La mare aux mots
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Création

Là-haut, tout là-haut

Par 27 février 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose un voyage dans le ciel, ça vous dit ?

Une nuit sans étoileDans le ciel vivait un mange-lumière. Il se nourrissait d’étoiles. À force de les manger, un beau jour il n’y eut plus d’étoile dans le ciel et c’est la lune qu’il croqua. Il ne restait plus rien jusqu’à ce qu’une luciole passe par là…

Une nuit sans étoile est un album extrêmement original. Des illustrations très graphiques, une histoire vraiment très poétique. On est ici dans un univers à part, j’ai rarement vu un album qui à ce point ne ressemble à rien d’autre. J’ai été touché par l’histoire… tout en ne comprenant pas forcément exactement de quoi elle me parlait (mais avons-nous besoin d’avoir toutes les clefs d’une œuvre pour l’apprécier ?). Un album poétique et graphique.
Découvrez les illustrations intérieures dans une vidéo.

Éclats de LuneCette nuit Kun-Yi a décidé de passer à l’action, pour lui cette nuit de pleine lune c’est le bon moment ! Il va voir tour à tour le renard, la belette, le loup, le cochon, la chèvre, le cheval et le coq. À tous il explique qu’il a besoin d’eux, mais qu’il ne peut pas leur expliquer pour l’instant. Tous le suivent intrigués. Kun-Yi n’a certainement pas choisi, par hasard, ces animaux-là et une nuit de pleine lune…

Quel bel objet ! Si l’on glisse les pages intérieures d’Éclats de lune hors de la couverture et qu’on les déplie, on a devant les yeux une magnifique fresque de dix mètres de long ! On parle ici de la création (sans trop vous dévoiler l’histoire). On parle aussi d’avoir besoin de chacun, que nos spécificités, ce qui fait qu’on est différent des autres, peuvent être utiles. Mais même si le conte de Pierre Cornuel est très beau, c’est surtout dans l’objet que réside le principal intérêt d’Éclat de lune. Un magnifique album à déplier.
Découvrez des extraits (et plein d’autres choses) sur le blog de HongFei.

litchi dans l'espaceJacky (9 ans), Michèle (7 ans), Bernard (8 ans) et Litchi leur ami dragon ont décidé d’aller visiter l’espace ! En route pour le cosmodrome, on enfile la combinaison spatiale et c’est parti ! Ils vont voyager autour de la Terre, sur la Lune, visiter les planètes du système solaire et aller encore plus loin. Ça, c’est du voyage !

Même s’il y a une histoire dans Litchi dans l’espace, on est plutôt ici dans un documentaire. Chaque double page nous donne des petites informations sur une planète, les astres, les équipements d’une fusée… C’est coloré et vivant grâce aux illustrations de Bérengère Delaporte. Entre l’album et le documentaire à portée des plus jeunes.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Laure Cadars (Barbouille et Mauricette font de la confiture avec les fruits de la forêt), Pierre Cornuel (Les deux maisons de Désiré Raton) et Bérengère Delaporte (Au secours ! J’ai perdu mon slip ! ou la véritable histoire de Tarzan et Le gang des gigoteurs).

Une nuit sans étoile
de Laure Cadars
Éponymes jeunesse
12 €, 300×215 mm, 24 pages, lieu d’impression non indiqué, 2013.
Éclats de Lune
de Pierre Cornuel
HongFei
17,90 €, 287×216 mm, 40 pages, imprimé à Taïwan, 2013.
Litchi dans l’espace
Texte de Jacques-Marie Bardintzeff, illustré par Bérengère Delaporte
Le pommier dans la collection Albums
14,90 €, 240×295 mm, 43 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.

À part ça ?

Hier, j’étais sur Aligre FM dans l’émission Écoute, il y a un éléphant dans le jardin pour parler de livres jeunesse sur la Bretagne. Vous pourrez réécouter ma chronique d’ici quelques heures dans l’onglet Chroniques radios.

Gabriel

 

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En route pour l’imaginaire

Par 21 octobre 2013 Livres Jeunesse

Mon papa qui venait pour me border,
Moi, déjà, dans mon pays rêvé
(…)
J’étais pas là, j’étais pas là, j’étais pas là…
J’étais pas là, Alain Souchon

On fait souvent des chroniques sur l’imaginaire des enfants (à tel point que je n’ai plus d’idées de titre pour les chroniques !), parce que c’est un sujet intéressant et parce que ça donne généralement de bons albums (soit poétiques, soit déjantés). Voici donc une nouvelle sélection d’albums dans lesquels les enfants voient des choses que nous ne voyons pas, partent dans des mondes qui nous sont inconnus.

L'abominable sac à mainS’il y a bien une chose qui terrifie cette petite fille, c’est le sac à main de sa mère ! Une fois, il a même avalé des clefs ! Mais la mère de la petite fille, inconsciente sans doute, a plongé son bras entier dans la gueule de la bête ! Elle a fini par les trouver au fond de l’estomac du monstre ! Mais bon, il a recommencé plusieurs fois, c’est un sac sauvage ! Au boulot, ce monstre terrifiant doit être utile pour éloigner les Kolaborateurs et les Kollègues dont sa maman parle tant… Mais à la maison, qui sait ce qu’il fait quand on a le dos tourné ?

Énormément d’humour dans L’abominable sac à main d’André Bouchard sorti au Seuil jeunesse. Il faut dire que c’est quand même un objet intriguant (pas que pour les enfants). Ici, la petite fille imagine que ce sac est un animal (mal dressé) qui mange les objets. Le soir avant d’aller se coucher elle le gave de jouets (avec des gants au cas où) pour qu’il n’ait pas faim pendant la nuit, de peur d’être dévorée (mais il y a quand même des objets qui disparaissent) ! On voit la vie des adultes vue par les enfants et c’est tordant. Les grandes planches d’André Bouchard sont magnifiques. Un album qui fera beaucoup rire les enfants, et tout autant les parents.

Bonne nuit eddieEddie habite dans un haut manoir (pour de faux, car en vrai c’est dans une petite maison), la nuit il discute avec son dinosaure et son cochon ailé (qu’il a rencontré une nuit où on l’avait oublié, dans une grande forêt). Ce qu’Eddie aimerait par-dessous tout c’est disparaître et grâce à la machine qu’il construit il sait qu’il va y arriver !

Bonne nuit Eddie est un album magnifique, aussi poétique que drôle, sur l’imaginaire des enfants. Qu’ils s’inventent des mondes ou des machines, les enfants voyagent parfois sans quitter leur chambre. Eddie est de ceux-là. De ceux qui voient le monde autrement. Eddie a pourtant l’impression que personne ne le voit, qu’il n’existe pas. En même temps, c’est pratique ! Ses parents vivent leur vie tranquillement sans savoir qu’il a de sacrés amis avec lui et qu’il invente une machine qui va faire des choses incroyables. L’histoire est vraiment belle et les illustrations d’Estelle Billon-Spagnol à l’encre de Chine sont merveilleuses, le duo fonctionne à merveille. Un magnifique ouvrage.
Quelques pages du livre.

Une girafe un peu toquéeElle en est sûre, si elle marche le long du trottoir sans tomber son frère va vivre jusqu’à 100 ans, si elle compte bien tous les petits pois sans se tromper, il fera beau tout l’été et si elle répète chaque fois le dernier mot de ses phrases, Malou sera amoureux d’elle. C’est certain ! Et pas seulement ça, il y a aussi les dalles noires qu’il faut éviter et ne marcher que sur les blanches, les poignées de porte qu’on tourne sept fois pour réussir les contrôles ou tant de choses encore ! Et elle n’est pas folle, sa girafe vous le confirmerait !

Avec la finesse et l’humour qu’on lui connaît, Séverine Vidal parle de ces jeux d’enfant qu’on a tous faits (non ?), marcher en suivant une ligne, compter nos pas (et si c’est un nombre pair elle va tomber amoureux de nous, sinon…), compter les voitures et se dire que si dans les 10 prochaines il n’y a aucune voiture bleue c’est qu’on n’aura pas de contrôle de maths… ce genre de petit jeu qu’on continue à faire un peu adulte (non ?), mais qui peuvent se transformer en tocs. Car c’est aussi de ça que parle Une girafe toquée, l’héroïne commence à faire ce genre de choses sans s’en rendre compte, puis ça commence à prendre une telle place dans sa vie que sa mère s’inquiète. Bien entendu, ce n’est pas lourd, jamais pesant (même si l’on devine des choses douloureuses) et l’on finit même par en rire. C’est ça le talent de Séverine Vidal. Le livre est sorti dans la collection Mouchoir de poche de chez Motus, très belle collection de livres noirs (donc le texte en blanc) dont l’auteur se charge lui-même des illustrations. Ici, Séverine Vidal a choisi d’illustrer son texte grâce à des fils de fer qu’elle a triturés (mon explication n’est sans doute pas claire mais l’illustration de la couverture est plus parlante). Un très beau texte, plein de poésie qui parle de l’imaginaire des enfants… quand il devient trop présent.

Du bout de mes doigtsDevant ses parents assis à la regarder, une petite fille raconte son périple. En levant le bras, elle a attrapé une noix de coco, puis elle a continué le voyage dans un lac et enfin sur la lune. Quelle belle aventure ce fut !

Avec peu de mots, Jorge Lujàn (traduit par Carl Norac) nous fait entrer dans le monde de cette petite fille qui voyage à dos de poisson et rencontre des licornes. Ses parents la regardent, attendris, raconter son histoire sur la première planche, sur la seconde ils sont encore là, dans un coin, un peu moins visibles, ensuite ils ne reviendront qu’à la fin du récit. Raconte-t-elle un rêve ? Un voyage qu’elle pense avoir vraiment fait ? Les illustrations de Mandana Sadat sont très belles et pleines de douceur et de poésie. Un bel album sur l’imaginaire, sensible et poétique.
Le même vu par Œil d’ailleurs.
Plus d’illustrations sur le site de l’illustrateur.

BulleBulle est si légère qu’elle s’envole à la moindre occasion. Elle est là et d’un coup la voilà dans le ciel, parmi les nuages. On a beau l’appeler, lui dire de redescendre sur Terre, Bulle n’est pas facile à ramener. Heureusement que parfois son père l’accroche à un fil pour pouvoir la faire rentrer à la maison.

Là aussi, quelle poésie ! Cette histoire d’enfant qui s’envole et qu’il est difficile à ramener parmi nous est pleine de douceur et de poésie (accentuées par les grandes et belles illustrations de Justine Brax). Bulle est un grand album dans lequel on a envie de s’évader, de suivre la petite fille dans ses voyages, de nous envoler avec elle. Un très bel album pour rêver, s’envoler.

LES SORNETTES DE GUILLEMETTEPendant que les autres regardent une petite boîte carrée, bien à l’abri de leur maison, Guillemette, elle, raconte des sornettes. Elle voit des choses que les autres ne voient pas, elle invente des histoires, chante pour faire pousser les lampadaires au milieu de la place du village. Alors forcément on la trouve bizarre et son père, le boulanger, voit ça d’un mauvais œil (pensez, que va dire la clientèle ?). Alors Guillemette est triste, elle décide de partir loin en Papoutrie Nouvelle Guirlande et dans la grande forêt d’Âme-à-Zombie.

Ici, on parle des rêveurs, des créateurs, de la différence… Guillemette invente des histoires que les gens ne veulent pas entendre, ils préfèrent regarder la télé. Alors Guillemette fuit et ira raconter ses histoires à des gens qui veulent l’écouter et là-bas elle en apprendra d’autres, dans ce pays où l’on aime raconter et écouter. Au-delà de l’histoire sur l’imagination, la création, le livre critique assez finement le rapport à la télévision (on peut se dire que c’est parce qu’ils l’ont vu à la télé qu’une fois rentrée chez elle, les gens l’écoutent désormais). Un album bien plus riche qu’il n’y paraît.
Le même vu par Enfantipages, La littérature de Judith et Sophie et par Clarabel.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres d’André Bouchard (Avant quand y avait pas l’école et Quand papa était petit il y avait des dinosaures), Amélie Billon-Le Guennec (Eulalie de la grande rêverie), d’Estelle Billon-Spagnol (La catcheuse et le danseur, Bad Lino, Les chaussettes qui puent, Les soeurs Tsss, La planète des mius, Ti-Jack, Chiche !, La rentrée de Jacotte, Jacotte en vacances, 5h22, Petit Lagouin, Le jardin du secret, Jacotte, Le petit bois du dimanche soir, À table et Mister Mok), Séverine Vidal (Bad Lino, L’œil du pigeon, Au pays des vents si chauds, Petit Minus, Le laboureur de nuages & autres petits métiers imaginaires, La grande collection, Mon papa est zarzouilleur, Clovis & le pain d’épices, Rien qu’une fois, Philo mène la danse, Plus jamais petite, Comment j’ai connu papa, Arsène veut grandir, Lâcher sa main, Rouge Bitume, Comme une plume, J’attends Mamy, Roulette Russe tome 1 Noël en juillet, Je n’irai pas, Léontine, princesse en salopette, Mamythologie, On n’a rien vu venir, Du fil à retordre, Prune, tome 1 : La grosse rumeurPrune, tome 2 : Le fils de la nouvelle fiancée de papa, Prune, tome 3 : Prune et la colo d’enfer, 5h22, Les petites marées et La meilleure nuit de tous les temps) et Gwendoline Raisson (Fête d’anniversaire chez la famille Pompom). Retrouvez aussi nos interviews d’Estelle Billon-Spagnol et de Séverine Vidal.

L’abominable sac à main
d’André Bouchard
Seuil Jeunesse
15€, 246×318 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013
Bonne nuit Eddie
d’Amélie et Estelle Billon
Grasset Jeunesse
12€, 152×205 mm, 32 pages, imprimé en France, 2013.
Une girafe un peu toquée
de Séverine Vidal
Motus dans la collection Mouchoir de poche
4,50€, 105×150 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Du bout de mes doigts
Texte de Jorge Lujàn (traduit par Carl Norac), illustré par Mandana Sadat
Syros
14,50€, 258×260 mm, 28 pages, imprimé en France, 2013
Bulle
Texte de Charlotte Demanie, illustré par Justine Brax
De la Martinière Jeunesse
14€, 256×347 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Les sornettes de Guillemette
Texte de Gwendoline Raisson, illustré par Sandra Poirot Chérif
Naïve
15€, 307×250 mm, 30 pages, imprimé en Belgique, 2013.

À part ça ?

L’excellente librairie Dialogues, à Brest, met en ligne des vidéos d’enfants très drôles. Ils proposent un mot (charabia, conspuer, chamarré,…) et les enfants imaginent ce que ce mot peut vouloir dire. Vous pouvez voir ces vidéos sur leur chaîne Youtube.

Gabriel

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Une imagination débordante

Par 22 septembre 2013 Livres Jeunesse

Et si on s’évadait ?

Une princesse au palaisComme tous les mercredis elle attend sa grand-mère au café, installée à une table, la même que d’habitude. Autour d’elle ça vit… des amoureux qui se retrouvent, des religieuses qui fêtent un anniversaire, une femme à la tête d’antilope, des comédiennes du théâtre d’à côté qui boivent un café, le patron a la tête d’ours qui ne s’arrête jamais,… tout en observant ce petit monde, elle s’ennuie un peu, elle dessine…

Une princesse au palais est un album qui ne laisse pas indifférent : chef d’œuvre pour certains, « mais qu’est-ce que c’est que ce truc » pour d’autres (j’avoue me situer entre les deux, un pied de chaque côté). Cécile Roumiguière et Carole Chaix créent un monde entre réalité et imaginaire, celui que se créent les enfants quand ils s’ennuient. L’enfance le personnage en sort un peu, car on parle aussi de grandir ici… remportera-t-elle avec elle le doudou qui l’accompagne ? Qu’est ce qui fait que son ventre est « dur et noué »? Un grand album extrêmement poétique, très graphique, à l’atmosphère étrange. Le genre d’album qui marque.
Une vidéo qui vous permettra d’entrer dans cet univers. Réécoutez l’émission Écoute, il y a un éléphant dans le jardin qui en parle longuement avec ses auteurs.

Le monde imaginaire de MartinMartin aime s’évader, il s’enfuit dans un palais qu’il a créé pour éviter les moqueries (faut dire que les rêveurs, on s’en moque souvent). Martin a inventé son monde et finalement il est plus heureux là… s’il y restait ?

Les thèmes abordés dans Le monde imaginaire de Martin sont nombreux (volontaires ou non), on parle ici de la création (Martin dessine son monde), de l’imaginaire mais aussi, d’après moi, de l’autisme (Martin s’enferme dans son monde loin des autres). Je suis toujours aussi fan du dessin de Loren Bes qui a encore ici fait un travail superbe (même si j’ai l’impression qu’il a voulu rendre son univers plus « accessible » notamment dans le personnage de Martin). Un très bel album sur les rêveurs.
Vous pouvez le feuilleter ici.

Quelques pas de plus
Ce n’est pas la première fois que nous faisons une chronique sur l’imaginaire, vous pouvez par exemple lire celle-ci ou celle-là.
Nous avons déjà chroniqué des livres de Corinne Boutry (Anatole et le chêne centenaire) et Loren Bes (Les yeux du parapluie et Raconte-moi la Révolution…). Retrouvez aussi notre interview de Loren Bes.

Une princesse au palais
Texte de Cécile Roumiguière, illustré par Carole Chaix
Éditions Thierry Magnier
19€, 276×376 mm, 40 pages, imprimé au Portugal, 2012.
Le monde imaginaire de Martin
Texte de Corinne Boutry, illustré par Loren Bes
Mazurka
13€, 210×270 mm, 36 pages, imprimé en Union Européenne, 2013.

A part ça ?

On a a jouté une interview, celle de Lesly Carrer, dans notre fiche sur les vendeurs de droits à l’étranger, allez la lire .

Gabriel

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Garçons sensibles

Par 7 janvier 2013 Livres Jeunesse

Trois albums ayant pour héros des garçons sensibles.

PaulNon Paul n’est pas timide, il a la pigmentation fragile. Sa peau change de couleur selon ses émotions.

PaulRéparons une injustice, Paul est l’un des plus beaux albums sortis en 2012 et méritait de figurer dans mon top 10 et je m’en veux de l’avoir oublié. Les mots si bien choisis d’Alice Brière-Haquet et les belles illustrations de Csil en font un album absolument magique, poétique et sensible. C’est doux et beau… si beau ! Csil est décidément une des jeunes illustratrices les plus douées, elle fait passer énormément de choses dans ses dessins et elle sait décidément bien s’entourer (elle a précédemment illustré un texte de Séverine Vidal). Je connais Alice Brière-Haquet depuis peu et chaque fois je suis bluffé par sa plume, son lyrisme… quel talent ! (si vous ne connaissez pas je vous conseille aussi A quoi rêve un pissenlit). Paul est un album dont on tombe amoureux (quand je l’avais dans la main à Montreuil Paulune personne m’a interpelé en me disant « oh la la c’est mon plus gros coup de cœur de cette année » et une illustratrice (Manju) avec qui je discutais m’a dit aussi que c’était un des plus beaux albums du salon). Bref ne passez pas à côté de Paul, un superbe album sur la sensibilité, les couleurs et la création !

RIKIMINIRikimini est tout petit, si petit qu’il lui est difficile de se faire des amis et souvent on lui chante Rikimini  n’a pas d’ami ! Rikimini est rikiki ! Alors quand il le peut Rikimini quitte sa ville et part se réfugier dans la forêt à la recherche d’un ami… jusqu’au jour où il rencontre un gros Doudours, une belle histoire commence pour Rikimini qui se sentira moins seul et moins petit.

RikiminiTrès belle plume également que celle de Marie-Sabine Roger, le texte est vraiment beau (Rikimini rêvait tout haut. Mais les rêves qu’on ne peut raconter à personne, bizarrement, semblent moins beaux.), agréable à lire aux enfants et l’histoire les captive. Quel enfant n’a pas envie d’avoir un gros Doudours comme ami ? Ici on parle de l’imaginaire, des moqueries, d’amitié… et on en parle bien ! Les illustrations d’Alexandra Huard sont très belles, lumineuses, pleines de douceur et rajoutent un peu d’humour aux mots poétiques de Marie-Sabine Roger. Rikimini est un très bel album que je vous conseille de découvrir !

Anatole et le chêne centenaireAnatole ne voulait pas déménager… Déménager ça veut dire quitter ses copains, surtout quand il s’agit comme ici de partir pour la campagne. Bon d’accord il aura une grande chambre dans la nouvelle maison et ses soucis de santé devraient s’atténuer au grand air mais bon…  Il va falloir se refaire des copains (et qui veut être l’ami d’un enfant qui ne peut pas courir ?). Dans le jardin de la nouvelle maison Anatole va se trouver un ami, qui le rendra plus courageux, qui sera son confident… un chêne centenaire.

Toute nouvelle maison d’édition, Mazurka sort un très beau (et très prometteur) premier Anatole et le chêne centenairelivre. Anatole et le chêne centenaire est un bien bel album qui parle du déménagement, de la maladie, de devoir se faire de nouveaux amis et de la nature. Le chêne sera pour Anatole un précieux soutien par ce qu’il représente, la force. Il lui donnera du courage pour affronter le monde. Il représente aussi en quelque sorte la nature, qui va aider Anatole à mieux respirer. Corinne Boutry, qui signe ici son premier album, nous emporte dans sa très belle histoire aidée par les superbes illustrations de Marianne Alexandre. Mazurka, Corinne Boutry et Marianne Alexandre trois noms à suivre de près !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de…
Alice Brière-Haquet : A quoi rêve un pissenlit et Perdu !
Csil : Rien qu’une fois
Marie-Sabine Roger : 8 histoires à lire à deux, Les tartines au két-cheupe et La princesse de Fertabelle et la princesse de Fertamaline.

Paul
d’Alice Brière-Haquet, illustré par Csil
Frimousse
17€, 246×260 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2012
Rikimini
de Marie-Sabine Roger, illustré par Alexandra Huard
Casterman dans la collection Les albums Casterman
13,95€, 285×250 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2012.
Anatole et le chêne centenaire
de Corinne Boutry, illustré par Marianne Alexandre
Mazurka
9,50€, 170×235 mm, 25 pages, imprimé en UE, 2012.

A part ça ?

Si vous ne connaissez-pas le travail de Su Blackwell je vous invite à le découvrir : http://www.sublackwell.co.uk/portfolio-book-cut-sculpture

Gabriel

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Quelques activités pour ces journées de vacances

Par 4 novembre 2012 Loisirs Créatifs et Cahiers d'activités

Les vacances sont là, il ne fait pas super beau… il faut occuper les enfants ! Quelques cahiers d’activités.

Mon cahier Montessori de chez Nathan est un gros cahier avec des tas d’activités. Le livre contient 212 pages et il est plutôt complet. On va travailler sur les formes, les lettres et les sons, la nature et la géographie… sous forme de dessin, découpage, coloriage, collage (une planche de gommettes est d’ailleurs proposée en fin d’ouvrage),… Des activités il y en a ! Même si, parfois, les exercices tournent un peu en rond (souvent les mêmes) et dans le genre j’ai préféré celui de Balthazar. Le livre fourmille aussi de conseils aux parents pour aiguiller les enfants, les laisser travailler seuls (rappelons que la pédagogie Montessori est basée sur le fait que l’enfant doit apprendre à faire seul). Il s’adresse aux 3-6 ans, il est conçu par une enseignante et directrice d’une école Montessori et il est vraiment très sympa. .  Les enfants adorent ce genre de cahier et nous on adore les occuper intelligemment, non ?

    

Chez Deux coqs d’or viennent de sortir deux cahiers dans la collection Mon grand livre d’activités, un sur les princesses et fées et l’autre sur les chevaliers et pirates… et là ceux qui me connaissent savent déjà ce que je vais dire !  Pourquoi faire deux cahiers, un étiqueté fifille rose tout ça et l’autre garçon… Passé le sujet qui fâche on peut admettre qu’ils sont bien faits, sympa et complets ! Dans les deux on va retrouver des pochoirs (épées, armures, dragons d’un côté et licornes, cygnes et carrosses de l’autre), des choses à colorier, à découper, des petits jeux (et même des jeux de plateau), des autocollants, des histoires, de l’origami, des tests, des textes à trous pour créer une histoire… bref de quoi occuper des heures ! Encore une fois ce côté fille d’un côté et garçon de l’autre (et impossible d’acheter celui chevalier à une fille car les textes à l’intérieur sont vraiment destinés à un garçon) me gêne un peu… Mais bon si votre fille adore les princesses ou votre fils les chevaliers, foncez c’est fait pour eux !

Envie d’activités scientifiques ? C’est ce que proposent les éditions Usborne avec un petit carnet à spirales, 50 activités scientifiques. Ici on va faire vibrer une fourchette tenue par un fil pour comprendre les vibrations de l’air, percer le bas d’une bouteille d’eau introduire des pailles dans les trous puis de l’eau dans la bouteille pour tester l’énergie hydraulique, créer une mini guitare pour comprendre comment les vibrations font les notes ou encore découvrir l’ADN grâce à un oignon, du liquide vaisselle, du sel et de l’alcool. Bref 50 expériences toutes assez simples (généralement à faire avec un adulte quand même quand les enfants sont trop petits) qui vont permettre de comprendre des choses en sciences. C’est ludique tout en étant éducatif, c’est très bien fait, très bien expliqué, bref j’aime beaucoup !

Votre enfant aime la nature ? Alors voici Mon cahier nature ! Très complet et très bien fait il propose 100 activités généralement très sympa : créer un HLM à abeilles (grâce à des branches creuses), un aspir-insecte pour mieux observer les petites bêtes (personnellement je suis assez fan car c’est très ingénieux et ça permet vraiment d’attraper les insectes puis de les relâcher sans qu’aucun mal ne leur soit fait), fabriquer une lotion anti-moustique (là aussi ça ne tue pas, ça éloigne), un pain de graisse pour nourrir les mésanges,… Dans ce cahier on trouve des recettes de cuisine, des choses à fabriquer, du bricolage, du recyclage, des petits jeux… c’est franchement un très bon cahier d’activités. On voit apparaître de plus en plus de livres « nature » car ça marche et on sent que derrière… ce sont plus des gens qui cherchent la recette pour vendre que d’écologistes ! Ici on sent vraiment l’amour de la nature. L’auteur n’est autre que le génial Christian Voltz. Une vraie réussite !

Pour les amateurs de danse (et les autres !) Adolie Day vient de sortir Lilichou, l’atelier des ballerines. Cette illustratrice a de très nombreux fans et si vous en faites partie vous n’allez pas être déçus ! Ici on va apprendre à dessiner, on va colorier, coller (des autocollants sont proposés en fin d’ouvrage). C’est vraiment très bien fait, par exemple pour les dessins on montre à l’enfant des modèles et en face le dessin avec les principaux traits, l’enfant devra repasser puis ajouter ce qu’il manque puis au fur et à mesure des pages il y a de moins en moins de traits, l’enfant doit de plus en plus dessiner par lui-même. Il est aidé par une sorte de quadrillage. C’est vraiment une technique d’apprentissage pratique et bien faite. Tout ceci est aussi prétexte à apprendre les positions de danse classique. C’est vraiment un très joli carnet à spirales, très esthétique, adorable qui va faire craquer bien des enfants !

Pour terminer on va fabriquer des livres ! C’est quand même la chose principale qui nous réunit ici, non ? Je fabrique mes livres de Nadine Palmaerts et Marie Paruit est un très joli ouvrage (très coloré, bien illustré) qui va aider les enfants à fabriquer un livre de A à Z. Tout est fait pour que les enfants puissent faire le maximum de choses seuls. Ici c’est aussi un prétexte à comprendre comment sont fabriqués les « vrais » livres. Donc au programme découpage, reliure, recherche du titre et de l’illustration de couverture, les pages de garde… on va même apprendre à faire des livres pop-up, des livres accordéons, des livres éventails et des livres en forme ! On apprend aussi des techniques comme le collage. Bref pour les enfants qui aiment bricoler, fabriquer, se servir de leurs mains pour créer, ce livre va être un super cadeau ! L’éditeur l’indique dès 3 ans mais je pense que c’est un peu exagéré, personnellement je dirai plutôt 4 voire 5 ans.

Quelques pas de plus…
D’autres idées de loisirs créatifs et cahiers d’activités.

Mon cahier Montessori
de Marie Kirchner, illustré par Nicole Maubert
Nathan
12,90€, 230×270 mm, 208 pages, imprimé en France
Mon grand livre d’activités
de Karine Thiboult
Deux coqs d’or
13,50€, 247×293 mm, 96 pages, imprimé en Chine
50 activités scientifiques
de Georgina Andrews et Kate Knighton
Usborne
10,20€, 147×180 mm, 104 pages, imprimé en Chine
Mon cahier nature
de Christian Voltz
Petite plume de carotte et La petite salamandre
12€, 210×239 mm, 118 pages, imprimé en France
Lilichou, l’atelier des ballerines
de Adolie Day
Éditions Amaterra
12,50€, 178×236 mm, 75 pages, imprimé en Chine
Je fabrique des livres
de Nadine Palmaerts, illustré par Marie Paruit
Casterman
12,50€, 232×232 mm, 43 pages, imprimé en France

A part ça ?

Un petit concours pour gagner un très bon livre ? Cherchez les poissons chez D’orbestier.

Gabriel

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