 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2009.
L’orphelin
d’Anouk Grinberg
Cèdre Lune
14 €, 265×200 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2014.
Princesse Yong Hee et la perle de la nuit
Texte d’Agnès Bertron-Martin, illustré par Aurélia Fronty
Père Castor
13,50 €, 266×287 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2014.
Le petit oiseau au grain de blé
Texte de Michel Piquemal, illustré par Peggy Nille
Bulle de savon
13 €, 190×190 mm, 32 pages, imprimé en Union Européenne, 2014.
Les deux cailloux
Texte de Françoise Diep, illustré par Cécile Gambini
Didier Jeunesse dans la collection Contes du monde
14,20 €, 240×310 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.

À part ça ?

Sur le chemin de l'écoleComme le disait Nelson Mandela, « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde », sauf qu’on n’a pas le même accès à l’éducation suivant là où l’on se trouve. Pour aller à l’école, Jackson, un Kenyan de 11 ans, et sa petite sœur doivent marcher quinze kilomètres (soit deux heures), en portant chacun un bidon d’eau et un morceau de bois et en évitant les éléphants. Zahira, jeune Marocaine de 12 ans, a un trajet de quatre heures pour parvenir à son internat. Au programme chemins caillouteux et recherche de voitures compatissantes. Pour Carlos, Argentin de 11 ans, et sa petite sœur, c’est une heure trente de cheval chaque matin. Quant à Samuel, Indien de 13 ans en fauteuil roulant, il lui être poussé par ses frères pendant une heure et demie avant d’arriver à l’école. Quatre enfants du monde dont on suit le chemin pour arriver en classe. Un film absolument passionnant, magnifique pour se rappeler l’importance de l’école et comment certains bravent les dangers et marchent des heures quand parfois, ici, certains traînent des pieds. Un film très fort qui vient de sortir en DVD et Blu-ray. Le film y est disponible en VF ou en VO (personnellement, j’ai déjà du mal avec les doublages sur les films, alors sur un documentaire c’est absolument impossible ! J’ai préféré lire le peu de dialogues à ma fille et le regarder dans les langues d’origine), on y retrouve aussi trois jolis bonus sur l’un des personnages du film (sa venue en France, la projection du film à Paris en sa présence et la projection du film dans son école). À voir absolument (et vu le prix, pourquoi se gêner ?).

Bande annonce :

Sur le chemin de l’école, un film de Pascal PlissonThe Walt Disney Company France. Autour de 9 € pour le DVD et de 13 € pour le Blu-Ray.

Gabriel

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Rangez-les-moi bien dans le ventre de l’Arche de Noé*

Par 16 janvier 2014 Livres Jeunesse

Les hommes nous ont gonflé la tête
Avec les guerres et la misère
Et la bêtise, alors on a décidé le déluge
Mais les animaux n’y étaient pour rien
Et c’est pour ça qu’on a fait
L’Arche de Noé*

*L’Arche de Noé, Nino Ferrer.

Aujourd’hui, je vous présente deux albums qui mettent en scène l’Arche de Noé, histoire biblique, mais qui passionne toujours les enfants et qui est un bon sujet dans la littérature jeunesse (voir par exemple dans Les contes bleus du chat perché).

Pourquoi les chiens ont la truffe humideLa pluie ne s’arrêtait plus, Noé décida donc de construire un grand bateau pour sauver hommes et animaux, car il le sentait, lui, que tout serait enseveli sous l’eau. Il appela son énorme navire « Arche ». Il fallut ensuite le remplir, Noé parti donc à la rencontre des animaux pour les convier, même ceux que les hommes n’aimaient pas et tuaient à coup de talons ou de bombe insecticide. Une fois tout le monde à bord, l’Arche fut entraînée dans les flots et petit à petit on ne vit plus la terre. Seulement un matin, l’Arche prit l’eau, un trou s’était formé dans la coque du bateau, il fallait vite agir… heureusement, Noé avait un chien sous la main…

Vous aurez compris, je pense, la chute de l’album grâce au titre. J’adore les contes étiologiques (quand on nous explique de façon farfelue un phénomène naturel), et cet album qui grouille de détails est tout simplement fabuleux. On peut regarder longuement chaque planche, on se régale, c’est plein d’humour et très graphique. Vraiment un magnifique album.
Une vidéo qui montre les planches intérieures.

L'oubli de NoéNoé était un original, il avait construit, à côté de sa maison, un énorme bateau… au cas où ! S’il y avait une énorme marée, il ne serait pas pris au dépourvu. Noé était tellement prévoyant qu’il avait même rédigé une liste qui mesurait des kilomètres pour le jour où… Seulement, voilà, il était persuadé qu’il oubliait quelque chose ! Tout le monde lui conseillait de se reposer, mais lui cherchait, parcourait son Arche, encore et encore, dans l’espoir de trouver, mais rien à faire, il ne trouvait pas ce qu’il manquait. Un tour chez les petites bêtes, un tour chez les mammifères, un tour chez les animaux domestiques…. C’est une fois le déluge bien entamé et l’Arche loin de chez lui qu’il trouva enfin qui n’était pas là…

Beaucoup d’humour ici aussi ! Frédéric Laurent nous raconte une histoire farfelue mise en image par Mathieu Tucker. Ici encore, on admire les planches, on se régale des détails, on passe du temps à tout regarder. J’avoue avoir eu une petite déception voyant que Frédéric Laurent, dont j’adore les dessins, avait sorti un album sans en être lui-même l’illustrateur… en fin de compte je n’ai pas été déçu. Moins graphique que Pourquoi les chiens ont la truffe humide, mais donc beaucoup plus adapté aux enfants, L’oubli de Noé est un album avant tout pour eux… mais qui régalera aussi les grands.
Des extraits des planches sur le site de l’éditeur et sur le site de l’illustrateur.

Quelques pas de plus…
Un autre livre sur l’Arche de Noé que nous avons chroniqué : De la place pour tous.

Nous avons déjà chroniqué des livres d’Øyvind Torseter (Ina et Aslak apprentis bûcherons) et de Frédéric Laurent (Un autre monde, Momotarō, Monstres en ville, Les deux poissons et Fipopus et Gropopus). Retrouvez aussi notre interview de Frédéric Laurent.

Pourquoi les chiens ont la truffe humide
Texte de Kenneth Steven (traduit par Aude Pasquier), illustré par Øyvind Torseter
Cambourakis
16€, 245×338 mm, 32 pages, imprimé en Lettonie, 2013.
L’oubli de Noé
Texte de Frédéric Laurent, illustré par Mathieu Tucker
Rêves bleus
15€, 240×320 mm, 36 pages, imprimé en Europe chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

À part ça ?

Chino Otsuka est une photographe, elle a eu l’idée de s’ajouter « adulte » dans les photo d’elle « enfant », le résultat ici.

Gabriel

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