La mare aux mots
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Contes russes

Encore des loups !

Par 28 mars 2014 Livres Jeunesse

Les loups sont nombreux en littérature jeunesse, c’était d’ailleurs un des thèmes du Salon du Livre de Paris. On vous a fait une chronique spécial loups il y a peu… en voici une autre !

Tout sur le grand méchant loupVous avez toujours rêvé de tout savoir sur le grand méchant loup, mais vous n’osiez pas le demander (attention, référence cinématographique habilement glissée) ? Heureusement, Éric Veillé va tout vous dire dans Tout sur le grand méchant loup sorti chez Actes Sud Junior. Depuis ses origines (où il côtoyait le grand méchant papillon, le grand méchant genou et même le grand méchant potage) à aujourd’hui, on va tout savoir de ce personnage. Comment se prépare-t-il à la nuit, où il habite (attention vous risquez d’être surpris), sa famille (ah vous croyiez qu’il était seul ? Et non !), son intérieur (pas celui de sa maison, mais son ventre où l’on croise des petits chaperons rouges, des chevreaux…), ses déguisements (le loup ne se déguise pas qu’en grand-mère !), ce qu’il aime manger, comment l’embêter… bref, vous saurez tout !

Tout sur le grand méchant loup d’Éric Veillé (dont on avait adoré les coloriages ici et ) est non seulement très drôle et complètement original, mais c’est surtout un album magnifique dans lequel l’auteur-illustrateur joue sur les contrastes. C’est le genre d’album qu’on prend autant de plaisir à lire qu’à regarder. Et qu’est-ce qu’on rit ! C’est bourré de références, de clins d’œil… un très bon faux documentaire (quoiqu’il n’y a aucune preuve que tout ça soit faux !).
Le même vu par Enfantipages et des extraits en ligne sur le site d’Actes Sud Junior.

La bonne humeur de Loup GrisCe matin, Loup Gris s’est réveillé de bonne humeur… et avec un terrible appétit ! Il part donc tout gaiement à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent. Il va croiser tour à tour un bélier, une truie et ses porcelets, un troupeau de moutons et un cheval et chaque fois notre pauvre loup va non seulement ne rien manger, mais en plus ça s’en prendre plein la figure… restera-t-il de bonne humeur ?

Ah le bonheur de lire des livres écrits par des conteurs ! L’écriture est fluide, on prend un plaisir fou à les lire à voix haute et nos enfants en prennent autant à nous écouter. La bonne humeur de Loup Gris de Gilles Bizouerne n’échappe pas à la règle. Ce pauvre loup va se prendre des coups, et va finir dans un état… mais qu’est-ce qu’on rit ! Non seulement grâce au texte tout en répétitions, extrêmement bien écrit, mais aussi grâce aux illustrations de Ronan Badel qui a croqué un loup un peu benêt pour lequel on a même un peu pitié. Une vraie réussite !
Le même vu par Les riches heures de Fantasia et une vidéo des bibliothécaires d’Angers qui racontent La bonne humeur de Loup Gris.

FéroceDès sa naissance, Fenris faisait peur. Même sa mère et ses frères et sœurs le regardaient inquiets. Il avait l’air particulièrement cruel. En grandissant ce fut pire, Fenris devint un loup immense, ses crocs étaient énormes, bien courageux celui qui osait s’approcher ! Il vivait seul, rejeté par sa meute, banni parce qu’il avait mordu un de ses frères et s’était attaqué au chef de la meute. Partout où il passait, les animaux s’enfuyaient, même les arbres écartaient leurs branches à son passage. Bien que seul, Fenris était fier de la peur qu’il provoquait. Jusqu’au jour où une petite fille croisa sa route…

Mais quelle merveille ! Les illustrations de David Sala sont absolument à tomber par terre. On pense un peu à Klimt. C’est le genre d’album qu’on s’achète même si l’on n’a pas d’enfant, pour la beauté des illustrations. Alors bien sûr il y a aussi ce magnifique texte qui parle d’apprivoiser l’inapprivoisable, d’aller au-delà des a priori, de la naïveté des enfants qui l’emporte parfois. Entre Le petit chaperon rouge et Le petit prince, l’histoire nous parle surtout d’amitié et de complicité. Un album à l’édition soignée dont des volets s’ouvrent pour faire apparaître de grandes et magnifiques illustrations, un petit bijou.
Le même vu par Les riches heures de Fantasia, Les lectures de Liyah et Un petit bout de Bib(liothèque) et des extraits sur le site de David Sala.

Ivan et le Loup grisUn tsar se lamentait de voir ses pommes d’or arrachées par L’Oiseau-de-feu. Il chargea ses trois fils de le lui ramener. C’est le plus jeune, Ivan-Tsarévitch, qui prit la bonne route, route sur laquelle il rencontra un loup gris qui allait l’aider. Car pour avoir L’Oiseau-de-feu il serait aussi question d’un cheval-à-la-crinière-d’or et d’une princesse, Hélène-la-très-belle.

Ivan et le Loup gris est un conte russe du XIXe siècle signé Alexandre Afanassiev illustré ici par Marie Desbons. Un conte classique extrêmement beau, parfois cruel, de ceux qui nous marquent. Le genre d’histoire plutôt pour les enfants qui lisent déjà seuls. La grande taille de l’album permet de bien mettre en valeur les superbes planches de Marie Desbons. Un magnifique album pour tous les amoureux des contes, le genre d’ouvrage qu’on aime offrir.
Des extraits en ligne.

méga LoupÀ MégaCity Ville vit Méga-Loup. Il est tellement grand que pour le voir en entier il faut être loin. Méga-Loup, il est du genre à faire beaucoup de sport, il faut être en forme pour sauver le monde ! Tout le monde admire Méga-Loup. Et quand Moustic Man attaque le petit chaperon rouge, heureusement que Méga-Loup est là !

Méga-Loup est issu d’une toute nouvelle série, les Méga-Bêtes, signée Séverine Vidal et Barroux (en plus de celui-ci, on trouve un album sur Méga-Souris, Méga-Lapin et Méga-Cochon). Au-delà du fait que c’est très drôle, bourré de références, c’est surtout très beau ! Barroux est un illustrateur absolument génial et Mango Jeunesse a bien fait les choses avec une couverture qui a du relief et un vernis sélectif. Rarement, une série humoristique n’aura été aussi classe !

Loup ne sait pas s'habillerCe matin, alors qu’il vient de s’habiller, Loup a très mal aux pieds, il peut à peine marcher. Il boite même ! C’est certainement la faute de Lapin qui lui a marché sur le pied, de Cochon qui l’a poussé ou de Vache qui lui a lancé un caillou… Et si l’explication était ailleurs ?

Loup ne sait pas…, c’est également une série. Signés Nadine Brun-Cosme et Nathalie Choux et sortis au Père Castor, ce sont des albums pour les plus jeunes. Ici, Loup accuse la terre entière de son mal de pied et pourtant la solution n’est pas là… mais je ne vous dévoile pas la fin ! Un très joli petit album plein d’humour.

Le loup qui fêtait son anniversaireOn ne peut pas parler du loup sans parler DU Loup ! Vous connaissez certainement ce personnage créé par Orianne Lallemand et Éléonore Thuillier, et ce coup-ci Loup fête son anniversaire.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Loup ! Dès qu’il voit Valentin, il lui en parle… sauf que Valentin s’éclipse ! Quand ensuite c’est à Edmond, Alfred, Louve et Mademoiselle Yéti qu’il en parle tout le monde est gêné et explique qu’il ne pourra pas venir à sa petite fête. Imaginez la colère de notre pauvre loup, tout le monde semble n’en avoir rien à faire de son anniversaire… Vraiment ?

Vous vous doutez de la fin, c’est un grand classique, si tout le monde est si occupé et refuse d’aller à l’anniversaire de Loup c’est qu’une surprise se prépare ! Sauf qu’ici, notre personnage au fichu caractère va vivre entre ce début d’histoire et le dénouement attendu une sacrée aventure. On parle ici des surprises, mais qu’il ne faut pas aller chercher à l’autre bout du monde quelque chose qu’on a à côté de chez soi. Un nouvel épisode plein d’humour pour un héros adoré des enfants.
Le même vu par À l’ombre du saule.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages de Gilles Bizouerne (Les histoires des musiciens de Brême racontées dans le monde), Ronan Badel (Dragons père et fils, Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé), Marie Desbons (Le messager du clair de lune et Céleste, une étoile dans la nuit.), Séverine Vidal (Fées d’hiver, (Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresse, Noël à l’endroit, Mon secret rit tout le temps, 55 oiseaux, Prune et l’argent de poche, Une girafe un peu toquée, Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps), Barroux (Mon voyage en gâteau, Kako le terrible et La rentrée de Noé), Nadine Brun-Cosme (Tous sauf un, D’une île à l’autre, Trop c’est trop et Le prince amoureux), Nathalie Choux (Mon imagier des animaux familiers, Mon imagier des jouets, Coccinelle ouvre ses ailesLa poulette et les trois maisonnettes, Mon imagier de la famille, Chevaliers, Toutes les réponses aux questions que vous ne vous êtes jamais posées, Mon imagier de la maison, Mon imagier des formes, Mon imagier de Noël, L’ogresse poilueDe vrais amis, Mon imagier des saisons et Mon imagier de la nuit), Orianne Lallemand (Sur les remparts de Saint-MaloLe loup qui n’aimait pas Noël, Les chaussettes de Gaspard, Au secours ! Un ogre gloutonP’tit loup rentre à l’école, Au secours ! Une sorcière au nez crochuAu secours ! Un loup tout poilu et Pestouille et Jolicoeur) et Éléonore Thuillier (Rosie & Rosette, 100 % pur porc avec un zeste de loup, Le loup qui voyageait dans le tempsLe loup qui n’aimait pas Noël P’tit loup rentre à l’école, Sur la route des formes, Gros GrisLa jungle en haleine, Adam est fort, Le grand lapin blanc, Mon papa est un zarzouilleur et Jour de piscine). Retrouvez aussi nos interviews de Ronan Badel, Séverine Vidal, Barroux et Éléonore Thuillier.

Tout sur le grand méchant loup
d’Éric Veillé
Actes Sud Junior
12,50 €, 194×272 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
La bonne humeur de Loup Gris
Texte de Gilles Bizouerne, illustré par Ronan Badel
Didier Jeunesse
12,50 €, 250×250 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Féroce
Texte de Jean-François Chabas, illustré par David Sala
Casterman dans la collection Les albums Casterman
16,50 €, 300×250 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2012.
Ivan et le Loup gris
Texte d’Alexandre Afanassiev (traduit par Sylvie Howlett), illustré par Marie Desbons
Magnard dans la collection Contes et Classiques du monde
16,90 €, 298×318 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2012.
Méga-Loup
Texte de Séverine Vidal, illustré par Barroux
Mango Jeunesse dans la collection Les méga-bêtes
8,90 €, 175×197 mm, 24 pages, imprimé en Chine, 2014.
Loup ne sait pas s’habiller
Texte de Nadine Brun-Cosme, illustré par Nathalie Choux
Père Castor dans la collection Les p’tits albums Père Castor
5,50 €, 171×210 mm, 32 pages, imprimé en France, 2011 (première édition : 2011).
Le loup qui fêtait son anniversaire
Texte d’Orianne Lallemand, illustré par Éléonore Thuillier
Auzou dans la collection Mes p’tits albums
5,95 €, 215×215 mm, 31 pages, imprimé en Chine, 2014.

À part ça ?

Ce week-end c’est le festival Chorus ! Comme d’habitude, on va retrouver plusieurs concerts pour enfants : Merlot, David Sire, Le Sacre du Tympan, Nid de Coucou… Nous on ne va pas louper ça (comme chaque année). Tout le programme ici.

Gabriel

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Un tour du monde grâce aux contes

Par 25 novembre 2013 Livres Jeunesse

Ça vous dit un tour du monde ? Amérique, Afrique, Chine, Japon, Russie… Les contes nous font décidément voyager !

On commence par la Chine.

La legende du serpent blancDeux sœurs-serpents vivaient dans la montagne. Baï était blanche comme les nuages d’hiver et Quing bleue comme le ciel d’été. Elles pouvaient, en regardant un oiseau ou un poisson, en prendre la forme. Elles entendirent parler d’un endroit merveilleux qu’on appelait Le pays du lac de l’Ouest, on disait même que c’était le plus bel endroit sur la Terre. Elles décidèrent de partir y vivre sous l’apparence de deux jeunes filles. Là, elles rencontrèrent le beau Xuxian, dont Baï tomba amoureuse tout de suite. Ils se marièrent… mais l’amour du jeune homme allait-il rester aussi fort le jour où il apprendrait que la jeune fille était en fait un serpent ?

La légende du serpent blanc est un magnifique conte, une légende très ancienne, bien connue des Chinois, qui n’avait jamais été adaptée en France. C’est sous la jolie plume d’Alexandre Zouaghi et les superbes illustrations de Wang Yi que nous la découvrons… et quelle merveille ! C’est un album assez complexe, très riche (donc plutôt pour les jeunes lecteurs, l’éditeur le conseille à partir de 9 ans) dans lequel on parle de la force des sentiments, de l’amour. Des petits bijoux comme savent nous offrir les éditions HongFei.
Des extraits en ligne.

la langue des oiseauxUn homme qui sauva une fourmi de la noyade (contre l’avis général) et qui en fut récompensé, un docteur qui aida un loup qui le paya en or, les négociations entre le roi Chu et le roi des cerfs et un homme qui parlait la langue des oiseaux, quatre magnifiques histoires.

La langue des oiseaux est le premier recueil de contes que sortent les éditions HongFei et c’est une très bonne idée ! Quatre très belles courtes histoires dans lesquelles les hommes ont raison d’écouter les animaux. Ces jolis contes sont réunis dans un petit livre, illustré par Clémence Pollet. Le genre de recueil qu’on adore avoir dans sa bibliothèque, ouvrir de temps en temps. On regrettera juste qu’il n’en contienne que quatre, les amis de HongFei : on en veut plus ! Un très beau recueil de contes venus de Chine pour se rappeler, grâce à de belles histoires, l’importance des animaux.
Des extraits en ligne.

On continue la route par le Japon.

Issun boshiUn couple de paysans se désolait de ne pas avoir d’enfant. Ils auraient tant aimé en avoir un, même tout petit. Ils furent écoutés, car bientôt un enfant naquit, mais il était minuscule, ils décidèrent dont de l’appeler Issun Bôshi « celui qui n’est pas plus grand que le pouce d’un enfant ». Le temps passa, l’enfant ne grandit pas. À quinze ans il décida de partir vivre sa vie. Sa mère lui donna un bol de riz et son père une aiguille. Ainsi commença le périple d’Issun Bôshi. Des aventures qui allaient lui faire rencontrer un ogre puis une princesse… mais je ne vous en dis pas plus !

Là aussi, quel magnifique album ! Tant l’histoire que les illustrations. Ce conte japonais nous fait bien sûr penser aux histoires de Poucette et de Tom Pouce, deux classiques de notre littérature. Ici aussi, ce tout petit personnage va vivre de folles aventures et va devoir faire preuve d’ingéniosité. Les illustrations sont absolument magnifiques et le grand livre, tout en longueur les mettent parfaitement en valeur. Un très bel ouvrage.
Des extraits en ligne.
Le même vu par Enfantipages.

On remonte en Russie.

Contes de RussieUne petite fille rusée qui sut s’évader après avoir été kidnappée par un ours, une vache qui aida la petite Févronia maltraitée par ses beaux-parents, un enfant qui sauva son père grâce à son respect des animaux, un renard qui profitait de la naïveté d’un ours, un enfant qui osa défier un tigre ou encore la terrible Baba Yaga… bienvenue dans les contes russes !

Douze très beaux contes venus de Sibérie, du Caucase ou de Russie. Des contes qui nous rappellent parfois des histoires que l’on connaît (les contes voyagent autant qu’ils nous font voyager). Ici, on n’est pas frustré par la longueur des histoires, on a vraiment l’impression de lire douze petits livres entiers dans ce recueil. Il est joliment illustré par Sébastien Pelon. Un très bel ouvrage pour un voyage au pays du froid !
Des extraits en ligne.

Baba YagaUne petite fille qui n’avait plus de maman vit un jour son père se remarier avec une méchante femme. De sa mère, elle gardait une poupée de chiffon, qu’elle lui avait fabriquée. Un jour, la marâtre ordonna à l’enfant d’aller voir sa sœur pour lui demander du fil blanc et une aiguille pour lui coudre une chemise. La poupée prévint l’enfant du danger, elle lui conseilla d’aller voir sa marraine. Celle-ci lui apprit que la femme qu’elle devait aller voir n’était autre que la terrible Baba Yaga, elle lui donna donc des conseils pour lui échapper.

On retrouve donc l’horrible Baba Yaga dans une histoire adaptée par Claude Clément qui s’est inspirée du conte russe. Une histoire qui fait un peu peur, on tremble pour cette petite fille que la sorcière pense manger. L’album est très grand ce qui permet de mettre en valeur les très belles illustrations de Paul Echegoyen. Un très bel ouvrage sorti au Seuil.
Le même vu par Œil d’ailleurs et par Les lecteurs de Liyah.

Fini le froid, on part pour l’Afrique.

contes d'afriqueUn chat qui avait décidé de ne plus manger de viande, une goutte de miel qui avait provoqué une guerre, un devin mis à mal par une mouche, un jeune homme qui apprit qu’il valait mieux placer son espérance dans les bêtes plutôt que dans les hommes, un roi qui avait décidé de faire tuer tous les vieux de son village… et bien des histoires encore !

Ce sont 26 contes d’Afrique qu’a réuni Jean Jacques Fdida dans le recueil sorti chez Didier Jeunesse, Contes d’Afrique. Des contes fabuleux et pleins de sens dans lesquels on rappelle l’importance de la sagesse (tout en louant la naïveté d’autres), de la générosité, des animaux. Les contes sont vraiment délicieux, le genre d’histoires qu’on prend beaucoup de plaisir à lire, on se régale ! D’autant que l’ouvrage est illustré par le talentueux Rémi Courgeon. En plus des contes on trouvera de temps en temps des pages de devinettes. Un très bon et bel ouvrage.
Des extraits en ligne.
Le même vu par A l’ombre du saule.

Princesses d'AfriqueUne princesse tanzanienne qui sauva son père transformé en lion par un sorcier, une teinturière mauritanienne qui déjoua les pièges d’une ennemie, une jeune ghanéenne qui se battait comme les hommes et redevenait séduisante quand la guerre était finie et quatre autres princesses d’Afrique.

Que j’aime les princesses de Christine Palluy ! Après Princesses de tous les pays etPrincesses de la cour de Versailles aux palais de Vienne,voici donc les Princesses d’Afrique. Six histoires qu’elle a créées (après s’être beaucoup documentée sur les peuples et les régions dont elle parle) et une inspirée d’une légende africaine. De très beaux contes qui, chaque fois, nous présentent des femmes battantes. Christine Palluy nous donne une autre image de la princesse que celle qu’on voit souvent (le genre nunuche qui attend tranquillement le prince charmant en filant la laine). Ce que j’aime aussi, c’est que ces contes sont dans un livre dans lequel on ne s’attend pas forcément à ce genre de choses (ce n’est pas un livre militant, ce n’est pas un livre de chez Talents Hauts) et d’ailleurs ce n’est pas le genre de livres à message qui veut absolument faire passer quelque chose (ce qui est toujours un peu pénible, attention je ne parle pas des livres de chez Talents Hauts en disant ça, pas d’interprétations !). Christine Palluy a une vraie plume et elle s’entoure ici de très bons illustrateurs. Lito n’a pas toujours une bonne image chez les snobinards qui sont légion dans la littérature jeunesse (le salon de Montreuil qui s’ouvre dans quelques jours est l’occasion de dénoncer ce snobisme puant tellement répandu), ce livre leur donne une fois de plus tort de ne regarder la littérature jeunesse qu’avec des œillères. Un très bel ouvrage, vraiment.
Des extraits en ligne.

On continue le voyage en Amérique.

Les quatre voeuxVeeho avait entendu parler d’un homme qui ne manquait jamais de nourriture, il voulut en savoir plus et alla le rencontrer. L’homme lui offrit à manger et lui proposa même de l’héberger pour la nuit. Veeho, lui, cherchait ce qui le rendait si riche. Il aperçut un sac étrange, il décida de le voler. Il n’aurait peut-être pas dû… Glooskap vivait sur une île perdue, il envoya un lapin dire aux hommes que ceux qui trouveraient son île verraient leurs plus grands souhaits se réaliser. Quatre hommes partirent donc à la recherche de Glooskap et réussirent à le trouver. L’homme leur exauça leurs vœux, mais à une condition… que trois d’entre eux n’arrivèrent pas à tenir.

Les quatre vœux, sorti dans la collection Contes & Classiques du Monde chez Magnard rassemble deux très beaux contes indiens. Il est question ici d’hommes qui accomplissent une action qu’ils n’auraient pas dû faire. On connaît peu les contes indiens et c’est un régal de découvrir ces deux-là, c’est complètement dépaysant. C’est Sandrine Bonini qui les met en image et ses grandes illustrations sont très belles et accompagnent parfaitement le texte, elles nous font aussi voyager. Un très bel album.

Et si l’on refaisait un tour du monde rapidement ?

Fees de legendesUne fée qui couvrit une jeune fille généreuse d’or (puis sa sœur, qui voulait profiter de l’aubaine, de poix), une autre qui devait n’être jamais vue de son amoureux le samedi sous peine de perdre sa forme humaine, la Dame du Lac qui apprit la magie de Merlin pour mieux pouvoir l’emprisonner, la fée Babouchka qui refusa d’aider les rois mages et qui s’en mordit les doigts au point d’apporter chaque Noël des cadeaux aux enfants…

Dix fées sont réunies dans Fées de légende de Christine Pompéi illustré par Anja Klauss. Des contes allemand, poitevin, breton, britannique, italien, hongrois, slave, russe, chinois et vietnamien. C’est un grand livre, très beau comme les aiment généralement les enfants. Le genre de recueil qu’on aime offrir. On fera ici de beaux voyages tout au long de ces belles histoires. On regrettera juste que ces contes soient à ce point résumés (effet amplifié quand on les connaît), mais ça peut-être une première approche. Autre bémol, les contes tiennent sur deux pages, on tourne donc la page à la moitié du conte et généralement l’illustration montre la fin de l’histoire. L’enfant sait donc à mi-parcours comment ça va finir… dommage ! Mais c’est tout de même un très joli livre sorti chez De la Martinière Jeunesse.

Quelques pas de plus…
D’autres contes du monde par exemple ici ou .

On a déjà chroniqué des livres de Alexandre Zouaghi (L’auberge des ânes), Wang Yi (Princesse corbeau, Yexian et le soulier d’or et Petit poisson peut voler), Chun-Liang Yeh (Le calligrapheLe goût de la pêche, L’auberge des ânes, Pi, Po, Pierrot, Yexian et le soulier d’or, Le duc aime le dragon et L’autre bout du monde), Clémence Pollet (Mon coffret pour découvrir la ferme et L’auberge des ânes ), Sébastien Pelon (Pourquoi les éléphants aiment-ils tant leur trompe), Jean-Jacques Fdida (Cendrillon ou La Belle au soulier d’or, La barbe bleue ou Conte de l’Oiseau d’Ourdi, Le Petit Chaperon rouge ou La Petite Fille aux habits de fer-blanc et La belle au bois dormant ou Songe de la vive ensommeillé), Rémi Courgeon (Pieds nus, Toujours debout, Pas de ciel sans oiseaux et Elvis Presley), Christine Palluy (Princesses de la cour de Versailles aux palais de Vienne et Princesses de tous les pays), Sandrine Bonini (Le zoo des légumes et Petits contes des 1001 nuits), Christine Pompéi (Mes premiers contes) et Anja Klauss (La belle au bois dormant). Retrouvez aussi nos interviews de Chun-Liang Yeh et de Rémi Courgeon.

La légende du serpent blanc
Texte d’Alexandre Zouaghi, illustré par Wang Yi
HongFei
16,50€, 230×326 mm, 49 pages, imprimé à Taïwan, 2013.
La langue des oiseaux et autres contes du palais
Textes de Chun-Liang Yeh, illustré par Clémence Pollet
HongFei
12,50€, 167×227 mm, 46 pages, imprimé à Taïwan, 2013.
Issun Bôshi, l’enfant qui n’était pas plus haut qu’un pouce
d’Icinori
Actes Sud Junior
16,90€, 226×357 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2013.
Contes de Russie
Textes de Robert Giraud, illustré par Sébastien Pelon
Père Castor
13,50€, 226×248 mm, 61 pages, imprimé en France, 2013.
Baba Yaga
Texte de Claude Clément, illustré par Paul Echegoyen
Seuil Jeunesse
18€, 268×387 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Contes d’Afrique
Textes de Jean-Jacques Fdida, illustré par Rémi Courgeon
Didier Jeunesse
18€, 195×240 mm, 125 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Princesses d’Afrique
Textes de Christine Palluy, illustré par un collectif
Lito dans la collection Histoires pour rêver
18€, 250×238 mm, 72 pages, imprimé en UE, 2013.
Les quatre voeux
Textes de Richard Erdoes et Alfonso Ortiz (traduits par Alain Deschamps), illustrés par Sandrine Bonini
Magnard Jeunesse dans la collection Contes Classiques Monde
16,20€, 329×328 mm, 45 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responable, 2013.
Fées de légende
Textes de Christine Pompéi, illustrés par Anja Klauss
De la Martinière Jeunesse
12,90€, 236×337 mm, 44 pages, lieu d’impression non indiqué , 2013.

À part ça ?

Un concours très sympa pour les classes maternelles autour du très bon Boucle d’ours sur le blog de Didier Jeunesse.

Gabriel

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Il fait froid !

Par 22 novembre 2013 Livres Jeunesse

Mais quand même c’est amusant de s’entendre claquer des dents
Et dehors tout est glacé on va tous aller glisser
(…)
Et aussi c’est amusant de faire des nuages en soufflant
De l’air chaud devant son nez
FroidLes cuivres de Ménilmontant

Dehors il fait froid… dans les histoires aussi !

Le voyage d'anokiAnoki sort de son igloo. Il fait froid. Il y a du blanc à perte de vue. Depuis toujours il a entendu parler du Grand Blanc, on lui a dit qu’il n’y avait que les enfants qui pouvaient le voir, bientôt Anoki n’en sera plus un… c’est le moment où jamais ! Anoki par donc à la recherche de celui dont on dit qu’il ressemble à un ours si grand qu’il touche les étoiles. Le voyage sera long… Anoki trouvera-t-il le Grand Blanc ?

C’est encore un album sublime que sort Antoine Guilloppé. Une aventure, une quête, l’histoire d’un enfant, bientôt adulte qui veut accomplir un rêve, rencontrer un personnage qui le fascine. Les illustrations sont tout simplement sublimes et c’est un magnifique objet : un vernis sélectif sur certaines pages pour nuancer les blancs, de l’argenté sur les étoiles, un pop-up à la fin… C’est un magnifique cadeau que nous font là les éditions Gautier Languereau et Antoine Guilloppé. Un bijou à avoir dans sa bibliothèque.
Une vidéo présentant l’album.

Le roi de la montagne en hiverUne vieille femme veuve et aigrie vivait avec ses deux filles, la plus âgée était son portrait craché, l’autre était la gentillesse même. Bien sûr la mère et l’aînée maltraitaient la cadette, lui donnaient des travaux difficiles à accomplir en espérant la voir devenir moins belle. Bien-sûr c’était sans effet. Un jour, alors qu’une tempête de neige venait de s’abattre et que le froid régnait dehors, la plus grande des filles exigea des violettes. La mère obligea donc la plus jeune à aller lui en chercher sous peine de ne pas rentrer. Après avoir longuement marché, la jeune fille rencontra 12 hommes qui regardaient des flammes, ces douze hommes allaient l’aider.

J’ai eu un petit pincement au cœur en lisant cette histoire car je suis persuadé de l’avoir entendu quand j’étais enfant (vous savez parfois on ne se souvient plus et d’un coup tout revient). Ces hommes qui sont au milieu de la montagne et représentent les douze mois de l’année vont aider la jeune fille. Le conte est absolument superbe (il est inspiré d’un conte tchèque et d’un conte russe), et les illustrations d’Aurélia Fronty magnifiques. Là aussi, un très bel album.
Des extraits en ligne.

Ina et AslakIna a les cheveux blonds, il lui manque une dent en bas, elle aime le violet, les chouettes et courir. Mais surtout son frère Aslak. Aslak n’a que huit dents en haut et huit dents en bas, il aime se déhancher dans sa couche et sa couleur préférée est tracteur (son animal préféré aussi d’ailleurs). Et bien-sûr Aslak adore Ina. Ensemble aujourd’hui ils partent couper du bois parce qu’il fait froid. Ils s’emmitouflent de la tête aux pieds, ils prennent une hache et c’est parti !

Dans un tout autre style que les deux ouvrages précédents, Ina et Aslak apprentis bûcherons est une petite pépite. J’ai eu un véritable coup de cœur pour cet album. C’est extrêmement drôle -Aslak ne sait dire que « oui » (même quand il faut dire « non ») et « tracteur » (à propos de n’importe quoi)-, c’est très poétique (surtout grâce aux illustrations, un mélange de montages faits avec du papier découpé et photographié, de collages et de dessins), c’est un peu décalé. Ça fait du bien de découvrir d’autres littératures (c’est un album norvégien) surtout quand elles sont de cette qualité. Un album que j’ai adoré lire à ma fille et que ma fille a adoré écouter, qui nous a fait rire autant l’un que l’autre.
Des extraits en ligne.
Le même vu par Oeil d’ailleurs et par Sous le feuillage.

NeigeAlors qu’il se balade, un petit lapin voit quelques flocons virevolter. L’écureuil va se coucher, le lapin continue et les flocons sont de plus en plus nombreux. Les grenouilles aussi regagnent leur abri, le petit lapin continue et il neige de plus en plus. Tour à tour les animaux rentrent à l’abri, bientôt le petit lapin retrouvera sa maman, lui aussi se mettra au chaud.

Après la Norvège c’est un album japonais que je vous propose de découvrir. Un album très doux, très poétique. Petit à petit la neige recouvre le sol et les pages sont de plus en plus blanches, jusqu’à le devenir complètement (grâce au talent de l’illustratrice on aperçoit quand même ce petit lapin blanc et sa maman dans les étendues enneigées). On parle donc ici des animaux qui hibernent, des saisons, de la peur d’être abandonné (petit lapin a peur d’avoir perdu sa maman). Un bien bel album.
Des extraits en ligne.

Une vie d'escargotFuyant le froid, Andreï l’escargot avance. Il faut faire vite, la neige commence à tomber. En chemin il ramasse de quoi manger. La neige tombe trop fort, Andreï rentre chez lui, le voilà bien au chaud. Il se fait une tisane, s’allonge sur son sofa et il dort en rêvant en attendant le printemps… Mais si les rêves ne suffisaient plus, si la réalité c’était mieux ? Andreï a envie de vivre là où il fait chaud !

Une vie d’escargot nous parle aussi de l’hibernation mais également des voyages, des rêves, d’oser casser les habitudes. J’avoue avoir été surtout séduit par les très jolies illustrations de Janik Coat, très graphiques. Un album sorti dans la collection Fil rouge, une collection petit format à « petit prix » d’Autrement.
Le même vu par Sous le feuillage.

Tout sur l'hiverOn termine avec un album documentaire, Tout sur l’Hiver sorti au Seuil Jeunesse. Grâce à des BD, des illustrations, des photos, des petits textes courts… on va apprendre des tas de choses sur l’hiver. Pourquoi il y a l’hiver ? Comment reconnaître les arbres quand ils n’ont plus de feuilles ? Comment les plantes et les animaux résistent au froid ? Mais on parlera aussi de l’hiver en ville, à l’école (avec des poésies sur l’hiver). On trouve aussi des jeux, des recettes, des idées de loisirs créatifs… on parle du Père Noël, de Mardi Gras, de l’Épiphanie… bref voilà un album documentaire très complet, très bien fait (on ne s’ennuie jamais) et aux belles illustrations qui nous dira tout sur cette saison et ce qu’il s’y passe.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’Antoine Guilloppé (Les musiciens de Brême, La mouffle, Loup noir, Grand blanc, Première neige, Plein soleil, Qui dit noir dit blanc, Pleine lune et Akiko la rêveuse) , Aurélia Fronty (Un jour grand-père m’a donné un ruisseau et Une si belle entente), Anne Cortey (Muette), Janik Coat (Mon hippopotame, Pour un carré de chocolat, Une vie d’ours et La surprise) et Clémentine Soudais (Cherchons les petites bêtes ! Découvertes et activités au jardin). Nous avons également interviewé Antoine Guilloppé.

Le voyage d’Anoki
d’Antoine Guilloppé
Gautier Languereau
19,95€, 310×305 mm, 36 pages, imprimé en Chine, 2013
Le roi de la montagne en hiver
Texte de Sylvie Delom, illustré par Aurélia Fronty
Didier Jeunesse dans la collection Contes du monde
14,20€, 240×310 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Ina et Aslak apprentis bûcherons
Texte de Tore Renberg (traduit par Jean-Baptiste Coursaud), illustré par Øyvind Torseter
Didier Jeunesse
13,10€, 185×250 mm, 30 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Neige
de Kaori Tajima
Lirabelle
19€, 230×290 mm, 40 pages, imprimé en Italie, 2013.
Une vie d’escargot
Texte d’Anne Cortey, illustré par Janik Coat
Autrement dans la collection Fil rouge
5,20€, 160×190 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2013.
Tout sur l’hiver
Texte de Clémence Sourdais, illustré par Charline Picard
Seuil Jeunesse
18€, 260×260 mm, 64 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

Il y’a du nouveau dans notre livre d’or !

Gabriel

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Chut ! Écoute l’histoire…

Par 18 novembre 2012 Livres Jeunesse, Musique pour enfants

Aujourd’hui des CD qui racontent des histoires, en musique ou pas… Commençons par trois coups de cœur.

Lorsque Malo naît il fait le bonheur de ses parents… faut dire qu’il est si beau ! Mais un jour Malo a commencé à changer physiquement et très vite le voici avec une coquille sur le dos. Le petit garçon devient vite une curiosité… mais qu’est-ce que c’est que ce garçon étrange ? Certains se moquent de lui, d’autres pensent qu’il faut le cacher. Il n’y a que Nina pour le défendre. Comment va-t-il se faire accepter ?

Parfois on croit rêver, on se frotte les yeux en se demandant « qui a lu dans mes pensées pour réunir dans un même ouvrage des artistes de la chanson, du cinéma et de la littérature que j’aime ? », quel est ce pote trop sympa qui s’est dit « si on faisait plaisir à Gabriel et proposait à Arnaud Cathrine, Mathieu Boogaerts et Artus de Pengern de se réunir sur un même Livre-CD ? Bon et puis j’ai vu qu’il était vendu partout donc il ne doit pas être fait que pour moi ! Plus sérieusement quand j’ai vu ces noms que j’aime beaucoup (ajoutons aussi Florent Marchet mais le voir aux côtés d’Arnaud Cathrine n’est plus une surprise) j’ai eu un peu peur… Parfois les meilleurs casting font les pires œuvres (je pourrai citer plusieurs exemples cinématographiques). Après tout pas besoin que ça soit bien pour que ça se vende, les fans des artistes présents achèteront quand même le livre… et là franchement ce n’est pas ce genre de choses ! C’est une œuvre de qualité, un des meilleurs livres-CD de cette année (voire au-delà) avec une histoire à la fois moderne, drôle, bien écrite. On parle donc ici du rejet d’un enfant différent, de se battre pour se faire accepter. On peut mettre plusieurs interprétations sur la coquille de Malo… Les chansons sont belles et restent bien en tête, les illustrations d’Aurélie Guillerey sont vraiment jolies, colorées, avec un petit côté rétro bien agréable. Une vraie réussite je vous dis !
Quelques extraits ici.

Et puisqu’on est dans les réussites…

Parce qu’elle voulait manger des crêpes, une petite fille doit se rendre chez sa grand-mère pour lui emprunter sa poêle, mais sur la route elle croise une ogresse poilue. Cette dernière lui propose de faire un jeu, la première qui arrive chez la grand-mère a gagné. Bien-sûr l’ogresse a dans l’idée de manger la vieille dame et la petite fille.

Quelle merveille que ce conte ! Cette adaptation du petit chaperon rouge par Fabienne Morel et Debora Di Gilio (dont l’accent est irrésistible) est un pur moment de bonheur. C’est drôle, truculent, bien écrit, on est tout simplement captivé par les histoires, les enfants adorent et nous aussi. Je n’avais pas été aussi agréablement surpris par un livre-CD de conte depuis Le papa maman d’Angelina Galvani. Le livre est assez grand et magnifiquement illustré par Nathalie Choux. Comme toujours avec les contes Syros vous pouvez le regarder en ligne ici… et je parie que vous allez tomber sous le charme du duo Huile d’olive & beurre salé.

Ferme les yeux et tu vas voir ce qu’il se passe. Saviez-vous qu’au tout début du commencement du monde le ciel était bas et que c’est parce qu’il se prenait des coups de pilon lorsque les femmes pilaient qu’il est parti très haut ? Mais les coups de pilon avaient fait des trous dans le ciel et c’est par ces trous que l’on voit le soir les bougies de la fille des nuages, c’est ça les petites lumières dans le ciel, la nuit. Saviez-vous que c’est lorsque cette même fille passe avec ses seaux trop remplis qu’il pleut sur la Terre ? Fermez les yeux et vous apprendrez tout ça et bien plus, vous connaîtrez aussi le tisseur de vent et les Luludis, fleurs qui ont appris leur chant aux oiseaux.

Voilà un conte musical extrêmement doux et poétique. Le texte est d’une beauté… on tombe sous le charme si on est sensible à ce genre d’univers onirique (ce qui est, vous l’aurez deviné, mon cas). Clémentine Mallein et Lucie Malbosc de la compagnie aLumeCiel nous entraînent avec elles dans cette histoire qui nous explique la création des éléments de la nature. Elles sont captivantes à écouter et les chansons qui viennent parfois entrecouper l’histoire sonnent justes, sont belles, elles restent en tête et on les reprend avec les enfants. Avec ma fille de 4 ans on a tout de suite adhéré et répété entre nous les dialogues, chanté les chansons. Un très très beau voyage.

Mizou est un petit chat noir, il a deux frères, un gris et un blanc. Mizou est surtout le roi des bêtises ! Parlées ou chantées, le livre-CD nous propose de suivre ses aventures. Avec ses frères ils vont tomber successivement dans la farine, la suie et la boue et deviendront des inconnus aux yeux de leur mère… heureusement que la pluie viendra les sauver ! Ensuite Mizou va croiser un grand-père qui a un énorme routabaga dans son jardin et devra se faire aider par sa femme et plusieurs animaux pour le sortir de terre puis le petit chat continuera son chemin, toujours à la poursuite de la petite souris espiègle. Mizou le petit chat noir d’Aimée de la Salle (accompagnée par Sébastien Bertrand) est une jolie histoire pleine de rebondissements dans laquelle l’auteur a incorporé des contes et des comptines (connues ou moins connues) qu’elle a adapté. Très musical et très doux, c’est vraiment un livre-CD qui va plaire aux plus petits (à partir de 2-3 ans je pense). Les illustrations de Marion Piffaretti sont, comment toujours, vivantes et pleines de couleur.
Des extraits ici.

Lulu est une petite grenouille, elle ne vit pas dans une mare mais dans une fontaine donc pas évident de se faire des copains ! Heureusement sa rencontre avec un moustique va changer sa vie. Le petit insecte va lui indiquer le pays des grenouilles, si Lulu ne le mange pas. Sur la route elle va se faire plein d’amis en passant par divers endroits, un petit pois aussi seul qu’elle dans le jardin potager, un coq dur de la feuille dans la basse-cour puis un âne qui a l’âme en peine dans l’étable. Tous vont monter sur le dos de Lulu à la recherche du pays des grenouilles

Les musiques du Pays des grenouilles de Solen Imbeaud et Benjamin Ramón sont vraiment entraînantes, dansantes et les enfants s’amusent vraiment, ils reprennent les refrains, dansent, font des bonds,… On passe du rock à la bossa, de musiques lentes à des musiques franchement rythmées (l’ensemble est quand même plutôt dansant). Au cours de l’histoire les enfants auront même l’occasion de répondre à des devinettes sur les animaux. Les textes sont vraiment amusants, les musiques variées (d’ailleurs on trouve ici un grand nombre d’instruments de musique), de quoi ravir les plus petits (à partir de 2 ans d’après l’éditeur).

Après ces deux livres pour les plus petits, en voici pour les plus grands.

Les enfants n’ont pas toujours une vie facile. Chaque jour ils doivent parfaire l’éducation de leurs parents. Cet animal bizarre difficile à apprivoiser est complexe, les enfants ne savent pas toujours quoi en faire, parfois ils baissent les bras… pourtant avec quelques conseils utiles… C’est le but du CD Bien éduquer ses parents, conférence musicale réjouissante. Des experts donnent donc aux enfants des méthodes d’éducation, des astuces,… tout est évoqué : le bon usage du caprice (pour que les parents ne se croient pas tout puissants), les parents pas éduqués qui arrivent d’un coup dans le foyer en cas de divorce (et les parents dont l’éducation n’est pas encore terminée et qu’on ne verra plus qu’un week-end sur deux… pas évident de réussir à finir le boulot !), gérer les disputes entre parents (et doit-on les provoquer pour en obtenir des avantages), supporter Henri Dès, faire qu’ils nous fassent un petit frère ou une petite sœur (les parents, pas Henri Dès !)… Cet album est drôle, piquant, pas gnangnan, bref il a tout pour me séduire ! Seul hic j’ai du mal avec les voix d’enfants… mais sincèrement c’est parfois tellement drôle que finalement j’ai réussi à passer outre. Ça s’adresse quand même à des enfants assez grands (7-8 ans) et ça fait beaucoup sourire les parents (pour tout vous dire, j’ai d’ailleurs pensé au départ que ça ne ferait rire que les parents, je l’ai fait écouter à deux enfants qui m’ont démontré l’inverse !).  Le « livret » (à ce niveau on peut parler de petit livre) qui l’accompagne est très beau, très soigné. Bref un album esthétique et plein d’humour.
Vous pouvez l’écoutez ici et suivre leur page facebook.

Le village de l’Achachila, un vieux sage, ne connaissait pas la faim. Le vieil homme savait toujours quelles étaient les bonnes terres pour cultiver. Les hommes se demandaient quel était son secret… un jour il le leur révéla en leur racontant l’histoire de son amitié avec le Quirquincho, petit animal à la carapace grise, et celle de son charango, un instrument de musique étrange.

La collection des Contes du musée de la musique ont pour but de faire découvrir d’autres cultures et des instruments de musique par le biais d’un conte sur Livre-CD (je vous avais déjà parlé d’Aimata et le secret des tambours). Ici on part donc pour un très beau voyage en Bolivie au XVème siècle et on va nous raconter la légende de la naissance du charango. Au son de la musique d’Amérique du Sud, on suit cette belle histoire illustrée par Louise Heugel. C’est captivant et dépaysant. Prêt pour le voyage ?
Des extraits ici.

On reste dans les livres un peu documentaire…

Elvis est un petit garçon qui naît dans l’Amérique des années 30 dans une famille pauvre. L’enfant aime chanter des chants religieux dans la chorale de l’église. Petit à petit il apprendra la guitare et deviendra le célèbre Elvis Presley.

Encore un magnifique livre de la collection Découverte des musiciens chez Gallimard Jeunesse Musique. On retrouve ici la vie d’Elvis Presley de son enfance à sa mort en 1977. Le livre est très beau, les illustrations sont signées par le très talentueux Rémi Courgeon et elles sont complétées par des photos. Le CD est absolument passionnant à écouter, c’est le génial acteur Éric Caravaca qui nous raconte cette histoire. Tout en étant un très bon documentaire (le livre regorge d’infos supplémentaires), c’est un livre-CD qui peut passionner un enfant qui n’aurait jamais entendu parler du King mais qui aime écouter de belles histoires. Et bien sûr il y a la voix d’Elvis… On réécoute avec plaisir Love me Tender, Blue Suede Shoes ou encore Jailhouse Rock. Un très très bon livre-CD.
Un extrait ici.

Ivan est le plus jeune de sa fratrie, les autres le considèrent comme un nigaud parce qu’il n’est pas aussi ambitieux et manipulateur que les autres. Un jour qu’il est à la pêche, il rencontre une magnifique femme dont il tombe tout de suite amoureux mais celle-ci se transforme en cygne. Pour la retrouver il lui faudra affronter Baba Yaga , un dragon à trois tête (le Zmeï Gorynytch) et Kosheï l’immortel. Heureusement dans son périple il va être aidé par le sage Nikolaï.

Pour écrire Un conte russe, Véronika Kuzmina a repris des thèmes connus des contes russes. Jusqu’où peut nous mener l’amour ? Ivan sera prêt à tout affronter pour retrouver sa belle. On parle ici de l’amour, donc, mais aussi de l’égo (Kosheï n’aime que lui et ça ne le rend pas heureux). Roxane Lebrun est passionnante à écouter, elle incarne vraiment ses personnage, change de voix, elle sait captiver son auditoire. Elle est accompagnée musicalement au piano par une musique très mélodique (après le conte on peut d’ailleurs entendre la musique seule) et la seule chose qu’on pourrait reprocher serait les bruitages qui parfois font un peu cheap. Le CD propose aussi une version en russe du conte.
Des extraits ici.

Une minuscule fille appelée Poucette qui va être la femme d’un crapaud, la compagne d’une taupe puis grâce à une hirondelle va rencontrer un homme à sa taille, un rossignol dont le chant va toucher le cœur de l’empereur de Chine jusqu’à ce qu’il soit remplacé par un oiseau mécanique, onze garçons changés en cygnes dont la sœur est le seul espoir pour vaincre ce sortilège, il est possible que vous connaissiez ces très beaux contes signés Andersen.

On retrouve ici Roxane Lebrun, Véronika Kuzmina et de belles musiques au piano. On passe un très bon moment (trente minutes au total) à écouter ces trois magnifiques contes entrecoupés de très belles mélodies. Comme souvent chez Andersen, c’est dur, la vie n’y est pas un long fleuve tranquille, mais c’est aussi ça la beauté des vieux contes. Décidément le duo Roxane Lebrun / Véronika Kuzmina est un duo qui captive ses auditeurs.
Une vidéo de présentation ici.

On reste avec Andersen

Il était une fois… une petite sirène qui tombât amoureuse d’un prince. Par amour pour lui elle renonçât à sa queue de poisson et à sa voix… mais le jeu en valait-il la chandelle ?

La belle histoire d’Andersen (pas dans sa version édulcorée par le papa de Mickey), racontée par la douce voix de Natalie Dessay sur la musique de Peer Gynt et illustrée par Nathalie Novi ! Le genre de livre qui nous fait dire « ouh la n’en rajoutez plus, j’achète ! ». Le livre est vraiment très très beau (ah les grands formats de la collection  un livre, un CD de chez Didier Jeunesse…) et on est envoûté par cette magnifique et tragique histoire. La musique d’Edvard Grieg se marie parfaitement avec ce conte et avec la voix de Natalie Dessay. Une vraie réussite. Attention toutefois, pas pour les enfants trop jeunes (j’aurai tendance à dire au moins 6-7 ans)…
Des extraits ici.

Le prince de Motordu a du mal avec la musique, ça lui rappelle trop son gros fesseur qui lui enseignait le violent. Ses enfants veulent qu’il se réconcilie avec la musique et ensemble ils décident de faire venir un orchestre. L’orchestre va devoir apprendre la langue de Motordu pour venir jouer au pays du fameux prince. Celui-ci arrivera-t-il à apprécier la musique ?

Voilà un conte très lyrique, chanté parfois façon opéra, joué par l’Orchestre national d’Ile de France. Forcément ce genre de choses on adhère… ou pas ! Les fans du prince de Motordu risquent en tout cas d’être décontenancés par cette grande aventure musicale, les amoureux de la musique eux peuvent beaucoup aimer. Ici on parle de fugues, d’alto, d’octaves, on initie les enfants au vocabulaire des musiciens. Le conte est parfois assez ardu à suivre et ne s’adresse vraiment pas aux jeunes enfants (Gallimard le conseille de 5 à 10 ans, j’aurai tendance à dire plus près de 10 que de 5). Le Ré-si-do-ré du Prince de Motordu sera joué à Pleyel le 2 décembre, plus d’informations ici et vous pouvez voir une vidéo de présentation .

Quelques pas de plus…
Maman Baobab a aussi chroniqué Le Ré-si-do-ré du Prince de Motordu (et son avis est assez différent du mien).
D’autres histoires à écouter que nous avons chroniqué : Ma grande sœur m’a dit, les saisons en musique, Roule-Toujours ! ou la lune dans la tête, La sorcière au nez de fer, Le petit Cépou, Pakita, la maîtresse magique !, Mon voisin, Arsène Lopin, Le célèbre cabrioleur, Le papa maman, Je t’aime comme toi, Nouvelles de Mars, Le géant de la forêt, L’arbre à musique et beaucoup d’autres !

Coquillette la mauviette
d’Arnaud Cathrine et Florent Marchet, raconté par Julie Depardieu, avec la participation de Mathieu Boogaerts, Valérie Leulliot, Jeanne Cherhal, Artus de Penguern, Raphaële Moussafir et Antoine Dezelli, illustré par Aurélie Guillerey.
Actes Sud Junior
21€, 205×205 mm, 48 pages, durée du CD : 18’20, imprimé en Italie
L’ogresse poilue
d’Huile d’Olive & Beurre salé (Fabienne Morel et Debora Di Gilio), illustré par Nathalie Choux.
Syros
18,90€, 260×260 mm, 40 pages, durée du CD : 16’09, imprimé en France
Ferme les yeux
de Cie aLumeCiel (Clémentine Mallein et Lucie Malbosc)
Victor Mélodie
15€ (prix de vente conseillé), CD digipack avec livret illustré de 28 pages, durée du CD : 33’53.
Mizou le petit chat noir
d’Aimée de la Salle, accompagnée par Sébastien Bertrand à l’accordéon, illustré par Marion Piffaretti
Didier Jeunesse dans la collection Polichinelle
17,70€, 210×210 mm, 36 pages, durée du CD : 14’48, imprimé en France
Le pays des grenouilles
de Solen Imbeaud et Benjamin Ramon
Victor Mélodie
15€ (prix de vente conseillé), CD digipack, durée du CD : 32’45.
Bien éduquer ses parents, conférence musicale réjouissante
de La compagnie Famille nombreuse, illustré par Jean-Louis Cornalba
Naïve
20€ (prix de vente conseillé), 145×155 mm, 72 pages, durée du CD : 35’10, imprimé à Singapour
Le secret de L’Achachila
de José Mendoza et Cécile Boisel, raconté par Xavier Clion, illustré par Louise Heugel
Actes Sud Junior dans la collection Les contes du musée de la musique
16€, 205×205 mm, 40 pages, durée du CD : 18’53, imprimé en Italie
Elvis Presley
de Stéphane Ollivier, raconté par Eric Caravaca, illustré par Rémi Courgeon
Gallimard Jeunesse dans la collection découverte des musiciens
17€, 225×225 mm, 25 pages, durée du CD : 25’48, imprimé en Italie
Un conte russe
de Veronika Kuzmina, raconté par Roxane Lebrun
Éponymes Jeunesse
13€ (prix de vente conseillé), CD Mint Pack, durée du CD : 69′
3 contes d’Andersen
de Veronika Kuzmina, raconté par Roxane Lebrun
Éponymes Jeunesse
15€ (prix de vente conseillé), CD Mint Pack, durée du CD : 51′
La petite sirène
d‘Andersen, raconté par Natalie Dessay, Musique d’Edvard Grieg jouée par Ensemble Agora, illustré par Nathalie Novi
Didier Jeunesse dans la collection 1 livre 1 CD (Conte et Opéras)
23,80€, 265×2665 mm, 48 pages, durée du CD : 51′, imprimé en Italie
Le RÉ-SI-DO-RÉ du prince de Motordu
de Pef et Marc Olivier Dupin, lu et chanté par Estelle Béréau, Paul-Alexandre Dubois et Laurent Stocker, musique jouée par l’Orchestre nationale d’Île-de-France
Gallimard Jeunesse
22€, 250×289 mm, 40 pages,durée du CD : 44’46 imprimé en Italie

A part ça ?

Jusqu’au 23 janvier, la cité de la musique propose une expo Django Reinhardt. Les enfants ne sont pas oubliés avec une visite-conte pour les 4-11 ans et un cycle sur le jazz et la guitare manouche pour les 8 à 14 ans. Plus d’informations ici et un joli site prévu pour les enfants . J’espère y aller et vous en dire plus.

Gabriel

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