La mare aux mots
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Divorce

Une fille qui fait disparaître les choses et un garçon qui se fait passer pour une fille

Par 17 janvier 2013 Livres Jeunesse

Les disparitions d'Annaëlle FaierAnnaëlle est une héroïne inversée. Elle ne vole pas, elle n’a pas de batmobile, elle fait disparaître les choses… Ça pourrait sembler positif, intéressant, utile… sauf qu’Annaëlle fait disparaître les sentiments (ceux de ses parents, ceux de son amoureux). La jeune fille voit aussi autour d’elle des tas de choses qui disparaissent. Elle voudrait que cesse cette malédiction.

Quel beau roman que Les disparitions d’Annaëlle Faier. Je découvre avec ce livre son auteur Jean-Noël Sciarini et ça aurait été dommage de passer à côté d’une telle plume. J’ai adoré son écriture, l’histoire d’Annaëlle. On parle ici des ruptures sentimentales, de l’amour, de la dépression, de l’amitié et de la magie. Le livre parle bien des moments où l’on sombre, où tout semble nous échapper. Il y a quelque chose de magique dans ce roman justement. Le genre de roman qui nous reste en tête bien après l’avoir posé. Le genre de personnage qui rentre vraiment dans notre vie. C’est à la fois beau et plein d’humour, Annaëlle jeune fille bien dans son époque qui bascule d’un coup dans une période noire tout en gardant son côté piquant. Jean-Noël Sciarini a mis dans son récit des tas de petites scènes ou de détails qui sont de très beaux moments (une théorie sur les gens et les livres, des couverts qui disparaissent et réapparaissent au restaurant, des anniversaires aléatoires). C’est beau, c’est poétique, c’est un roman qui fait du bien.

Garcon ou FilleA partir d’aujourd’hui, Matthew va devoir cohabiter avec son cousin Sam. Celui-ci vient de perdre sa mère et son père est en prison, il va donc quitter les Etats-Unis pour l’Angleterre et vivre dans cette famille très différente de la sienne. Pour les deux garçons pas facile de cohabiter. Sam est arrogant, méprisant et assez vite ça tourne mal. Pourtant il n’imagine pas arriver dans une nouvelle école sans amis et va donc devoir accepter un petit « jeu » pour se faire accepter, Matthew et ses copains ont eu comme idée que Sam deviendrait Samantha et qu’il se ferait donc passer pour une fille à l’école.

Ici on est très loin du style littéraire, de la belle plume de Jean-Noël Sciarini, on est plus proche de la littérature de plage mais Garçon ou fille est un roman plaisant à lire, où l’on ne s’ennuie jamais. Construit sous forme de petits chapitres qui donnent chaque fois la parole à des héros de l’histoire (excepté Sam), c’est un roman assez original. On pense à des films où plusieurs personnages raconteraient comment ils ont vécu un évènement. On va, par exemple, avoir la vision du barman lors d’une altercation dans un bar ou celle de la directrice de l’école lors d’une partie de foot au collège, chaque personnage, même croisé, aura ainsi la parole. Le roman parle aussi bien-sûr des différences entre les filles et les garçons et notamment des différences « clichées ». Les garçons jouent au foot et les filles sont plutôt superficielles mais elles vont se rendre compte qu’une fille peut faire du foot. De même un garçon et une fille vont tous les deux tomber amoureux de Sam en croyant que c’est un garçon… mais tout ça restera très bon enfant.

Quelques pas de plus…
Un autre roman de Jean-Noël Sciarini chroniqué par Kik, Tarja (dont je vous parlerai prochainement)

Les disparitions d’Annaëlle Faier
de Jean-Noël Sciarini
L’école des loisirs dans la collection Médium
10€, 125×190 mm, 231 pages, imprimé en France, 2013
Garçon ou fille
de Terence Blacker (traduit de l’anglais par Stéphane Carn)
Gallimard Jeunesse dans la collection Pôle fiction
6,70€, 110×180 mm, 332 pages, imprimé en France, 2012.

A part ça ?

Gallimard Jeunesse a commandé à l’institut Ipsos une grande étude nationale sur la lecture chez les 7-15 ans. Vous pouvez lire ces chiffres intéressants (et plutôt encourageants) ici.

Gabriel

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Entre des parents qui ne s’aiment plus…

Par 3 janvier 2013 Livres Jeunesse

Un thème pas toujours facile à aborder : la séparation des parents. Deux albums qui l’abordent de façon très différente.

Mon cartable

Marin a une chose qui ne le quitte jamais : son cartable. C’est la seule chose qui le suit chez son père et chez sa mère. Ce cartable était autrefois une sorte de coffre où il cachait des trésors, maintenant il sert aussi de boîte aux lettres entre ses parents, il sert aussi à transporter les affaires pour la semaine le dimanche soir.

Anne-Gaëlle Balpe fait passer énormément de choses avec cette histoire de cartable, et Mon cartableles fait passer avec beaucoup de finesse. Elle parle ici du sentiment qu’ont les enfants de divorcés de jouer les tampons entre les parents, d’être un facteur, écouter les griefs qu’ils ont l’un envers l’autre. Ce cartable qui était un des « objets fétiches » de l’enfant devient quelque chose de lourd à porter. C’est bien sûr également une métaphore sur tout ce que Marin doit maintenant porter sur ses épaules, emporter avec lui. Un très très beau texte. Côté illustrations, on est sensible ou pas au travail de Lisa Zordan, je pense… je vous laisse voir vous-même à quel clan vous appartenez ! Dans tous les cas on ne peut pas lui enlever qu’elle apporte de la douceur et de la poésie au texte (qui n’en manquait pas).

Est-ce que vous m'aimerez encore... ?Un enfant se demande si ses parents qui passent leur temps à se disputer le font à cause de lui, est-ce à cause de lui que ses parents ne s’aiment plus ? Et lui… l’aiment-ils encore ?

Ici c’est d’un couple en pleine séparation dont parle Laurie Cohen, avec les cris, les pleurs… et le questionnement des enfants. Les superbes illustrations de Cécile Vangout est-ce que vous m'aimerez encore(quel talent…) font de l’album un livre plein de douceur, de poésie mais sans mièvrerie. Même si je suis moins fan du texte de ce livre par rapport au précédent, il y a un superbe passage, une simple phrase : « Mais moi, j’ai bien vu que dans ses gâteaux il y a plein de larmes qui coulent. C’est pour ça que des fois il y a un petit goût de sel… » est une des plus belles phrases que j’ai lu dans un livre jeunesse récemment.
Des extraits ici.

Quelques pas de plus…
Beaucoup d’autres livres sur le divorces dans notre fiche thématique.
Retrouvez :
– notre interview d’Anne-Gaëlle Balpe et ses livres que nous avons chroniqués : De vrais amis, Le grand n’importe quoi, Rouge Bitume, Noël en juillet, On n’a rien vu venir, Bonhomme et le caillou bleu, Quand je serai grand, je serai… Grand Méchant Loup ! et Les potions de Papi-guérit-tout.

– notre interview de Cécile Vangout et nos chroniques de ses livres : Lulu et Moussu, Je n’irai pas !, J’attends Mamy et Giga Boy.
– les autres livres de Laurie Cohen que nous avons chroniqués : Dans le ventre de maman et Ma voisine est une sorcière.

Mon cartable
de Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Lisa Zordan
Kilowatt
10€, 173×243 mm, 30 pages, imprimé à Singapour, 2012.
Est-ce que vous m’aimerez encore… ?
de Laurie Cohen, illustré par Cécile Vangout
Galapagos
12,94€, 241×181 mm, 32 pages, imprimé en France, 2012.

A part ça ?

Sur le forum nous avons commencé à répertorier les cartes de vœux des auteurs, illustrateurs, maisons d’éditions… ça donne une jolie galerie que vous pouvez consulter (voire compléter) ici.

Gabriel

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Fuir sa vie…

Par 28 décembre 2012 Livres Jeunesse

Ne le dis à personneL’annonce du divorce de ses parents a été comme un coup de massue pour Théo, 12 ans. Il sait que sa vie ne sera plus jamais la même et les « t’es pas le seul à vivre ça » ne servent à rien, c’est à lui que ça arrive. Son père a rencontré quelqu’un d’autre, il part s’installer avec ce nouvel amour. Il y aura désormais « chez maman » et « chez papa ». Théo ne s’en remet pas… mais il ne sait pas qu’il va apprendre encore pire, quelque chose de terrible, que personne ne doit savoir… son père a quitté sa mère pour un homme…

Ne le dis à personne est un roman absolument magnifique. Josette Chicheportiche raconte cette famille avec une vraie justesse, sans aucune complaisance. Elle ne rajoute pas non plus à son récit des scènes larmoyantes pour faire pleurer dans les chaumières. Non ici tout sonne juste, de la dépression et l’incompréhension de la mère, aux peurs du pré-adolescent, du refus des grands-parents à l’indifférence de la petite sœur (pour elle quelle importance le sexe de l’amoureux de son père ?). Les personnages ne sont pas forcément particulièrement sympathiques, ils sont vrais. C’est ce qui marque le plus dans ce très beau roman, son côté réaliste. Josette Chicheportiche a une plume magnifique, elle nous entraîne vraiment dans son histoire, elle nous émeut (notamment dans une scène entre Théo et son père) et nous fait aussi sourire régulièrement (surtout grâce à la petite Lola). On parle ici de la différence, d’accepter nos parents tels qu’ils sont, du regard des autres (les grands-parents, les camarades d’école,…), des secrets familiaux,… Ne le dis à personne est, je le répète, un roman absolument magnifique.

Aggie change de vieAgie est une fille des rues. Elle vit le plus souvent dehors, avec son ami Orin et son chien Mister Bones. A eux trois ils forment une sacrée équipe pour délester les riches passants de leur portefeuille. Seulement un soir, une de leur victime va devenir tout autre chose… et si Aggie changeait de vie ?

C’est un très beau roman qu’a écrit Malika Ferdjoukh, à la fois drôle et plein de tendresse. On suit ici les aventures de cette drôle de petite fille, qui n’a pas sa langue dans sa poche, des bas quartiers de Boston aux quartiers plus huppés. Il y a une ambiance à la Oliver Twist voire Sherlock Holmes (avec les détectives privés, les allumeurs de becs de gaz, les fiacres), le genre d’atmosphère que j’adore. On sourit souvent, on est ému parfois (voire même on verse quelques larmes devant le destin de Mister Bones), on passe un moment délicieux, sans jamais s’ennuyer. Un livre qui va ravir les jeunes lecteurs.

Quelques pas de plus…
Les lectures de Kik et Un petit bout de Bib ont tous les deux parlé d’Aggie change de vie.
D’autres romans sur le divorce : Carnet d’Août, On n’est pas des oiseaux, Mon idiot de beau-père et Les inséparables. Retrouvez aussi notre chronique spéciale sur les livres abordant l’homoparentalité et l’homosexualité.

Ne le dis à personne
de Josette Chicheportiche
Oskar éditeur
9,95€, 115×169 mm, 176 pages, imprimé en Europe, 2012 (ce roman était déjà sorti sous le titre Je ne veux pas qu’on sache chez Pocket).
Aggie change de vie
de Malika Ferdjoukh
L’école des loisirs dans la collection Neuf
8,70€, 125×190 mm, 93 pages, imprimé en France, 2011.

A part ça ?

Vous avez entre 10 et 25 ans et envie de changer le monde? Allez faire un tour sur Télé Debout.

Gabriel

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Mes parents ne s’aiment plus… (thématique sur le divorce 3/3)

Par 14 juin 2012 Livres Jeunesse

Quand une situation devient intolérable et invivable, le divorce est un moindre mal. Françoise Dolto

Dernier volet de cette chronique en trois partie sur le divorce. Aujourd’hui on s’intéresse aux livres pour ceux qui lisent déjà tout seuls. BD, romans et documentaires.

On commence par une bande dessinée.

Madame Renarde et sa fille ont dû fuir, des chasseurs avaient trouvé leur terrier. Elles trouvent refuge chez Monsieur Blaireau et ses enfants. Très vite ils décident de s’installer ensemble mais les enfants ne sont pas d’accord, un blaireau et un renard ne peuvent pas être frères et sœurs, ils n’ont pas les mêmes jeux, la même façon de vivre…

La famille recomposée vue sous forme d’animaux et en BD fallait y penser ! Déjà l’idée est bonne et le résultat l’est tout autant. Le support va vraiment plaire aux enfants, leur parler. Ici donc les enfants d’une famille recomposée vont devoir apprendre à vivre ensemble, à accepter cette nouvelle vie, cette cohabitation. Au-delà de la famille recomposée on parle aussi d’accepter les différences des autres, de voir qu’elles sont une force. C’est bien écrit et les illustrations d’Ève Tharlet sont très belles. Une petite bande dessinée pleine d’humour pour dédramatiser. La rencontre est le premier tome d’une série qui en compte, pour l’instant, quatre.

Deux romans.

Mais qui est ce breton que la mère d’Adam lui présente un jour tout sourire ? Que vient-il faire dans leurs vies ? Adam le déteste d’emblée et quand il apprend que sa mère part quelques jours le laissant seul avec lui, il pense que va commencer l’enfer…

Un petit roman plutôt sympathique sur les rapports enfant-beaux-parents. Comment accepter le nouvel amoureux de sa mère, surtout quand il est aussi différent de ce qu’on l’on connait ? Le roman de Yann Coridian parle aussi des parents âgés (le père d’Adam a une cinquantaine d’année de plus que lui) et des préjugés (ici sur les bretons). Plusieurs passages très drôles, d’autres… comment dire… un peu étranges… Pour être franc je ne suis pas certain d’avoir tout compris et ça m’a un peu dérangé… Je ne peux pas dire que j’ai été très fan de l’écriture de Yann Coridian mais ce roman a le mérite d’exister pour des ados qui vivent ce genre d’histoire et qui s’identifieront au personnage attachant d’Adam.

Simon et Delphine connaissent un drame… non pas le divorce de leurs parents (même si ça, déjà, c’est pas génial) mais surtout la nouvelle amie de leur père, Pierrette Piechaux (surnommée « grosse vache ») et ses deux enfants Porcinet et Marie-Neige. Comment les supporter ? Comment faire quand on est chez eux pour être aimable ? Une seule solution : essayer de faire en sorte que leur père quitte Pierrette et ses enfants affreux et qu’il revienne chez maman. Pour ça il faut former un tandem inséparable, prêt à tout.

Les inséparables est tout simplement un des livres les plus drôles que j’ai été amené à lire. J’ai passé mon temps à ricaner en le lisant (ce qui énervait ma compagne). Colas Gutman a un style très moderne, une vraie plume. Ses mots sonnent justes et parleront aux jeunes ados. Ici on n’hésite pas à traiter la belle-mère de grosse vache (elle est particulièrement antipathique par ailleurs) et ses enfants de débilos (Marie-Neige qui passe son temps à faire des colliers de perles et son frère Porcinet sont particulièrement crispants). Ce n’est absolument pas politiquement correct et que c’est bon ! Derrière tout l’humour du livre il y a bien sûr énormément de fond (le t-shirt avec lequel on dort parce qu’il a l’odeur de maman, la sœur, pourtant si forte, qu’on entend pleurer dans son lit, les albums photos de l’époque où les parents étaient encore ensemble,…). Je ne suis pas certain que ça soit le roman à offrir à un enfant pour lui faire aimer sa belle-mère (ou alors par comparaison) mais c’est un formidable roman fin et drôle, avec des personnages terriblement attachants.

Et pour finir trois « guides » de la collection Oxygène, chez De La Martinière Jeunesse.

Le premier, Mon père me manque, s’adresse aux ados (dès 11 ans) qui vivent donc avec leur mère et voient rarement leur père. Le livre est très complet et de très nombreuses choses sont évoquées, de la guerre entre les parents aux retrouvailles avec le père en passant par les moments où maman craque, ou encore la famille recomposée. C’est bien écrit et bien fait mais j’ai eu quelques difficultés avec quelques propos du livre… Il est dit que la figure paternelle est obligatoire pour se construire, que sans père pas d’autorité (c’est tout juste si on n’y dit pas que les enfants vont devenir délinquants sans figure paternelle), qu’une femme a besoin d’un homme,… bref une vision très patriarcale et très hétérocentrée de la société. On cite même mon grand ami (ironie) Aldo Naouri… bref dommage que le livre soit plombé par quelques propos malheureux !

Le deuxième, m’a beaucoup plus plu. Famille recomposée : comment trouver sa place tout est dans le titre. Ici de nombreux témoignages d’ados, des récits de situations, des conseils, bref tout est fait pour que les jeunes ados se sentent moins seuls, retrouvent ici des enfants qui vivent la même chose qu’eux. Le livre est parsemé de petites bandes dessinées plutôt réussies. C’est un petit guide très complet, ancré dans notre époque, sans idées reçues, conçu de manière à n’être pas rasoir mais au contraire plutôt amusant, bref c’est vraiment réussi.

Le dernier, Les miens aussi ils divorcent, s’adresse aussi aux ado mais d’une façon plus frontale peut-être, plus directe. Ici on évoque les parents qui divorcent pour cause de violence, alcoolisme, drogue,… on parle clairement de la guerre qu’ils peuvent de mener. Ce guide est également très bien fait pour tout ce qui concerne le juridique. Les enfants apprendront ce que sont le juge aux affaires familiales et la pension alimentaire, comment ça se passe en cas de séparation de parents non mariés, ce qu’il arrive quand les parents ne sont pas d’accord sur la garde des enfants, vers qui ils peuvent se tourner (tant dans la sphère privée qu’administrative). On y parle aussi bien-sûr de tout ce qu’ils vont vivre sur le plan émotionnel, comme dans les précédents, mais ici c’est aussi un très bon guide pour tout comprendre à tous les niveaux. Peut-être le mieux fait des trois… en tout cas le plus complet !

Quelques pas de plus…
Je rappelle que la semaine dernière et la précédente nous avons déjà parlé de livres sur le divorce.
Pour rester dans ce thème, des parents divorcés dans Comment j’ai connu papa (que j’ai chroniqué ici) et dans Les petites marées (que j’ai chroniqué ) de Séverine Vidal, dans Des crêpes à l’eau de Sandrine Beau (que j’ai chroniqué ici) et dans On n’est pas des oiseaux (que j’ai chroniqué).
Enfantipages a aussi parlé de Mon idiot de beau père ici. et Parfums de livres a fait également un article complet sur le divorce ici, de même pour 3 étoiles .

Monsieur Blaireau et Madame Renarde : 1. La rencontre
de Brigitte Luciani, illustré par Ève Tharlet
L’école des loisirs dans la collection Mille bulles
5,90€
Mon idiot de beau-père
de Yann Coridian
L’école des loisirs dans la collection Neuf
8€
Les inséparables
de Colas Gutman
L’école des loisirs dans la collection Neuf
9€
Mon père me manque
de Betty Mamane et David Pouilloux, illustré par Jérôme Peyrat
De La Martinière dans la collection Oxygène
10€
Famille recomposée : Comment trouver sa place ?
de France Bonneton, illustré par Frédéric Rébéna
De La Martinière dans la collection Oxygène
11€
Les miens aussi ils divorcent
de Florence Cadier, illustré par Michel Szlazak
De La Martinière dans la collection Oxygène
10€

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A part ça ?

Le 21 juin c’est la fête de la musique… pour les enfants aussi ! La cité de la musique et Paris môme organisent cette année un concert qui a l’air très sympa ! Au programme : le groupe pop-rock Moriarty (à 17h), un conteur africain, Souleymane Mbodj (à 17 et 18h) un orchestre sud-africain dont les musiciens ont entre 12 et 20 ans, The Buskaid Soweto String Ensemble  (à 18h et 20h30), Xavier Ferran et son spectacle Tombé dans le piano, solo musical et burlesque à 18h30, etc etc etc,… et plein d’autres choses encore. Bien-sûr tout est gratuit. C’est à la Villette et pour plus d’info c’est ici : http://www.citedelamusique.fr/francais/fete_musique1213.aspx

Gabriel

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Mes parents ne s’aiment plus… (thématique sur le divorce 2/3)

Par 7 juin 2012 Livres Jeunesse

Suite de cette thématique en trois parties sur le divorce. La semaine dernière je vous ai parlé de quatre albums jeunesse, cette semaine en voici 5 autres. La semaine prochaine je m’intéresserai à des livres pour les enfants qui lisent tout seul.

Maya n’est pas souvent avec son papa, alors quand elle passe un moment avec lui elle a le droit à trois caprices. Il suffit de dire « caprice ! » quand papa refuse quelque chose et hop c’est accordé ! Mais attention 3 fois ça passe vite. Le premier sera une glace à six boules, le deuxième un ballon pour le libérer quant au troisième il faut le garder précieusement jusqu’à la fin du week-end car il concerne maman…

Quelle beauté que cet album ! Déjà l’objet : c’est un grand livre (26 sur 29 cm) avec de très belles illustrations, un papier épais. Ensuite le texte, c’est une petite merveille. À la fois drôle et tendre, joyeux et triste. Maya parle de la différence entre chez maman et chez papa et au milieu elle lâche un « Avant, papa habitait chez moi avec Maman. C’était la « femme de sa vie ». Puis elle décrit l’appartement du père où il y a un portrait d’enfant qui pleure et conclu par «  Quand Papa est parti, Maman aussi  pleurait ». C’est dit avec les mots de l’enfance, avec sa simplicité. On sourit avec les yeux légèrement mouillés. La chute, le dernier caprice de Maya est de la même façon un beau moment très émouvant. Un petit bijou.

Puisqu’on est dans les bijoux, j’ai découvert la collection Les petits bobos de la vie du Dr Englebert, illustrés par Claude K. Dubois. Je ne connaissais pas du tout cette collection et je suis tombé sous le charme.

Édouard est très heureux, il va aller au zoo avec son papa ! Celui-ci lui rappelle qu’il y est déjà venu à l’époque où il ne marchait pas encore, à l’époque où ses parents étaient encore ensemble… Une fois rentré chez maman, c’est l’occasion de revoir des photos de lui petit, de ses parents quand ils s’aimaient.

Manu apprend que ses parents sont se séparer. C’est bizarre la vie sans papa, l’appartement parait vide sans ses affaires. Quand vient l’heure de passer à table sans lui… ça fait drôle ! Et puis il y a maman qui pleure, maman qui critique papa au téléphone, des choses qu’on ne veut pas entendre… Puis vient le temps de la nouvelle maison de papa « c’est drôle de dire « chez papa ». Avant, chez papa, c’était chez nous », la nouvelle copine de papa… La vie suit son cours, maintenant Manu a deux maisons et une valise rouge qui le suis.

Ces deux livres sont de pures merveilles de tendresse et de poésie. Les séries comme ça sur des thèmes précis sont souvent un petit peu bancales… On veut aborder chaque fois un thème on le fait tant bien que mal, c’est souvent écrit par des spécialistes (pédiatres, psychologues,…) qui ne sont pas forcément de grandes plumes et assez mal illustrés… Ici c’est tout le contraire ! La plume du docteur Éric Englebert touche là où il faut, elle nous fait monter les larmes au coin des yeux, pourtant ce n’est pas triste, c’est juste beau. Les mots sont bien choisis, ils font mouche. Les illustrations de Claude K. Dubois sont parfaites, elles ajoutent encore plus de poésie et de tendresse au texte qui n’en manquait pourtant pas. Je ne connaissais pas cette illustratrice (juste de nom, Agnès Domergue m’en avait parlé) et je suis tombé sous le charme. Des livres de poches absolument superbes.

Cette petite fille a deux maisons. Il y a chez papa et chez maman. La seule chose qui ne change pas c’est Fred ! Fred c’est son chien qui la suis partout. Seulement voilà… chez maman Fred aboie sur le caniche du voisin et chez papa… il mange les chaussettes ! Plus personne n’en veut. Mais où il va habiter alors ?

Je vous parlais déjà la semaine dernière du divorce vu par un chien (Oh ! Pétard ! chroniqué ici), dans J’ai deux maisons ce n’est pas le chien qui raconte l’histoire mais il en est au centre. J’aime cette façon détournée de parler aux enfants de choses qui peuvent les tracasser. Ici le quotidien en garde alternée est tout à fait « normal », il n’y a que le chien qui pose problème. J’ai trouvé ce « concept » intéressant et intelligent.  La vie de cette petite fille est montrée comme une vie banale. Le texte est très beau et les illustrations de Tricia Tusa sont magnifiques, bien mises en valeur par un beau papier épais (Circonflexe fait vraiment de beaux livres).

Victor a une famille un peu compliquée, il y a son père, sa mère et ses frères mais aussi la nouvelle femme de son père, le nouveau mari de sa mère, les enfants que le nouveau mari de sa mère a eu avec elle, qui sont ses demi-frères et sœurs mais aussi Marie-Lucie qu’il a eu avant et qui n’a donc aucun lien de parenté avec lui. Pourtant la mamie de Victor la connaît bien Marie-Lucie et quand il vient en vacances, même si elle n’est pas sa petite fille par le sang, elle veut qu’elle vienne aussi. Tout n’est déjà pas simple mais le jour où les enfants reviennent de vacances par le train, accompagnés par les JVS (Je voyage seul) tout se complique. Car à la gare ce n’est pas la personne prévue qui arrive les chercher mais Prosper, le grand frère de Victor ! Et l’accompagnatrice elle ne l’a pas sur sa fiche, de plus ce n’est pas le frère de Marie-Lucie ! Alors on appelle le père de Marie Lucie… mais lui n’est pas le père de Victor ! Comment tout ce méli-mélo cela va se terminer ?

Ils nous ont encore oubliés ! (titre que je ne comprends pas, par rapport à l’histoire) est extrait d’une série : Victor et Cie qui raconte « la vie trépidante et drôle d’une famille recomposée ! ». Ici l’histoire est assez originale puisqu’on parle des enfants qui vivent dans une famille recomposée mais par le biais d’une histoire de « qui viens nous chercher », « qui est responsable de nous ». Victor et Marie-Lucie sont comme des frères et sœurs pourtant ils n’ont pas de parents en commun. Aux yeux des administrations les parents de l’un ne sont pas ceux de l’autre, même si aux yeux des enfants tout ça n’a aucune importance. Un petit album frais et moderne.

Quelques pas de plus…
Retrouvez d’autres albums qui parlent de divorce et de familles recomposées : Prune, la nouvelle fiancée de Papa, Le papa-maman et dans l’article de la semaine dernière.
J’ai deux maisons et d’autres livres sur le divorce sur Parfums de livres.

Les trois caprices de Maya
de Geoffrey Dussart, illustré par Anne-Catherine De Boel
Pastel – L’école des loisirs
13,50
Papa, maman… avant
de Dr Éric Englebert, illustré par Claude K. Dubois
Grasset Jeunesse/Lampe de poche dans la collection Les petits bobos de la vie
5,90€
La valise rouge
de Dr Éric Englebert, illustré par Claude K. Dubois
Grasset Jeunesse dans la collection Les petits bobos de la vie
5,90€
J’ai deux maisons
de Nancy Coffelt, illustré par Tricia Tusa
Circonflexe
12,50€
Ils nous ont encore oubliés !
de Yann Mens, illustré par Marie-Élise Masson
Gautier-Languereau dans la série Victor et Cie et dans la collection Les petites histoires du soir.
6,90€

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À part ça ?

Bulle et Bob vous les connaissez ? On vous a parlé déjà d’eux (Bulle et Bob dans la cuisine et Bulle et Bob à la plage), on les adore. Ma fille est très fan. Ils ont maintenant un blog sur lequel vous pouvez retrouver des extraits du prochain : Bulle et Bob préparent Noël ! C’est ici : http://tualnatalie.blogspot.fr/

Gabriel

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