La mare aux mots
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Danse

Pour l’amour de l’art

Par 19 novembre 2018 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous présente deux albums qui célèbrent l’art et la liberté de créer : le premier nous fait rencontrer une adorable fillette passionnée de danse, et le second nous présente une peintre créative mais pour le moins incomprise…

Diane danse
de Luciano Lozano (traduit par Sébastien Cordin)
Les éditions des éléphants
14,50 €, 210×300 mm, 44 pages, imprimé en Slovaquie chez un imprimeur écoresponsable, 2018.
Quelle horreur !
de Claire Lebourg
L’école des loisirs
12,70 €, 196×268 mm, 36 pages, imprimé en France, 2018.

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Deux jolis romans pour finir l’été en beauté !

Par 22 août 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui on découvre deux jolis romans qui parlent, chacun à leur manière, de l’importance de croire en ses rêves…

Herman et Rosie pour la vie
de Gus Gordon (traduit par Dominique Boutel)
Gallimard Jeunesse
5,50 €, 140×195 mm, 40 pages, imprimé en France, 2017.
Sans papiers
d’Agnès de Lestrade
Bulles de Savon
8,50 €, 140×190 mm, 60 pages, imprimé en France, 2017.

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Des petits romans pour l’égalité filles-garçons [article en libre accès]

Par 10 avril 2017 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on découvre des histoires qui bousculent les clichés, avec des petites filles et des petits garçons qui ne s’en laissent pas conter. Quatre courts romans pour s’interroger, débattre, réfléchir… parce qu’il n’y a pas d’âge pour aborder l’égalité !

Mattéo fête prochainement son anniversaire et a, pour l’occasion, confectionné une magnifique carte mêlant requins, camions, cœurs et paillettes. Séduit.e.s par l’invitation, ses ami.e.s acceptent de bon cœur, et entreprennent de lui chercher un cadeau. Mais pas facile de trouver la bonne idée pour un camarade qu’ils ne connaissent pas si bien, car il est arrivé deux mois plus tôt. Qu’à cela ne tienne, les enfants se débrouillent pour obtenir une liste de ce que souhaite Mattéo par l’intermédiaire de sa mère. Et là, c’est la stupéfaction ! Car sur la liste, on trouve un ballon de foot, une voiture de police, des dragons… mais aussi une dinette, un petit poney et une poupée ! On s’étonne, on s’inquiète, on n’y croit pas… Et puis petit à petit, on débat. Dans la petite bande, tout le monde y va de son avis et se creuse la tête : mais qui est donc cet étrange garçon dont les goûts ne rentrent dans aucune case ?
Ah, les jouets genrés et leurs rayons rose et bleus… Ce petit livre prend la question à bras le corps et permet aux plus jeunes de creuser leur réflexion. Si l’on peut lui reprocher un aspect un peu trop pédagogique (c’est d’ailleurs la maitresse, à l’aide d’un exercice plutôt malin, qui va aider les enfants à y voir un peu plus clair), le texte a le mérite d’inciter à réfléchir par soi-même, en suivant le débat que les enfants vont mener entre eux. Le sujet y est traité avec pertinence et simplicité, et le questionnement des personnages montre bien l’absurdité de la répartition. : les dauphins, c’est forcément pour les filles ? Mais alors ce sont les requins qui sont pour les garçons ? Et les perles, c’est un truc de filles ? Mais un dragon en perles, c’est pour qui ? Un petit roman qui fera sûrement réagir les jeunes lecteurs et lectrices, donc, et qui leur offre aussi une très jolie histoire d’amitié !
Un court roman parfait pour évoquer le sujet des jouets genrés.

Quand la maîtresse a demandé aux élèves d’écrire une pièce de théâtre sur le Moyen-Âge, Noé a choisi une histoire de chevalier et de princesse, certain qu’elle plairait à la belle Pénélope, dont il est éperdument amoureux. Pourtant, à la lecture, la petite fille a l’air peu convaincue et même passablement énervée. Pourquoi Noé aurait-il forcément le rôle du combattant courageux et elle celui de la demoiselle attendant comme une idiote en haut de sa tour ? Un peu déboussolé, le petit garçon se confie à son ami Azote le troll, qui trouve que les filles sont bien compliquées… Les deux amis entreprennent alors de répéter à leur tour la pièce de théâtre, dans l’espoir de comprendre ce qui a bien pu rendre Pénélope aussi furieuse. Mais Ozone, la sœur d’Azote, a elle aussi bien du mal à jouer les demoiselles en détresse : elle se bagarre, vient en aide au chevalier, et va jusqu’à l’embrasser brusquement sans lui demander son avis ! Vexés, les garçons décident de faire cavaliers seuls, mais une mésaventure survenue en chemin va leur montrer que les garçons aussi ont parfois besoin d’être sauvés…
Cette fois c’est aux contes traditionnels que l’on s’intéresse, avec leur lot de princesses éplorées et de chevaliers téméraires. Si le roman traite le sujet avec humour (et nous offre aussi une belle dose de péripéties), je dois dire que j’ai tout de même été un peu gênée à la lecture par le baiser forcé de la trollesse sur le petit garçon que j’ai trouvé évoqué assez légèrement, quand on voit combien il est important d’enseigner le consentement à toutes et tous. L’inversion des rôles (ici c’est la fille/trollesse qui force le garçon) peut cependant être vue comme un moyen de dénoncer un acte très présent dans les histoires classiques, et d’évoquer le sujet avec les jeunes lecteur.trice.s qui auront sûrement un avis sur la question. Malgré cette légère réserve, ce nouveau tome de Noé et Azote reste un très bon petit roman, qui évoque les clichés avec malice et pertinence et ne manquera pas de susciter le débat chez les plus jeunes !
Un bon petit roman pour réfléchir aux rôles traditionnels et bousculer les clichés !

C’est la rentrée pour le jeune Omar Canard, qui débarque dans une nouvelle école après un déménagement. Dès son arrivée, les ennuis commencent : on se moque de son manteau flambant neuf, on rit de son prénom, on le traite de vilain, de petit, de canard. À la récré, on lui propose tout de même une partie de football, mais Omar refuse, pas vraiment intéressé. Car la passion du petit garçon, ce n’est pas le ballon rond, mais la danse. Le soir, sur le chemin de la maison, il passe devant un lac où s’ébattent de magnifiques cygnes, et reste émerveillé devant leur beauté. C’est décidé, il sera aussi beau que ces derniers, et il dansera avec eux. En deux temps trois mouvements, le petit garçon se fabrique un beau costume, et entame sa carrière de danseur…
Voilà une réécriture du vilain petit canard vraiment originale. Plus court que les deux précédents, ce livre est parfaitement adapté aux débutant.e.s en lecture, avec son texte réduit à l’essentiel, ses dialogues représentés sous forme de bulles et la grande place qu’il laisse aux illustrations. Malgré sa simplicité, Le Vilain Petit Canard (ou presque) propose une variation autour du conte très bien amenée doublée d’une jolie histoire à la conclusion particulièrement émouvante. On peut aussi saluer la diversité présente dans les illustrations, qui font figurer des personnages de toutes origines, ce qui n’est malheureusement pas encore si courant (même si l’on progresse !).
Une vraie réussite, à mettre entre toutes les mains !

Dans la même série, on retrouve également Cendrillon (ou presque). Reposant sur le même principe, celui-ci nous propose une réécriture de l’histoire de la célèbre princesse à travers le personnage de la petite Sandi, une fillette passionnée de football. Bien que très douée, cette dernière peine à s’intégrer dans l’équipe de filles de son quartier, car deux méchantes sœurs se moquent de sa tenue en piteux état. Quand vient le jour du grand concours départemental destiné à désigner la meilleure joueuse, les sœurs l’écartent du groupe. Peinée, la fillette va se réfugier à la bibliothécaire où travaille sa marraine, qui lui dégote une tenue de sport et décide illico presto de l’emmener au tournoi. Sandi y montre toute l’étendue de son talent, mais au moment de désigner la grande gagnante, elle prend peur et s’enfuit. Heureusement, la petite fille a semé sur son chemin une de ses chaussures de foot, et les organisateurs vont vite identifier la mystérieuse joueuse !
Tout aussi réussi que Le Vilain Petit Canard, Cendrillon (ou presque) s’adresse aux enfants un tout petit peu plus à l’aise avec la lecture (mais reste tout de même très accessible). Les références au conte y sont nombreuses, bien trouvées et plutôt rigolotes (la super marraine bibliothécaire conduit par exemple une voiture orange baptisée Citrouille). On peut saluer également le fait qu’ici les clichés sont démontés sans même être mentionnés : le don pour le football de la petite fille et la présence d’une équipe de filles sont présentés comme des choses tout à fait normales. Voilà donc une petite Cendrillon bien différente de celle que l’on connait, et dont le courage et la débrouillardise sont particulièrement salvateurs !
Une Cendrillon nouvelle génération, qui donne un bon coup de pied dans le conte originel et démonte au passage pas mal de clichés !

Le garçon qui jouait à la poupée
de Roger Judenne
Oskar dans la collection Premiers romans
8,95 €, 130×200 mm, 42 pages, imprimé en Europe, 2016.
Noé et Azote T.9 : Coup de théâtre !
Texte de Mim et Benoît Bajon, illustré par Aurélie Guillerey
Magnard Jeunesse dans la collection Mes premiers romans
5,90 €, 145×195 mm, 48 pages, imprimé en Belgique, 2017.
Le Vilain Petit Canard (ou presque)
Texte de René Gouichoux, illustré par Rémi Saillard
Nathan dans la collection Premières lectures
5,60 €, 145×190 mm, 31 pages, imprimé en France, 2017.
Cendrillon (ou presque)
Texte de René Gouichoux, illustré par Rémi Saillard
Nathan dans la collection Premières lectures
5,60 €, 145×190 mm, 31 pages, imprimé en France, 2017.

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Quelques pas de danse et deux grands départs

Par 1 avril 2016 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, on découvre deux jeunes filles dont la vie va prendre un nouveau départ. La première part pour Paris afin d’y vivre sa passion, tandis que l’autre, sans s’éloigner de chez elle, va vivre de grands bouleversements.

Danse avec les choux
d’Anaïs Sautier
L’école des loisirs, dans la collection Neuf
8,50 €, 125×190 mm, 144 pages, imprimé en France, 2016.
Ma fugue chez moi
de Coline Pierré
Le Rouergue, dans la collection DoAdo
10,20 €, 140×205 mm, 115 pages, imprimé en France, 2016.

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Petits albums

Par 30 avril 2015 Livres Jeunesse

C'est pas toujours pratique d'être une créature fantastiqueTout le monde rêve d’être une licorne, non ? Enfin, dit comme ça, peut-être pas, mais disons que vous êtes obligés de vous transformer en une créature fantastique et qu’on vous demande de choisir, vous prendriez la licorne, non ? Oui ? J’en étais sûre.
Oui, mais avez-vous vraiment envisagé la vie quotidienne d’une licorne ? Imaginez un peu une salle de cinéma remplie de licornes, une partie de cache-cache, ou encore une tentative de marquer un but de la tête au cours d’un match de foot (et je parle même pas du coup de boule de Zidane), tout de suite, ça se complique, cette histoire… Eh oui, on ne croirait pas comme ça, mais en fait, c’est pas du tout pratique d’être une licorne.
Premier tome d’une série qu’on espère longue comme la corne de cet animal fantastique, C’est pas toujours pratique d’être une créature fantastique – La licorne est un petit album décalé, qui brille par ses jolies illustrations colorées, ses petits textes humoristiques, ses situations un peu concons, mais tellement drôles. Les licornes ne sont pas aussi élancées et gracieuses qu’on pourrait se l’imaginer, mais elles n’en sont que plus adorables ! Ça serait chouette si elles existaient pour de vrai, non ?
L’éditeur annonce une suite, dédiée aux sirènes. C’est vrai, ça ! Tout le monde rêve d’être une sirène, non ? Enfin, dit comme ça, peut-être pas, mais disons que vous êtes obligés de vous transformer en une créature fantastique et qu’on vous demande de choisir, vous choisiriez la sirène, non ? Oui ? J’en étais sûre.
Des extraits sur le site de l’illustratrice.

J'aime PAS la danseLes parents qui projettent sur leurs enfants leur propre rêve, c’est terrible. Cette petite fille le sait bien : tous les mercredis, elle doit enfiler son tutu et ses chaussons, enchaîner les arabesques, les entrechats et les demi-pliés, apprendre la choré pour le spectacle de fin d’année. Bonjour la corvée ! Enfin, rira bien qui rira la dernière à la fin…
J’aime PAS la danse est de ces albums qui, sous leurs airs de ne pas y toucher, ont en fait un petit message à délivrer. D’abord qu’on peut être une fille et ne pas aimer la danse. Ensuite qu’un enfant n’est pas la réplique exacte de ses parents. Enfin, qu’on ne gagne jamais rien à forcer la main d’un enfant (sauf quand il est question de finir ses légumes, bien sûr). Et tout ça dit grâce à des personnages aux mimiques hilarantes, à des textes aux sonorités presque poétiques et à une chute étonnante, bref avec humour et talent !
Le même vu par Livres et merveilles, Les lectures de Liyah, Le cabas de Za, La soupe de l’espace.

Allez... viens jouer !Un petit singe en slip tirant un chariot plein de trésors cherche à convaincre un lion endormi de venir jouer avec lui. Sortant un tutu et un bâton de majorette, le petit singe voudrait danser. Non ? Faire des grimaces ? Chanter ? Jongler alors ? Toujours non : le lion dort. Triste, le petit singe s’en va… Ah, voilà que le lion se réveille enfin !
Voilà un petit album sans prétention, très joli et rigolo. Le petit singe en slip est très chou et la fin toute mignonne. Les textes sont courts, l’ouvrage peut se lire assez vite, mais si vous prenez le temps d’observer avec vos enfants les illustrations du petit singe, vous verrez qu’à chaque page, il change de costume et d’accessoires, sortant de son chariot toujours plus d’objets, et finalement, vous en aurez dit des choses sur ces deux amis et cette histoire !
Des extraits sur le site de l’illustrateur.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Gwenaëlle Doumont (Une aventure de Super-Poilu, Je suis une lionne, Tous différents, un livre jeu à emporter partout, La tapette à mouches, Firmin). Retrouvez aussi notre interview de Gwenaëlle Doumont.

C’est pas toujours pratique d’être une créature fantastique – La Licorne
Texte de Sibylline, illustré par Marie Voyelle
Des ronds dans l’O
10 €, 180×180 mm, 24 pages, imprimé en Belgique, 2015.
J’aime PAS la danse
Texte de Stéphanie Richard, illustré par Gwenaëlle Doumont
Talents hauts
10,90 €, 155×198 mm, 24 pages, imprimé en Belgique, 2015.
Allez… viens jouer !
Texte de Lucile Ghemar, illustré par Cédric Abt
Gautier-Languereau
9,90 €, 210×210 mm, 32 pages, imprimé en France, 2015.

À part ça ?

Le projet strong is the new pretty (« fort est le nouveau joli »), mené par la photographe américaine Kate T. Parker, montre des jeunes filles en train de faire des grimaces, de jouer au foot, de s’éclater… Bref, des filles quoi, et c’est vraiment chouette !

Marie

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