La mare aux mots
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Contes philosophiques

A écouter

Par 2 août 2013 CD non musical, Musique pour enfants

Dans les transports on peut facilement occuper les enfants en leur faisant écouter des histoires (c’est bien mieux qu’un écran !). Voici quelques CD et livre-CD pour rendre les voyages moins longs.

Petite sagesses du soirUn chat qui fait ami-ami avec la souris son ennemie, un chameau qui se réconcilie avec un ami qui l’avait frappé, un chien qui se rend compte que sa différence est une force,… 10 animaux qui nous parlent de l’importance du jeu, de l’amitié, de se soigner ou de se calmer avant de s’endormir.

Dix petits contes sages tout doux tout doux écrits par Muriel Bloch (qui nous les raconte aussi) entrecoupés d’une musique tout aussi douce de Jean-François Alexandre. Chaque animal raconte une courte (entre une et deux minutes) histoire qui a du sens et finit par souhaiter une bonne nuit aux enfants. C’est apaisant et ça accompagne bien les petits dans le sommeil tout en repensant aux éléments de la journée. Les illustrations de Maud Legrand font regretter que ce ne soit pas un livre-CD pour en profiter vraiment. Un CD plein de douceur et de philosophie pour les enfants à partir de 2 ans (d’après l’éditeur).

Le plus feroce des loupsLe plus féroce des loups se promène dans la forêt et il a TRES faim ! En route il croise trois lapins, mais il n’est pas le seul à s’en approcher, s’en vient aussi un chasseur… mais voilà que le loup mange le chasseur et fait un clin d’œil aux petits lapins. Le gros loup continue son chemin et ce coup-ci c’est trois petits cochons qu’il croise…

Plein d’humour et de rythme dans ce conte dans lequel on croise 3 lapins, 3 cochons, le petit chaperon rouge, un chasseur, un boucher, un ogre et un loup très gourmand ! Voilà une histoire qui va beaucoup plaire aux enfants, il arrive toujours une chose à laquelle on ne s’attend pas et chaque fin de page est rythmée par des oiseaux qui chantent un peu comme une chorale gospel « Hou ! Hou ! Gare à vous ! Voilà le plus féroce des loups ». Les illustrations d’Olivier Tallec accompagnent parfaitement le texte de Sylvie Poillevé dans le très joli livre du CD. Une vraie réussite !

Roméo et le coup de luneRoméo, un petit clown,  adore les enfants. Dès que l’école est finie il les fait rire. Seulement voilà, le rire des enfants insupporte Croquilaine la sorcière et elle fera tout pour que ça cesse.

Roméo et le coup de lune est typiquement le genre de conte musical qui plaît aux enfants… et avec lequel j’ai beaucoup de mal ! Histoire rythmée par des chansons, on pense aux spectacles musicaux du genre Emilie Jolie, Le soldat Rose ou encore L’enfant au Grelot (que j’avais vu au théâtre des nouveautés il y a peu et que ma fille, contrairement à moi, avait adoré). Bref une ambiance à laquelle on accroche… ou pas ! Si vous faites partie de la première catégorie vous allez certainement aimer cette histoire racontée par Jean-François Stévenin où l’on parle du rire des enfants, de la jalousie, des sorcières et des fées, des clowns augustes et des clowns blancs.
Bande annonce du spectacle : http://www.youtube.com/watch?v=sISYidQ6hgM

Plume-Ton-OiseauLa ville de Plume-ton-oiseau, comme son nom l’indique, n’est pas le paradis des volatiles ! Il faut dire qu’il y règne l’horrible Abracar, c’est lui qui oblige les chats à travailler et à plumer les oiseaux. Mais attention grâce à un oiseau-mouche et un renard la révolution est proche !

Ici on parle de révolte et de liberté au son de la guitare, avec des musiques très rythmées. Heureusement que certains sont là pour renverser la dictature. J’avoue avoir été plus séduit par le fond que par la forme, mais Plume-ton-oiseau est une histoire avec un joli message.
Un très beau site avec des extraits.

HombrecitoLe petit Daniel est bien malade, la Mort vient d’ailleurs le chercher… seulement voilà, un petit personnage dessiné sur un carreau de faïence que Daniel a appelé Martinito ne laissera pas la mort faire, l’enfant a été le seul à le remarquer, à lui parler, il va donc déjouer la Mort, l’occuper jusqu’à ce qu’elle oublie son heure. Mais Martinito prend des risques…

A la première écoute (pas vraiment attentive) je n’avais pas été attiré par Hombrecito, Le petit Bonhomme de Buenos Aires, ce conte argentin avec sa musique d’Amérique du Sud. Trop sombre peut-être. En fait en l’écoutant vraiment, quelle magnifique histoire ! Le petit bonhomme du carreau de céramique est un conte classique en Argentine, Ezequiel Spucches a choisi de l’adapter pour nos petits français. On parle ici d’amitié, de solidarité mais aussi de la maladie et de la mort. Avec en fond sonore une très belle musique, c’est une narratrice, Laure Gouget, qui nous raconte cette belle histoire, très poétique. Un beau voyage à Buenos Aires (que c’est agréable de voyager grâce aux contes) pour y rencontrer des personnages très touchants… et un autre un peu effrayant !

Abeilles&BourdonsC’est le printemps et pendant que les papillons volettent, à la ruche il y a une toute nouvelle abeille. A peine intronisée celle-ci doit se trouver un bourdon-papa pour assurer la survie de l’essaim mais aucun bourdon ne lui plaît à la ruche… Alors il faut en trouver un plus loin mais forcément quand on sait qu’on va mourir dès qu’on devient bourdon-papa ça ne donne pas envie…

Après le très drôle Marrons et châtaignes (sur l’automne), les Nid de coucou nous présentent Abeilles et bourdons (sur le printemps). Ici c’est une très belle histoire d’amour que nous conte, de sa voix magnifique, Raphaëlle Garnier (qui dessine aussi les illustrations, écrit les textes et les musiques, joue de la trompette, du cristal Bachet et du métallophone !). Comme dans le précédent opus c’est très lyrique, on est ici dans un très beau conte servi par une magnifique musique et surtout une superbe voix. Aussi réussi que le précédent !

LA PETITE SIRENELe roi de la mer avait six filles mais la plus jeune était la plus belle. Cette petite sirène était passionnée par le monde des hommes. Lorsque ses sœurs eurent le droit d’aller voir ce monde (à leurs 15 ans) elle écoutait leurs récits en attendant impatiemment son tour. Lorsque ce jour arriva elle vit un bateau sur lequel se trouvait un prince, elle en tomba immédiatement amoureuse.

Je parlais encore il y a peu de La petite Sirène, voici une version racontée pour les plus grands (pour les enfants à partir de 10 ans d’après l’éditeur). L’histoire tragique d’une petite fille de l’eau, fascinée par un monde qui n’est pas le sien qui quittera tout par amour et finira par mourir (oui je raconte la fin mais bon je ne pense pas l’apprendre à grand monde !). Marie Tirmont nous raconte de sa belle voix le texte intégral d’Hans Christian Andersen (1h15 d’écoute) et c’est un beau moment, elle nous emmène avec elle dans ce magnifique conte qu’on redécouvre encore une fois avec plaisir.

Chut Gutman RoseRose a un souci d’élocution, les mots ne sortent pas comme il faut. Un simple « chat » devient un « moustachacu », la marelle dans sa bouche devient « crève en enfer ». A cause de ça elle a dû changer d’école, mais comment se faire accepter dans la nouvelle avec son souci ? Ne rien dire ? Pas facile… Et si la solution était d’affronter les demi-lampadaires (les collégiens) ? A la maison les choses ne sont pas simples non plus entre une patate (un père) crayon (dessinateur), qui lui écrit des lettres plutôt que de lui parler et une ventouse (mère) slogantine (publicitaire), un peu collante et qui lui parle comme à une débile. Heureusement grâce à la lecture de Chien Pourri, Rose s’évade.

Quel bonheur que cette histoire de Rose ! C’est une histoire extrêmement poétique, sur fond de guerre entre les primaires et les collégiens. Le défaut de Rose est prétexte pour Colas Gutman pour jouer avec les mots, les erreurs de la petite fille sont bien entendu pleines de sens : écrabouser, ennuimerder, bon levant (pour bonjour), pince à cinq doigts (pour main) des fantômes (ceux qu’on ne voit pas dans une classe),… On parle ici de la différence, mais aussi d’amour, des parents (qui ne comprennent pas forcément les enfants), d’amitié. On rit beaucoup lorsque les parents de Rose essayent de la corriger (et se plantent complètement) ou tentent des choses farfelues pour la faire parler normalement. C’est extrêmement drôle (tout en étant très tendre), je n’avais pas ri à ce point en écoutant une histoire depuis bien longtemps ! Sylvie Ballul fait beaucoup plus que de lire l’histoire, elle l’interprète vraiment. Le son d’un saxophone l’accompagne. Un délice !

Le petit PrinceAlors qu’il essayait de réparer son avion, un homme rencontre un étrange petit garçon qui lui demande de lui dessiner un mouton… la suite vous la connaissez…

Pour fêter les 70 ans du Petit Prince, Gallimard a sorti plusieurs versions (toutes magnifiques) de ce conte d’Antoine de Saint-Exupéry, dont une version avec CD racontée par Gérard Philippe. Quel bonheur que d’écouter la voix de cet extraordinaire comédien. Une version qui a 60 ans et n’a pas pris une ride. En bonus, on retrouve un document vidéo où Gérard Philippe raconte un extrait face caméra, un grand moment. L’édition aussi est superbe avec un très beau papier. L’histoire est présentée dans son intégralité (attention Gérard Philippe, par contre, dans sa version lue ne lit que des extraits) avec les aquarelles originales d’Antoine de Saint-Exupéry. Le tout présenté dans un superbe coffret cartonné. Une magnifique version.

A noter que vous pouvez retrouver une version poche vendue dans un petit fourreau avec une très belle carte pop-up (9,50€), une version dans un grand album (13,50€), une version beau livre (avec de nombreux bonus, 29€) et une version folio collector limitée avec un livret de dessin d’Antoine de St Exupéry (9,60€). Ces versions étant sans CD.

Quelques pas de plus…
D’autres histoires à écouter ici et ou encore (entre autres).
Nous avons déjà chroniqué des histoires de Muriel Bloch (Le Schmat doudou), des CD de Jean-François Alexandre (Musique de cinéma pour petites oreilles, L’imagier de la musiqueMusiques de cirque pour petites oreilles, Chansons et comptines de nos régions, Comédies musicales pour petites oreilles, Les instruments de l’orchestre pour petites oreilles, Musiques baroques pour petites oreilles et Musiques Jazz et Blues pour petites oreilles et Chansons et comptines de notre enfance), d’Olivier Tallec (Pas de pitié pour les baskets, Kevin et les extraterrestres, Restons Calmes !, Joyeux Noël Rita et Machin, Mon cœur en miettesLe slip de bain, ou les pires vacances de ma vie et La croûte), un livre-cd de Nid de coucou (Marrons et châtaignes), des histoires d’Andersen (La petite sirène illustré par Alexandra Huard, Contes inédits : Le compagnon de voyage, Le petit Ole Ferme l’oeil, Le goulot de Bouteille, Le Rossignol et l’empereur de Chine, un CD regroupant plusieurs de ses contes, La petite fille aux allumettes illustré par Fabrice Backès, Les habits neufs de l’empereur illustré par Parastou Haghi et un recueil sorti chez Lito, Contes d’Andersen), et des livres de Colas Gutman (Chien pourri et Les inséparables) que nous avons d’ailleurs interviewé.

Petites sagesses du soir
Textes de Muriel Bloch, musique de Jean-François Alexandre
Naïve dans la collection Les petits indispensables des tout-petits
12€ (prix conseillé), 50 minutes, livret de 24 pages, 2013.
Le plus féroce des loups
Texte de Sylvie Poillevé, illustré par Olivier Tallec
Père Castor dans la collection Les albums en musique
10,50€, 178×217 mm,12 minutes, 28 pages, imprimé en Chine, 2013.
Roméo et le coup de lune
d’Eva Marchal, raconté par Jean-François Stévenin
Eponymes Jeunesse
13€ (prix conseillé), 35 minutes, livret de 8 pages, 2013.
Plume-Ton-Oiseau
d’Amaury Ballet et Christophe Dupire
Eponymes Jeunesse
13€ (prix conseillé), 32 minutes,livret de 8 pages, 2013.
Hombrecito
d’Ezequiel Spucches sur un texte de Manuel Mujica Làinez, interprêté par AlmaViva Ensemble
Victorie Music
18€ (prix conseillé), 51 minutes, livret de 8 pages, 2013.
Abeilles & Bourdons
de Nid de Coucou
Nid de Coucou
18€, 200×200 mm, 35 minutes, 32 pages, imprimé en Bretagne chez un éditeur éco-responsable, 2013.
La petite sirène
Texte de Hans Christian Andersen (traduit par Régis Boyer), lu par Marie Tirmont
Gallimard Jeunesse dans la collection écouter Lire
12,90€, 1h15, livret 4 pages, 2013.
Rose
Texte de Colas Gutman lu par Sylvie Ballul
L’école des loisirs dans la collection Chut !
13,70€, 62 minutes, 2013.
Le petit prince
d’Antoine de Saint-Exupéry, lu par Gérard Philippe
Gallimard
19,90€, 158×222 mm, 120 pages, imprimé en Chine, 2013.

Gabriel

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D’autres contes de Pierre Gripari

Par 19 juillet 2012 Livres Jeunesse

A force d’entendre « Non mais tu déménages ou quoi ? » un homme se dit qu’il faut contacter des déménageurs… pour bouger ce qu’il a dans la tête… Un veuf qui engage un renard pour pleurer à l’enterrement de sa femme. Monsieur Pierre qui rencontre Pirlipipi, l’enfant qui voulait une histoire de sorcière. Un marchand de fessée qui se désespère d’en vendre. Bref 14 contes signés par le grand Pierre Gripari.

Je vous disais il y a peu que j’avais découvert tardivement Pierre Gripari (lire ma chronique du 27 avril : Contes et pièces de Pierre Gripari), c’est avec un immense plaisir que je découvre le reste de son œuvre. Pour mon plaisir… et celui de ma fille ! Je ne l’ai rarement vu aussi attentive à la lecture d’histoires, elle est passionnée, captivée. Ici donc, dans Les contes de la folie Méricourt, sont regroupés 14 contes (dont 4 contes russes, un grec, un français et un en forme d’échelle !) tous aussi farfelus les uns que les autres.

Nanasse et Gigantet, la grande naine et le petit géant

On croise ici les personnages des Contes de la rue Broca (Monsieur Pierre, la sorcière de la rue Mouffetard,… et le livre Les contes de la rue Broca sert même à faire faire des cauchemars au méchant de l’histoire La princesse barbue !) mais des tas de nouveaux personnages également (une sorcière qui a été élue Miss Laideur 1931, un enfant transformé en merle, un moineau donneur de leçon,…). Certaines histoires sont pleines de morales (on apprendra par exemple que c’est pas si mal d’être un enfant, avec tout ce que ça comporte, plutôt qu’un oiseaux dans Pouic et la Merlette, qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on nous dit et ne jamais regretter ce qu’on n’a jamais eu dans Le paysan et le moineau,…). Certaines sont de belles fables philosophiques comme Le juste et l’injuste (qui débattent pour savoir s’il vaut mieux être juste ou ne pas l’être). Bref 14 très beaux contes à la fois drôles et profonds, plein de sens… et de non-sens !

Quelques pas de plus…
D’autres Pierre Gripari sur le blog : des contes, Contes de la rue Broca, l’intégrale, des pièces de théâtre, Sept farces pour écoliers et un roman, Histoire du prince Pipo, de Pipo le cheval et de la princesse Popi.
D’autres recueils de contes.

Les contes de la folie Méricourt
de Pierre Gripari, illustré par Serge Bloch
Grasset Jeunesse
9€,180x130mm, 242 pages, imprimé en Espagne.

A part ça ?

Vous êtes en vacances à la mer ? Je vous ai trouvé une occupation pour le retour… un peu de sable et hop !

(je vous préviens quand même que la vidéo ne met pas forcément la pèche… très beau mais le sujet, la séparation d’une famille pendant la seconde guerre mondiale, est dur)

Gabriel

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Qui est la bête ?

Par 14 mai 2012 Livres Jeunesse

Les bêtes ne sont pas forcément celles que l’on croit

La bête rencontre un poisson qui ne veut pas être élevé par elle et préfère vivre dans une rivière que dans un seau et un homme qui pense être plus important qu’elle. Elle va aussi disserter avec un lapin et une grenouille sur les vœux et chercher celle qui sera SA fleur.

Voilà le retour de la bête ! Après La bête et les petits poissons qui se ressemblent beaucoup (que l’on avait chroniqué ici), la Bête revient avec 4 nouvelles histoires. On retrouve ici toute la poésie et l’humour de Pei-Chun Shih, ces petites nouvelles sont aussi drôles qu’elles sont profondes, on réfléchit ici beaucoup, on disserte. Avec le poisson on va se demander s’il vaut mieux emprisonner un animal et lui donner tout ce qu’il souhaite ou si la liberté n’est pas plus belle.  Avec l’homme  c’est toute une réflexion sur la supériorité ou pas de la race humaine par rapport aux animaux. La conversation de la bête avec ses amis grenouille et lapin est passionnante sur le thème de doit-on désirer ce qui est à notre portée ou doit-on désirer l’inaccessible. L’histoire de la fleur va être l’occasion de s’interroger sur la propriété, si avoir quelque chose c’est le garder uniquement pour soi ? Qu’est-ce que posséder quelque chose ? Quel en est l’intérêt s’il n’y a aucune interaction avec les autres ? Ces 4 histoires, pleines de sens, n’en sont pas ennuyeuses pour autant, bien au contraire, c’est bourré d’humour. J’ajouterai qu’il y a plusieurs couches, un enfant de 4 ans va voir une histoire au premier degré, des enfants plus grands, eux, vont essayer de comprendre les sens cachés de l’histoire, ils vont être amenés à réfléchir, à philosopher. Niveau illustration je ne suis pas le plus grand fan de Géraldine Alibeu, tout en lui reconnaissant du talent c’est juste que ça ne me parle pas… Il y a comme ça des gens dont je ne peux pas dire « c’est moche » mais c’est juste que je n’accroche pas à ce style d’illustrations, ça ne provoque rien en moi. Mais les fans de Géraldine Alibeu se régaleront. Les textes sont de petits bijoux, le livre est très beau… comme toujours chez HongFei.

Un jour le Crafougna a débarqué… comme ça… sans raison… dans la vie du jeune héros. Il est entré dans la maison et s’y est installé. Il était tout gris, tout grincheux, tout velu. Et là tout a commencé… Tout le monde à la maison a changé : plus de petit déjeuner de préparé, plus d’aide pour les devoirs, plus de sœur pour jouer au parc… le Crafougna occupe toute la famille et chacun reste avec lui. Comment le faire partir ?

Un album absolument génial où chacun peut mettre le mot qu’il veut sur le Crafougna. Est-ce la dépression ? Est-ce le laisser-aller ? La flemme ? La bêtise ? La routine ? Dans cette famille, à part le jeune héros, tout le monde crafougne et il va tout faire pour chasser ce Crafougna, que sa famille redevienne normale. C’est un album drôle avec un vrai fond, une vraie réflexion. Le texte de Stéphane Servant est vraiment drôle, les enfants s’amusent avec cette répétition de crafougni et de crafougna. Les illustrations d’Anne Montel ajoutent encore plus d’humour à l’album, son Crafougna sous forme de monstre poilu qui prend beaucoup de place est irrésistible. Une vraie réussite, un coup de cœur. A bas le Crafougna !

Quelques pas de plus…
D’autres livres illustrés par Géraldine Alibeu sur La mare aux mots : La bête et les petits poissons qui se ressemblent beaucoup et As-tu vu le lion ?
D’autres livres écrits par Stéphane Servant sur La mare aux mots : Le masque.
Veux-tu devenir bête ? sur le site d’HongFei avec extraits, vidéo,…

Veux-tu devenir bête ?
de Pei-Chun Shih, illustré par Géraldine Alibeu
HongFei
10,80€
Le crafougna
de Stéphane Servant, illustré par Anne Montel
Didier Jeunesse.
12,90€

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A part ça ?

Vos enfants (ou vous-même !) rêvent de visiter l’Élysée ?  Une petite visite virtuelle plutôt sympa.

Gabriel

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Deux histoires d’écureuil… très différentes !

Par 26 janvier 2012 Livres Jeunesse

Parfois certains albums ne nous tapent pas dans l’œil au premier regard. Puis quand on prend le temps de vraiment les lire on se dit qu’il aurait été dommage de passer à côté.

Toc toc toc Mais qui est-ce qui frappe à la maison de l’écureuil ? Il vit pourtant reculé, près du Pôle Nord, il n’y a d’habitude que le vent et la neige… et si c’était quelqu’un qui en voulait à sa réserve de noisettes… ou pire un mangeur d’écureuil ! Ami ou ennemi ? C’est quelqu’un c’est déjà ça. Le voilà qui ouvre et se retrouve face à une souris. Elle est terrorisée car elle a croisé quelqu’un qu’elle décrit comme un monstre mais elle n’a pas le temps de finir son histoire que ça refrappe ! On se demande à nouveau si c’est un ami ou un ennemi… C’est un éléphant ! lui aussi a peur, raconte son histoire lorsque ça cogne à nouveau à la porte. Bref vous l’aurez compris ils vont être de plus en plus nombreux dans cette maisonnette… et avoir de plus en plus peur !

À première vue le livre ne m’avait pas plus que ça donné envie de l’ouvrir (je ne peux même pas expliquer pourquoi !)… erreur ! Car il est très drôle. De par le texte déjà, mais ensuite de par les illustrations (surtout les visages très expressifs des animaux). C’est le genre d’album qu’on adore lire aux enfants… et qu’ils adorent écouter. Plus on avance dans l’histoire et plus c’est drôle, la situation est de pire en pire, notre air catastrophé augmente… et les enfants rient de plus en plus, jusqu’au final qui ne déçoit pas. C’est un album des plus sympathiques sur la peur. C’est frais, moderne, drôle, bref une vraie réussite !

 

Un riche mandarin tombe un jour en admiration devant une estampe. Il veut l’acheter à tout prix, son propriétaire refuse mais lui propose de lui donner l’adresse de l’artiste. Celui-ci accepte de lui faire un dessin mais il lui demande d’attendre six mois et de verser d’avance la moitié de cinq mille yens. Pendant ces six mois le mandarin va croiser l’artiste sans savoir si celui-ci avance sur la commande.

Même chose donc, à première vue je n’ai pas été emballé par cet album et pourtant… quelle merveille ! L’histoire est extraordinaire. C’est dur de vous la raconter sans vous dévoiler la fin mais le mandarin va apprendre qu’une œuvre ne commence pas au moment où l’artiste pose son instrument sur le papier, que le travail est parfois invisible. C’est un conte très philosophique, très beau sur la création. Les illustrations sont très particulières et c’est sans doute ce qui m’a posé souci au départ (surtout le visage du mandarin). Le papier est épais et couleur crème. L’histoire ne prend que la moitié du livre, l’autre moitié étant consacrée à un carnet d’études, comme si l’artiste nous livrait ici ses travaux. C’est un album très esthétique qui plaira à ceux qui aiment les beaux livres

Ami ou ennemi ? de Christine Beigel, illustré par Rémi Saillard
L’élan vert, dans la collection Poivre & compagnie. 11€
Public : A leur lire / Lecteurs débutants

Le maître des estampes de Dedieu
Seuil Jeunesse. 16€
Public A leur lire / Lecteurs débutants

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A part ça ?

C’est une pub mais je l’aime beaucoup. Une marque explique, grâce à une expérience avec des enfants, que la créativité ne vient pas si on est pressé. Je trouve que ça illustre bien le dernier album dont je viens de vous parler.

Gabriel

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Attention chefs-d’œuvres !

Par 16 janvier 2012 Livres Jeunesse

Connaissez-vous Samuel Ribeyron ? Personnellement c’est ma compagne qui m’a fait connaître ce touche à tout de génie. Elle l’a découvert via la chanteuse Amélie-les-crayons (il a fait ses pochettes notamment). Dès la première fois que j’ai vu ses illustrations je suis tombé sous le charme. Je pense vous parler régulièrement de lui mais je vais commencer par trois livres édités chez un de nos éditeurs fétiches à La mare aux mots : HongFei.

Il était une fois un pays où tout le monde vivait heureux, en harmonie. Les gens s’aimaient et tout se passait bien. Mais un jour la cupidité a gangréné ce peuple, on entendît dire que les petites pierres qui brillaient dans le sol valaient très cher, alors les gens se mirent à marcher en regardant le sol, constamment baissés. Ceci pendant des générations si bien que les hommes naissaient maintenant le menton collé à la poitrine. On ne faisait plus attention aux autres, aux étoiles, au sommet des montagnes,… Mais un jour un homme (que l’on nomma Yllavu) tomba dans un trou et sa position fit qu’il vît le ciel, le soleil et la lune…

Ce conte écrit par un moine bouddhiste d’après un rêve est tout simplement une pure merveille. L’histoire est à tomber par terre de poésie et de beauté. C’est « moral » mais pas avec le genre de moralité bête et manichéenne comme on peut voir souvent, ici on est amené à réfléchir sur tellement de choses… Les enfants vont aimer l’histoire au premier degré, les adultes y trouveront matière à réflexion. C’est typiquement le genre de livre qu’on finit par piquer à ses enfants… Par certains côtés ça m’a rappelé Le conte chaud et doux des chaudoudoux (un de mes livres cultes). Un chef d’œuvre !

Pi, Po et Pierrot sont trois frères. Ils ont une pierre sur le dos, et ne savent pas pourquoi, tout le monde en a une. Un jour, alors qu’ils doivent traverser une rivière pour chercher une plante qui sauvera la princesse, leur pierre va devenir un handicap. Mais a-t-on le droit de poser sa pierre ? Et que se passera-t-il si on le fait ?

Ici c’est un texte de Chun-Liang YEH, auteur fétiche de HongFei et qu’on aime beaucoup à La mare aux mots. Comme d’habitude c’est parfait ! Poétique et extrêmement bien écrit. Là encore on est dans les métaphores, les enfants ici aussi y verront une histoire simple mais les parents réfléchiront aux sens que peut avoir cette pierre que l’on traine. C’est un album magnifique (oui je sais comme d’habitude !)

Ayumi aime tous les fruits, ça la rend heureuse. Théo aussi aime les fruits mais il aime surtout Ayumi alors il lui en apporte tous les dimanches. Mais un jour la banane qu’Ayumi a sur le visage quand elle sourit a disparu, elle ressemble de plus en plus à un kiwi, plus rien n’est sucré sans sa vie. Théo décide de parcourir le monde pour trouver toutes sortes de fruits afin de lui rendre son sourire.

Ici tout est signé Samuel Ribeyron, texte et images, et c’est encore un très bel album. Il s’adresse peut-être à un public plus jeune que les deux premiers, il est plus premier degré mais c’est encore un livre d’une extrême poésie. Une belle histoire d’amour… et de fruits !

Ces trois albums sont vraiment des merveilles, je le répète. Je les ai lu avec des étoiles dans les yeux, le genre d’album qu’on lit avec des yeux d’enfants. Les éditions HongFei font vraiment des livres superbes (comment ça je vous l’ai déjà dit ?) et on ne peut que tomber sous le charme. Vous êtes plusieurs à m’avoir dit avoir découvert cette maison d’édition sur ce blog et j’en suis heureux, là encore vous ne serez pas déçus. Samuel Ribeyron a un talent absolument dingue. Entre ces trois albums on voit l’évolution de ses dessins (le premier date de 2007 et le dernier de 2010), les têtes de plus en plus carrées notamment. Je vous invite à découvrir cet illustrateur de toute urgence… mais je vous reparle bientôt de lui !

Son site : http://www.samuelribeyron.com

Yllavu de Gambhiro Bhikkhu, illustré par Samuel Ribeyron. 13,20€
Pi, Po, Pierrot de Chun-Liang YEH, illustré par Samuel Ribeyron. 14€
Salade de fruit de Samuel Ribeyron. 12€50

Tous chez HongFei
Public : A leur lire / Lecteurs débutants (et résolument les adultes)

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A part ça ?

Et si on mettait un peu de couleur et d’enfance dans les rues ? http://www.dispatchwork.info

Gabriel

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