La mare aux mots
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Collection Court MÉ-trage

Homophobies [CHRONIQUE EN LIBRE ACCÈS]

Par 15 mars 2019 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose quatre romans qui parlent, chacun à leur manière, d’homophobie. Des réalités parfois difficiles à lire, mais il est toujours nécessaire de rappeler ce que subissent les lesbiennes, les gays et les bisexuel·le·s. Petite précision : afin de ne pas alourdir le texte je ne préciserai pas chaque fois qu’il s’agit peut-être de bisexualité et non forcément d’homosexualité (raccourcis souvent simplistes), mais chacun·e verra ce qu’il veut dans ces histoires.

Ils marchent dans la rue, pressent le pas, derrière eux fusent les « Salopes ! Pédales ! » et « Vous allez voir c’que c’est qu’des vrais mecs ! ». Puis ils sont rattrapés et les coups commencent, le sang qui coule, puis le noir. Un an plus tôt tout avait commencé comme beaucoup d’histoires d’amour : une fête, un copain qui a un peu trop bu et qui ne peut pas rentrer chez lui, un lit partagé et les choses dérapent…
Le roman de Florence Cadier est absolument magnifique. Si la scène d’ouverture nous happe, nous scotche et fait monter les larmes aux yeux (ou des envies de violence, c’est selon), on enchaîne très vite sur des choses plus douces, une belle histoire d’amour qui débute, la découverte de l’homosexualité et de la « sexualité » tout court (même s’il n’est pas réellement question de sexualité à proprement dit), mais aussi l’envie de partager avec les ami·e·s (pas évident quand on se sent différent·e), la réaction des parents et de l’entourage en général. L’autrice nous fait vivre les événements de façon chronologique (un an avant la scène de violence, six mois avant, trois mois avant…) et l’on découvre ainsi l’évolution d’une histoire d’amour, mais aussi le cheminement de l’acceptation d’un jeune gay. Certaines scènes sont très fortes (comme l’une des scènes de discussion parent-enfant ou la scène de tabassage), l’écriture de Florence Cadier est superbe et elle réussit à nous faire monter les larmes aux yeux, la chair de poule et l’envie de rencontrer ce jeune garçon, d’être son ami.
Un magnifique roman sur une belle histoire d’amour entre deux garçons, qui traite aussi d’homophobie.

Dans la classe d’Elsa, il y a une fille qui la trouble particulièrement, elle n’arrive pas à ne pas la regarder en classe. Elsa sait qu’elle est différente, alors quand une fille de l’école se fait traiter de lesbienne, elle décide de sympathiser avec elle, peut-être qu’elle pourra l’aider à comprendre qui elle est…
Magnifique portrait d’une ado qui se sent mal dans sa peau et qui n’en sait pas la cause (elle comprendra qu’elle est tout simplement attirée par les filles). Perrine Leblan parle aussi parfaitement des aprioris (ce n’est pas parce que quelqu’un nous semble gay ou lesbienne qu’il·elle l’est). Ici, on parle aussi d’homophobie (celui subi par une fille alors qu’elle n’est pas lesbienne, mais aussi un ami de la famille que le père refuse de voir parce que gay) et d’entraide. C’est un court roman efficace, qui laisse la parole à une jeune fille qui va grandir devant nous. La phrase de fin est absolument magnifique, mais je ne vous la dévoilerai pas ici.
Un court roman, très beau, sur l’histoire d’une jeune lesbienne qui apprend à se connaître.

Yvan est en prison, de deux coups de poing il a tué Sandra. Il est assis là, il ne comprend pas. Sonné. Grâce à lui, mais aussi à sa sœur et à Thomas, le petit ami de sa sœur, on va petit à petit comprendre comment les choses se sont passées…
Bon… j’avoue avoir très longuement hésité à mettre ce livre-là dans cette sélection. On y parle d’homophobie, mais ici la victime principale n’est pas de ce côté-là… Attention, pour vous en parler je vais vous dévoiler le dénouement (si vous ne le souhaitez pas, passez directement au livre suivant), mais de toute façon dès le départ, si vous savez que le livre parle d’homophobie vous allez deviner ce qui ne nous est révélé qu’à la fin. Thomas n’est en fait pas le petit ami de la sœur d’Yvan, mais d’Yvan lui-même. S’il a frappé Sandra jusqu’à la tuer, c’est parce qu’elle l’a menacé de révéler son secret. On parle donc bien d’homophobie ici et les deux garçons sont loin des clichés que l’on peut voir bien souvent dans les histoires où deux garçons s’aiment, et ils doivent se cacher, subissent des insultes, mais bien entendu on ne peut pas admettre la violence et le meurtre. Bref, si j’ai beaucoup aimé ce roman, je suis partagé, non pas sur le roman lui-même, mais sur sa place dans une sélection sur l’homophobie… je vous laisserai juger ! On y parle aussi beaucoup du non-dit, des conditions sociales, d’amour, d’oser affirmer être qui l’on est… L’auteur montre aussi avec beaucoup d’intelligence que tout n’est jamais noir ou blanc et que chacun·e a souvent sa propre version des choses tout en pensant que la sienne est la vraie.
Un court roman très fort sur la violence des mots et la violence des coups.

Jasmin Roy est une personnalité québécoise. Homme de télé et de radio, mais aussi acteur, c’est un homme connu et reconnu. Pourtant son enfance n’a pas été rose, il la raconte par petites touches, de courts chapitres, qui font froid dans le dos. Il a souhaité compléter son témoignage de ceux de gens qui ont vécu la même chose à notre époque, pour qu’on ne lui dise pas que l’homophobie qu’il a vécue dans les années 70 n’existe plus aujourd’hui.
Sale pédé, Pour en finir avec le harcèlement et l’homophobie à l’école est un livre absolument bouleversant, il y a bien sûr l’acharnement dont est victime Jasmin Roy, mais ça souvent il suffit de regarder autour de nous pour savoir ce qu’est l’homophobie, mais le plus fort, d’après moi, dans son témoignage ce sont les conséquences. Conséquences à l’époque, mais encore aujourd’hui. Il parle de sa peur, de ses crises d’angoisse, de son manque de confiance en lui, de sa peur des autres… toutes ces choses qui pourrissent sa vie d’homme adulte et qui sont liées aux traitements qu’il a subis dans son enfance. Les témoignages qui complètent le sien sont tout aussi bouleversants (on regrettera toutefois le peu de présence féminine, 1 témoignage de fille pour 9 de garçons). Que ce soit la première partie ou la seconde, on nous rappelle à quel point les adultes sont souvent complices de cette homophobie (sans doute l’une des choses les plus fortes dans ce livre) et qu’elle est souvent plus liée à une apparence ou à une façon d’être qu’à une réelle homosexualité.
Un témoignage extrêmement fort, complété de dix autres, pour rappeler l’horreur qu’est l’homophobie et à quel point elle détruit des vies. Un ouvrage qui devrait servir d’outil dans les écoles afin d’ouvrir les yeux.

On parle aussi d’homophobie, notamment, dans le roman Les maux bleus, les albums Les papas de Violette et Papa, c’est quoi un homme haut sèkçuel et dans les documentaires Discriminations, inventaire pour ne plus se taire et Riposte ! Comment répondre à la bêtise ordinaire. Tous les ouvrages LGBTQI+ que nous avons chroniqués sont répertoriés ici et nous préparons un webzine sur le sujet que vous découvriez en juin. N’hésitez pas à nous signaler en commentaires les livres que vous aimez sur le sujet.

Je les entend nous suivre
de Florence Cadier
Le Muscadier dans la collection Rester Vivant
9,50 €, 140×190 mm, 90 pages, imprimé en France, 2018.
La peur au placard
de Perrine Leblanc
Oskar Éditeur dans la collection Court MÉ-Trage
7 €, 115×170 mm, 77 pages, imprimé en Europe, 2015.
Le sens de l’honneur
de Roland Godel
Oskar Éditeur dans la collection Court MÉ-Trage
6 €, 115×170 mm, 83 pages, imprimé en Europe, 2014.
Sale pédé, pour en finir avec le harcèlement et l’homophobie à l’école
de Jasmin Roy
Les Éditions de L’homme
13 €, 154×229 mm, 165 pages, imprimé en France, 2016.

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Des livres jeunesse LGBTQ+ [CHRONIQUE EN ACCÈS LIBRE]

Par 29 juin 2018 Livres Jeunesse

Demain, à Paris, aura lieu la marche des fiertés, l’occasion une nouvelle fois pour nous de mettre un coup de projecteur sur des livres qui mettent en avant des personnages homosexuels (que ça soit les héro·ïne·s des histoires ou leurs parents), bisexuels ou transgenres. Pour rappel, nous avons déjà fait deux chroniques sur le sujet ici et , nous avons un tableau pinterest regroupant les livres chroniqués et nous préparons un dossier très complet… mais en attendant ce dossier voici donc quelques livres avec des personnages LGBTQ+ ! Pour cette chronique, exceptionnellement, je serai parfois obligé de vous révéler la fin, car c’est parfois dans les dénouements que l’on comprend le rapport avec le thème de la chronique… j’espère que vous ne m’en voudrez pas !

Des albums…

Camille aime Baptiste. Avant Baptiste, d’autres ont fait battre son cœur, mais aujourd’hui c’est Baptiste et ça, ça change tout ! Camille pense à lui sans arrêt, lui écrit des poèmes et rougit en les lui donnant… ce qui fait aussi rougir Baptiste… car Baptiste aussi aime Camille. Au fait, Camille est un garçon, et alors, qu’est-ce que ça change ?
Très beau texte d’une autrice dont on aime beaucoup la plume, Cathy Ytak. Un texte extrêmement délicat, poétique, sensible. Et les illustrations de Daniela Tieni l’accompagnent à merveille. L’autrice joue avec la surprise (nos visions hétérocentrées penseront d’abord que Camille est une fille). On est loin ici des clichés et, contrairement à la plupart des livres sur le sujet, rien n’arrive de négatif aux deux héros de l’histoire. À noter que ici, et c’est tellement exceptionnel qu’il faut le signaler, on parle de bisexualité car les héros ont aussi été amoureux de filles.
Un très bel album sur deux garçons qui sont amoureux, avec un texte très poétique et des illustrations qui le sont tout autant.

TA TAAA !!! AVIS À LA POPULATION ! C’est le grand jour, aujourd’hui le prince Jean-Georges doit se marier, son père, le roi Grobull, l’a décidé ! Toutes les vaches du pays sont invitées à se présenter, afin que le prince choisisse son élue. Mais aucune ne lui plaît… Ce n’est pas grave, le roi convoque les truies, après tout il ne veut qu’une chose que son fils soit HEU-REUX ! Le prince sait avec qui il veut se marier… mais comment le dire à son père… Pourtant si celui-ci veut à ce point qu’il soit heureux, il devrait accepter…
Beaucoup d’humour et de magnifiques illustrations en volume (la marque de fabrique de Christian Voltz) dans cet album où le prince se mariera finalement avec son ami le bélier. Ici non plus il n’est pas question de harcèlement, d’amours tristes… mais juste d’oser le dire à son père (qui finalement ne le prendra pas si mal, le tout c’est que son fils soit heureux, non ?)
Un album plein d’humour, avec un texte dont la lecture à voix haute est un régal, pour rappeler que dans la vie, le plus important c’est d’être HEU-REUX !


À noter aussi la réédition (avec quelques micro-changements et un format plus petit) de BOUM BOUM et autres petits et GRANDS bruits de la vie de Catherine Latteux et Mam’zelle Roüge aux éditions Pourpenser. On avait chroniqué ici ce joli album (à l’époque où il est sorti chez Frimousse) où l’on croise un jeune garçon amoureux d’un autre jeune garçon.

Des BD…

Dans la vie de Bichon, il y a un nouvel instituteur (le fameux remplaçant super beau de l’année dernière), sa copine Agnès (qui cache un secret) et toujours le beau Jean-Marc (qui vit quelques moments pas très drôles), mais en ce moment y’a plus trop sa grande amie Myriam (qui n’a plus le droit de jouer avec Bichon, sa mère le lui interdit). Ce qui préoccupe notre jeune héros, c’est les lettres d’amour qu’il vient de recevoir. Qui est amoureux·euse de lui ? Et quels sont les secrets qui semblent ronger tout son entourage ?
Quel bonheur toujours de retrouver Bichon, le fan de princesse Ploum qui craque sur le beau Jean-Marc. David Gilson a créé un héros gay qui plaît énormément aux enfants ! Ses aventures sont pleines d’humour (et d’amour). Dans cet album, on parle comme toujours des stéréotypes de genre, mais ici on parle beaucoup des choses que l’on cache alors qu’on devrait tout simplement vivre en étant soi-même. La toute dernière planche nous fait un peu peur… Est-ce le dernier tome ? On n’espère pas !
Une BD pleine d’humour avec un jeune héros gay.

Végétaline est une princesse qui vit en haut d’une grande tour et souffre d’une maladie étrange. Codette a fui son pays en guerre avec ses parents. Lors d’une soirée chez Végétaline (où celle-ci est alitée comme d’habitude) et suite à un pari, Codette s’introduit dans la chambre de Végétaline pour l’embrasser… Sauf que ce baiser va déclencher chez les jeunes filles des choses auxquelles elles ne s’attendaient pas…
Bienvenue dans l’univers barré de Lisa Mandel, ici l’on croise des animaux transgéniques, des inventeurs fous qui aiment visiblement se déguiser en Bioman, des filles possédées par d’étranges phénomènes… Et au milieu de tout ça, une belle histoire d’amour entre deux filles. Ici, ça fait partie de l’histoire, personne ne s’étonne ou se choque de l’amour des deux filles… et ça fait du bien !
Une super BD avec des héroïnes amoureuses.

Un beau jour, Yaichi voit débarquer le mari de son frère, mort quelque temps plus tôt. Pour ce Japonais qui élève seul sa fille, l’arrivée que cet homosexuel canadien n’est pas une chose qui le réjouit, ses premières paroles sont d’ailleurs assez violentes. Pourtant très vite, entre les deux hommes les relations vont se pacifier, notamment grâce à la petite Kana et sa naïveté d’enfant.
Le mari de mon frère est un manga (qui se lit dans le sens japonais) mettant donc en scène un homme plutôt homophobe et le mari de son frère. Le héros de l’histoire va s’interroger au contact de son beau-frère sur sa vision des homosexuels et se rendre compte que certaines idées reçues sont idiotes. On parle aussi du deuil (d’autant plus difficile pour le jeune veuf, car son beau frère est le frère jumeau de son ancien mari et la ressemblance le trouble énormément). Le manga est entrecoupé de deux « petits cours de culture gay » plutôt amusants. À noter que l’auteur est artiste érotique gay et ça se sent dans la façon dont il dessine les corps masculins (mais rassurez-vous si certain·e·s prendront du plaisir à voir ces corps sublimés, les plus jeunes enfants ne verront rien d’érotique dans ces planches).
La cohabitation difficile (dans un premier temps), entre un Japonais pas très homophile, son beau-frère homosexuel et une petite fille pleine de vie.

Des romans pour les plus jeunes…

Il y a un nouveau à l’école, il s’appelle Camille. Les moqueries commencent déjà dès l’annonce de son prénom « Camille c’est un prénom de fille ! », mais le jeune garçon ne se vexe pas, il explique calmement que ça fonctionne pour les deux genres. Si Camille ne s’énerve jamais, c’est qu’il a une règle d’or : ne pas faire à autrui ce que l’on ne veut pas qu’on nous fasse. Mais pour certains de l’école, c’est encore un sujet de moquerie voire pire…
Camille a un secret que l’on découvrira à la fin du roman, il vit avec ses deux pères. On pourra peut-être regretter que l’explication de l’étrangeté de l’enfant soit qu’il soit élevé par deux hommes (même si au final, Camille est un enfant bien plus philosophe et plus réfléchi que ses camarades), mais voilà là un très beau petit roman accessible vraiment aux lecteurs et lectrices débutant·e·s (sur ce sujet, ce n’est pas si fréquent). On parle donc ici d’homoparentalité, mais aussi de tolérance, de harcèlement scolaire, d’entraide, des secrets entre ami·e·…
Un petit roman très bien écrit sur un jeune garçon qui grandit dans une famille homoparentale et sur les regards extérieurs sur cette famille-là.

L'amoureux de papa Son père et sa mère sont séparé·e·s, mais l’entente entre les deux est bonne. Donc tout se passe bien pour Amandine, mais un jour son père a une annonce à lui faire, il veut lui présenter quelqu’un qui compte beaucoup pour lui. Mais quand Amandine voit arriver son instituteur et que son père lui annonce que c’est son amoureux, son monde bascule.
Là aussi un petit regret (disons-le d’emblée pour passer vite à autre chose et ne pas se focaliser dessus), la mère parle de l’homosexualité de son ex-compagnon alors qu’il aurait peut-être été plus judicieux de parler ici de bisexualité (sexualité désespérément oubliée dans la littérature jeunesse où les choses doivent être ou noires ou blanches, visiblement), mais là encore c’est un joli petit roman, parfait pour les jeunes lecteurs et lectrices (texte court, simple, richement illustré). Ce qui est intéressant ici, en dehors du fait que là encore ça s’adresse aux plus jeunes et que ce n’est pas si courant, c’est le rejet de l’héroïne, les choses ne peuvent pas se passer ainsi, ce qui rend l’histoire totalement réaliste (pas d’angélisme). Le nouveau couple va vivre des moments difficiles, jusqu’à décider de rompre par amour pour la petite fille (mais rassurez-vous, les choses ne se finiront pas aussi mal).
Un roman qui sonne juste sur une petite fille pas contente que le nouvel amoureux de son père soit un garçon, qui plus est son instituteur !

Il a eu 16 ans et il écrit à son père. Il lui écrit qu’il est heureux qu’il y ait Ludovic dans sa vie, Ludovic qui a été là dès la mort de sa mère, à s’occuper de lui, comme un père, justement. Alors aujourd’hui il écrit à son père pour lui dire qu’il faut stopper les mensonges, qu’il sait que Ludovic et lui s’aiment, mais qu’il faut qu’ils le fassent au grand jour, qu’ils doivent se marier maintenant que cela est possible !
C’est une belle déclaration d’amour qu’on trouve dans Mariez-vous ! d’Alain Germain en quatre lettres (deux à son père, une à Ludovic et la dernière à son amoureuse à lui). Une déclaration d’amour d’un fils à son père et à l’homme qui, dans l’ombre, était l’amoureux de son père et s’est occupé de lui. Une invitation à vivre un amour au grand jour, à ne plus vivre caché. En fin d’ouvrage, on trouvera le texte de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe.
Un roman court, mais fort, avec quatre belles lettres d’amour. Un bel hommage aux familles homoparentales.

Son oncle Mika il l’aime tellement. Toujours le mot pour rire, toujours attentif, attentionné. Alors Jérémie, sept ans, ne comprend pas pourquoi d’un coup il est sorti de sa vie, pourquoi il ne le voit plus. Il a bien surpris des paroles entre ses parents et ses grands-parents. Mais il ne les comprend pas. Que s’est-il passé ? Est-il mort ?
Gwladys Constant propose un très beau roman sur l’intolérance. Car ici l’oncle Mika a été rayé de la famille (avec interdiction de revoir son neveu) parce qu’il est homosexuel. Le texte est très joliment écrit et l’on se met à la place de cet enfant qui ne comprend pas, dans un premier temps, où est passé son oncle, et dans un second temps ce qu’il y a de mal à aimer les garçons… Rassurez-vous, il y aura quelqu’un qui saura apporter du bonheur à l’enfant (mais qui, comme dans la vraie vie, ne fera pas de miracles, la famille restera aussi bête et homophobe, malheureusement).
Un très joli roman, très bien écrit, sur la bêtise de l’homophobie dans une famille.

C’était en colonie de vacances, une fille avait fait battre son cœur. Il y avait eu les nuits où les duvets se rapprochaient, les confidences, la petite flamme dans les yeux devant la scène de baiser au cinéma. Et il y avait eu la dernière nuit de la colo, mais ça, c’est un secret…
Fallait-il mettre C’est notre secret dans cette chronique thématique, c’est un débat et je vous laisserai juger ! Car ici il n’est pas dit que la personne qui nous raconte cette histoire est une fille… mais il ne nous est pas dit que c’est un garçon non plus ! Raphaële Frier, en plus d’avoir une très belle plume, est très maline. Elle a écrit tout ce roman dans lequel on ne connaîtra jamais le genre du héros ou de l’héroïne. On pourra donc s’imaginer qu’il s’agit là d’une petite fille amoureuse d’une autre petite fille… moi c’est en tout cas ce que j’y ai vu.
Un très très beau petit roman, où l’on pourra voir une histoire d’amour entre deux filles… ou pas !

Des romans pour les plus grands…

Nous sommes en août 1947, le jeune Harvey Milk, 17 ans, vient de se faire arrêter par la police alors qu’il était juste en train de lire en bronzant dans un parc. Les rafles d’homosexuels sont de plus en plus fréquentes et Harvey a peur qu’on prévienne sa famille, sa mère ne sait pas que son fils aime les garçons. Quelques années plus tard, il deviendra pourtant l’un des plus célèbres défenseurs des droits des homosexuel·le·s, incitant ses semblables à annoncer leur homosexualité partout afin de faire avancer les choses.
Sorti dans la très bonne collection Ceux qui ont dit non, Harvey Milk, non à l’homophobie est bâti comme un roman. On rencontre ici cet homme, incarné au cinéma par Sean Penn dans le très beau film de Gus Van Sant, de sa jeunesse à sa mort (rappelons qu’il a été assassiné froidement par un homophobe). Le livre est un beau rappel des luttes passées et de celles qui sont encore à venir, d’ailleurs après l’histoire, l’ouvrage nous propose neuf pages sur l’homophobie, les victimes homosexuelles des camps nazis, les combats en France…
Un très beau roman pour rappeler qui était Harvey Milk ou pour rappeler combien la lutte contre l’homophobie reste une chose importante aujourd’hui.

Cent fois on le lui a dit. Cent fois. Qu’un garçon ne doit pas pleurer, qu’un garçon doit se battre pour se défendre, utiliser ses poings. Pourtant il n’y arrive pas. Il continue de pleurer quand on le frappe et ne réplique pas. Il encaisse. Il encaisse les « sale pédé », les autres qui tentent des records de side-kiks sur lui, la terre qu’on lui fait manger et les regards de son père qui font mal.
Une claque, voilà ce qu’est À copier 100 fois, une claque. Un roman court qui se lit d’une traite et dont on sort totalement secoué·e. Un roman extrêmement fort, écrit par une très belle plume (j’avoue que je n’avais jamais rien lu d’Antoine Dole avant ce roman), qui nous fait un nœud dans l’estomac. La relation entre le père et le fils, le harcèlement extrêmement violent dont est victime le jeune héros de 13 ans, ici tout fait mal. Voilà un livre qu’on devrait faire lire en classe…
Il paraît que les garçons ne doivent pas pleurer, je peux vous dire que moi j’ai versé des larmes en refermant celui-ci.

Nina a 15 ans, l’âge où les vacances avec les parents peuvent être de vraies galères… mais on n’a pas le choix. Pour Nina, ce voyage à Barcelone c’est quand même l’occasion de revoir le beau Jesus, un garçon qu’elle a embrassé sur la bouche la dernière fois qu’il et elle se sont vu·e·s… Mais les choses ne se passent pas comme prévu, Jesus est venu avec sa cousine et est plutôt distant, et Nina trouve un sac qui va lui faire faire de belles rencontres, de celles qui changent une vie.
C’est un très joli roman que nous propose Hélène Couturier aux éditions Syros. On y parle de la relation entre une mère et sa fille, entre une ado et sa petite sœur (un peu trop parfaite), des histoires d’amour des parents, des amours de vacances, mais aussi de transidentité. Car on trouvera ici un personnage transgenre que je trouve particulièrement intéressant (bien que le passage sur l’explication de la transidentité me semble un peu didactique). Toutefois, je trouvais intéressant de demander à quelqu’un qui, contrairement à moi, connait bien le sujet de la transidentité, d’avoir son regard sur ce roman. J’ai donc demandé à R (@libre__R sur twitter) son avis, le voici : « J’ai commencé à lire en ayant hâte de rencontrer ce personnage trans que je savais présent dans ce livre. J’ai donc vite déchanté en comprenant où menait l’intrigue : la transidentité comme révélation type « plot twist » vers la fin du roman. Ce personnage est un outil scénaristique pour les protagonistes, et il en devient inaccessible et peu crédible (surtout les propos et dialogues de personnages censés « savoir mieux »). Les questionnements et la réflexion de l’héroïne vont de naïfs à très pertinents, ce qui est cool ! Mais du coup c’était très étrange (et blessant) de voir que le personnage était mégenré jusqu’au bout. » Personnellement, j’ajouterai quand même que d’introduire un personnage transgenre dans ce genre de roman très grand public ne peut pas faire de mal et peut-être renseigner des gens qui connaissent peu le sujet (et on le sait, les haines viennent souvent du fait de ne pas connaître).
Un roman intéressant avec un personnage transgenre, mais qui décevra peut-être ceux et celles qui le liront en voulant lire un roman sur la transidentité.

Simon a 16 ans, il est homosexuel, mais personne ne le sait. Enfin, il y a Blue… Blue c’est un garçon de son lycée, mais il ne sait pas qui il est, ils échangent par mail suite à un message sur le blog du lycée. Et, même s’il ne connaît pas sa vraie identité, Simon craque sur Blue. Mais un jour, un camarade de Simon vient le voir pour lui dire qu’il a lu les mails…
Coup de cœur pour ce roman qui pourtant n’est pas de la grande littérature (on est proche de la lecture de plage, disons les choses), mais ici le suspense est très fort (mais qui est Blue ???), c’est bourré de scènes qui font du bien, c’est drôle, émouvant… Et puis, je dois l’avouer, j’ai versé quelques larmes au moment de la rencontre entre nos deux héros… C’est un roman que je n’arrivais pas à fermer (vous connaissez, le genre qu’on continue sur la route en sortant du métro pour en profiter encore quelques minutes) et j’ai été triste de quitter les héros… mais j’ai appris depuis l’existence d’une suite (Leah à contretemps) et je me réjouis d’avance de retrouver Simon. À noter que le livre sorti tout d’abord sous le joli titre Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens s’appelle désormais Love, Simon… comme l’adaptation qui vient de sortir au cinéma et que la jolie couverture a laissé place à l’affiche du film (ah les lois du marketing…).
Un roman extrêmement charmant, qui parle du coming out, des émois amoureux et de la découverte des codes du milieu homosexuel.

Ça change tout !
Texte de Cathy Ytak, illustré par Daniela Tieni
L’atelier du poisson soluble
16 €, 200×263 mm, 32 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
HEU-REUX !
de Christian Voltz
Rouergue
13,50 €, 230×210 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2016.
BOUM BOUM et autres petits et GRANDS bruits de la vie
Texte de Catherine Latteux, illustré par Mam’zelle Roüge
Pourpenser
10,50 €, 160×240 mm, 32 pages, imprimé en France, 2018.
Bichon – T3 – L’année des secrets
de David Gilson
Glénat dans la collection Tchô ! La collec
10,50 €, 215×295 mm, 48 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2017.
Princesse aime princesse
de Lisa Mandel
Gallimard dans la collection Bayou
16,75 €, 175×245 mm, 124 pages, imprimé en Espagne, 2008.
Le mari de mon frère – T1
de Gengorah Tagame (traduit par Bruno Pham)
Éditions Akata dans la collection L
7,95 €, 130×180 mm, 180 pages, imprimé en Italie, 2016.
La règle d’or
d’Isabelle Minière
Éditions du Jasmin
8 €, 130×190 mm, 64 pages, imprimé en France, 2013.
L’amoureux de papa
Texte d’Ingrid Chabbert, illustré par Lauranne Quentric
Kilowatt dans la collection Les kapoches
7,30 €, 140×180 mm, 41 pages, imprimé en U.E., 2017.
Mariez-vous !
d’Alain Germain
Oskar Éditeur dans la collection Court-Mé-trage
6 €, 115×170 mm, 49 pages, imprimé en Europe, 2013.
L’oncle Mika
de Gwladys Constant
Oskar Éditeur dans la collection Court-Mé-trage
6 €, 115×170 mm, 48 pages, imprimé en Europe, 2014.
C’est notre secret
de Raphaële Frier
Thierry Magnier dans la collection Petite poche
3,90 €, 105×150 mm, 48 pages, imprimé en République Tchèque, 2018.
Harvey Milk – Non à l’homophobie
de Safia Amor
Actes Sud Junior dans la collection Ceux qui ont dit non
8 €, 112×177 mm, 96 pages, imprimé en France, 2014.
À copier 100 fois
d’Antoine Dole
Sarbacane dans la collection Mini-romans
6 €, 110×175 mm, 56 pages, imprimé en Bulgarie, 2015.
Trans Barcelona Express
d’Hélène Couturier
Syros dans la collection Hors-Série
15,95 €, 150×220 mm, 224 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2018.
Love, Simon (ou Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens)
de Becky Albertalli (traduit par Mathilde Tamae-Bouhon)
Hachette Roman
17 €, 135×215 mm, 320 pages, imprimé en Espagne chez un imprimeur éco-responsable, 2015.

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Oser !

Par 18 mai 2014 Livres Jeunesse

Vaincre ses peurs, sa timidité, ce n’est pas toujours facile. Aujourd’hui, trois courts romans sur ce sujet.

TimotheyFuseeTimothey Fusée est un petit garçon. Il aime les expressions désuètes, n’aime pas voir les gens s’embrasser sur la bouche et, surtout, il a des super pouvoirs. Il a une grande sœur qui adore plier des choses, consoler son petit frère, qui se réjouit quand il est heureux et qui ne se met jamais en colère, bref une peste ! Il a aussi un petit frère fan de pots et de pompiers. Quand il sera grand, Timothey Fusée sera joueur de foot, inventeur et cuisinier, mais pour l’instant c’est un petit garçon qui ne prend jamais le métro par peur des zombies, ne passe jamais d’une couleur de trottoir à l’autre sans faire un saut, ne mange jamais d’aliments qui contiennent des œufs (par peur d’un morceau de coquille). D’après certains, c’est un enfant compliqué.

C’est grâce à Amanda Sthers que nous pouvons lire l’histoire de Timothey Fusée, elle a trouvé son carnet secret à l’entrée d’un métro de New York, a demandé à Ronan Badel de colorier les dessins de Timothey et Nathan a publié tout ça (pas très sympa, il avait pourtant demandé à ce que ce carnet reste secret !). Un joli carnet avec une couverture à tranche à vif et un élastique pour le fermer. Ça se lit comme un roman illustré, c’est drôle, plein de fantaisie, ça parle donc d’affronter sa peur (Timothey va devoir prendre le métro malgré sa peur des zombies), d’amitié, d’amour. Un GROS point négatif toutefois, qui a failli faire que je ne le chronique pas, c’est qu’en début d’ouvrage on nous dit par qui est habillé un des personnages du livre, petite pub en passant… placement de produits dans un livre pour enfant… je trouve ça tout simplement hallucinant ! Mais j’ai pris tellement de plaisir à lire cette histoire, ma fille l’a tellement aimé, et les illustrations de Ronan Badel sont tellement chouettes que j’ai décidé d’outrepasser ce gros défaut (mais je ne pouvais pas passer ça sous silence). Un roman jeunes lecteurs (qu’on peut aussi lire aux plus jeunes, c’est ce que j’ai fait avec ma fille de six ans) pour oser affronter ses peurs.

La reine de la nuitChacun ses peurs, pour certains ce sont les araignées, pour d’autres le noir, pour Félix, onze ans, ce sont les ciels étoilés. Impossible pour lui de regarder par la fenêtre la nuit. Il n’est pas le seul à avoir des peurs irrationnelles, son père a peur du vide, sa mère de se noyer et sa grand-mère est même gérascophobe ! Comprenez qu’elle a peur de vieillir. Pourtant elle vieillit cette grand-mère, les parents de Félix s’en rendent compte et en font même un peu trop. Pourtant certains évènements vont peut-être leur donner raison… Un évènement qui va même faire que Félix va devoir affronter ses propres peurs…

La reine de la nuit c’est un très joli petit roman signé Benoît Broyart. Un roman dont on n’a pas forcément la clef… La grand-mère de Félix perd-elle la tête ou est-elle drôlement maline et sait quoi faire pour faire que son petit-fils affronte ses peurs ? Donc au choix une histoire sur la sénilité des personnes âgées traitée avec beaucoup de finesse, de pudeur OU une histoire pleine d’humour sur une drôle de mamie. Dans les deux cas, c’est un très beau roman qu’on prend beaucoup de plaisir à lire.

Tu veux jouer avec moi ?Au numéro 1 de l’allée des bambous vivait un panda qui rêvait d’oser aller voir sa voisine, Pandora. Au numéro 2 de l’allée des bambous vivait Pandora, qui aurait beaucoup aimé parler à son voisin. Ces deux-là s’ennuient chacun de leur côté, mais leur timidité les bloque… Que faire ?

Sorti dans la collection Premières lectures de chez Folio Cadet, voilà un très joli petit roman sur la timidité, la peur d’aller vers l’autre. Ce n’est pas facile de faire de la bascule quand il n’y a personne de l’autre côté, à qui envoyer le ballon quand on joue seul ? Ces deux-là vont trouver la vie bien plus sympa quand ils auront enfin osé se parler. Un roman premières lectures pour parler de surmonter sa timidité.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Amanda Sthers (Le poisson perroquet), Ronan Badel (La bonne humeur de Loup GrisDragons père et fils, Billie du bayou, le banjo de Will, Billie du bayou, SOS Garp en détresseHenri ne veut pas aller au centre de loisirs, Cucu la praline se déchaîne, Emile se déguise, Bob le loup, Émile veut une chauve-souris, Émile est invisible, Émile fait la fête, Émile veut un plâtre, La mémé de ma mémé, Tout ce qu’une maman ne dira jamais et Le pépé de mon pépé) et Benoît Broyart (Auprès de mon arbre, La bouche de l’ogre, Les caprices de Mélisse, Vers un monde alternatif ? et Magie noire). Retrouvez aussi notre interview de Ronan Badel,.

Le carnet secret de Timothey Fusée
Trouvé par Amanda Sthers, colorié par Ronan Badel
Nathan
14,90 €, 180×235 mm, 64 pages, imprimé en Chine, 2013.
La reine de la nuit
Texte de Benoît Broyart
Oskar Éditeur dans la collection Court MÉ-trage
5 €, 115×170 mm, 75 pages, imprimé en Europe, 2013.
Tu veux jouer avec moi ?
Texte de Julia Jarman (traduit par Vanessa Rubio-Barreau), illustré par Susan Varley
Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Cadet
4,90 €, 142×190 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

À part ça ?

Il y a le Festival de Cannes… et il y a le Festival de scan !

Gabriel

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Petits romans pour petits lecteurs

Par 14 novembre 2013 Livres Jeunesse

Voici une sélection de romans pour les jeunes lecteurs ou pour ceux qui aiment les romans courts.

Emilie se maquilleÉmilie tente de se maquiller mais c’est une catastrophe ! Son frère Stéphane passe par là et propose de l’aider… seulement c’est encore pire ! Émilie est furieuse du résultat. Et si ce maquillage raté se transformait en quelque chose de réussi ?

Emilie Les empreintes mystérieusesÉmilie, Sidonie et Guillaume se promènent et aperçoivent des traces de pas, tout de suite ils reconnaissent les traces d’Arthur, le hérisson. Seulement un peu plus loin il y a des traces terrifiantes comme si elles étaient celles d’un dragon et comme par hasard Élise a disparue ! Vite il faut suivre les traces de pas !

Emilie Le papillon de l'écoleAlors qu’Émilie, Sidonie et Léa vont se laver les mains après avoir fait de la peinture, un papillon entre dans l’école et tourne autour d’elles. Les petites filles essayent de le faire sortir, s’amusent énormément à tenter de l’attraper seulement celui-ci ne se laisse pas prendre et chaque tentative ratée laisse des traces de peinture sur les murs.

Emilie Le ballon jauneÉmilie court avec son nouveau ballon jaune, elle est heureuse. Son ballon ressemble à un soleil. Elle croise Sidonie qui a le même qu’elle et a d’ailleurs fait la même comparaison. Puis c’est au tour de Nicolas d’arriver avec le sien, pour lui son ballon jaune c’est un dragon. Et si on dessinait dessus pour ne pas les confondre ? Seulement il ne faut pas appuyer trop fort !

Vous connaissez certainement Émilie et si vous suivez le blog vous savez que je suis fan de ce petit personnage. Après le dessin animé tiré des livres, voici les livres tirés du dessin animé ! On oublie donc la petite fille croquée par Domitille de Pressensé car c’est ici une captation des images en 3D. Bonne idée ou pas, je vous laisse avoir votre propre avis ! En tout cas, ces quatre petits romans pour jeunes lecteurs (dès le CP) qui viennent de sortir proposent de jolies histoires dans lesquelles on retrouve bien l’esprit de la série d’origine. À la fin de ces ouvrages, des petits jeux sont proposés. Faire ses premiers pas de lecteur autonome avec Émilie, c’est plutôt sympa, non ?

Prune et l'argent de pocheVous connaissez Prune ? On vous a déjà parlé de ce personnage piquant, ce coup-ci elle a besoin d’argent ! Elle veut offrir un cadeau à son copain Barnabé mais quand on n’a même pas d’argent de poche ce n’est pas facile ! Prune va donc devoir faire preuve d’ingéniosité pour trouver l’argent nécessaire… et les idées, Prune, c’est pas ce qu’il lui manque !

Je suis vraiment fan de ce personnage de Séverine Vidal et chaque fois qu’une de ses aventures sort je suis ravi de la retrouver. Prune piquante à souhait, le genre de petite fille qui a un caractère affirmé et des idées bien à elle. Ici on est entre le roman jeune lecteur et l’album (un peu comme un roman graphique pour les plus jeunes) et c’est toujours aussi réussi ! C’est le cinquième volume des aventures de Prune et on en veut plein d’autres !

Ce que tu cherches tu trouverasIl fait peur le quartier des platanes. Fatou et Yan sont intrigués, que peut-il y avoir dans cet endroit abandonné caché par une palissade. Parfois de leurs fenêtres, à la tombée du jour, ils aperçoivent des formes étranges qui s’y promènent. Un jour où leur ballon passe par-dessus la palissade ils décident d’aller voir… pas rassurés !

Ce que tu cherches tu trouveras c’est le message que trouve Fatou dans un biscuit chinois et c’est le nom de ce joli roman pour jeunes lecteurs signé Charlotte Bousquet et illustré par Fabien Fernandez. Ici il est question de peur (et de la surmonter), des a priori, d’amitié, d’amour. Fatou et Yan ne retrouveront peut-être pas le ballon… mais ils trouveront quelque chose, c’est certain !

Mia des nuagesMia est du genre gourmande, son plaisir c’est ses tartines au beurre de cacahuète. La jeune fille a aussi une passion, la danse. Seulement quand son professeur de danse se casse la jambe, elle est remplacée par mademoiselle Sèchepince qui va faire comprendre (pas très subtilement) à Mia qu’il faut qu’elle maigrisse. Mia va donc arrêter le beurre de cacahuète et le reste… jusqu’à devenir légère… légère… au point de s’envoler, c’est le début d’une grande aventure.

Mia des nuages est aussi une sorte de conte, très particulier. L’histoire commence par être très « réelle » avec le diktat de la minceur, l’anorexie puis l’auteur nous emmène dans un récit fantastique où Mia vole, parcourt le monde et devient tour à tour esclave, attraction. C’est une très belle histoire, complètement originale sur la différence, l’entraide et l’amitié magnifiquement mise en image par Xu Hualing .

L'invitation faite au loupParce qu’il en a assez de se faire courser par le loup un cochon lui propose un marché : s’il arrive à passer une épreuve qu’il lui a concocté, le loup aura le droit de le manger. Dans le cas contraire il le laisse définitivement tranquille ! Gonflé non ? Le loup qui n’a jamais réussi à rattraper ce cochon très rapide est forcément tenté ! Le rendez-vous est pris, ça sera à la ferme. Autant vous dire que les animaux ne sont pas ravis d’apprendre que le loup va leur rendre visite… Le loup réussira-t-il cette épreuve ?

Beaucoup d’humour dans ce petit roman de Christian Oster illustré par Anaïs Vaugelade. L’auteur joue avec les mots, on essaye de deviner en même temps que le loup les réponses aux énigmes. C’est le genre de texte qu’on se régale de lire à voix haute (les Mouche sont normalement pour des enfants qui savent déjà lire mais, personnellement, j’adore les lire à ma fille de cinq ans et elle a adoré cette histoire). L’invitation faite au loup est un conte très original, plein d’humour et de suspense.

Le violon d'AbigailAbigail ne parle plus depuis le décès de sa mère il y a deux ans. Ce n’est pas avec plaisir qu’elle déménage avec son père, quittant Nantes pour le sud de la France. De son nouvel appartement, souvent Abigail entend une plainte sans savoir ce que c’est, ni d’où ça vient. La jeune fille aime se réfugier dans la petite cour de l’immeuble, un petit patio avec un puits. Un jour elle y rencontre un homme bien étrange…

Le violon d’Abigail a été une belle surprise, j’ai été emporté par cette histoire de jeune fille, entre rêves et réalité. Une sorte de conte pour jeunes lecteurs. Je parle aussi de belle surprise car comme beaucoup j’ai parfois des a priori idiots sur l’auto édition (mais je ne leur ferme pas ma porte). Et là en plus d’une belle histoire écrite avec  une très belle plume, l’objet est beau avec son papier épais et sa couverture à rabats et les illustrations à la peinture de l’auteur (et éditrice donc) sont vraiment réussies. Elles accompagnent parfaitement ce texte doux et poétique. Un très joli roman.
Vous découvrirez les illustrations dans la bande annonce du livre.

Le plus joli des rêvesIl était une fois un rêve… pas un rêve comme il en existe beaucoup, celui-là était le plus joli des rêves qu’on puisse imaginer. Mougueule, l’homme le plus puissant du pays, voulait absolument ce rêve, il avait déjà tout, il ne lui manquait que ça ! Mais comment attraper un rêve… il chargea le pauvre Grand Gaston de s’en occuper.

Le plus joli des rêves est une magnifique histoire signée Nathalie Brisac. Un conte extrêmement poétique, plein de douceur et d’humour. On a beau avoir le pouvoir, on ne peut pas tout avoir et parfois c’est ceux qui en ont le moins qui peuvent s’emparer des choses les plus précieuses. Une belle histoire pleine de sens qui va ravir les jeunes rêveurs.
Le même vu par Délivrer des livres, Parfums de livres, Qu’importe le flacon, Enfantipages, Les lectures de Kik, Sous le feuillage et Les lectures de Liyah.

Les mots perdusAntonin, un garçon d’une dizaine d’années, est en vacances en Bretagne avec la compagne de son père. Il rencontre Rose, qui travaille sur les marchés pour aider ses parents. Celle-ci lui présentera son ami Jakez, amoureux d’une jeune africaine rencontrée sur internet qui n’a pas pu avoir de visa pour venir le voir. Ensemble ils vont essayer de percer le secret de la maison de la morte aux bijoux, une maison isolée qui se trouve sur une île qu’on peut rejoindre à marée basse.

Les mots perdus est un très beau roman qui nous emmène là où on ne l’attend pas. Au départ, trois enfants qui partent à l’aventure, dans une maison qu’on dit hantée. On sent qu’ils ont envie de grands frissons, de découvrir des trésors. En fait ils vont trouver tout autre chose. Même si j’ai trouvé parfois qu’il y avait un souci entre l’âge donné des héros (ils entrent en sixième) et ce qu’ils vivent (travailler sur un marché, inviter quelqu’un qu’on connait d’internet et qui vit dans un pays lointain chez soi pour les vacances, leurs parents les laissent aller sur une île sachant que si la marée monte ils y seront coincés pour la nuit,…). Malgré cette petite interrogation donc, Yves Pinguilly a écrit un très beau roman qui parle de la mémoire, des frontières, de l’amitié.

Charly Tempête On déménageLe très bricoleur Charly Tempête (et oui c’est son nom), 9 ans, déménage ! Alors ce n’est pas de gaité de cœur, on ne quitte pas comme ça une maison pleine de charme avec un magnifique jardin pour une maison caca d’oie avec un jardin tout petit et sans arbres ! Mais il le fallait, son papi vieillit et est très seul depuis que sa femme est morte. La mère de Charly, qui aimait tant son « Céleste refuge » (comme elle appelait sa maison), déprime. Elle qui chantait tout le temps (même quand elle faisait brûler le dîner), n’est plus la même. Heureusement le père de Charly a une idée, et si on organisait une fête ? On invite les voisins et pourquoi pas des amis d’enfance de maman (c’est l’avantage d’être revenu près de là où elle a grandit) ? L’organisation ne sera pas de tout repos…

Charly Tempête Drôle de rentréeÇa y est, Charly est bien installé dans sa nouvelle maison, mais maintenant c’est l’heure de la rentrée… Charly redoute ce moment car on lui a dit que son institutrice était terrible ! Le jour J rien ne se passe comme prévu ! Son nouveau copain Djawad n’est pas au rendez-vous. Ensuite c’est le portail de l’école qui ne s’ouvre pas (heureusement que Charly est ingénieux et invente un cascourte-échelle ( un casque combiné avec un double décimètre en fer qui permet de faire grimper les autres sur sa tête pour passer par-dessus le portail. Enfin la fameuse institutrice n’est pas là, mais ça c’est pas forcément une mauvaise nouvelle… quoique…

Charly Tempête est une toute nouvelle série sortie chez Casterman. Les deux premiers tomes laissent présager une très bonne série. Annelise Heurtier signe un texte plein d’humour et en même temps qui parle d’aujourd’hui (déménagement, personnes âgées, manque de moyens dans l’éducation nationale…). Elle fait passer des petites choses sans que ça soit lourd. On rit beaucoup aux aventures du jeune garçon et surtout à ses inventions. Les illustrations de Clotka accentuent ce côté moderne. Deux romans plein d’humour encrés dans la réalité actuelle qui devraient séduire les jeunes lecteurs d’aujourd’hui.
Des extraits ici.
Les mêmes vus par Enfantipages.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des Émilie (Émilie en route pour l’école, Émilie et le pique nique, L’alphabet, Les chiffres, Émilie au marché, Émilie et le bébé de neige, Émilie fait pipi au lit, Émilie et le doudou, Émilie et les poussin, La maison d’Émilie et les 16 premiers de la nouvelle série et les autres séries), des livres de Séverine Vidal (Une girafe un peu toquée, Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps) , Kris di Giacomo (Tous les monstres ont peur du noir, Prune cherche son style, Prune et la colo d’enfer, Quand le loup a faim, Prune : la grosse rumeur, Prune : le fils de la nouvelle fiancée de papa), Charlotte Bousquet (Proie idéale, Rouge tagada et Précieuses, pas ridicules), Fabien Fernandez (Voyage polaire), Janine Teisson (L’ogre bouquiniste), Xu Hualing (L’étoile de Grand’Pa, Manon et la caverne aux brigands), Anaïs Vaugelade (Le poulet fermier et Mission impossible), Rascal (Le temps des ours), Yves Pinguilly (La couleur des yeux), Annelise Heurtier (Sweet Sixteen, Le carnet rouge et La fille aux cheveux d’encre) et Clotka (Les aventures de Tit’Oignon). Nous avons déjà interviewé Domitille de Pressensé, Séverine Vidal, Kris di Giacomo, Fabien Fernandez et Annelise Heurtier.

Émilie se maquille
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Les empreintes mystérieuses
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le papillon de l’école
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le ballon jaune
d’après les personnages créés par Domitille de Pressensé (auteur non indiqué)
Casterman dans la collection Je commence à lire avec…
4,75€, 144×190 mm, 37 pages, imprimé en Chine, 2013.
Prune et l’argent de poche
Texte de Séverine Vidal, illustrations de  Kris Di Giacomo
Frimousse dans la série Prune
8,50€, 150×210 mm, 43 pages, imprimé en Lettonie, 2013.
Ce que tu cherches tu trouveras
Texte de Charlotte Bousquet, illustrations de Fabien Fernandez
Rageot dans la collection Petit roman
5,70€, 135×180 mm, 44 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
Mia des nuages
Texte de Janine Teisson, illustré par Xu Hualing
Oskar éditeur
9,95€, 145×210 mm, 56 pages, imprimé en Europe, 2012.
L’invitation faite au loup
Texte de Christian Oster, illustré par Anaïs Vaugelade
École des loisirs dans la collection Mouche
7€, taille en mm, 48 pages, imprimé en France, 2013.
Le violon d’Abigail
de Nathalie Desperches-Boukhatem
Éditions de la Gâtine dans la collection Mes rêves
10€, 125×180 mm, 36 pages, imprimé en France, 2012.
Le plus joli des rêves
Texte de Nathalie Brisac, illustré par Rascal
École des loisirs dans la collection Mouche
7,50€, 125×190 mm, 56 pages, imprimé en France, 2013.
Les mots perdus
Texte d’Yves Pinguilly
Oskar dans la collection Court MÉ-trage
5€, 115×170 mm, 81 pages, imprimé en Europe, 2013.
On déménage !
Texte d’Annelise Heurtier, illustré par Clotka
Casterman dans la collection Charly tempête
6,95€, 195×135 mm, 80 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Drôle de rentrée !
Texte d’Annelise Heurtier, illustré par Clotka
Casterman dans la collection Charly tempête
6,95€, 195×135 mm, 80 pages, imprimé en Espagne, 2013.

A part ça ?

Le guide de l'édition jeunesse 2014 Le guide de l’édition jeunesse 2014 est sorti ! Ce gros guide, qui existe depuis dix ans, est ultra complet ! Conseils aux auteurs et illustrateurs (conseils artistiques mais aussi juridiques, commerciaux…), annuaire des éditeurs, auteurs, sites internet, publications spécialisées… C’est une bible ! Autant pour les auteurs et illustrateurs qui y trouveront des tas de conseils qui leur serviront, que pour tous les passionnés et professionnels de la littérature jeunesse qui se serviront des annuaires. A la fin de l’ouvrage, on trouve même des petites annonces. Une bible on vous dit !
Plus d’info, l’acheter etc sur leur site.
A noter, si vous allez au salon de Montreuil (du 27 novembre au 2 décembre) vous pourrez le feuilleter sur le stand CRILJ / GRIFFON (stand n° G29).

Gabriel

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Même pas peur ? (+ concours illustrateurs)

Par 9 juillet 2012 Livres Jeunesse

Week-end du 15 août, Thomas est seul chez lui. Sa mère, guitariste dans un groupe de rock, est en tournée et le quartier s’est vidé. Pas facile pour Thomas, qui a une jambe dans le plâtre, de se débrouiller seul. Et l’ennui guète… L’ennui ne va pas durer longtemps car Thomas entend un hurlement et en regardant par sa fenêtre pour voir d’où ça vient, il voit une femme se faire étrangler et surtout l’étrangleur voit Thomas être témoin de la scène.

Sandrine Beau a décidé de faire frissonner nos ados et disons-le clairement : elle est douée pour ça ! Ce mini roman d’une cinquantaine de pages est prenant, captivant, angoissant. On a peur pour Thomas. Comme dans tout bon polar il y a l’écoute des pas, caché derrière un meuble et l’angoisse des portes qui s’ouvrent. On pense évidemment à Fenêtre sur cour d’Hitchcock mais aussi à Seule dans la nuit de Terence Young, il y a un côté très cinématographique. En tout cas une chose est sûre, Sandrine Beau n’est jamais aussi bonne que quand elle écrit pour les ados (Des crêpes à l’eau en est également un bon exemple).

Quelques pas de plus…
L’étrangleur du 15 août vu par Enfantipages.
D’autres livres de Sandrine Beau sur La mare aux mots : Ma maman est comme ça, Mon papa est comme ci, On n’a rien vu venir, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Des crêpes à l’eau, L’hippopotin et L’été où mon grand-père est devenu jaunophile. Retrouvez aussi l’interview de Sandrine Beau que vous avions réalisée.

L’étrangleur du 15 août
de Sandrine Beau
Oskar éditeur dans la collection Court MÉ-trage.
5€, 50 pages, 170x115mm, imprimé en Europe

A part ça ?

J’ai lancé une sorte de petit concours la semaine dernière, dessinez notre prochaine banderole ! Comme nous ne gagnons pas d’argent avec la mare aux mots (au contraire…) le gagnant ne recevra pas une grosse prime ou un voyage à New York mais recevra un petit cadeau. De plus toutes les participations seront mises sur notre groupe facebook avec le lien vers votre blog. Envoyez vos participations à contact(at)lamareauxmots(point)com. Vous avez jusqu’au 31 juillet !

Gabriel

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