La mare aux mots
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Dorothée de Monfreid

Du berger à la bergère : de Clothilde Delacroix à Dorothée de Monfreid

Par 3 août 2016 Les invités du mercredi

Cet été, on vous propose encore une nouvelle rubrique pour nos invité.e.s du mercredi. Après les questions sur les métiers et les questions des enfants, on a proposé cet été à des auteur.e.s et des illustrateurs.trices de poser trois questions à un auteur.e ou une illustrateur.trice de leur choix. Puis à l’interviewé.e d’en poser une à son tour à son intervieweur.euse d’un jour. Après Jean-Luc Englebert et Benjamin Chaud, Fred Bernard et Loïc Clément, Marine Carteron et Clémentine Beauvais, Clément Lefèvre et Matthieu Maudet cette semaine c’est à Dorothée de Monfreid que Clothilde Delacroix a choisi de poser des questions.

Clothilde Delacroix : Y a t-il un moment en particulier dans la création d’un album où tu as le plus de plaisir et, à l’inverse, un moment que tu trouves plus « ennuyeux »?
Dorothee de monfreid
Dorothée de Monfreid : Les moments que j’aime dans la réalisation d’un album sont les moments où le doute dans lequel je navigue à chaque nouveau projet commence à se dissiper. Le travail se transforme alors en quelque chose de plus concret. Par exemple, quand je tiens le fil d’une histoire et que j’en fais le découpage. Tout à coup, ça sort de mon magma intérieur et ça se met à exister. Alors je fabrique une petite maquette en papier avec textes et dessins.
Cette maquette me permet de regarder mon histoire comme une chose extérieure.
Ensuite il y a le moment où j’ai passé suffisamment de temps à faire des recherches graphiques de mes décors et personnages pour savoir où je vais. C’est très plaisant. Je suis bien échauffée, je commence les « vrais » dessins du livre, j’essaie d’être le plus juste possible par rapport à ce que je veux exprimer avec mes personnages, un peu comme le ferait un comédien. Je réalise mes dessins avec de l’encre de Chine et une plume, j’adore son bruit quand elle gratte le papier.
Un autre moment savoureux est celui où je peins mes dessins (à la gouache ou à l’aquarelle). C’est calme et ça sent bon.
Et puis vient le moment où je peux lire sur mon contrat le titre que j’ai inventé. Ça, c’est extra. Tout à coup, quelque chose existe officiellement.
DodoLes moments les plus difficiles sont les moments où, quand j’écris, le doute prend le dessus, où je pense que je ne vais pas y arriver, où l’histoire n’est pas là. Le temps d’attente d’une réponse après avoir envoyé le projet à un éditeur est atroce, lui aussi. Bénis soient ceux qui me répondent vite, ils m’épargnent du stress et me permettent de donner le meilleur de moi-même

Clothilde Delacroix : As-tu une sorte de cahier des charges personnel ? Un enjeu technique, une sorte de visée, quand tu entreprends un nouvel album? (En dehors du cahier des charges propre au milieu éditorial, nombre de page, format, etc)
Dorothée de Monfreid : Je ne me donne pas vraiment de cahier des charges personnel ou de défi secret quand je commence un livre.
Ou alors ça peut être juste une envie, un parti pris graphique du genre : utiliser une couleur comme fil rouge tout au long du livre (Tendance chat, à paraître chez Hélium en janvier 2017), mettre en scène mon histoire dans un décor fixe pour mettre en valeur les mouvements des personnages (Dodo, Loulou & Cie, l’école des loisirs), faire un album avec du rose fluo (Maximiam), raconter une histoire avec seulement des objets comme personnages (Madame Chaise), faire une histoire de nuit (Nuit Noire)…

Clothilde Delacroix : Quand tu commences à « rédiger-dessiner » une nouvelle histoire, as-tu déjà le scénario complet avec la chute ou bien avances-tu dans l’histoire en même temps que le dessin se pose?
Dorothée de Monfreid : Ça dépend.
Pas envieParfois je travaille de façon spatiale, comme si les différents éléments de mon histoire étaient des cartes (personnage, situation, chute, événements…) et que je cherchais sur un tableau le meilleur agencement entre ces cartes pour que la mise en scène de mon idée soit efficace.
Dans ce cas, je bricole, je dessine et je prends des notes, mais je ne rédige rien de définitif tant que je n’ai pas trouvé le bon dispositif.
Cette méthode est celle que j’utilise en général pour mes livres chez Loulou & Cie.
Parfois je travaille de façon linéaire, à partir d’un personnage et d’une situation. J’avance à tâtons sans savoir exactement où je vais, en me laissant porter par le texte au fur et à mesure que je l’écris, avec l’envie de me surprendre moi-même. Le problème avec cette seconde méthode est qu’elle a tendance à figer les choses car on n’a pas envie de remettre en question ce qu’on vient d’écrire.
Cette méthode est celle que j’ai le plus souvent utilisée pour écrire mes albums.
Je crois que la première méthode, où on cherche tout de suite la chute, me convient mieux, car elle m’oblige à préciser mon idée de manière très rigoureuse. Et ça n’empêche pas de se surprendre soi-même avec de nouvelles idées de mise en scène au fil du travail.
Le prochain album que je prépare pour l’école des loisirs a d’ailleurs été créé de cette façon.

Dorothée de Monfreid : Clothilde, ton travail est très varié. Tu dessines aussi bien pour les adultes que pour les enfants, tes personnages sont parfois des humains, parfois des animaux, tu sembles également à l’aise dans le registre de l’humour que dans celui de la poésie. Quelle est selon toi la colonne vertébrale de ton travail ? Le plus petit dénominateur commun à tous tes livres, aussi différents soient-ils ?
Clothilde Delacroix
Clothilde Delacroix : Le dénominateur commun, même le plus petit, à (presque) tous mes albums… Il me semble que c’est une sorte de tentative de déjouer le réel, ses pesanteurs, son sérieux et ses contraintes sans l’exclure totalement, mais plutôt en m’appuyant dessus, en jouant avec.
La métamorphose de la réalité physique (La série des Lolotte), le cocasse, le ridicule, des personnages ou des situations, (Gros mensonges, Le chien-chien à sa mémère), la logique par l’absurde (Presque toute la vérité sur les lutins) et la dérision (voire l’auto-dérision) (dessin de presse ou dessin pour Facebook), sont autant « d’outils » vers lesquels je me tourne naturellement  pour reprendre la main sur une certaine configuration imposée des choses ;  « énoncer des bêtises » (construites sur un système logique de préférence), surjouer le ridicule, transformer le cours narratif normal ou attendu, constituent, je crois, les différents éléments de cette colonne vertébrale.

Clothilde Delacroix

Bibliographie sélective de Dorothée de Monfreid :

Retrouvez Dorothée de Monfreid sur son blog : http://supersauvage.blogspot.fr

Bibliographie sélective de Clothilde Delacroix:

Retrouvez Clothilde Delacroix sur son blog : http://clothildedelacroixillustrations.blogspot.fr.

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Les invité.e.s du mercredi : André Bouchard et Dorothée de Monfreid (+ concours)

Par 10 février 2016 Les invités du mercredi

Comme vous le savez, à La mare aux mots on aime quand ça pique ! On aime les livres à l’humour grinçant, qui font ricaner. Alors, forcément, on aime André Bouchard. On a donc eu envie de lui poser quelques questions pour mieux le connaître, mieux connaître sa façon de travailler. À la suite de cette interview, vous pourrez tenter de gagner L’après-midi d’une fée, son dernier album. Ensuite, c’est un tout nouveau rendez-vous que nous vous proposons. Régulièrement, nous demanderons à un.e auteur.e et/ou illustrateur.trice de nous parler de l’endroit où il.elle crée. C’est Dorothée de Monfreid qui inaugure cette nouvelle rubrique. Bon mercredi à vous !


L’interview du mercredi : André Bouchard

André BouchardParlez-nous de votre parcours ?
Né à Rennes en 1958, je suis auteur de livres pour enfants depuis 2002 et dessinateur d’humour pour la presse depuis 2005 pour Le Point (mais aussi Le nouvel Obs, Le Monde, Le Magazine Littéraire, Le Figaro Magazine, Femmes, BSC News, etc.). Pour la jeunesse, je suis l’auteur et le dessinateur de nombreux titres aux éditions Circonflexe (dont La tête ailleurs dessiné par Quentin Blake), de La Mensongite galopante aux éditions Gallimard Jeunesse (2011), de Beurk ! (2004), mais aussi de Les lions ne mangent pas de croquettes (2012), de L’abominable Sac à main (2013), de Y’a un louuuuhouu ! (2014), de Ernest maître du monde (2015) de L’après-midi d’une fée (2015), aux éditions Seuil Jeunesse. J’ai également dessiné sur les légendes de Vincent Malone Quand papa était petit, y avait des dinosaures (Seuil jeunesse, 2003) et Avant quand y’avait pas l’école (Seuil jeunesse, 2013).

Quelles étaient vos lectures d’enfant, d’adolescent ?
Enfant, j’ai beaucoup lu, écrit et dessiné de bandes dessinées, une bonne école pour apprendre à raconter une histoire dessinée.
Mais, je ne lisais pas que des bandes dessinées : j’ai été captivé par la lecture de la Trilogie des ancêtres d’Italo Calvino et Les contes du chat perché de Marcel Aymé qui sont certainement mes contes préférés.L'après midi d'une fée

Quelles techniques d’illustration utilisez-vous ?
J’utilise du papier que je barbouille scrupuleusement avec une plume, de l’encre de Chine, des pinceaux et de l’aquarelle.

Comment dessiner un livre pour enfants ?
L’album pour enfants est un art complet pour celui qui, comme moi, aime raconter des histoires et dessiner.
La caractéristique commune de la plupart de mes ouvrages, c’est une prédilection pour « le merveilleux ou le fantastique quotidien ». Je puise mon inspiration dans la réalité vécue de l’enfant : son rapport aux parents, aux autres enfants, à la nourriture, à l’égoïsme, au mensonge, etc.
C’est à partir de cette observation que l’imagination du conteur-dessinateur peut entrer en action.
J’aime aussi la confusion du réel et de l’imaginaire. Puisque de toute façon les deux se côtoient en permanence ils vivent comme chacun de nous d’ailleurs à la fois dans l’un et dans l’autre.
Il y a d’abord l’idée, l’histoire vient toujours en premier. C’est le conte qui importe. Je réfléchis ensuite à la façon de raconter ce conte, c’est là que le dessin intervient dans la narration.L'abominable sac à main
J’ai le souci d’éviter la redondance entre l’image et le texte.
Idéalement texte et image doivent être complémentaires.

Cauchemars, loups, sacs à main abominables, microbe moche et dangereux… vous n’avez pas honte d’effrayer les enfants ?
Vous avez l’air d’ignorer les terribles ogres, sorcières, loups et autres personnages terrifiants des contes de Perrault, Grimm, Afanassiev…
Lorsqu’on fait des grimaces à un enfant, il peut en rire ou bien en avoir peur « au premier degré », dans ce cas, on cherche à le rassurer en lui disant : « c’est pour rire ».
Le rire et le sourire permettent d’évoquer des choses horribles ou simplement déplaisantes sans vous terroriser. Un ogre qui mange les enfants c’est épouvantable, en rendant l’ogre ridicule, grotesque voire anodin, l’humour est une façon de dominer l’horreur qui émane de ce personnage. En rendant acceptable l’inacceptable, nous pouvons envisager le pire avec une certaine sérénité.

Y'a un louuuuhouu !Plus sérieusement, j’ai l’impression que ce qui marche dans vos albums, c’est qu’ils ne sont pas racoleurs, qu’ils ne brossent pas dans le sens du poil. On est ravis de ne pas être pris pour des demeurés et de se faire un peu chahuter. Vous en avez conscience ?
C’est une exigence de conteur, surtout quand il s’agit de s’adresser à un public aussi exigeant que celui des enfants. Pas de niaiserie sucrée, ni de provocation facile et gratuite chez moi, je respecte trop mes lecteurs.
L’enfant possède une grande vertu : il n’accepte pas de s’ennuyer. Écrire pour les enfants, c’est une école de rigueur. Laisser s’exprimer l’imaginaire tout en le contenant, respecter les lois qui font une bonne histoire : la tension dramatique, la composition, l’humour, la présence des personnages, l’évolution de leurs rapports.
Cela veut dire ne jamais laisser retomber l’intérêt.
Ce sont les règles du feuilletoniste que j’intègre : il faut qu’il se passe quelque chose à chaque page.

9782021076905Êtes-vous totalement libre ou votre éditeur vous demande parfois moins de noir et blanc ou plus de bons sentiments ?
Je suis totalement libre. Cependant, je n’hésite pas à soumettre mes histoires à mon éditrice aux éditions du Seuil, Béatrice Decroix, qui est toujours de bon conseil.

Quel regard portez-vous sur la littérature jeunesse actuelle ?
Je ne connais pas tous les auteurs loin de là. J’aime le travail de Tomi Ungerer, de Gilles Bachelet qui sont des dessinateurs-conteurs talentueux.

Quels sont vos projets ?
Achever le dessin de mon prochain album à paraître en avril 2016 et commencer à imaginer une nouvelle histoire.

Bibliographie :

  • L’après-midi d’une fée, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Ernest maître du monde, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2015), que nous avons chroniqué ici.
  • Y a un louuuuhouu !, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2014), que nous avons chroniqué ici.
  • Le génie du bigoudi, texte et illustrations, Bayard Jeunesse (2014).
  • L’abominable sac à main, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Un beau matin, le coq aboya, texte et illustrations, Circonflexe (2013).
  • Avant quand y avait pas l’école, illustration d’un texte de Vincent Malone, Seuil jeunesse (2013), que nous avons chroniqué ici.
  • Le roi qui valait 4,50 €, texte et illustrations, Circonflexe (2013).
  • Le chat botté, illustration d’un texte de Charles Perrault, Belin Jeunesse (2012).
  • Les lions ne mangent pas de croquettes, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2012).
  • La Mensongite galopante, texte et illustrations, Gallimard Jeunesse (2011).
  • Les loufoqueries de François Galuchon – Magicien attitré de Sa Majesté Clédeu XII, texte et illustrations, Circonflexe (2008).
  • La tête ailleurs, texte illustré par Quentin Blake, Circonflexe (2008).
  • Beurk, texte et illustrations, Seuil Jeunesse (2004).
  • Quand papa était petit, y avait des dinosaures, illustration d’un texte de Vincent Malone, Seuil jeunesse (2003), que nous avons chroniqué ici.

Concours :
Grâce aux éditions Seuil Jeunesse nous allons pouvoir offrir à l’un.e de vous un exemplaire de L’après-midi d’une fée, le dernier album d’André Bouchard. Pour participer, dites-nous, en commentaire à cet article, ce que vous feriez si vous étiez une fée. Nous tirerons au sort parmi toutes vos réponses, vous avez jusqu’à mardi 20 h ! Bonne chance à tou.te.s !


Quand je crée… Dorothée de Monfreid

Le processus de création est quelque chose d’étrange pour les gens qui ne sont pas créateur.trice.s eux-mêmes. Comment viennent les idées ? Et est-ce que les auteur.e.s peuvent écrire dans le métro ? Les illustrateur.trice.s dessiner dans leur salon devant la télé ? Peut-on créer avec des enfants qui courent à côté ? Faut-il de la musique ou du silence complet ? Régulièrement nous demanderons à des auteur.e.s et/ou illustrateur.trice.s que nous aimons de nous parler de comment et où ils créent. Et la première invitée de cette nouvelle rubrique est Dorothée de Monfreid.

Atelier Dorothée de MonfreidPour faire mes livres, je me sers de souvenirs, impressions diffuses, désirs et idées, associés avec le travail de l’écriture, du dessin, de la construction de l’histoire. Il y a donc deux étapes dans ce travail, étapes qui peuvent se mélanger et se superposer.
Pour commencer, une cuisine mystérieuse se prépare à mon insu dans ma tête et fait naître des univers, des situations, des personnages :
un mot, un roman, une expo, un film, une chanson, un rêve, une personne, un paysage, un animal… tout peut servir de déclencheur pour un projet de livre. Ça peut arriver n’importe où et n’importe quand. Parfois je prends des notes.
Il peut y avoir du bruit, de la foule, des enfants autour de moi, ça ne me dérange pas.
Et puis il y a la réalisation de ces projets, qui transforme l’envie d’origine en quelque chose d’autre.
Alors là ça devient beaucoup plus concret.
Je vais chaque jour à mon atelier, un petit studio sous les toits dans le Marais, à Paris.
Je me sens au cœur de la ville, reliée à son énergie, et en même temps en retrait, isolée dans ma cabane avec vue sur le ciel.
J’arrive, j’allume l’ordinateur, je prépare du thé.
Je me mets au travail le plus rapidement possible.
Si je commence à traîner, je ne fais pas grand-chose de ma journée.
Quand j’écris un texte, je ne veux ni musique ni radio.
Il est trop facile de se déconcentrer.
Silence, bruit de la rue, tic-tac de l’horloge.
Si le téléphone sonne à ce moment-là, ça m’énerve.
J’écris sur mon ordinateur.
Quand je n’y arrive plus, je continue dans un carnet.
Quand je n’y arrive plus, je continue sur mon Ipad.
Quand je n’y arrive plus, je reviens dans le carnet.
Quand je dessine, j’écoute souvent de la musique.
Parfois des disques (Django Reinhardt, Maurice Ravel, Serge Gainsbourg, Billie Holiday, Gonzales, Michel Legrand, Philippe Katerine, JS Bach…).
Parfois la radio américaine WFMU (station Give the Drummer).
Quand je fais de la couleur, j’écoute la radio.
Ces jours-ci, pour travailler mon anglais, j’écoute des podcasts de la BBC ou alors le son de la télé de la Nasa.
C’est exotique, j’aime bien.
Sinon France Inter ou France Culture.
Quand il fait froid, je dessine avec deux paires de mitaines superposées.
Quand il fait chaud, je mets mes pieds dans une bassine d’eau sous mon bureau.
Dans tous les cas, j’engloutis des litres de thé très chaud du matin au soir.
À part ça, la nuit, je dors et je rêve.

Dorothee de monfreidDorothée de Monfreid est auteure et illustratrice

Bibliographie sélective :

Retrouvez Dorothée de Monfreid sur son blog : http://supersauvage.blogspot.fr

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Vous dansez ?

Par 7 avril 2014 Livres Jeunesse

Tourne, tourne, tourne
Ça va tourner les p’tits jupons
Chauffe, chauffe, chauffe
Ça va chauffer les p’tits chaussons
Danse, danse, danse
Ça va danser dans les foyers
Danse danse danse, Henri Dès.

Aujourd’hui, on va parler de danse ! Que ce soit chez nous en écoutant de la musique ou carrément à l’opéra, aujourd’hui on va bouger en rythme, avec grâce… ou pas ! Et l’on commence par des livres pour les petits.

Coco DanseAttention le spectacle va commencer ! Tout le monde est bien installé ? L’éléphant s’avance, fait quelques pointes pendant que la souris chante. La chanson continue, les autres animaux rejoignent la scène avec grâce. Mais tout à coup, les paroles de la chanson prennent une tournure à laquelle on ne s’attendait pas… et c’est la cata !

The show must go on ! Peu importe ce qu’il se passe, le spectacle doit continuer (d’ailleurs, le public est ravi !). Avec beaucoup d’humour, Dorothée de Monfreid nous fait assister à un drôle de spectacle. Parle-t-on ici aussi de jalousie ? Un bien joli petit album cartonné sur le spectacle et la danse.
Le même vu par Des livres, etc.

Viens danser !Souris est triste… Il lui faut de la musique, une musique gaie. Elle allume sa radio et voilà que l’envie de danser est irrésistible. Elle bouge en rythme, se déhanche et elle est bientôt rejointe par la Tortue. Toutes les deux dansent maintenant quand arrive Loup puis Crocodile, Hippopotame, Éléphant, Chimpanzé et Ours. Ça danse dans tous les sens ! Mais tout à coup… la musique s’arrête ! Que va-t-on faire ?

On danse dans Viens danser ! de Natacha de Bradké et Émilie Philipot ! Au son des onomatopées, tout comme les héros de l’histoire on est dans le rythme, on a envie de bouger. Ici, en plus de parler de danse, on évoque le bonheur d’avoir des amis, de partager, de ne pas être seul. Un très chouette album coloré et cartonné pour les tout-petits.
Le même vu par Enfantipages.

ma poupée ballerinePour son cinquième anniversaire, sa mère lui avait fabriqué une poupée avec une étoile sur le nombril. La petite fille aimait habiller sa poupée en danseuse. Avec son tutu, elle lui ressemblait vraiment. Mais un jour, alors qu’elle l’a amené à son cours de danse, la poupée tombe du sac… les chaudes larmes n’y firent rien, la poupée restait introuvable.

Ma poupée ballerine est un bel album sur l’amitié entre un enfant et sa poupée. La danse n’est pas ici le sujet, mais elle est en arrière-plan. Les illustrations de Junko Shibuya tout en tissus brodés sont très particulières, on accroche… ou pas ! Une très jolie histoire sur une petite danseuse et sa poupée en tutu.
Le même vu par Enfantipages et Maman Baobab.

EntrechatsMacha est le genre de petite fille qui adore s’amuser avec ses camarades. Ses jeux préférés ? Monter aux arbres, chat perché, le foot et se bagarrer ! Alors forcément quand les petites filles passent à côté d’elle, elles rigolent… C’est quoi cette fille qui joue à des jeux de garçons (sic). Macha en a assez ! Elle voudrait avoir des amies et décide de s’inscrire à la danse. Comme le dit Mlle Petitpas, son professeur, il va falloir beaucoup travailler !

Le début m’a un peu dérangé, le côté « jeux de filles »/« jeux de garçons »… et la fin m’a surpris (un retournement de situation des plus plaisants). Même si l’histoire manque un peu de crédibilité (la petite fille qui aime la bagarre et le foot et qui a d’un coup envie de faire de la danse… et devient la meilleure élève en peu de temps…), voilà un album plein d’humour avec des illustrations qui font un peu BD, un album qui déconstruit (un peu maladroitement) les stéréotypes sexués.

Moussy & le fantôme de l'opéraMoussy va passer le concours d’entrée à l’Opéra seulement voilà, la souris n’est pas aussi menue que les sœurs Fluettes et l’on se moque d’elle, la qualifiant de grassouillette. Moussy décide de se priver quand vient l’heure du repas, seulement passer un concours le ventre vide… ce n’est pas l’idéal.

On vous a parlé régulièrement de Moussy la souris petit rat, le personnage créé par Nathalie Infante dont les aventures se lisent généralement dans des livres à dérouler (on ouvre des pans au fur et à mesure de l’histoire et quand on arrive à la fin on a déplié une grande image). On ne pouvait pas vous parler d’ouvrages sur la danse sans vous reparler de Moussy et c’était l’occasion de vous présenter ceux qu’on n’avait pas encore chroniqués. Donc ici, on parle de surpoids, de la « norme », des moqueries et surtout de s’assumer. Une histoire tout en rimes et aux couleurs qui pétillent.

La souris petit ratMoussy a été sélectionnée, elle va participer à un spectacle et elle va même avoir un bel habit cousu sur mesure. Seulement, voilà… quand Moussy vient le chercher, un fantôme se manifeste et la prévient qu’il ne la laissera pas en paix si elle touche à ce costume…

Autre aventure de la petite souris de Nathalie Infante, donc, avec ici une histoire de fantôme… qui n’est peut-être pas ce qu’on croit ! On parle ici de la peur, de la jalousie, de la compétition. Et c’est ici aussi un livre à dérouler avec un texte en rimes et plein d’humour (et de suspense !). Moussy c’est vraiment un héros qu’affectionnent les enfants.

Un crocodile dans le ventreCerise aime danser. En tutu et chaussons, elle fait des pointes et des entrechats. Plus tard, elle sera petit rat ! Seulement, depuis que son papa est parti, Cerise est triste, chaque nuit elle se relève en cachette pour manger ce qu’elle trouve dans les placards. Bientôt, elle ne rentre plus dans ses vêtements de danse. Maman se fâche, une danseuse, ça doit être mince ! Peu de temps plus tard, Cerise est même renvoyée du cours de danse…

Ici, on parle du diktat de la minceur que les danseuses connaissent bien. Cerise est bien triste de ne plus être dans les normes… mais très vite, elle apprendra qu’il n’y a pas qu’une forme de danse et que tout le monde n’a pas les mêmes exigences. Même s’il y a quand même quelques maladresses (en gros, parce qu’elle a des rondeurs elle est faite pour la danse africaine, un cours de danse exige rarement de ses danseuses d’être filiformes… surtout un cours de danse où les danseuses ne sont pas en chignon…), c’est un album pour s’aider à s’accepter et trouver sa voie.

Pieds de cochonsUn vieux loup maigre et miteux découvrait un nouveau quartier de la ville quand il tomba sur une affiche : Le lac des truies, les ballets de Bayonne, chorégraphie : Jean Bon d’York ! Le texte était déjà alléchant, mais la photo encore plus : des petits cochons merveilleusement juteux étaient représentés. Il lui fallait entrer, et bondir sur la scène pour dévorer les petits danseurs… sauf que…

Pieds de cochons de James Marshall et Maurice Sendak a quand même pris un sacré coup de vieux ! Tant dans les illustrations que dans la mise en page, mais quelle histoire originale ! Le loup va se laisser surprendre par la beauté de la danse et oublier pourquoi il est là. C’est aussi ça l’art, ça nous cueille, nous transporte, nous fait oublier le reste.

Rose et automateIl avait été abandonné depuis longtemps, si longtemps qu’il ne sait plus depuis quand. Il avait fallu un petit rat pour le sortir. Elle lui avait souri, l’avait caressé, dépoussiéré, ça l’avait tant ému. Puis elle lui a même parlé, cherché le reste de son corps (car il n’y avait qu’une tête) et avec l’aide du vieux machiniste elle l’a entièrement remonté. Quand il a été enfin complet, il s’est mis à danser, la petite fille n’avait plus qu’une envie… danser avec lui !

Mais qu’elles sont belles les planches de François Roca ! La grande taille de l’album les met parfaitement en valeur et l’on admire le travail de l’illustrateur à chaque page. Son acolyte (ils ont signé plusieurs albums ensemble), Fred Bernard a écrit un texte extrêmement poétique, l’histoire d’un vieil automate retrouvé par une jeune danseuse, et surtout l’histoire de celle-ci qui va se battre pour réhabiliter l’automate. On parle aussi ici du plaisir de danser. C’est extrêmement beau, le genre d’album dont on ne se sépare pas.

On quitte les albums pour passer aux documentaires.

JOSEPHINE Baker la danse libéréeAu milieu des années 20, une jeune fille danse devant un public médusé, elle est à moitié nue et elle a conquis le public européen. Ce n’était pas gagné pour la jeune Joséphine que tout le monde appelle Tumpie. Née dans une famille pauvre, elle a commencé à travailler à huit ans comme femme de ménage. Elle a tout fait pour quitter cette misère et vivre de sa passion : la danse.

Joséphine Baker, la danse libérée est un petit livre sorti dans la collection Des graines et des guides dont on vous a déjà parlé ici. Une super collection qui, chaque fois, nous présente un homme ou une femme qui a marqué l’histoire, la culture. Construits comme de courts romans, légèrement illustrés, c’est chaque fois une lecture passionnante. Ici donc on va mieux connaître la vie de cette danseuse qui a marqué la France des années 20 et dont la générosité reste célèbre. On regrette juste parfois que l’auteur n’ait pas plus détaillé certaines choses, certaines périodes, passant trop vite à la suite. Encore un livre très intéressant de la collection Des graines et des guides chez À dos d’âne.

Les arts de la danseLes arts de la danse de Carole Laffon sorti chez Mango jeunesse est un documentaire dont la couverture matelassée avec sa belle photo attire. Les photos intérieures sont un peu moins sympa… Elles semblent parfois datées et ne sont pas toujours en adéquation avec le texte (par exemple, pour accompagner un texte sur le fait de danser pieds nus à partir de trois ans… on voit des enfants en chaussures !). Ici, on parle des différentes danses, de quand commencer, des vêtements, des cours… le livre aborde vraiment tout des premiers pas aux professionnels. Mais c’est un peu fouillis… En fin d’ouvrage, on trouve des quizz sur l’art de la danse et un vocabulaire technique. Un documentaire à destination des plus jeunes pour une première approche, qui aurait mérité des photos plus adaptées et un classement plus réfléchis.

La danse racontée aux enfantsNous (j’ai demandé son avis sur ces trois documentaires à ma compagne qui a fait de la danse pendant plusieurs années) avons été plus enthousiastes sur La danse racontée aux enfants de Christine Beigel sorti chez De la Martinière jeunesse. Déjà, ici les photos sont superbes, les thématiques claires et la mise en page attrayante. L’Histoire de la danse, les différentes danses, les costumes, les décors, la danse au cinéma… les thèmes sont un peu les mêmes que dans l’ouvrage précédent, mais ici on parle moins des cours de danse, c’est plus un livre sur l’art de la danse que sur son apprentissage. Mais voilà un livre extrêmement réussi visuellement qui donne donc envie de s’y plonger, un livre original qui traite de sujets qu’on ne trouve pas souvent dans les livres pour enfants. Mais ça reste quand même un ouvrage qui s’adresse aux plus grands par rapport à Les arts de la danse.
Le même vu par Enfantipages.

Copains de la danseOn termine par un classique : la collection Copains et son tome sur la danse : Copains de la danse. Ici, c’est extrêmement complet. Plus de 250 pages pour explorer la danse, son Histoire, les différentes danses, les vêtements… mais ici on va aussi voir la fabrication d’un chausson de danse ou savoir qui a inventé les pointes, voir la différence entre le vaudeville et le music-hall, s’essayer au smurf et apprendre à se faire un cataplasme à l’argile. On est proche ici de l’encyclopédie ! Copains de la danse est un livre extrêmement complet, richement illustré (avec des dessins pleins de modernité et des photos très bien choisies). LE livre pour tout savoir sur la danse.

Quelques pas de plus…
D’autres livres qui parlent de danse que l’on a chroniqués : Jeu de piste à LondresL’ours qui danseLes ailes de la sylphideIsadora DuncanFlamingo, La catcheuse et le danseur, Moussy, danseuse de balai, Je danse à l’Opéra, Petites danseuses, Lilichou l’atelier ballerines, Tonnerre de catch, Danse, Prosper, danse ! et Philo mène la danse.

Coco danse
de Dorothée de Monfreid
L’école des loisirs dans la collection Loulou & Cie
10,70 €, 205×205 mm, 24 pages, imprimé en Malaisie, 2009.
Viens danser !
de Natacha de Bradké et Émilie Philipot
L’école des loisirs
11,20 €, 191×220 mm, 28 pages, imprimé en Malaisie, 2011.
Ma poupée ballerine
de Junko Shibuya
Autrement
12,50 €, 170×230 mm, 40 pages, imprimé en Chine, 2013.
Entrechats
Texte de Rosine & Claire Wortemann
p’titGlénat dans la collection Vitamine
11 €, 306×215 mm, 24 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Moussy & Le fantôme de l’opéra
de Nathalie Infante
Les Éditions Marie-Louise dans la collection Roll Story
6€, 160×120 mm, 18 pages, imprimé en France, 2010.
Moussy la souris petit rat
de Nathalie Infante
Les Éditions Marie-Louise dans la collection Roll Story
6€, 160×120 mm, 18 pages, imprimé en France, 2009.
Un crocodile dans le ventre
Texte d’Anne Ferrier, illustré par Roseline d’Oreye
Pastel
11,20 €, 180×250 mm, 35 pages, imprimé en Belgique, 2008.
Pieds de cochons
Texte de James Marshall, illustré par Maurice Sendak
L’école des loisirs
13,70 €, 200×230 mm, 30 pages, imprimé en France, 2001.
Rose et l’automate de l’opéra
Texte de Fred Bernard, illustré par François Roca
Albin Michel Jeunesse
19 €, 290×365 mm, 32 pages, imprimé en Italie, 2013.
Joséphine Baker la danse libérée
Texte de Marianne Stjepanovic, illustré par Pauline Sciot
Éditions À dos d’Âne dans la collection Des graines et des guides
7,50 €, 105×150 mm, 50 pages, imprimé en Italie, 2013.
Les arts de la danse
Textes de Caroline Laffon
Mango dans la collection Qui sommes nous ?
13,50 €, 255×310 mm, 59 pages, imprimé en Chine, 2012.
La danse racontée aux enfants
Textes de Christine Beigel
De la Martinière Jeunesse
14,50 €, 291×262 mm, 70 pages, imprimé en France, 2012.
Copains de la danse
Textes d’Agnès Izrine, illustrés par Sophie Lebot, Jérôme Brasseur et Claude Cachin
Milan dans la collection Copain
14,95 €, 195×255 mm, 254 pages, imprimé en Chine, 2013.

À part ça ?

l'age heureuxAnnées 60, Delphine, petit rat à l’Opéra de Paris, a été choisie pour interpréter un grand rôle dans Galatée. Certains ne comprennent pas pourquoi c’est elle et non pas la très sage et très talentueuse Julie. Mais le maître n’en démord pas, ça sera elle. Un soir, Delphine et ses amies réussissent à monter sur les toits de l’Opéra, ce qui est formellement interdit. Julie en profite pour les enfermer à l’extérieur afin qu’elles se fassent avoir et punir. C’est grâce à une amie que j’ai connu L’âge Heureux, une série de 1966 qui existe en DVD. Quatre épisodes de 50 minutes en noir et blanc dans lesquels on suit donc de jeunes danseuses de l’Opéra de Paris. On est plongé dans les années 60 avec ses rites, sa mode, sa vie quotidienne mais aussi, donc, dans la vie des petits rats de l’Opéra de Paris. L’intrigue principale rend le tout passionnant. Une série à découvrir de toutes urgences, que vous aimiez la danse ou pas.
Une vidéo composée d’extraits.
L’âge heureux de Philippe Agostini, d’après un roman d’Odette Joyeux, autour de 20€.

Gabriel

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Inventeurs !

Par 6 février 2014 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vais vous présenter Oslo et Michel, deux grands inventeurs.

La lanterne magiqueIl y a longtemps, dans un autre pays, un petit garçon du nom d’Oslo passait son temps à inventer des machines. Oslo était tellement admiratif de la nature qu’il aurait aimé inventer une machine capable de reproduire, en image, la beauté de la réalité. Oslo plancha dans son atelier, dessina, chercha, mais tout ce qu’il arrivait à faire c’était des reproductions, comme des tableaux. Jusqu’au jour où il eut l’idée de peindre sur sa fenêtre un oiseau et qu’il remarqua que celui-ci était projeté sur le sol… ça lui donna une idée…

C’est un magnifique hommage au cinéma que rendent Anne-Gaëlle Balpe et Simon Moreau dans La lanterne magique. Avec Olso on aborde donc le principe de la projection et surtout celui de la lanterne magique. Les illustrations de Simon Moreau ont un côté clair-obscur et collent parfaitement avec le sujet, rendent l’album très beau. En plus du cinéma, on parle du rêve, de la magie, de croire en ses idées… Vraiment un bien bel album.

La machine de MichelPour l’anniversaire d’Alice, Michel aimerait lui offrir quelque chose qui lui ferait vraiment plaisir et comme il est ingénieux il a l’idée de lui fabriquer une machine à fêter les anniversaires ! Seulement Marcus et Darius rigolent bien quand Michel leur raconte son idée et se moquent carrément quand ils voient le résultat ! Franchement, il vaut mieux un bon gâteau ou des bottes ! Vraiment ?

Voilà encore une bien belle histoire, une histoire riche. Car au-delà de parler, ici encore, d’inventivité et d’aller au bout de ses idées, on peut voir ici un message sur le fait que les cadeaux fabriqués sont toujours mieux que ceux achetés, que les plus beaux cadeaux sont ceux dans lesquels on met tout son cœur. Alors, bien sûr, comme d’habitude, on adore les illustrations de Dorothée de Monfreid. Michel est vraiment un super personnage avec ses bouclettes, ses lunettes et sa salopette rouge. On espère même qu’on le recroisera dans d’autres albums.
Le même vu par Clarabel, Enfantipages et Les lectures de Liyah.

Quelques pas de plus…
Toujours au sujets d’inventeurs, nous avons chroniqué : Inventions complètement inventées, Inventions et inventeurs, les Charly Tempête, et Le Grand N’importe Quoi.
Nous avons déjà chroniqué des ouvrages d’Anne-Gaëlle Balpe (Noël à ʇıoɹpuǝ,ן, Où va-t-on quand on disparaît ?, Chez moi, Mon cartable, De vrais amis, Le Grand N’importe Quoi, Rouge bitume, Noël en Juillet, On n’a rien vu venir Bonhomme et le caillou bleu, Quand je serai grand, je serai…Grand Méchant Loup, Les potions de Papi-guérit-tout et Chez moi) et de Dorothée de Monfreid (Pas envie ! et Le manuel du Docteur Schnock). Retrouvez notre interview d’Anne-Gaëlle Balpe et notre En vacances avec Dorothée de Monfreid.

La lanterne magique
Texte d’Anne-Gaëlle Balpe, illustré par Simon Moreau
Marmaille & compagnie
12€, 307×247 mm, 32 pages, imprimé en France chez un imprimeur éco-responsable, 2013.
La machine de Michel
de Dorothée de Monfreid
L’école des loisirs
12,70€, 217×278 mm, 36 pages, imprimé en France, 2013.

A part ça ?

La mère modèle n'existe pas et alors ?La mère parfaite n’existe pas. D’ailleurs, même Walt Disney n’a pas osé pousser le mensonge jusque-là : dans les dessins animés, si les belles-mères sont toutes monstrueuses, les mères sont toutes mortes. Quand on dit à la (future) mère parfaite qu’elle a un petit bidou, on dit à la (future) mère normale qu’elle a de la bidoche, quand la première perçoit les premiers mouvements de son bébé, la seconde prend ça pour des vieux prouts, quand la première a un mec qui est à ses côtés pendant tout l’accouchement, la seconde, le sien, s’est évanoui en entendant « bouchon muqueux », d’ailleurs le premier assure pendant que le second joue à faire semblant d’éternuer en actionnant le brumisateur. La mère parfaite met une photo du poing du bébé en noir et blanc avec son prénom sur Facebook pour annoncer la naissance… la seconde n’a pas besoin son mec a déjà mis « ça y est, colis livré ! Bébé est en pleine forme (…) Maman se porte bien, son vagin, moins ». Quand la première est épanouie après l’accouchement, la seconde pleure à la moindre contrariété. En cadeau de naissance, la mère parfaite a eu un baby cook, l’autre a eu un déo par sa belle-mère… Quand on complimente la femme parfaite sur son bébé, on demande à la femme normale quand elle va accoucher alors que son bébé est avec elle. La première sait exactement pourquoi son bébé pleure, l’autre pleure avec lui. La femme parfaite prépare des crêpes pour le goûter de ses enfants, l’autre aussi… mais elle les mange avant qu’ils rentrent ! L’enfant de la femme parfaite aime manger de tout, celui de la femme normale aime les pâtes, mais aussi les spaghettis et les coquillettes… bref, voici un petit extrait des 145 pages de La mère modèle n’existe pas et alors ? Un livre qui m’a fait beaucoup rire. Car ici il n’est pas question juste d’une liste, comme je viens de le faire, mais chaque fois on trouve des textes qui nous racontent les différences entre ces deux mères. Alors bien sûr vous vous reconnaîtrez beaucoup plus dans la mère parfaite (j’espère, car l’autre est quand même catastrophique), mais c’est justement le but de ce livre : dédramatiser ! Il y a pire que nous ! Beaucoup d’humour, un peu dans l’esprit de La femme parfaite est une connasse (qui a fait le tour de la blogosphère donc j’en parle… ça fait connasse de dire blogosphère d’ailleurs non ?), on dévore ce livre, on se marre, on lit des extraits à la personne avec qui l’on vit en rigolant et l’on a envie de l’offrir à plein de copines (bon ok les « on » c’est moi).
La mère modèle n’existe pas et alors ?, de Claire Delaporte, Hugo Desinge, 6,95€.
Des extraits ici.

Gabriel

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Entre les petites mains

Par 3 novembre 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui, je vous propose une sélection de livres en carton (et un en tissu), le genre de livres qu’on peut mettre entre les mains des plus petits (même si parfois les histoires s’adressent aux un peu plus grands).

la moufleUne moufle dans la neige, oh mais c’est un super abri pour une souris ça ! Quand soudain, des bruits de pas… C’est Lièvre, Souris l’invite à venir avec elle. Mais Renard arrive, puis Sanglier… Combien d’amis la moufle pourra-t-elle supporter ?

Il y a des chances que vous connaissiez ce conte de randonnée d’origine russe, plusieurs versions sont sorties et d’ailleurs cette version-là avait déjà été éditée dans d’autres formats. La voici donc dans un graaaaand (et beau) format cartonné. La taille de l’album met parfaitement en valeur les illustrations (merveilleuses) de Cécile Hudrisier. Le texte de Florence Desnouveaux est de ceux qu’on prend plaisir à lire à voix haute, elle joue avec les mots, les sons et ça ravit les enfants. Un magnifique grand album, un super cadeau (et génial dans les classes).
Le même vu par Un petit bout de Bib(liothèque).
Des extraits sur le site de l’éditeur.

à l'endroit à l'enversSi l’on tient le livre dans un sens le crayon est au début, en retournant le livre il est à la fin. Là, le doigt montre en haut, mais dans l’autre sens, il montre en bas. Ici, c’est le printemps, l’arbre a toutes ses feuilles, à l’envers c’est l’automne, ce sont les racines de l’arbre que l’on voit et les feuilles sont par terre.

Après le très grand livre, le tout petit ! à l’endroit à l’envers de Menena Cottin est un livre très graphique et très bien fait sur les contraires. Les idées sont vraiment bonnes, on n’a pas juste « en haut », « en bas » mais on va trouver aussi des notions comme donner et recevoir, attraper et échapper. Un livre parfait pour les tout-petits (qui adorent les livres avec de forts contrastes, surtout en noir et blanc) mais aussi pour les plus grands pour chercher le mot illustré.
Des extraits sur le site de l’éditeur.

Le çaQu’est-ce que c‘est que ça ? demande Maman à Jules en désignant une crotte sur le sol. « Ça ? C’est… le ça ! ». Jules ne voit pas le problème, maman, elle, en voit un ! Il va falloir s’expliquer… le dialogue va être savoureux.

Le ça est une petite merveille… surtout par sa chute (que je ne vous raconterai pas ici, n’insistez pas !). Un dialogue très drôle, un quiproquo plein d’humour. J’avoue qu’en le lisant tout seul j’ai eu un doute sur le fait que les enfants comprennent, je l’ai donc lu à ma fille de 5 ans qui elle en tout cas a bien ri. Le tandem Michaël Escoffier/Matthieu Maudet est décidément un duo qui fait des merveilles ! Un des livres les plus drôles (avec le prochain dont je vais vous parler dans cette chronique) que j’ai lu ces derniers temps. Une histoire de pot mais surtout une histoire de ça !
Des extraits sur le site de l’illustrateur.

La grande petite bibliothèqueÉmile et Rose ont une super bibliothèque. Un polar, un roman à l’eau de rose, un livre de cuisine, un recueil de blagues, une autobiographie et un livre de science-fiction la composent et comme ils sont généreux, ils la partagent avec nous ! Dans Je me souviens Émile se remémore ses trois premières années, dans Rose voit rouge on va mener l’enquête suite au crime d’un doudou, dans Le tourbillon de l’amour Rose rêve au prince charmant, dans La tétine qui venait de… Mars on se demande si Émile n’a pas été remplacé par un extraterrestre, dans Les 1000 meilleures blagues d’Émile on va retrouver 7 super blagues (et oui) et dans Je sais presque cuisiner une super recette de gâteaux au chocolat. Bref une bibliothèque complète !

Mais que j’ai ri à la lecture de ces six petits livres cartonnés signés Vincent Malone et Lili Scratchy ! Bon déjà, parce qu’il y a un running gag que j’ai trouvé très drôle, ensuite parce que qui dit Vincent Malone dit déjanté et grand n’importe quoi et là ça ne déroge pas à la règle. On suit donc les aventures de deux personnages (une petite fille piquante et son frère collant) à travers six petits livres aussi drôles les uns que les autres (mais encore plus drôles les uns après les autres). C’est court, drôle, original et ça devrait ravir les fans de patauketcheupe !

Pas envieGRMLGRM commence par dire Michka, un petit chien. Ses amis lui proposent successivement de jouer au foot, de faire une bataille, de se balader, de se déguiser, de jouer à cache-cache mais n’auront comme réponse que « pas envie » de la part de ce petit grognon. Et s’il avait une raison de grogner ?

Beaucoup d’humour ici aussi, de l’humour qui pique comme on aime (et comme sait le faire Dorothée de Monfreid). J’adore les personnages grognons (j’en connais qui vont dire que ce n’est pas étonnant) et les enfants aussi aiment ça. C’est tellement mieux que la mièvrerie. On reconnaît bien ici nos marmots quand ils ont envie de ne rien faire… à part râler (et d’autres choses, mais je ne vous raconte pas la chute). Un album coloré et plein d’humour.

Vite !Ping-Ping et son amie Pong, deux pandas jouent aux cubes quand tout à coup… VITE ! Il faut y aller, vite ! Mais où aller… dans le pot de fleurs ? Non ! Dans le panier de cerises ? Mais non ! Dans les bottes ? Sûrement pas ! Mais où alors ??? VIIIIIIITE !

Gwendoline Raisson et Ella Charbon signent un album plein d’humour et très coloré sur (vous l’aurez compris, je pense), le pot. Ah ce fameux moment où les enfants jouent et il faut vite y aller avant qu’il ne soit trop tard ! Une histoire toute simple, mais efficace, et pleine d’humour pour se rappeler que le pipi (ou le reste !) c’est dans le pot qu’on le fait !
Des extraits sur le site de l’illustratrice.

AtchoumCe livre nous présente Monsieur Atchoum. Il tient son nom du fait qu’il éternue tout le temps, et ce depuis le jour où des poils lui ont poussé sur le visage. Au départ, c’était juste un poil, mais très vite il y en a eu d’autres et encore d’autres et puis vraiment beaucoup au point de ressembler à un plumeau ! Et les poils, ça fait éternuer… Atchoum !

Xavier Salomó a écrit une histoire très originale et pleine d’humour. C’est typiquement le genre d’albums qui fait rire les enfants (parce que le personnage est drôle, à cause des poils et grâce aux « Atchoum » qu’on leur joue). La fin de l’album leur réserve même une petite surprise (le livre propose grâce à un jeu de miroir et de fenêtre de se voir le visage tout poilu). Un album drôle et vraiment original.
Le même vu par Les lectures de Liyah.

Voici un oeufVoici un œuf, si on le couche et qu’on lui ajoute des pattes… il s’en va ! Non il faut qu’il revienne… voilà ! Donc, voici un œuf auquel on a rajouté des pattes… on lui ajoute une queue (mais faut bien choisir laquelle), des ailes (attention à la taille), un cou, une tête et l’on obtient une poule !

Qui de l’œuf ou de la poule… c’est un peu l’histoire que nous proposent Ramadier & Bourgeau (un super duo à qui l’on doit, entre autres, Au secours voilà le loup !). L’œuf se transforme en poule, la poule pond un œuf… qui se transformera certainement en poule, une fois finie on peut recommencer l’histoire sans fin. C’est drôle, intelligent et poétique.

Le plus beau cadeau du mondeIl est heureux aujourd’hui Papa Ours, c’est son anniversaire ! Les fêtes il adore ça, surtout quand il y a des cadeaux… et surtout que cette année on lui a promis le plus beau des cadeaux ! Imaginez son impatience… Mais il n’y a personne à la maison, juste une lettre de ses enfants qui lui disent qu’ils vont revenir bientôt mais qu’en attendant il ne faut pas fouiller ! Fouiller, mais quelle idée ? Pour occuper le temps Papa Ours va juste ranger un peu partout, nettoyer la voiture, arroser le jardin… mais ce n’est pas pour fouiller, hein !

Ici, il va falloir soulever des rabats (en espérant bien sûr trouver ce fameux cadeau !) et chaque fois on va énumérer (on trouve un requin à moustache dans la baignoire, 2 baleines pleines de taches dans le meuble du salon, 3 canards à houppette dans l’aspirateur… etc.). Bien sûr, on ne trouvera le cadeau qu’à la fin et ça va être un sacré cadeau ! Beaucoup d’humour ici aussi dans cet album très coloré. L’auteur s’est amusée, comme elle le raconte, à inverser les rôles (c’est le papa qui fouille partout pour trouver son cadeau d’anniversaire). Un très bel album animé à compter.
Le même vu par Œil d’ailleurs.

Un Manteau De Pluie-On aime Malika Doray (vous le savez) et chaque fois qu’un de ses livres sort on est ravis… et quand il y en a deux la joie est double !

Une fourmi et son manteau de pluie, un éphémère et son manteau d’air, un canard avec un pull en laine, une hirondelle et sa robe de printemps.

Grâce à des pages découpées (et grâce à son ingéniosité), Malika Doray va encore enchanter et surprendre les enfants avec Un manteau de pluie. C’est comme toujours très graphique, plein de poésie et d’humour. Les décors d’une page se transforment en manteaux, robes ou pulls apparaissent grâce aux fenêtres. Que c’est beau, que c’est doux !

4 petits livres de saisonsLes carottes sont semées au printemps, poussent en été, sont récoltées en automne et en hiver elles servent pour le bonhomme de neige ! C’est en été que les bébés lapins sortent du nid, en automne ils sont devenus grands, en hiver ils se font des câlins pour que des bébés lapins naissent au printemps. Et quelles sont les couleurs suivant les saisons ? Que font les animaux quand passent le printemps, l’été, l’automne et l’hiver ?

Quatre magnifiques petits livres réunis dans un coffret, 4 petits livres de saisons. Quatre histoires simples pour les petits et là aussi très graphiques. On y parle donc des saisons mais aussi de ce qu’il se passe pendant ces saisons, des plantes qui poussent, des animaux qui hibernent, des changements de météo. C’est vraiment un petit coffret plein de charme et de poésie, et là aussi très graphique.

Regarde Comme Je T'aimeUne journée de Petit Ours et sa maman, une journée de balade, de gourmandise, d’amusement, mais surtout une journée de câlins pour se dire qu’on s’aime.

Je vous ai parlé à plusieurs reprises de cette collection, Regarde chez Nathan, je les trouve la plupart du temps très réussis (c’est le cas ici). Des textes pleins de douceur (conçus par une psychologue et psychanalyste spécialisée dans le développement des tout-petits), mais surtout des illustrations signées Emiri Hayashi qui sont extrêmement douces et poétiques, et les matières à toucher qui ornent les pages (surtout une sorte de feutrine très douce) rajoutent encore plus cette sensation. Un très joli livre sur la journée des petits, du lever au coucher.

Avec mon doigt... Les animauxAvec mon doigt, je touche les oreilles de l’éléphant, je suis le cours de la rivière, je caresse le singe, je fais crisser les poils du hérisson.

Avec mon doigt… Les animaux est un très joli livre à toucher sorti aux éditions Usborne. De nombreuses matières à toucher (plusieurs par pages) et des graphismes pleins de couleurs. On passe aussi le doigt à travers le trou de certaines pages et je trouve bien faits tous les parcours (suivre le serpent, la rivière, la galerie des fourmis…). Un bien joli livre à toucher.
Le même vu par Les mercredis de Julie.

Bonne Nuit RosalieC’est la nuit, Rosalie va se coucher. Elle regarde la lune si haute qu’elle ne peut la toucher. Un dernier tour de cheval à bascule et au dodo (mais pas avant d’avoir pris son doudou et embrassé maman).

On termine par un livre tissu tout mignon. On retrouve d’ailleurs l’illustratrice de Regarde comme je t’aime, Emiri Hayashi dans cette histoire de coucher. Une petite Rosalie se balade sur les pages (un petit doudou retenu par un ruban), à la fin du livre elle retrouve son lit (une petite poche), on peut donc la coucher. La poignée du livre est un anneau de dentition et autour du livre on trouve des petites étiquettes à suçoter, comme aiment à le faire les bébés (quoi ? vous ne connaissez pas les doudous étiquettes ?), et dans lesquelles ils pourront aussi glisser leurs doigts. Un livre tissu tout doux sur le rituel du coucher.
Le même vu par Les lectures de Liyah.

Quelques pas de plus…
On chronique régulièrement des livres à mettre entre les mains des tout-petits, par exemple , ici ou .
Nous avons déjà chroniqué des livres de Cécile Hudrisier (Comptines pour compterComptines pour chanter les couleursLa petite poule rousse, Mais il est où ce gros matou ?, La grosse faim de P’tit Bonhomme, Il était une fois… Contes en haïku, Les plus belles chansons anglaises et américaines, P’tit biscuit ou L’histoire du bonhomme de pain d’épices qui ne voulut pas finir en miette, Comptines pour chanter en anglais, Le fil rouge, Chansons pour chanter Noël et Comptines pour chanter la ferme), Michaël Escoffier et Matthieu Maudet (Bonjour facteur et Bonjour Docteur), Michaël Escoffier sans Matthieu Maudet (Tous les monstres ont peur du noir, Trois petits riens, Sans le A et Le jour où j’ai perdu mes supers pouvoirs, Zizi, zézette mode d’emploi, Le grand lapin blanc, Vacances à la ferme et La plume), Matthieu Maudet sans Michaël Escoffier (Papy), Vincent Malone (Kiki kiffe l’écolePapa Houêtu, Maman HoutuvaKiki fout le camp, Kiki King de la banquise, Kiki fait caca et Quand papa était petit il y avait des dinosaures), Dorothée de Monfreid (Le manuel du Docteur Schnock), Gwendoline Raisson (Les sornettes de Guillemette et Fête d’anniversaire chez la famille Pompom), Ramadier & Bourgeau (Au secours voilà le loup ! et Mais il est où ?), de Cédric Ramadier sans Vincent Bourgeau (Attention aux princesses !), Malika Doray (Le grand livre de tout même de petits pois, Le mariage, une histoire à colorier, Nous ce qu’on préfère, Près du grand érable, Dans le ventre des dames, des fois, il y a un bébé… et Quand ils ont su…), Christel Denolle et Emiri Hayashi (Bonjour mon bébé !, Coucou les animaux !, On se cache ?, On s’habille ? et On fait du bruit !), Emiri Hayashi sans Christelle Denolle  (Regarde dans la neige et Regarde dans la mer) et Stella Baggott (Mon premier livre sonore : NoëlMon tout premier livre en noir et blanc – Livre pour le bain, C’est moi bébé !, Mon premier Noël, Où est mon monstre ? et Mon tout premier livre en noir et blanc en promenade).
Retrouvez aussi nos interview de Cécile Hudrisier, Michaël Escoffier, Matthieu Maudet et Malika Doray.

La moufle
Texte de Florence Desnouveaux, illustré par Cécile Hudrisier
Didier Jeunesse dans la collection à petits petons
19,90€, 315×315 mm, 19 pages, imprimé en Chine, 2013.
à l’envers à l’endroit
de Menena Cottin
Thierry Magnier dans la collection Tête de lard
6,60€, 120×120 mm, 24 pages, imprimé en Italie, 2013.
Le ça
Texte de Michaël Escoffier, illustré par Mathieu Maudet
École des loisirs dans la collection Loulou & cie
10,50€, 190×190 mm, 24 pages, imprimé en Allemagne, 2013.
La grande petite bibliothèque de Rose et Émile
Texte de Vincent Malone, illustré par Lili Scratchy
Seuil jeunesse dans la collection L’ours qui pète
19,90€, 207×351 mm, 132 pages, imprimé en Chine, 2013.
Pas envie
de Dorothée de Monfreid
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie
10,70€, 210×260 mm, 24 pages, imprimé en Malaisie, 2013.
Vite !
Texte de Gwendoline Raisson, illustré par  Ella Charbon
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie
10,50€, 195×250 mm, 18 pages, imprimé en Allemagne, 2013.
Voici un œuf
de Ramadier & Bourgeau
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie
11€, 180×180 mm, 48 pages, imprimé en Malaisie, 2013.
Atchoum
Texte de Xavier Salomó
Seuil Jeunesse
13,50€, 194×225 mm, 30 pages, imprimé en Chine, 2013.
Le plus beau cadeau du monde
de Claudia Bielinsky
Casterman
13,50€, 210×278 mm, 20 pages, imprimé en Chine, 2013.
Un manteau de pluie pour la fourmi…
de Malika Doray
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie
11€, 205×204 mm, 26 pages, imprimé en Malaisie, 2013.
4 petits livres de saisons
de Malika Doray
L’école des loisirs dans la collection Loulou & cie
13,50€, 120×120 mm, 32 pages, imprimé en Malaisie, 2013.
Regarde comme je t’aime
Texte de Christel Denolle, illustré par Emiri Hayashi
Nathan dans la collection Regarde
13,90€, 260×261 mm, 14 pages, imprimé en Chine, 2013.
Avec mon doigt… Les animaux
Auteur non précisé (traduit par Renée Chaspoul), illustré par Stella Baggott
Usborne dans la collection Avec mon doigt…
8,95€, 192×192 mm, 10 pages, imprimé en Chine, 2013.
Bonne nuit Rosalie
Texte de Christel Denolle, illustré par Emiri Hayashi
Nathan dans la collection Les livres des bébés
19,90€, 215×215 mm, 6 pages, imprimé en Chine, 2013.


À part ça ?

Encore du nouveau dans le livre d’or !

Gabriel

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