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Denis Cheissoux

Dis… c’est quoi ton métier ? Ils parlent des livres à la radio, avec Véronique Soulé et Denis Cheissoux

Par 10 juillet 2013 Les invités du mercredi

Comme l’année dernière, tous les mercredis de juillet et août nous vous proposons de découvrir un métier grâce à deux personnes qui font ce métier-là. Vous découvrirez ainsi ceux qui travaillent autour du livre pour enfants. Après auteur jeunesse, attaché de presse dans une maison d’édition jeunesse, traducteur de livres pour enfants, bibliothécaire jeunesse, éditeur jeunesse, blogueur jeunesse, libraire jeunesse et illustrateur jeunesse, cet été nous vous proposerons d’en savoir plus sur huit autres métiers : graphiste, maquettiste, programmateur de salon, attaché à la promotion des auteurs, vendeurs de droits à l’étranger, diffuseur, responsable de la fabrication et cette semaine j’ai posé des questions à deux personnes qui nous parlent des livres à la radio : Véronique Soulé (Écoute, il y a un éléphant dans le jardin ! sur Aligre FM) et Denis Cheissoux (L’as-tu lu mon p’tit loup sur France Inter).


Dis c’est quoi ton métier… Véronique Soulé

Véronique SouléAnimateur radio ? Journaliste ? Quel est votre métier exactement ?
Animatrice radio, non pas un métier mais une passion, puisqu’Aligre FM est une radio associative, c’est-à-dire non commerciale, indépendante… et sans le sou. Tous ceux qui participent à cette radio sont donc bénévoles.

En quoi consiste-t-il ?
A préparer et animer une émission hebdomadaire sur l’actualité culturelle des enfants : interviews d’auteurs, illustrateurs, éditeurs, metteurs en scène, comédiens, chanteurs, plasticiens, spécialistes, etc. , mais aussi chroniques, critiques de livres, spectacles, expositions, etc., avec une programmation musicale axée sur les musiques et chansons à écouter avec les enfants. Cette émission s’adresse aux adultes qui veulent en savoir un peu plus sur les productions culturelles pour les enfants, qu’ils soient néophytes ou déjà connaisseurs. Quand c’est possible, j’aime bien inviter des enfants autour du micro pour qu’ils en parlent eux-mêmes ; c’est une sacrée expérience pour eux et je trouve important que les adultes (et pas seulement leurs parents ou enseignants) écoutent ce que les enfants ont à dire. Des chroniqueurs interviennent également régulièrement.

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont étés les vôtres ?
Je n’en ai aucune ! Comme souvent sur les radios associatives. J’ai eu la chance de rencontrer un responsable d’émission littéraire sur Aligre FM qui m’a proposé, il y a des années, de réaliser une chronique sur les livres pour enfants. Le quart d’heure initial s’est étoffé, une demi-heure, une heure, deux heures, l’équipe de l’émission s’est élargie. A force de faire, de s’écouter, d’écouter les autres, j’ai appris peu à peu.

Y a-t-il une différence entre parler des livres pour enfants et des livres pour adultes ?
Je parle rarement des livres pour adultes, et en fait jamais à la radio. Pour le regard littéraire ou esthétique qu’on peut poser dessus, je ne crois pas qu’il y ait une différence ; en tout cas, il y a la même exigence sur la qualité de l’écriture, de l’illustration, la cohérence du récit, le rapport texte-image, l’intérêt et/ou l’originalité de l’histoire, mais aussi le plaisir qu’on a eu à découvrir et lire ces livres destinés aux enfants. J’ai envie que les auditeurs, quels qu’ils soient, et même s’ils n’ouvrent jamais un livre pour enfants, pensent qu’un livre pour enfants est aussi « sérieux » qu’un livre pour adultes et mérite la même attention.

En dehors du temps à l’antenne, combien de temps vous prend votre métier ?
Pour préparer une émission hebdomadaire d’une heure trente (mais elle durait deux heures il y a encore peu), il me faut une vingtaine d’heures (sans compter les lectures de livres ou les spectacles à voir, bien sûr) : repérer, contacter, relancer, organiser, confirmer les rendez-vous / écrire tout ce que je dis (et il me faut beaucoup de temps !) à l’antenne / choisir les musiques à faire entendre (7 ou 8 par émission) / préparer le conducteur pour le technicien, mais aussi les reportages sur place (quand l’invité ne peut vraiment pas venir en direct), mettre l’émission en ligne sur le site (préparer le podcast, écrire la page de présentation, etc.), et j’en oublie certainement. Heureusement, les techniques numériques ont largement simplifié le travail !

Avez-vous une autre profession à côté ?
Oui, je suis bibliothécaire, sans poste pour le moment, mais toujours intéressée par tout ce qui se passe dans les bibliothèques publiques, plutôt côté jeunesse. Je fais pas mal de formations autour de la littérature jeunesse. Depuis toujours je pense qu’il faut pousser les portes des bibliothèques vers l’extérieur, et entre autres vers les radios. Il reste encore (même si elles disparaissent peu à peu) des radios associatives un peu partout en France sur lesquelles tout un chacun peut proposer ses services…

Comment sélectionnez-vous les livres dont vous parlez ? Qui vous démarche ?
Il y a les livres que je présente sous forme de chronique critique et ceux dont j’interviewe l’auteur, l’illustrateur ou l’éditeur. C’est rare que j’invite plusieurs fois un auteur, quoique… Il y en a que je rêve d’interviewer depuis des années, et je continue de patienter, ceux dont j’attends LE livre pour les inviter. Mais j’aime bien aussi inviter ceux qui publient leur premier livre et dont le talent est déjà là… Il y a ceux que je n’inviterai jamais parce que, décidément, je n’aime pas leurs livres, c’est comme ça. Mais que ce soit pour une chronique ou pour un interview, cela reste difficile de choisir, il paraît tant de livres ! Privilégier un nouvel auteur ou parler d’un livre d’un auteur dont on aime suivre les parutions ? Équilibrer les éditeurs ou choisir seulement en fonction des livres ? A chaque fois, la question se pose. Et comme l’émission n’est pas seulement consacrée aux livres (mais aussi musiques, spectacles, chansons, jeux, etc.), il est rare que j’en présente plus de trois à chaque fois, mais ce sont, à chaque fois, des livres que j’ai aimés, la plupart du temps parus récemment.

Vous arrive-t-il de dire du mal d’un livre ?
Rarement, à vrai dire jamais. D’abord parce qu’il y a déjà beaucoup de livres vraiment bien, inutile de perdre son temps à parler des livres inutiles ; ensuite, je ne crois pas que ça apporte grand-chose aux auditeurs qui, d’une part, ne voient pas le livre en question, et d’autre part ont plutôt besoin de repères pour se retrouver et choisir parmi toutes les parutions. Mais j’aime la confrontation autour des livres, rencontrer des lecteurs qui ne sont pas d’accord avec moi, et leurs avis font évoluer le mien. Le consensus n’est jamais bon signe. J’aimerais bien organiser des débats contradictoires à l’antenne, mais je n’ai pas encore réussi à le faire.

Rencontrez-vous les auteurs et est-ce que ça ne complique pas le fait de critiquer leurs livres ?
Oui, je rencontre les auteurs puisque j’en interviewe régulièrement dans l’émission. Si je les interviewe, c’est que j’ai aimé leurs livres, ou du moins une grande partie d’entre eux. Dans ce cas, c’est possible d’apporter des nuances, ou de dire qu’on aime moins tel ou tel livre, en argumentant, tout en faisant attention à ne pas blesser. Les auteurs sont tout à fait à même d’entendre les critiques, quand elles sont constructives, même si, bien sûr, ils aimeraient en entendre que du bien ! Il m’est souvent arrivé qu’un auteur, après m’avoir écoutée parler de son livre, me dise que j’avais pointé un aspect qu’il n’avait pas vu. J’aime bien ça !

Où et comment travaillez-vous ? (Sur ordinateur ? uniquement au bureau ?)
Tout sur ordinateur : pour écrire d’abord, parce que je « rature » beaucoup, donc le traitement de texte, c’est bien pratique. Avant c’était au crayon de papier, gomme à la main, pas question d’arriver à l’antenne avec un texte difficile à lire. Car tout est écrit. Ensuite, pour faire les montages son, pour les reportages, à l’extérieur.

Comment est faite la rémunération ?
Zéro euro, nous sommes tous bénévoles à la radio qui a déjà bien du mal à boucler les fins de mois.

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Drôle de question ! Je ne me la suis jamais posée… peut-être parce que je n’ai pas fait attention à des possibles idées reçues.

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
La radio a ce côté magique qu’on ne sait pas qui est de l’autre côté du poste à vous écouter (c’est pour ça que j’aime bien le direct), mais on sait qu’ils sont au moins quelques-uns. Et qu’ils resteront à écouter si vous savez les retenir. J’aime bien « construire » ce temps, équilibrer voix, musiques, infos et dialogues ; choisir les mots que je vais utiliser, la façon dont je vais introduire une chronique ou une présentation, ou choisir la première question posée à l’invité. Mais surtout, du côté des micros, dans le petit studio, il y a ce dialogue qui s’engage avec le ou les invités, en toute intimité, et en même temps complètement public, et où mon rôle consiste à les accompagner au mieux pour les faire découvrir aux auditeurs. Ce sont des moments vraiment particuliers.

Et quels sont les mauvais côtés ?
Ne pas avoir assez de temps pour préparer et améliorer l’émission.

Vous pouvez écouter Véronique Soulé dans Écoute, il y a un éléphant dans le jardin tous les mercredis sur AligreFM et réécouter les anciennes émissions en ligne sur leur site.


Dis c’est quoi ton métier… Denis Cheissoux

Denis CheissouxAnimateur radio ? Journaliste ? Quel est votre métier exactement ?
Producteur animateur de radio. J’apporte les idées, le style, le contenu et je parle aux gens derrière un micro en tentant de créer du sens, de la proximité, de l’humain.

En quoi consiste-t-il ?
Je suis payé à être curieux, je transforme la vie qui passe en émissions de radio, j’invente, je teste, je tente. Rien de rationnel. J’ai ainsi été le premier à parler d’écologie en France sur une chaîne radio et télé grand public : CO2 mon amour (1992), j’ai créé L’as-tu lu mon p’tit loup ?  (en 1987), Tout s’explique (magazine de sciences en 2000), etc.

Quelle est la formation ou le parcours nécessaire pour l’exercer, quels ont étés les vôtres ?
Aucune directement : IUT de commerce, maîtrise d’audiovisuel à la Sorbonne. Je rentre à 23 ans à France Inter à l’Oreille en coin, j’en ai 57 aujourd’hui. Je fus et suis opiniâtre, endurant, j’ai su saisir ou créer des opportunités, proposer, inventer.

Y a-t-il une différence entre parler des livres pour enfants et des livres pour adultes ?
Si vous êtes sinistre dans la vie, incapable de sourire, que vous avez oublié l’enfant que vous étiez que vous n’avez une entrée que pédagogique, laissez tomber les livres pour enfants. Je sais parler des deux mais je ne théorise pas là-dessus, je m’en fiche. Bon livre mauvais livre, envie pas envie. Point. Vous avez un ton ou vous n’en avez pas.

En dehors du temps à l’antenne, combien de temps vous prend votre métier ?
Beaucoup, je suis à l’affût, en éveil  tout le temps, c’est aussi une façon d’être au monde, j’aime ça.

Avez-vous une autre profession à côté ?
Non, mais je suis souvent demandé. Je refuse 4-5 demandes/ mois d’animations, de débats, de conventions, de conférences sur l’écologie, l’environnement mais aussi d’autres sujets  –  quelques salons de jeunesse car ce sont des amis comme à Troyes par exemple ;  + écritures diverses.

Comment sélectionnez-vous les livres dont vous parlez ? Qui vous démarche ?
Écoutez l’émission, vous répondrez mieux que moi, je vais enfiler des perles inutiles et cela ne fera pas un ton… Il n’empêche que depuis 25 ans on sait trouver les incontournables. J’ai toujours présenté les futurs prix Montreuil, libraires jeunesse en album avant tout le monde, c’est juste  un constat. Les futurs prix sont d’abord passés par L’as-tu lu donc nous devons  avoir du flair avec Véronique Corgibet. J’ai toujours su m’entourer de gens de talent, je trouve les idées d’émission mais seul, je ne suis rien. Hier Patrice Wolf, aujourd’hui Véronique Corgibet et Chloé Marot. C’est une alchimie qui n’a rien de rationnel mais ça marche. En 4 pages je sais si je continue un album ou non. Personne ne nous démarche, nous recevons beaucoup d’ouvrages, les attachées de presse éditeurs nous connaissent bien, parfois attirent l’attention sur… elles  font bien leur boulot, mais ensuite nous sommes libres ! On peut se planter aussi mais c’est rare de passer à côté d’un futur incontournable.

Vous arrive-t-il de dire du mal d’un livre ?
Pas le temps en 4’40 par semaine mais des réserves oui. J’aurais une émission plus longue, ce qui n’arrivera pas, je le ferai pour mettre en valeur les autres et expliquer qu’un livre jeunesse sur deux n’a aucun intérêt voir 2 sur 3… pas plus pas moins qu’en littérature vieillesse.

Rencontrez-vous les auteurs et est-ce que ça ne complique pas le fait de critiquer leurs livres ?
J’aime les créateurs, oui j’en connais beaucoup, tant mieux ; je suis libre et subjectivement honnête. L’objectivité n’existe pas, tant mieux. Le seul intérêt pour eux est que j’ouvre tous leurs livres ce qui n’est pas le cas de tous ; nous en recevons 3000 par an, j’en présente moins de 100. Je fais mon métier, je ne passe pas tous les Bruno Heitz qui est un ami mais il sera sûr que je les lirai tous ses albums. Et puis j’ai le droit d’avoir des chouchoux cailloux genoux à la cheissoux s’ils sont bons. Tous nos albums présentés sont défendables. Personne ne m’a dit en 25 ans tel album est nul – ensuite on peut  ne pas être de notre avis fort heureusement, mais tous racontent quelque chose d’intéressant, d’original à nos yeux et ont du sens !

Où et comment travaillez-vous ? (Sur ordinateur ? uniquement au bureau ?)
Partout, 1 L’as-tu lu = 2 textes = 3/4  Paris-Lyon en TGV. Mais la sélection est la clef, l’écriture va vite. Véronique Corgibet m’aide beaucoup avec un jugement sûr et une bonne plume également.

Comment est faite la rémunération ?
Cachet de France Inter par contrat de sept à juin. Je ne peux pas vivre de L’as-tu lu, c’est évident.

Quelles sont les idées reçues qui vous énervent sur votre métier ?
Elles ne m’intéressent plus depuis longtemps ; les gens sont plutôt gentils, admiratifs, posent de bonnes questions comme vous.

Quels sont les plaisirs à l’exercer ?
Ils sont nombreux. Cela permet de stimuler l’esprit d’enfance, celui de tous, de faire passer plein d’idées sur le vivre ensemble, d’envoyer des ondes positives via le livre de jeunesse – qui aborde par ailleurs tous les sujets de société – d’être du côté de la vie ! Les albums jeunesse (les livres pour ados ne m’intéressent pas, je sais peu les raconter mais ne les occulte pas… sauf Harry Potter, Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, etc et quelques autres que nous avons découvert en France les premiers, si, si !) débordent de vie, j’aime ! On ne peut pas désespérer les enfants comme on le fait pour le reste de la société, on a pas le droit !  Cela  permet donc de ne pas vieillir trop vite. Nous avons découvert pas mal de créateurs qui étaient inconnus, nous donnons de la visibilité à leur talent.

Et quels sont les mauvais côtés ?
Aucun. Je passe à côté de 200 bons autres albums que je ne peux pas présenter, je le sais, c’est ainsi en 4’40 par semaine et peu de gens soutiennent cette émission en tête des sondages de toutes les radios de France. 800 000 auditeurs le dimanche à 19h54 ( 1 800 000 quand j’étais le samedi matin durant 20 ans)  Elle est devenue une référence, un label, un booster de ventes, L’as-tu lu est connu partout dans ce (petit) milieu et des auditeurs d’Inter. Ça me suffit largement. C’est une vraie mission joyeuse de service public, sans servir la soupe et qui a une vraie personnalité.

Vous pouvez écouter Denis Cheissoux dans L’as-tu lu mon p’tit loup ? sur France Inter le dimanche entre 19h55 et 20h (mais là c’est la pause estivale !). Les anciennes émissions peuvent être réécoutées sur le site d’inter. A noter aussi qu’il a sorti il y a peu Les indispensables de L’as-tu lu mon p’tit loup (que nous avons chroniqué ici).

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Pour l’amour des mots

Par 18 décembre 2012 Livres Jeunesse

Aujourd’hui nous allons parler de la lecture mais cette rubrique sera un peu particulière car je vais présenter deux livres pour les parents (ce que nous faisons rarement sur le blog). Mais commençons tout de même par un livre pop-up et un livre-jeu.

Les dix droits du lecteurVous connaissez très certainement les dix droits du lecteur de Daniel Pennac. Le droit de Les dix droits du lecteurne pas lire, le droit de sauter des pages, le droit de ne pas finir un livre,… Pour les quarante ans de Gallimard Jeunesse, la maison d’édition a eu la bonne idée de les faire éditer dans un superbe livre pop-up. Et quel livre pop-up !  Dos toilé, papier épais, pages reliées avec une ficelle (ça doit avoir un nom, désolé pour ma lacune), illustrations très riches. C’est un livre qu’on déplie tout doucement et qu’on observe. On va aussi s’amuser à retrouver les références aux classiques de la littérature jeunesse. Un très très bel objet pour tous les amoureux des livres.
Découvrez le livre en images (diaporama et vidéo) ici.

Les cocottes à histoiresVos enfants aiment inventer des histoires ? Voici un très beau livre-jeu qui va être un bon point de départ pour eux. Agnès de Lestrade a eu une idée très originale : des cocottes à histoires ! Ici ce sont 9 cocottes déjà créées (et des feuilles pour en faire d’autres) avec leurs règles de jeu (qui tient chaque fois en quelques lignes) que l’on va trouver dans un joli classeur magnifiquement illustré par Christine Roussey. Dans la première cocotte, par exemple, vous avez le début d’une phrase « Lola est amoureuse de Nino mais… », « Au moment de prendre ma douche hier, quand j’ai ouvert le robinet,… » et l’enfant va devoir inventer la suite. Dans une autre cocotte ça sera quelque chose à raconter mais en plaçant deux fois un mot secret (que les autres doivent trouver), avec une autre on jouera à plusieurs à essayer de deviner la définition d’un mot étrange. Bref c’est extrêmement ludique et ceux qui aiment les mots vont se régaler. Le côté cocotte en papier (mais si vous savez ce que c’est, on y a tous joué, voir ici par exemple) est à la fois le « petit plus » de cet album et à la fois son point faible. C’est original et ludique mais 8 cases on en a vite fait le tour… Cela dit on peut en inventer d’autres, je trouve que c’est un bon point de départ (pas que pour les histoires). Et puis le côté classeur avec ses fiches pour expliquer, sa pochette plastique pour ranger les cocottes, ses belles illustrations et sa cocotte en feutrine avec un pouet à l’intérieur pour rythmer le jeu en font vraiment un bel objet ! (en bonus Agnès de Lestrade donne des exemples d’histoires).

En panne d’idées de lecture, La mare aux mots ne vous suffit pas ? Voici deux livres !

Les indispensables de L'as tu lu mon p'tit loup ?L’as-tu lu mon p’tit loup ? vous connaissez très certainement (sinon va falloir !) c’est une émission de France Inter dans laquelle Denis Cheissoux présente chaque dimanche deux livres pour enfants (on vous en avait parlé ). Pour fêter leurs 25 ans, Gallimard sort un petit livre de poche Les indispensables de L’as-tu lu mon p’tit loup ? et quelle bonne idée ! 90 coups de cœur qui vont du Chien bleu de Nadja à Rita et Machin à Paris en passant par des livres de Michel Piquemal, Grégoire Solotareff, Olivier Douzou ou Thierry Dedieu que du bon ! Il y en a beaucoup que je ne connaissais pas, c’est vraiment très riche et pratique ! Un seul livre par page avec chaque fois, en plus du titre et des auteurs, la tranche d’âge (certains nous reprochent de ne pas en mettre, voici le livre qu’il vous faut !), le genre, les thèmes abordés, l’éditeur, le prix, le format, le nombre de pages, l’année de sortie, petit « pour aller plus loin », « les + » de l’album et bien-sûr l’histoire. En fin d’ouvrage un index par titre et un autre par auteurs et illustrateurs (dommage de ne pas en avoir fait un par thèmes). Bref en manque d’idées ? Foncez vous procurer Les indispensables de L’as-tu loup mon p’tit loup (et écoutez-le sur France Inter ou en podcast ici)

Ces livres qui font grandir les enfantsC’est un livre beaucoup plus complet et avec une approche plus psychologique et didactique que sort Joëlle Turin chez Didier Jeunesse. 200 pages très denses et passionnantes pour ceux qui s’intéressent à la littérature jeunesse et à l’enfance. Ici on va parler de « ces livres qui font grandir les enfants » à travers six grands chapitres : Jeux d’enfants, Fais-moi peur !, Les grandes questions, Les autres et moi, Grandes joies et petites peines et Quelle(s) imagination(s) ! et chaque fois l’auteur va explorer ce domaine avec des exemples de livres, ce qu’ils apportent à l’enfant, comment l’enfant les perçoit. On sent que Joëlle Turin maîtrise son sujet, elle connaît les enfants et connaît les livres, on sent bien son expérience sur le terrain. Par contre on ne s’adresse pas ici à quelqu’un qui veut piocher quelques idées de livres comme ça mais vraiment pour ceux qui veulent en savoir plus sur le côté « psychologique », ça m’a plus fait penser à des livres du genre de ceux de Dolto mais avec une approche littéraire de l’enfance. On parle ici vraiment des enfants et des livres et pas dans l’autre sens. En tout cas ça va passionner tous ceux qui aiment comprendre ce qui se passe dans la tête des enfants et trouver des livres qui leur correspondent vraiment.
Une vidéo très intéressante de Joëlle Turin qui vous donnera une idée de son livre.

Quelques pas de plus…
D’Agnès de Lestrade nous avons déjà chroniqué : Bon Anniversaire, Gaston !Les pendules de Dana et Les baisers de Cornélius.
Les dix droits du lecteur vus par Méli-Mélo de livres c’est ici et Les indispensables de L’as-tu lu mon p’tit loup vu par Maman Baobab .

Les dix droits du lecteur
de Daniel Pennac, illustré par Gérard Lo Monaco
Gallimard Jeunesse
19,90€, 156×247 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2012.
Les cocottes à histoires
d’Agnès de Lestrade, illustré par Christine Roussey
Milan
16,50€, 250×235 mm, 48 pages, imprimé en Chine, 2012.
Les indispensables de L’as tu lu mon p’tit loup
de Denis Cheissoux et Véronique Corgibet
Gallimard Jeunesse
8,50€, 125×178 mm, 96 pages, imprimé en France, 2012.
Ces livres qui font grandir les enfants
de Joëlle Turin
Didier Jeunesse
22,90€, 150×235 mm, 208 pages, imprimé en France chez un imprimeur Imprim’Vert, 2012.

A part ça ?

Puisqu’on est dans les mots et le goût de la lecture, j’en profite pour remettre un petit coup de projecteur sur des jeux dont nous vous avions parlé. La série de jeux Tam Tam est mise à l’honneur ici avec une interview de sa créatrice et une petite vidéo qui donne bien envie. Ces jeux ne sont pas encore très connus et je les ai testé avec ma fille, elle les aime beaucoup (et retrouvez la chronique de Marianne ici).

Gabriel

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