La mare aux mots
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Elfes

Et si on voyageait avec des contes du monde ?

Par 19 août 2013 Livres Jeunesse

Aujourd’hui je vous propose un des plus beaux voyages, celui que l’on fait avec les histoires. Nous partirons de Chine, une escale en Islande, une autre au Liban puis au Pérou, un séjour en Corse puis on reviendra au point de départ, en Chine. Bon voyage !

TurandotLe prince Calaf fut chassé de son pays et se réfugia à Pékin. Là il entendit parler de Turandot, la fille du souverain. Elle était tellement belle que les peintres n’arrivaient pas à reproduire sa beauté. En la voyant, les hommes en tombaient tous amoureux, sauf qu’elle refusait de se marier et pour que cela n’arrive pas elle avait décidé que dès qu’on lui demandait sa main on devait répondre à trois énigmes. Si le prétendant n’y répondait pas sa tête serait tranchée. Calaf, qui ne reculait devant rien, voulu voir cette princesse et forcément il en tombât amoureux, il lui demanda donc sa main…

Vous savez (si vous suivez ce blog) à quel point j’aime les éditions HongFei et que j’aime beaucoup Thierry Dedieu. Ce livre-là est une pure merveille, il surpasse même, pour moi, tout ce qu’a sorti HongFei depuis que je les connais. Il est encore plus beau que les autres albums de Thierry Dedieu. Tant au niveau de l’histoire (tirée du conte qui est à l’origine de l’opéra de Puccini du même nom) que des illustrations que de l’objet lui-même, ce livre-là… est une pure merveille ! Tout comme Calaf tombe fou amoureux de Turandot je suis tombé fou amoureux de ce livre et je sens que je n’ai pas fini de l’offrir ! Un album à vous procurer de toutes urgences ! (à partir de 8 ans d’après l’éditeur, je le précise pour que vous ne l’achetiez pas pour des petits).
Extraits du texte et des illustrations (et même interview de Dedieu) sur le site de HongFei.

Les Elfes d´IslandeUne femme qui aide une elfe à accoucher, un homme qui fait l’erreur de couper de l’herbe sur une colline où c’est défendu, une reine qui se cache chez des humains,… bienvenue dans les merveilleux contes d’Islande.

Malgré ses défauts (quelques fautes d’orthographe ou des erreurs grammaticales), Les elfes d’Islande, contes populaires pour enfants est un très joli livre sur les légendes de cette très belle île. C’est un endroit qui me tient à cœur depuis que j’y suis allé il y a quelques années. J’ai rarement vu un endroit aussi habité par les légendes, les croyances,… les elfes y sont très présents (je peux même témoigner qu’ils y vivent, j’ai vu leur maison !) et c’est une très bonne idée de la part des éditions Eponymes que de sortir une version française de ces contes. Les illustrations sont très colorées et certaines planches sont vraiment très magnifiques. Un très joli livre de contes islandais.
Des extraits sur le site d’Eponymes.
(et pour aller plus loin, une superbe émission sur les elfes d’Islande)

Une petite fille… à croquer !Wardé était une enfant adorable, des plus jolies. Imaginez donc à quel point Mal’Ghoula, l’ogresse, avait envie de la dévorer ! Elle se rendit donc chez elle, pendant que ses parents n’y étaient pas pour enlever la petite… sauf que Wardé n’était pas que jolie, elle était aussi très rusée.

Une petite fille… à croquer est un magnifique conte libanais qui nous fait voyager avec ses évocations de sirop de rose ou de fleur d’oranger, ses abricots et ses pois chiches (étant fou de cuisine libanaise, j’avais l’eau à la bouche chaque fois que le conte parlait de nourriture). L’ogresse devra tenter plusieurs fois d’attraper la petite fille, mais y arrivera-t-elle ? Un conte plein d’humour et de malice, qui nous change de nos contes traditionnels tout en en étant pas si éloigné. Les illustrations sont signées Geneviève Godebout (que j’ai découvert avec Joseph Fipps) et c’est un régal. Un joli conte sorti dans la collection à petit prix du Père Castor.

Le Singe et l'épi de maïsQuelle est cette chose étrange que trouve un jour un petit singe ? Une forme allongée avec des petits grains, jamais il n’a vu ça ! Il le goûte… mais quel délice ! Il se dépêche de le cacher pour revenir le manger plus tard. Seulement voilà, quand il revient il n’y a plus rien ! C’est le vieux palmier qui l’a caché, l’air de rien. Comme il ne veut pas le rendre, le singe va chercher le feu pour le brûler… mais le feu refuse de venir, le singe court donc chercher l’eau pour éteindre le feu… sauf que l’eau est toute aussi têtue ! Vous l’aurez compris ce n’est que le début d’un enchaînement qui attend le petit singe !

Le singe et l’épi de maïs est un très beau conte étiologique (on nous raconte ici comment a été découvert le maïs et pourquoi il est mangé autant par les hommes que les animaux) péruvien que nous raconte Nadia Gypteau en jouant avec la langue, les sons. Les illustrations signées Guillaume Plantevin ajoutent de l’humour au conte tout en étant vraiment esthétiques. Sorti ici aussi dans la collection à petit prix du Père Castor c’est un très bel album pour les enfants, une très jolie histoire qui va aussi les amuser.

Legendes de CorseUne bergère (nommée Corsa) qui découvrit une île merveilleuse grâce aux escapades d’un de ses taureaux, un homme qui se jouât de la mort pendant 150 ans, un simplet qui perdra la tête, comment les corses volèrent la recette du brocciu au Maggu (une sorte d’ogre) et neuf autres contes corses.

Dans la très jolie collection Contes et Légendes, Nathan sort un tome sur les Légendes de Corse. Ici on s’adresse plutôt aux bons lecteurs (ou aux parents qui souhaiteraient lire des histoires aux enfants), le livre étant présenté comme un roman. Cette collection est vraiment merveilleuse car elle nous permet de lire des contes du monde, souvent très beaux. Ici on va donc découvrir l’Île de Beauté à travers ses légendes. C’est passionnant, captivant, envoûtant. Francette Orsoni a une très belle plume, elle nous entraîne avec elle dans ses merveilleuses histoires.

Le souhait de Hu JieParce qu’elle souhaitait un enfant plus que tout, Hu Jie alla crier sur la montagne espérant que les dieux exauceraient son désir. Seulement ceux-ci, agacés, lui répondirent qu’ils ne lui offriraient ce cadeau que le jour où elle accomplirait des prodiges… Hu Jie était peinée car elle n’avait aucun don particulier…

Un très beau conte sur l’espoir et la persévérance mais aussi sur l’art, sur le fait qu’en chacun de nous se cache un artiste. Les illustrations à l’aquarelle de Yuanfen Xiao nous font voyager en Chine (accentué par le fait que le livre est bilingue et que les idéogrammes chinois ont toujours pour nous un côté mystérieux). Un conte qui nous rappelle qu’avec un peu de magie… tout arrive, et que cette magie est en nous.

Quelques pas de plus…
Nous avons déjà chroniqué plusieurs livres de Dedieu (Poisson Chat, Un mur sur une poule, j’ai adopté un crocodile, Dragons de poussière et Le maître des estampes), un livre de Geneviève Godbout (joseph Fipps) et un livre de Guillaume Plantevin (L’œil du pigeon).
D’autres contes du monde avec le tag contes du monde.

Turandot, princesse de Chine
de Dedieu
HongFei
21,90€, 220×380 mm, 72 pages, imprimé à Taïwan, 2013.
Les Elfes d’Islande, Contes populaires pour enfants
Texte d’Anna Kristín Ásbjörnsdóttir, illustré par Florence Helga Thibault
Éponymes Jeunesse
12€, 245×205 mm, 36 pages, imprimé en CEE, 2013.
Une petite fille… à croquer !
Texte de Christine Frasseto, illustré par Geneviève Godbout
Père Castor dans la collection Les classiques du Père Castor
4,40€, 210×180 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013.
Le singe et l’épi de maïs
Texte de Nadia Gypteau, illustré par Guillaume Plantevin
Père Castor dans la collection Les classiques du Père Castor
4,40€, 210×180 mm, 24 pages, imprimé en France, 2013.
Légendes de Corse
Texte de Francette Orsoni, illustré par Benoît Springer
Nathan dans la collection Contes et Légendes
7,90€, 146×194 mm, 138 pages, imprimé en Espagne, 2013.
Le souhait de Hu Jie
Texte de Jocelyne Marque, illustré par Yuanfen Xiao
Eponymes Jeunesse

12€, 217×305 mm, 36 pages, imprimé en CEE, 2013.

Gabriel

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Un elfe parmi les hommes et une princesse corbeau

Par 5 novembre 2012 Livres Jeunesse

Il y a des fois où l’on reçoit des albums et on est comme un gamin qui découvre un cadeau ! On les ouvre, des étoiles dans les yeux, et on les feuillette émerveillé. Je reçois de plus en plus d’albums et je ne suis toujours pas blasé. Quand je découvre des petits bijoux comme ceux dont je vais vous parler je suis toujours aussi heureux de les lire et heureux de vous  les présenter avec l’espoir de bien en parler et de vous donner envie. Voici donc deux petits bijoux.

Un jour un elfe se perdit, une bourrasque l’avait déposé au milieu de Londres et il n’avait plus aucun repère. Tout à coup il vit un parc, enfin une trace de la nature ! Ni une ni deux le voici qui escalade la grille mais hop ! un agent de police l’empoigne ! Interdit d’aller dans les parcs la nuit et puis c’est quoi cet accoutrement ? Allez au poste puis devant le juge !

Un elfe qui s’égare chez les hommes, par eux il sera d’abord considéré comme un étranger, un être bizarre puis il va devenir une curiosité, tout le monde voudra le rencontrer. Tout le monde ? Non pas vraiment… il y a les jaloux, les frustrés… Chez lui il n’était qu’un parmi tant d’autres ici il est différent, il sait faire des choses que les hommes ne savent pas… mais voilà sera-t-il heureux ?

Le livre est d’une beauté… c’est un petit carnet (95 sur 130mm) avec dorures sur sa couverture en tissu et sa tranche dorée, un ruban pour marquer sa page, des illustrations superbes, une écriture calligraphiée et un texte d’une beauté… ce petit bijou est une réplique d’un livre de trois centimètres sur quatre de 1922 qui est conservé au Château de Windsor. En fait, il fait partie d’une collection de miniatures offertes à la Reine Mary (une maison de poupée entière dont une bibliothèque d’où vient ce livre, vous pouvez en savoir plus ici, par exemple, http://www.lepoint.fr/culture/coups-de-coeur/le-fabuleux-destin-de-l-elfe-de-la-reine-d-angleterre-12-10-2012-1516242_792.php).

Bref c’est esthétique autant que poétique, le texte est merveilleux et les illustrations également, un gros gros coup de cœur.

Autre bijou, dans un autre style, Princesse Corbeau.

Au cœur de la Chine, dans un coin isolé, se trouvait un lac noir. Autour de ce lac il faisait toujours sombre et les habitants rêvaient de fuir cet endroit triste. Rong, lui, aimait vivre là. Un jour qu’il se promenait autour du lac il fut surpris par une nuée de corbeaux et il fut chagriné d’en trouver un par terre, visiblement blessé. Rong décida de garder l’oiseau chez lui et de le soigner jusqu’au jour où il pourrait partir, voler de ses propres ailes. Quand ce jour-là arriva le jeune homme fut à la fois content de voir son ami partir et à la fois triste. Quelques jours plus tard il reçut un étrange paquet contenant un vêtement brodé d’un noir profond et une lettre manuscrite sur un mouchoir de satin, la lettre contenait un étrange rendez-vous…

Si vous suivez le blog, vous savez à quel point j’aime les éditions HongFei. Malgré tout même si j’avais beaucoup aimé la plupart de leurs derniers albums je n’avais pas eu de gros coup de cœur depuis les Samuel Ribeyron, Le duc aime le dragon et Yexian et le soulier d’or. Mais là… quelle beauté cet album ! Wang Yi était d’ailleurs aussi l’illustratrice du dernier livre que je viens de citer (et aussi Petit poisson peut voler, une autre merveille). Et quel talent ! L’album est superbe, on le feuillette en admirant chaque planche, chaque détail de l’illustration. Le texte est lui-même très beau, très poétique. Cette belle histoire d’amour entre un jeune garçon et une princesse corbeau est somptueuse et tellement poétique. On la lit des étoiles dans les yeux, et les enfants l’écoutent émerveillés. C’est vraiment un album merveilleux que viennent de sortir les éditions HongFei, une rare pépite.

Quelques pas de plus…
D’autres livres de Wang Yi que nous avons chroniqué : Yexian et le soulier d’or et Petit poisson peut voler

Un elfe tombé du ciel
de Cyril Kenneth Bird (alias Fougasse)
L’école des loisirs
14,90€, 95×130 mm, 152 pages, imprimé en Chine
Princesse corbeau
de Wang Yi
HongFei
16,20€, 250×290 mm, 40 pages, imprimé à Taïwan

A part ça ?

Nous avons créé sur facebook deux albums photos, un sur la cuisine et l’autre sur les loisirs créatifs. Les avez-vous vu ?

Gabriel

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« En amour, il y a toujours des problèmes »

Par 29 novembre 2011 Livres Jeunesse

Si vous me suivez depuis longtemps vous le savez certainement… je suis fou des livres de Nadja ! (d’ailleurs je rêve qu’elle soit L’invitée du mercredi… si jamais quelqu’un…). Je pourrai vous reparler (longuement) de ses précédents albums (ah Les sur-fées… ah Momo… ah les princesses nulles, laides,..), mais après tout vous pouvez vous reporter à ce que j’ai dit sur le forum, ici. Bien avant d’avoir des enfants j’ai acheté des livres de Nadja et là je suis heureux de vous parler de son dernier album L’amour c’est fou sorti chez Rivages.

L’amour c’est fou est une sorte de dictionnaire de l’amour commenté par des souris. Du premier amour au serment d’amour en passant par l’amourette, l’amour obsessionnel ou l’amour timide tout y passe ! Une soixantaine de doubles pages comportant chacune une variation de l’amour, son commentaire par des souris moqueuses et un exemple en image. On retrouve l’humour piquant de Nadja qui fait que je l’aime tant, son ironie, ses sarcasmes. Ici, comme toujours chez elle, on est loin des filles potiches qui attendent le prince comme on voit dans les contes neuneus et quand elles le sont, il y a derrière une copine qui balance une vacherie. Ici il y a des petites médisances qui font du bien, des personnages absolument pas lisses.

Je trouve en plus que c’est un très beau livre. 128 pages, papier épais, couverture souple à rabats. On a autant envie de l’offrir à un adulte qu’à un enfant. D’ailleurs en le lisant à ma fille j’ai bien ri et elle me regardait incrédule ne comprenant pas ce qui me faisait rire (mais disons le, ce n’est pas pour les tout petits !)

Dans un tout autre style, je viens de lire un joli petit conte publié chez Jeunesse L’harmattan, Sibo et la petite Mami Wata d’Anselme Djeukam.

Sibo passe ses vacances chez sa grand-mère et espère pêcher quelques poissons dans le fleuve qui passe à côté de là où elle extrait l’huile de palme. Malheureusement le fleuve ne donne plus de poisson depuis quelques temps, tout comme il n’y a plus d’animaux dans la forêt. À sa grande surprise, Sibo va sortir un poisson déjà cuisiné ! Sa grand-mère refusant qu’il le mange il le rejette à l’eau et voit apparaitre une petite Mami Wata qui lui dit l’avoir préparé pour lui. C’est le début d’une très belle aventure.

C’est un très joli conte camerounais où l’on croise un elfe, un calao qui parle, des fleurs qui pleurent ou encore un méchant sorcier. C’est également une bien belle histoire d’amour, une fable sur la nature.

L’amour c’est fou de Nadja publié chez Rivages, 20€

Sibo et la petite Mami Wata d’Anselme Djeukam publié chez Jeunesse L’harmattan, 9€

Public : lecteurs confirmés (Sibo et la petite Mami Wata est indiqué à partir de 7 ans par l’éditeur car c’est un mini roman de 55 pages avec très peu d’illustrations, pour le Nadja peu de texte mais c’est plus pour une histoire de compréhension).

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A part ça ?

Le salon de Montreuil commence donc demain. Moi j’y serai demain soir, samedi et lundi, certains de vous y vont ? Si ça dit certains j’aurai plaisir à vous croiser ! (d’ailleurs j’ai peut-être quelques invit’ en trop pour l’inauguration, si ça vous tente contactez moi en cliquant sur « contact » à gauche)

Gabriel

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