La mare aux mots
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Didier Jean

Hiver et autres saisons…

Par 28 février 2015 Livres Jeunesse

gaufrette et nougat jouent avec la neigeIl a neigé. Gaufrette et Nougat entreprennent de fabriquer un beau bonhomme de neige. Mais il fait froid, les gants sont mouillés, Gaufrette veut rentrer. Ils décident alors de continuer leur construction dans la baignoire de la salle de bains et se mettent en quête des accessoires nécessaires pour compléter le bonhomme. Quand ils reviennent, il a disparu…
On retrouve Gaufrette et Nougat, la souris et le chat, amis inséparables, avec grand plaisir ! Ils sont toujours aussi complices et vivent des aventures simples mais intenses, en lien avec la vie quotidienne des enfants. Le texte de Didier Jean et Zad parle aux plus jeunes, sans mièvrerie et les illustrations de Sophie Collin, vivantes et colorées regorgent de détails amusants.
Gaufrette et Nougat jouent avec la neige est un nouvel épisode de cette série, que l’on aime toujours autant !
Vous pouvez feuilleter quelques pages de cet album sur le site des éditions Utopique.

 

les secrets de la forêtLa forêt connait tout des animaux et des plantes qui vivent en son sein. Au fil des saisons, elle accueille des animaux, voit la neige recouvrir le sol, les feuilles tomber et l’eau des ruisseaux couler… Les couleurs changent, les paysages évoluent, et le cycle des saisons recommence infiniment.
Les secrets de la forêt est un très bel album. Les illustrations d’August Hall sont magnifiques, lumineuses, et délicates. Et le texte de George Ella Lyon, simple et poétiques à la fois, nous plonge au cœur de la nature, presque à la manière d’un documentaire.
Un album simple pour en prendre plein les yeux et parler des saisons et du temps qui passe.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Didier Jean et Zad (Mais quelle idée !, Mes rêves au grand galop, Paris-Paradis, Parle-moi Papa, Comme deux confettis, Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman, et Les artichauts) et Sophie Collin (Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman, Le secret de Lili, La folle journée de Marie-Belle). Retrouvez également notre interview de Didier Jean et Zad.

Gaufrette et Nougat jouent avec la neige
Texte de Didier Jean et Zad, illustré par Sophie Collin
Utopique dans la collection Gaufrette et Nougat
9,50 €, 200 x 200 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2014.
Les secrets de la forêt
Texte de George Ella Lyon (traduit par Félix Cornec), illustré par August Hall
Circonflexe dans la collection Aux couleurs du monde
13 €, 262 x 212 mm, 32 pages, imprimé en Chine, 2015.

À part ça ?

Vera Von Wolferen construit des maquettes uniquement avec du carton recyclé, de couleur grise. De jolis mondes miniatures !

Marianne

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Ils m’ont touchée !

Par 20 septembre 2014 Livres Jeunesse

Il est parfois difficile de définir exactement pourquoi un album nous a plu… C’est un peu le cas avec les deux titres que je vous présente aujourd’hui ! Il ont un petit quelque chose qui m’a charmée, séduite, et émue et que j’avais envie de vous faire partager !

Mais quelle idée !Tibelle est une jeune écureuil. Elle apprend un matin d’hiver que son Papi Charly est très malade. On lui dit qu’il va bientôt mourir.  Tout cela est un peu abstrait pour elle. Elle demande alors des éclaircissements à son père, qui va essayer de rendre les choses les plus concrètes et les moins difficiles possibles.
Je n’arrive pas, avec ces quelques mots, à retranscrire la poésie et la beauté de cet album ! Avec Mais quelle idée !, Pascal Brissy aborde le thème du deuil, en comparant l’existence humaine à celle d’une pomme de pin, qui quoiqu’on fasse, finit toujours par tomber un jour… pour mieux donner naissance à un nouvel arbre ! Les grands-parents, la maladie, la mort, la vie, la transmission, autant de thèmes que j’aime voir aborder en littérature jeunesse et qui sont ici abordés avec tendresse mais sans niaiserie. Didier Jean et Zad signent les très belles illustrations, qui nous plongent dans l’hiver et les paysages enneigés avec délice.
Un album fort pour parler de la mort ! Un coup de cœur !
Vous pouvez feuilleter cet album sur le site des éditions Utopique.

mo-moMo-Mo a perdu ses mots. Sans eux, il se sent vide et il part donc à leur recherche. Il se rend notamment au Mot-zambique, pays lointain où il va vivre une grande aventure et rencontrer toutes sortes de personnages qui l’amèneront à se poser les bonnes questions pour avancer et remettre la main sur ce langage perdu.
Là encore, j’ai bien du mal à vous faire partager l’ambiance si particulière de cet album. Et pourtant, quel plaisir de découvrir cette histoire que l’on imagine aisément lue à haute voix par un conteur ! Les illustrations, joliment colorées, en grande partie composées de lettres, invitent vraiment à l’évasion dans ce monde imaginaire. On suit Mo-Mo dans sa quête, et on profite des jeux de mots et des belles phrases.
Original et pas forcément attirant au premier abord, cet album de Mickaël El Fathi m’a finalement charmée !

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres livres de Pascal Brissy (Le petit bonhomme de pain d’épice et La véritable histoire de Patam, champion de la savane) et  Didier Jean et Zad (Mes rêves au grand galop, Paris-Paradis, Parle-moi Papa, Comme deux confettis, Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman, et Les artichauts). Retrouvez également notre interview de Didier Jean et Zad.

Mais quelle idée !
Texte de Pascal Brissy, illustré par Didier Jean et Zad
Utopique dans la collection Bisous de famille
15,50 €, 220 x 320 mm, 40 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-certifié, 2014
Mo-Mo
de Mickaël El Fathi
Motus
13 €, 235 x 265 mm, 38 pages, imprimé en France, 2014

À part ça ?

georges grueLe nouveau numéro du magazine Georges est sorti ! Il s’appelle Grue, et comme d’habitude, il en met plein la vue ! On va visiter un chantier avec la grande histoire, découvrir une nouvelle histoire de Panpi et Gorri, jouer avec des monuments célèbres, construire une grue en papier, découvrir le métier de cordiste, apprendre quelques mots de grec moderne, cuisiner des bricks,… Et je ne vous dis pas tout !
Comme d’habitude, la qualité est au rendez-vous, avec des thèmes originaux, des informations étonnantes et de belles illustrations variées qui donnent vraiment de l’allure à ce nouveau numéro, plein de vie et de dynamisme !

Magazine Georges, Numéro Grue, 8,90 €

Marianne

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Les invités du mercredi : Didier Jean et Zad, François David et Eric Denniel (+ concours)

Par 7 mai 2014 Les invités du mercredi

Didier Jean et Zad sont à la fois auteurs, illustrateurs et responsables d’Utopique, maison d’édition qui s’appelait 2 Vives Voix encore récemment (pour tout comprendre sur ce changement de nom suivez le guide). Triple casquette pour un duo donc ! J’avais envie d’en savoir plus et ils ont accepté de répondre à mes questions. A la suite de l’interview, vous pourrez tenter de gagner le très bel album de Sandrine Kao, Les larmes de Lisette, qui est le premier ouvrage qu’ils ont édité sans prendre part ni au texte ni aux illustrations. Ensuite, pour notre rubrique Parlez-moi de…, on revient sur Charlie, avec son auteur François David, et le directeur de la collection Place du marché aux éditions Le Muscadier, Eric Denniel. Bonne journée !


Les invités du mercredi : Didier Jean et Zad

Didier Jean et ZadQuel a été votre parcours ?
Nous sommes tous deux autodidactes. Nos premiers albums sont parus en 1993. Ils sont nés du désir de Zad de devenir illustratrice. Didier l’a d’abord aidée à écrire des histoires pour montrer ce dont elle était capable, puis au fil des années, cette écriture à deux est devenue une deuxième passion. Avant de réaliser des livres, nous avons commencé par écrire ensemble beaucoup de chansons dont la forme narrative se rapproche de celle des albums. Savoir raconter une histoire en quelques phrases, avec le sens du tempo, nous a indéniablement formés à l’exercice.

Quelles étaient vos lectures d’enfants, d’adolescents ?
paris-paradis
Nous avons tous les deux aimé lire très jeunes. Principalement des romans que Zad dénichait dans les bibliothèques municipales ou de son collège, et que Didier choisissait dans la bibliothèque familiale (les grands classiques pas spécialement destinés à la jeunesse puis toutes sortes de romans plus contemporains). À notre époque, il n’existait pas à proprement parler de littérature de jeunesse telle que nous la connaissons aujourd’hui, excepté la bibliothèque rose ou verte que nous avons lues bien sûr. À part Corto Maltese, Astérix et Pif gadget, peu de bandes-dessinées pour Didier. Zad a dévoré Astérix, Tintin et autres classiques de la BD. Mais ce qui a le plus nourri Zad, ce sont les albums qui n’étaient plus de son âge, mais qu’elle s’achetait, adolescente, tant elle était fascinée par les illustrations. Son illustrateur préféré était alors Georges Lemoine.

Tantôt auteurs, tantôt illustrateurs, et même éditeurs, comment conciliez-vous toutes ces activités ?
Pendant 15 ans, nous avons été auteurs et illustrateurs, situation qui avec du recul nous paraît assez confortable dans la mesure où nos livres parus chez nos autres éditeurs rencontraient régulièrement le succès (Le Masque de brumes, l’Agneau qui ne voulait pas être un mouton, Deux mains pour le dire). Mais depuis la naissance de 2 Vives Voix, devenue récemment Utopiquevoir précisions sur le site – concilier toutes ces activités nous demande une grande discipline. Car notre « cabane » d’édition est très chronophage. Nous réservons, dans la mesure du possible, quelques heures chaque jour pour la création (écriture, illustration, composition musicale). Cependant, nos journées se sont considérablement allongées et la charge de travail également, au détriment parfois de nos nuits de sommeil et de notre santé. On pense souvent que le rôle d’un éditeur consiste essentiellement à lire des manuscrits, associer des auteurs et des illustrateurs… Mais au niveau d’un petit éditeur indépendant, nous devons porter de multiples casquettes (préparer factures ou colis, aller à la pêche aux subventions, transporter des cartons, accumuler les kilomètres pour présenter son catalogue sur les salons du livre, suivre la comptabilité, travailler avec la maquettiste sur la mise en page, mobiliser toute son énergie à trouver le meilleur titre pour une prochaine parution ou rechercher une typo pour la couverture d’un album sans oublier la mise à jour du site internet…).

Dans ces différents domaines, comment s’organise le travail à quatre mains ?
gaufrette et nougat jouent au papa et à la maman
Concernant l’écriture, nous décidons d’abord du thème sur lequel nous souhaitons écrire. Nous imaginons l’histoire dans ses grandes lignes. Chez nous, tout passe par l’oralité. L’un de nous lance une phrase, l’autre la rattrape au vol. Feuille et stylo passant de main en main, le texte se construit peu à peu. Notre technique à deux voix n’est pas rapide, mais quand nous réussissons à mettre de côté nos problèmes d’ego, nous formons presque une troisième personne, « didierjeanetzad » – dit d’une traite et sans respirer – comme nous appellent parfois très justement nos jeunes lecteurs. Quant aux illustrations, c’est Zad qui les réalise, mais ensemble, nous réfléchissons au contenu des images. Zad propose ensuite quelques esquisses des personnages et du décor. Suite aux réactions et suggestions de Didier, Zad dessine des crayonnés plus aboutis. Pour la mise en couleur, nous discutons de la technique qui sera employée, puis de l’harmonie appropriée à l’histoire… Notre technique favorite est souvent mixte, associant la gouache et le pastel sec.
Du côté de l’aspect éditorial, nous nous partageons parfois les tâches, selon nos affinités et d’autres fois, nous travaillons ensemble que ce soit sur la mise en page, la lecture des manuscrits, la communication.. Depuis octobre 2013, Florence Berthias a rejoint notre équipe. Elle nous soulage de la distribution et d’une partie de la diffusion.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Chaque album est né d’une source différente. Parfois c’est une chanson entendue à la radio, parfois un récit qui nous a émus, (lecture ou rencontre) ; d’autres fois, un souvenir d’enfance…
Celle-ci n’est jamais loin de notre inspiration. Mais la naissance de notre fils, en 2000, a profondément modifié notre approche de la littérature de jeunesse. La naissance de la parentalité a éveillé des questionnements qui ne trouvaient pas toujours de réponse dans les albums existants. C’est pourquoi nous avons eu envie d’écrire des albums comme Envole-toi ou N’oublie jamais que je t’aime. Notre écriture a perdu en légèreté et insouciance, mais à notre sens, elle a gagné en profondeur et en contenu.

Parle-moi PapaChômage, angoisse, immigration, violence conjugale,…Comment abordez-vous ces thèmes difficiles à appréhender pour les enfants ?
Lorsque nous avons créé 2 Vives Voix, la collection Bisous de famille est née tout naturellement de cette envie de traiter des relations intergénérationnelles et des rapports au sein de la famille. Pour nous, il n’y a pas de thèmes difficiles. Si l’auteur est capable de trouver l’angle, le point de vue pour aborder une thématique, celle-ci devient naturellement accessible aux lecteurs. Pour preuve, Les Artichauts de Momo Géraud, qui traite avec pudeur et sensibilité d’un sujet tabou : les violences conjugales. Les blocages face à certaines questions viennent rarement de l’enfant, mais plutôt de l’adulte qui pense, à tort, protéger le plus jeune en évitant d’aborder tel ou tel sujet. Voir Parle-moi Papa, de Christos qui illustre à merveille ce propos.

Quels sont vos projets ?
Tenir le coup !
Poursuivre l’aventure, car de nouveaux textes arrivent tous les jours dans la boîte aux lettres d’UTOPIQUE. L’année a débuté brillamment avec Indigo, de Régis Delpeuch et Pascale Boutry qui amorce notre nouvelle collection de livres-CD Il était une voix. Trois albums sont prévus dans la collection Bisous de famille pour 2014. Cette année nous verra ouvrir grand les portes de la « cabane » à des auteurs de textes et d’images tels qu’Emmanuel Bourdier, associé à Zaü, Yaël Hassan avec Sophie Rastégar, sans oublier Pascal Brissy dont nous illustrerons le texte.

Bibliographie sélective :

Retrouvez Didier Jean et Zad sur leur site.

couv-Larmes-Lisette 5cmConcours :

Grâce à Didier Jean et Zad, qui dirigent donc les éditions Utopique, je vais pouvoir offrir à l’un de vous Les larmes de Lisette, un magnifique album de Sandrine Kao (que nous avions chroniqué ici). Pour participer au tirage au sort, dites-moi en commentaire ce qui peut (ou pourrait) vous faire pleurer de joie ! Vous avez jusqu’à mardi, 10h ! Bonne chance à tous !


Parlez-moi de… Charlie

Régulièrement, on revient sur un livre qu’on a aimé avec son auteur, éventuellement son illustrateur et son éditeur. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un livre qui nous a plu. Cette fois-ci, c’est sur Charlie (chroniqué ici), de François David que j’ai eu envie de revenir : l’histoire d’une rencontre entre une jeune fille Laure, et un homme qui vit dans la rue, Charlie. Ces personnages ont réellement existé, et s’appellent en réalité Laure et Christian. Eric Denniel, responsable de la collection Place du marché aux éditions Le Muscadier nous parle également de la naissance de ce roman.

Francois DavidFrançois David, auteur : L’écriture de Charlie est totalement liée à la rencontre avec Laure. À diverses reprises, Laure a tenu avec nous le stand des éditions Møtus, d’abord comme stagiaire, puis, fidèlement, à l’occasion de plusieurs Salons du livre. Les visiteurs qui sont venus sur le stand de Møtus au Salon du livre Jeunesse de Montreuil ou au Salon du livre de Paris ont pu la voir présenter les ouvrages. Un jour, elle m’a fait part d’une histoire singulière qu’elle a vécue des années plus tôt. Je l’ai trouvée si étonnante, si belle aussi, que je lui ai demandé si elle voulait bien me la raconter à nouveau, mais avec plus de détails encore. Et si elle acceptait que j’écrive un texte pour la relater. Je me souviens que nous étions ainsi allés dans un café ; j’avais pris des notes et des notes. Puis dans un autre café car je voulais lui poser davantage de questions, lui faire préciser plus quelques points. Ensuite par mail aussi, je lui avais suggéré de revenir sur certains éléments. Et je lui avais demandé de me faire part de tout ce qui pouvait se trouver associé à cette « histoire » vraie. À un moment, il a été question d’intégrer une autre personne qu’elle avait, peu après, rencontrée. Mais finalement, il m’a semblé préférable, et plus clair pour le lecteur, de retenir exclusivement la relation d’amitié si inattendue, « imprévisible », entre Christian et elle. Écrire, c’est choisir. C’est aussi poser des mots. Un auteur a un rythme propre, une musique, une sensibilité, une approche, une façon d’exprimer. Et en même temps, surtout, je ne voulais pas trahir l’esprit de la rencontre entre Christian et Laure. Car qu’est-ce qu’être fidèle, en écrivant ? Bien plus que les noms des personnes et des lieux, il me semblait que c’était la vérité de leur échange, leur estime, leur confiance que je devais tenter de faire partager. Le plus souvent, j’invente, j’écris des fictions. Déjà pourtant, dans un texte très court, illustré par Anne Herbauts, La petite sœur de Kafka (aux éditions Esperluète), j’avais évoqué la personnalité et la destinée extraordinaires d’Ottla Kafka. Mais Ottla Kafka est morte, il y a longtemps, dans un camp de concentration où elle s’était portée volontaire pour accompagner des enfants. Pour Charlie, tout différemment, la personne réelle est heureusement bien vivante. Alors il y avait la peur qu’elle soit déçue, ou, pire, qu’elle se juge trahie. Cela m’a donc rassuré, véritablement, qu’elle ait apprécié la manière dont j’avais relaté son histoire. Ensuite, quand Éric a retenu le texte, il s’est trouvé être un peu court pour la collection. Je ne souhaitais pas l’allonger artificiellement, car un texte a sa dimension que je trouve important de conserver. Je pouvais proposer un autre texte, en complément de Charlie. Mais il m’a paru plus intéressant d’offrir au jeune lecteur la possibilité d’entendre celle qui avait servi de modèle au personnage. Que pour une fois, il puisse découvrir tous les liens, mais aussi les inévitables différences entre une personne et un personnage. Et d’après ce que j’entends et lis, je crois que beaucoup de lecteurs sont très sensibles à ce qu’exprime Laure à la fin du livre.

À propos de l’objet livre, je trouve belle la couverture ; et Laure l’a vraiment beaucoup appréciée aussi. L’accompagnement graphique, à l’intérieur, est à la fois discret et subtilement présent. Il me plaît ainsi. Avant l’envoi à l’imprimeur, j’ai découvert que la dernière illustration du livre devait représenter un SDF. Cela me gênait un peu. J’avais peur que Charlie soit alors circonscrit par cette image. Grâce aux mots, ou malgré eux, on peut imaginer librement. Et l’histoire témoigne justement que Christian était une personnalité riche et complexe, bien loin des préjugés qui réduisent si souvent les êtres à leur situation. Avec les Éditions du Muscadier, il a ainsi été choisi de ne pas le représenter. Tout s’est d’ailleurs passé de façon très cordiale, ouverte, souriante même avec cette maison d’édition. J’avais d’abord rencontré Éric, en tant que libraire, lorsque j’avais été réinvité à la médiathèque Limay par Rachel, une bibliothécaire merveilleusement passionnée. Il avait assisté à des rencontres. Il y avait eu un bel échange. Et nous avions aussi une amie commune, l’auteure Julia Billet. Lorsqu’il m’a plus tard proposé, en tant que directeur de collection, d’envoyer un texte pour Le Muscadier, j’ai tout de suite été très intéressé par la philosophie et l’esprit d’ouverture de cette maison d’édition. Avec sa vivifiante formule en épigraphe, tirée de La Boétie (De la servitude volontaire) : « Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres ». Et je lui ai envoyé Charlie.

le muscadierEric Denniel, directeur de la collection Place du Marché pour les éditions Le Muscadier :
La force et la justesse de Charlie m’ont tout de suite convaincu. Les différentes relectures ont confirmé cette première impression. Mais, pour la collection, le texte était trop court, et certains passages devaient être retravaillés pour être plus en phase avec la tranche d’âge (vocabulaire, notions, etc.). Un mail et un coup de téléphone plus tard, François avait trouvé la solution : l’ajout de l’entretien avec Laure à la fin de l’ouvrage. Quant aux modifications suggérés, elles sont arrivées peu de temps après. Tout le reste de notre travail s’est poursuivi en roue libre jusqu’à la couverture du livre, qui a fait l’unanimité. Et puis au dernier Salon de Montreuil, je passais le saluer sur le stand Møtus ; il me dit : « J’ai une surprise pour toi » et il me présente Laure : j’étais face à l’héroïne de Charlie, pour de vrai ! Pour conclure, je n’oublie pas de saluer les autres acteurs indispensables de cette aventure : la maquettiste, Joëlle Parreau, et Bruno Courtet qui a ouvert les portes du Muscadier à la collection Place du Marché.

Charlie
de François David
Sorti chez Le muscadier
2014
Chroniqué ici.

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A cheval !

Par 12 novembre 2013 Livres Jeunesse

Un album et un roman qui parlent d’équitation ! En selle !

DADA Albertine et Germano ZulloDada et Roger Canasson (je ris déjà) forment un duo de légende dans le monde du concours de saut d’obstacles. Jusqu’au jour où Dada, le cheval-star rate tous ses sauts. C’est la catastrophe ! Visite médicale, scanner, psychologue, repos loin des hippodromes, tout est essayé ! Et si la solution était beaucoup plus simple que ça ?

Comme d’habitude, Germano Zullo et Albertine forment un duo de choc. Cet album tout en longueur, qui peut faire penser au format d’une bande dessinée, en a aussi un peu le type d’humour. On rit non seulement des péripéties de cette histoire, mais aussi des illustrations, très décomposées, comme si on assistait à un film au ralenti. Du coup, c’est très vivant, et plein d’humour. Et surtout, la chute est bien trouvée ! Et mine de rien, sous ses airs drôles, cette histoire est avant tout celle d’un beau duo entre l’homme et l’animal. Vive Dada !

mes rêves au grand galopInès et Sébastien se rencontrent pendant les vacances. Ils sont très différents, et entre eux, c’est assez électrique. Lui est réfractaire à la vie à la campagne alors qu’Inès y vit toute l’année et y est très heureuse. Elle est plutôt liante, il reste absorbé par les jeux vidéos toute la journée. Et alors qu’Inès est privée de l’usage de ses jambes et se déplace en fauteuil roulant, elle est un peu désespérée de voir Sébastien aussi peu actif, profiter aussi peu de sa mobilité ! L’équitation peut peut-être les réunir…

C’est la première fois que je lis un roman de Didier Jean et Zad, duo dont j’aime déjà beaucoup les albums, qu’ils soient auteurs ou illustrateurs. Et une fois encore, je ne suis pas déçue ! Dans ce roman pour adolescents à deux voix, qui alternent les points de vue des deux personnages, on ne s’ennuie pas. Alors que l’histoire d’amour sur fond de handicap et de chevaux peut manquer d’originalité a priori, j’ai finalement été surprise ! Écrit à quatre mains (enfin deux, parce que chacun n’écrit qu’avec une main finalement), il fallait aussi que tout cela s’harmonise et ça fonctionne ! De l’émotion, de l’humour, de l’amitié, des personnages en construction qui se cherchent, et le monde de l’équitation pour ravir les passionnés, tous les ingrédients pour un roman de qualité sont réunis ! C’est une histoire de la vie, dans laquelle on entre très facilement ! C’est là toute la force du roman : avec simplicité, on aborde finalement des thèmes de manière profonde !
Le même vu par Butiner de livres en livres.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué des livres de Didier Jean et Zad (Paris-Paradis, Parle-moi Papa, Comme deux confettis, Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman, et Les artichauts) et un album de Germano Zullo et Albertine (A la montagne)

Dada
de Germano Zullo, illustré par Albertine
La joie de lire
14,50 €, 235 x 317 mm, 34 pages, imprimé en Chine, 2013
Mes rêves au grand galop
de Didier Jean et Zad, illustré par Didier Garguilo
Rageot Romans
6,45 €, 125 x 180 mm, 151 pages, imprimé en France, 2013

A part ça ?

1 minute 24 à hauteur d’enfant ? Ça donne ça ! (Les talons rouges, d’Olesya Shchukina)

Marianne

 

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Parler de sujets graves

Par 26 octobre 2013 Livres Jeunesse

Deux époques, deux sujets graves, deux albums pour en parler avec les enfants, même grands. Deux coups de cœur !

Je suis un papillonUn papillon éphémère ne vit qu’une journée. Il estime avoir de la chance puisqu’il va la passer avec les Hoffmann qui sont tous réunis au jardin pour un repas familial. Il y a notamment Clara, avec ses deux nœuds dans les cheveux. Des enfants qui courent, des saucisses grillées, un air d’accordéon, une sieste dans la chaise longue,… Le temps s’écoule paisiblement, et chacun profite de cette belle journée. Et soudain, l’ambiance change radicalement… Des hommes en costume beige, brassard rouge et cheveux rasés, font irruption dans le jardin. La musique cesse, tout le monde baisse la tête et le papillon assiste à de violentes scènes : le mobilier vole, les coups aussi… Seule la petite Clara réussira à désarmer, avec sa candeur, ces hommes violents.

Alors que l’histoire démarre de la manière la plus paisible qu’il soit et que l’on s’attend à un délicieux récit de repas de famille, plein de détails savoureux qui nous plongent complètement dans l’ambiance, la rupture est brutale. Aussi brutale que la détermination de ces soldats nazis qui viennent semer la terreur, affoler tout le monde, et dessiner une étoile sur le portail bleu… Racontée du point de vue d’un papillon, pour apporter à la fois recul, légèreté et gravité (oui, c’est possible de mélanger les deux), cette histoire m’a beaucoup émue. Vincent Cuvellier choisit ses mots avec justesse, il n’en dit ni trop ni trop peu pour que chacun se figure à son niveau les événements. C’est fort ! Les illustrations de Sandrine Martin sont quant à elles parfaitement adaptées à l’ambiance, à la fois simples, vivantes et détaillées. C’est un album original, qui s’intéresse à un sujet difficile abordé sous un angle différent et qui fait monter les larmes aux yeux.

paris-paradisMoussa part pour Paris-Paradis, capitale de la France ainsi surnommée pour l’eldorado qu’elle représente pour le jeune homme et ses compagnons de galère. Il devra pour cela traverser des villages, parcourir des pistes et des déserts. Plusieurs véhicules pour rejoindre la côte, puis le paiement de l’accès à la pirogue avec toutes ses économies et enfin, la traversée, si dangereuse, avec les vagues, les enfants qui pleurent, et les passagers qui ne savent pas nager. A l’approche des côtes françaises, ils sont remorqués, puis Moussa rencontre Chloé…

Malheureusement très tristement d’actualité, Paris-Paradis deuxième partie (le premier tome racontait la prise de décision du jeune garçon de quitter l’Afrique, mais on lit sans problème les albums de manière indépendante), raconte l’épopée de ces centaines de personnes qui chaque jour tentent d’arriver en France, dans des conditions souvent très difficiles. Rien n’est épargné : l’épuisement, la trahison de certaines rencontres qu’il croit d’abord bienfaisantes, la fragilité de la pirogue, la peur des autorités, et les premiers pas sur le sol français… Didier Jean et Zad, comme à leur habitude, savent traiter des sujets les plus graves, avec émotion et justesse, mais sans pathos. Le texte est très poétique, très fort, et les illustrations de Bénédicte Nemo simplement magnifiques. On ressent la force de Moussa, mais aussi la force des éléments, et la dureté de l’épreuve. C’est beau, ça me donne envie de lire rapidement le premier tome en attendant de découvrir un jour le troisième, qui est prévu.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué d’autres ouvrages de Vincent Cuvellier (Les socquettes blanches, La fille verte, La première fois que je suis née, Émile veut une chauve-souris, Émile fait la fête, Émile est invisible, Émile veut un plâtre, Emile se déguise), et de Didier Jean et Zad (Parle-moi Papa, Comme deux confettis, Gaufrette et Nougat jouent au papa et à la maman et Les Artichauts).

Je suis un papillon
Texte de Vincent Cuvellier, illustré par Sandrine Martin
Gallimard Jeunesse Giboulées
12,50 €, 215 x 255 mm, 24 pages, lieu d’impression non précisé, 2013
Paris-Paradis, deuxième partie
Texte de Didier Jean et Zad, illustré par Bénédicte Nemo
2 Vives Voix dans la collection Bisous de famille
15,50 €, 220 x 320 mm, 40 pages, imprimé en France sur papier issu de forêts durablement gérées, à l’aide d’encres végétales, 2013

A part ça ?

Mercredi dernier Gabriel a présenté sa première chronique radio dans l’émission Écoute ! il y a un éléphant dans le jardin, sur Aligre FM. Retrouvez bientôt l’émission en intégralité en suivant ce lien, et écoutez dès à présent la chronique grâce à l’onglet dédié sur le blog.

Marianne

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